The Holy See
back up
Search
riga

INTERVENTION DU SAINT SIÈGE 
À LA RÉUNION ANNUELLE 
DES MINISTRES DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES 
DES PAYS MEMBRES 
DE L’ORGANISATION POUR LA SÉCURITÉ 
ET LA COOPÉRATION EN EUROPE (OSCE)

Lundi, 27 novembre 2000

 

Monsieur le Président,

Un quart de siècle s'est écoulé depuis la signature de l'Acte final et, en un certain sens, le processus d'Helsinki vit lui aussi son année jubilaire. Le Saint Siège s'associe à tous ceux qui saluent le labeur persévérant de ces longues années, qui a permis à tant de nations de l'Europe centrale et orientale de recouvrer leur liberté et à la collaboration internationale de reprendre son élan.

Un autre motif de joie ce soir est de nous retrouver à cinquante-cinq autour de cette table et de voir la famille de l'OSCE réunie à nouveau dans sa totalité, sans que personne ne soit soupçonné ou exclu, cimentée par la pratique du droit et de la démocratie. Tous ensemble nous pouvons ainsi consolider la stabilité politique et le développement économique et social de tous les peuples ici représentés.

Durant l'année qui s'est écoulée, l'Organisation a consacré une bonne partie de ses énergies aux graves défis que constituent pour les responsables des sociétés l'élimination de la traite des être humains, la protection des droits des enfants et la lutte contre la prolifération des armes de petit calibre.

Le Saint-Siège ne peut que rappeler dans cette enceinte que s'impliquer dans la solution de tels problèmes suppose l'affirmation continue des valeurs qu'ils mettent en jeu:  sacralité de la vie, défense des libertés fondamentales, sécurité, coopération économique et sociale. Notre travail est grandement facilité par le fait que l'expérience et les traditions historiques des pays membres, tout en étant fort diverses, sont unies par un patrimoine commun de valeurs, dont les convictions religieuses sont partie intégrante.

A ce sujet, je voudrais exprimer une préoccupation. Trop souvent la religion est prise en considération seulement dans le contexte de la défense des droits des minorités ou pour dénoncer le fanatisme. Je crois qu'il est bon de la considérer dans une optique différente, pour elle-même:  une source d'inspiration qui appelle l'homme à se dépasser pour se mettre à l'écoute de Dieu, à l'écoute de l'autre, à la découverte de la part de vérité qui est en chacun, pour construire ensemble un monde où il fait bon vivre.

Des croyants qui se sentent respectés pour ce qu'ils sont seront toujours plus consentants à coopérer à la construction d'une communauté démocratique et civile où les différences sont synonymes d'enrichissement mutuel et où la diversité appelle à la solidarité.

Il s'agit là d'une tâche que nous devons mener à bien en commun. C'est pourquoi, en remerciant l'Autriche pour l'inspiration qu'elle a su donner à nos travaux durant le temps de sa présidence, je désire aussi assurer la Roumanie, qui prend le flambeau pour l'année qui vient, de la pleine collaboration du Saint Siège pour la consolidation des valeurs et des entreprises qui, depuis vingt-cinq ans, ont fait du processus d'Helsinki une référence lumineuse dont se sont inspirées tant de nations réunies autour de cette table.


*L'Osservatore Romano 29.11.2000 p.2.

L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n. 49 p.2.

La Documentation catholique 2001 n.2239 p. 23-24.

 

top