Monsieur le Président,
Cette Conférence arrive à un moment crucial dans la vie de la
communauté internationale, après l’événement tragique qui s'est passé le
11 septembre dernier, défini par le Pape dans l’audience générale du 12
septembre comme « un jour sombre dans l’histoire de l’humanité ».
La décision d'insérer le thème du terrorisme dans notre ordre
du jour a été opportune et pertinente, car l’acte criminel qui a frappé si
douloureusement les Etats-Unis d'Amérique - et je tiens à renouveler à la Délégation
américaine ici présente la profonde solidarité du Saint-Siège - ne pouvait
pas être négligé dans une réunion des Ministres européens de la Justice.
Pendant sa très récente visite au Kazakhstan, le Saint-Père
Jean-Paul II a affirmé : « La haine, le fanatisme et le terrorisme profanent
le nom de Dieu et défigurent l’image authentique de l’homme » (Astana, 24
septembre 2001 ).
L' engagement dans la lutte contre le terrorisme exige qu' on
agisse avec détermination à des niveaux différents. Parmi ceux-ci, l’action
sur le plan juridique, aussi bien de nature législative que judiciaire, revêt
toute son importance : une coopération étroite entre les Etats membres du
Conseil de l’Europe est souhaitable et nécessaire.
Cependant, il faut souligner qu'une telle activité n'est pas
suffisante à extirper les racines du comportement violent, qui peut avoir son
origine, selon les cas, dans des situations très complexes, souvent marquées
par des injustices réelles ou perçues.
Sans une volonté politique courageuse de résoudre les problèmes
difficiles qui se posent dans ces situations, la perverse spirale du terrorisme
ne cessera pas de tenter et de happer personnes et groupes qui voient dans le
recours à cette pratique inique et inacceptable une forme efficace, voire légitime,
de combat.
Les Ministres de la Justice se doivent de rappeler que la paix
est le fruit de la justice ; d'une justice qui, même quand elle frappe pour
sanctionner des actes criminels, ne doit pas oublier, comme vient de le redire
le Pape Jean-Paul II, « qu'elle doit être toujours nourrie par la clémence et
l’amour » (30 septembre 2001).
**L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n.42 p.6.