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INTERVENTION DU SAINT-SIÈGE
À LA XXXIème CONFÉRENCE GÉNÉRALE DE L’UNESCO*

Paris
Vendredi, 19 octobre 2001

 

Monsieur le Président de la Conférence générale,
Madame la Présidente du Conseil exécutif,
Monsieur le Directeur général de l'UNESCO,
Excellences, Mesdames, Messieurs,

La XXXIème Session de la Conférence générale de l'UNESCO est la première du Troisième Millénaire, comme la XXXème Session a été la dernière du Deuxième Millénaire.

Sous-jacente à cette lapalissade, faut-il trouver une référence au principe du changement dans la continuité parce que l'UNESCO a reçu en héritage les problèmes, les défis, les taches à elle confiés depuis la fin de la deuxième guerre mondiale d' "élever dans l'esprit des hommes les défenses de la paix", de la paix établie sur le fondement de la solidarité intellectuelle et morale de l'humanité.

L'UNESCO tend à réaliser cet objectif en trois domaines précis: l'éducation, la culture, la science. Elle vise à assurer pour tous l'accès plein et égal à l'éducation, qui est formation de chaque individu en vue d'atteindre un développement harmonieux et total, pour apprendre a vivre ensemble et se préparer a exercer un travail ou une profession d'utilité individuelle et sociale. L'UNESCO attache une grande importance à la culture, parce qu’elle y voit le mode spécifique de "l'exister" et de "l'être" de l'homme, lequel vit toujours selon une culture qui lui est propre, qu'il doit constamment nourrir tout en étant nourri par la culture qui crée un tien entre les hommes, déterminant le caractère inter-humain et social de l'existence humaine. Enfin, l'UNESCO voit dans la science que Socrate définissait comme "vertu" la "marche vers la connaissance de la vérité au service de l'homme.

L'UNESCO se propose d'être "conscience du monde", "carrefour des idées", "rencontre des cultures", "haut lieu de dialogue". Elle a été appelée "l'Aréopage du monde", par le Pape Jean-Paul II, lors de sa visite au siège de l'Organisation, il y a presque vingt et un ans.

Au cours des 26 ans passés comme Observateur permanent du Saint-Siège auprès de l'UNESCO, j'ai eu le privilège de rencontrer ici des personnalités marquantes qui m'ont beaucoup apporté et m'ont montré la richesse de l'âme humaine lorsqu'elle se dépense au service des autres. J'ai eu le privilège d'observer et de suivre la continuité et l'évolution de notre Organisation, tout en essayant d'approfondir la réflexion, de garder la fidélité au Préambule de l'Acte constitutif, où prime l’homme parce qu'il est "homme", dans sa complexité harmonieuse, mais aussi dans ses limites et ses faiblesses, l'homme qui doit apprendre à aimer l’autre comme soi-même.

Ce faisant, l'UNESCO peut gêner, au sein du système onusien et davantage au sein de la société politique et civile lorsqu'elle reste une Organisation "pensante" pour après devenir une Organisation "agissante ", ou jouant le rôle de catalyseur, par l'approfondissement de la réflexion éthique sur des sujets précis : vie, éducation pour tous, pauvreté, humanisation de la ville, de l'économie, des nouvelles technologies et, surtout, de la mondialisation. L'éthique occupe une grande place dans les documents préparatoires de cette Conférence générale. Nous savons que l'éthique est par essence interrogation: "Que faut-il faire pour bien faire?", tout en ayant le regard fixé sur l'homme, la dignité de toute personne humaine et le rapport entre vérité et liberté, afin de donner une réponse convaincante aux questions fondamentales "Quel est le sens de la liberté humaine ? Quels sont son pouvoir créateur et son ampleur ?"

Pour terminer, je voudrais faire référence aux tragiques événements d'Outre-Atlantique. Permettez-moi de citer une phrase qui est particulièrement appropriée pour l'UNESCO: "S'il est du devoir des Etats de lutter pour éliminer le terrorisme, notre devoir à nous, société civile et surtout UNESCO, consiste à tout faire pour que l'avenir soit celui du dialogue des cultures", et ainsi bâtir "la paix sur la terre", titre d'une Encyclique du bienheureux Pape Jean XXIII, qui a été le premier des Observateurs du Saint-Siège auprès de l'UNESCO.


*L'Osservatore Romano 22-23.10.2001 p.2.

L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n.44 p.2.

La Documentation catholique, n.2258 pp. 978-979.

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