Cité du Vatican
1998
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à la Secrétairerie Générale du Synode des Évêques,
00120 Cité du Vatican.
AVANT-PROPOS
L'Assemblée Spéciale du Synode des Évêques
pour l'Océanie convoquée dans la Lettre apostolique Tertio
millennio adveniente (n.38) apparaît dans une série
d'assemblées synodales continentales en vue de la célébration
du Grand Jubilé de l'an 2000. La première de ces assemblées
fut pour le continent africain en 1994. L'Assemblée Spéciale
pour l'Amérique s'est conclue en décembre 1997 et celle pour
l'Asie au printemps 1998. La dernière Assemblée Spéciale,
celle pour l'Europe, doit être célébrée fin
1999, à la clôture du Deuxième Millénaire.
L'Assemblée Spéciale pour l'Océanie aura lieu
du 22 novembre au 12 décembre 1998, après une période
de préparation caractérisée par des phases
significatives: la consultation en vue du thème synodal, suivi de
l'approbation de sa formulation par le Saint-Père; la publication
et l'envoi des Lineamenta, et de son questionnaire, aux parties
intéressées comprenant tous les évêques en
activité en Océanie (25.05.1997. La publication du présent
document de travail ou Instrumentum laboris, qui, prenant en
compte les réponses au document préparatoire, constitue la
phase finale du processus de préparation au Synode.
De l'avis général, l'annonce de la célébration
de l'Assemblée Spéciale pour l'Océanie a suscité
un grand intérêt tant parmi les Églises particulières
de la région que dans l'Église universelle. Ceci est visible
dans les nombreuses réponses et observations aux Lineamenta
qui parviennent à la Secrétairerie Générale.
Nombre d'Églises particulières ont tiré profit de la
phase de préparation et du document des Lineamenta pour
consacrer du temps et leur oraison au profit d'une réflexion
commune sur le thème du Synode, contribuant ainsi à la
richesse des contenus de l'Instrumentum laboris.
En possession de tout le matériel résultant de la
phase préparatoire remis à la Secrétairerie Générale,
le Conseil Pré-synodal procéda, avec l'aide d'experts, à
la rédaction du Document de travail durant la Troisième Réunion
du Conseil Pré-synodal qui s'est tenue à Rome du 10 au 12
mars 1998. À cette réunion, les membres examinèrent
une ébauche du texte basé sur les réponses et
structuré selon les divers arguments suggérés dans
les questions des Lineamenta. Les observations faites par les
membres du Conseil Pré-synodal à cette réunion furent
incorporées aux diverses parties du texte final qui a ensuite été
soumis à l'approbation du Saint-Père.
Dans le processus d'élaboration d'un texte qui reflète
les contenus des réponses et des observations, trois aspects ont été
pris en considération et chacun d'entre eux se retrouvent sous une
forme ou sous une autre dans le texte définitif : 1) points en
commun 2) différences 3) omissions possibles. En outre, il n'est
pas inutile de noter que le document comprend non seulement les points évoqués
ci-dessus mais aussi les matières qui, de l'avis des réponses,
doivent être ultérieurement examinées et approfondies.
Dans ces cas-là, bien qu'elles n'aient pas reçu un
traitement exhaustif dans le texte actuel, elles sont toutefois mentionnées
pour être une partie intégrante de l'ordre du jour à
traiter dans les débats synodaux.
L'Instrumentum laboris, présenté dans
les deux langues officielles de l'Assemblée Spéciale
(anglais et français), est structuré selon une progression
logique des idées basée sur les éléments du thème
synodal : «Jésus-Christ: suivre son chemin, proclamer sa vérité,
vivre sa vie: un appel pour les peuples d'Océanie».
Suivant ce plan, le document de travail est composé d'une Introduction,
de trois grandes parties dont les titres proviennent des éléments
du thème. Ces trois sections sont, à leur tour, subdivisées
en chapitres traitant de matières connexes. Le document se termine
par une brève Conclusion.
L'Introduction, après avoir fait allusion au Synode
comme un moment de grâce pour l'Église et pour la région
de l'Océanie, donne divers éléments descriptifs de l'Église
dans la région, tirés tant du passé que du présent.
La Ière Partie, intitulée 'Suivre le chemin de Jésus-Christ',
a trois chapitres. Chacun traite d'un aspect de l'évangélisation
dans la région: la conscience et l'activité missionnaires;
l'Évangile et les nombreuses cultures en Océanie; et enfin
les divers phénomènes de la colonisation, de la migration et
du tourisme.
La IIème Partie, 'Proclamer la vérité de Jésus-Christ',
est composée de six chapitres de longueurs différentes
qui examinent le contenu de l'évangélisation et les différents
moyens par lesquels l'Église en Océanie poursuit sa tâche
dans ce domaine, et diverses approches pastorales possibles pour le futur.
La IIIème Partie, 'Vivre de la vie de Jésus-Christ',
qui comprend cinq chapitres, abordent le concept de communion dans l'Église
et ses implications individuelles et communautaires, dans l'Église
et la société. Cette section considère aussi les différentes
personnes qui sont appelées à être des participants
actifs à cet effet et les situations où la communion doit être
alimentée et développée.
La Conclusion du document est une dédicace et une
prière à la Vierge Marie comme Reine de la Paix et Secours
des chrétiens.
Les informations présentes dans l'Instrumentum laboris,
résultant des réponses envoyées à la Secrétairerie
Générale, sont maintenant renvoyées aux évêques
d'Océanie qui devront participer à l'Assemblée Spéciale,
pour leur préparation personnelle immédiate. Celle-ci
comprend aussi le choix de points spécifiques sur lesquels fonder
leur intervention durant le Synode. Comme il a plu au Saint-Père
d'autoriser la publication de ce document, les évêques
peuvent également l'utiliser pour poursuivre l'animation de leurs Églises
particulières et la participation de tous les fidèles au
processus synodal.
Par sa nature, l'Instrumentum laboris est un document de préparation.
Il ne doit donc, en aucun cas, être considéré comme
l'anticipation des conclusions de l'assemblée synodale, bien que le
consensus qui émerge des réponses sur certains points pourra
se retrouver dans les résultats du Synode.
Je forme le vu intense que Notre Dame, présente avec
les Apôtres au Cénacle, conduise ces dernières phases
de préparation et assiste les membres durant les débats
synodaux pour que cette Assemblée puisse amener de nombreuses
personnes au Christ, le Chemin, la Vérité et la Vie (cf.
Jn 14,6) et porter un dynamisme nouveau dans la tâche d'évangélisation
de l'Océanie alors que l'Église se rapproche toujours plus
du seuil du Troisième Millénaire.
Jan P. Card. Schotte, c.i.c.m.
Secrétaire Général
INTRODUCTION
Un événement important et opportun
1. L'Assemblée Spéciale du Synode des Évêques
pour l'Océanie est un événement important et opportun
pour l'Église catholique en Océanie, et bien sûr pour
les peuples d'Océanie. Tout prochainement, le monde, et l'Océanie
qui en fait partie, entrera dans le Troisième Millénaire.
Nombreux sont ceux qui se réjouissent d'avance de cet important et
unique événement, relié aux autres activités séculières
programmées pour l'an 2000. L'Église catholique a sa propre
façon de se réjouir dans la perspective de cette année.
En communion avec l'Église présente sur les autres
continents, l'Église en Océanie s'apprête à
entrer dans le Troisième Millénaire avec la célébration
du Jubilé de l'An 2000. Cette Année Jubilaire sera très
significative, un événement religieux qui marquera non
seulement l'achèvement de tout un siècle, mais aussi le
passage du Deuxième au Troisième Millénaire. La
gratitude pour les nombreuses grâces et bontés reçues
s'accompagne de la repentance et du pardon pour les occasions manquées
et pour les échecs douloureux. Un esprit de réconciliation
et de foi apportera l'espérance pour l'avenir.
Afin de célébrer ce grand Jubilé dans la foi et
l'espérance, il est important que l'Église en Océanie
se souvienne, avec reconnaissance mais aussi avec un esprit contrit, de
son passé afin d'être clairement consciente de la situation
présente, pour ouvrir et clarifier sa vision sur l'avenir. Par sa
contribution à cette conscience historique de la foi, l'Assemblée
Spéciale pour l'Océanie représente un important événement
dans la vie de l'Église en Océanie. Grâce, à
l'origine, à la générosité et à la
ferveur des innombrables missionnaires, les nombreux peuples d'Océanie
connaissent Jésus-Christ. Cette première rencontre, qui a
produit ses fruits chez les premiers convertis, a été
renforcée par la foi des générations successives
ainsi que par de constants efforts missionnaires. Les familles et les
communautés chrétiennes ont transmis leur foi à leurs
enfants et aux générations qui les ont suivies. Un grand
nombre de migrants ont, jusqu'à une époque toute récente,
apporté leur foi avec eux quand ils sont venus chercher une
nouvelle terre pour construire une nouvelle vie. Ils ont transmis à
leurs descendants, et jusqu'à la génération actuelle,
ce qu'ils gardaient précieusement. C'est dans l'approfondissement
et l'enrichissement de cette rencontre des peuples d'Océanie avec Jésus-Christ
que cet important événement ecclésial - l'Assemblée
Spéciale - trouve sa motivation et toute sa signification. Cette réunion
des évêques catholiques de cette région et d'ailleurs
en union avec l'évêque de Rome - cum et sub Petro -
constitue, pour l'Église, une célébration de
communion universelle en Jésus-Christ. Elle veut aider tous les chrétiens,
et bien sûr tous les peuples d'Océanie, à envisager
leur avenir en unité dans la foi authentique et fortement enraciné
dans l'espérance.
L'Assemblée Spéciale est aussi un événement
d'une grande opportunité pour les populations d'Océanie qui
vivent des changements significatifs en ce moment de l'histoire. Jusqu'à
la Seconde Guerre Mondiale, la région du Pacifique, presque
inconnue et d'une très relative importance pour la plus grande
partie du monde, a vécu une existence plutôt pacifique. La
Guerre Mondiale a transformé l'Océan Pacifique et ses îles
en une zone stratégique qui a été le témoin de
nombreuses batailles, bouleversant à tout jamais l'existence
pacifique d'un grand nombre de personnes. À la suite de la Guerre,
la situation a changé rapidement. La démocratie, qui était
déjà une réalité en Australie et en Nouvelle-Zélande,
est peu à peu devenue une idée séduisante et également
possible pour un grand nombre de nations de ces îles. Les colonies
ont acquis leur indépendance ou une plus grande autonomie. Beaucoup
de peuples ont ressenti l'impérieux besoin d'établir des
relations plus étroites qui, parfois, se sont exprimées en
termes d'interdépendance. Les compagnies industrielles, tant de la
région que de l'extérieur, ont procédé
toujours davantage à l'exploration des ressources naturelles. À
l'origine, c'était au potentiel économique de l'exploitation
des mines, du bois et de la pêche qu'elles étaient intéressées.
Avec le temps, ce développement a, pour ces peuples et pour leurs
dirigeants, créé de nouvelles réalités ainsi
que de nouveaux défis à affronter. Actuellement, l'Océanie
s'efforce de trouver son identité par rapport à l'Europe, à
l'Asie et à l'Amérique, une identité qu'elle veut
voir respectée et honorée par les grands pouvoirs économiques,
politiques et financiers du monde. En plus d'une coopération
mutuelle plus étroite, toute la région cherche le moyen de
parvenir à une plus grande autosuffisance. Les populations de l'Océanie
désirent, avant tout, nouer des relations constructives et libres
avec les autres parties du globe, des relations pacifiques basées
sur la justice pour tous et sur la solidarité avec les moins
favorisés.
L'Église catholique, présente parmi les peuples d'Océanie,
affronte non seulement des défis historiques mais également
géographiques. L'Océanie est composée d'une vaste
zone de mer, de quelques grandes masses de terre et d'un grand nombre de
petites îles. C'est encore une zone relativement peu peuplée,
caractérisée par les grandes distances qui séparent
ses populations. Étant donné son éloignement physique
d'un grand nombre de nations puissantes, elle éprouve un certain
sentiment d'isolement. Alors que les problèmes de transport et de
communication affectent ses relations avec les populations qui sont en
dehors de la région, elle maintient des liens tout particulièrement
intenses avec celles qui vivent à l'intérieur de ses
confins. Ces problèmes ont aussi une influence sur la manière
dont l'Église peut communiquer avec le grand nombre de ses
communautés et de ses membres et peut leur témoigner sa
sollicitude.
L'occasion de l'Assemblée Spéciale est une occasion riche
de promesses pour tous les catholiques et pour toutes les personnes de
bonne volonté de la région pour redécouvrir les
valeurs chrétiennes et humaines, et pour les mettre en pratique
d'une façon nouvelle. Une nouvelle prise de conscience de leur
unique identité en tant que peuples de l'Océanie ainsi
qu'une nouvelle idée du christianisme authentique, pour ne pas
mentionner l'effort soutenu pour maintenir vivantes cette compréhension
et cette foi, permettront à la population de la région de
voir un avenir plein de promesses s'ouvrir devant elle. L'époque
actuelle est un temps opportun, un kairos dont parlent les écritures,
un temps de nouvelles possibilités et de nouvelles grâces.
L'une de ces grâces espérées est la paix, une paix
associée au nom d'«Océan Pacifique». Une
nouvelle conscience chrétienne ainsi que de nouveaux efforts pour établir
la justice, la réconciliation et la solidarité constitueront
les bases de cette paix, une paix en laquelle les populations indigènes
de l'Océanie ont toujours cru. Le dialogue, la réconciliation
et le consensus sont, pour elles, les meilleurs moyens pour résoudre
les problèmes, bien que parfois elles ont dû recourir à
la guerre et à la violence, une réalité qui est
malheureusement encore d'actualité aujourd'hui. Les chrétiens
sont convaincus qu'une paix durable et radicale ne peut être que le
fruit du Saint-Esprit. La paix dans toute sa plénitude est fondée
en Jésus-Christ, le Sauveur du monde entier. Par sa Croix et sa Résurrection,
Il est devenu la paix de Dieu pour tous les peuples, en Océanie et
ailleurs.
L'Église en Océanie est jeune
2. Un grand nombre de réponses aux Lineamenta ont indiqué
que l'Église catholique en Océanie est encore une jeune Église.
Bien que le premier contact avec le christianisme remonte au XVIème
siècle, le premier effort missionnaire véritablement organisé
ne s'est réalisé qu'au siècle suivant. L'activité
missionnaire organisée, tant protestante que catholique, couvrant
toute la région, n'a commencé qu'au XIXème siècle.
C'était aussi l'époque de la colonisation et donc de l'établissement
colonial de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et d'un grand
nombre d'îles du Pacifique. Bien que certains diocèses aient été
créés plus tôt, c'est seulement au cours de la seconde
moitié du XXème siècle que l'Église catholique
a érigé des diocèses couvrant toute la région
et qu'elle a nommé des évêques autochtones. Dans de
nombreux pays du Pacifique, l'Église n'a pas encore atteint sa
pleine maturité et dépend encore de l'aide extérieure.
Les missionnaires, tant de l'étranger que de la région, lui
sont encore nécessaires. Ils uvrent en collaboration avec le
clergé et les religieux locaux. Un soutien matériel est
encore nécessaire.
Les réponses aux Lineamenta soulignent qu'en tant que
jeune Église, il se trouve une grande richesse d'espérance,
d'énergie, d'enthousiasme et de créativité chez un
grand nombre de catholiques et au sein des communautés catholiques.
C'est tout spécialement vrai pour l'Église de la Papouasie -
Nouvelle-Guinée et des îles du Pacifique. Bien qu'on puisse
trouver enthousiasme et ferveur en Australie et en Nouvelle-Zélande,
il n'en existe pas moins des signes de résignation, de fatigue et
de division, reflet du combat difficile que l'Église doit mener
contre les idées non-chrétiennes qui dominent. La communauté
catholique en Océanie partage ces conditions avec l'Église
de l'Europe Occidentale et de l'Amérique du Nord.
Étant jeune, elle a aussi ses problèmes, et peut-être
même encore plus du fait que l'Église catholique est, dans la
plus grande partie du Pacifique, relativement petite. Une dépendance
de l'aide extérieure, des ressources locales limitées, une
sensibilité aux nombreuses influences étrangères, créent
des préoccupations qui ont été mentionnées par
un grand nombre de réponses. D'autre part, il existe un fort désir
d'affronter les nombreuses questions vitales dans le respect de la culture
du pays ou de l'île concernés. Le sentiment de la dépendance
et de la pression extérieure joint au désir d'une légitime
autonomie, requièrent une plus grande coopération, une plus
grande interdépendance et une plus grande communion concrète
entre les nombreuses Églises locales de l'Océanie.
Les évêques catholiques en Océanie ont exprimé
leur communion collégiale et coopérative en constituant
quatre conférences: la Conférence des Évêques
Catholiques d'Australie, la Conférence des Évêques
Catholiques de la Nouvelle-Zélande, la Conferentia Episcopalis
Pacifici (C.E.PAC.), et la Conférence des Évêques
Catholiques de la Papouasie - Nouvelle-Guinée et des Îles
Salomon. Tout récemment, leur communion s'est encore plus renforcée
par la coordination de ces Conférences au sein de la Fédération
des Conférences Épiscopales Catholiques de l'Océanie
(F.C.B.C.O.). La Fédération permet aux évêques
de répondre d'une manière plus effective et plus unie aux défis
actuels que l'Église en Océanie doit affronter.
L'Assemblée Spéciale élargira le dialogue collégial
et la collaboration dans le cadre de l'Église universelle. Les évêques
d'Océanie rencontreront des évêques d'autres
continents, en communion avec l'évêque de Rome. Tous
ensemble, ils traiteront des questions importantes et des principaux défis
auxquels doit faire face l'Église dans cette partie du monde qui,
pour beaucoup, est lointaine et méconnue. L'Assemblée
synodale est une importante occasion pour permettre de combler les effets
liés à la distance et au manque de connaissance. La
communauté catholique de l'Océanie a contribué d'une
manière unique à l'Église universelle, et elle
continuera à le faire. Les débats et les recommandations ne
se limitent pas seulement aux problèmes de portée locale
mais s'étendent aux questions qui concernent l'Église tout
entière. La contribution de l'Église en Océanie sera
examinée et étudiée dans toute sa jeunesse et son
honnête franc-parler, compte tenu aussi de sa fidélité
à ce qui la relie à l'Église universelle dont elle
fait partie. En conséquence, l'Église universelle
s'enrichira de nouvelles valeurs et une espérance débordante
ressortira de cette Assemblée Spéciale.
En suivant le thème
3. Le thème de l'Assemblée du Synode, qui a été
choisi par le Saint-Père, est: Jésus-Christ: Suivre son
Chemin, Proclamer sa Vérité, Vivre sa Vie: un appel pour les
peuples d'Océanie. Le thème rappelle l'invitation de Jésus-Christ
qui s'étend à tous les peuples d'Océanie: Le
rencontrer et croire en Lui, trouver vie et salut en Lui, Le proclamer et
Le suivre. Dans l'Évangile de Jean, Jésus se réfère
à Lui-même comme le Chemin, la Vérité et la Vie
(cf. Jn 14, 6). Ces paroles invitent ceux qui l'entendent à
mettre toute leur foi et toute leur confiance en Lui. Accepter Jésus
comme le Chemin, la Vérité et la Vie pour soi-même est
un choix personnel et une réponse à l'appel profondément
individuel de Dieu. Il s'accomplit dans le contexte de la communauté
croyante à travers la célébration du sacrement du
baptême. En accueillant la présence salvifique de Jésus-Christ
dans leur vie, les personnes deviennent des nouveaux membres de la
communauté ecclésiale. C'est à travers ses membres,
chacun marqué par un appel individuel de Dieu et uni dans l'Esprit,
que l'Église répond à l'invitation que Dieu adresse à
tous les peuples à travers son Fils Jésus-Christ. Elle découvre
et suit son Chemin, elle reçoit et proclame sa Vérité;
elle vit et partage sa Vie. De cette manière, l'Église est
le sacrement de salut pour tous les peuples.
Le thème est particulièrement approprié pour l'Église
en Océanie à l'heure actuelle. L'avenir présente un
grand nombre de défis aux peuples d'Océanie. Ils sont à
la recherche d'une identité en fidélité avec leur héritage
culturel et chrétien. Ils sont engagés dans le combat pour
la justice et la paix. En ce moment crucial et historique, Jésus-Christ
offre conseil et signification. Le chemin de Jésus-Christ est avant
tout un moyen de donner un sens et une orientation à la vie de ses
disciples. Suivre fidèlement son chemin signifie, cependant, vivre
de manière à montrer son chemin aux autres, qui sont encore à
la recherche. Suivre le chemin de Jésus c'est aussi cheminer et
vivre avec un sens renouvelé de la mission. La vérité
de Jésus-Christ comble et détermine tellement nos vies que
nous sommes entraînés à partager sa mission. Sa vérité
a donc besoin d'être constamment méditée, comprise
sous une forme nouvelle et proclamée non pas seulement dans la
communauté des croyants mais aussi auprès des autres. La vie
de Jésus-Christ ne peut pas être vécue sans un profond
respect pour toute vie qui est le don de l'amour et de la création
de Dieu. Vivre sa vie en plénitude implique une authentique
spiritualité et une parfaite moralité qui imprègnent
l'individu, la famille et la société. Sa vie suppose la réconciliation,
le pardon et la conversion, qui donnent naissance à une nouvelle
vie. De cette manière, les croyants deviendront les témoins
de sa vie dans le monde (cf. Jn 15, 27). Tous les chrétiens,
de par leur vie, leurs paroles et leurs actions, doivent suivre le Chemin
de Jésus-Christ avec une nouvelle énergie, pour recevoir sa
Vérité dans la foi renouvelée, pour vivre sa Vie avec
une nouvelle vigueur. Renforcés par la Parole et par les sacrements
célébrés dans leurs communautés, les chrétiens
vont de par le monde et témoignent de la Vérité qui
est Jésus-Christ.
Porter le témoignage authentique de Jésus et de son Évangile
ne peut se limiter à une simple annonce en paroles. Elle doit être
nécessairement suivie par les actions, qui sont le support et le témoignage
de l'évangélisation. Conformément à l'Évangile,
cette activité est inspirée par la charité et la
justice, par la solidarité avec les pauvres, les exclus, les opprimés,
bref, avec les plus défavorisés du monde. Tous les chrétiens
sont exhortés par l'amour de Jésus à pratiquer la miséricorde,
à promouvoir la justice et à assister les nécessiteux.
À travers leur amour pour Jésus, exprimé dans l'amour
pour leur prochain, ils invitent et encouragent beaucoup d'autres à
croire en Lui et à Le suivre. De cette manière, tous les
peuples peuvent rencontrer Jésus-Christ, suivre son Chemin,
proclamer sa Vérité et vivre sa Vie. Jésus est, en
effet, le Chemin, la Vérité et la Vie non pas seulement pour
ses disciples, mais pour tous les peuples d'Océanie, et en fait,
pour tous les peuples du monde.
Se souvenir du passé de l'Église
4. Bien que jeune, l'Église en Océanie n'est pas pour
autant dépourvue de mémoire, qui la rend à la fois
humble et pleine d'espérance. Quelques chrétiens en Océanie
ont, dans le passé, commis des erreurs et partagé des
responsabilités dans des injustices politiques et sociales. Non
seulement des simples chrétiens mais aussi des responsables de l'Église
ont commis des erreurs, ont approuvé des actions non-chrétiennes
ou sont restés indifférents devant les injustices. Cet
aspect négatif du passé doit être reconnu en toute
honnêteté, et il constitue une raison d'humilité. En même
temps, l'Église doit se rappeler avec gratitude de grandes figures,
hommes et femmes, prêtres, religieux, catéchistes et autres
laïcs, qui se sont consacrées entièrement à
faire vivre et propager l'Évangile de Jésus-Christ. Ils ont
suivi son chemin, proclamé sa vérité et vécu
sa vie de façon exemplaire. Un grand nombre d'entre eux restent
relativement peu connus mais certains ont été publiquement
reconnus, ils ont été béatifiés et canonisés.
En 1672, après seulement quatre années de travail
missionnaire sur les côtes de Guam, le bienheureux Diego Luis de San
Vitores, un prêtre jésuite espagnol a été tué
pour avoir baptisé la fille mourante d'un chef local. Il est considéré
comme le protomartyr des Mariannes. Un prêtre mariste français,
saint Pierre Chanel, a été martyrisé en 1841 après
un bref apostolat dans l'île de Futuna. Il est le premier saint et
protomartyr d'Océanie. Le bienheureux Giovanni Mazzucconi,
de l'Institut Pontifical pour les Missions Étrangères de
Milan (P.I.M.E.), a été martyrisé en 1855 dans l'île
Woodlark en Papouasie - Nouvelle-Guinée. Un exemple édifiant
d'activité apostolique et de vie religieuse a été
donné par la bienheureuse Mère Mary McKillop, une religieuse
australienne qui est morte en 1909. Un catéchiste très dévoué,
Peter To Rot, a été tué dans l'île de la
Nouvelle-Bretagne en Papouasie - Nouvelle-Guinée durant la Seconde
Guerre Mondiale. Les forces d'occupation Japonaises l'ont exécuté
parce qu'il refusait de cesser d'enseigner et de s'occuper des convertis.
La vie, la prière et le travail de ces personnes exemplaires,
leurs peines et leurs souffrances, ainsi que leur mort violente ont laissé
des souvenirs ineffaçables dans le cur de tous ceux auprès
de qui ils étaient envoyés et parmi lesquels ils ont vécu
et ils sont morts. La mémoire de ces personnes, et d'un grand
nombre d'autres hommes et femmes, sera bien sûr rappelée
durant l'Assemblée Spéciale comme des phares de lumière
et de courage pour la génération présente. Leur
intercession aidera les prières et les pensées de tous ses
participants.
Ière PARTIE
SUIVRE LE CHEMIN DE JÉSUS-CHRIST
La mission du Seigneur
5. Pour tous ses disciples, suivre le chemin de Jésus-Christ
implique qu'ils acceptent d'accomplir leur part dans la mission que le
Seigneur a confiée à son Église. Le Seigneur les
appelle, chacun en un temps précis et d'une manière
particulière, et les envoie travailler dans sa Vigne (cf. Mt
20, 1-16). Il n'est jamais trop tard pour entendre son appel et s'y
rallier, pour suivre Jésus. Jésus lui-même, le Verbe
incarné, a été envoyé par le Père dans
le monde pour le sauver, pour proclamer et établir le Royaume de
Dieu. Il a parcouru le pays d'un bout à l'autre pour proclamer la vérité
du règne miséricordieux de Dieu envers son peuple. Il a amené
les pécheurs à la réconciliation avec Dieu. Il a
dispensé au nécessiteux et au malade le pouvoir de guérison
et d'amour de Dieu. Ses disciples sont appelés à la justice,
à l'amour et au pardon. Quand son passage sur terre est arrivé
à son terme, Jésus a porté sa mission à sa plénitude
sur plénitude sur la croix, mourant pour nos péchés.
En Le ressuscitant, le Père a fait de Lui, pleinement et pour
toujours, le Chemin, la Vérité et la Vie pour tous ceux qui
croient. Déjà durant son ministère sur la terre, et définitivement
au moment de s'élever au ciel, Jésus a partagé sa
mission avec ses disciples, afin que le Verbe et la grâce de Dieu
puissent parvenir jusqu'aux confins de la terre.
La mission de l'Église
6. L'Église est, depuis ses tous débuts, une communauté
missionnaire. Née de l'Esprit-Saint, elle rassemble les croyants
dans une communion de foi et d'amour. Elle invite toujours plus les
personnes à croire en Jésus-Christ et à se joindre à
sa communion. Elle proclame activement Jésus comme le Sauveur de
tous et Le fait connaître à ceux qui l'écoutent. Cette
mission devait s'étendre à tous les peuples et à
toutes les générations.
Le Saint-Esprit, qui est si fortement actif en Jésus, a poussé
les communautés locales et chaque apôtre de l'Église
primitive à suivre l'itinéraire missionnaire que Jésus
a parcouru avant eux. En tant que disciples du Chemin, ils ont
courageusement porté témoignage et subi les persécutions
pour leur foi (cf. Ac 9, 2). Certains que Jésus était
le Christ, ils ont proclamé et expliqué l'Évangile,
indiquant le chemin pour ceux qui venaient et qui les écoutaient.
Ils ont témoigné non seulement par leurs paroles mais aussi
par leur vie, leurs actions thaumaturges, leur communion fraternelle, la célébration
des sacrements et leur prière assidue. Leur parcours missionnaire a
encouragé et affermi les chrétiens dans l'annonce de la
Bonne Nouvelle du Salut à ceux qui n'y croyaient pas encore. La
sollicitude pastorale pour la communauté n'a jamais été
séparée du zèle plein d'ardeur pour la mission.
L'Église est présente dans l'histoire en tant que Peuple
Saint de Dieu, unie à travers sa communion de foi en Jésus.
La communion est une caractéristique essentielle de l'Église,
elle en est même l'une de ses plus profondes. L'Esprit-Saint qui
l'anime en tant que Peuple de Dieu, lui inspire unité de foi, espérance
et amour, quand elle marche sur les traces de Jésus. Tous ses
membres sont appelés à cette sainteté de vie. Étant
une communion, l'Église est aussi missionnaire de par sa vraie
nature. L'Église est un Peuple toujours appelé à
suivre le chemin de Jésus, un chemin de mission. Inspirés
par cet idéal, de nombreux missionnaires se sont rendus en Océanie,
et nombreux sont ceux qui s'y rendent encore. Ils prêchent la Bonne
Nouvelle, amènent les personnes à la réconciliation, à
la justice et à la paix en Jésus, en leur offrant sa grâce
à travers les sacrements, en priant Dieu avec eux en esprit et en vérité.
L'Église, unie par la communion des évêques, est
maintenant une Église vraiment chez elle en Océanie et
vraiment catholique. Elle est maintenant appelée à devenir, à
sa manière, véritablement missionnaire. Elle doit suivre son
appel missionnaire, allant jusqu'aux peuples d'Océanie pour les
amener à Jésus-Christ.
CHAPITRE I
APOSTOLAT MISSIONNAIRE
Conscience missionnaire
7. Les réponses aux Lineamenta expriment très
clairement que l'Église locale est, dans de nombreuses parties de
l'Océanie, consciente de sa mission et engagée dans une
activité missionnaire. Par mission, elles n'entendent pas seulement
une mission accomplie à l'extérieur mais aussi une activité
de portée missionnaire développée chez elle. Dans
tous ces cas où les baptisés ont perdu le contact avec l'Église
ou lorsqu'ils ne sont pas éduqués dans la foi, aller vers
eux est une mission vitale. Même quand il ne leur est pas possible
de prendre part au sacrement de l'Eucharistie, il est important de les
accueillir en tant que membres de la communauté, de les respecter,
de les aimer et de leur apporter assistance toutes les fois que cela est
possible.
Dans certaines parties de l'Océanie, la communauté locale
se qualifie elle-même de missionnaire parce qu'un grand nombre de
ses pasteurs et de ses agents pastoraux sont des missionnaires venus de l'étranger.
Ce sont des prêtres, des religieux et des laïcs qui sont envoyés
par d'autres diocèses ou qui sont membres de communautés
missionnaires. Leur présence ne rappelle pas seulement, à la
communauté locale, ses origines historiques mais aussi sa dépendance
de l'aide extérieure. En même temps, la présence de
ces missionnaires est aussi un appel pour éveiller l'esprit
missionnaire dans la communauté elle-même et l'encourager
ainsi à se rapprocher des autres.
Actuellement, on assiste à un échange intensif de
missionnaires à l'intérieur de l'Océanie. Dans
certains cas, ils proviennent de ces lieux mêmes qui ont reçu
des missionnaires. À travers leurs missionnaires étrangers,
la communauté est en contact avec les autres communautés et
s'enrichit d'autres formes de vie chrétienne. Le témoignage
des missionnaires quand ils retournent chez eux, pour de courtes périodes
ou définitivement, l'expérience qu'ils apportent avec eux,
le soutien permanent qu'ils reçoivent, et le défi qu'ils
représentent de par leur présence, sont quelques-uns des
moyens avec lesquels la conscience et le zèle missionnaires se
renforcent. La générosité dont font preuve les
communautés plus nanties matériellement envers celles qui
sont dans le besoin est une expression de la solidarité chrétienne.
Une nouvelle forme de cette solidarité consiste en «jumelage»
de paroisses de diocèses différents, où à la
fois elles reçoivent et donnent, constituant de ce fait un
enrichissement pour tous.
Bien qu'en de nombreuses parties de l'Océanie, l'Église a
encore besoin d'agents pastoraux en provenance de l'extérieur, les
diocèses à l'esprit missionnaire uvrent aussi avec générosité
en faveur de la mission universelle. Pour une jeune Église, cet échange
actif avec l'Église universelle est un signe d'espérance qui
reflète sa maturité et son développement. L'Océanie,
étant un petit continent distant des autres, pourrait facilement éprouver
un sentiment d'isolement et même d'infériorité.
Toutefois, sa contribution en personnel missionnaire au bénéfice
de l'Église qui est en Asie, en Afrique et en Amérique du
Sud renforce les liens d'amour et de communion, et offre un témoignage
authentique de générosité désintéressée,
apprécié et béni par le Seigneur.
Dans de nombreuses réponses, outre aux prêtres et religieux
missionnaires, une mention toute spéciale est faite pour les catéchistes
et les autres missionnaires laïcs. Les missionnaires laïcs
consacrent une période précieuse de leur vie active au
service d'autres parties du monde. Ils offrent leurs talents et leurs compétences
pour l'édification de la communauté, pour l'éducation,
les soins de santé, l'assistance technique, les programmes en
faveur des femmes et pour les personnes dans le besoin. Beaucoup d'entre
eux ne se contentent pas simplement de promouvoir le développement
intégral de l'homme mais ils témoignent aussi de leur foi
chrétienne. De cette manière, ils contribuent, tout au moins
implicitement, à la croissance et au renforcement des communautés
chrétiennes partout où ils vivent et où ils
travaillent.
Un certain nombre de réponses soulignent un aspect important de
l'Église: entendre l'appel à l'expansion missionnaire. L'Évangile
est un appel à la conversion (cf. Mt 1, 14-15), un appel
adressé avant tout à l'Église elle-même, à
tous ses membres et à toutes ses communautés. C'est un appel
pour cesser d'être exclusivement concerné et préoccupé
par ses propres nécessités, et pour se tourner vers les
autres et répondre à leurs besoins. Il s'agit, en fait, d'un
appel radical à la sainteté, à un changement
permanent du cur, à un style de vie beaucoup plus évangélique,
à la réalisation d'une plus grande justice et de plus
d'amour à l'intérieur de la communauté chrétienne
elle-même. C'est un appel à la réconciliation, au
renouveau et à une réforme de vie en Jésus-Christ
dans une plus grande fidélité à son Esprit.
Comme le révèlent un nombre de réponses, certaines
communautés locales ont trop tendance à se préoccuper
d'elles-mêmes, spécialement quand elles se sentent petites et
faibles. Leur souci de se maintenir est souvent plus fort que l'appel à
la mission. La sollicitude envers ces chrétiens, qui sont et qui
restent fidèles, a tendance à prévaloir sur
l'attention pour ceux qui vivent en marge ou en dehors de l'Église.
La communauté des fidèles qui fréquentent l'église
peut souvent se désintéresser de ceux qui ne sont plus
pratiquants; et de cette façon, ils risquent de devenir des chrétiens
uniquement d'un point de vue culturel.
Les deux éléments - renouveau intérieur et mission
envers les autres - sont essentiels et complémentaires pour l'Église
croyante. Aller vers les autres contribue à croître en
sainteté, à approfondir l'union avec Dieu qui est Amour et
qui aime tant le monde qu'Il a donné son Fils bien-aimé. Les
communautés centrées sur elles-mêmes doivent surmonter
leur inertie et s'étendre afin qu'elles puissent suivre le chemin
de Jésus-Christ. Une conversion plus profonde est à la fois
importante et indispensable si l'expansion missionnaire doit être
plus qu'une simple promotion du développement humain ou de l'action
sociale pour la justice et la paix. L'expansion missionnaire, qui est
clairement une évangélisation, doit venir des communautés
et des individus en qui Jésus-Christ est pleinement vivant à
travers son Esprit. Une communauté chrétienne doit régulièrement
s'examiner à la lumière de l'Évangile et de la
Tradition de l'Église. Un souci précis de l'Église en
Océanie est exprimé dans de nombreuses réponses:
mieux comprendre l'appel de Jésus-Christ et répondre plus
clairement à son appel dans le monde d'aujourd'hui.
Un peuple investi d'une mission
8. L'appel à la mission, tant à l'intérieur
d'elle-même que dans un contexte ecclésial plus large,
s'adresse à toute la communauté chrétienne. L'appel
est, tout particulièrement, lancé aux évêques,
aux prêtres, aux diacres, aux autres ministres et aux religieux et
religieuses. Ils doivent tous être vigilants et répondre
activement à l'appel missionnaire. La mission à l'intérieur
et la mission à l'extérieur sont des activités dans
lesquelles une grande partie de ces hommes et de ces femmes se sont engagés
avec générosité. Saisissant les opportunités
qui se présentaient, ils se sont préparés pour répondre
à cette tâche et se sont formés pour l'accomplir. Ils
sont conscients des besoins des personnes qui les entourent, ils en
comprennent la quête d'un sens, le désir de guérison
et d'amour. Leur style de vie radicalement évangélique les
rend souvent encore plus conscients envers les nécessiteux de la
société humaine, envers ceux qui sont abandonnés, les
opprimés et les malheureux.
Dans un grand nombre de réponses, l'appel à la mission est
spécialement lié aux laïcs chrétiens. Les réponses
ne se réfèrent pas seulement à ces missionnaires laïcs
qui quittent leur pays d'origine, mais aussi aux chrétiens qui
vivent et travaillent dans leur propre pays. Ils sont appelés à
donner le témoignage de leur foi en Jésus-Christ dans leur
famille et dans l'exercice de leur profession. Des associations
professionnelles imprégnées de la foi chrétienne et
de ses valeurs leur offrent une aide mutuelle. Des services de volontariat
et d'autres activités contribuent à la mission de l'Église.
Encouragés et formés par les pasteurs et les religieux, les
laïcs qui se consacrent activement à la tâche
missionnaire la suivent à leur propre manière. Ils assument
une plus grande responsabilité dans la communauté locale et
la partagent dans l'expansion missionnaire. Les laïcs chrétiens
possèdent leur propre manière irremplaçable de suivre
le chemin de Jésus-Christ. Ce n'est pas seulement leur vocation,
c'est leur privilège. De concert avec les prêtres et les
religieux qui les soutiennent, ils accomplissent leur propre rôle
dans l'Église. La responsabilité et l'activité
missionnaire des laïcs est un signe d'espérance authentique
dans l'Église en Océanie.
La contribution du laïcat est la garantie que l'Église entière,
toutes les communautés et tous les croyants, sont missionnaires.
Ils apportent ensemble la Bonne Nouvelle aux autres et agissent en tant
qu'instruments de guérison de la miséricorde de Dieu. Ils
aident à apporter la paix en temps de conflit, et la réconciliation
après des périodes de cruelle violence. Dans ce contexte, il
y a bien quelques réponses qui font référence au
conflit qui a déchiré l'île de Bougainville dans la
Province du Nord-Salomon de la Papouasie - Nouvelle-Guinée.
Maintenant qu'une paix fragile a été restaurée, les
laïcs répondent à l'invitation d'uvrer avec leurs
pasteurs pour approfondir et renforcer la paix intérieure. Avec les
prêtres et les religieux, les laïcs et tout spécialement
les femmes ouvrent un nouvel avenir aux personnes qui ont tellement
souffert, et apportent l'espérance à leurs aspirations légitimes.
La construction d'un tel avenir plein d'espérance est bénéfique
non seulement à l'île elle-même mais à tout le
pays.
Les réponses mentionnent, souvent avec gratitude et admiration,
les divers groupes et mouvements qui donnent leur temps et leur énergie
à l'activité missionnaire. Bien qu'ils soient le plus
souvent originaires hors de l'Océanie, ces groupes et ces
mouvements se sont enracinés dans les diocèses d'Océanie
et y sont très actifs. Grâce à la nouveauté de
leurs méthodes et de leurs programmes, de leur unité de
structure et de responsables, de leur fraternité et leur
enthousiasme, ils représentent une force missionnaire vivante dans
l'Église. Ils proclament avec courage et persévérance
l'Évangile de Jésus-Christ, et offrent leurs services aux nécessiteux,
comme solidarité concrète avec les pauvres. En communion
avec la communauté locale et avec son pasteur, ils vont vers les
autres pour montrer ainsi le chemin à d'autres chrétiens.
L'esprit missionnaire a, comme le suggèrent de nombreuses réponses,
besoin d'être encouragé dans un grand nombre de paroisses.
Ceci peut requérir une formation des adultes et une formation
permanente des pasteurs, des ministres et des fidèles. Les réponses
proposent la création et la promotion de communautés ecclésiales
de base, de groupes familiaux ou de communautés de quartier. Dans
ces communautés, la foi est vécue et partagée, les Écritures
sont lues et méditées comme base de la prière
commune, la solidarité fraternelle est mise en pratique, et la présence
joyeuse et réconfortante de l'Esprit-Saint est célébrée
et expérimentée avec une plus grande ferveur. Comme les
membres se connaissent mieux les uns les autres, ils se sentent plus
libres d'exprimer leur foi et sont stimulés à prendre
contact avec ceux qui vivent en marge ou en-dehors de l'Église. Ces
communautés contribuent plus facilement à une plus grande
justice et une plus grande paix et, en même temps, elles constituent
des lieux où se renforce la conscience missionnaire, en raison de
leur proximité avec les personnes et les lieux visés par un
programme de diffusion. La promotion de ces communautés requiert
des relations fondées sur la coopération et le respect entre
les responsables laïcs et les ministres ordonnés. De cette
manière, le bien commun de l'Église, loin d'être déprécié,
est au contraire bien mieux desservi et enrichi, et la société
qui les entoure bénéficie d'une saine influence en faveur de
la vie.
Domaines de la mission
9. L'Église est envoyée vers ceux qui n'ont pas entendu l'Évangile
ou qui ont besoin de l'entendre à nouveau. Les réponses aux
Lineamenta précisent qu'il existe encore en Océanie
des petits groupes de personnes qui n'ont pas entendu la Bonne Nouvelle de
Jésus-Christ. L'isolement de ces groupes tribaux est souvent due à
la difficulté d'accès des lieux où ils vivent. Des
efforts sont faits pour parvenir jusqu'à eux et pour entrer en
contact avec eux.
Dans toutes les autres parties de l'Océanie cependant, l'Évangile
a, par le passé, été proclamé et entendu. Il
reste, pour le moment, à accomplir la tâche de proclamer
d'une manière nouvelle l'Évangile aux générations
et aux groupes qui n'ont pas entendu ou qui n'ont pas répondu à
la Parole de Dieu. Les réponses se réfèrent à
ceux qui ont été baptisés mais qui ne mettent pas
leur foi en pratique. Ils sont tout bonnement devenus des chrétiens
«culturels». Beaucoup proviennent de familles chrétiennes
et sont des personnes de bonne volonté qui ont reçu une
bonne éducation. Ils se sont éloignés de la prière
et du culte chrétiens, et ont négligé d'approfondir
leur connaissance et leur compréhension de la foi. Très
souvent, leur comportement contredit leurs valeurs morales chrétiennes.
Il est impératif pour l'Église de pouvoir les atteindre, en
prenant en compte leurs convictions et les valeurs humaines qu'ils
pratiquent. Il est, toutefois, tout aussi impératif de présenter
la Bonne Nouvelle à travers la parole et le témoignage, en
invitant ces personnes à rejoindre la communauté chrétienne
et à pratiquer de nouveau la foi qu'elles avaient reçue à
l'origine.
Dans les régions d'Océanie, là où la culture
occidentale moderne domine, certains insistent sur le fait que presque
toutes les sphères de la vie publique ont besoin d'entendre à
nouveau la voix de l'Évangile. Toutes les générations,
mais tout spécialement les jeunes, ont le droit de connaître
le message de l'Évangile et les enseignements de l'Église. À
cet égard, un grand nombre de réponses soulignent
l'importance des instituts d'éducation catholique. Ceux qui
enseignent dans les écoles et les universités catholiques,
ainsi que ces catholiques qui enseignent dans les instituts publics ou
non-catholiques d'éducation doivent être encouragés et
formés pour apporter la vérité révélée
en Jésus-Christ dans tous les aspects de la vie de l'homme moderne.
Dans ces instituts, les futurs responsables du pays, femmes et hommes,
sont instruits et formés. Ils doivent entendre la vérité
et les valeurs enseignées par l'Église, et devraient les
voir mises en pratique. L'éducation informelle, qui touche souvent
les moins privilégiés, est aussi un domaine de mission pour
la communauté chrétienne.
Nombreuses sont les réponses qui signalent le secteur public des
mass-médias ou de la communication sociale comme étant un
domaine critique de mission. La presse, la radio et la télévision,
les vidéocassettes et les films, l'ordinateur électronique
et Internet, sont des instruments qui, sous de multiples manières,
influencent les personnes qui les utilisent, chrétiens et non-chrétiens
sans distinction. Il est de l'intérêt de l'Église que
les communautés locales et les groupes chrétiens éduquent
les personnes à se servir des médias d'une manière
prudente et judicieuse. Il doit être possible de prendre contact et
de dialoguer avec les responsables de ce secteur afin d'influencer les
programmes pour qu'ils respectent le mode de vie chrétien et ses
valeurs.
L'activité missionnaire a besoin d'une spiritualité
missionnaire. En effet, les missionnaires se nourrissent de la prière,
de la communion intense avec Dieu et de l'amour intime de Jésus-Christ
dans l'Esprit. Quelques réponses indiquent qu'au cours de ces dernières
années une faim et une soif de spiritualité se sont faits de
plus en plus sentir. Ce désir d'approfondissement de la vie
spirituelle peut être le signe qu'un nouveau sens du sacré
est en train de faire son apparition. Il est souvent lié à
une découverte positive du sens religieux d'origine qui se trouve
dans les cultures indigènes, qui sont parmi les plus anciennes du
monde et qui sont encore présentes en Océanie. Cette soif de
spiritualité se retrouve aussi chez les prêtres, les
religieux et les laïcs. Puisant aux sources spirituelles chrétiennes,
apprenant des grands maîtres spirituels du christianisme, guidés
par un compagnon spirituel avisé, et vivant dans l'obéissance
à l'Esprit de Dieu en Jésus-Christ, ils grandiront dans la
sainteté spirituelle. Ceux qui s'offrent pour guider ceux qui sont à
la recherche, ont besoin d'une forte vie spirituelle et d'une humble
sagesse, fruits tous les deux de l'Esprit-Saint.
CHAPITRE II
L'ÉVANGILE ET LES NOMBREUSES CULTURES
Puissance de conversion de l'Évangile
10. Chaque fois que la vie des hommes est touchée par l'Évangile
et par la grâce de Jésus-Christ, ceux-ci s'en trouvent
transformés. Cet effet n'est pas limité aux seules personnes
qui ont été converties. Plus les gens accueillent le
christianisme et le vivent en vérité, plus la société
et la culture s'en trouvent également transformées. De par
sa nature, chaque personne est obligatoirement membre d'une société
particulière qui possède sa propre culture. Les valeurs défendues
par ses membres, les coutumes qui sont les leurs, leurs croyances, leurs
langages, les histoires qu'ils racontent, leur façon d'organiser
leur travail et leur temps, et surtout leur façon d'exprimer leur
vision du monde et leurs convictions religieuses, tout ceci contribue à
former leur façon de vivre, leur culture. L'Église respecte
profondément toutes les cultures humaines. Dans le même
temps, l'Évangile lance des défis spécifiques à
chaque culture humaine. Sans imposer le christianisme, l'Église
s'efforce en prêchant l'Évangile d'élever, de purifier
et d'enrichir chaque culture humaine tout au long de son histoire. Une
fois qu'il est reçu dans une culture particulière, l'Évangile
s'exprime et est vécu d'une manière nouvelle qui devient
alors un moyen de proclamer l'Évangile sous une forme beaucoup plus
significative et bien plus effective dans cette culture.
Une diversité de cultures
11. Les réponses aux Lineamenta démontrent que
l'Océanie est caractérisée par un grand nombre de
populations possédant chacune distinctement sa propre culture. Dans
la seule Mélanésie, on peut dénombrer des centaines
de langues et un nombre équivalent de cultures. Quelquefois, elles
partagent des valeurs communes qui s'expriment d'une manière différente,
quelquefois une langue commune s'est développée permettant
de communiquer et servant de lien entre les différences. La variété
de cultures qui existe en Océanie est extrêmement vaste,
allant du simple petit village de montagne avec son économie de
subsistance, à la société urbaine la plus hautement
industrielle et technologique. Souvent, des personnes de cultures très
différentes vivent ensemble dans une même communauté
locale. En Polynésie et en Micronésie, un grand nombre de
sociétés sont petites et mono-culturelles. En Australie et
en Nouvelle-Zélande, la culture qui domine est occidentale, mais
avec toutefois une diversité considérable qui est due aux
origines des nombreux immigrants. La plupart des sociétés
nationales sont multi-culturelles, possédant plus d'une seule
langue nationale. En dépit de cette diversité, un grand
nombre de pays tendent fortement à développer une identité
culturelle nationale. En même temps, il existe des signes indiquant
que la conscience et le respect pour les populations et les cultures indigènes
d'origine se développent de plus en plus.
Dans certains pays, les populations indigènes, telles que les
Aborigènes en Australie et les Maoris en Nouvelle-Zélande,
sont devenues un groupe minoritaire dans la société
nationale. Quelquefois, le groupe culturel dominant éprouve
quelques difficultés à reconnaître et soutenir la
minorité culturelle. Bien que ces tensions culturelles et sociales
peuvent parfois se refléter dans l'Église, celle-ci
s'efforce d'étendre sa sollicitude pastorale et sa présence à
tous. Des efforts sont actuellement entrepris pour respecter les groupes
minoritaires et leur culture. Le respect va de pair avec le partenariat en
faveur du développement humain de tous, et tout spécialement
en faveur des plus défavorisés. Le clergé et les
religieux autochtones, même s'ils sont en nombre restreint, sont
d'une grande importance pour la place légitime qui est faite à
ces populations dans une société multi-culturelle. Souvent
la minorité culturelle, qu'elle soit indigène ou qu'elle
provienne de l'immigration, vit dans des conditions de plus grande pauvreté
que les autres dans la société nationale. L'Église,
en coopération avec d'autres organismes, défend les droits
des pauvres et les aide dans leurs besoins, par exemple, à travers
les services de la Caritas et des programmes similaires. Elle se
préoccupe de leur éducation et encourage les employeurs à
leur fournir des occasions de travail.
Culture et Évangile
12. Le rapport qui existe entre la culture et l'Évangile comporte
deux aspects. D'un côté, une culture locale offre des valeurs
et des expressions positives qui peuvent enrichir et qui enrichiront la
manière dont l'Évangile est prêché et dont la
foi chrétienne est vécue dans une communauté locale.
D'un autre côté, l'Évangile lancera un défi à
la culture locale. Le changement doit se produire dans tout ce qui
s'oppose à la vérité telle qu'elle est proclamée
par l'Évangile et gardée précieusement par l'Église
catholique, ou dans tout ce qui est en opposition avec les valeurs
religieuses et humaines.
De nombreuses réponses se réfèrent au fait que la
structure culturelle des peuples d'Océanie est en cours de
changement. On assiste à une augmentation de l'interdépendance
et d'un mélange entre les diverses cultures. En même temps,
l'Église a moins d'influence sur les valeurs et les idées
qui se développent et qui sont apparues tout récemment. Les
réponses indiquent un grand nombre de valeurs positives présentes
dans les cultures indigènes d'Océanie: un sens incontesté
du sacré, un respect pour la tradition et l'autorité, des
liens familiaux et communautaires très forts, et un sentiment de
joie et de gratitude envers la vie et les dons de la nature. Ces valeurs
ont enrichi la vie et la société chrétiennes. Nombre
de ces valeurs sont, cependant, menacées par l'acceptation dépourvue
de tout sens critique d'un style de vie occidental plus moderne. Dans
d'autres situations, les cultures indigènes offrent une forte résistance
à un accueil plus complet de la foi chrétienne et de ses
principes moraux. Les réponses font référence aux
coutumes matrimoniales approuvant la polygamie ou la tradition de la «bride
price», à la sorcellerie et aux croyances superstitieuses
en des esprits malfaisants, à l'hostilité et la guerre
tribale, à l'obligation de se venger quand il a été
fait du mal à une personne, à sa tribu ou sa famille. La
communauté chrétienne a besoin de faire preuve de patience
et d'une continuelle persévérance afin de parvenir à
la conversion et au changement de ces réalités culturelles négatives.
Encore plus difficile et plus provocateur est l'accueil de la foi chrétienne
dans les modèles de pensée indigènes. Des tentatives
ont déjà été faites par des théologiens
et philosophes indigènes religieux qui se sont penchés et élaboré
une théologie et philosophie adaptée à une culture spécifique
(par exemple Mélanésienne, du Pacifique). Des semences d'une
conscience authentique de Dieu dans la religion traditionnelle offrent des
possibilités d'interprétation créative des concepts
chrétiens. Le dialogue critique et la coopération de théologiens
et de philosophes, dans le respect et en adhésion au Magistère,
enrichiront la théologie catholique sans pour autant perdre aucun
des éléments essentiels de la Tradition de l'Église.
Le défi de la culture occidentale moderne
13. Même quand la culture principale est indigène,
l'influence croissante de la culture occidentale moderne en Océanie
se retrouve dans un grand nombre de réponses. L'Église
accepte et encourage les valeurs positives de cette culture mais lutte
contre ses aspects négatifs. Il existe d'importantes valeurs
positives, telles que la dignité de la personne humaine, le droit à
la liberté et au bonheur, la contribution de tous aux prises de décision
commune, au progrès et à la prospérité de la
société humaine. En même temps, nombre de réponses
soulignent l'aspect négatif de la culture occidentale:
l'individualisme, le matérialisme, le libéralisme et la compétition
destructrice. Dans les pays où domine la culture occidentale, ces
tendances représentent autant d'obstacles à l'expansion
missionnaire de la communauté chrétienne.
Les valeurs positives qui sont à la base de la culture moderne
sont ouvertes à l'orientation donnée par l'Évangile.
Cependant, quand ces valeurs sont prises au sens absolu, la culture
moderne devient sécularisée. Le sécularisme culturel
rejette ouvertement les valeurs et les croyances religieuses, et nie à
la communauté religieuse son influence légitime sur la société
humaine. Il est indifférent aux idées et aux pratiques
religieuses, et est opposé à l'Église et à ses
représentants. Dans une société sécularisée,
la tâche d'évangélisation s'avère très
difficile et demande un grand courage. Les tendances sécularistes
sont nettement présentes dans la société occidentale
moderne. Bien qu'elles doivent être reconnues, elles présentent
de nouveaux défis et de nouvelles opportunités. L'Église
est parfois appelée à protester et à défendre
sa foi et ses principes moraux. L'Église doit avoir la liberté
et le courage de poursuivre sa mission dans ces circonstances.
La culture occidentale moderne est fortement caractérisée
par son pluralisme d'opinions et ses systèmes de valeurs. Au sein
d'une même société cxistent des opinions
diverses sur d'importantes questions vitales et des systèmes de
valeurs différents. Ils apparaissent comme étant tout autant
valables et acceptables. Dans ce climat, l'autorité et la tradition
de l'Église ne sont considérées que d'une importance
relative et souvent ouvertement mises au défi. Un pluralisme absolu
a tendance à rejeter la raison comme élément critique
dans la prise de décision, et permet aux aspects émotionnels
de prévaloir. Un pluralisme limité se base sur les valeurs
de tolérance et de respect, des valeurs appréciées
par l'Église. Diverses réponses indiquent qu'un tel
pluralisme offre d'importants et de difficiles défis à
l'activité missionnaire chrétienne.
Un grand nombre de réponses se réfère aussi au matérialisme
qui représente une forte tentation pour les peuples d'Océanie.
La prospérité économique, le développement
technologique et les découvertes scientifiques doivent être
acceptées et encouragées. Cependant, l'avidité pour
les biens matériels et le rejet de la providence et de la grâce
de Dieu, de la foi et de la charité chrétienne, est
inacceptable pour l'Église. Les dangers qui se profilent avec les
mass-médias sont aussi mentionnés dans certaines réponses.
En Océanie, l'influence des mass-médias est tout à
fait considérable et toujours grandissante. Les programmes qui sont
proposés répondent souvent, et sans aucun discernement, à
un désir du plaisir immédiat ou simplement du divertissement
voluptueux. Nombreux sont ceux qui insistent sur l'importance d'une
utilisation prudente et judicieuse des médias en vue d'une éducation
mieux équilibrée. La famille et l'école peuvent
offrir des opportunités pour une telle formation humaine.
Le dialogue entre l'Évangile et la culture occidentale moderne
est un dialogue critique, qu'il faut toujours reprendre sous une nouvelle
forme. Bien que beaucoup de réponses critiquent cette culture,
elles se réfèrent aussi à ses valeurs positives qui
ont permis d'accueillir et d'exprimer le message de salut de Dieu. En
certaines parties de l'Océanie, la culture occidentale moderne est
plus une influence provenant de l'extérieur qu'une partie de la
culture locale. L'on craint que la culture moderne ne détruise les
importantes valeurs traditionnelles au sein de la famille et de la société,
le respect pour le commandement, et même l'unité nationale.
Dans notre monde actuel, avec les mass-médias et la liberté
de la presse et celle des télécommunications, de tels
conflits culturels sont inévitables. L'Église est consciente
de la tâche difficile mais nécessaire - confiée spécialement
aux pasteurs - de donner une conduite morale et de veiller à ce que
les valeurs importantes au sein de la famille et de la société
ne soient pas oubliées ou éliminées.
Quelques réponses font mention d'une véritable harmonie
existant entre les nombreuses cultures à l'intérieur d'une même
société. Le dialogue entre elles est empreint de respect et
d'enrichissement mutuel. Au contraire, d'autres réponses soulignent
qu'il existe des tensions sous-jacentes, et souvent publiques, pour la
lutte pour la domination, se traduisant par un manque d'estime réciproque.
Dans le dialogue entre l'Évangile et la culture, et dans le
dialogue entre les cultures elles-mêmes, l'Église a un rôle
difficile mais crucial à jouer. Elle est elle-même
constamment appelée à une plus grande fidélité
à l'Évangile qu'elle a reçu dans la foi. Dans son
enseignement, elle doit essayer de conduire non seulement ceux qui
croient, mais aussi les autres, afin qu'ils découvrent le chemin de
la vérité, de la justice et de la charité dans les
nombreux changements et nombreuses luttes qui agitent les cultures en Océanie.
Inculturation
14. Abordant la question de l'inculturation, nombre de réponses décrivent
les différentes façons et formes dont les cultures indigènes
ont enrichi la liturgie et les pratiques de dévotion de l'Église
en Océanie. En fidélité à Vatican II, beaucoup
de diocèses ont tenu compte de l'appel au renouveau liturgique qui
a permis une participation plus active de tous les membres de l'Église.
Sous l'autorité pastorale des évêques, la liturgie a été
enrichie par l'introduction de la langue locale dans les prières et
les lectures. Les rituels ont pris une plus grande signification en
adoptant des gestes traditionnels, des danses, de la musique et des chants
tant traditionnels que de composition récente. Les édifices
sont souvent dessinés et construits par les habitants du lieu et
les objets sont souvent peints ou sculptés par les artistes locaux.
La catéchèse est devenue beaucoup plus vivante grâce à
une utilisation judicieuse des récits traditionnels, du théâtre
et de la poésie modernes. Les processions, les pèlerinages
et les dévotions à Marie et aux saints ont souvent été
introduits par les missionnaires. Ils se sont développés et
enrichis de nombreux symboles et coutumes du lieu, et sont très
populaires dans certains endroits. Les symboles indigènes ont été
utilisés d'une manière positive dans les rites du mariage et
des funérailles. Les gestes traditionnels ont été
introduits dans les cérémonies de la réconciliation.
Des expressions spontanées et enthousiastes de foi et de communion
dans le Christ ont été encouragées par de nombreuses
contributions locales et indigènes.
Beaucoup de réponses précisent que ce genre
d'inculturation est un processus permanent et graduel. Il nécessite
un certain laps de temps avant qu'une expérimentation critique et
judicieuse puisse en être faite. Une évaluation minutieuse
encouragera ou corrigera les tentatives qui ont été effectuées.
Le sens inné du sacré, présent dans tant de
nombreuses cultures indigènes, sert de tremplin à la
liturgie catholique. Dès le début, les expressions
religieuses existantes ont souvent été acceptées par
les missionnaires. Elles ont dû, bien sûr, être réorientées
et amenées à l'accomplissement en Jésus-Christ, la plénitude
absolue de l'auto-révélation de Dieu au monde.
L'approche actuelle des expressions religieuses indigènes est même
encore plus constructif qu'aux premiers temps. Ce changement d'attitude de
la part de l'Église a troublé un certain nombre de
catholiques les plus anciens. Beaucoup de réponses demandent, donc,
qu'une ultérieure inculturation se fasse avec plus de prudence et
s'accompagne d'une catéchèse minutieusement préparée.
Une inculturation bien conduite produit un effet positif sur les membres
d'une société culturelle donnée qui se sentent
beaucoup plus à l'aise dans la foi et le culte catholiques. La
communion avec l'Église universelle et avec ses traditions demande,
naturellement, le respect et l'adhésion aux éléments
essentiels et aux règles qu'elle a développés tout au
long des siècles. Une certaine diversité en accord avec la
culture locale doit autant que possible être encouragée mais
sans pour autant détruire l'unité catholique. La Conférence
épiscopale a la responsabilité d'approuver les formes et les
formules liturgiques appropriées tant qu'elles sont en concordance
avec l'enseignement et les directives de l'Église universelle. Les évêques
locaux savent quelles sont les valeurs culturelles qui sont à la
base des changements requis, et une telle connaissance est indispensable
pour juger de la manière dont la liturgie peut avoir une
signification à l'intérieur de la communauté
culturelle locale. La possibilité et le besoin d'une plus grande
inculturation de la liturgie dépendent aussi du rite catholique
particulier auquel appartient la communauté. Les Églises
catholiques orientales en Australie conservent encore précieusement
leur liturgie, si profondément liée à la culture et à
la société nationale, si riche en valeurs chrétiennes.
La traduction de la Bible dans les langues locales représente un
important domaine d'inculturation. De nombreux efforts couronnés de
succès ont été entrepris par les pasteurs et les érudits,
souvent en coopération cuménique et avec l'aide généreuse
de la Société de la Bible, aux niveaux national et
international. Cette aide, fournie par les communautés
protestantes, est mentionnée avec reconnaissance dans de nombreuses
réponses. Grâce à ces traductions, la Parole de Dieu,
sous sa forme écrite, est maintenant accessible aux lecteurs de
langues indigènes. L'inculturation du message biblique n'est
toutefois pas complète par la seule impression du texte. Elle doit être
suivie d'une lecture et d'une méditation régulière,
plus spécialement du Nouveau Testament. L'appropriation du Verbe de
Dieu est soutenue par la création théâtrale biblique
et par la prière spontanée inspirée par les passages
de la Bible.
Culture des jeunes
15. Dans une société moderne, la jeunesse semble posséder
sa propre culture. La culture des jeunes diffère de la culture générale
du fait qu'elle exprime les intérêts particuliers, les
besoins et les désirs des jeunes, qui sont souvent perçus
comme une contestation envers la génération précédente.
Dans les régions les plus urbanisées de l'Océanie, la
culture des jeunes est fortement influencée par celle de l'Amérique
du Nord et par celle de l'Europe. De nombreuses réponses notent la
difficulté qu'éprouve l'Église à toucher les
jeunes générations ou à les intéresser aux
activités ecclésiales. Il existe un besoin d'inculturer les éléments
essentiels de la vérité et de la foi chrétiennes sous
des formes qui soient compréhensibles aux jeunes. Les groupes et
les mouvements de la jeunesse catholique accomplissent de réels
efforts en ce sens. En même temps, les jeunes, qui sont touchés
par l'Évangile et qui entendent l'appel de Jésus-Christ,
sont invités à vivre d'une façon qui est tout à
fait contraire au style de vie le plus communément adopté
par ceux qui ne partagent pas leur foi et leurs convictions chrétiennes.
Les jeunes représentent l'espérance de l'Église en
Océanie. Ils sont à la recherche d'authenticité et de
vérité, de signification et de vie. Ils veulent le bonheur
et l'amour, la communion et la possibilité de servir. Il est
important qu'ils puissent entendre et exprimer la foi chrétienne
sous des formes qu'ils apprécient et qu'ils comprennent mais qui se
réfèrent aussi sans aucune ambiguïté à Jésus-Christ
dans la communion de l'Église. Une vie familiale saine peut aider
les jeunes à trouver ce qu'ils cherchent. Confrontés à
de nombreux défis, les parents chrétiens en Océanie
font souvent de grands efforts - pas toujours couronnés de succès
- pour guider et éduquer leurs enfants afin qu'ils deviennent des
personnes et des chrétiens responsables.
Dans ce contexte, diverses réponses se rapportent de nouveau au rôle
vital exercé par les mass-médias. Les jeunes ont besoin de développer
leur sens critique pour faire un usage judicieux des médias.
Souvent les médias transmettent des messages discutables ou même
immoraux. Parfois, les jeunes se retrouvent eux-mêmes les objets ou
les victimes des intentions commerciales qui se cachent derrière la
politique de ces organisations de diffusion massive de l'information. L'Église
doit interpeller ces responsables pour qu'ils respectent les droits et la
dignité des jeunes. Ils ont le droit d'entendre la vérité,
qui doit être présentée avec ce qui promeut une
culture de la vie et d'un amour véritable, et non d'être séduits
par une «fausse culture» faite de drogues et de violence. Ils ne
doivent pas être entraînés vers l'avidité et
l'ambition, ou vers une poursuite égoïste du bonheur facile,
mais vers des idéaux de générosité désintéressée
et de service courageux envers les nécessiteux. Les médias
pourraient être grandement bénéfiques aux jeunes en
respectant et en reflétant la foi chrétienne et ses
principes moraux.
CHAPITRE III
POPULATIONS EN MOUVEMENT
Urbanisation
16. L'Australie et la Nouvelle-Zélande sont les pays les plus
urbanisés de l'Océanie. La plupart des autres pays possèdent
des capitales en expansion et de plus petites villes. Les zones urbaines
attirent de plus en plus les populations des zones rurales. Elles espèrent
y trouver une plus grande liberté individuelle, une infinité
de variétés de biens et l'espoir de la prospérité.
Cependant, lorsque ces rêvent ne se réalisent pas, elles
doivent faire face au chômage, à la pauvreté et à
la maladie. Une rude compétition et une formation inadaptée
les amènent quelquefois à se joindre à des bandes, où
elles sont exploitées ou mêlées à des activités
immorales ou criminelles, telles que la prostitution. Malgré ces
problèmes, les personnes ont tendance à se déplacer
vers les villes. Nombre de réponses rapportent une poussée
urbaine problématique dans de nombreuses parties de l'Océanie.
Certaines préconisent que l'Église apporte un soutien
substantiel, dans les zones rurales où les services primordiaux
devraient être préservés, afin que les personnes
soient moins tentées de quitter le lieu d'origine. L'Église
ne doit pas abandonner aussi facilement la population rurale, mais
affronter ces idéologies économiques qui conduisent les
responsables politiques à promouvoir l'urbanisation.
Après s'être transférés dans les villes,
certains catholiques semblent avoir perdu tout intérêt pour
une pratique religieuse régulière. La religion devient
marginale après qu'ils aient coupé les liens avec leur terre
natale rurale ou leur société culturelle. Nombreux sont ceux
qui ont la sensation que la communauté ecclésiale ne s'intéresse
pas à eux. Quand elles vivent en marge de la société,
dans des baraquements urbains ou comme des squatters, les
personnes peuvent, quelquefois, avoir l'impression qu'elles ne sont pas
importantes pour l'Église. Dans ce genre de situations, l'Église
a besoin d'exprimer sa préoccupation, d'offrir son aide et de
parler franchement de leurs problèmes socio-économiques. Le
style de vie urbain peut conduire à l'individualisme, à la
compétition à outrance et au matérialisme, tandis que
la solidarité humaine est très limitée. En même
temps, la poussée urbaine et l'urbanisation de la culture présentent
de nouveaux défis et de nouvelles opportunités pour la
communauté catholique. La création d'associations pour les
familles ou pour les femmes, les groupes de jeunes, les services sociaux
et les mouvements d'aide aux nécessiteux sont une réponse à
ces défis. Ils peuvent conduire à une nouvelle solidarité
chrétienne. Les paroisses urbaines sont mises au défi de développer
un programme pastoral approprié dans lequel les laïcs ont un rôle
important à jouer. La sollicitude pastorale pour la communauté
paroissiale s'efforcera de s'étendre jusqu'aux membres non
pratiquants, et cherchera à entrer en contact avec les
non-catholiques.
La ville exerce son attrait particulièrement sur les jeunes. Ils
y trouvent non seulement de nombreuses possibilités mais aussi un
grand nombre de risques et de dangers. Beaucoup d'entre eux sont entraînés
dans des bandes où règne la violence, d'autres sont victimes
de l'immoralité ou de l'injustice. Plus nombreux, toutefois, sont
ceux qui profitent des facilités d'enseignement, développent
des qualités humaines et répondent aux défis d'une
manière chrétienne. Les écoles professionnelles sont
d'un grand soutien pour les jeunes des villes. La formation de groupes et
de mouvements de jeunes qui proposent des activités sportives,
musicales et d'autres arts ou formes récréatives, est une
autre façon de les aider. Ces mouvements offrent aussi la
possibilité de former des volontaires pour les services sociaux.
Quelques réponses suggèrent que toute la communauté
chrétienne soit appelée à répondre à ce
nouveau défi lancé à la société
moderne. Les prêtres, les religieux et les laïcs chrétiens
doivent se rapprocher de ces jeunes, les former et les instruire, les
accompagner dans leur famille, ou soutenir par leur présence ceux
qui ont dû quitter leur famille pour vivre dans des foyers
communautaires.
Colonisation, migration et tourisme
17. L'actuelle structure sociale dans la plus grande partie de l'Océanie
est le résultat d'une précédente colonisation, spécialement
en Australie et en Nouvelle-Zélande, mais aussi en Nouvelle-Calédonie
et aux Fiji. Dans ces pays, la population indigène originelle a dû
faire face aux effets d'une immigration sur une large échelle
depuis la période coloniale. Dans certains endroits, la population
indigène est devenue une minorité ethnique, portant parfois
les indigènes à se sentir dépossédés de
leurs droits en raison d'un manque de respect pour leur identité et
leur épanouissement. Ils considèrent les autres groupes
ethniques de descendance européenne et asiatique mieux nantis, plus
privilégiés et plus puissants. Les problèmes
politiques et économiques de ces communautés indigènes
reflètent les tensions qui existent entre les groupes ethniques.
Ils révèlent l'injustice historique qui s'est perpétrée
et dont les blessures persistent encore de nos jours. De grands efforts
ont été entrepris pour corriger les injustices et pour
soigner les blessures infligées dans le passé par les
politiques de colonisation. Dans certains pays, une réconciliation
nationale est nécessaire entre les descendants de populations qui étaient
adverses durant le conflit. L'Église a le droit et la volonté
de contribuer à ce processus. La réconciliation nationale
est une condition indispensable pour la paix intérieure et pour un
véritable progrès. Il y a place pour le repentir et le
pardon sans amoindrir le sens de la justice. Par-dessus tout, l'Église
croit en la puissance de l'Esprit pacifique de Dieu, qui agit davantage et
plus profondément que tous les efforts humains.
Il existe de vastes problèmes comme la question de la possession
des terres. La question des terres est particulièrement problématique
en Australie vis-à-vis des Aborigènes, et en Nouvelle-Zélande
vis-à-vis des Maoris. Aux Fiji et dans les autres pays d'Océanie,
c'est un problème difficile pour toutes les parties concernées.
Pour la population indigène, la terre est une réalité
importante et profondément symbolique. La terre représente
la source et la stabilité de vie. La question des terres est
cruciale pour eux, tout comme elle l'est pour ceux qui l'exploitent et la
développent, contribuant de ce fait à la prospérité
du pays. Toute solution satisfaisante ne peut se trouver qu'avec patience
et grande sagesse, dans un dialogue réunissant tous les groupes
concernés. De nombreuses façons, tous les membres de l'Église
peuvent venir en aide à ceux qui sont défavorisés,
victimes du chômage, de la pauvreté, de la violence et de
l'immoralité dans les sociétés d'Océanie. Le
pouvoir économique et politique fait souvent défaut aux
groupes minoritaires pour changer suffisamment leur vie ou même pour
faire respecter leurs droits. Ce n'est qu'avec le soutien de la solidarité
des autres groupes qu'ils peuvent faire entendre leur voix.
L'actuelle immigration a amené beaucoup plus de personnes
d'Europe de l'Est et de l'Asie en Océanie, spécialement en
Australie. Les populations des îles du Pacifique émigrent en
grand nombre en Australie ou en Nouvelle-Zélande. Le défi
important auquel ces groupes doivent faire face est celui de l'intégration
dans une population déjà installée. L'Église
se préoccupe tout spécialement de ces groupes ethniques. Les
réponses mentionnent que la sollicitude pastorale est confiée
à des aumôniers, et qu'ils sont aidés par les
liturgies dans leur propre langue. Plus les différences culturelles
sont grandes entre les groupes d'arrivants et la population établie,
plus l'intégration sera difficile et lente. La promotion de la
justice sociale et de la tolérance est très importante dans
ce processus. Dans un processus d'intégration pacifique, les
organes de communication peuvent jouer un rôle de soutien.
Dans une société culturellement hétérogène,
il existe le danger du préjugé social et du racisme, exprimé
parfois sous des formes voilées et très subtiles. Le racisme
a été clairement condamné par l'Église. Tous
les catholiques doivent être constamment vigilants à l'égard
de tout élément de racisme qui pourrait exister dans la société.
Ceux qui sont menacés dans leurs droits humains ou ceux qui sont
condamnés à la pauvreté sont les plus enclins à
émigrer. Récemment, les évêques d'Australie se
sont élevés contre les tentatives gouvernementales de
restreindre les possibilités d'admission dans le pays pour les
populations en provenance d'autres continents et venant y trouver une
meilleure vie et contribuer à sa prospérité et à
sa richesse. Dans de nombreuses parties de l'Océanie, les réfugiés
ont été bien accueillis par la communauté chrétienne.
L'Église a parlé en leur nom et les a assistés sur le
plan social et pastoral. La défense de leurs droits humains est une
conséquence importante de l'appel chrétien à la
justice et à la solidarité.
Bien que dans certains pays le tourisme représente une industrie
en croissance, promue par les autorités gouvernementales, il reste
un problème assez limité en Océanie. Les réponses
en soulignent les valeurs pour les touristes eux-mêmes: connaissance
d'autres terres et d'autres cultures, hospitalité, délassement
et divertissement. Pour la population locale, le tourisme fournit des
revenus appréciables mais peut aussi avoir des effets négatifs,
spécialement quand la culture indigène est encore très
traditionnelle. La poussée matérialiste de l'industrie et de
nombreux touristes a une influence négative. Parfois, le
comportement des visiteurs étrangers crée des problèmes.
Dans certains pays, l'Église a fortement et efficacement protesté
contre le jeu de hasard et l'établissement de casinos.
DEUXIÈME PARTIE
PROCLAMER LA VÉRITÉ DE JÉSUS-CHRIST
Le Christ, la Vérité
18. «Qu'est-ce que la vérité?» (Jn 18,
38) est la question qui torturait la conscience de Pilate. La vérité
est la question qui agite toute conscience humaine, car c'est en trouvant
la vérité qu'une personne découvre une raison de
vivre, un mode de vie qui mérite d'être suivi, même
jusqu'à la mort. C'est par le baptême que commence la vie chrétienne
en introduisant un nouveau croyant dans la communauté de foi. C'est
cette foi qui répond à la question de Pilate «Qu'est-ce
que la vérité?». C'est aussi la seule réponse
satisfaisante à la question de Paul «Qui es-tu, Seigneur?»
(Ac 9, 4). La réponse à la question sur la vérité
est personnelle, non seulement parce qu'elle suscite un engagement
personnel à suivre un ensemble d'idées, une philosophie de
vie ou un programme déterminé pour une réalisation
personnelle, mais aussi parce qu'elle comprend la «Personne» de
Jésus-Christ.
La tâche d'évangélisation de l'Église
19. Aujourd'hui, le rôle de l'Église est de poursuivre la
mission du Christ de témoin de la vérité manifestée
par son Père. Le défi que l'Église lance au monde
entier est de proclamer la vérité du Christ en prêchant
sa Bonne Nouvelle afin qu'elle puisse être de nouveau entendue,
appelant le monde de l'an 2000 à la foi, à la conversion, et
à la plénitude de la vie en Dieu. Le programme du Pape
Jean-Paul II pour la nouvelle évangélisation vise à
faire connaître le Christ au monde entier.
Un grand nombre de réponses aux Lineamenta ont donné
les raisons pour lesquelles l'évangélisation, en tant
qu'annonce des vérités évangéliques, doit
constituer la première des priorités actuelles. L'Église
en Océanie doit porter des fruits pour la vie du monde, les réponses
illustrent comment, en réponse à l'appel de Jean-Paul II à
une nouvelle évangélisation, les évêques ont
planifié des programmes complets de renouveau pour leurs diocèses.
Ces derniers prennent en considération le renouveau spirituel des
principaux groupes composant la communauté ecclésiale: le
clergé, les consacré(e)s et les laïcs. La force de l'Évangile
pénètre non seulement les consciences individuelles mais
purifie et transforme tant les structures sociales que les cultures. Étant
donné que chaque Église locale devrait être une
communauté évangélisée et évangélisatrice,
leur objectif a été la mise en pratique de l'ecclésiologie
de communion du Concile Vatican II. En conséquence, ils
ambitionnent une communauté plus participante comme résultat
des changements introduits par le Concile, une communauté dans
laquelle les fidèles puissent utiliser leurs dons, leurs talents et
leurs charismes au service de l'Église et du monde selon la volonté
de Dieu. Ils sont appelés à une plus grande communication et
collaboration entre les groupes et dans l'organisation interne de l'Église,
et à une ouverture et un dialogue plus ample avec le monde, son
histoire et ses besoins. Quelques réponses expriment un grand
enthousiasme pour les succès obtenus par la grâce de Dieu.
D'autres réponses, provenant principalement de sociétés
sécularisées, mentionnent des difficultés, une sorte
de confusion et, jusqu'à présent, un certain manque
d'efficacité dans ces programmes de renouveau, spécialement
pour endiguer le flot des fidèles qui s'éloignent de l'Église.
En général, les réponses concernant cette section
identifiaient les moyens d'évangélisation au titre même
sous lequel pourraient être utilement regroupés les sujets à
traiter. Ces moyens ont, selon elles, besoin d'être examinés à
nouveau afin qu'ils reflètent une véritable vision de vie de
l'Évangile de nos jours, une vision qui puisse inspirer de
nouvelles initiatives, qui puissent aider les Églises locales à
fixer des objectifs, des priorités, et des critères pour
leur efficacité, qui puissent montrer la manière de
surmonter les obstacles, et qui puissent tout particulièrement
animer avec la force de l'Esprit les agents et les institutions investis
de la tâche d'évangélisation. Certains évêques
ont planifié leurs programmes de renouveau d'une manière
telle que les étapes suivies se succédaient au rythme de la
communauté, en fonction de sa condition et de sa croissance dans le
développement de la foi. Tous ces programmes visent à
approfondir le sens de l'Église de son identité et de sa
mission en Océanie.
CHAPITRE I
ÉVANGÉLISATION
Diffuser la Bonne Nouvelle
20. L'évangélisation est l'activité consistant à
diffuser l'Évangile dans le monde entier comme notre Seigneur
Ressuscité l'a ordonné aux Apôtres. Il s'agit
essentiellement de proclamer la vérité de Jésus en
tant que voie pour le salut de l'humanité. Elle se réalise
en trois phases, quand Sa parole est proclamée en prêchant et
en enseignant, quand elle est célébrée dans le culte
par les sacrements, et quand elle est irradiée par le témoignage
de la communauté croyante dans la culture dans toute sa profondeur
et toutes ses dimensions. L'annonce, la célébration et le témoignage
constituent tous les éléments essentiels à l'évangélisation,
et sont interdépendants, l'un vis-à-vis de l'autre, pour la
construction du Royaume. Par l'évangélisation, l'Église
se transforme en une communauté de foi, plus précisément
en une communauté qui confesse la foi en adhésion totale
avec le Verbe de Dieu; foi célébrée dans les
sacrements, et vécue dans la charité, principe de
l'existence chrétienne.
Un grand nombre de réponses ont mis en évidence la
profonde difficulté qui, pour tant de fidèles, consiste à
considérer encore l'évangélisation comme une vocation
spéciale donnée à certains et non comme la mission de
l'Église elle-même et donc, certes pas un commandement du
Seigneur pour chaque croyant dans sa propre situation de vie. L'Évangile
est annoncé quotidiennement sous sa forme la plus simple par le témoignage
de la vie conforme des chrétiens, «la foi opérant par
la charité» (Ga 5, 6). En d'autres termes, quand la
vie d'un croyant est cohérente avec l'Évangile, quand elle a
un accent de vérité et qu'elle est authentique, ceux qui
n'ont jamais rencontré le Christ sont portés à
s'interroger sur la signification de la vie, sur leur destin et sur le
motif pour lequel le Christ fait une telle différence chez ses
disciples.
Le témoignage de vie présente au monde l'Évangile
du Christ comme «la raison de l'espérance qui est en vous»
(1 P 3,15). La proclamation explicite de la Parole de Vie appelle à
la foi et à la conversion: elle est la fondation de l'Église
en tant que la communauté de croyants. Cette expression de la vérité
de Jésus-Christ dans une annonce publique constitue l'évangélisation
au sens le plus strict du terme. L'Église s'évangélise
elle-même à travers la célébration des
sacrements et, ravivée par son union intime avec le Christ, elle
irradie le message chrétien dans le monde. Un simple test de cette
vérité consiste soit à ce que la communauté évangélisée
évangélise les autres, soit qu'elle introduise les autres
dans le Royaume du Fils bien-aimé de Dieu, par la puissance de
l'Esprit.
Les Églises particulières d'Océanie ont été
fondées par des missionnaires venant d'Europe et d'Amérique.
Les réponses ont reconnu que si leur foi et leur culture font
partie de l'héritage de ces continents, elles ne sont pas des Églises
particulières «européennes» ou «américaines».
Cette prise de conscience de leur identité s'est développée
et elles deviennent plus confiantes en leur apport aux trésors de
l'Église universelle à partir des dons merveilleux de Dieu
aux Églises particulières nouvellement fondées, nées
sous la Croix du Sud. Les réponses insistent sur le fait que ces Églises
ne peuvent pas constituer ou continuer à reproduire justement un
christianisme étranger à la région. Elles ont leur
propre vitalité et des capacités créatives pour se
confronter à la société sécularisée, et
elles ont aussi établi leur propre expansion missionnaire dans le
Pacifique, en Papouasie - Nouvelle-Guinée et en Asie du Sud-Est.
Ces Églises particulières sont en train de forger peu à
peu leur identité dans les termes des cultures des nouvelles
nations où elles se sont établies.
Beaucoup de réponses ont attiré l'attention sur l'urgence
du moment actuel comme d'un «temps de salut» (2 Co 6,2).
C'est un tournant décisif car ces nations sont en train d'imprimer
une nouvelle expression à leur identité dans les domaines
politique, culturel et religieux. Cela signifie qu'elles doivent assumer
de nouveaux droits et de nouvelles obligations. Beaucoup insistent sur le
fait que l'Église a, dans ce processus, l'opportunité et le
devoir de fournir des directives morales et une orientation. Une grande
occasion sera perdue si les Églises locales ne proclament pas l'Évangile
d'une manière telle qu'il trouve un écho dans l'expérience
locale de leurs cultures et de leur histoire.
Les défis actuels
21. Dans certains diocèses, l'activité missionnaire est
aujourd'hui remise en question. S. Paul souligne la nécessité
d'affirmer la vérité de Jésus-Christ pour que tous
les peuples du monde, quelle que soit leur culture, traditionnelle ou séculière,
puissent venir à la foi et vivre en Dieu. L'appel de l'Évangile
est universel, pénétrant toutes les cultures et toutes les
expériences. «Mais comment l'invoquer sans d'abord croire en
lui? Et comment croire sans d'abord l'entendre? Et comment entendre sans
prédicateur?» (Rm 10, 14).
Diverses réponses indiquent que si l'Évangile doit croître
et se diffuser en Océanie de la même manière que celle
qui est décrite dans Les Actes des Apôtres, chacun
dans l'Église doit être plus conscient de sa nature
missionnaire, spécialement en trouvant de nouveaux moyens de
partager la mission du Christ. Presque tous les évêques
missionnaires demandent de l'aide en termes de finance et de personnel
afin que leurs diocèses puissent parvenir à une autonomie
plus affermie. Selon eux, ce manque de ressources est le facteur principal
qui ne permet pas à leurs efforts d'aboutir. Par exemple, s'il y
avait plus de prêtres dans les villages les nouveaux mouvements
religieux hostiles à l'Église ne pourraient pas s'ingérer
là si facilement. Ces mêmes évêques cherchent
aussi à réunir et former un plus grand nombre de candidats
idoines à la fonction de catéchistes qui aidera les prêtres
dans la pastorale. Les catéchistes sont souvent très
efficaces par le simple fait qu'ils vivent dans les villages et en
partagent les activités. Nombre de diocèses ont lancé
des cours de formation pour évangélisateurs. Certaines réponses
suggèrent la formation d'équipes itinérantes d'évangélisateurs
qui pourraient aller de village en village pour proclamer l'Évangile
d'une manière vivante et pleine de charisme. Certains voudraient
donner une plus grande place à la prédication des laïcs
afin de proclamer l'Évangile de porte en porte et sur la place
publique. Il a été précisé que, dans ces
cultures, la foi s'est transmise oralement, spécialement par le récit
et l'art de conter. Ils représentent encore les principaux moyens
de communication. La foi doit venir en écoutant: ceci est une règle
universelle pour l'annonce de l'Église. D'où le besoin de
retraites, d'une meilleure instruction, pour diffuser le catéchuménat
et l'appel à un réveil des missions paroissiales.
Les pays développés ont eux aussi besoin d'évangélisateurs
ayant un esprit missionnaire pour affirmer la vérité de Jésus-Christ
afin que leurs cultures très séculières puissent
entendre la voix du Christ - comme s'il s'agissait de la première
fois - avec joie, l'accueillant avec les paroles du psaume, «Chantez
au Seigneur un chant nouveau ! Chantez au Seigneur, toute la terre !»
(Ps 96, 1). Beaucoup de réponses provenant de toutes les
parties de l'Océanie ont identifié le noyau essentiel de
tout ce qui s'opposait à l'Évangile dans leurs sociétés
avec le «sécularisme». Cela semble signifier bien plus
qu'un simple processus de sécularisation pouvant être décrit
comme l'augmentation d'institutions autonomes n'ayant plus besoin du contrôle
ni de l'autorité de l'Église pour leur permettre d'exister.
Un tel développement n'est pas nécessairement opposé à
la foi et peut même en être une expression en reconnaissant
l'autonomie légitime des réalités terrestres.
Un bon nombre de réponses ont associé le sécularisme
avec le consumérisme, la recherche du profit avant toute autre
chose et une mentalité hédoniste qui corrode la foi sans même
que l'on s'en aperçoive. Là où c'est la foi elle-même
qui est affaiblie ou ruinée par les énormes changements
sociaux en cours, il est juste de parler de sécularisme. La sécularisation
affectant les pays développés est aussi en train d'étendre
son influence sur les communautés indigènes et insulaires.
Alors qu'elles possèdent encore leurs propres horizons culturels
auxquels l'évangélisation doit s'adapter, elles aussi
doivent subir cette tendance moderne à la sécularisation.
Ces deux types de sociétés ont besoin de trouver des
missionnaires pour leurs situations distinctes. La crise de l'évangélisation
est plus qu'une simple crise de foi; c'est aussi une crise de culture car,
comme un nombre de réponses l'indiquent très explicitement,
la foi n'a pas imprégné la culture en question de manière
à ce qu'elle l'interpelle et la conduise au Christ.
La plupart des réponses soulignent la manière dont l'Église
est inévitablement dépassée, tout comme le sont les
autres institutions sociales, par les rapides transformations et
changements actuels. Il en résulte souvent une confusion pour les
fidèles quand ils ne peuvent pas, du point de vue de la foi, donner
une signification à ces événements en tant que «signes
des temps». Cette situation devient encore plus confuse et complexe
quand les changements introduits dans la vie de l'Église sont perçus
strictement de la même manière. Toutes les institutions de la
société moderne, la loi, le gouvernement, la démocratie
elle-même, l'éducation, la médecine, les
communications et le transport, le commerce et la banque, etc., sont
sujettes à de profonds et rapides changements. Il a même été
fait mention de tensions entre l'Église et l'État qui, en
certains pays, débouchent de temps à autre sur un conflit
ouvert.
Un certain nombre de réponses ont reporté la manière
dont le changement semble diviser la communauté catholique et
affaiblir les projets d'évangélisation. Quelques fidèles
se sont lancés dans une réforme, un renouvellement et de
vastes programmes pour le changement. La nécessité qu'ils
perçoivent de moderniser la vie de l'Église et de la rendre
plus adaptée à son époque, conduisent même
certains d'entre eux à entrer parfois en dissidence avec
l'enseignement formel de l'Église. D'autres hésitent, se
cramponnant à ce qu'ils considèrent être les trésors
inébranlables de leur héritage. Certains ont quitté
l'Église ou, comme cela arrive encore plus souvent, formé de
petits groupes dans lesquels ils se sentent plus à l'aise, hors des
courants principaux de la vie de l'Église. Ces groupes se sont
constitués sans l'autorité ecclésiale compétente,
et, en général, essaient de toutes leurs forces de
convaincre d'autres à penser comme eux dans l'Église.
La plupart des réponses se sont référées à
la nécessité d'un leadership qui réunirait la
communauté par un enseignement approfondi et une orientation concrète
afin de manifester, dans l'Église, la présence du Christ
enseignant à son peuple par l'intermédiaire de l'évêque.
Les réponses indiquent que l'Église a d'immenses ressources à
sa disposition pour faire face à ces nouveaux défis. Les évêques
sont fortifiés par la vérité de l'Évangile et
le mandat du Christ de prêcher l'Évangile à toutes les
créatures. Ils sont stimulés au souvenir de générations
d'évêques, de prêtres, de diacres et de laïcs, qui
les ont précédés, et se sont consacrés à
l'annonce de la Bonne Nouvelle. Selon leurs réponses, ils
souhaitent que les institutions diocésaines et paroissiales pour
l'instruction dans la foi et pour l'apostolat de la charité prospèrent
et se développent toujours plus. Ils mettent l'accent sur la nécessité
d'introduire de nouvelles institutions qui soient plus appropriées à
notre temps. Les nouveaux mouvements ecclésiaux occupent, ici, une
place prééminente. Beaucoup de réponses se sont préoccupées
du fait que les femmes devraient jouer un rôle plus actif et être
mieux représentées et intégrées dans la vie de
l'Église.
L'Église est stimulée par une nuée de témoins
(cf. He 12, 1) des valeurs de l'Évangile dans la vie
civile, les professions, les lieux de travail et les foyers. Les laïcs
sont, aujourd'hui plus que jamais, nécessaires alors que l'Église
s'efforce de transmettre l'Évangile dans un nouveau monde étrange
où ils peuvent entrer de plein droit pour accomplir leur propre
mission.
CHAPITRE II
ANNONCE ET CATÉCHÈSE
Le Kérygme:la première annonce de l'Évangile
22. La première annonce de la vérité de l'Évangile
a été l'appel du Christ à la conversion qui prélude
à son ministère public dans l'Évangile de Marc: «Les
temps sont accomplis et le Royaume de Dieu est tout proche: repentez-vous
et croyez à la Bonne Nouvelle (Mc 1, 14). Le Royaume de
Dieu est à portée de la main, maintenant. Le moment est venu
pour les hommes de tendre leurs mains pour saisir leur salut. Néanmoins,
la société d'aujourd'hui dresse de nombreuses barrières
qui rendent les hommes de bonne volonté quelque peu hésitants
ou même peu enclins à répondre favorablement à
l'appel à la conversion. L'engagement au Christ dans la foi va à
contre-courant de la culture post-moderne. Un grand nombre de réponses
considèrent l'indifférence comme étant le sentiment
social dominant aujourd'hui. En ce sens, les difficultés dressées
par la culture comme autant de barrières à l'Évangile
mettent au défi l'Église d'entreprendre une nouvelle évangélisation
de la culture.
Quand l'Église entreprend cette tâche d'annonce de la Vérité
à la société, elle se heurte souvent à une
opposition et à une certaine hostilité. Nombreux sont ceux
qui insistent sur le fait qu'il existe de puissantes forces sociales qui
voudraient reléguer l'Église, et la religion en général,
dans le domaine de la vie privée où elle ne deviendrait plus
qu'une question de choix individuel. Nombreux sont ceux qui ne voient pas
pourquoi sa parole devrait avoir une incidence sur la vie politique et
publique. C'est ce qui a été défini comme étant
le divorce du Christ et de la culture, ce sécularisme qui voudrait
neutraliser l'influence du message chrétien sur la loi, les
institutions sociales et les coutumes, pour que la société
puisse fonctionner d'une façon complètement indépendante
de la foi chrétienne.
Les réponses mettent en évidence deux facteurs où
les valeurs évangéliques sont particulièrement mises
au défi: les mass-médias et la législation
gouvernementale. Les mass-médias sont, par nature, populaires et
d'une importance capitale pour donner le ton, le climat et les valeurs
communément acceptées par la société. Les
immenses richesses qui vont financer les médias donnent la mesure
de leur importance pour ceux qui entendent influer sur les valeurs de la
société. La législation donne forme à une société
en établissant les institutions et le cadre légal dans
lequel cette société vit et agit. Actuellement, la législation
est souvent le lieu où se concentrent les conflits sociaux, puisque
l'économie, l'éducation, la santé, et les systèmes
de communications sont tous définis et réglés par
elle. Les décisions de justice peuvent avoir une influence considérable
sur les pratiques sociales, les valeurs morales et la position de l'Église
dans la société. De nombreuses réponses ont signalé
les tentatives de mise en place de lois pouvant porter atteinte aux
valeurs traditionnelles de l'Évangile dans la société
occidentale. Les institutions catholiques peuvent facilement devenir
incertaines sur leur identité et sur leur mission évangélisatrice
dans une telle culture.
Un tel état de choses ne manque pas d'avoir des effets sur les
membres de l'Église, qui sont nécessairement influencés
par la culture prédominante et qui doivent trouver des
accommodements avec son influence sur leur formation. L'Église est
généralement une minorité dans les nations d'Océanie,
et ce, marque profondément la manière de penser et d'agir de
ces catholiques. Souvent les personnes ne connaissent l'Évangile
que selon l'interprétation qu'en fait la société et
non pas comme le propose l'Église, dans sa Tradition et son
enseignement. Nombreux sont ceux qui, maintenant, considèrent l'Évangile
simplement comme un autre produit en vente sur le marché
intellectuel et spirituel d'aujourd'hui. C'était contre cet aspect,
tant dans les missions que dans les sociétés sécularisées,
qu'un nombre de réponses faisaient référence au
Concile Vatican II comme à une nouvelle Pentecôte où
l'Esprit-Saint, en tant qu'Avocat, apporterait son aide pour discerner et
résoudre ces problèmes.
L'absence d'un sens religieux ressentie dans la culture se répercute
dans la vie morale et la conscience des personnes. Certains rapports
insistent sur ce que l'Église devrait faire face à une
tendance grandissante à défier les valeurs traditionnelles
et une progression de l'agnosticisme et même de l'athéisme.
Un tel pluralisme de systèmes de valeurs mène souvent à
un relativisme éthique ayant un impact dévastateur sur l'évangélisation.
Nombreux sont ceux qui, dans la recherche d'un sens à donner à
leur vie, expérimentent divers styles de vie. Ils ont besoin d'un
accompagnement moral sûr et d'une nourriture spirituelle que seule
l'Église peut leur fournir. Certaines réponses ont commenté
l'ironie d'une situation où la faim spirituelle est plus grande que
jamais mais où la pratique des sacrements continue à
diminuer de plus en plus dans les sociétés sécularisées.
Les remèdes proposés pour cette situation vont dans le sens
d'une conception de l'Église comme «sacrement de salut»,
afin que l'union du croyant avec Dieu et avec la communauté humaine
rassemblée autour du Christ dans l'Église devienne une réalité
sentie et vécue. Cette réalité doit être
garantie par un enseignement doctrinal approfondi, et par une communauté
participative où chacun peut suivre le mouvement de l'Esprit dans
une liturgie de louange au Père.
Le Concile Vatican II
23. En Océanie, le renouveau introduit par le Concile Vatican II
indique le chemin à parcourir et a déjà produit des résultats
positifs pour l'évangélisation. Depuis que l'expérience
du Concile a été vécue comme une nouvelle Pentecôte,
elle conduit les hommes à rechercher une approche de la foi pour la
culture moderne. Un grand nombre de réponses témoignent de
la manière dont les évêques se sont faits les
promoteurs d'une compréhension de la foi en tant qu'engagement
conscient, libre et mûr au Christ, engagement qui doit être vécu
dans un monde en perpétuel changement «Et vous connaîtrez
la vérité et la vérité vous rendra libres»
(Jn 8, 32).
La fracture entre la foi et la vie a été résorbée
par ceux qui ont vraiment pris à cur le message du Concile.
L'Esprit pousse l'Église en Océanie à la découverte
de nouvelles expressions pour annoncer la vérité de Jésus-Christ
dans une société sécularisée. Elles
comprennent entre autres: une liturgie renouvelée en langue locale;
la traductions de la Bible dans les langues indigènes; aux niveaux
diocésain et national, des efforts accrus dans l'annonce et la présentation
de la foi; la création d'instituts nationaux ou au niveau diocésain
pour la formation ou la préparation au service et à l'éducation
permanente; de nouveaux textes de catéchèse; des cours pour
les catéchistes; l'introduction de l'éducation à la
foi des adultes et l'engagement de nombreux catéchistes dévoués
préparant la prochaine génération de catholiques, en
particulier pour ce qui concerne les sacrements; de nouveaux mouvements
spirituels et la multiplication de centres de retraite et de maisons de
prière; pour les laïcs et les nombreux religieux, la
possibilité d'une formation universitaire en théologie; des
groupes d'étude et d'action sur la doctrine sociale de l'Église;
les déclarations des évêques sur les questions
sociales et l'engagement des organisations ecclésiales dans les
initiatives en faveur de la justice et de la paix dans la société
en général; une prise de conscience de l'importance des
cultures indigènes pour la religion et la spiritualité; les
premiers débuts de théologies locales et d'une réflexion
systématique sur la réalité locale, etc.
Il existe certaines difficultés particulières qu'il faut
encore prendre en considération. Trop peu de personnes profitent
des opportunités de renouveau et d'évangélisation qui
leur sont offertes lors d'organisation de cours ou de programmes. Il est
très difficile d'apporter ces moyens dans les régions les
plus reculées et de les présenter d'une manière adaptée
aux capacités de ces populations. Il a été suggéré
que des équipes de spécialistes ou d'itinérants se
consacrent spécifiquement pour répondre à ces
besoins. De nouveau, il a été proposé des retraites,
des missions paroissiales et des programmes de formation à long
terme. Les nouveaux mouvements ecclésiaux, grâce à
leurs structures qui prévoient un long épanouissement dans
la vie chrétienne, ont été considérés
d'une grande utilité mais ne sont pas toujours présents dans
les régions les plus reculées. Les dévotions
traditionnelles, pour la Passion et pour la Sainte Vierge par exemple,
semblent souvent recevoir l'approbation des populations. Elles ne répondent
pas, quelquefois, au défi de la mission sociale de l'Église
et des besoins des pauvres à satisfaire.
La catéchèse
24. Dans l'uvre de l'évangélisation, le programme de
formation grâce auquel les personnes développent et
approfondissent leur connaissance de la foi est appelé catéchèse.
Il élabore et explique la vérité du Christ acceptée
dans le kérygme et appliquée dans la vie. La catéchèse
est le principal moyen de transmission de la foi d'une génération
à l'autre et est donc essentielle pour la mission de l'Église.
Les réponses décrivent un certain nombre de moyens pour
communiquer la foi d'une manière efficace. Un normal cours
d'instruction donné par le catéchiste est ce qui est fréquemment
envisagé. Il fait obligatoirement partie du programme des écoles
catholiques. Un nombre de réponses ont signalé de sérieux
échecs et de graves manques de ces écoles dans les pays développés.
Les programmes dans les écoles publiques sont généralement
moins courants et moins efficaces, avec cependant des exceptions. Dans un
certain nombre de cas, les écoles publiques ne prévoient
aucune catéchèse. Ce sont souvent les moyens financiers qui
manquent. Beaucoup de paroisses se sont chargées des programmes de
préparation aux sacrements pour l'Eucharistie, la Confession et la
Confirmation des écoles catholiques afin que les parents soient
plus profondément engagés. Il existe un nombre assez limité
de programmes de catéchèse globale centrés sur la
paroisse. En général, la catéchèse se déroule
bien au niveau primaire, mais devient plus problématique quand les étudiants
rejoignent l'école secondaire.
Certains rapports ont indiqué que la catéchèse
scolaire fait progresser les enfants dans une connaissance de la foi
beaucoup plus approfondie que celle de leurs parents. Diverses réponses
indiquent qu'il existe, donc, une grande nécessité de catéchèse
pour les adultes. Des programmes prévus pour satisfaire ce besoin
ont été souvent couronnés de succès quand ils
aident les personnes à concevoir leur vie et leur travail comme une
vocation, qui ne peut se comprendre totalement que dans la foi.
Malheureusement, ils sont rarement bien suivis. La nécessité
d'une éducation à la foi pour les adultes est un thème
qui s'est retrouvé souvent dans les réponses. En certains
endroits, des moyens en matériel et en personnel bien formé
sont attelés à cette tâche. Un bon nombre de réponses
soulignent qu'il est difficile de trouver des personnes compétentes;
quelquefois parce qu'il n'y a personne pour prendre la place et
quelquefois par manque d'intérêt.
La qualité de la catéchèse pour les adultes est une
question largement partagée. Il est toujours très difficile
de trouver des textes fiables qui couvrent correctement l'enseignement
doctrinal et moral de l'Église, et qui traitent le sujet d'une manière
adaptée à la culture. Certains textes envisagent même
une culture complètement différente. Quelques réponses
ont constaté un manque d'une connaissance suffisante de la foi
rendant les personnes vulnérables aux nouveaux mouvements religieux
et aux autres philosophies de vie. Les médias sont utilisés
en catéchèse. Toutefois, ils devraient l'être plus
largement encore afin d'en varier la présentation et de la rendre
plus vivante, en particulier pour parvenir à une audience de masse
qui constitue une force de formation de la culture. Les catéchistes
doivent apprendre à se servir des médias afin d'être
en mesure de transmettre aux étudiants une appréciation
critique des valeurs morales propagées par les médias.
Toutes les réponses décrivent la manière dont les
enseignants de catéchèse sont formés dans leur région.
Leur travail a été hautement apprécié mais le
désir se fait sentir d'en améliorer la qualité et le
nombre en formation. Il est souvent difficile de trouver des personnes qui
acceptent d'aller dans les écoles publiques parce que ce travail
requiert un dévouement particulier. Nombreux sont les diocèses
qui envoient ceux qui sont destinés à cette tâche étudier
à l'extérieur, quelquefois même pour suivre des études
très poussées. La question qui se pose alors est celle de la
culture et de la mentalité qu'ils assimilent, et de quelle manière
elles peuvent s'établir adéquatement chez eux.
Les réponses en provenance des diocèses de mission ont
souvent mis en évidence la nécessité de cours sur l'Écriture,
simples mais explicites, basés sur une saine exégèse
scientifique. Ils souhaiteraient aussi que l'cuménisme,
l'histoire de l'Église, et la justice et la paix, fassent systématiquement
partie du programme d'étude de la catéchèse. Dans les
cultures plus sécularisées, une présentation systématique
de la doctrine sociale de l'Église et de la manière dont
elle doit être enseignée dans les écoles et les collèges
a été réclamée. Beaucoup de réponses
ont exprimé leur profonde gratitude pour le service accompli par
ces agents de catéchèse depuis tant d'années. Dans de
nombreux endroits, ils représentent le groupe le plus important de
fidèles travaillant, année après année, à
la propagation de la foi.
Les moyens de communication sociale
25. Dans la société actuelle, le contact avec la grande
multitude de fidèles ainsi qu'avec la société en général
n'est possible qu'à travers la communication de masse. Un certain
nombre de rapports ont fait remarquer qu'il s'agit, en premier lieu, de la
responsabilité de l'évêque, spécialement quand
c'est l'image de l'Église par rapport à la société
tout entière qui est concernée. Vérifier si les
nouvelles initiatives ont bien été mises en uvre fait
partie de sa tâche. La vidéo, selon les réponses,
semble être largement répandue. La radio est déjà
utilisée avec un résultat satisfaisant, mais la télévision
dans une plus petite mesure. Quelquefois, les gouvernements ou les
stations elles-mêmes paient pour des temps de transmission à
la radio. La plupart des réponses accordent une grande attention à
la radio parce que l'accès à la télévision est
malaisé. Certaines réponses sont convaincues du fait que l'Église
devrait trouver les fonds nécessaires pour devenir un communicateur
de masse à la télévision, pour accomplir simplement
sa mission d'annonce du Christ dans une société
technologique.
La culture séculière conquiert son influence largement à
travers les médias, particulièrement la télévision.
L'Église a besoin de former des experts dans les médias pour
plusieurs raisons: pour avoir des occasions de proclamer la vérité,
pour participer aux discussions et aux débats publics, pour faire
connaître au public les événements et la vie de l'Église,
pour rendre son héritage artistique et culturel accessible comme
une tradition qui se perpétue, et pour communiquer ses valeurs
religieuses et humaines à la communauté tout entière.
L'Église a une mission spéciale à accomplir envers le
monde des médias: elle doit apporter sa sollicitude pastorale et
rester en contact avec la direction, les producteurs, les écrivains,
les artistes et le personnel du spectacle. Elle devrait chercher à
avoir un impact sur les standards moraux dans les codes de déontologie
de cette industrie.
Il a été observé que les journaux catholiques
constituent aussi un moyen valable pour informer la communauté
catholique, spécialement quand il s'agit de défendre les
droits des minorités. En certains endroits, la radio a pour
fonction de maintenir les communautés unies en les tenant informées
sur les événements de l'Église. La presse et la radio
possèdent une grande valeur éducative. Quelques réponses
indiquent que les moyens d'annonce de la vérité de Jésus-Christ
dans une culture séculière doivent encore être améliorés.
CHAPITRE III
ÉDUCATION CATHOLIQUE
La foi et l'enseignement
26. Après leur préoccupation pour l'enseignement de la foi
et la catéchèse, les réponses indiquent l'éducation
catholique comme étant leur autre grand souci. Chaque diocèse
s'est efforcé de créer des écoles catholiques visant à
l'éducation intégrale de la personne. L'école est le
lieu où l'Église réussit à toucher le plus
intensément les cultures car c'est là que les jeunes sont préparés
à la vie, à leur choix de vocation et de profession, et à
leur travail et leur mission dans le monde. Les écoles font partie
intégrante de la tâche d'évangélisation car
c'est dans ces institutions que l'Évangile se diffuse dans le
monde, répandant la lumière de la révélation
sur toutes les réalités séculières.
L'école catholique devrait constituer une extension de la
communauté ecclésiale. Une difficulté, qui parfois
commence à se faire sentir, est celle de la séparation entre
l'école et la paroisse, qui semble s'accroître de plus en
plus. Pour de nombreux parents catholiques, leur unique contact avec l'Église
passe maintenant par l'école. Un autre souci vient des enseignants
des écoles catholiques qui, souvent, mènent une vie ou ont
des idées ouvertement en conflit avec l'enseignement de l'Église
et ainsi, ils constituent un signe discordant pour son témoignage.
Cet aspect peut être réellement nocif pour les jeunes.
L'abandon de l'enseignement de la part de tant de religieux dans les écoles
a sérieusement contribué à l'affaiblissement du
climat de foi qui devrait y régner. Les laïcs ont souvent
considéré leur profession d'enseignants comme une véritable
vocation de Dieu et ont fidèlement contribué à la
diffusion de l'Évangile parmi les jeunes, dans des circonstances
difficiles. Les écoles catholiques ne sont efficaces que
lorsqu'elles communiquent la foi et maintiennent des standards académiques
élevés.
Les écoles catholiques sont le fer de lance de la mission de l'Église
dans le monde. L'histoire de l'Église catholique en Océanie
ne pourrait s'écrire sans la reconnaissance de la partie
primordiale jouée par les écoles catholiques pour semer,
communiquer et préserver la foi. Cela n'a été
possible qu'au prix des énormes sacrifices des parents et des
enseignants. Grâce à eux, les écoles catholiques
survivent même quand les gouvernements s'opposent à elles en
leur refusant une légitime aide financière. Aujourd'hui, l'Église
fait connaître sa gratitude à cet important corps
d'enseignants dévoués.
Vers l'avenir
27. La tâche de préparer les responsables de la société
de demain se trouve entre les mains des universités. La récente
création des universités catholiques est un moment important
dans l'histoire de l'Église en Océanie. La recherche peut
s'effectuer là, dans ces universités, ce qui permettra à
la lumière de l'Évangile d'imprégner en profondeur la
culture, apportant les valeurs catholiques au sein des institutions législatives,
de la médecine, de la politique, du commerce, de la littérature
et des arts. Une attention spéciale doit être accordée
à la discipline ecclésiastique des Écritures, la théologie
dans toutes ses spécialisations, l'histoire de l'Église, le
droit canon, la philosophie et la spiritualité en vue des propres
besoins de l'Église. La qualité de la vie ecclésiale
et l'action pastorale des évêques et des prêtres dépendent
dans une très large mesure de ces études qui doivent être
suivies avec sérieux, comme cela en a toujours été la
tradition de l'Église. Quelques réponses ont noté que
le renouveau a été superficiel et qu'il s'est heurté à
de nombreux obstacles, le clergé et les laïcs n'ayant pas été
suffisamment préparés intellectuellement à
l'affronter. L'avenir de l'Église en Océanie dépend
beaucoup d'une bonne formation. Les universités catholiques représentent
les pépinières des futurs responsables de la société.
Les évêques locaux sont en étroit contact avec leur développement
et reconnaissent que les étudiants d'aujourd'hui seront les
administrateurs, les faiseurs d'opinion et les conseillers professionnels
de demain.
Les aumôniers et les équipes pastorales sont nécessaires
dans les institutions d'enseignement postscolaire pour répondre aux
besoins spirituels non seulement des étudiants mais aussi des
professeurs, des enseignants, du personnel administratif et de tous ceux
qui y travaillent. Leur tâche consiste à sensibiliser les
catholiques à leur mission dans le monde et à rendre l'Église
présente dans les questions scolaires et les délibérations
publiques.
CHAPITRE IV
CUMÉNISME
Vers l'unité des chrétiens
28. L'cuménisme a une place de choix sur l'échelle
des priorités des Églises particulières d'Océanie.
Le Concile Vatican II a souligné combien le manque d'unité
entre les disciples du Christ entrave l'évangélisation. En réponse
à la prière du Christ, «pour qu'ils soient un comme
nous sommes un» (Jn 17, 22), les évêques d'Océanie
ont cherché de différentes manières à avoir un
contact et à nouer des relations amicales avec les responsables et
les communautés d'autres confessions chrétiennes. La plupart
des diocèses possède une commission cuménique
avec un expert nommé pour développer de bonnes relations
avec les autres principales communautés chrétiennes. L'Église
catholique est souvent membre du Conseil des Églises, aux niveaux régional
et national. Une liste des activités communes, trop longue pour
entrer dans le détail, est donnée dans les réponses.
Dans un petit nombre de cas, les commissions cuméniques diocésaines
doivent encore être mises en place. La plupart des réponses
indiquent que ces relations avec les communautés chrétiennes
ont largement été mises à profit depuis le Concile,
particulièrement pour surmonter les vieux préjugés.
Préoccupations
29. Une préoccupation a été exprimée quant à
la prédominance de l'action sociale commune de telle manière
que la doctrine est souvent reléguée tranquillement à
part comme n'ayant vraiment aucune importance ni valeur. Un autre souci
vient du fait que, dans certaines situations, les communautés ecclésiales
suivent, comme c'était déjà le cas, des chemins
parallèles dans la plus grande indifférence les uns pour les
autres. Dans ces situations, en dépit des bonnes intentions de l'Église
catholique, entamer un dialogue est assez ardu. Il y a une réelle
difficulté à travailler avec des communautés ecclésiales
qui ne partagent pas la même compréhension de la nature et
des objectifs de l'activité cuménique.
Dans les îles, l'cuménisme se réalise tout
naturellement et il existe un grand nombre de formes de partage qui
cimentent les relations de la communauté. Parfois, les différences
doctrinales tiennent les communautés éloignées l'une
de l'autre mais très rarement l'cuménisme se
transforme en une discussion doctrinale, dans le vrai sens du terme, plus
approfondie. Les choses sont plus mitigées en Papouasie -
Nouvelle-Guinée. Alors que les relations sont normalement assez
chaleureuses avec les communautés luthériennes et
anglicanes, l'activité dans son ensemble a subi un net
ralentissement. L'Australie et la Nouvelle-Zélande ont grandement bénéficié
de l'cuménisme, tant dans les Églises particulières
que dans la communauté civile. Le stade de la reconnaissance et du
respect mutuels semble être bien établi. Le défi
concerne maintenant une connaissance des Églises et des communautés
ecclésiales participantes qui soit plus complète et plus
approfondie. La recherche théologique est une exigence, tout comme
sont nécessaires des experts qui puissent transmettre leurs
connaissances et leurs compétences aux futures générations
d'cuménistes qui pourront poursuivre ce projet.
CHAPITRE V
DIALOGUE INTERRELIGIEUX
Une pluralité de religions et de mouvements religieux
30. La situation religieuse en Océanie est plus que jamais
pluraliste et compliquée. Il existe un très grand nombre de
religions et de mouvements religieux, tout comme de cultes, avec lesquels
l'Église entre en contact. Chacun d'eux doit être traité
suivant son identité et sa propre histoire. Certaines réponses
pensent qu'il est nécessaire de faire une distinction entre ceux
dont leur identité s'appuie d'une certaine façon sur le baptême
et la Bible, et les autres.
Le développement de nouveaux mouvements religieux en-dehors de l'Église,
dans les îles et en Papouasie - Nouvelle-Guinée, est un phénomène
qui, aujourd'hui, constitue l'un des plus grand défis pour les Églises
particulières d'Océanie. Les réponses révèlent
les préoccupations des pasteurs par rapport à ces mouvements
qui sont en train de diviser les communautés et d'entraîner
leurs membres hors de l'Église. Tout récemment, selon les
rapports, ce phénomène a atteint de nouvelles proportions.
Une catégorie de ces mouvements religieux est composée de
groupes qui proviennent d'autres confessions chrétiennes. Certains
ont toute une histoire derrière eux, tandis que d'autres se sont développés
très récemment. Ils sont généralement décrits
comme étant ceux qui offrent une sensation de chaleur, d'émotion,
de charisme et d'accueil au sein d'un petit groupe très soudé:
une expérience qui semble manquer à quelques catholiques à
l'intérieur de certaines communautés. La musique, le chant,
les danses, une prédication éloquente et la glossolalie
jouent un rôle déterminant dans l'attraction qu'éprouvent
les personnes vis-à-vis de ces religions, et particulièrement
les jeunes. Ils remplissent souvent un vide émotionnel là où
les personnes étaient à la recherche d'une signification de
la vie. Leurs doctrines fondamentalistes offrent sécurité et
assurance.
Souvent à cause d'un conflit avec un prêtre ou un agent
pastoral, ou à cause d'une situation de mariage irrégulière,
les catholiques sont tentés de se joindre à eux. Ces
religions utilisent l'Écriture pour ne pas éveiller les soupçons
des honnêtes gens qui craignent pour leur vrai salut. Ils
concentrent leur activité sur la visite systématique de
chaque foyer, utilisant souvent comme tactique d'aider les personnes dans
les moments d'affliction, de maladie ou de crise personnelle. Ils possèdent
donc des moyens très efficaces pour aller à la rencontre des
personnes et les faire sentir à leur aise à l'intérieur
de leurs communautés. Ceci devrait mettre les catholiques au défi
d'apprendre, dans le cadre de la sollicitude pastorale, à évangéliser
d'une façon plus personnelle, accordant plus d'attention à
l'individu. Selon certains, ces mouvements religieux offrent des bénéfices
matériels pour se faire des adeptes. L'attitude qu'ils adoptent
vis-à-vis de l'Église catholique est celle typique du préjugé
religieux qui prévaut sur le mouvement cuménique qui a
été mis en route.
Beaucoup de travail doit encore être fait pour comprendre ces
religions et pour trouver le langage approprié pour les décrire
correctement. Les catholiques sont souvent incertains sur la manière
de distinguer un groupe d'un autre. L'utilisation du mot «secte»
fait problème car il implique que ces groupes ne devraient pas être
traités comme de véritables religions. Il faut aussi considérer
que l'adhésion à ces religions peut être une réponse
au changement social trop rapide qui ébranle radicalement les
convictions religieuses des personnes. Il se pourrait que l'Église
catholique ait à apprendre des défis qu'elle doit relever
dans ce domaine.
Les groupes au sein de l'Église catholique
31. Certains groupes, particulièrement dans les régions de
la Mélanésie, mélangent leur imagerie et message
apocalyptiques avec les traditions indigènes du «cargo
cult». La fin attendue de ce monde vient à coïncider
avec l'apparition d'une société tout à fait nouvelle
et meilleure avec tous les biens et les bienfaits que les personnes désirent
ardemment. Ces rêves et ces aspirations sont liés aux
promesses bibliques utilisées tout à fait en dehors de leur
contexte d'origine. Un fondamentalisme biblique déforme une compréhension
authentique et plénière de la vérité de Jésus-Christ.
Par leur utilisation d'expressions et de symboles chrétiens, en
fait catholiques, ces groupes faussent les aspirations des personnes et
leur besoin de salut. L'existence même de ce phénomène
montre quel effort devrait être fait, de façon saine et libératrice,
pour proclamer la vérité de Jésus-Christ, suivant les
meilleures traditions de l'Église.
Un nombre de réponses ont pensé que les «sectes»
de la question 10 des Lineamenta se référaient aux
groupes exclusivistes à l'intérieur de l'Église
catholique qui affichent les traits caractéristiques et un
comportement semblables à ceux des sectes. Il y a là, une très
grande confusion dans l'utilisation du terme et de ceux à qui il se
réfère réellement. Pour détourner les
personnes de leurs paroisses, les groupes en question organisent souvent
des liturgies et autres activités réservées aux initiés
du groupe. Ils éloignent ainsi les personnes de leurs paroisses en
leur fournissant des structures et des styles de religiosité
alternatives. Les adhérents à ces groupes tombent sous
l'emprise d'un chef qui agit en tant que guide spirituel dans tous les
domaines. Ces groupes ne sont pas approuvés par l'autorité
compétente et fonctionnent habituellement sans que l'évêque
le sache; par la suite, lorsqu'il a connaissance de leurs activités,
très souvent contre ses plus exprès souhaits. Ils ont pour
effet de provoquer une grave rupture et une division dans la communauté
catholique. Les gens les rejoignent à cause d'une sincère
aspiration à la prière, à la dévotion et à
la croissance spirituelle.
Les autres Traditions
32. Les religions qui se trouvent en Océanie n'ont pas toutes des
racines chrétiennes. Dans les sociétés les plus sécularisées,
cependant, l'un des plus importants groupes est constitué par des
ex-catholiques. Un grand nombre d'entre eux sont attirés par des
formes de progrès ou de réalisation personnels qui se réfèrent
à des traditions orientales telles que le yoga. Ils sont facilement
pris par la vague spiritualité du Nouvel Âge, caractéristique
d'un monde post-moderne éclaté. Le fait qu'ils se trouvent
en quête spirituelle ne veut pas nécessairement vouloir dire
qu'ils rejoindront quelque groupe ou organisation identifiable. D'autres,
bien sûr, deviennent les adeptes d'une religion dans le vrai sens du
terme.
La religion des aborigènes australiens a été
mentionnée par un grand nombre de réponses. Elle doit être
mieux comprise afin de pouvoir discerner ce qu'elle signifie pour la
liturgie et l'inculturation. Elle a, donc, besoin d'être prise en
examen. Certaines réponses réclament une étude supplémentaire
des religions des îles du Pacifique et également de la
Papouasie - Nouvelle-Guinée.
Le Bouddhisme se développe avec une grande rapidité en
Australie, en raison de la récente migration en provenance de
l'Asie et du fait que ses valeurs empreintes de tempérance, de
compassion, de spiritualité sont attirantes dans une société
moderne frénétique. L'Islam compte une importante présence
dans différentes parties de l'Océanie et il existe quelques
cas de dialogue bien établi, comme aux Fiji. Le Judaïsme, qui
n'est présent que dans quelques-unes des grandes villes, est un
groupe présentant une certaine vitalité dans les domaines
religieux, intellectuel et culturel. Dans certains endroits, l'Église
catholique s'est jointe au Conseil judéo-chrétien. Des
organes de dialogue ont été mis en place et des discussions
se poursuivent, spécialement sur l'Holocauste.
CHAPITRE VI
JUSTICE ET PAIX
L'Année jubilaire: un appel à la justice
33. En préparation pour le Grand Jubilé de l'An 2000, l'Église
répète le sermon du Christ dans la synagogue à
Nazareth annonçant «aux captifs la délivrance et aux
aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés,
proclamer une année de grâce du Seigneur» (Lc 4,
18-19). C'est un temps durant lequel la terre elle-même se repose et
de ce fait retourne à Dieu, dont la volonté est la
destination universelle de tous les biens au bénéfice de
l'humanité car personne ne devrait jamais manquer ni du nécessaire
pour vivre ni de la dignité humaine. Le message de l'Église
au monde est qu'«une civilisation de l'amour» est possible là
où règnent la justice et la paix. Les chrétiens
attendent la venue du Royaume final, quand toute injustice sera effacée
et toute souffrance disparaîtra de la création «afin que
Dieu soit tout en tous» (1 Co 15, 28).
Un grand nombre d'évêques ont lancé un appel vibrant
pour que l'Église s'engage dans la tâche de la justice
sociale. Ce sont les encycliques Sollicitudo rei socialis et Centesimus
annus du Pape Jean-Paul II qui les ont inspirés, spécialement
en ce qui concerne la condition des pauvres et des défavorisés
dans la société. Ils ont mis l'accent sur le fait que
l'Assemblée Spéciale devrait nous mettre en mesure d'apprécier
la préoccupation et ledévouement constants
de l'Église envers les catégories de personnes qui sont tout
spécialement aimées par le Seigneur Jésus. Selon les
réponses, la proclamation, au niveau national, de la justice et de
la paix a, au cours de ces récentes années, été
tout particulièrement puissante et convaincante pour un grand
nombre de personnes. Les diocèses ont créé des
commissions et des programmes de toutes sortes ont été
organisés. Ceci a parfois entraîné des consultations
au niveau national avec les laïcs, les politiciens, les économistes,
les sociologues, etc., sur des sujets tels que la répartition de la
richesse dans la nation ou la position des femmes dans l'Église et
dans la société. Il semble que les évêques
aient été beaucoup plus actifs dans ce domaine que de
nombreux prêtres, de sorte que cela doit encore devenir une réalité
dans de nombreuses paroisses. Étant donné que la prise de
position sur de nombreuses questions de justice entraîne des
implications politiques, les laïcs ne sont pas souvent disposés
à s'engager. Mais les personnes commencent à se rendre
compte qu'il n'est pas juste que l'Église garde le silence sur des
cas évidents d'injustice sociale. Quelqu'un a quelquefois aussi prétendu
que l'Église ne devrait pas intervenir en politique.
Action en faveur de la justice sociale
34. En Océanie, l'Église a été tout à
fait consciente de sa mission consistant à transformer la société
grâce au pouvoir de l'Évangile. Les évêques se
sont montrés très efficaces dans leurs interventions contre
le racisme, les préjugés, la violence, etc., et la violation
des droits de la personne aux niveaux national et international. À
travers ses organismes de service social, l'Église a été
directement concernée pour remédier aux injustices et
restaurer la dignité des victimes d'oppression. L'Église
maintient des ministères pour les institutions de malades mentaux,
les prisons et pour ceux qui sont économiquement et
psychologiquement faibles et qui en ont le plus besoin. La plupart des
diocèses missionnaires souhaitent que l'enseignement social de l'Église
fasse partie du programme de catéchèse. Dans de nombreux
endroits, c'est déjà une réalité. Nombre de réponses
se sont plaintes du fait que les documents officiels de l'Église
sur la justice et la paix ne soient pas écrits dans un langage
facilement accessible et intelligible pour les laïcs. Il semble que
ce soit là en grande partie la raison pour laquelle cet
enseignement est devenu «le secret de l'Église le mieux gardé».
Les évêques, confrontés à des questions
compliquées de justice sociale, demandent la création
d'instituts de recherche spécialisés afin que les
responsables ecclésiaux disposent de meilleures ressources pour
leurs requêtes auprès des gouvernements. Ils veulent plaider,
avec encore plus de force, la cause des exclus et des opprimés dans
la société. Une meilleure qualité de l'information
scientifique au sujet de la politique économique des banques et du
commerce, et des philosophies sociales et politiques qui les soutiennent,
est requise. L'étude interdisciplinaire engloberait ainsi les
sciences sociales et économiques avec la théologie morale
qui joue un rôle des plus nécessaires. Un certain nombre d'évêques
souhaitent que la question du capitalisme libéral fasse partie du débat
de l'Assemblée Spéciale car, à l'heure actuelle, il
représente la philosophie sociale prédominante qui a des répercussions
profondes sur le bien commun, par exemple sur l'économie politique,
la répartition de la richesse et du travail, la hausse du chômage
structurel et l'insécurité liée à la perte de
son emploi. Les politiques de libéralisation du commerce et
certaines activités des compagnies multinationales sont une préoccupation
pour les petites nations, qui sont vulnérables. Il a été
fait mention de la corruption parmi les politiciens et les fonctionnaires
comme d'un sérieux obstacle au progrès économique,
social et politique dans la région. Le «rationalisme économique»
a fait aussi l'objet d'une attention particulière car il est en
train de justifier les coupures drastiques dans le niveau de vie des plus
démunis, dans les systèmes de la santé et de l'éducation,
augmentant toujours plus la division entre les riches et les pauvres dans
les pays développés.
Dans certains cas, comme en Papouasie - Nouvelle-Guinée, la
justice sociale de l'Église et de ses services d'apostolat, comme
les écoles, dépendent tellement du financement de l'État
que très souvent elle n'est pas vraiment libre de poursuivre ses
propres lignes de conduite. Pour l'avenir, il a été suggéré
qu'elle recherche, judicieusement, des moyens de financer ses propres
activités afin de parvenir à une plus grande autonomie et à
un meilleur témoignage. Les autres sujets indiqués dans les
réponses et qui devraient être pris en examen par l'Assemblée
Spéciale sont: les droits des cultures indigènes, le chômage
structurel aux niveaux national et international, la globalisation et
l'influence de l'économie de récession en Asie sur les
petites nations du Pacifique, les droits à la terre et le processus
de réconciliation pour les aborigènes d'Australie et les
habitants du Détroit de Torres, le biculturalisme et la situation
des Maoris en Nouvelle-Zélande, les droits et la protection des réfugiés
et des demandeurs d'asile, le droit d'émigrer et de chercher du
travail dans un autre pays quand cela est nécessaire, les droits
des petites nations par rapport aux retombées nucléaires et
aux autres déchets, et le droit de former des syndicats et de faire
grève si nécessaire. La menace que les essais nucléaires
en Asie puissent entraîner une course aux armements est une inquiétude
pour les nations d'Océanie.
Un grand nombre de réponses ont fait observer qu'il était
nécessaire que l'Australie, et dans une moins grande mesure, la
Nouvelle-Zélande soient très vigilantes vis-à-vis de
leurs voisins asiatiques, à cause de leurs relations financières,
économiques et politiques avec eux. En ce qui concerne l'écologie,
la plus grande inquiétude semble provenir de l'exploitation systématique
des ressources par les grosses compagnies internationales, tant des forêts
que des mers. La situation tragique de Bougainville est, dans la plupart
des réponses, apparue comme un sujet sérieux à porter
à l'attention du Synode. Les problèmes du Timor oriental
ont, eux aussi, été fortement proposés à la
discussion. La face cachée mais souriante de la pauvreté
dans les régions d'Océanie a, elle aussi, fait l'objet de
commentaires de la part de nombreux évêques qui étaient
très conscients de ce problème. La plupart des réponses
provenant d'évêques missionnaires ont mis en évidence
un certain sentiment d'impuissance dans les affaires internationales du
fait que les petites nations doivent se soumettre à la politique
des grandes puissances. Certains ont le sentiment que les plus petites
nations sont souvent discriminées dans les accords commerciaux et
financiers conclus entre nations. Il semblerait qu'une plus grande prise
de conscience de leur situation, de la part de l'Australie et de la
Nouvelle-Zélande, pourrait aider à renforcer la paix, la
stabilité et le développement dans toute l'Océanie
pour que le Pacifique puisse réellement devenir l'«océan
de la paix». Tous les évêques espèrent qu'en
parvenant à une plus grande communion entre eux au Synode, ils
renforceront également une solidarité et une paix durables à
l'intérieur de leurs nations et entre toutes les personnes de bonne
volonté de la terre.
TROISIÈME PARTIE
VIVANT LA VIE DE JÉSUS-CHRIST
La vie nouvelle dans le Christ
35. Le message chrétien n'est pas simplement un ensemble
d'enseignements mais une relation dynamique avec la personne de Jésus-Christ,
mort et ressuscité. Le succès de l'évangélisation
dépend beaucoup de la manière dont elle sait faire connaître
Jésus au Peuple de Dieu, afin qu'il puisse répondre à
cet appel permanent de vivre de la plénitude de vie en Lui, par la
participation à la communion dans son Église, son Corps. Les
sacrements, en particulier l'Eucharistie, célèbrent et
approfondissent la vie nouvelle dans le Christ, commencée par le
baptême. En vertu de la Rédemption en Christ, l'existence
humaine tout entière est, en puissance, capable d'être
transformée par une conversion profonde du cur. Jésus
est venu pour qu'on ait la vie et qu'on l'ait en surabondance (cf. Jn
10, 10). Il a déclaré Lui-même être le Chemin à
suivre, la Vérité à croire et la Vie à vivre
dans toute sa plénitude (cf. Jn 14, 6). L'annonce du mystère
de Jésus-Christ vis à réaliser une rencontre
personnelle avec Lui.
Une rencontre personnelle avec le Christ
36. Le chrétien authentique est quelqu'un qui est sérieusement
pris par l'expérience d'une relation aimante avec Dieu le Père
au moyen d'une union intime avec son Fils, dans une vie entièrement
mue et conduite par l'Esprit. Cet engagement total envers Dieu vient d'une
rencontre vivante avec la personne de Jésus-Christ, «qui fut
livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification
(Rm 4, 24). C'est une expérience qui implique un partage réel
de la mort du Christ (cf. Col 2, 12) et de sa vie (cf. Col
2, 20), par lequel on atteint une maturité spirituelle et
grandissante dans le Christ (cf. Ep 4, 15).
Dans ce processus de transformation, l'Esprit est l'agent du dessein
aimant de Dieu pour la sanctification personnelle, pour bâtir la
communauté de l'Église et pour transformer le monde.
L'Esprit remplit d'amour le cur des croyants (cf. Rm 5, 5)
en les irradiant de joie, de paix et de patience (cf. Ga 5, 22).
C'est ce même Esprit qui, à la Pentecôte, enflamma les
curs des Apôtres pour qu'ils proclament le Christ à
travers le monde entier.
CHAPITRE I
LES SACREMENTS
Le renouveau au Concile Vatican II
37. Dans son processus de renouveau, Vatican II a pris de nouveau
conscience et découvert une compréhension nouvelle de l'Église
et de son identité. Celles-ci ont été exprimées
sous des images diverses: Lumière des nations, nouveau Peuple de
Dieu et Peuple pèlerin conduit par le Christ, le Bon Pasteur, en sa
demeure éternelle qui est au ciel. Parmi les nombreuses images de
l'Église qui sont ressorties du Concile, celle du Peuple de Dieu a
tout de suite trouvé un accueil enthousiaste auprès des fidèles
baptisés dans la vie du Christ. Ce nouveau Peuple de Dieu est
missionnaire par nature et appelé à la sainteté et au
service en vertu du baptême. Cette image, si spontanément
accueillie, reflétait la chaleur et l'intimité d'une famille
et servait à stimuler une plus grande participation de tous les
baptisés, particulièrement les laïcs.
De nombreuses réponses indiquent que le Concile a été
accueilli avec enthousiasme et ferveur en Océanie. Beaucoup d'éléments
positifs ont été expérimentés dans la vie
sacramentelle et apostolique de l'Église. Pour nombre de jeunes Églises,
le Concile Vatican II a, en réalité, coïncidé
avec leur croissance et leur développement initial. Pour d'autres,
il a représenté les bases d'un renouveau et d'un changement
qui se sont traduits par un sentiment authentique d'être Église,
par une participation active des laïcs dans sa vie et par un nouveau
sens de mission et de responsabilité. Tous ces aspects ont été
grandement appréciés d'autant plus qu'ils étaient le
reflet de la vie de l'Esprit dans l'Église.
Depuis que le renouveau constitue un processus permanent, la tâche
de compréhension et d'intégration des enseignements du
Concile se poursuit. Alors que des expressions de l'identité de l'Église
telles que le Peuple de Dieu, missionnaire par nature et appelé au
service par le baptême, font maintenant partie du vocabulaire, il
reste encore le défi de rendre ces réalités
effectives. Le Peuple de Dieu est toujours en train de se développer
et de croître dans sa foi au fur et à mesure qu'il comprend
plus profondément les implications du Concile sur l'Église
et sur son avenir.
En même temps, des changements dramatiques et d'une grande portée
se sont produits dans la société qui ont eu des effets
significatifs sur les dispositions d'esprit envers l'Église et pour
sa compréhension, particulièrement dans ces pays où
prédomine la culture occidentale ou qui sont sujets à son
influence toujours croissante. La sécularisation, une baisse du
sens du sacré et une recherche de nouvelles formes substitutives de
salut, ont contribué à fausser les idées sur l'Église.
Parfois, il s'est produit une confusion au sujet de changements qui ont
eu lieu à la suite du Concile. Il était difficile à
certains de comprendre le sens du renouveau et par conséquent le
changement, tandis que pour d'autres étaient troublés par
diverses interprétations qui, parfois, conduisaient à un
manque certain de tolérance. Quelques-uns de ces changements
avaient été introduits sans une préparation adéquate
des fidèles. Dans certains cas, une plus grande participation des
laïcs a entraîné une confusion des rôles,
produisant des espoirs qui ne correspondaient pas ou qui n'étaient
pas conformes à l'enseignement ou à la discipline de l'Église.
Dans certaines régions, le nombre des catholiques pratiquants a
baissé et l'identité catholique s'en est, en général,
sensiblement ressentie.
Les réponses aux Lineamenta ont mis en évidence le
désir et la détermination de réfléchir et d'étudier
de nouveau les enseignements contenus dans les documents du Concile
Vatican II afin de pouvoir en redécouvrir ses nombreuses richesses.
À une époque où les personnes assimilent
l'information et les idées par l'image, certains trouvent que ces
documents sont difficiles à lire. Pour aider tous les fidèles
à comprendre l'enseignement authentique du Concile, il y a encore
beaucoup à faire et nombre d'occasions de formation à
offrir. Grâce à une spiritualité approfondie, un
engagement de l'Église enseignante, la conduite de l'Esprit-Saint
et le soutien de la communauté, l'Église, en fidélité
à sa mission d'annonce de l'Évangile, continue de proclamer
la vérité éternelle - le salut qui vient du Christ
seul, et en aucun autre nom (cf. Ac 4, 12).
La réforme liturgique
38. L'engagement plus important du Peuple de Dieu dans la vie liturgique
de l'Église représente l'un des fruits du Concile et a
conduit à un plus grand sens de responsabilité envers sa
mission. Dans sa réforme de la vie liturgique, le Concile a souhaité
communiquer une énergie toujours plus grande à la vie chrétienne
des fidèles. À travers le processus de renouveau, qui a
commencé au Concile, bien des choses ont pu être très
réalisées avec succès. La participation plus
significative des personnes à la vie sacramentelle de l'Église
a renouvelé le sens d'appartenance à la communauté
tout entière. Le développement d'un ministère laïc
a créé un signe tangible et visible du sacerdoce commun des
fidèles auquel chacun participe selon sa propre condition.
D'un autre côté, le renouveau liturgique a entraîné
un certain trouble chez quelques-uns, particulièrement chez ceux
qui étaient pétris de traditions établies avant le
Concile Vatican II. Très souvent, ils ne parvenaient pas à
saisir la signification de ce qu'il y avait derrière l'appel au
renouveau. Fréquemment, les changements et le renouveau étaient
introduits sans préparation, sans formation et sans explications adéquates,
et parfois même avec des interprétations intentionnellement
erronées. Là où les changements ont lieu, une
explication théologique appropriée est requise afin que les
personnes soient en mesure d'apprécier et de s'accoutumer à
une légitime innovation.
Le Concile a considéré le renouveau de la liturgie comme
un processus d'approfondissement et de compréhension du Mystère
contenu dans ses rites. Il a cherché à les préserver
et à les renforcer, et, en cas de nécessité, ces
rites ont été minutieusement revus à la lumière
de la tradition authentique, afin de leur donner une nouvelle vigueur pour
faire face aux circonstances et aux besoins du moment. De nombreuses Églises
locales en Océanie y ont apporté leur contribution, et
continuent de mener une réflexion sur l'inculturation de la
liturgie. À la lumière des actions et des symboles
essentiels de la liturgie, elles discernent avec diligence la manière
avec laquelle les rituels traditionnels, comme par exemple, la
purification, l'offrande, la réconciliation, etc., peuvent être
introduits et élaborés dans la vie liturgique suivant les
normes liturgiques de l'Église. Nombreux sont ceux qui insistent
sur le fait que la réforme liturgique est un processus important
pour exprimer la vie nouvelle en Christ offerte à la communauté
chrétienne dans la célébration des sacrements.
La vie par les sacrements
39. Le baptême, la confirmation et l'Eucharistie sont les
sacrements de l'initiation chrétienne. Ils fondent la vocation
commune de tous les disciples du Christ, une vocation à la sainteté
et à l'évangélisation du monde. Ils confèrent
les grâces nécessaires à une vie selon l'Esprit durant
cette vie de pèlerins en marche vers le royaume céleste. Le
baptême célébré pendant la Messe, en présence
de la communauté croyante, démontre que les sacrements sont
des actes qu'elle accomplit elle-même, non seulement pour la
sanctification de l'individu mais aussi pour l'édification de la
communauté du Corps du Christ.
À cet égard, les réponses rapportent que le Rite
pour l'Initiation Chrétienne des Adultes (R.I.C.A.) s'est révélé
bénéfique et positif dans ce processus. D'un autre côté,
des abus et des pratiques illégitimes ont eu lieu, résultant
souvent d'une compréhension inadéquate des sacrements.
Ainsi, les enfants ne sont pas immédiatement baptisés en
vertu d'une idée erronée: laisser à l'enfant le choix
de sa religion quand il sera grand. De la même manière, la
Confirmation, où les dons de l'Esprit sont reçus par
sacrement, peut très souvent, hélas, marquer pour de
nombreux jeunes catholiques le moment précis où ils cessent
tout contact actif avec l'Église et avec sa vie sacramentelle. Les Églises
particulières d'Océanie se rendent compte que les diverses
sessions de préparation aux sacrements d'initiation sont des
possibilités de grâces pour une évangélisation
efficace, non seulement pour ceux qui vont recevoir les sacrements mais
aussi pour leurs familles et pour la communauté.
L'Eucharistie complète l'initiation chrétienne et
constitue la source et le sommet de la vie chrétienne où le
Christ est présent dans sa parole, en la personne du prêtre,
dans la communauté orante des fidèles et au degré le
plus haut et le plus complet dans le pain et le vin consacrés, le
sacrement de son Corps et de son Sang, offerts en sacrifice et partagés
dans la communion. Dès le début, l'Église a été
fidèle au commandement du Seigneur «Faites ceci en mémoire
de moi» (1 Co 11, 24).
Dans une société au changement et au développement
rapides, de nouvelles et diverses pressions, ayant eu des effets sur la
mise en pratique de ce commandement, se sont fait sentir. Ainsi, diverses
réponses indiquent que le caractère particulier et sacré
du dimanche, le jour du Seigneur, pendant lequel la communauté
catholique se réunit pour célébrer l'Eucharistie, est
de plus en plus compromis par une mauvaise compréhension de
l'obligation dominicale. De plus, l'introduction d'activités séculières,
du commerce dominical, des événements sportifs et de
divertissements, ont porté à l'altération de la
conception du dimanche comme moment privilégié pour la
communauté pour célébrer sa vie et se fortifier par
l'Eucharistie. Dans certaines situations, les services de communion ont
entraîné, du fait d'un clergé en nombre insuffisant,
une certaine confusion quant à la compréhension du sacrement
de l'Eucharistie et de l'obligation dominicale. Parfois, même l'église
n'est pas toujours considérée comme un lieu sacré de
culte où l'on fait l'expérience de la prière
silencieuse et où l'on rencontre Dieu et communique avec Lui. On a
supposé, à bien des égards, qu'une fois que la Messe
se célébrait dans la langue locale, ses mystères les
plus profonds devenaient évidents en eux-mêmes, et par conséquent
la catéchèse concernant l'Eucharistie a été
souvent sans continuité. Il en a résulté, parfois,
une ignorance générale et quelquefois, les catholiques ont
eu des opinions erronées ou une compréhension insuffisante
de l'Eucharistie. Tout en reconnaissant ces défis, les Églises
particulières d'Océanie affirment la place centrale de
l'Eucharistie pour la vie de l'Église.
En ce qui concerne le sacrement de Pénitence, nombreux sont ceux
pour qui la célébration du sacrement est sensiblement en
diminution, spécialement dans les sociétés développées
caractérisées par une diminution du sens du péché
et un excessif sens de la liberté et de l'indépendance. Fréquemment,
il y a aussi des notions inexactes concernant la nécessité
de se confesser à un prêtre ou sur le concept de péché
grave. D'autres ne parviennent pas à comprendre la grâce
particulière qui est donnée par ce sacrement qui a des
effets bénéfiques tant sur l'individu que sur la communauté
de foi. Un grand nombre de réponses ont noté combien il était
triste que ce sacrement privilégié reste sans objet pour
tant de personnes. Il est vrai qu'en des moments particuliers, spécialement
à Pâques et à Noël, on enregistre une
augmentation sensible à la participation de ce sacrement et le
Deuxième Rite, à savoir celui qui comprend une cérémonie
pénitentielle en commun avec confession et absolution
individuelles, est largement mis en pratique. Un nombre de réponses
ont soulevé la question du Troisième Rite de la Réconciliation,
c'est-à-dire, celui qui comprend une cérémonie pénitentielle
en commun avec confession et absolution générales. En même
temps, beaucoup considèrent la catéchèse permanente
comme nécessaire et que de nouveaux efforts doivent être
faits pour aider le Peuple de Dieu à comprendre que le sacrement de
Pénitence offre la grâce salvifique du pardon qui, à
la fois, affronte et vainc le péché qui est dans l'individu.
L'amour préférentiel du Christ pour les malades se reflète
dans l'attention spéciale que les chrétiens portent envers
tous ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur âme. Le
renouveau du sacrement des malades a représenté une
contribution positive considérable pour la vie des membres de la
communauté qui se trouvent dans une situation où leur vie
est menacée, à savoir une maladie grave, des opérations,
et le grand âge. Les célébrations communautaires de ce
sacrement sont souvent d'une grande aide et d'une forte consolation pour
les malades et une source d'espérance pour ceux qui les
accompagnent.
Le mariage, par lequel deux personnes se donnent et s'acceptent l'une
l'autre dans un lien définitif d'amour mutuel, reflète
l'amour du Christ pour son Église. Le sacrement de mariage,
particulièrement quand il est célébré pendant
la Messe de mariage, reproduit cet amour du Christ pour son Église
dans le mystère de son amour dans l'Eucharistie. Il constitue un
moment de grâce des plus favorables à une évangélisation
authentique et durable.
CHAPITRE II
LA VIE HUMAINE ET LA SANTÉ
La vie, don de Dieu
40. La vie est au centre même du message chrétien. Le
Christ décrit ainsi sa mission rédemptrice: «Je suis
venu pour qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance» (Jn
10, 10). La vie humaine est sacrée car, dès son
commencement, elle implique l'action créatrice de Dieu et reste
pour toujours en relation spéciale avec le Créateur. Dieu
seul est le Seigneur de la vie depuis sa conception jusqu'à sa fin.
L'alliance entre Dieu et l'humanité s'entrelace avec les rappels du
don de Dieu de la vie. Les personnes sont les gérants du don de la
vie qui vient de Dieu. L'humanité est créée à
l'image de Dieu et appelée à la perfection et à la
vie éternelle à travers la communion avec Dieu dans le
Christ par l'Église. La morale chrétienne est donc une
morale centrée sur la vie. Elle exige de se dépasser soi-même
pour les autres, en préservant et en mettant en valeur la vie des
autres, les personnes enrichissent et sanctifient leur propre vie. Elles
partagent toutes le mystère divin en continuant la création,
en donnant la vie et en exerçant la gérance du don de Dieu
de la vie. Ainsi, la loi morale n'est pas une restriction ou une entrave,
mais bien plutôt une protection contre la destruction et la négation
de la vie et, en même temps, elle indique et dirige les hommes vers
un authentique et vivifiant épanouissement.
Pour être fidèle à l'Évangile, l'Église
doit, dans ses diverses communautés, évaluer ce don de la
vie. Elle doit uvrer contre la violence qui menace la vie, tant de
la personne que de la communauté, uvrer pour garantir que les
moyens nécessaires pour préserver et mettre en valeur la vie
soient accessibles à tous.
Attitudes culturelles envers la vie
41. En Océanie -caractérisée par une vaste diversité
culturelle-, les peuples qui ont conservé leur culture indigène
continuent à apprécier la vie humaine. Ils possèdent
une conscience du sacré et de la dignité de toute vie
humaine. Ils conçoivent sans peine Dieu comme la vie dans sa plénitude,
partagée avec eux à travers les ancêtres de la
communauté. En effet, vivre en communauté c'est partager et
apprécier la vie, pour la porter à sa plénitude.
La famille agrandie joue un rôle vital avec son sens de la vie
communautaire, de partage et de don qui se traduit par la sollicitude
envers les personnes: les personnes âgées, les handicapés,
les veuves, les orphelins, etc. La morale est vécue en communauté
et la responsabilité individuelle est assumée par rapport à
la communauté et à ses valeurs. La liberté est aussi
comprise en fonction de la communauté, de sa prospérité
ou de son déclin.
En dépit de la valeur de la vie vécue dans la communauté
et fondée sur les valeurs traditionnelles, il existe des régions
où il y a encore beaucoup à faire pour promouvoir ces
valeurs en faveur de la vie. Dans quelques sociétés, le sens
de la communauté est en déclin, accompagné de ses
conséquences négatives. Dans certaines sociétés,
il semble que certaines vies aient plus de valeur que d'autres, spécialement
là où les ennemis peuvent être tués d'une façon
affreuse, là où le tribalisme conduit aux combats, là
où la croyance à la sorcellerie diminue la valeur de la vie
et de la personne, ou là où se perpétuent des enlèvements
et où la propriété est détruite. Dans d'autres
sociétés, c'est le suicide qui pose un sérieux problème.
Sous l'influence d'un matérialisme grandissant, qui résulte
tout spécialement de la manière dont le consommateur
occidental aborde la vie, un nombre de valeurs traditionnelles et
porteuses de vie se sont altérées. C'est tout particulièrement
vrai parmi les jeunes, qui souvent sont tout particulièrement
sujets à ces changements et qui les absorbent avec une plus grande
facilité. Ainsi, leurs comportements face à la vie,
particulièrement en ce qui concerne les murs sexuelles,
subissent cette influence négative.
Dans les sociétés technologiquement avancées,
l'approche de la vie et sa compréhension est sensiblement différente.
Alors que certains aspects de la vie sont en général mis en
valeur, comme la beauté, le sport, la bonne santé, etc., la
vie dans les sociétés de consommation se réduit
facilement à sa réalité purement biologique qui, à
bien des égards, est aussi facilement manipulée. De ce fait,
ce qui est technologiquement possible est fréquemment considéré
comme permis. L'«impératif technologique» se traduit
ainsi: ce qui peut être fait, doit être fait. Certains hommes
de science ont déclaré qu'on ne devrait imposer aucune
limite morale à la recherche et à l'expérimentation.
C'est donc une revendication à la liberté absolue qui
sous-tend cette approche. Toute revendication implicite d'ordre moral dans
ce domaine s'appuie sur une sorte d'utilitarisme qui repose sur le calcul
du plus grand bien pour le plus grand nombre. Aucune référence
n'est faite à la valeur et au prodige de la vie humaine tels que le
dessein créateur de Dieu l'a destiné, et ceci entraîne
l'abandon logique des impératifs moraux qui valorisent ce dessein.
Il n'y a plus guère de référence au mystère de
la naissance et de la mort. La présence de Dieu en tant que le
Seigneur de la création, personnellement présent à
chaque individu, est perdue. La personne humaine devient ainsi une autre
entité matérielle à manipuler à volonté
pour des fins matérielles et fréquemment égoïstes.
Les Églises particulières en Océanie luttent
courageusement pour apporter le message de la vie à leurs
populations. Parfois, spécialement dans les sociétés
technologiquement avancées et matérialistes, leur voix
semble être celle du Baptiste, criant dans un désert
d'apathie morale ou d'indifférence. Le Peuple de Dieu se rend
compte que l'engagement au Christ et à son Évangile vont de
pair avec la valeur de la vie, et s'attend à ce que l'Église
reste inébranlable quant à sa protection et à son
encouragement de la valeur de la vie dans la société. L'Église
est tout particulièrement mise au défi de fournir aux jeunes
la connaissance, les compétences et la motivation pour leur choix
de vie.
Questions morales
42. Dans ses programmes sociaux planifiés et législatifs,
la société moderne est de plus en plus déterminée
à appliquer la technologie et les découvertes de la science
au plus grand nombre possible de domaines de la vie. Les réponses
sont unanimes pour souligner que le respect de la vie humaine, dans toutes
ses phases et à toutes ses étapes, est l'un des plus grands
défis de la société contemporaine. Dans ce contexte,
l'Église a relevé le défi de trouver des moyens
efficaces pour faire entendre et appliquer son message moral par les
gouvernements, les ministères, les hommes de science et la société
dans son ensemble. Différents groupes ecclésiaux ont fait
des démarches auprès des législateurs afin de les
aider à prendre des décisions conformes à la morale.
L'Église contrôle régulièrement toute nouvelle
législation proposée ainsi que ses implications potentielles
sur le caractère sacré de la vie humaine. Dans certains cas,
l'Église et l'État travaillent ensemble sur différents
projets qui valorisent la vie. Les liturgies paroissiales incluent
normalement des prières pour les victimes des actions qui portent
atteinte à la vie. Les programmes d'enseignement des écoles
catholiques sont engagés à inculquer la valeur de la vie, spécialement
chez les jeunes.
Les réponses indiquent que les Conférences épiscopales
et les évêques individuellement, spécialement dans
leurs lettres pastorales, ont pris position sur les questions de la vie,
ont présenté des propositions aux gouvernements et se sont
efforcés, parfois avec grand courage, de diffuser l'enseignement de
l'Église dans les médias En cela, ils proclament la dignité
et la destinée éternelle de toute personne. La communauté
ecclésiale soutient les initiatives des diocèses destinées
à faire prendre conscience aux autres du caractère sacré
et de la dignité de la vie humaine.
Davantage de formation est requise afin que les personnes comprennent
l'engagement de l'Église en faveur de la vie et se rendent compte
des questions essentielles qui sont en jeu. Plus d'éducation et
plus de formation pour les catholiques est une exigence qui s'impose étant
donné que beaucoup d'entre eux ne connaissent, ou ne comprennent
pas, la richesse de l'enseignement de l'Église en faveur de la vie.
Les possibilités des Universités catholiques, des autres Établissements
d'enseignement postscolaire et des Écoles catholiques peuvent
contribuer grandement à cette tâche.
L'Église doit enseigner la vérité qui donne la vie
et doit le faire d'une manière qui touche les curs et les âmes
des personnes. Les médias restent un moyen important pour expliquer
et proposer l'enseignement de l'Église d'une manière
positive, tout particulièrement dans les régions où
l'attention des médias sur l'enseignement catholique dans le
domaine de la morale est fréquemment négative et rarement
bien informée.
Les réponses ont précisé que le caractère
sacré de la vie humaine et le droit à la vie, depuis le
premier instant de la conception jusqu'à la mort naturelle, ont été
enseignés et défendus. La contraception, parce qu'elle altère
le sens réel de la sexualité humaine en séparant
l'acte d'amour de sa fécondité, ne répond pas au critère
de paternité responsable. Tout type d'avortement provoqué a été
condamné comme étant l'un des crimes les plus horribles qui
affligent la société.
Il existe, en Océanie, de nombreux signes positifs de la part du
Peuple de Dieu pour aider la communauté à comprendre
l'enseignement de l'Église sur ces questions et lui offrir également
une aide concrète: assistance aux femmes enceintes, aide après
l'avortement, groupes de planning familial naturel, groupes en
faveur de la vie et d'autres fortement engagés sur les questions en
faveur de la vie.
En même temps, pour de nombreuses personnes, y compris un nombre
non négligeable de catholiques, l'enseignement de l'Église
dans certains domaines n'est pas parfaitement compris ou est même
considéré comme négatif. C'est là, l'un des
domaines significatifs de la vie de l'Église pour lequel ses
enseignements n'ont pas été bien saisis ou bien compris. Un
grand nombre de catholiques sont séduits par la morale qui prévaut,
promouvant une liberté illimitée, et sont facilement
influencés par la culture de mort qui les environne.
L'Église condamne fermement l'avortement. Les catholiques et de
nombreuses autres personnes s'accordent pour dire qu'il s'agit là
d'un mal qui sape la société. Les évêques ont
protesté contre la manipulation volontaire de l'embryon et contre
sa destruction. Ils ont fait connaître le refus de l'Église
d'accepter que la conception hors du corps de la mère, sous la
forme de fécondation in vitro (IVF), soit un moyen
moralement légitime pour le traitement de la stérilité.
Certains diocèses possèdent des centres de bioéthique
qui constituent un soutien important pour l'enseignement de valeurs
morales catholiques dans les actes médicaux et pour offrir une
information et un guide sur les questions de bioéthique. Il s'agit
là d'un domaine extrêmement complexe qui requiert de la part
de l'Église une explication minutieuse et efficace de son
enseignement.
D'autre part, nombre de réponses aux Lineamenta
soulignent que beaucoup doit encore être fait pour expliquer la
richesse de l'enseignement de l'Église sur la contraception, un
domaine de la vie morale où un nombre plutôt consistant de
fidèles de l'Église partagent généralement le
point de vue prépondérant de la société. Une
très forte pression est exercée sur les jeunes dans ce
domaine et la grande disponibilité des contraceptifs est venue
s'ajouter à ces difficultés. De plus, les politiques
gouvernementales concernant le contrôle des naissances ont
grandement contribué à ce problème. Il est important
que le Peuple de Dieu comprenne parfaitement l'enseignement sur la vie tel
qu'il est contenu dans Humanae vitae. Une nouvelle étude sérieuse
de cette encyclique aidera à revitaliser ses vérités
et contribuera à renforcer le caractère sacré de la
vie.
Il a été également fait référence,
dans les réponses, à ceux dont la vie est diminuée ou
affaiblie et qui méritent, donc, un soin et un respect tout
particulier. Les personnes malades et handicapées doivent être
aidées à mener une vie qui soit autant que possible normale.
Quels qu'en soient les raisons ou les moyens, l'euthanasie consiste à
mettre fin à la vie d'un handicapé, d'un malade ou d'un
mourant. C'est moralement inacceptable, et il s'agit là d'un autre
domaine qui porte atteinte au caractère sacré de la vie
humaine. Bien qu'il y ait eu de très puissants mouvements en faveur
de la légalisation de l'euthanasie, l'Église a mené
une action très efficace auprès des législateurs pour
l'éviter. Elle a remporté des succès considérables
dans de nombreuses situations et a trouvé un terrain d'entente et
un soutien auprès d'autres communautés, chrétiennes
et non-chrétiennes.
Bien qu'il ne soit pas nouveau, le soin du malade mental est un autre
domaine qui requiert la sollicitude de l'Église. De plus en plus fréquemment
les malades mentaux ne sont pas toujours soignés d'une manière
convenable. La formation des membres des l'Église sur la manière
d'agir envers les malades mentaux présents au milieu d'eux, et sur
la manière de plaider en leur faveur pour une meilleure réponse
en tant que société, est considérée comme un
moyen des plus efficaces pour promouvoir une culture de la vie.
L'Église rend témoignage à la vie
43. L'Église, affrontant les aspects aux multiples facettes de la
pratique de la médecine dans les hôpitaux modernes, a exercé
un rôle de leadership pour que ceux qui sont engagés
dans les services médicaux prennent encore plus conscience du
caractère sacré et de la dignité de toute vie
humaine. Des comités d'éthique, des centres de conseil, des
programmes d'éducation et d'autres services sociaux ont été
créés. Le système hospitalier catholique contribue,
dans une large mesure, au témoignage que l'Église rend à
la vie grâce à son approche pastorale centrée sur la
vie et profondément chrétienne, des problèmes des
services médicaux dans la communauté. Le soin médical
catholique est empreint de compassion, de respect, de compétence et
de professionalité, plaçant la personne humaine au centre de
ses préoccupations. Il cherche à exprimer les valeurs de l'Évangile.
La célébration du sacrement des malades a été
une source d'inspiration pour la sollicitude pastorale des malades. Un
grand nombre d'Églises particulières fournissent un déploiement
considérable de services pour les autres membres de la société:
soins pour les personnes âgées, installations de soins
palliatifs pour les malades en phase terminale, bureaux de service social.
Ceux-ci rendent un témoignage particulier à la valeur de la
vie et donnent la preuve que la compréhension et la compassion
servent à guérir les blessures physiques et spirituelles
d'une humanité brisée.
L'Église a encouragé les docteurs, les infirmières
et toutes les personnes de bonne volonté à s'organiser en défense
du droit à la vie. Malheureusement, certains législateurs et
magistrats et même, ce qui est regrettable, certains catholiques, cèdent
aux pressions de la société en recherchant une respectabilité
légale pour des actes moralement indéfendables. Des
individus et des groupes ont parlé fermement et courageusement sur
des questions comme l'euthanasie, l'avortement et la violence domestique,
et les chrétiens sont invités à faire des démarches
auprès des autorités compétentes sur ces problèmes.
Au niveau paroissial cela implique des débats sur les projets
politiques dont les thèmes se heurtent à la responsabilité
de l'Église en tant que gérant du don de la vie. Les
documents de l'Église exprimant cette responsabilité sont
aussitôt mis à la disposition et portés à la
connaissance du public. Les liturgies paroissiales incluent des prières
pour ceux qui peuvent en être victimes. Les programmes
d'enseignement et les processus de sollicitude pastorale dans les écoles
catholiques et dans les autres institutions mettent en alerte sur
l'importance de ces questions et sur leur rapport avec la vie. De ce fait,
la communauté catholique joue son rôle pour aider les législateurs
à prendre des décisions conformes à la morale, ainsi
que pour contribuer à informer la communauté civile tout
entière. Les politiciens catholiques qui se trouvent en première
ligne pour garantir que la législation continue à refléter
les valeurs chrétiennes, doivent recevoir encouragement et soutien
de la part de la communauté catholique.
Le Pape Jean-Paul II, dans sa Lettre encyclique Evangelium vitae
a traité toutes ces questions dans le cadre de l'Écriture et
de l'enseignement moral traditionnel de l'Église. Celle-ci est,
aujourd'hui, confrontée au défi de fournir, à ses fidèles
et à la société, la connaissance, les compétences
et la motivation pour des choix meilleurs et authentiques dans le domaine
moral.
CHAPITRE III
MARIAGE ET FAMILLE
Effets culturels
44. La famille chrétienne constitue une révélation
spécifique et une réalisation de la communion ecclésiale,
et pour cette raison elle est appelée église domestique.
La famille est la première unité de la société
dont la mission est d'être «le sanctuaire de la vie. Dans une
société en transformation rapide dont les effets se font
sentir sur l'Église, le mariage et la famille subissent de profonds
changements qui sont souvent dus à de nombreuses pressions négatives.
Le mariage et la famille sont probablement les deux institutions qui ont
le plus fortement ressenti du changement social, et plus particulièrement
dans les sociétés technologiquement avancées comme
l'Australie et la Nouvelle-Zélande.
La philosophie dominante et sous-jacente, voulant que le bonheur
provienne d'une liberté sans bornes plutôt que d'un
engagement, a eu de sérieux effets négatifs sur le mariage
et sur la famille. La mentalité consumériste ébranle
leur stabilité. Le Christ et sa vision du monde sont considérés
comme simplement une option parmi tant d'autres, plutôt que le
Chemin, la Vérité et la Vie. De nombreux facteurs en corrélation
ont contribué à cet éclatement radical.
Dans les cultures indigènes, où les valeurs centrées
sur la communauté et étendues à la famille sont gardées
précieusement, la famille et le mariage sont davantage soutenues
que dans les sociétés typiquement occidentales.
Quelques-unes de ces sociétés ont hérité de
pratiques, comme celle du «bride price», qui veut que le
mariage soit fécond avant d'être socialement reconnu, ou
encore l'asservissement des femmes et d'autres usages, qui spécialement
sous l'influence des voyages, de l'augmentation des richesses, et des
philosophies consuméristes, ont connu des changements
significatifs. Il en a résulté difficultés et désarroi
pour le mariage et la famille.
Les coutumes traditionnelles concernant le mariage et la famille ont
toujours représenté des défis pour l'Église
qui s'efforce de présenter la vision chrétienne du mariage
et de la vie familiale. De récentes influences et un matérialisme
grandissant ont souvent altéré la signification de ces
coutumes et rendu encore plus confuse le sens du mariage et de la famille.
La communauté qui a toujours exercé une énorme
influence sur le mariage et la famille est, elle aussi, en train de faire
face aux changements et aux menaces, avec leurs effets logiques sur ces
institutions.
Le lien du mariage
45. Le mariage est ce contrat spécial par lequel un homme et une
femme établissent entre eux un partenariat à vie, un partage
de tous les aspects de leur vie. Le sacrement du mariage signifie que «les
deux deviennent une seule chair» (Gn 2, 24), de telle sorte
que leur union reflète et réalise l'amour qu'a le Christ-Époux
pour son Épouse, l'Église. Le mariage est un moment de grâce.
Ce message est constamment prêché par les évêques
et l'Église en Océanie. À cause de la richesse de ce
sacrement, les évêques ont encouragé et souvent exigé
la participation des couples à des cours de préparation au
mariage dans lesquels les vérités et les réalités
du sacrement de mariage sont présentées et développées.
Ces cours, particulièrement importants pour la future vie de
couple, a besoin d'offrir une solide spiritualité matrimoniale
s'appuyant sur une solide théologie du sacrement. Ils doivent se
rapporter aux situations spéciales et particulières dans
lesquelles les couples se retrouvent maintenant et tenir compte de leur
culture d'origine. Dans les Églises particulières d'Océanie,
la préparation au mariage est au centre de l'attention des plans
pastoraux des diocèses et des paroisses.
Un thème particulier qui ressort des réponses aux Lineamenta
est le besoin d'enseigner clairement la vocation et la nature
sacramentelle du mariage. Dans de nombreuses Églises locales, il
existe divers programmes et mouvements pour aider les époux à
avoir une vie matrimoniale féconde. L'Église doit soutenir
et constamment aider les époux et la famille tout au long de leur
parcours, spécialement au moyen d'une formation permanente au
mariage, souvent réalisée par des rencontres de couples mariés,
des cours pour les mariages en crise, des célébrations au
niveau paroissial d'anniversaires de mariage, le développement de
liens amicaux et de soutien entre les familles, l'approfondissement du
sens de la paternité, le recours aux services sociaux catholiques
pour les conseils et la thérapie, et d'autres mouvements visant à
soutenir et à encourager le sacrement du mariage, etc.
Dans ce contexte, le ministère qui s'occupe des veuves et des
orphelins est aussi très important. Le Bureau de la Vie
Familiale de l'Église locale peut souvent apporter son
assistance aux paroisses dans leur ministère en faveur des
familles, en aidant aussi, de cette façon, à rappeler à
l'Église ces familles qui sont devenues ou qui se sentent exclues.
Les Instituts catholiques d'enseignements postscolaires et les Écoles
catholiques représentent aussi un moyen important pour se
concentrer sur les questions de la famille et du mariage, dans une société
où le mariage est menacé.
Malgré ces efforts, un nombre croissant de mariages se solde par
un échec avec ses conséquences tragiques pour la famille et
la société tout entière. Le taux de divorce est très
élevé dans certaines sociétés d'Océanie.
Un grand nombre de couples veulent se marier à l'Église bien
qu'ils aient perdu tout contact régulier avec la communauté
paroissiale et ne parviennent pas à comprendre la nature
sacramentelle du mariage. L'idée d'un engagement à vie et
permanent est rarement considéré comme une valeur par la
société civile, produisant de ce fait un effet négatif
sur le lien du mariage. Les couples manquent souvent de maturité et
de préparation quant à leur responsabilité pour élever
et éduquer les enfants, ils sont confrontés à des
difficultés financières et généralement affectés
et influencés par la société permissive dans laquelle
ils vivent.
Les effets pastoraux de la rupture du mariage sont ressentis dans les
communautés locales. Les abandons de la foi à la suite d'un
divorce et d'un remariage est un problème particulier. Dans les
sociétés indigènes plus traditionnelles, certaines
coutumes sont maintenant en mutation, avec les difficultés qui en découlent
pour la vie de couple et la participation sacramentelle des membres de l'Église.
Beaucoup insistent sur le fait que l'Église doit continuer à
mieux expliquer le sacrement du mariage, souligner l'importance le partage
d'une vie spirituelle et de prière, et présenter ses
enseignements d'une manière telle que le mariage et la famille
deviennent des instruments de sanctification pour les parents, les
enfants, la communauté ecclésiale et la société.
Fréquemment, dans le cas de rupture d'un mariage, nombre de fidèles
ont eu recours aux Tribunaux ecclésiastiques matrimoniaux, d'où
la raison pour laquelle les annulations de mariage sont devenues plus
largement connues et discutées dans la communauté. Mais tout
le monde ne profite pas automatiquement de cette possibilité et il
se crée souvent un malentendu quant à ce processus impliqué.
Parfois, il apparaît, à certains, comme étant
intimidant, cher, long et même privé de crédibilité.
Beaucoup doit être fait pour expliquer le processus d'annulation
afin qu'il puisse être clairement compris spécialement pour
ceux qui sont confrontés à la tragédie d'une rupture
de mariage.
De plus, les prêtres en paroisse et les autres agents pastoraux
sont souvent confrontés à une variété de
situations matrimoniales pour lesquelles la compassion alliée à
la nécessité d'affirmer l'enseignement de l'Église
sur le mariage et sa valeur sont requis. Dans ce difficile et douloureux
processus, les prêtres et les autres agents peuvent devenir des
instruments de paix et de réconciliation au milieu de la douleur.
Ils sont les témoins courageux de la sainteté du mariage.
Les divorcés et les séparés tiennent une place
particulière dans la sollicitude de l'Église et il y a
encore beaucoup à faire pour les aider à la réintégrer
et à leur faire sentir qu'ils en font partie, tout en maintenant en
même temps l'enseignement authentique de l'Église.
La famille
46. Les réponses révèlent que la famille au sens
large est une réalité et un idéal en voie de
disparition; même le noyau familial montre des signes
d'affaiblissement. Des pressions sans fin s'exercent et mettent au défi
la famille en une époque de relativisme moral. Trop souvent les
politiques sociales ne soutiennent pas la cellule familiale et aux
difficultés viennent s'ajouter des pressions économiques.
Les hommes font souvent passer leur métier ou leur carrière
en premier et les femmes aussi ont souvent une occupation à plein
temps. On accepte facilement les relations de facto et les médias
plaident en faveur de relations extra-conjugales comme alternative à
l'idéal de la famille chrétienne.
Le caractère éphémère des institutions du
mariage et de la famille est aujourd'hui l'un des sérieux aspects négatifs
en plusieurs régions de l'Océanie. Nombreux sont les couples
qui vivent en concubinage avant le mariage. Un nombre considérable
d'enfants naissent en-dehors du mariage, souvent avec des conséquences
désastreuses pour eux, car il n'ont quelquefois aucun sens de leur
identité personnelle et se sentent isolés et rejetés.
L'Église continue de soutenir la sainteté du mariage et la
valeur de la vie familiale à travers ses institutions et ses
programmes de formation et pastoraux. La famille doit être présentée
comme une façon de vivre, comme une partie essentielle de l'identité
de l'Église. Une aide doit être promptement et généreusement
apportée à ceux qui uvrent de toutes leurs forces en
faveur de la vie familiale. La stabilité de la famille est
intimement reliée à la foi. Une approche continue du mariage
et de l'éducation familiale est l'occasion d'un développement
de la foi, qui s'enrichit et enrichit la famille et chacun de ses membres.
L'intégration de la foi et de la vie constitue les bases pour le développement
d'une spiritualité familiale qui a le pouvoir de renforcer la vie
familiale et éventuellement d'influencer le reste de la société.
Les catholiques doivent être tout à fait conscients de
l'enseignement de l'Église sur le mariage et la famille, sous tous
ses différents aspects, afin que la famille puisse devenir un
instrument de sanctification pour les parents et les enfants.
Les jeunes
47. Les jeunes sont l'avenir et l'espérance de l'Église.
Ils jouent un rôle vital dans la vie et la mission de l'Église
et méritent d'être encouragés et d'avoir la possibilité
de découvrir et d'approfondir leur vocation chrétienne. Ils
sont empreints du désir de créer un monde meilleur, plus
juste et plein d'amour en dépit des dangers auxquels ils sont exposés,
comme la drogue, les pressions sociales, le sécularisme, le consumérisme,
etc. Ils entrent souvent en relations à l'intérieur d'une
culture qui a tellement privatisé la religion qu'elle n'est pas
considérée comme un facteur primordial dans leur style de
vie. Les murs sexuelles des jeunes semblent être fortement
influencées par la culture envahissante et dominante, et dans de
nombreuses sociétés en Océanie, les relations
sexuelles avant le mariage sont largement acceptées et pratiquées
sans aucune restriction. Un nombre important de jeunes sont privés
d'une saine expérience de vie familiale.
L'Église se trouve confrontée tout particulièrement
au défi qui consiste à fournir à ses jeunes la
connaissance, les compétences et la motivation pour leur choix de
vie afin que le Christ devienne le centre et la source de leur désir
de développer un monde meilleur. D'une manière particulière,
l'Église s'efforce d'offrir aux jeunes le trésor de sa
sagesse concernant les valeurs vitales du mariage et les bienfaits de la
vie familiale. Beaucoup de réponses aux Lineamenta
soulignent le besoin, de la part de l'Église, de confronter la
jeunesse à leurs choix fondamentaux pour la vie dans le contexte du
mariage et de la famille. L'énergie et l'espérance, que les
jeunes possèdent, doivent être encouragées et canalisées
afin qu'ils deviennent les témoins de la présence du Christ
parmi les jeunes eux-mêmes et pour le reste du monde.
CHAPITRE IV
VOCATIONS ET CHARISMES
Le sacerdoce
48. L'Église tout entière est un peuple sacerdotal. Par le
Baptême, tous les fidèles partagent le sacerdoce du Christ,
le sacerdoce commun des fidèles. Il existe une autre participation à
la mission du Christ, qui se fonde sur ce sacerdoce commun et est ordonnée
à son service: le ministère conféré par le
sacrement de l'Ordre, dont la tâche consiste à servir la
communauté au nom et en la personne du Christ-Tête. D'une
manière toute particulière et unique, la vocation au
sacerdoce est essentielle à la vie de l'Église et à
son enrichissement permanent, et tout spécialement sa vie
sacramentelle. Le prêtre est «un autre Christ» puisqu'il
prêche la Parole et administre les sacrements donnant la vie à
ceux qui vivent la vie de Jésus-Christ. Sa vie est une vie de
disponibilité et de total don de soi, une réponse sincère
à une vocation authentique.
Dans certaines Églises particulières en Océanie, à
savoir en Papouasie - Nouvelle-Guinée dans quelques îles du
Pacifique, Dieu continue d'accorder à son peuple le bonheur d'avoir
des vocations abondantes. Nombreuses sont celles qui concernent la vie
sacerdotale et la vie religieuse. Par ailleurs, un discernement s'impose
encore, car il existe de temps à autre des difficultés liées
aux cultures locales et aux diverses conceptions du rôle de prêtre.
Il y a parfois un manque de spiritualité et de vie profondément
basée sur la prière. Quelquefois, en raison de leur style de
vie ou même de leur engagement politique, le clergé adopte un
comportement qui n'est pas celui auquel s'attendent les communautés
locales. Les jeunes trouvent qu'il est très difficile de persévérer.
Avec un peu de patience et de créativité, ces problèmes
peuvent être résolus afin que les bienfaits de ces vocations
enthousiastes puissent contribuer à la vie des Églises
locales.
Dans d'autres sociétés d'Océanie, les vocations
sont en telle diminution que de sérieuses difficultés sont à
prévoir pour l'avenir. Ainsi, un bon nombre de petites communautés
n'ont désormais plus de prêtre résident et ont donc
perdu le centre Eucharistique de la communauté. Pour pallier ce
manque de prêtres, les diocèses ont dû procéder à
une planification pour l'avenir qui s'est aussi résolue avec une
participation active des laïcs aux divers ministères de la
paroisse. Il existe un problème lié au vieillissement du
clergé et les communautés rurales éprouvent tout
particulièrement des difficultés, compte tenu des distances
et de leur dispersion.
Le rôle du prêtre a très fortement évolué
depuis le Concile Vatican II, ce qui a entraîné des problèmes
pour la perception que le prêtre a de lui-même et pour l'appréciation
de sa vocation spéciale et unique. Des scandales impliquant le
clergé ont eu un impact négatif sur l'image du prêtre
et, de ce fait, sur les vocations, en plus les problèmes de la
morale et de l'image du prêtre dans l'Église et dans la société
en général. Dans certains cas, des violences sexuelles
commises par quelques membres du clergé ont causé peine et
souffrance spéciales à la communauté. Une grande
sollicitude et sensibilité est demandée dans le processus de
cicatrisation qui accompagne cette triste réalité.
Toutefois, malgré ces difficultés, la présence
assidue et l'uvre apostolique d'un nombre incalculable de prêtres,
fidèles à leur vocation, continue d'être un bienfait
particulier et permanent pour les Églises locales en Océanie.
Pour mieux faire face à ce manque de vocations, diverses Églises
particulières en Océanie ont lancé des programmes de
pastorale des vocations qui incluent la prière, la réflexion
et la discussion. Les écoles secondaires constituent un potentiel
important pour renforcer la conscience de la vocation sacerdotale. L'aggiornamento
du clergé a aidé les prêtres à prendre
conscience de leur vocation spéciale et de leurs responsabilités
envers la vie de l'Église.
Le diaconat permanent a été introduit dans divers diocèses
pour apporter une aide dans divers domaines, tels que la liturgie, la catéchèse,
l'administration et autres initiatives pastorales. On attend de l'Océanie
une réponse créative afin de trouver des moyens de
promouvoir les vocations, bien qu'il soit important de faire, quant à
la manière dont l'Église exerce son action, une distinction
très nette entre la vocation sacerdotale et la vocation des laïcs.
Une formation appropriée est vitale pour la vie et le ministère
des prêtres dans l'avenir. Les séminaristes ont besoin de
discerner et de développer une plus grande maturité
spirituelle et émotive. Ils doivent se former à l'intérieur
de la communauté qu'ils devront desservir et être pris par
l'exigence du Royaume qui les soutiendra au milieu de leurs tâches
et de leurs responsabilités liées à leur ministère.
Dans ce contexte, une formation sérieuse et permanente au célibat
est requise. Après les années passées au séminaire,
les prêtres devraient avoir à la fois le pouvoir et la volonté
d'expliquer ce que veut dire, pour eux, être prêtre. Dans
certaines Églises particulières, des pré-séminaires
ont été ouverts pour faciliter le discernement, et la
formation et l'enseignement initial.
Un problème particulier a été signalé par
certaines réponses aux Lineamenta: la difficulté de
fournir des cadres convenablement préparés dans les divers
domaines de formation: spirituelle, humaine, pastorale et intellectuelle.
Dans les zones qui bénéficient d'un nombre appréciable
de vocations, ce manque de personnel qualifié est aggravé
par le besoin de nouvelles structures et installations dans les séminaires.
Dans les autres pays, la formation a donné lieu à nombre de
bienfaits, malgré les difficultés liées à la
rencontre de cultures différentes.
La vocation des laïcs
49. La réalité de la vocation est une expérience
intime propre à tous les fidèles du Christ. Chaque vocation
est une réponse à un mode de vie choisi afin de vivre
l'appel à la sainteté qui, en vertu du Baptême,
appartient à tous dans l'Église. Tous les fidèles du
Christ ont besoin d'apprécier et de comprendre leur appel à
la sainteté et à l'évangélisation. Depuis le
Concile Vatican II, le rôle des laïcs s'est développé
et étendu dans la vie de l'Église, et ils se sont eux-mêmes
considérés, avec raison, comme partie intégrale de l'Église.
Leur contribution, comme collaborateurs dans les paroisses, est la
bienvenue: membres des conseils pastoraux, conseillers financiers et
juridiques, catéchistes et agents pastoraux. Ils sont en train de découvrir
les implications que comporte le fait de vivre la vie du Christ dans la
communauté locale de l'Église. Dans certaines zones d'Océanie,
compte tenu du peu de vocations sacerdotales, ils ont assumé une
responsabilité particulière par une participation beaucoup
plus active et constructive, spécialement dans la paroisse. Ils se
chargent de l'instruction de la catéchèse, ils s'intéressent
de la préparation sacramentelle, ils sont responsables du travail
des jeunes et des activités pastorales en général, et
ils sont quelquefois appelés, dans des circonstances spéciales
et selon la position qu'ils occupent dans la communauté ecclésiale,
à diriger des services liturgiques dans les paroisses dépourvues
de ministre ordonné.
Les laïcs ont besoin de préparation et de formation pour
assumer et développer ces différentes responsabilités.
Un grand nombre de laïcs étudient maintenant la théologie.
Les centres d'éducation catholiques offrent des cours de théologie,
de formation religieuse, de ministère pastoral, etc. Ils
constituent, pour les laïcs, une aide importante pour la réalisation
de leur vocation particulière dans l'uvre d'évangélisation
de l'Église en Océanie. Dans un monde qui a perdu tant de
valeurs et qui a besoin de vérité, ils sont, dans leurs
diverses professions, les témoins vivants des valeurs et des vérités
de l'Évangile. D'une manière toute particulière,
l'engagement des laïcs dans le mariage et la famille est une vocation
spéciale de l'amour du Christ.
Dans de nombreuses sociétés d'Océanie, l'élan
et l'effort missionnaires ont, à l'origine, beaucoup dépendu
pour son efficacité pratique du rôle assumé par des
individus dévoués qui, en réponse à l'Évangile,
servaient d'intermédiaires entre le missionnaire et la population
locale. Ces catéchistes sont devenus une institution de plein
droit; leur rôle consistant en fait à organiser et à
diriger diverses communautés disséminées, pour tout
ce qui ne faisait pas partie des charges réservées au prêtre.
Ils ont grandement contribué à implanter l'Évangile
et à le rendre florissant. Leur rôle, bien qu'il évolue
dans diverses Églises particulières, est encore d'une
importance vitale pour l'uvre d'évangélisation. Ils témoignent
d'une manière spéciale des nombreux dons que l'Esprit offre à
l'Église.
Nombre de ces dons et de ces charismes sont évidents sous
d'autres aspects et en d'autres Églises locales en Océanie.
En collaboration avec l'évêque local, chacun de ces dons a, à
sa manière, insufflé une nouvelle force et un nouvel
enthousiasme pour l'annonce de l'Évangile. Il existe des groupes du
renouveau charismatique, des centres de prière, des groupes de vie
chrétienne, des groupes de méditation chrétienne, et
d'autres institutions officiellement reconnues par l'Église.
Le rôle des femmes, en de nombreuses parties d'Océanie, a
fait l'objet d'une attention particulière depuis le Concile Vatican
II. L'Église a cherché à promouvoir le rôle légitime
des femmes dans la société et dans l'Église en
reconnaissant leur contribution particulière à l'apostolat
des laïcs et en les faisant participer à diverses activités
au sein de l'Église. Une sensibilité continuelle quant à
leur rôle est requise pour qu'elles enrichissent l'Église de
leurs dons spéciaux. Une certaine vigilance s'impose dans
l'utilisation du langage et, là où c'est possible, des
femmes qualifiées doivent être appelées au service de
l'Église. Dans nombre de communautés indigènes, des
femmes font maintenant partie des nombreux apostolats de l'Église,
mais des difficultés culturelles les empêchent d'être
complètement acceptées en dépit de leur contribution
vitale. Elles ne pourront participer et être pleinement reconnues
dans l'Église que lorsque certains aspects de la société
auront changé.
L'éducation catholique, avec tous ses divers domaines, représente
un aspect important de la vie ecclésiale en Océanie. Les Écoles
catholiques sont, pour l'Église, un moyen spécial pour
procurer aux jeunes une éducation, pour enseigner et inculquer les
valeurs chrétiennes si admirablement exposées dans l'Évangile.
Elles fournissent des programmes structurés d'éducation à
la foi pour les enfants et les jeunes adultes et, très souvent
aussi, une expérience liturgique significative et enrichissante. En
effet, dans certaines sociétés elles représentent
souvent le seul lien avec l'Église, une réelle expérience
de foi, tout en offrant un service à la communauté et à
la nation. Les écoles jouent un rôle essentiel pour l'éducation
à la foi des jeunes, et du fait que les religieux sont de moins en
moins nombreux dans cette forme d'apostolat, les laïcs assument de
plus en plus la responsabilité du fonctionnement de ces écoles.
La vocation de l'enseignant catholique est une vocation spéciale et
devrait être encouragée comme un moyen authentique pour vivre
et annoncer l'Évangile.
Les Universités catholiques et les Instituts catholiques
d'enseignement postscolaire ont, eux aussi, un important rôle à
jouer en Océanie. Grâce à leur compétence dans
le domaine de la foi et grâce à leurs différentes
structures, ils constituent un instrument de dialogue avec le monde sécularisé.
Leur contribution au niveau local de la vie de l'Église est très
significatif. Les Facultés de théologie offrent à l'Église
une richesse supplémentaire, leur mission étant d'éduquer
les personnes dans la foi et de former les séminaristes.
L'Université catholique assume un rôle institutionnel
particulier dans l'Église, et ne peut de ce fait agir indépendamment
de l'autorité épiscopale.
Les consacrés, les religieux et les religieuses
50. Certains symptômes indiquent qu'aujourd'hui le monde séculier
est souvent un terrain vague, un vide spirituel. Même là où
les chrétiens sont présents, le monde semble attendre et désirer
un partage plus manifeste de la vie que Dieu offre en son Esprit. Ce désir
s'exprime dans une recherche de spiritualité, sur laquelle on ne
met pas suffisamment l'accent. Grâce à sa riche expérience
historique, à l'abondance de sa doctrine, à l'exemple et au
message de ses saints et de ses mystiques, l'Église, qui est
sainte, est, en Océanie, mise au défi de formuler et de répandre
une spiritualité vraiment appropriée au temps présent
et aux nombreuses cultures de ses populations.
Parvenir à ce que le message chrétien soit vécu par
les chrétiens dans leur vie quotidienne est, probablement, le plus
grand défi posé à l'Église au seuil du Troisième
Millénaire. Parfois, ce dont on a le plus besoin dans la célébration
des sacrements, c'est d'un «sens de Dieu», c'est-à-dire
d'une preuve que Dieu est intimement rencontré dans le silence de
la prière contemplative. Parfois aussi, une perte du sens du sacré
est décelée à la Messe, de même qu'une perte du
sens du péché par la pratique non fréquente de la
confession sacramentelle individuelle.
Dans la vie consacrée, ce désir de vie spirituelle est témoignée
et réalisée d'une manière unique et spéciale.
Dans la vie consacrée, les fidèles au Christ, sous
l'inspiration de l'Esprit-Saint, se proposent de suivre le Christ au plus
près, de se donner à Dieu en l'aimant par-dessus tout et,
poursuivant la perfection de la charité dans le service du Royaume,
d'être le signe et la manifestation dans l'Église de la
gloire du monde à venir. Les Ordres contemplatifs, dont un certain
nombre sont présents en Océanie, attestent d'une manière
spéciale la transcendance de Dieu, témoignent de l'intimité
de la communion entre la personne et Dieu. Leur présence dans les Églises
particulières en Océanie est d'une très grande valeur
et d'une importance considérable.
À la lumière du Concile Vatican II, les congrégations
de vie active ont entrepris un processus approfondi d'aggiornamento.
Ceci a souvent entraîné un changement radical dans leur
activité apostolique, dans leur vie communautaire et d'oraison, et
un témoignage renouvelé à leurs charismes d'origine.
Les congrégations religieuses affrontent les défis liés
à la diminution numérique et au vieillissement de leurs
membres. Les religieux ont, dans une large mesure, disparu de nombre
d'institutions catholiques ce qui signifie qu'elles se retrouvent privées
de ce témoignage unique des exigences radicales du Royaume que
fournissaient traditionnellement les religieux. Dans les zones les plus sécularisées
d'Océanie, les vocations à la vie religieuse ont subi un
dramatique déclin. Dans d'autres zones, telles qu'en Papouasie -
Nouvelle-Guinée et dans les îles du Pacifique, c'est tout à
fait l'inverse qui se produit avec un nombre constant de vocations
religieuses au service de l'Église locale. En effet, dans certaines
zones des congrégations religieuses locales doivent même être
créées.
Les congrégations religieuses de certaines sociétés
de type occidental éprouvent des difficultés à lutter
contre les systèmes de valeurs dans lesquels elles se trouvent.
Cela se manifeste de la manière suivante: la valeur du vu de
chasteté est souvent remise en question et il y a des difficultés
à le vivre; l'abandon de formes traditionnelles d'apostolat n'a pas
toujours été facile ni très volontiers apprécié;
de nouveaux styles de vie se sont mêlés; les jeunes ne
semblent pas être prêts à affronter le caractère
radical de la vie consacrée; parfois, la vie de la prière
semble avoir été réduite pour laisser place à
une grande dépense d'activité, etc.
En même temps, quelques religieux ont fait preuve d'un grand sens
de discernement spirituel dans une société séculière
en entreprenant de nouvelles formes d'apostolat, comme le soin des malades
du SIDA, l'apostolat auprès des sans-abri et des jeunes en crise,
ou le choix du service des plus pauvres de la société. L'Église
en Océanie apprécie le travail désintéressé
des religieuses, en particulier de celles qui, dans de nombreux cas, ont à
l'origine semé, et ont été intimement liées au
développement du germe de la foi. Les fruits de leur apostolat
continuent à enrichir l'Église. La vie consacrée vécue
dans toute son authenticité, fait partager le dévouement
pour le Royaume à travers les vux de pauvreté, de
chasteté et d'obéissance, qui est un don spécifique
pour l'Église et un témoignage de l'Évangile.
CHAPITRE V
LE MINISTÈRE DE COMMUNION
Structures favorisant la communion
51. La réalité théologique de la communio
est au centre de la pensée de l'Église locale. L'Église
et ses membres sont amenés à la communion de vie et d'amour
de la Trinité tout comme les personnes sont amenées à
l'unité par l'unité du Père, du Fils et du
Saint-Esprit. Ce partage dans la communion de vie du Père, du Fils
et du Saint-Esprit est la source de la relation chrétienne et la
base des communautés chrétiennes. Le chrétien se
retrouve quand il est activement pris dans l'expérience d'une
relation d'amour avec Dieu et les autres à travers l'union intime
avec son Fils dans une vie entièrement inspirée par
l'Esprit.
L'Eucharistie est placée au centre de cette communio,
source et sommet de la vie chrétienne. Par ce sacrement, l'identité
de l'Église en tant que Corps du Christ est plus clairement
ritualisée et réalisée. L'Église est mise au défi
de trouver le moyen d'aider les personnes qui sont à la recherche
d'un sens et de la vérité, à les trouver dans le
Christ. Une vie basée sur une authentique communio chrétienne
constituera une partie importante de ce processus.
Un diocèse jouit des ressources nécessaires pour être
une Église particulière dans la communion de l'Église
universelle. Par le ministère de l'évêque et par sa
vie sacramentelle, il détermine sa propre vie de manière à
pourvoir à tous les besoins essentiels des fidèles. La cathédrale
est «l'église-Mère» du diocèse où
l'Ordinaire, dans sa fonction de célébrant principal de la
liturgie eucharistique, est la source de l'unité pour la communauté
diocésaine et le lieu où est placée la chaire
épiscopale, symbole de sa charge d'enseignement.
Dans bien des régions d'Océanie, les diocèses possèdent
différents bureaux qui s'efforcent d'aider les paroisses et les aumôneries
dans leurs activités pastorales. Ils offrent un soutien spécial
sous forme de ressources et de compétence. Des programmes diocésains
orientés sur des questions particulières donnent au diocèse
un sens d'unité. Les membres de l'Église particulière
sont souvent engagés dans une activité missionnaire. Dans
certains cas, des synodes diocésains ont été organisés
et le conseil pastoral diocésain est considéré comme
un élément important de communion. La préparation
pour le Jubilé a été aussi d'une grande aide pour
construire et sensibiliser à la communion dans le diocèse et
dans l'Église universelle.
Les paroisses restent le point de contact habituel des fidèles
avec l'Église. La plupart des catholiques reconnaissent la paroisse
comme étant la communauté où ils font l'expérience
de l'Église en tant que communion, et où la qualité
de la vie paroissiale a, pour ses membres, un effet significatif sur leur
foi. Les paroisses devraient refléter le rôle central et
critique qui est le leur dans le processus de construction de la
communion. Parfois, elles constituent aussi la meilleure institution
pastorale où les personnes éprouvent un sens d'appartenance,
et elles représentent un moyen très spécial pour leur
permettre d'accroître la conscience et l'appréciation du sens
de leur croyance et de leur action comme disciples du Christ.
Un grand nombre de paroisses rassemblent des groupes à l'intérieur
des limites de leur territoire dans lesquels la communion est renforcée
et expérimentée par des programmes tels que: groupes
liturgiques, préparation au mariage, Rite d'Initiation Chrétienne
pour les Adultes (R.I.C.A.), groupes d'accueil, groupes pour la
justice et la paix, pour favoriser l'cuménisme, etc. L'École
catholique aide aussi à la construction de la communion en tant que
point de référence commun pour les catholiques qui, dans
nombre de cas, n'auraient autrement que peu de contact avec l'Église.
Bien que, dans la paroisse, le prêtre assume un rôle crucial
de témoin de l'Église, il existe maintenant une plus grande
collaboration avec les laïcs et ils affrontent ensemble les diverses
activités communautaires qui témoignent du Royaume de Dieu.
Les paroisses isolées peuvent même représenter des
situations privilégiées pour y construire la communauté,
car c'est la communio ressentie et réalisée qui
soutient souvent la vie chrétienne.
L'Eucharistie est, dans la paroisse, l'âme et le sommet de la
communion qui donne force et sens à ses activités aux
multiples facettes. Un nombre considérable de réponses aux
Lineamenta soulignent le problème du nombre insuffisant des
prêtres pour pouvoir assurer régulièrement
l'Eucharistie dans de nombreuses paroisses. C'est, en Océanie, un
aspect qui est tout particulièrement ressenti du fait de l'immensité
du territoire et en conséquence de ses problèmes de distance
et de répartition de population.
Les réponses indiquent qu'en de nombreux endroits les communautés
ecclésiales de base ont été un moyen efficace pour
concrétiser l'idée de communio. Dans ces communautés,
la foi est approfondie et les personnes assument une plus grande
responsabilité pour leur futur de communauté chrétienne.
Florissantes dans des cultures plus traditionnelles, centrées sur
la communauté, ces communautés sont un encourageant signe de
croissance. De plus en plus de chrétiens sont convaincus qu'elles
peuvent évangéliser plus efficacement les autres par leur
exemple de vie en commun dans la paix et de promotion des valeurs chrétiennes
d'amour mutuel et d'unité au sein de leurs différentes sociétés.
Les évêques et la communion
52. Les Pasteurs de l'Église, le collège des évêques
ayant comme Chef le successeur de Pierre, sont appelés à
diriger, à enseigner et à sanctifier les fidèles qui
leur sont confiés. Leur fonction est d'enseigner la foi transmise
par les apôtres, de sanctifier la vie des fidèles, particulièrement
par le sacrifice Eucharistique, et de conduire leurs ouailles sur les
chemins de l'Évangile. L'évêque est l'authentique magister.
Il ne peut être un ministre de communion efficace que s'il enseigne
la foi avec énergie, sensibilité et persévérance.
Il est le foyer de l'unité du diocèse. Ses responsabilités
sont grandes et ses décisions ont des conséquences
importantes non seulement dans son propre diocèse mais souvent
aussi hors de son diocèse. La Conférence épiscopale,
dans un pays ou une zone donnée, joue un rôle important en
aidant chaque évêque dans sa vocation, particulièrement
au moyen des diverses commissions et bureaux de la Conférence. Les évêques
ont besoin du soutien et des prières de leurs fidèles ainsi
que de la coopération des diverses communautés chrétiennes
locales. La désunion au sein de la communauté ecclésiale,
tels que le dissentiment de l'enseignement authentique de l'Église
ou une opposition déclarée à l'autorité de l'Église,
affaiblit l'unité de l'Église et son témoignage
effectif des vérités de l'Évangile. Parfois, ce
manque d'unité est mis en évidence par la formation de
groupes qui s'opposent les uns aux autres en raison de leurs divergences
d'opinion quant au renouveau dans l'Église. Pour être fidèle
à sa mission, à l'Église incombe la tâche
d'enseigner les vérités éternelles. Pour cela, ce
sont les évêques qui sont les authentiques maîtres de
la foi et qui exercent leur vocation de premiers et fondamentaux agents de
communion.
L'Église locale et l'Église universelle
53. Les réponses indiquent qu'en dépit des immenses différences
culturelles de l'Océanie, les Églises particulières
de cette zone savent que, unies avec leurs évêques et avec le
Pape, le Vicaire du Christ sur la terre, elles ne sont pas seules pour
chercher à suivre le chemin du Christ, proclamer sa vérité
et vivre sa vie. Bien que l'Église en Océanie soit quelque
peu isolée, les communautés locales continuent fidèlement
de croire que l'Église est universelle.
Le partage des ressources aux différents niveaux est, en Océanie,
une contribution que chacun fait à l'Église universelle. L'Église
universelle s'enrichit grâce à sa présence en Océanie.
L'intégration de la foi et de la culture en Océanie offre à
l'Église une richesse puisque le message chrétien trouve une
expression dans de nouveaux langages et donne de nouvelles significations
aux spiritualités qui existent depuis des millénaires. La
relative jeunesse des Églises particulières en Océanie,
leur récente expérience missionnaire et leurs relations avec
les populations indigènes leur permettent de parler avec une
certaine fraîcheur à l'Église universelle. La riche
universalité de tant de cultures et de traditions parmi leurs
membres peut servir de modèle d'intégration.
Les Églises particulières en Océanie bénéficient
grandement de l'Église universelle. Elles ont besoin de l'Église
universelle avec son ancienneté et sa sagesse. Elles ont besoin de
sentir qu'elles appartiennent à quelque chose de beaucoup plus
grand qu'elles et qui s'appuie sur une tradition qui remonte à deux
mille ans. Elles profitent de l'enseignement de l'Église
universelle et continuent de faire l'expérience de sa générosité
sur le plan matériel. Il est clair que les Églises particulières
en Océanie dépendent, pour leur pleine identité et
leur mission, de leur communion avec l'Église universelle. À
cet égard, les visites du Pape en de nombreuses parties d'Océanie
ont représenté une source de grande bénédiction
et un puissant symbole d'unité.
CONCLUSION
Marie, Reine de la Paix
54. Quand les missionnaires se rendirent en Océanie, ils y portèrent
la foi catholique avec sa grande dévotion mariale qui reste une
partie intégrale de la tradition catholique. La mère de Jésus
était pour eux un soutien permanent dans leurs efforts d'évangélisation,
un refuge dans leurs peines et leurs difficultés. Sa statue a une
place d'honneur dans de nombreuses chapelles et églises. Dans bien
des régions de l'Océanie, elle est vénérée
comme le Secours des Chrétiens.
En réponse à la prédication des missionnaires, la dévotion
à Marie a trouvé une résonance profonde et joyeuse
dans la communauté catholique. Les fidèles rappellent
comment Marie les a toujours guidés et assistés en raison de
la relation unique qu'elle a avec Jésus, le Chemin, la Vérité
et la Vie. Plus récemment, les évêques l'ont nommée
Patronne de la région du Pacifique sous le vocable de Reine de la
Paix.
L'Évangile de Luc nous dit que Marie, tout de suite après
avoir reçu le Verbe de Dieu dans son cur et dans son sein,
sortit en hâte et marcha à travers la montagne pour visiter
sa cousine Élisabeth. Quand les deux femmes se rencontrèrent,
Marie, inspirée par le salut de sa cousine, proclama la Bonne
Nouvelle de la venue de Dieu, annoncée par sa grossesse. Dans un
chant d'allégresse, elle révéla l'extraordinaire vérité
d'un nouveau monde à venir, un monde dans lequel Dieu régnerait
avec puissance, un monde de justice et de miséricorde, un monde de
paix éternelle. La nouvelle vie en elle, la vie de Jésus
qu'elle nourrissait, allait naître comme le commencement promis de
ce monde nouveau. En exerçant un rôle crucial dans
l'Incarnation, en suivant les pérégrinations prophétiques
de Jésus, et en restant souffrante au pied de la Croix, Marie
devint la mère de tous les croyants. À la fin de sa vie, Jésus
l'emporta dans son Royaume céleste, pour être avec Lui pour
toujours. En tant que Reine de la Paix, elle intercède pour son
peuple en Océanie.
Marie, Femme de Foi
55. C'est la foi de Marie qui lui permet d'être une mère et
une reine particulières pour la communauté des croyants. En
tant que femme de foi, elle accompagne les membres de l'Église tout
au long de leur cheminement et de leur vie dans la foi. La foi emplissait
son cur quand elle accueillit Jésus. Sa foi l'a soutenu dans
son ministère public, quand il proclamait la Bonne Nouvelle et
apportait la guérison de Dieu. La foi de Marie l'a soutenue au pied
de la Croix. Enfin, sa foi l'a fait prier avec les disciples rassemblés,
qui attendaient et espéraient la venue de l'Esprit. De cette manière
humble et cachée, elle a joué un rôle fondamental pour
les débuts de l'Église. Sa foi est un exemple auquel peuvent
s'inspirer tous ceux qui, en Océanie, cherchent à vivre l'Évangile,
à le proclamer et à l'amener à donner de nouveaux
fruits dans l'Église et dans la société.
En tant que Secours des Chrétiens, elle aidera l'Église
universelle à réfléchir sur le présent et sur
l'avenir de la communauté catholique en Océanie. En tant qu'Étoile
de la Mer, elle offre une orientation et une lumière dans les
tourmentes de la vie et de l'histoire. Elle est la lumière qui
guide la marche de l'Église sur les pas de Jésus. Elle est
un exemple encourageant pour tous ceux qui sont appelés à
annoncer la vérité de Jésus. Elle est une mère
nourricière pour ceux qui vivent la vie de Jésus. Elle
indique toujours Jésus, son Fils. Sous son affectueuse protection,
tous les croyants accepteront de plus en plus Jésus comme le
Chemin, la Vérité et la Vie.
Marie, Reine de la Paix, priez pour l'Église et les peuples d'Océanie.
TABLES DES MATIÈRES
Avant-Propos III
Introduction
Un événement important et opportun 7
L'Église en Océanie est jeune 10
En suivant le thème 11
Se souvenir du passé de l'Église 13
Première Partie
Suivre le chemin de Jésus-Christ
La mission du Seigneur 15
La mission de l'Église 15
Chapitre I: Apostolat missionnaire
Conscience missionnaire 17
Un peuple investi d'une mission 19
Domaines de la mission 22
Chapitre II : L'Évangile et les nombreuses cultures
Puissance de conversion de l'Évangile 25
Une diversité de cultures 25
Culture et Évangile 26
Le défi de la culture occidentale moderne 28
Inculturation 30
Culture des jeunes 32
Chapitre III: Populations en mouvement
Urbanisation 35
Colonisation, migration, tourisme 36
Deuxième Partie
Proclamer la vérité de Jésus-Christ
Le Christ, la Vérité 39
La tâche d'évangélisation de l'Église 39
Chapitre I: Évangélisation
Diffuser la Bonne Nouvelle 41
Les défis actuels 42
Chapitre II: Annonce et catéchèse
Le Kerygme: la première annonce de l'Évangile 47
Le Concile Vatican II 49
La Catéchèse 50
Chapitre III: Éducation catholique
La foi et l'enseignement 55
Vers l'avenir 56
Chapitre IV: L'cuménisme
Vers l'unité des chrétiens 57
Préoccupations 57
Chapitre V: Le Dialogue interreligieux
Une pluralité de religions et de mouvements religieux 59
Les groupes au sein de l'Église catholique 60
Les autres Traditions 61
Chapitre VI: Justice et Paix
L'Année jubilaire: un appel à la justice 63
Action en faveur de la justice sociale 64
Troisième Partie
Vivant la vie de Jésus-Christ
La vie nouvelle dans le Christ 67
Une rencontre personnelle avec le Christ 67
Chapitre I: Les sacrements
Le renouveau au Concile Vatican II 69
La réforme liturgique 70
La vie par les sacrements 71
Chapitre II: La vie humaine et la santé
La vie, don de Dieu 75
Attitudes culturelles envers la vie 75
Questions morales 77
L'Église rend témoignage à la vie 80
Chapitre III: Mariage et Famille
Effets culturels 83
Le lien du mariage 84
La famille 86
Les jeunes 87
Chapitre IV: Vocations et charismes
Le sacerdoce 89
La vocation des laïcs 91
Les consacrés, les religieux et les religieuses 93
Chapitre V: Ministère de communion
Structures favorisant la communion 97
Les évêques et la communion 99
L'Église locale et universelle 100
Conclusion
Marie, Reine de la Paix 101
Marie, Femme de Foi 102
Tables des Matières 103