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La prière doit être accompagnée par les
oeuvres
"Quand
je vois des âmes s'adonner diligemment à examiner leur oraison, si
encapuchonnées qu'elles n'osent ni bouger ni détourner leur pensée pour
éviter qu'un peu de leur plaisir et de leur ferveur ne se dérobe, j'en conclus
qu'elles comprennent bien mal par quel chemin on atteint à l'union, et qu'elles
pensent que toute l'affaire se réduit à cela. Mais non, mes sœurs, non: le
Seigneur veut des œuvres; si tu vois une malade à qui tu puisses apporter
certain soulagement, peu doit t'importer de perdre cette ferveur, aie pitié
d'elle; si elle souffre, souffre toi aussi; et si c'est nécessaire, jeûne pour
qu'elle mange à ta place: moins pour elle que parce que tu sais que le Seigneur
veut qu'il en soit ainsi. Telle est la vraie union avec Sa volonté; et si tu
entends vivement louer une personne, réjouis-toi beaucoup plus que si on te
louais toi-même. C'est facile, à la vérité, car l'humilité, si elle existe,
serait plutôt peinée de s'entendre louer. Mais nous réjouir qu'on reconnaisse
les vertus de nos sœurs est une grande chose, de même que, si l'on voit en
l'une d'elles un défaut, le déplorer comme s'il s'agissait de nous-même, et
le cacher.
J'ai beaucoup insisté ailleurs sur tout cela (Le Chemin de
la Perfection VII), sachant, mes soeurs, que s'il y a ici une faille, nous
sommes perdues. Plaise au Seigneur que ce ne soit jamais le cas. Si vous avez
cet amour du prochain, je vous affirme que vous ne manquerez pas d'obtenir de Sa
Majesté l'union dont j'ai parlé. Si vous constatiez qu'il vous fait défaut,
même si vous avez de la ferveur et des joies spirituelles, même si vous croyez
être parvenues à l'union, avoir eu une quelconque petite extase dans l'oraison
de quiétude, (certaines imagineront immédiatement que tout est fait),
croyez-moi quand je vous dis que vous n'avez pas obtenu l'union, demandez à
Notre-Seigneur de vous donner, à la perfection, cet amour du prochain, et
laissez faire Sa Majesté: Elle vous donnera plus que vous ne sauriez désirer,
à condition que vous fassiez des efforts effortset que vous recherchiez, tant
que vous le pourrez, cet amour-là; contraignez votre volonté à être en tout
conforme à celle de vos sœurs ; même si vous perdez vos droits, oubliez-vous
pour elles, pour beaucoup que cela révolte votre nature; et cherchez à assumer
des tâches pour en délivrer votre prochain, lorsque vous en aurez l'occasion.
Ne pensez pas que cela ne vous coûtera guère, et que c'est déjà chose faite.
Considérez ce que Son amour pour nous a coûté a notre Époux, lui qui pour
vous délivrer de la mort mourut de la mort si douloureuse qu'est la mort sur la
croix."
Sainte Thérèse d'Avila, Docteur de l'Eglise: Le
Château intérieur Les Demeures V,3.11
Prière:
Dieu, notre Père, tu nous as montré par l'exemple de Ste
Thérèse d'Avila comment tu aimes avant tout la humble prière et la
charité efficace. Apprend nous à Te servir dans la prière fidèle et dans la
sollicitude amoureuse envers nos frères et soeurs de tout race et de tout
continent. Nous Te le demandons par le Christ, Notre Seigneur. Amen.
Par l'Athénée Pontifical "Regina Apostolorum"
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