 |
Marie, disciple du Christ
"Quant il parlait aux foules, sa mère
et ses frères étaient là dehors, et voulaient lui
parler... Et lui: qui est ma mère? ou qui sont mem frères?
Et étendant la main sur ses disciples, il dit: Ceux-ci sont ma mère
et mes frères. Et quiconque fait la volonté de mon Père
qui est dans les cieux, il est pour moi un frère, une soeur et une
mère... Comment le Christ Seigneur pouvait-il avec piété
repousser sa mère, et pas une mère quelconque, mais une mère
d'autant plus grande qu'elle était une mère vierge... Il
a repoussé cette mère, pour que l'affection maternelle ne
se mêle pas à l'oeuvre qu'il accomplissait, et ne l'empêche
pas. Quelle était cette oeuvre? Il parlait au peuple, il détruisait
le vieil homme, il édifiait l'homme nouveau, il délivrait
les âmes, il déliait les captifs, il illuminait les esprit
aveugles, il accomplissait une oeuvre bonne, et dans cette oeuvre bonne
il était dans la ferveur de l'action et de la parole. A ce moment,
on lui annonce cet affection maternelle... Que les mères entendent
ce qu'il a répondu, pour que leur affection charnelle n'empeche
pas les oeuvres bonnes de leurs fils... Mais tu me diras: Tu compares donc
mon fils au Christ? Je ne le compare pas au Christ, ni toi à Marie.
Le Christ Seigneur n'a donc pas condamné l'affection maternelle,
mais il a montré en lui-même, par un grand exemple, qu'il
fallait repousser sa mère pour l'oeuvre de Dieu. Il était
notre maître. S'il a daigné repousser sa mère, c'est
pour t'apprendre à repousser aussi ton père pour l'oeuvre
de Dieu.
Faites donc plus attention, mes frères,
faites plus attention, je vous en conjure, a` ce que dit le Seigneur Christ,
en étendant la main sur ses disciples: Ceux-ci sont ma mère
et mes frères; et celui qui fera la volonté de mon Père
qui m'a envoyé, celui-là est pour moi un frère et
und soeur et une mère. Est-ce qu'elle n'a pas fait la volonté
du Père, la Vierge Marie, qui a cru par la foi, qui a conçu
par la foi, qui a été choisie pour que d'elle naisse pour
nous le salut parmi les hommes, qui a été créée
par le Christ, avant que le Christ ne fût créé en elle?
Elle a fait, elle a fait absolument la volonté du Père, sainte
Marie; et c'est plus pour Marie d'avoir été la disciple du
Christ, que d'avoir été la mère du Christ. aussi Marie
a été bienheureuse, parce qu'avant de l'enfanter, elle a
porté son maître dons son sein. Vois si ce n'est pas comme
je le dis. Quand le Seigneur passait avec des foules a` sa suite, et qu'il
faisait des miracles divins, une femme dit: Bienheureux le sein qui t'a
porte. Et qu'a répondu le Seigneur, pour qu'on n'aille pas chercher
la félicité dans la chair? oui, heureux, ceux qui écoutent
la parole de Dieu et qui la gardent. Ainsi Marie est bienheureuse d'avoir
écouté la parole de Dieu et de l'avoir gardée: ella
a gardé la vérité en son coeur plus que la chair en
son sein. Le Christ est vérité, le Christ est chair. Le Christ
vérité est dans le coeur de Marie, le Christ chair dans le
sein de Marie; ce qui est dans le coeur est plus que ce qui est dans le
ventre. Sainte est Marie, bienheureuse est Marie, mais l'Eglise est meilleure
que la Vierge Marie. Pourquoi? parce que Marie est une partie de l'Eglise,
un membre saint, un membre excellent, un membre suréeminent, mais
pourtant un membre de corps tout entier. Si elle est membre du corps tout
entier, le corps est plus assurément qu'un seule membre. la tête,
c'est le Seigneur, et le Christ tout entier est tête et corps. Que
dire? Nous avons une tête divine, nous avons Dieu pour tête."
Saint Augustin, Sermon
72/A, 7
Prière
C'est toi que j'invoque, O Dieu Vérité,
source, principe, auteur de la vérité de tout ce qui est
vrai. Dieu, de qui on ne se détourne que pour choir, vers qui se
tourner, c'est se laver à nouveau et en qui demeurer, c'est trover
un solide appui, sois-moi propice, o mon Dieu. Cfr. Soliloq. 1.3
Par l'Athénée Pontifical "Augustinianum"
|