 |
Sermon
"Nous appelons naissance du Seigneur ce mystère
où la sagesse de Dieu s'est manifestée sous les traits d'un
enfant, et où le Verbe de Dieu, sans articuler aucune parole, a
fait entendre une voix humaine. Cependant un témoignage céleste
a révélé aux Mages ce Dieu caché, et des anges
eux mêmes sont endus l'annoncer aux bergers. Nous célébrons
donc dans cette grande fete l'anniversaire du jour où séest
accomplie cette prophétie: la Vérité est sortie du
sein de la terre, et la justice a regardé du haut du ciel. La vérité,
qui est dans le sein du père, s'est levée de la terre, et
a daigné se renfermer dans le sein d'une mère. La Vérité,
qui porte le monde, est sotie du sein de la terre, pour etre portée
dans les bras d'une femme. La Vérité, qui nourrit d'un aliment
incorruptible la félicité des anges, est sortie de la terre
pour etre allaitée par le sein d'une mère. La Vérité,
que le ciel ne peut contenir, est sortie du sein de la terre pour etre
déposée dans une crèche. Pour qui cette incomparable
majesté est-elle descendue à de si prodigieux abaissements?
Assurément, ce n'est point pour son avantage, mais, si nous avons
la foi, pour notre plus grand bien. Eveillez-vous donc, ô homme.
Levez-vous, vous qui dormez, et sortez d'entre les morts, et Jésus-Christ
vous éclairera.. C'est pour vous, je le répète, qu'un
Dieu s'est fait homme. Vous étiez mort pour l'éternité,
s'il n'avait daigné naitre dans le temps. Jamais vous n'auriez été
délivré de la chair du péché, s'il ne s'était
uni à une chair semblable à celle du péché;
sans cette grande miséricorde, vous étiez condamné
à une misère éternelle. Jamais vous n'auriez été
rendu à la vie, s'il ne s'était soumis volontairement à
votre mort. Vous auriez infailliblement succombé, s'il ne vous avait
secouru. Vous étiez perdu sans retour, s'il n'était venu
vous sauver."
Saint Augustin,
Sermon 185, 1
Prière
Que mon âme te loue, pour t’aimer,
et te confesse tes miséricordes, pour te louer! Il n’est rien qui
cesse ni qui taise tes louanges dans l’univers que tu créas. – Enarr.
Ps 84, 9
Par l'Athené Pontifical "Augustinianum"
|