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Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit: Donne-moi à
boire! (Jn 4, 10)
"L'une des excellentes catéchèses du Fils de Dieu est celle faite en la
campagne de Samarie, en plein midi, sous un ardent soleil, qui du ciel recevait
sa lumière de ce soleil qui était en la terre. Cette catéchèse se passe
entre Jésus et une femme seule, en l'absence des apotres. […] Cette catéchèse
est admirable en ses circonstances, en ses paroles, en ses effets, car elle
contient en peu de paroles les plus hauts mystères du salut, annoncés par le
salut lui-meme à une simple femme, qui ne pense qu'à la terre et ne cherche
que l'eau qui est au fond de ce puits de Jacob, cette eau qui la peut abreuver
en sa soif corporelle.
En un moment il la tire de l'erreur à la vérité, du péché à la grace, de
la perte au salut, de son ignorance de Dieu à la connaissance et adoration du
Fils de Dieu en la terre, c'est-à-dire à la connaissance la plus haute et la
plus nécessaire qui fut alors au monde: le mystère de l'Incamation […].
Mais, parmi toutes les paroles, l'une d'elles mérite d'étre considérée, d'étre
adorée, d'étre pénétrée par nos esprits: celle où Jésus dit à la femme:
“Si tu savais le don de Dieu”. Car cette parole exprime un soupir et une
langueur du Fils de Dieu, ravi par l'excellence de cette vérité et souffrant
que le monde l'ignore, tant elle est haute et importante pour le salut de la
terre! Et c'est à nous à adorer la pensée, la douleur, la langueur et les
sentiments du Fils de Dieu, et à pénétrer cette vérité qui nous est dite en
la personne de cette pauvre Samaritaine.
Que de choses médiocres et petites nous savons en la terre, que de vanités et
de curiosités nous y recherchons, alors qu'il n'y a aucune vérité plus haute
et plus utile que celle qui est ici proposée: Si tu savais le don de Dieu;
aucune parole pour laquelle le Fils de Dieu ait plus d’ardeur et de désir
pour le salut du monde.”
(Pierre de Bérulle, Les mystères de la vie du Christ, Cerf, Paris 1988,
pp.87-89)
Prière:
Jésus, je t’aime et je t’adore. Je te remercie d’etre venu sur la terre
pour etre mon salut et ma joie. Je te prie, mon Dieu, de ne jamais oublier ou me
distraire de ton amour et de pouvoir, chaque jour, mieux répondre au don de la
grace que tu m’accordes. Ainsi soit-il.
Préparé par la Pontificale Université du Latran
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