<rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>vatican.va</title><link>https://www.vatican.va</link><description>vatican.va</description><language>fr</language><item><title><![CDATA[Voyage apostolique en Espagne : Messe au port de Santa Cruz de Tenerife (12 juin 2026)]]></title><pubDate>Fri, 12 Jun 2026 12:15:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/homilies/2026/documents/20260612-spagna-messa-tenerife.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/homilies/2026/documents/20260612-spagna-messa-tenerife.html</guid><description><![CDATA[<!-- Fri, 12 Jun 2026 17:30:57 +0200 --> <p><i>Chers fr&egrave;res et sœurs,</i></p> 
<p>c’est une gr&acirc;ce de nous retrouver en ce jour o&ugrave; le Cœur de J&eacute;sus se laisse contempler par nous comme le cœur de l’histoire. Je me r&eacute;jouis de c&eacute;l&eacute;brer l’Eucharistie avec vous, en rendant gr&acirc;ce pour la foi et la charit&eacute; dont j’ai re&ccedil;u tant de t&eacute;moignages au cours de ce Voyage apostolique et qui font &eacute;galement de cet archipel, si r&eacute;put&eacute; pour sa beaut&eacute; et son accueil, un lieu o&ugrave; le Seigneur ressuscit&eacute; nous pr&eacute;c&egrave;de et se manifeste. Devant nous, la mer &eacute;voque l’infini, tout comme le ciel, mais l’infini, c’est avant tout le d&eacute;sir qui unit le cœur de Dieu &agrave; tant de cœurs humains, dont les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses trouvent un &eacute;cho dans le cœur de l’&Eacute;glise (cf. <i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html">Gaudium et spes</a></i>, n. 1). Aucun &ecirc;tre humain n’est une &icirc;le ; la situation g&eacute;ographique de ce dioc&egrave;se et les d&eacute;fis pastoraux qui l’engagent t&eacute;moignent que nous sommes n&eacute;s pour la rencontre et qu’il n’y a pas d’obstacle, de distance, de danger ou de menace qui puisse emp&ecirc;cher chacun de poursuivre son voyage. Que ce soit en restant toute une vie au m&ecirc;me endroit, ou en choisissant, voire en &eacute;tant contraint de partir, personne ne reste jamais immobile. Tel est le secret du cœur : l’appel intime &agrave; l’exode et &agrave; la rencontre.</p> 
<p>Ainsi, le Cœur de J&eacute;sus nous r&eacute;v&egrave;le comment ne pas nous perdre dans un dynamisme st&eacute;rile : &laquo; Dieu a envoy&eacute; son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui &raquo; (<i>1 Jn</i> 4, 9). Il y a vie quand on donne la vie. Sinon, on tourne en rond dans le vide. En effet, &laquo; comme le rappelle le Concile, la personne humaine est invit&eacute;e &agrave; la communion avec Dieu et ne peut “pleinement se trouver que par un don d&eacute;sint&eacute;ress&eacute; d’elle-m&ecirc;me”&nbsp;: sa vocation la plus profonde est d’entrer dans le mouvement trinitaire de l’amour re&ccedil;u et partag&eacute; &raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html#Les_fondements_de_la_Doctrine_sociale">Magnifica humanitas</a></i>, n. 48). Le pape Fran&ccedil;ois observait : &laquo; Beaucoup de personnes font l’exp&eacute;rience d’un profond d&eacute;s&eacute;quilibre qui les pousse &agrave; faire les choses &agrave; toute vitesse pour se sentir occup&eacute;es, dans une h&acirc;te constante qui, &agrave; son tour, les am&egrave;ne &agrave; renverser tout ce qu’il y a autour d’eux. Cela a un impact sur la mani&egrave;re dont on traite l’environnement &raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html#225.">Laudato si’</a></i>, n. 225). Ce sont l&agrave; des paroles qui interpellent &eacute;galement la vocation touristique de Tenerife, tant pour celui qui choisit d’y passer ses vacances que pour celui qui vit et travaille sur l’&icirc;le, au contact de visiteurs venus de tant de pays du monde. Que recherche le cœur humain ? Comment r&eacute;pondre &agrave; sa soif sans le tromper ? Combien il est important, surtout pour celui qui se laisse guider par l’&Eacute;vangile, de ne pas tout r&eacute;duire au commerce et au profit. &laquo; Ceux qui jouissent plus et vivent mieux chaque moment, sont ceux qui cessent de picorer ici et l&agrave; en cherchant toujours ce qu’ils n’ont pas, et qui font l’exp&eacute;rience de ce qu’est valoriser chaque personne et chaque chose, en apprenant &agrave; entrer en contact et en sachant jouir des choses les plus simples. Ils ont ainsi moins de besoins insatisfaits, et sont moins fatigu&eacute;s et moins tourment&eacute;s &raquo; (<a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html#223."><i>ibid</i>.</a>, n. 223). Interpr&eacute;tez ainsi, chers fr&egrave;res et sœurs, votre vocation &agrave; l’accueil.</p> 
<p>L’&Eacute;vangile d’aujourd’hui semble radicaliser ce d&eacute;fi et nous rappelle la richesse des pauvres : un paradoxe qui renvoie directement &agrave; la vie de J&eacute;sus, &agrave; sa v&eacute;rit&eacute;, au chemin sur lequel il continue de nous demander de le suivre. Dans le passage que nous venons d’entendre, il b&eacute;nit le P&egrave;re pour cela : c’est aux petits — ce qui, dans ce contexte, signifie les plus humbles, ceux que personne ne juge capables de penser et de s’exprimer — que Dieu s’est r&eacute;v&eacute;l&eacute;. Il les a enrichis de ce qui reste cach&eacute; &agrave; ceux qui sont entour&eacute;s d’admiration et de succ&egrave;s. Avec l’Exhortation apostolique <i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/apost_exhortations/documents/20251004-dilexi-te.html">Dilexi te</a></i>, j’ai voulu attirer l’attention sur cette place privil&eacute;gi&eacute;e des pauvres dans la R&eacute;v&eacute;lation divine et dans la mission de l’&Eacute;glise.</p> 
<p>C’est un myst&egrave;re qui r&eacute;sonne d’une mani&egrave;re tout &agrave; fait particuli&egrave;re sur ces &icirc;les, situ&eacute;es au cœur des routes migratoires, ce qui en fait un lieu d’accueil de premier choix pour nos fr&egrave;res et sœurs dont le voyage est g&eacute;n&eacute;ralement expos&eacute; &agrave; des dangers et &agrave; des violences indescriptibles. Face &agrave; ceux qui sp&eacute;culent sur le d&eacute;sespoir, en tant que chr&eacute;tiens, nous pouvons non seulement offrir un reflet du Seigneur qui dit : &laquo; Venez &agrave; moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos &raquo; (<i>Mt 11</i>, 28). La plus grande gr&acirc;ce est que nous nous laissions &eacute;vang&eacute;liser par ceux que nous secourons, que nous reconnaissions la sagesse myst&eacute;rieuse de Dieu inscrite dans leur chair m&ecirc;me : &laquo; Ayant grandi dans une extr&ecirc;me pr&eacute;carit&eacute;, apprenant &agrave; survivre dans les conditions les plus d&eacute;favorables, faisant confiance &agrave; Dieu avec la certitude que personne d’autre ne les prend au s&eacute;rieux, s’aidant mutuellement dans les moments les plus sombres, les pauvres ont appris beaucoup de choses qu’ils gardent dans le myst&egrave;re de leur cœur. Ceux d’entre nous qui n’ont pas connu les exp&eacute;riences similaires d’une vie v&eacute;cue &agrave; la limite ont certainement beaucoup &agrave; recevoir de cette source de sagesse qu’est l’exp&eacute;rience des pauvres. Ce n’est qu’en mettant en relation nos plaintes avec leurs souffrances et leurs privations que nous pouvons recevoir une r&eacute;primande qui nous invite &agrave; simplifier notre vie &raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/apost_exhortations/documents/20251004-dilexi-te.html">Dilexi te</a></i>, n. 102). Le Seigneur, qui r&eacute;primande et corrige ceux qu’il aime (cf. <i>Ap</i> 3, 19), d&eacute;sire rendre notre vie simple et joyeuse.</p> 
<p>Chers fr&egrave;res et sœurs, merci pour ce que vous &ecirc;tes, merci pour ce que vous faites, en faisant de cette &icirc;le un lieu o&ugrave; l’on peut rencontrer le cœur du Christ dans le visage amical et hospitalier de personnes et de communaut&eacute;s fraternelles. &laquo; Nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru &raquo; (<i>1 Jn 4</i>, 16) : que cette confession de foi transmise par la Premi&egrave;re lettre de l’ap&ocirc;tre Jean brille toujours en vous et vous incite &agrave; la pri&egrave;re et &agrave; l’action. Soyez attentifs aux adolescents et aux jeunes, aux riches et aux pauvres, aux r&eacute;sidents et aux h&ocirc;tes : tous ont besoin d’&ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;s par un regard qui voit au-del&agrave; des apparences et reconna&icirc;t la profondeur de leurs cœurs inquiets, qui souvent sont<b> </b>d&eacute;j&agrave; orient&eacute;s, peut-&ecirc;tre inconsciemment, vers le Royaume de Dieu et sa justice. Que l’on sente parmi vous que &laquo; Dieu est amour&nbsp;: qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui &raquo; (<i>1 Jn</i> 4, 16). Tel est le cœur de l’&Eacute;vangile, le cœur du Christ. Celui qui s’y plonge ne vit plus pour lui-m&ecirc;me. Ouvrez &agrave; tous cet oc&eacute;an d’amour ! Tel est mon souhait et ma pri&egrave;re pour vous et pour tous ceux qui vous conna&icirc;tront.</p> 
<p>________________________</p> 
<p><b>Remerciements &agrave; l’issue de la Messe</b></p> 
<p>Je vous remercie de tout cœur, Excellence, ainsi que tout le peuple de Tenerife, ses pasteurs et les Autorit&eacute;s civiles.</p> 
<p>Chers fr&egrave;res et sœurs, cette c&eacute;l&eacute;bration eucharistique marque la fin de mon Voyage apostolique en Espagne. Je rends gr&acirc;ce &agrave; Dieu et &agrave; tous ceux qui m’ont accueilli et qui ont collabor&eacute; de mille mani&egrave;res &agrave; la pr&eacute;paration et &agrave; la r&eacute;alisation des diff&eacute;rents moments &agrave; Madrid, &agrave; Barcelone et &agrave; Montserrat, ainsi qu’ici, dans les &icirc;les Canaries.</p> 
<p>Je repars pour Rome &eacute;mu par la grande affection qui m’a entour&eacute;, et r&eacute;confort&eacute; par les t&eacute;moignages de foi et d’amour envers l’&Eacute;glise, expressions du grand cœur catholique de l’Espagne.</p> 
<p>Depuis ce port qui porte le nom de la Sainte Croix, ma pens&eacute;e embrasse le monde et ses blessures qui meurtrissent des populations enti&egrave;res. &Agrave; tous, je voudrais adresser la devise de ce Voyage : &laquo; <i>Levez les yeux ! </i>&raquo;. Oui, tournons notre regard vers le Christ crucifi&eacute; : son Cœur est la source de la mis&eacute;ricorde, seule capable de sauver l’humanit&eacute; qui a besoin de pardon et de r&eacute;conciliation pour parvenir &agrave; une paix v&eacute;ritable et durable. Levons les yeux comme l’a fait Marie, la M&egrave;re de tous ceux qui souffrent, et, guid&eacute;s par elle, reprenons la route avec esp&eacute;rance !</p> 
<p>Chers fr&egrave;res et sœurs ! Merci de tout cœur ! Restons unis dans la pri&egrave;re et dans la communion dans le Christ et dans la sainte &Eacute;glise.</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Message du Saint-Père aux prêtres à l’occasion de la Journée pour la sanctification sacerdotale (12 juin 2026)]]></title><pubDate>Fri, 12 Jun 2026 12:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/messages/pont-messages/2026/documents/20260612-messaggio-santificazione-sacerdotale.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/messages/pont-messages/2026/documents/20260612-messaggio-santificazione-sacerdotale.html</guid><description><![CDATA[<!-- Fri, 12 Jun 2026 12:02:24 +0200 --> <p><i>Tr&egrave;s chers fr&egrave;res pr&ecirc;tres,</i></p> 
<p>en ce jour o&ugrave; l’&Eacute;glise contemple le Cœur transperc&eacute; de son Seigneur, d’o&ugrave; jaillit une source in&eacute;puisable de paix et d’unit&eacute; pour tout le genre humain, j’adresse d’abord &agrave; moi-m&ecirc;me et &agrave; vous tous les paroles que Dieu a dites au peuple d’Isra&euml;l : &laquo; Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint &raquo; (<i>Lv</i> 19, 2 ; cf. <i>1 P</i> 1, 16). Cet appel divin traverse les si&egrave;cles, r&eacute;sonnant encore aujourd’hui avec force pour chaque croyant et, d’une mani&egrave;re particuli&egrave;rement exigeante, pour nous, pr&ecirc;tres. La saintet&eacute; n’est pas une option parmi d’autres ni un id&eacute;al abstrait : elle met en jeu l’identit&eacute; m&ecirc;me de toute personne qui veut participer &agrave; la vie du Ressuscit&eacute;.</p> 
<p><i>La saintet&eacute; est une participation au myst&egrave;re du Christ</i></p> 
<p>Dieu nous invite &agrave; participer &agrave; sa propre saintet&eacute;. Lorsqu’il nous appelle &agrave; &ecirc;tre saints parce que Lui est saint, il nous montre le chemin &agrave; suivre : nous laisser modeler selon son Cœur. Et pour nous, tr&egrave;s chers fr&egrave;res, cet appel est particuli&egrave;rement radical. Le Seigneur a promis : &laquo; Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur, qui vous guideront avec science et intelligence &raquo; (<i>Jr</i> 3, 15). La saintet&eacute; qui nous est demand&eacute;e est un abandon confiant : nous laisser transformer par son Saint-Esprit. Et pourtant, c’est pr&eacute;cis&eacute;ment l&agrave; qu’appara&icirc;t le grand paradoxe de notre vie sacerdotale : nous sommes appel&eacute;s &agrave; participer &agrave; la saintet&eacute; m&ecirc;me de Dieu, mais nous portons ce tr&eacute;sor dans des vases d’argile (cf. <i>2 Co</i> 4, 7), nous sommes limit&eacute;s et imparfaits, souvent marqu&eacute;s par des faiblesses et des fatigues, parfois par des blessures. Comment un cœur humain, si vuln&eacute;rable, peut-il r&eacute;pondre &agrave; un appel si &eacute;lev&eacute; ? Le pr&ecirc;tre vit cette tension, mais il sait o&ugrave; trouver la paix : dans le c&ocirc;t&eacute; ouvert du Seigneur J&eacute;sus.</p> 
<p><i>Un chemin d’union</i></p> 
<p>L’union de notre cœur avec le Cœur du Christ n’est pas une exp&eacute;rience r&eacute;serv&eacute;e &agrave; quelques &eacute;lus, mais un chemin sacramentel, eucharistique, qui se r&eacute;alise au quotidien. Tr&egrave;s chers fr&egrave;res, lors de notre ordination, nous avons &eacute;t&eacute; configur&eacute;s au Christ, mais il convient de raviver sans cesse en nous le don de la gr&acirc;ce par la c&eacute;l&eacute;bration quotidienne de l’Eucharistie, la pri&egrave;re, la m&eacute;ditation de la Parole de Dieu et le service humble envers nos fr&egrave;res et sœurs. Restons unis au Christ en tout : dans ce que nous faisons et dans ce qui nous arrive au quotidien. Alors la saintet&eacute;, recherch&eacute;e en vain par des efforts isol&eacute;s, se r&eacute;v&eacute;lera pour ce qu’elle est : une r&eacute;ponse &agrave; la gr&acirc;ce qui nous pr&eacute;c&egrave;de, nous soutient, nous transfigure. Il n’y a pas, en effet, de s&eacute;parations dans notre humanit&eacute;. La pri&egrave;re, le minist&egrave;re, les relations, la fatigue, les joies et les &eacute;checs, m&ecirc;me le temps apparemment perdu ou l’amour qui semble gaspill&eacute;, tout devient un lieu privil&eacute;gi&eacute; o&ugrave; se r&eacute;v&egrave;le Dieu et son amour infini.</p> 
<p>Le pr&ecirc;tre au cœur int&egrave;gre, simple et pur, est contemplatif au beau milieu de l’action, mis&eacute;ricordieux, fid&egrave;le dans l’&eacute;preuve, joyeux dans le don de soi. Le monde a grand besoin de pasteurs qui n’offrent pas seulement des paroles ou des programmes, mais le t&eacute;moignage vivant d’un cœur r&eacute;concili&eacute;, r&eacute;pandant le bon parfum de la saintet&eacute; du Christ. Une vie sacerdotale solide et configur&eacute;e au Cœur de J&eacute;sus est un signe cr&eacute;dible d’unit&eacute;, de paix et de mis&eacute;ricorde. Ainsi, en une &eacute;poque marqu&eacute;e par les divisions et les peurs, nous pouvons &ecirc;tre des artisans de paix, des t&eacute;moins de la tendresse du Bon Pasteur, qui sait rassembler ceux qui sont dispers&eacute;s et soigner ceux qui sont bless&eacute;s, et notre z&egrave;le n’est pas de l’agitation, mais le d&eacute;bordement d’un amour qui &laquo; est extase, sortie, don, rencontre &raquo; (Fran&ccedil;ois, Lettre encyclique <i><a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/20241024-enciclica-dilexit-nos.html">Dilexit nos</a></i>, n.&nbsp;28).</p> 
<p><i>Le Cœur du Christ est le cœur des saints</i></p> 
<p>La r&eacute;ponse &agrave; la vocation &agrave; la saintet&eacute; ne r&eacute;side pas tant dans l’effort d’asc&egrave;se et de perfection, bien que n&eacute;cessaire, mais dans l’adh&eacute;sion confiante &agrave; l’amour r&eacute;v&eacute;l&eacute; dans le Cœur transperc&eacute; de J&eacute;sus. L’ap&ocirc;tre Jean nous fait contempler le c&ocirc;t&eacute; ouvert du Crucifi&eacute; (cf. <i>Jn</i> 19, 34), dans lequel Dieu nous montre d&eacute;finitivement comment Il est saint : non pas dans la distance inaccessible d’une perfection s&eacute;par&eacute;e, mais dans un amour qui se donne jusqu’&agrave; se laisser blesser et qui peut ainsi devenir source de mis&eacute;ricorde et de vie. Le Sacr&eacute;-Cœur de J&eacute;sus est l’ic&ocirc;ne par excellence de l’amour de Dieu : un amour tout-puissant pr&eacute;cis&eacute;ment parce qu’il est capable de se rendre vuln&eacute;rable, de transformer la souffrance en gr&acirc;ce, la douleur en esp&eacute;rance.</p> 
<p>Ce Cœur b&eacute;ni est donc le “lieu” o&ugrave; la saintet&eacute; se manifeste comme proximit&eacute; et tendresse. La saintet&eacute; du pr&ecirc;tre peut alors s’exprimer dans une proximit&eacute; humble et courageuse, en &eacute;tant de tous et pour tous, en gardant ouverte la porte de l’enclos afin que beaucoup puissent entrer et trouver p&acirc;turage et repos (cf. <i>Jn</i> 10, 9). C’est pourquoi il nous est demand&eacute; une relation avec Dieu qui ne nous &eacute;loigne pas des hommes, mais qui nous rende proches de tous, qui fa&ccedil;onne en nous des cœurs patients, tendres, capables de proximit&eacute;, de compassion et d’&eacute;coute. Ainsi, l’union de notre cœur imparfait avec le Cœur transperc&eacute; de J&eacute;sus, r&eacute;alise notre chemin de saintet&eacute;. Ce n’est plus nous qui vivons, mais le Christ qui vit en nous (cf. <i>Gal</i> 2, 20). Une telle saintet&eacute; ne se vit pas tout seul. Prenez soin de la fraternit&eacute; sacerdotale : recherchez-vous, &eacute;coutez-vous, soutenez-vous. Le pr&ecirc;tre qui s’isole s’&eacute;teint peu &agrave; peu ; le pr&ecirc;tre qui marche avec ses fr&egrave;res grandit. Saint Augustin nous le rappelle encore : &laquo; Comment ne pas nous retrouver dans les t&eacute;n&egrave;bres ? En aimant nos fr&egrave;res. Quelle est la preuve que nous aimons nos fr&egrave;res ? Celle-ci : que nous ne rompions pas l’unit&eacute; et que nous observions la charit&eacute; &raquo; (<i>In Epist. Io. ad Parthos</i> II, 3).</p> 
<p>Tr&egrave;s chers pr&ecirc;tres, renouvelez chaque jour votre “me voici” devant le Cœur transperc&eacute; du Christ. Abandonnez-vous totalement &agrave; Lui, afin de pouvoir aimer son peuple de l’amour m&ecirc;me dont Il l’aime. Et rappelez-vous avec joie, comme aimait &agrave; le r&eacute;p&eacute;ter le Saint Cur&eacute; d’Ars, que &laquo; le sacerdoce, c’est l’amour du Cœur de J&eacute;sus &raquo; (cf. Beno&icirc;t XVI, <i><a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/letters/2009/documents/hf_ben-xvi_let_20090616_anno-sacerdotale.html">Lettre pour la proclamation de l’Ann&eacute;e sacerdotale</a></i> [16 juin 2009], 569). Cet amour est le gage et la garantie que rien de nous ne sera perdu, si tout de nous est remis et offert. Je vous confie tous et chacun &agrave; la Vierge Marie, M&egrave;re des pr&ecirc;tres. Elle qui a gard&eacute; dans son cœur le myst&egrave;re de son Fils, qu’elle nous enseigne &agrave; garder et &agrave; faire battre en nous le Cœur du Christ, Sauveur du monde.</p> 
<p><i>12 juin 2026, solennit&eacute; du Sacr&eacute;-Cœur de J&eacute;sus.</i></p> 
<p style="text-align: center;">L&Eacute;ON PP. XIV</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Voyage apostolique en Espagne : Rencontre avec les organisations d'intégration des migrants sur la Plaza del Cristo de La Laguna (Tenerife, 12 juin 2026)]]></title><pubDate>Fri, 12 Jun 2026 10:10:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260612-spagna-migranti-integrazione.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260612-spagna-migranti-integrazione.html</guid><description><![CDATA[<!-- Sat, 13 Jun 2026 10:13:36 +0200 --> <p><i>Chers fr&egrave;res et sœurs,</i></p> 
<p>c’est un plaisir pour moi de partager ce moment avec vous ici, &agrave; San Crist&oacute;bal de La Laguna, si&egrave;ge de ce dioc&egrave;se. J’ai &eacute;t&eacute; frapp&eacute; par ce qu’on dit de cette ville&nbsp;: c’est une ville sans murailles, une ville ouverte.</p> 
<p>Peut-&ecirc;tre ce d&eacute;tail nous aidera-t-il &agrave; comprendre que les barri&egrave;res les plus difficiles &agrave; abattre ne sont pas toujours faites de pierre. Parfois, elles se trouvent dans le regard, dans la peur ou dans l’indiff&eacute;rence. Entourant ces &icirc;les, la mer nous livre des histoires que nous ne savons pas toujours d&eacute;chiffrer&nbsp;: des histoires de douleur, d’espoir et de qu&ecirc;te. Dans une ville sans murailles, le cœur, lui aussi, est convi&eacute; &agrave; s’ouvrir pour les accueillir. Voil&agrave; pourquoi nous devons apprendre le langage de la proximit&eacute;, celui qui se passe des mots pour s’exprimer par les mains</p> 
<p>Le braille et d’autres formes d’&eacute;criture tactile nous rappellent que La parole peut &eacute;galement trouver son chemin par le toucher. De m&ecirc;me, l’int&eacute;gration exige d’apprendre &agrave; lire autrement. Il y a des regards qui voient et pourtant ne reconnaissent pas&nbsp;; ils transforment un visage en chiffre, une histoire en dossier et une diff&eacute;rence en distance. C’est pourquoi l’&Eacute;vangile nous &eacute;duque &agrave; une lecture plus profonde de la r&eacute;alit&eacute;&nbsp;: celle qui na&icirc;t de la proximit&eacute;, de la patience et de mains capables d’aider, d’accompagner, d’orienter, d’enseigner et d’ouvrir des chemins.</p> 
<p>Dans les œuvres d’int&eacute;gration de nos fr&egrave;res – comme dans toute œuvre de charit&eacute; – l’&Eacute;glise apprend &agrave; lire dans la vie concr&egrave;te de ceux qui souffrent dans leur corps ou dans leur esprit un signe vivant qui renvoie aux saints &Eacute;vangiles et qui devient lisible au toucher et par la proximit&eacute;, lorsque nous touchons les blessures des autres. Comme Thomas devant le corps glorieux du Ressuscit&eacute;, l’&Eacute;glise apprend aussi que, par le regard de la foi, les blessures se transforment en lieux de reconnaissance&nbsp;: l&agrave; o&ugrave; la douleur humaine est touch&eacute;e par l’amour, le Christ nous confirme Sa pr&eacute;sence &agrave; travers le visage de celui qui a faim, qui a soif, qui est nu, malade, prisonnier ou &eacute;tranger (cf.&nbsp;<i>Mt</i>&nbsp;25, 35-40). De cette foi qui reconna&icirc;t le Christ vivant na&icirc;t &eacute;galement l’engagement du P&egrave;re Darwin, ainsi que celui de tant d’autres personnes. La charit&eacute; chr&eacute;tienne jaillit de l’amour de Dieu r&eacute;pandu dans le cœur du croyant. C’est pourquoi, devant celui qui est dans le besoin, la foi devient concr&egrave;te et l’amour pour le Christ se transforme en gestes.</p> 
<p>Avec cette conviction, notre pr&eacute;sence veut t&eacute;moigner que plus qu’une œuvre de philanthropie ou une concession fortuite, la solidarit&eacute; s’enracine dans la reconnaissance de la dignit&eacute; humaine. Elle est appel&eacute;e &agrave; s’engager et &agrave; prendre la forme d’un processus. L’accueil ouvre la porte&nbsp;; l’int&eacute;gration aide &agrave; franchir le seuil. L’assistance apporte un baume &agrave; la blessure et l’int&eacute;gration reconstruit l’avenir.</p> 
<p>Int&eacute;grer ne signifie pas effacer l’histoire de celui qui arrive ni exiger qu’il abandonne tout ce qui fait partie de sa m&eacute;moire. Cela ne signifie pas non plus cr&eacute;er des mondes parall&egrave;les ferm&eacute;s les uns aux autres, o&ugrave; les gens vivent ensemble sans vraiment se rencontrer. L’int&eacute;gration est un chemin r&eacute;ciproque&nbsp;: celui qui arrive apprend &agrave; habiter une terre nouvelle, et celui qui re&ccedil;oit apprend &agrave; agrandir sa maison, sans jamais diluer son identit&eacute; ni fermer son cœur &agrave; l’alt&eacute;rit&eacute;. Chers fr&egrave;res migrants, il vous revient une part noble et n&eacute;cessaire de ce chemin&nbsp;: vous ouvrir avec confiance &agrave; la communaut&eacute; qui vous accueille, apprendre sa langue, respecter ses lois, conna&icirc;tre ses coutumes, participer &agrave; la vie commune et offrir avec gratitude vos dons.</p> 
<p>Toute soci&eacute;t&eacute; qui accueille a des devoirs envers ceux qui arrivent&nbsp;; et celui qui est accueilli d&eacute;couvre aussi que la dignit&eacute; reconnue comme un droit s’&eacute;panouit quand elle devient responsabilit&eacute; et d&eacute;sir sinc&egrave;re de construire avec les autres. Ainsi, celui qui est arriv&eacute; comme &eacute;tranger peut retrouver des liens, reconstruire la confiance et se sentir partie vivante d’une communaut&eacute;. C’est une forme pr&eacute;cieuse de mis&eacute;ricorde.</p> 
<p>Nous parlons avant tout de personnes cr&eacute;&eacute;es &agrave; l’image et &agrave; la ressemblance de Dieu, plut&ocirc;t que de cat&eacute;gories juridiques ou de probl&egrave;mes &agrave; g&eacute;rer. Apr&egrave;s des voyages difficiles et, parfois, plusieurs tentatives – comme dans le cas de Khalid –, ils cherchent quelqu’un pour leur dire, par les gestes avant les mots&nbsp;: votre vie n’est pas un rebut, votre souffrance n’est pas invisible, votre dignit&eacute; n’a pas &eacute;t&eacute; d&eacute;sagr&eacute;g&eacute;e dans les eaux que vous avez travers&eacute;es – comme nous l’exprimait Mbacke. Mais ils cherchent aussi quelque chose de plus&nbsp;: une possibilit&eacute; concr&egrave;te de recommencer, d’apprendre, de travailler, de servir, de participer, de ne pas rester enferm&eacute;s pour toujours dans la condition de victimes.</p> 
<p>Dans cette perspective, je d&eacute;sire remercier Mgr Eloy pour ses paroles&nbsp;; elles sont pour nous le t&eacute;moignage d’une &Eacute;glise qui, m&ecirc;me avec des moyens limit&eacute;s, veut “marcher avec ceux qui marchent”. Merci &agrave; la Caritas dioc&eacute;saine, &agrave; la D&eacute;l&eacute;gation dioc&eacute;saine de Migrations, aux paroisses et &agrave; tant de r&eacute;alit&eacute;s eccl&eacute;siales et civiles qui d&eacute;passent la simple urgence pour accompagner les d&eacute;marches de protection, de promotion et d’int&eacute;gration. Merci d’avoir rendu possible que celui qui un jour a &eacute;t&eacute; accompagn&eacute; puisse devenir – comme nous le rappelait Thalia – un pont pour les autres, en rendant l’amour re&ccedil;u. Lorsque celui qui a eu besoin d’une main commence &agrave; tendre la sienne, la charit&eacute; re&ccedil;ue se transforme en responsabilit&eacute; partag&eacute;e.</p> 
<p>En m&ecirc;me temps, nous ne pouvons pas oublier les nombreux migrants qui, originaires d’Am&eacute;rique latine, des Philippines et d’autres r&eacute;gions du monde, font d&eacute;j&agrave; partie vivante de la communaut&eacute; et, par leur foi, leur travail et leurs dons, aident &agrave; la renouveler. Laissez-vous aussi &eacute;vang&eacute;liser par eux, car ils apportent s&ucirc;rement avec eux des dons que la Providence a voulu vous faire parvenir &agrave; travers ceux qui s’int&egrave;grent. Ils se rappellent que s’int&eacute;grer, c’est ouvrir un espace pour qu’une personne puisse se sentir coresponsable. Ainsi, l’&eacute;tranger d’hier peut &ecirc;tre le fr&egrave;re et le voisin d’aujourd’hui.</p> 
<p>Je voudrais demander aux catholiques quelque chose de plus&nbsp;: que l’int&eacute;gration ne soit pas r&eacute;duite &agrave; une t&acirc;che sociale, aussi n&eacute;cessaire soit-elle. Celui qui arrive dans nos paroisses a besoin de pain, de toit, de langue, de travail et de protection. Cependant il doit trouver une communaut&eacute; capable d’offrir, par le t&eacute;moignage de la vie et de la parole, des chemins pour conna&icirc;tre J&eacute;sus-Christ, en respectant toujours la conscience et la libert&eacute; de chaque personne. &Eacute;vang&eacute;liser, c’est partager avec respect et humilit&eacute; le tr&eacute;sor qui soutient notre action et notre esp&eacute;rance. Une &Eacute;glise qui accueille est aussi une &Eacute;glise qui annonce, en offrant le Christ sans l’imposer et qui, dans le m&ecirc;me temps, re&ccedil;oit l’&Eacute;vangile des mains des pauvres.</p> 
<p>Une conscience humaine, et plus encore une conscience chr&eacute;tienne, ne peut rester indiff&eacute;rente aux victimes des naufrages et du manque d’aide, &agrave; ces cimeti&egrave;res de la mer. Chaque vie perdue sur ces routes est un &eacute;chec pour la famille humaine. Mais il existe aussi un naufrage silencieux apr&egrave;s l’arriv&eacute;e&nbsp;: rester seul dans une ville, sans la langue, sans les liens, sans le travail, sans la confiance et expos&eacute; &agrave; ceux qui profitent de la vuln&eacute;rabilit&eacute;. Int&eacute;grer, c’est emp&ecirc;cher ce deuxi&egrave;me naufrage. C’est aider celui qui est arriv&eacute; bless&eacute; &agrave; ne pas rester &eacute;ternellement prisonnier de sa douleur, mais &agrave; se remettre sur pied, reconna&icirc;tre ses dons et les offrir &agrave; la communaut&eacute;.</p> 
<p>Depuis cette place, je tiens &agrave; adresser un message clair &agrave; ceux qui exploitent le d&eacute;sespoir&nbsp;; &agrave; ceux qui organisent des routes de la mort, font du trafic d’&ecirc;tres humains, retiennent des documents, exploitent les travailleurs, menacent les femmes, trompent les familles et transforment la souffrance des autres en affaire. Arr&ecirc;tez-vous. Convertissez-vous (cf.&nbsp;<i>Mc&nbsp;</i>1, 15). Les larmes et le sang de ces fr&egrave;res crient &agrave; Dieu et leurs souffrances arrivent jusqu’&agrave; Lui (cf.&nbsp;<i>Gn</i>&nbsp;4, 10&nbsp;;&nbsp;<i>Ex</i>&nbsp;3, 7-9). L’argent arrach&eacute; &agrave; la vuln&eacute;rabilit&eacute; des pauvres ne donnera ni paix, ni honneur, ni avenir (cf.&nbsp;<i>Jr</i>&nbsp;22,13&nbsp;;&nbsp;<i>Jc</i>&nbsp;5, 1-6).</p> 
<p>Pour chaque vie perdue, chaque famille tromp&eacute;e, chaque corps soumis, chaque femme menac&eacute;e, chaque travailleur exploit&eacute;, ils devront compara&icirc;tre devant la justice divine (cf.&nbsp;<i>2 Co</i>&nbsp;5, 10). Brisez ces cha&icirc;nes et affranchissez ceux qui sont sous le joug (cf.&nbsp;<i>Is</i>&nbsp;58, 6). Restituez ce qui a &eacute;t&eacute; pris et faites r&eacute;paration d&egrave;s que possible. Revenez pendant qu’il est encore temps, car la mis&eacute;ricorde de Dieu peut atteindre m&ecirc;me le p&eacute;cheur le plus endurci, mais elle n’entre que par la porte &eacute;troite de la v&eacute;rit&eacute;, de la justice et de la conversion (cf.&nbsp;<i>Ez&nbsp;</i>33, 11).</p> 
<p>Fr&egrave;res et sœurs, la peur, l’indiff&eacute;rence et la violence de ceux qui font commerce de la vie humaine n’auront jamais le dernier mot. Le dernier mot appartient au Christ qui s’identifie avec l’&eacute;tranger, touche les blessures de l’humanit&eacute; et nous appelle &agrave; le reconna&icirc;tre dans chaque fr&egrave;re qui a besoin d’&ecirc;tre accueilli, prot&eacute;g&eacute;, promu et int&eacute;gr&eacute;.&nbsp;<i>Levons les yeux vers Lui</i>, sans nous d&eacute;tourner de ceux qui souffrent&nbsp;; regardons le Seigneur pour apprendre &agrave; regarder nos fr&egrave;res avec ses yeux.</p> 
<p>La Sainte Famille de Nazareth, qui a d&ucirc; &eacute;migrer en &Eacute;gypte pour prot&eacute;ger la vie de l’Enfant J&eacute;sus (cf.&nbsp;<i>Mt</i>&nbsp;2, 13-15), reste pour tous les temps le mod&egrave;le et la protection de chaque famille r&eacute;fugi&eacute;e, de tout migrant et de toute personne contrainte &agrave; quitter sa terre par peur, pers&eacute;cution ou besoin (cf. Pie XII, Const. ap.&nbsp;<i><a href="https://www.vatican.va/content/pius-xii/la/apost_constitutions/documents/hf_p-xii_apc_19520801_exsul-familia.html">Exsul Familia</a></i>). Qu’elle soutienne le service que vous offrez et fasse de cette terre un lieu o&ugrave; tous se reconnaissent et se traitent comme des fr&egrave;res. Dieu vous b&eacute;nisse. Merci beaucoup.</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Voyage apostolique en Espagne : Rencontre avec les migrants du Centre « Las Raíces » (Tenerife, 12 juin 2026)]]></title><pubDate>Fri, 12 Jun 2026 09:30:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260612-spagna-migranti.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260612-spagna-migranti.html</guid><description><![CDATA[<!-- Fri, 12 Jun 2026 17:50:20 +0200 --> <p><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260612-spagna-migranti.html#discours"><b>Discours du Saint-P&egrave;re</b></a></p> 
<p><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260612-spagna-migranti.html#mots">Mots improvis&eacute;s depuis le balcon de l’&eacute;v&ecirc;ch&eacute; de San Crist&oacute;bal de La Laguna (Tenerife)</a></b></p> 
<p><i>_________________________</i></p> 
<p><i><a name="discours"></a>Chers fr&egrave;res et sœurs : Bonjour !</i></p> 
<p>Je remercie Madame la Ministre ainsi que le Directeur de ce Centre pour leurs paroles chaleureuses.</p> 
<p>Aujourd’hui, l’&Eacute;glise c&eacute;l&egrave;bre la solennit&eacute; du Sacr&eacute;-Cœur de J&eacute;sus, qui exprime pour les chr&eacute;tiens l’amour mis&eacute;ricordieux et infini de Dieu pour chaque &ecirc;tre humain. Dans ce contexte, il est providentiel que nous puissions nous rencontrer, nous voir et surtout savoir qu’au-del&agrave; de nos origines, l’amour de Dieu ne conna&icirc;t pas de fronti&egrave;res, ne fait pas de distinctions, se donne &agrave; tous et nous rassemble dans l’unit&eacute;.</p> 
<p>En voyant vos visages, en &eacute;coutant vos t&eacute;moignages, je pense aussi &agrave; vos cœurs, bless&eacute;s par tant de difficult&eacute;s mais aussi consol&eacute;s par l’amour re&ccedil;u gr&acirc;ce &agrave; d’autres cœurs ouverts, g&eacute;n&eacute;reux et mis&eacute;ricordieux. Le Cœur du Christ a souffert et a &eacute;t&eacute; transperc&eacute; par amour&nbsp;; il a aussi &eacute;t&eacute; r&eacute;confort&eacute; par des personnes compatissantes qui se sont approch&eacute;es pour soulager sa douleur.</p> 
<p>Pour expliquer l’universalit&eacute; de l’amour, J&eacute;sus prend pour exemple la bonne action d’un homme appartenant &agrave; un autre peuple et d’une autre religion, qui a piti&eacute; d’une personne bless&eacute;e et maltrait&eacute;e (cf. Lc 10, 25-37). Motiv&eacute;s par cet amour de Dieu, qui nous aide &agrave; gu&eacute;rir les blessures et &agrave; faire preuve de charit&eacute; envers ceux qui souffrent, saint Hermano Pedro et saint Jos&eacute; d’Anchieta partirent de ces &icirc;les Canaries pour annoncer l’&Eacute;vangile en Am&eacute;rique, ouvrant ainsi de nouveaux horizons missionnaires. Eux aussi &eacute;taient des migrants partis vers l’inconnu, emportant pour seuls bagages la foi, l’esp&eacute;rance et la charit&eacute;.</p> 
<p>Sur ces terres inconnues, ces saints migrants et missionnaires ont su donner ce qu’ils avaient, tout en accueillant ce qui leur &eacute;tait offert. Je vous invite &eacute;galement &agrave; faire don du tr&eacute;sor d’humanit&eacute;, de r&ecirc;ves et de culture que vous avez apport&eacute; &agrave; ces &icirc;les, et &agrave; &ecirc;tre ouverts &agrave; ce qui vous est offert. Nous devons vivre cet &eacute;change avec responsabilit&eacute;, en pensant &agrave; l’avenir des g&eacute;n&eacute;rations futures, auxquelles nous voulons l&eacute;guer l’h&eacute;ritage d’une civilisation de l’amour, o&ugrave; les migrations ont un message important &agrave; communiquer, car &laquo; elles peuvent devenir une occasion de rencontres et d’enrichissement mutuel entre les peuples &raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html#Le_principe_de_la_justice_sociale">Magnifica humanitas</a></i>, n. 81).</p> 
<p>Chers fr&egrave;res et sœurs, nous sommes tous, d’une certaine mani&egrave;re, des migrants ; nous sommes tous des p&egrave;lerins en route vers la patrie c&eacute;leste. Aidons-nous les uns les autres &agrave; faire de cette travers&eacute;e un lieu plus humain pour tous, en apportant chacun ce que nous pouvons. &Agrave; cet &eacute;gard, je remercie le Gouvernement, les diff&eacute;rentes institutions et tant d’hommes et de femmes de bonne volont&eacute; pour leur collaboration qui rend possible cette aide humanitaire concr&egrave;te en redonnant espoir et dignit&eacute; &agrave; tant de personnes.</p> 
<p>Le nom de ce centre d’accueil, <i>Las Ra&iacute;ces</i> (Les Racines), a retenu mon attention. Mon pr&eacute;d&eacute;cesseur, le cher <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr.html">Pape Fran&ccedil;ois</a>, qui d&eacute;sirait tant &ecirc;tre parmi vous, aimait utiliser l’image des racines pour souligner la n&eacute;cessit&eacute; de ne pas oublier nos origines, de rester unis et de faire confiance au Seigneur. &laquo; Car celui qui se confie au Seigneur “ressemble &agrave; un arbre plant&eacute; au bord des eaux, qui tend ses racines vers le courant, il ne redoute rien quand arrive la chaleur, son feuillage reste vert” (<i>Jr</i> 17,8) &raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20190325_christus-vivit.html">Christus vivit</a></i>, n.133). Que cette image des racines vous aide &eacute;galement &agrave; rester fermement enracin&eacute;s dans le Seigneur (cf. <i>Col</i> 2,7), afin qu’aucune temp&ecirc;te ne puisse vous &eacute;loigner de sa pr&eacute;sence, qui fortifie et donne la vie.</p> 
<p>Chers amis, vous &ecirc;tes dans mon cœur et dans mes pri&egrave;res. Que Dieu vous b&eacute;nisse, qu’il b&eacute;nisse vos familles et tous ceux qui agissent pour votre bien. Et que la Bienheureuse Vierge Marie, Consolation des migrants, vous accompagne et vous vienne toujours en aide par sa protection maternelle. Merci beaucoup!</p> 
<p>_________________________</p> 
<p><b><a name="mots"></a>Mots improvis&eacute;s depuis le balcon de l’&eacute;v&ecirc;ch&eacute; de San Crist&oacute;bal de La Laguna (Tenerife)</b></p> 
<p>Bonjour, bonjour &agrave; tous. Merci beaucoup, merci d’&ecirc;tre ici, merci pour cet accueil si chaleureux. Et surtout, merci pour l’accueil que vous r&eacute;servez &agrave; tous les immigr&eacute;s. Nous voulons tous &ecirc;tre reconnus dans la dignit&eacute; humaine que Dieu nous a donn&eacute;e lorsqu’il nous a cr&eacute;&eacute;s. Nous sommes tous fr&egrave;res et sœurs&nbsp;: certains sont P&eacute;ruviens, d’autres Colombiens, d’autres encore V&eacute;n&eacute;zu&eacute;liens, et d’autres de Tenerife. Nous sommes tous une seule famille. Merci &agrave; Dieu, Il nous a donn&eacute; la vie. Merci &agrave; Dieu, Il nous a donn&eacute; la capacit&eacute; d’aimer et d’&ecirc;tre aim&eacute;s, et c’est en partageant avec les autres que nous d&eacute;couvrons le v&eacute;ritable sens de nos vies. Merci &agrave; tous, nous nous reverrons un tout petit peu plus tard. Merci d’&ecirc;tre l&agrave;, et que Dieu vous b&eacute;nisse&nbsp;: le P&egrave;re, le Fils et le Saint-Esprit. Merci, merci.</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Voyage apostolique en Espagne : Messe au Stade de Gran Canaria (11 juin 2026)]]></title><pubDate>Thu, 11 Jun 2026 18:30:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/homilies/2026/documents/20260611-spagna-messa-gran-canaria.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/homilies/2026/documents/20260611-spagna-messa-gran-canaria.html</guid><description><![CDATA[<!-- Sat, 13 Jun 2026 10:12:28 +0200 --> <p>Chers frères et sœurs, après une journée riche en rencontres et en partage, en célébrant avec vous cette Eucharistie, je tiens avant tout à rendre grâce au Seigneur pour tout le bien qui se fait ici chaque jour, en lui confiant l’engagement de tous et, en même temps, les souffrances dont cette terre est témoin. Je vous invite également à prier ensemble, au cours de cette Sainte Messe, pour les frères et sœurs qui ont perdu la vie en mer.</p>
<p>Nous portons tout cela à l’Autel avec le pain et le vin, alors que nous entrons, par la célébration vespérale de la Vigile, dans la solennité du Sacré-Cœur de Jésus, auquel toute l’Espagne est consacrée. Demandons au Seigneur qu’en ce moment soient vivants en nous les mêmes sentiments d’humanité, de miséricorde et de compassion que ceux du Cœur du Sauveur.</p>
<p>Nous nous laissons guider, dans notre méditation, par les lectures que nous venons d’entendre.</p>
<p>Dans la première, Dieu rappelle aux Israélites la gratuité avec laquelle Il les a aimés. Il les a choisis non pas parce qu’ils avaient des privilèges, des dons ou des mérites particuliers, mais par pur amour (cf. <i>Dt</i> 7, 7-&nbsp;9), et Il continuera à les aimer toujours, même lorsqu’à cause de leur cœur endurci, ils ne correspondront pas à ses sentiments.</p>
<p>Telle est la charité de Dieu dans laquelle plonge ses racines notre vocation à l’amour, qui n’est pas fondée sur le calcul, ni sur le simple sentiment, n’est pas réductible à une simple philanthropie, mais qui envahit notre être tout entier: feu pour l’âme, lumière pour l’esprit, élan irrésistible pour la liberté, paix et en même temps tourment pour le cœur qui bat à l’unisson avec d’autres cœurs, impliquant toute la personne. Car aimer est inhérent à l’homme, mieux encore, c’est la condition de la plénitude de son existence même.</p>
<p>C’est ainsi que l’amour nous est révélé dans l’humanité du Sauveur et dans les mouvements de son Très Saint Cœur: immuable et fidèle même face à l’incompréhension et au rejet, à la peur, à la tristesse et à la résistance humaine (cf. <i>Lc</i> 22, 39-46).</p>
<p>Et c’est dans ce visage de Dieu toujours “amoureux”, qui aspire totalement et constamment à notre bien et à notre pleine félicité, que nous reconnaissons le chemin de la vie, en apprenant une nouvelle manière d’exister et d’entrer en relation, un critère différent pour évaluer les décisions, un style renouvelé et stimulant de faire communion. À cet égard, le Pape François, parlant de la charité du Christ, disait que «la meilleure réponse à l’amour de son Cœur est l’amour pour nos frères» (<i>Dilexit nos</i>, n. 167) et il ajoutait: «il n’y a pas d’acte plus grand que nous puissions offrir pour Lui rendre amour pour amour» (<i>ibid</i>.). «Rendre l’amour pour l’amour»: tel est le merveilleux échange, l’«<i>admirabile commercium</i>» (cf. <i>Premières Vêpres de la Solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu</i>, première antienne) par lequel l’Évangile nous invite à nous laisser attirer, en traduisant la mesure infinie de l’amour de Dieu dans la générosité avec laquelle nous le servons chaque jour dans les frères et sœurs qu’Il met Lui-même sur notre chemin. En particulier ceux qui sont les plus démunis, les plus sans défense, incapables de rendre quoi que ce soit en échange (cf. <i>Lc&nbsp; </i>6, 32-36). C'est précisément le cas sur cette île, avec l'accueil, le partage, le don désintéressé.</p>
<p>La gratuité du Cœur du Christ, cependant, ne se limite pas à cela. Elle va plus loin, en s’engageant à aider chacun non seulement à survivre, mais aussi à retrouver la confiance et à reprendre le chemin, afin de grandir et de s’épanouir pleinement dans son unicité, pour le bien de tous. À ce propos, le Pape Benoît XVI écrivait que la charité «dont Jésus-Christ s’est fait le témoin par sa vie terrestre […] est la principale force motrice du développement authentique de chaque personne et de toute l’humanité» (<i>Caritas in veritate</i>, n. 1).</p>
<p>Dans la deuxième lecture, saint Jean nous a rappelé que «Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui» (<i>1 Jn</i> 4, 9). Ses paroles évoquent celles de Jésus disant qu’il était venu pour que nous ayons la vie et la vie en abondance (cf. <i>Jn</i> 10,10), et ordonnant au paralytique guéri: «Lève-toi, prends ton lit et marche» (<i>Mc</i> 2,9). Dans ces paroles, nous reconnaissons l’invitation à embrasser avec tendresse maternelle celui qui souffre, mais aussi à préparer et à encourager celui qui est blessé à se lever et à se remettre en marche, pour une vie libre et digne.</p>
<p>En effet, notre charité ne doit pas se limiter à une simple assistance, mais intégrer les personnes, pour leur pleine réalisation — spirituelle, intellectuelle et physique — et leur insertion digne et constructive dans la communauté (cf. <i>Fratelli tutti</i>, n. 129). Ce n’est qu’ainsi que nos rencontres, même face à des événements difficiles et douloureux, deviendront l’occasion de semer des graines d’espérance sur le chemin de l’humanité vers un avenir meilleur.</p>
<p>Mais je voudrais m’arrêter, à la lumière de la Parole de Dieu que nous avons écoutée, sur une dernière caractéristique du Cœur du Christ: l’humilité (cf. <i>Mt</i> 11, 29). Le Cœur de Jésus est humble, et c’est pourquoi les “savants” et les “sages”, c’est-à-dire ceux qui ont la prétention de se suffire à eux-mêmes, de tout savoir, de n’avoir besoin ni de Dieu ni des autres, n’entendent pas ses battements. À ceux-là, en effet, étourdis par le vacarme d’un “moi” ampoulé, omniprésent et agité, il manque le silence nécessaire pour écouter en eux-mêmes et chez leurs frères le battement caché de l’amour.</p>
<p>«Il n’est pas rare que le bien-être nous rende aveugles, au point de penser que notre bonheur ne peut se réaliser que si nous parvenons à nous passer des autres» (<i>Dilexi te</i>, n. 108). Jésus, pour sa part, nous enseigne le contraire: pour goûter à la véritable joie de la vie, qui réside dans l’amour, il faut descendre des piédestaux de l’arrogance qui divise, pour nous retrouver dans l’humilité qui nous rassemble.</p>
<p>Saint Augustin disait: «Là où est la charité, là est la paix, et là où est l’humilité, là est la charité» (<i>Sur la première lettre de saint Jean aux Parthes</i>, Prologue). Il en est ainsi. Là où il y a une authentique humilité, il y a l’amour, et là où il y a l’amour, il y a la paix, car ce n’est que dans l’humilité que nous savons vraiment qui nous sommes et que, par conséquent, nous pouvons nous aimer, nous rencontrer, nous donner et nous pardonner dans la vérité.</p>
<p>Chers frères et sœurs, aujourd’hui nous adorons le Sacré-Cœur de Jésus, un cœur que nous représentons souvent couronné d’épines et embrasé d’une flamme, selon les visions qu’a reçues sainte Marguerite-Marie Alacoque. Rappelons-nous que nous sommes la présence vivante du Seigneur dans le monde (cf. <i>Lumen gentium</i>, n. 8). C’est pourquoi, regardons-nous les uns les autres, non seulement en ce jour, mais toujours, avec respect et confiance, et renouvelons, dans cette conscience, l’engagement de réaliser en nous, dans la charité, ce qui manque aux souffrances du Christ pour le bien de l’Église (cf. <i>Col </i>1, 24). Enflammés par la charité de son Cœur, soyons porteurs de sa miséricorde et de sa paix, afin que cessent les guerres dans le monde et qu’une nouvelle humanité, réconciliée dans l’amour, grandisse autour de nous.</p>
]]></description></item><item><title><![CDATA[Voyage apostolique en Espagne : Rencontre avec les évêques, les prêtres, les diacres, les religieux et religieuses, les séminaristes et les agents pastoraux dans la Cathédrale Sainte-Anne (Las Palmas de Gran Canaria, 11 juin 2026)]]></title><pubDate>Thu, 11 Jun 2026 13:30:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260611-spagna-chiesa.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260611-spagna-chiesa.html</guid><description><![CDATA[<!-- Thu, 11 Jun 2026 16:21:52 +0200 --> <p><i>Chers fr&egrave;res &eacute;v&ecirc;ques,<br /> chers pr&ecirc;tres,<br /> religieux et religieuses,<br /> fr&egrave;res et sœurs, tous, en J&eacute;sus-Christ,</i></p> 
<p>C’est une grande joie pour moi de pouvoir partager cette rencontre avec vous. Merci pour cet accueil chaleureux, pour votre pr&eacute;sence affable et vos t&eacute;moignages, qui sont le reflet d’une &Eacute;glise vivante, au cœur de laquelle r&eacute;sonnent &laquo;les joies et les esp&eacute;rances, les tristesses et les angoisses des hommes de notre temps, surtout des pauvres et de tous ceux qui souffrent&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html">Gaudium et spes</a></i>, n. 1).</p> 
<p>Je viens sur ces &icirc;les comme P&egrave;re et fr&egrave;re dans la foi: “avec vous, je suis chr&eacute;tien et pour vous, &eacute;v&ecirc;que” (cf. Premi&egrave;re b&eacute;n&eacute;diction<i>&nbsp;Urbi et Orbi</i>, 8 mai 2025). Chacun de nous a re&ccedil;u divers dons et minist&egrave;res pour l’&eacute;dification du corps du Christ, comme nous l’avons entendu dans la lecture de la Lettre aux &Eacute;ph&eacute;siens. Et tel est l’appel du Seigneur qui, aujourd’hui, r&eacute;sonne &agrave; nouveau dans nos cœurs et confirme notre vocation et notre mission: construire ensemble l’&Eacute;glise en nous fondant sur le Christ, la “pierre angulaire” (cf.&nbsp;<i>1 P</i>&nbsp;2, 6-8), &eacute;difier dans le bien, harmoniser nos diff&eacute;rences et travailler de concert pour le bien de tous (cf.&nbsp;<i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html#%C3%89difier_dans_le_bien">Magnifica humanitas</a></i>, nn. 11-14).</p> 
<p>Je voudrais que nous r&eacute;fl&eacute;chissions ensemble &agrave; deux attitudes de notre vie chr&eacute;tienne que nous devons garder &agrave; l’esprit pour &ecirc;tre des “architectes avis&eacute;s” dans la construction de la civilisation de l’amour (cf.&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html#Le_chantier_de_notre_%C3%A9poque"><i>ibid</i>.</a>, n. 236).</p> 
<p>Vous, Canariens de souche ou d’adoption, Peuple de Dieu en p&egrave;lerinage sur des terres bord&eacute;es par l’Atlantique, vous avez le privil&egrave;ge de jouir chaque jour de la pr&eacute;sence majestueuse de la mer. Il se dit que dans les yeux d’un insulaire, cette image — qui a le go&ucirc;t de la patrie et du foyer — reste grav&eacute;e de mani&egrave;re ind&eacute;l&eacute;bile dans ses pupilles, et qu’elle nous manque cruellement lorsque nous sommes loin, “&agrave; l’int&eacute;rieur des terres”. Ce sentiment correspond &agrave; une saine nostalgie de l’immensit&eacute;, du ciel et de la mer ouverts qui s’&eacute;tendent &agrave; l’horizon, sans limites ni fronti&egrave;res; et &agrave; un cœur sensible, pr&ecirc;t &agrave; dire adieu la larme &agrave; l’oeil &agrave; ceux qui partent et &agrave; accueillir &agrave; bras ouverts ceux qui arrivent. Dans ce sens, la mer parfois peut &ecirc;tre aussi synonyme de distance et de s&eacute;paration, de d&eacute;fi et de chemin &agrave; parcourir.</p> 
<p>&Agrave; ce propos, saint Augustin nous dit: &laquo;Ainsi en est-il de celui qui voit de loin sa patrie, mais qui en est s&eacute;par&eacute; par la mer; il a beau voir le but o&ugrave; il doit diriger ses pas, les moyens lui manquent pour s'y transporter. Pareillement nous voulons parvenir &agrave; cette patrie permanente […] Entre elle et nous s'&eacute;tend la mer du si&egrave;cle pr&eacute;sent […] Afin de nous procurer le moyen d'y parvenir, celui-l&agrave; est venu vers qui nous voulions aller. Et qu'a-t-il fait? Il a pr&eacute;par&eacute; un navire sur lequel nous pourrons traverser la mer. Personne, en effet, ne peut traverser la mer de ce si&egrave;cle, &agrave; moins que la croix de J&eacute;sus-Christ ne le porte&raquo; (<i>Commentaire sur l’&Eacute;vangile de saint Jean</i>, 2, 2). Telle est la premi&egrave;re attitude qui nous guide pour naviguer sur les eaux de la vie et atteindre notre destination, la patrie c&eacute;leste:&nbsp;<i>embrasser la croix du Christ</i>.</p> 
<p>Chers fr&egrave;res et sœurs, les saints ont &eacute;prouv&eacute; la nostalgie de Dieu et, devant affronter les temp&ecirc;tes de l’existence, ils ont su emmener J&eacute;sus dans leurs barques, mis leur confiance en Lui, embrass&eacute; la croix et ainsi apais&eacute; les vagues de l’incertitude et de la peur (cf.&nbsp;<i>Mt</i>&nbsp;8, 23-27). Un exemple, parmi tant d’autres, sur ces terres b&eacute;nies est le v&eacute;n&eacute;rable Antonio Vicente Gonz&aacute;lez, pr&ecirc;tre dioc&eacute;sain, &eacute;galement connu sous le nom de “bon pasteur des Canaries”. Sa vie, transfigur&eacute;e par la gr&acirc;ce divine, nous incite &agrave; porter la croix du Christ et &agrave; le suivre (cf.&nbsp;<i>Mt</i>&nbsp;16, 24), en &eacute;tant de fid&egrave;les t&eacute;moins de l’&Eacute;vangile en cette nouvelle &egrave;re de l’histoire, non exempte de turbulences et de contradictions, pour ainsi atteindre le but promis (cf.&nbsp;<i>Jn</i>&nbsp;12, 32).</p> 
<p>La premi&egrave;re “ligne de conduite”, par cons&eacute;quent, est d’embrasser la croix du Christ; et vous le faites quotidiennement, par exemple, en tant que Cyr&eacute;n&eacute;ens, en accompagnant et en aidant &agrave; porter les fardeaux de tant de fr&egrave;res et sœurs crucifi&eacute;s par les drames de la vie. Je vous remercie pour cette g&eacute;n&eacute;reuse oeuvre de charit&eacute; et de mis&eacute;ricorde.</p> 
<p>Je voudrais souligner en outre une autre attitude:&nbsp;<i>cultiver une spiritualit&eacute; eucharistique</i>. Cela est li&eacute; &agrave; l’ancienne tradition qui se perp&eacute;tue dans cette belle cath&eacute;drale: la pluie de p&eacute;tales de fleurs devant le Saint-Sacrement qui a lieu le jour de l’Ascension, en signe des biens spirituels et c&eacute;lestes que le Seigneur r&eacute;pand en montant au ciel. Ce geste de d&eacute;votion, pratiqu&eacute; par tant de g&eacute;n&eacute;rations au fil du temps, rev&ecirc;t une signification profonde: dans notre p&egrave;lerinage, le but est la rencontre avec le Christ; il est le centre de la vie chr&eacute;tienne, vers qui nous nous inclinons en adoration, autour de qui nous nous r&eacute;unissons pour former un seul corps et avec qui nous nous offrons en &laquo;sacrifice vivant, saint et agr&eacute;able &agrave; Dieu&raquo; (<i>Rm</i>&nbsp;12, 1).</p> 
<p>Le Concile nous le dit: les fid&egrave;les, &laquo;en participant au sacrifice eucharistique, source et sommet de toute la vie chr&eacute;tienne, offrent &agrave; Dieu la Victime divine et s’offrent eux-m&ecirc;mes avec elle. Et ainsi, […] ils manifestent de mani&egrave;re concr&egrave;te l’unit&eacute; du Peuple de Dieu&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19641121_lumen-gentium_fr.html">Lumen gentium</a></i>, n. 11). Par cons&eacute;quent,&nbsp;<i>cultiver une spiritualit&eacute; eucharistique</i>, c’est approfondir &laquo;une spiritualit&eacute; de l’unit&eacute; eccl&eacute;siale dans l’amour&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html#Un_seul_corps_dans_le_Christ">Magnifica humanitas</a></i>, n. 234). Faisons de notre vie une r&eacute;ponse au d&eacute;sir de J&eacute;sus: &laquo;Que tous soient un […] afin que le monde croie&raquo; (<i>Jn</i>&nbsp;17, 21).</p> 
<p>Une mani&egrave;re concr&egrave;te de manifester cette spiritualit&eacute; de communion est la solidarit&eacute; chr&eacute;tienne, car &laquo;l’union avec le Christ est en m&ecirc;me temps union avec tous ceux &agrave; qui il se donne&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20051225_deus-caritas-est.html">Deus caritas est</a></i>, n. 14). C’est pourquoi je vous encourage &agrave; continuer d’offrir &agrave; tous, &agrave; votre tour, l’amour que vous avez re&ccedil;u du Seigneur (cf.&nbsp;<i>1 Jn</i>&nbsp;4, 19), amour qui se fait nourriture dans l’accueil, l’&eacute;coute, la proximit&eacute; et l'attention aux plus fragiles: &laquo;Car j’avais faim et vous m’avez donn&eacute; &agrave; manger, j’avais soif et vous m’avez donn&eacute; &agrave; boire, j’&eacute;tais &eacute;tranger et vous m’avez accueilli, j’&eacute;tais nu et vous m’avez v&ecirc;tu, j’&eacute;tais malade et vous m’avez visit&eacute;, j’&eacute;tais en prison et vous &ecirc;tes venus me voir&raquo; (<i>Mt</i>&nbsp;25, 35-36).</p> 
<p>Ch&egrave;re &Eacute;glise qui chemine aux Canaries, suivant les traces de saintet&eacute; de tant d’hommes et de femmes qui vous ont pr&eacute;c&eacute;d&eacute;s, qui ont offert leur vie en communion avec le sacrifice du Christ sur la Croix et sur l’Autel, je vous encourage &agrave; aller de l’avant, fermement enracin&eacute;s en Lui, pour continuer &agrave; naviguer avec courage en cette nouvelle &egrave;re de l’histoire. Lorsque vous rencontrerez des difficult&eacute;s, levez les yeux et demandez &agrave; l’Esprit Saint la gr&acirc;ce de vivre unis dans la foi, l’esp&eacute;rance et la charit&eacute;, vertus qui &laquo;sont comme trois &eacute;toiles qui brillent dans le ciel de notre vie spirituelle pour nous guider vers Dieu&raquo; (saint Jean-Paul II,&nbsp;<i><a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/audiences/2000/documents/hf_jp-ii_aud_20001122.html">Cat&eacute;ch&egrave;se</a></i>, 22 novembre 2000).</p> 
<p>Que la Bienheureuse Vierge Marie,&nbsp;<i>&Eacute;toile de la mer</i>, nous guide dans notre travers&eacute;e, nous aide &agrave; “avancer en pleine mer” (cf.&nbsp;<i>Lc</i>&nbsp;5, 1-11); qu’ainsi, nous arrivions au port s&ucirc;r de la rencontre d&eacute;finitive avec J&eacute;sus-Christ, son Fils. Merci !</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Voyage apostolique en Espagne : Rencontre avec les organisations d'accueil de migrants au port de Arguineguín (Las Palmas de Gran Canaria, 11 juin 2026)]]></title><pubDate>Thu, 11 Jun 2026 11:40:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260611-spagna-accoglienza-migranti.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260611-spagna-accoglienza-migranti.html</guid><description><![CDATA[<!-- Thu, 11 Jun 2026 18:47:58 +0200 --> <p><i>Chers fr&egrave;res et sœurs,</i></p> 
<p>Nous venons d’entendre l’un des passages les plus exigeants de l’&Eacute;vangile. Nous savons que ce m&ecirc;me chapitre contient &eacute;galement un avertissement qu’aucun croyant ne peut prendre &agrave; la l&eacute;g&egrave;re (<i>Mt</i> 25, 41-45). Aujourd’hui, au bord de la mer, la Parole prend tout son sens: tant de vies bless&eacute;es arrivent ici, d&eacute;pouill&eacute;es de presque tout, mais jamais de leur dignit&eacute;. Ici, l’&Eacute;vangile nous arrache &agrave; notre confortable position de spectateur et nous met en face du fr&egrave;re qui arrive. Il nous demande si nous avons su reconna&icirc;tre le Christ en ceux qui d&eacute;barquent, marqu&eacute;s par la peur, la faim, la violence, apr&egrave;s le d&eacute;sert, la nuit et la mer.</p> 
<p>Comme vous pouvez le voir, je porte &agrave; ma main l’anneau, que l’on appelle “du P&ecirc;cheur”. Son nom m&ecirc;me nous conduit au lac de Galil&eacute;e, o&ugrave; le Christ a appel&eacute; Pierre et lui a dit : &laquo;D&eacute;sormais, tu seras p&ecirc;cheur d’hommes&raquo; (<i>Lc</i> 5, 10). L’&Eacute;glise a interpr&eacute;t&eacute; ce verset comme une image de sa mission. Mais ici et dans des lieux comme dans <i>El Hierro</i>, ce mandat prend une force litt&eacute;rale et douloureuse. Cette &icirc;le, petite en terme de superficie mais grande en terme d’humanit&eacute;, a vu arriver des milliers de personnes arrach&eacute;es &agrave; leur terre et confi&eacute;es &agrave; la fragilit&eacute; d’une pirogue. Ici, il y a des personnes r&eacute;cup&eacute;r&eacute;es de la mer et des corps sans vie rep&ecirc;ch&eacute;s des eaux. C’est pourquoi le Successeur de Pierre ne peut se d&eacute;sint&eacute;resser de ces quais. L’&Eacute;glise ne peut ignorer ces eaux ni aucun lieu o&ugrave; la faim, la soif, la violence, la peur ou l’exil continuent de porter atteinte &agrave; la dignit&eacute; humaine. Les disciples de J&eacute;sus ne peuvent ignorer la clameur de ceux qui crient dans la nuit.</p> 
<p>Dans le langage biblique, la mer peut &ecirc;tre image de menace, d’obscurit&eacute; et de chaos. C’est l&agrave; qu’apparaissent le L&eacute;viathan, figure de la force qui d&eacute;vore, et Rahab, nom qui &eacute;voque l’orgueil des puissances qui s’&eacute;l&egrave;vent contre Dieu et contre la vie (cf. <i>Ps</i> 74,13-14; 89,10-11; <i>Is</i> 27,1; 51,9; <i>Jb</i> 26,12). Aujourd’hui encore, des monstres r&ocirc;dent sur ces mers: des mafias qui font commerce du d&eacute;sespoir, des trafiquants qui r&eacute;duisent en esclavage des femmes et des enfants, et l’indiff&eacute;rence de nombreux individus qui laissent les pauvres &ecirc;tre engloutis par l’exploitation ou l’oubli.</p> 
<p>Mais la foi ne reste pas paralys&eacute;e face &agrave; la puissance de la mer. Nous croyons en un Dieu qui dompte le chaos, met un terme au mal et ouvre une voie l&agrave; o&ugrave; la mort semble s’imposer. C’est ce qu’a v&eacute;cu le peuple d’Isra&euml;l, en traversant la mer Rouge pour sortir de l’esclavage et marcher vers la libert&eacute; (cf. <i>Ex</i> 14, 21-31). Et nous le contemplons en J&eacute;sus-Christ qui marche sur les eaux et, face &agrave; la temp&ecirc;te, prononce une parole souveraine: &laquo;Silence, tais-toi!&raquo; (<i>Mc</i> 4, 39; cf. <i>Mt</i> 14, 25-27). Cette voix continue de r&eacute;sonner contre les forces qui d&eacute;vorent, asservissent et rejettent tant de nos fr&egrave;res et sœurs. L&agrave; o&ugrave; le Christ ordonne &agrave; la mer de se taire, l’&Eacute;glise ne peut rester muette face &agrave; ceux qui sont abandonn&eacute;s &agrave; ses flots.</p> 
<p>Merci, pour ces t&eacute;moignages, pour nous avoir rappel&eacute; ce que signifie sauver des vies. Merci &agrave; Mar&iacute;a de nous rappeler ce que la <i>Caritas</i>, les paroisses et tant de personnes accomplissent chaque jour. Tes paroles nous montrent o&ugrave; commence la conversion du regard: lorsque le migrant cesse d’&ecirc;tre “un de plus”, cesse d’&ecirc;tre une cat&eacute;gorie et un chiffre. Ce n’est qu’alors que nous comprenons que cette petite fille pourrait &ecirc;tre notre fille, que ces visages font partie de notre famille; et alors, la conscience n’a plus d’excuses. La mis&eacute;ricorde commence par de petits gestes: parfois par quelques biscuits et un peu de lait; d’autres fois, par cinq pains et deux poissons (cf. <i>Mt</i> 14, 17-21). Il ne s’agit pas de tout r&eacute;soudre, mais de tout remettre entre les mains de Dieu et d’&ecirc;tre pr&eacute;sents l&agrave; o&ugrave; l’&ecirc;tre humain souffre, l&agrave; o&ugrave; les ressources ne suffisent pas et o&ugrave; il n’y a pas de langue commune, mais o&ugrave; les gestes peuvent encore parler. Merci du fond du cœur &agrave; tous ceux qui participent aux sauvetages, &agrave; l’accueil et &agrave; l’accompagnement, t&eacute;moignant ainsi que la mis&eacute;ricorde concr&egrave;te peut sauver et changer des vies.</p> 
<p>Ch&egrave;re Blessing, tu n’es certes pas ici aujourd’hui, mais ta voix, elle, oui. Merci de nous avoir partag&eacute; ton histoire. Ton nom signifie b&eacute;n&eacute;diction et nous rappelle que chaque vie humaine est une b&eacute;n&eacute;diction de Dieu. Personne ne peut l’acheter, la vendre, l’utiliser ou la rejeter, car en chaque personne resplendit l’image et la ressemblance du Cr&eacute;ateur (cf. <i>Gn</i> 1, 27). Tu nous as dit que tu avais quitt&eacute; ton pays non pas parce que tu le voulais, mais parce que tu n’avais pas d’autre choix. Dans tes paroles, nous entendons le drame de tant de personnes contraintes de partir parce que la pauvret&eacute;, la guerre, la menace ou l’exploitation leur ont ferm&eacute; toutes les voies.</p> 
<p>Je voudrais que ce message te parvienne, &agrave; toi et &agrave; tant de femmes victimes de la traite et de l’exploitation: si d’autres ont mis un prix sur ton corps, Dieu n’a jamais cess&eacute; de te consid&eacute;rer comme quelqu’un d’inestimable. S’ils ont voulu t’enfermer dans un pass&eacute; de souffrance, Dieu continue de prononcer sur toi une promesse d’avenir. S’ils t’ont trait&eacute;e comme une chose, l’&Eacute;glise veut te dire aujourd’hui: tu es une fille, tu es une sœur, tu es une b&eacute;n&eacute;diction. Ta vie n’appartient pas &agrave; ceux qui t’ont fait du mal; ton corps n’appartient pas &agrave; ceux qui ont abus&eacute; de toi; tes jours n’appartiennent pas &agrave; ceux qui ont voulu les encha&icirc;ner dans la peur. Ta vie appartient &agrave; Dieu et conserve une dignit&eacute; qu'ils ne peuvent t'arracher. Et nous, nous voulons cheminer avec toi jusqu'&agrave; ce que cette v&eacute;rit&eacute; redevienne plus forte que la douleur.</p> 
<p>Chers migrants, avant de vous dire autre chose, je veux m'incliner devant votre dignit&eacute;. Vous n'&ecirc;tes ni des num&eacute;ros ni des dossiers. Vous &ecirc;tes des personnes avec une famille et une maison laiss&eacute;es derri&egrave;re vous; avec des r&ecirc;ves que personne n'a le droit de m&eacute;priser. Mais je veux aussi vous dire que votre vie doit &ecirc;tre prot&eacute;g&eacute;e. Ne livrez pas votre existence &agrave; ceux qui en font un commerce. Ne croyez pas ceux qui vous promettent des paradis faciles en &eacute;change de votre corps ou d’argent, de votre silence ou de votre libert&eacute;. Ces fausses promesses sont des “chants de sir&egrave;nes, des industries de la mort.</p> 
<p>Ce drame doit devenir un examen de conscience : pour les pays d’origine, qui doivent cr&eacute;er les conditions de paix, de justice et de d&eacute;veloppement ; pour les pays de transit, appel&eacute;s &agrave; prot&eacute;ger et non &agrave; laisser les plus faibles aux mains de r&eacute;seaux criminels; pour l’Europe, qui ne peut proclamer la dignit&eacute; humaine et s’habituer &agrave; ce que la M&eacute;diterran&eacute;e et l’Atlantique soient des cimeti&egrave;res sans pierres tombales; pour la communaut&eacute; internationale, appel&eacute;e &agrave; une coop&eacute;ration efficace et pers&eacute;v&eacute;rante.</p> 
<p>L’&Eacute;glise aussi doit se laisser interpeller. L’accueil du migrant ne peut &ecirc;tre une question secondaire ni &ecirc;tre d&eacute;l&eacute;gu&eacute; uniquement &agrave; quelques b&eacute;n&eacute;voles. Nous nous agenouillons devant l’autel pour adorer le Christ pr&eacute;sent dans l’Eucharistie, de qui nous recevons la force et la motivation pour vivre la charit&eacute;; c’est pourquoi nous ne pouvons ensuite “passer au large” des pirogues et des barques, car de la pri&egrave;re jaillit tout service et vers elle revient tout engagement (cf. <i>Lc</i> 10, 31-32).</p> 
<p>Depuis cette &icirc;le, je voudrais que la voix de ceux qui se sont exprim&eacute;s aujourd’hui parvienne &agrave; ceux qui ont entre leurs mains des responsabilit&eacute;s d&eacute;cisives — autorit&eacute;s civiles, parlements, gouvernements et organisations internationales —, ainsi qu’aux communaut&eacute;s chr&eacute;tiennes, aux autres traditions religieuses et &agrave; tous les hommes et femmes de bonne volont&eacute;. Il ne suffit pas de g&eacute;rer les arriv&eacute;es, de communiquer des chiffres, de renforcer les fronti&egrave;res ou de d&eacute;plorer les morts une fois qu’elles se sont produites. Chaque bateau qui arrive ne transporte pas seulement des migrants; il apporte avec lui une question: quel monde avons-nous construit, si tant de fr&egrave;res doivent risquer la mort pour trouver la vie?</p> 
<p>La dignit&eacute; humaine exige des voies l&eacute;gales et s&ucirc;res, le secours et l’assistance, la coop&eacute;ration r&eacute;elle contre les trafiquants, la protection effective des victimes, des processus s&eacute;rieux d’accueil et d’int&eacute;gration, et des politiques qui permettent &agrave; chaque personne de vivre dignement sur sa propre terre. S’il existe un droit de chercher refuge lorsque la vie est menac&eacute;e, il existe aussi le droit de ne pas avoir &agrave; migrer: le droit de rester chez soi sans faim, sans guerre, sans pers&eacute;cution, sans violence, sans que la terre devienne inhabitable, sans que la corruption vole le pain des pauvres, sans que les armes d&eacute;truisent l’avenir des enfants. Nous ne pouvons pas nous accoutumer &agrave; compter les morts. La dignit&eacute; humaine n’a pas de passeport et ne perd pas de sa valeur lorsqu’elle franchit une fronti&egrave;re.</p> 
<p>Que le Dieu qui, au soir de notre vie, nous jugera sur l’amour (cf. saint Jean de la Croix, <i>Avis et sentences spirituelles</i>, n. 59) nous accorde de le reconna&icirc;tre aujourd’hui dans les pauvres et les &eacute;trangers, et nous lib&egrave;re de l’attitude consistant &agrave; regarder la douleur d’autrui comme si elle ne nous concernait pas. Que Notre-Dame du Carmel accompagne ceux qui sont arriv&eacute;s, console ceux qui ont perdu leurs proches, soutienne ceux qui les accueillent et &eacute;veille en nous tous le courage de la mis&eacute;ricorde.</p> 
<p>Et que l’histoire n’ait pas &agrave; nous accuser d’avoir fait de la douleur de ceux qui souffrent un paysage habituel de nos c&ocirc;tes. Car aujourd’hui, ici, au bord de la mer, chaque vie qui arrive nous demande ce qu’il reste de notre humanit&eacute;. T&ocirc;t ou tard, cela se saura: si nous avons su la pr&eacute;server ou si nous avons laiss&eacute; l’indiff&eacute;rence parler &agrave; notre place. Merci beaucoup.</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Voyage apostolique en Espagne : Messe dans la basilique de la Sagrada Família (Barcelone, 10 juin 2026)]]></title><pubDate>Wed, 10 Jun 2026 19:30:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/homilies/2026/documents/20260610-spagna-messa-sagrada-familia.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/homilies/2026/documents/20260610-spagna-messa-sagrada-familia.html</guid><description><![CDATA[<!-- Thu, 11 Jun 2026 09:09:09 +0200 --> <p>&laquo;Seigneur, notre Roi, que ton nom soit glorifi&eacute; sur toute la terre<i> !</i>&raquo; (<i>Ps</i> 8, 2.10). C’est par la louange de ce psaume, d&eacute;bordant de joie et d’&eacute;merveillement que je vous salue tous, chers fr&egrave;res et sœurs. J’exprime ma gratitude envers Leurs Majest&eacute;s, je remercie le Cardinal Juan Jos&eacute; Omella, Archev&ecirc;que de Barcelone, sans oublier mes fr&egrave;res dans l’&eacute;piscopat et tous ceux qui s’unissent &agrave; notre pri&egrave;re : pr&ecirc;tres, diacres, religieux et religieuses. En cet apr&egrave;s-midi de f&ecirc;te pour toute la ville de Barcelone, j’adresse mes salutations reconnaissantes aux autorit&eacute;s publiques, ainsi qu’aux membres d’autres communaut&eacute;s chr&eacute;tiennes ou d’autres religions qui participent &agrave; notre action de gr&acirc;ce.</p> 
<p>Aujourd’hui, la basilique de la Sagrada Familia nous accueille dans cette belle ville, ouvrant ses portes comme s’il s’agissait de ses bras pour inviter chacun &agrave; cet autel, &agrave; &eacute;couter la Parole de Dieu qui fait de nous une famille aim&eacute;e du Seigneur, nourrie de sa propre vie dans l’Eucharistie. Ainsi, avec la ville comtale et toute la Catalogne, nous nous r&eacute;unissons dans ce temple, signe &eacute;galement d’unit&eacute; et de concorde, et <i>nous levons les yeux</i> pour rencontrer le visage de Dieu le P&egrave;re, resplendissant en son Fils fait homme, J&eacute;sus-Christ.</p> 
<p>Tout en rendant gr&acirc;ce au Seigneur pour sa charit&eacute; &agrave; notre &eacute;gard, nous le louons pour ce qu’Il accomplit dans notre vie. Nous le remercions tout particuli&egrave;rement pour cette extraordinaire basilique, que le Pape Beno&icirc;t XVI a consacr&eacute;e en 2010, en rappelant qu’elle est un signe visible du Dieu invisible, pour la gloire duquel s’&eacute;l&egrave;vent ses tours (cf. <i><a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/homilies/2010/documents/hf_ben-xvi_hom_20101107_barcelona.html">Hom&eacute;lie pour la cons&eacute;cration</a></i>, 7 novembre 2010). Dans la continuit&eacute; de la pri&egrave;re de mon pr&eacute;d&eacute;cesseur, je vais dans quelques instants b&eacute;nir la tour la plus haute, celle de J&eacute;sus-Christ.</p> 
<p>Cette &eacute;glise est un &eacute;difice unique, compos&eacute; de nombreuses pierres. Une maison qui grandit constamment au fil des ans, suivant un m&ecirc;me projet. Nous sommes tous les pierres vivantes de cette œuvre qui a le Christ pour fondement et sommet, pour commencement et fin. Bien plus qu’un monument, la basilique de la Sagrada Familia reste aujourd’hui un chantier en cours qui nous rappelle que la vie chr&eacute;tienne est toujours un chemin, parce qu’il s’agit d’un projet que Dieu r&eacute;alise.</p> 
<p>Nous n’habitons donc pas une œuvre inachev&eacute;e, mais un temple encore en construction. Son imperfection n’est pas un d&eacute;faut, car elle t&eacute;moigne d’un d&eacute;sir ; elle ne signifie pas un manque, mais exprime une promesse que nous voulons honorer avec coh&eacute;rence. Notre gratitude se transforme alors en engagement, tandis que nous coop&eacute;rons au projet de Dieu, c’est-&agrave;-dire &agrave; la construction &agrave; laquelle Il nous appelle Lui-m&ecirc;me. Puisque nous sommes le temple du Saint-Esprit (cf. <i>1 Co</i> 6, 16.19), cette œuvre co&iuml;ncide avec notre vie con&ccedil;ue par Dieu comme un chef-d’œuvre que nous devons r&eacute;aliser ensemble et Il nous appelle &agrave; collaborer avec Lui (cf. <i>1 Co</i> 3, 9).</p> 
<p>&Agrave; cet &eacute;gard, nous gardons dans notre cœur les paroles que le Seigneur a adress&eacute;es au roi David : &laquo; Est-ce toi qui vas me b&acirc;tir une maison pour que j’y habite ? &raquo; (<i>2 S</i> 7, 5). Au contraire, &laquo; le Seigneur t’annonce qu’il va te b&acirc;tir une maison &raquo; (v. 11). Par cette annonce, l’&Eacute;criture nous enseigne que ce n’est pas nous qui donnons une place &agrave; Dieu, comme s’Il &eacute;tait un &eacute;l&eacute;ment d’une s&eacute;rie ou une partie d’un tout plus grand que Lui. C’est Dieu, au contraire, qui nous donne une place, et la place qu’Il nous offre, c’est son propre cœur : la place du Fils, pour nous qui &eacute;tions des &eacute;trangers ; la place du Bien-Aim&eacute;, pour nous qui sommes p&eacute;cheurs.</p> 
<p>Cette volont&eacute; s’accomplit &agrave; travers J&eacute;sus ; nous pouvons alors comprendre le sens de ce que nous avons entendu dans l’&Eacute;vangile, lorsque le Seigneur dit aux pharisiens : &laquo; Si vous ne croyez pas que “Je suis”, vous mourrez dans vos p&eacute;ch&eacute;s &raquo; (<i>Jn</i> 8, 24). Des paroles fortes qui ne sont en aucun cas des menaces, ni un chantage. Elles sont une invitation au salut, c’est-&agrave;-dire un appel &agrave; la libert&eacute; de la part du Christ qui veut pour nous le bien d&eacute;finitif, &eacute;ternel. Face &agrave; la menace du mal, le Seigneur est toujours avec nous, toujours de notre c&ocirc;t&eacute;. &laquo; Je suis &raquo; : tel est le Nom tr&egrave;s saint que Dieu a donn&eacute; &agrave; Mo&iuml;se depuis le buisson ardent, r&eacute;v&eacute;lant ainsi sa fid&eacute;lit&eacute; in&eacute;branlable. Devenu homme, Il devient pour nous l’Emmanuel, source de gr&acirc;ce et de pardon, de salut et de vie nouvelle. Chers fr&egrave;res, nous ne pouvons pas croire en J&eacute;sus et promouvoir la guerre. Nous ne pouvons pas croire en J&eacute;sus et tuer l’innocent. Nous ne pouvons pas croire en J&eacute;sus et abandonner celui qui souffre, celui qui pleure, celui qui fuit la mis&egrave;re.</p> 
<p>Ce soir, rappelons-nous donc que la Croix du Christ, qui couronne cette basilique, est la Croix des derniers qui deviennent les premiers, des p&eacute;cheurs qui deviennent saints, des morts qui ressusciteront. Les trois fa&ccedil;ades de la Sagrada Familia en t&eacute;moignent : le Premier devient le dernier pour nous dans la Nativit&eacute; ; par son sacrifice, il nous rach&egrave;te &agrave; travers la Passion et sa mort nous donne la vie &eacute;ternelle en nous rendant participants de la gloire divine. En admirant la tour de J&eacute;sus-Christ, <i>nous levons les yeux vers Lui</i>, vers Celui qui seul nous r&eacute;v&egrave;le la v&eacute;rit&eacute; de Dieu et la v&eacute;rit&eacute; de nous-m&ecirc;mes. En regardant le Christ, nous pouvons voir le monde d’un œil nouveau&nbsp;: la tour de la croix devient alors l’&eacute;tendard de la charit&eacute;, parce que Dieu nous aime ainsi, transformant un instrument de mort en signe d’esp&eacute;rance. Sur la croix de J&eacute;sus, notre foi atteint son sommet comme le professe l’inscription situ&eacute;e &agrave; la base de la fl&egrave;che : &laquo; <i>Tu solus Sanctus, Tu solus Dominus, tu solus Altissimus</i> &raquo;. Cette croix brille le jour, en refl&eacute;tant la lumi&egrave;re du soleil, et brille la nuit, en illuminant la ville comme un phare ouvert sur la M&eacute;diterran&eacute;e.</p> 
<p>Oui, la lumi&egrave;re du Christ brille dans les t&eacute;n&egrave;bres, m&ecirc;me si les t&eacute;n&egrave;bres ne l’ont pas accueillie (cf. <i>Jn</i> 1, 5.11). Cependant, ce rejet n’entra&icirc;ne pas l’absence de l’amour de Dieu : &laquo;&nbsp;Quand vous aurez &eacute;lev&eacute; le Fils de l'homme, - leur dit J&eacute;sus - alors vous saurez que Je Suis et que je ne fais rien de moi-m&ecirc;me, mais je dis ce que le P&egrave;re m'a enseign&eacute;&nbsp;&raquo; (<i>Jn</i> 8, 28). Il faut passer par la passion du Crucifi&eacute; pour &ecirc;tre illumin&eacute;s par la gloire du Ressuscit&eacute;. Depuis toujours, en effet, le P&egrave;re enseigne &agrave; donner la vie et le Fils, qui la re&ccedil;oit de Lui, la donne &agrave; tous par la puissance de l’Esprit Saint. C’est pr&eacute;cis&eacute;ment pour cela que la croix est le signe lumineux de son amour.</p> 
<p>C’est la foi qui donne forme aux pierres et un sens &agrave; l’&eacute;difice que nous habitons ensemble. Dans notre pri&egrave;re, nous d&eacute;couvrons donc le lien originel qui unit les choses &agrave; Dieu, cr&eacute;ateur du ciel et de la terre : c’est Lui l’artiste qui a imprim&eacute; sa splendeur dans le cosmos. Cr&eacute;&eacute; &agrave; son image, l’homme r&eacute;pond &agrave; l’œuvre de Dieu par son propre g&eacute;nie : c’est ainsi que l’artiste transforme le talent en louange et la cr&eacute;ativit&eacute; en t&eacute;moignage du Cr&eacute;ateur lui-m&ecirc;me. En tant qu’architecte br&ucirc;lant de foi, le v&eacute;n&eacute;rable Antoni Gaud&iacute; con&ccedil;ut ces espaces avec le d&eacute;sir de raconter les myst&egrave;res de la vie du Seigneur : il nous a ainsi propos&eacute; un p&egrave;lerinage spirituel conduisant &agrave; la rencontre avec le Christ n&eacute;, mort et ressuscit&eacute; pour nous. Aux c&ocirc;t&eacute;s de Gaud&iacute;, dont nous comm&eacute;morons le centenaire de la mort, nous vous remercions et nous faisons m&eacute;moire cet apr&egrave;s-midi de tous les promoteurs et bienfaiteurs, des artistes et des ouvriers coop&eacute;rant &agrave; la construction d’un chef-d’œuvre architectural qui est aussi une cat&eacute;ch&egrave;se &eacute;loquente faite de pierres, de couleurs et de lumi&egrave;re. Dans sa sagesse, l’&Eacute;glise renouvelle ainsi la <i>Biblia pauperum </i>[Bible des pauvres] que sont les anciennes cath&eacute;drales, lesquelles sont en elles-m&ecirc;mes des messages d’&eacute;vang&eacute;lisation d’une grande richesse. &Agrave; l’heure de l’image, il appara&icirc;t encore plus &eacute;vident que l’art et la beaut&eacute; sont d’&eacute;minents canaux d’&eacute;vang&eacute;lisation.</p> 
<p>Chers fr&egrave;res et sœurs, la beaut&eacute; de ce temple nous incite &agrave; apprendre toujours davantage de notre Ma&icirc;tre et Seigneur l’art de vivre selon son &Eacute;vangile. Alors que <i>nous levons les yeux vers Lui</i>, le Crucifi&eacute; ressuscit&eacute;, engageons-nous &agrave; relever le visage de ceux qui gisent dans la poussi&egrave;re (cf. <i>1 S</i> 2, 8). Et montrons ainsi que la Sagrada Familia est la plus haute &eacute;glise du monde, non pas pour figurer en t&ecirc;te des classements mondains, mais pour guider les pas du peuple de Dieu en p&egrave;lerinage sur cette terre de Catalogne, avec la croix qui &eacute;claire le chemin telle une lampe allum&eacute;e dans l’attente du retour de l’&Eacute;poux.</p> 
<p>Que Dieu soit b&eacute;ni pour toujours !</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Voyage apostolique en Espagne : Rencontre avec les organismes diocésains de charité et d'assistance dans l'église de Sant Agustí (Barcelone, 10 juin 2026)]]></title><pubDate>Wed, 10 Jun 2026 16:30:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260610-spagna-assistenza.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260610-spagna-assistenza.html</guid><description><![CDATA[<!-- Wed, 10 Jun 2026 19:56:18 +0200 --> <p><i>Chers fr&egrave;res et sœurs, bonsoir&nbsp;!</i></p> 
<p>Je remercie le Cardinal archev&ecirc;que pour son accueil cordial et les paroles qu’il m’a adress&eacute;es, ainsi que le d&eacute;l&eacute;gu&eacute; &agrave; la pastorale sociale et tous ceux qui ont partag&eacute; avec nous leurs t&eacute;moignages sur les r&eacute;alit&eacute;s de la charit&eacute; et de l’assistance dioc&eacute;saine. Je tiens &agrave; remercier Renzo pour sa lettre et les questions qu’il m’adresse&nbsp;; je vais essayer de r&eacute;pondre &agrave; quelques unes.</p> 
<p>J'ai d&eacute;j&agrave; r&eacute;pondu que je n'ai jamais voulu &ecirc;tre pape, ni dans ma jeunesse ni &agrave; un &acirc;ge plus avanc&eacute;, mais quand le Seigneur appelle, il faut dire oui. Avant de r&eacute;pondre &agrave; vos questions, je tiens simplement &agrave; vous remercier pour votre accueil et &agrave; vous dire que je me sens vraiment chez moi ici. Et merci pour tout ce que vous repr&eacute;sentez.</p> 
<p>Vous pensez sans doute — c’est &eacute;vident — que c’est parce que c’est Saint Augustin, mais je vous raconte que la premi&egrave;re fois que je suis venu dans cette &eacute;glise — cet archev&ecirc;que n’&eacute;tait pas &agrave; mes c&ocirc;t&eacute;s —, c’&eacute;tait en 1984, je voyageais en voiture de Rome &agrave; Le&oacute;n, je suis arriv&eacute; et j’ai dit : &laquo; Regardez, &agrave; Barcelone il y a une &eacute;glise Saint-Augustin, allons la visiter. &raquo; Elle &eacute;tait ferm&eacute;e, aujourd’hui elle est ouverte. Et comme c’est beau de trouver une &eacute;glise avec une communaut&eacute; d’Augustins et tellement de personnes qui y vivent, qui louent Dieu, qui y trouvent une communaut&eacute;, un accueil, une int&eacute;gration dans cette &eacute;glise et dans cette pastorale sociale. Merci beaucoup &agrave; tous, sinc&egrave;rement.</p> 
<p>Quant &agrave; la question sur le football, tout le monde sait que je joue au tennis. J'ai jou&eacute; au football quand j'&eacute;tais jeune, mais au football am&eacute;ricain, un peu plus violent. Mais je jouais aussi au football avec les s&eacute;minaristes quand j'&eacute;tais &agrave; Trujillo, en d&eacute;fense, si vous voulez savoir. Je n'&eacute;tais pas un grand buteur, mais quand j'&eacute;tais en premi&egrave;re ann&eacute;e &agrave; Rome, j'ai v&eacute;cu ma premi&egrave;re Coupe du monde, en 1982, qui s'est d&eacute;roul&eacute;e ici, en Espagne.</p> 
<p>Ensuite, au P&eacute;rou, avec les s&eacute;minaristes, je l'ai beaucoup suivi mais je jouais aussi avec eux ; un peu de sport fait du bien &agrave; tout le monde, il faut trouver le moyen, disons, de rester en forme et en bonne sant&eacute; : corps, esprit et &acirc;me. Cela a donc fait partie de ma vie. Et puis, le football nous aide aussi &agrave; nous rappeler quelque chose de tr&egrave;s important : que la vie n’est pas une course &agrave; mener en solitaire, elle se joue en &eacute;quipe et il faut apprendre &agrave; courir ensemble. Ainsi, dans ce sens, celui qui est peut-&ecirc;tre une star mais qui ne passe jamais le ballon, ne laisse pas les autres entrer dans le jeu et il perdra probablement. Et donc, en pensant aussi &agrave; nous, et &agrave; la mani&egrave;re de s’int&eacute;grer dans une &eacute;quipe, je tiens &eacute;galement &agrave; saluer et &agrave; f&eacute;liciter tout ce que vous faites ici. Deuxi&egrave;me question, j’ai d&eacute;j&agrave; r&eacute;pondu, mais je vais suivre un peu le texte pour ne pas nous perdre et finir &agrave; 8 h 30.</p> 
<p>Tu me demandes si, quand j’&eacute;tais petit, je voulais devenir Pape. Eh bien, Renzo, je ne crois pas. Je crois que je n’y ai jamais pens&eacute;. Mais je peux te dire une chose&nbsp;: d&egrave;s mon plus jeune &acirc;ge, j’ai ressenti le d&eacute;sir de consacrer ma vie &agrave; Dieu. Je ne savais pas encore tout &agrave; fait comment ni o&ugrave; le Seigneur me m&egrave;nerait. Avec le temps, j’ai d&eacute;couvert que J&eacute;sus m’appelait &agrave; le suivre en tant que pr&ecirc;tre, et que ce chemin passait par l’Ordre de saint Augustin. Mais cela ne vaut pas seulement pour moi. Chaque enfant est un r&ecirc;ve de Dieu. Toi aussi Reanzo, tu l’es. Dieu souhaite le bonheur de tous et veut que, d&egrave;s notre plus jeune &acirc;ge et tout au long de notre vie, nous conservions un cœur comme celui des enfants (cf. <i>Mt</i> 18, 3)&nbsp;: capable de faire confiance, plein de bont&eacute;. Il veut que nous soyons ses amis et que nous ne nous &eacute;loignions pas de Lui. C’est pourquoi, plut&ocirc;t que de se demander si l’on deviendra pr&ecirc;tre, m&eacute;decin, enseignant, p&egrave;re de famille ou toute autre chose, il est plus important de se demander si l’on veut &ecirc;tre l’ami de J&eacute;sus. Car l’amiti&eacute; avec J&eacute;sus nous donne de la joie, nous rend libres et nous aide &agrave; discerner, pas &agrave; pas, la vocation et le chemin que Dieu a pr&eacute;vus pour chacun.</p> 
<p>Il n’est pas facile, Renzo, de trouver la r&eacute;ponse &agrave; ta question sur le fait que certaines personnes subissent des &eacute;preuves et d’autres non. Penser &agrave; la vie de J&eacute;sus peut sans doute nous aider. La Parole de Dieu nous dit que notre Seigneur, &laquo;&nbsp;l&agrave; o&ugrave; il passait, faisait le bien et gu&eacute;rissait tous ceux qui &eacute;taient sous le pouvoir du diable&nbsp;&raquo; (<i>Ac</i> 10, 38) et pourtant, nous savons qu’Il a &eacute;t&eacute; crucifi&eacute;. Mais l’histoire ne s’arr&ecirc;te pas l&agrave;, car Il est ressuscit&eacute; le troisi&egrave;me jour et a vaincu le mal, il a vaincu la mort. Par la vie de J&eacute;sus-Christ, Dieu nous montre que, m&ecirc;me s’il y a la souffrance, Il n’abandonne jamais aucun de ses enfants, car Il nous r&eacute;serve une joie &eacute;ternelle o&ugrave; il n’y aura plus ni tristesse ni douleur. Ayons confiance, J&eacute;sus est avec nous, Il nous aide et nous accompagne, et Il nous donne la force de traverser les moments difficiles que nous pouvons rencontrer dans la vie.</p> 
<p>&Agrave; propos de grands-parents, oui, les grands-parents jouent un r&ocirc;le tr&egrave;s important dans la vie des familles. Ils ne devraient jamais se retrouver seuls. Souvent, ce sont eux qui s’occupent de leurs petits-enfants pendant que les parents vont travailler et, avec amour et d&eacute;vouement, ils aident les enfants &agrave; d&eacute;couvrir l’amour de Dieu et du prochain, afin que celui-ci s’enracine dans leur cœur et qu’ils deviennent un jour des hommes et des femmes de bien. Et comment devons-nous r&eacute;pondre &agrave; cet amour&nbsp;? Eh bien, par l’amour. C’est ce que J&eacute;sus veut que nous fassions. Prendre soin de nos grands-parents et les accompagner dans leur vieillesse, tout comme eux, en leur temps, ont pris soin de nous. Ne laissons pas la solitude et l’abandon devenir la norme dans la vie des personnes &acirc;g&eacute;es. C’est une chose tr&egrave;s triste. Ayons le cœur ouvert &agrave; chacun d’eux&nbsp;; et m&ecirc;me s’ils ne sont pas nos grands-parents, ne les laissons pas se sentir seuls ou sans protection. Car si nous ne voulons pas de la solitude pour nous-m&ecirc;mes, nous ne devons pas non plus la permettre pour les autres.</p> 
<p>Quant &agrave; savoir si nous devons toujours pardonner, J&eacute;sus nous r&eacute;pond par l’affirmative. Un jour, Pierre lui demanda&nbsp;: &laquo;&nbsp;Seigneur, lorsque mon fr&egrave;re commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner&nbsp;? Jusqu’&agrave; sept fois&nbsp;?&nbsp;&raquo;. Et J&eacute;sus lui r&eacute;pondit&nbsp;: &laquo;&nbsp;Je ne te dis pas jusqu’&agrave; sept fois, mais jusqu’&agrave; soixante-dix fois sept fois&nbsp;&raquo; (<i>Mt</i> 18, 21-22). J&eacute;sus voulait ainsi dire&nbsp;: pardonne toujours. Mais il faut bien comprendre ce que signifie pardonner. Pardonner ne signifie pas dire que le mal &eacute;tait bien, ni laisser quelqu’un continuer &agrave; faire du mal. Cela ne signifie pas oublier par force, comme si rien ne s’&eacute;tait pass&eacute;. Pardonner, c’est ne pas laisser la haine s’emparer de notre cœur. J&eacute;sus nous demande de pardonner car c’est la seule mani&egrave;re de faire l’exp&eacute;rience de la paix de Dieu et de gu&eacute;rir les blessures spirituelles. Lorsque nous pardonnons, nous imitons l’exemple de J&eacute;sus qui a pardonn&eacute; &agrave; ceux qui le crucifiaient. Notre disposition &agrave; pardonner est la condition du pardon que nous recevons de Dieu.</p> 
<p><i>Chers fr&egrave;res et sœurs</i>,</p> 
<p>le fait d’&ecirc;tre ici, dans l’&eacute;glise de Sant Agust&iacute;, ouvre notre cœur &agrave; une v&eacute;rit&eacute; que le saint &eacute;v&ecirc;que d’Hippone nous enseigne&nbsp;: &ecirc;tre chr&eacute;tien, c’est avant tout un don, une gr&acirc;ce. Ancr&eacute;s dans le Christ qui est la pierre vivante, nous faisons l’exp&eacute;rience de l’action du Saint-Esprit, avec la conviction que tout effort sinc&egrave;re pour coop&eacute;rer avec Lui en faveur de notre prochain sera b&eacute;ni par le P&egrave;re c&eacute;leste, en qui nous pla&ccedil;ons notre esp&eacute;rance. En tant que membres du Corps mystique du Christ, nous sommes v&eacute;ritablement li&eacute;s au destin de ceux que Dieu aime et invite &agrave; participer &agrave; sa vie.</p> 
<p>Appel&eacute;s &agrave; aimer Dieu, et par amour pour Lui, &agrave; aimer nos fr&egrave;res, nous sommes &eacute;galement envoy&eacute;s &agrave; aller &agrave; la rencontre de tous. Le chr&eacute;tien, en plus d’&ecirc;tre bienveillant et aimable, doit &ecirc;tre compatissant, aimer sans arri&egrave;re-pens&eacute;e et rechercher le bien des autres, sachant que, dans chaque fr&egrave;re et sœur qui souffre, c’est le Seigneur lui-m&ecirc;me qui demande et re&ccedil;oit, qui est accueilli ou rejet&eacute;, aim&eacute; ou m&eacute;pris&eacute;.</p> 
<p>La charit&eacute; &eacute;vang&eacute;lique, fond&eacute;e en J&eacute;sus-Christ et nourrie par son amour, donne forme et identit&eacute; &agrave; la vie personnelle et communautaire de tout chr&eacute;tien. C’est pourquoi chaque communaut&eacute; eccl&eacute;siale dioc&eacute;saine, anim&eacute;e par la charit&eacute; et guid&eacute;e par l’Esprit Saint, est appel&eacute;e &agrave; se pencher, selon ses possibilit&eacute;s et capacit&eacute;s, avec discr&eacute;tion, d&eacute;licatesse et pers&eacute;v&eacute;rance, sur les blessures et les besoins des plus petits et des plus vuln&eacute;rables afin d’all&eacute;ger leurs souffrances et de rem&eacute;dier &agrave; leur pauvret&eacute;. Elle le fait en imitant la g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; de notre Seigneur J&eacute;sus-Christ qui, par amour pour nous, bien qu’il f&ucirc;t riche, s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa gr&acirc;ce et de son salut, et qui nous appelle aussi &agrave; le reconna&icirc;tre et &agrave; lui venir en aide dans les plus d&eacute;munis (cf. <i>Mt </i>25, 40).</p> 
<p>C’est pourquoi je suis heureux de vous rencontrer cet apr&egrave;s-midi, vous tous qui, de diff&eacute;rentes mani&egrave;res, vous engagez concr&egrave;tement dans l’assistance, l’accompagnement et la promotion de ceux qui en ont le plus besoin, surtout en ces temps que nous traversons o&ugrave; le sens de la dignit&eacute; sacr&eacute;e de l’&ecirc;tre humain semble s’&ecirc;tre perdu.</p> 
<p>Je tiens &agrave; souligner qu’en tant que chr&eacute;tiens, nous sommes appel&eacute;s &agrave; rendre pr&eacute;sent l’amour de Dieu pour chaque homme et chaque femme, dans le tissu concret de l’histoire. Le livre de la Gen&egrave;se nous raconte que Dieu &laquo;&nbsp;cr&eacute;a l’homme &agrave; son image, &agrave; l’image de Dieu il le cr&eacute;a, il les cr&eacute;a homme et femme&nbsp;&raquo; (<i>Gn</i> 1, 27). C’est l&agrave; que r&eacute;side la dignit&eacute; inali&eacute;nable de tout &ecirc;tre humain qui ne d&eacute;pend ni des capacit&eacute;s qu’il poss&egrave;de ni des richesses qu’il accumule ou du r&ocirc;le qu’il joue, mais du don qui le pr&eacute;c&egrave;de et le d&eacute;passe, fait par Dieu comme expression de son amour qui ne faillit jamais (cf. <i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html#Les_fondements_de_la_Doctrine_sociale">Magnifica humanitas</a></i>, n. 50).</p> 
<p>Le Seigneur nous invite donc &agrave; accueillir chaque femme comme une sœur et chaque homme comme un fr&egrave;re. En tant qu’enfants du m&ecirc;me P&egrave;re, chaque personne est par constitution faite pour la relation&nbsp;; elle a &eacute;t&eacute; con&ccedil;ue et voulue par Dieu pour entrer dans une histoire de communion avec Lui, avec les autres et avec la cr&eacute;ation (cf. <i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html">ibid.</a></i>). Les œuvres dioc&eacute;saines de charit&eacute; et d’assistance dont vous faites partie et que vous menez &agrave; bien avec effort et d&eacute;vouement constituent une expression singuli&egrave;re de cette aspiration divine, dans la conscience que la personne humaine est au centre de l’action de l’&Eacute;glise (cf. <i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html">Gaudium et spes</a></i>, n. 24) et que la charit&eacute; est &laquo;&nbsp;le plus grand commandement social&nbsp;&raquo; (<i>CCE</i>, n. 1889).</p> 
<p>Je vous encourage, unis &agrave; vos pasteurs, &agrave; continuer &agrave; animer ces apostolats, en rendant t&eacute;moignage &agrave; l’&Eacute;vangile et en montrant au monde la beaut&eacute; de la vie chr&eacute;tienne qui anticipe ici et maintenant la justice et la paix qui seront pleines dans le Royaume de Dieu. Soyez donc des t&eacute;moins cr&eacute;dibles de l’esp&eacute;rance chr&eacute;tienne au service attentionn&eacute; de vos fr&egrave;res et sœurs. Dans une situation de vie pr&eacute;caire, marqu&eacute;e par la privation, la fragilit&eacute; ou la marginalisation, en plus d’une aide mat&eacute;rielle et d’un soutien moral, ils ont besoin de Dieu, de son amiti&eacute;, de sa b&eacute;n&eacute;diction, de sa Parole, de ses sacrements et de la proposition d’un chemin de croissance et de maturation dans la foi (cf. <i><a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html#La_place_privil%C3%A9gi%C3%A9e_des_pauvres_dans_le_peuple_de_Dieu">Evangelii gaudium</a></i>, n. 200).</p> 
<p>Je d&eacute;pose votre travail et votre d&eacute;vouement aux pieds de Notre-Dame du Bon Conseil, afin que son intercession vous accompagne et que le Seigneur fasse fructifier abondamment tout le bien que vous accomplissez. Que Dieu vous b&eacute;nisse. Merci beaucoup.</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Voyage apostolique en Espagne : Prière du Saint Rosaire à l’Abbaye Notre-Dame de Montserrat (10 juin 2026)]]></title><pubDate>Wed, 10 Jun 2026 12:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260610-spagna-rosario.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260610-spagna-rosario.html</guid><description><![CDATA[<!-- Wed, 10 Jun 2026 19:22:36 +0200 --> <p>Je salue cordialement Son Excellence Mgr Xavier G&oacute;mez Garc&iacute;a, le P&egrave;re Abb&eacute; de Montserrat Manel Gasch i Hurios, ainsi que les &eacute;v&ecirc;ques, les pr&ecirc;tres, les religieux et les religieuses, les s&eacute;minaristes et tous les fid&egrave;les qui participent &agrave; ce p&egrave;lerinage, en particulier les enfants qui nous accompagnent aujourd’hui. Merci de nous accueillir, merci de votre pr&eacute;sence.</p> 
<p>Je suis heureux de pouvoir venir aux pieds de la Moreneta pour lui confier, plein de confiance en son intercession maternelle, mon service p&eacute;trinien et la mission de l’&Eacute;glise dans un monde qui r&eacute;clame justice et paix.</p> 
<p>Je garde un excellent souvenir de mes ann&eacute;es en tant que cur&eacute; de la paroisse Santa Mar&iacute;a de Montserrat &agrave; Trujillo, au P&eacute;rou. La Moreneta m’a toujours accompagn&eacute;. Merci, Catalogne, pour ta foi.</p> 
<p>Les murs de cette enceinte pourraient nous raconter les innombrables histoires de d&eacute;votion, de gratitude et d’espoir qu’ils ont contempl&eacute;es au fil des si&egrave;cles autour de la M&egrave;re de Dieu de Montserrat, et ils ont &eacute;galement &eacute;t&eacute; t&eacute;moins du sang vers&eacute; par amour pour J&eacute;sus-Christ.</p> 
<p>De m&ecirc;me, ils ont gard&eacute; en leur sein les joies et les peines, les r&eacute;jouissances et les larmes de tant de fid&egrave;les, et ils ont &eacute;galement entendu les voix c&eacute;lestes du chant des enfants de la plus ancienne chorale d’Europe.</p> 
<p>Lorsque mon pr&eacute;d&eacute;cesseur, le pape Fran&ccedil;ois, a offert en 2023 la rose d’or &agrave; cette image v&eacute;n&eacute;r&eacute;e, il nous invitait &agrave; consid&eacute;rer comment, pendant des centaines d’ann&eacute;es, les fid&egrave;les, sans distinction, sont pass&eacute;s par ce sanctuaire en &eacute;grenant les grains du chapelet, car Marie, M&egrave;re de Dieu, est fondamentale dans la vie de tout chr&eacute;tien. &Agrave; cette m&ecirc;me occasion, il a soulign&eacute; que &laquo; devant la M&egrave;re [...] s’&eacute;veillent les sentiments les plus nobles d’une personne &raquo; (<i>Discours aux membres de la Confr&eacute;rie de Notre-Dame de Montserrat</i>, 7 octobre 2023); en effet, elle suscite en nous de profondes conversions, comme celle de saint Ignace de Loyola qui, en ce lieu &eacute;vocateur, apr&egrave;s une nuit de pri&egrave;re devant la Vierge, a remis ses armes de chevalier, moment qui a marqu&eacute; le d&eacute;but d’une vie nouvelle au service de J&eacute;sus-Christ.</p> 
<p>Avec cette m&ecirc;me attitude filiale, je vous invite aujourd’hui &agrave; accueillir l’invitation de Marie : &laquo; Faites tout ce qu'Il vous dira &raquo; (<i>Jn</i> 2, 5). Ces paroles prononc&eacute;es &agrave; Cana en Galil&eacute;e contiennent un v&eacute;ritable programme de vie chr&eacute;tienne, car Marie nous conduit vers le Christ et nous enseigne &agrave; &eacute;couter sa voix, &agrave; ob&eacute;ir &agrave; sa parole et &agrave; Lui permettre de nous transformer. La volont&eacute; de J&eacute;sus est claire : &laquo; Voici ce que je vous commande : aimez-vous les uns les autres &raquo; (<i>Jn</i> 15, 17). Il s’agit d’un amour qui a en Lui-m&ecirc;me sa mesure et sa source : &laquo;Comme je vous ai aim&eacute;s&raquo; (v. 12). C’est pourquoi, lorsque Marie nous dit : &laquo; Faites tout ce qu’Il vous dira &raquo;, elle nous invite &agrave; acqu&eacute;rir un cœur r&eacute;concili&eacute; avec les crit&egrave;res de l’&Eacute;vangile.</p> 
<p>J&eacute;sus nous montre le chemin de la mis&eacute;ricorde, de la r&eacute;conciliation, de la v&eacute;rit&eacute; et de la douceur. En m&ecirc;me temps, il d&eacute;masque la violence qui peut se cacher dans nos paroles et nos attitudes : la critique qui humilie, la condamnation qui d&eacute;truit et l’agressivit&eacute; qui divise. Cette violence cach&eacute;e peut souvent se dissimuler derri&egrave;re des armures apparentes avec lesquelles nous essayons de prot&eacute;ger nos blessures, nos peurs ou la souffrance caus&eacute;e par les injustices.</p> 
<p>Contemplons Marie de Montserrat qui nous montre J&eacute;sus comme un enfant sans d&eacute;fense reposant sur ses genoux, car la voici, aupr&egrave;s de son Fils, nous invitant &agrave; nous aimer les uns les autres. D&eacute;posons aujourd’hui &agrave; ses pieds les armures qui ont peu &agrave; peu endurci notre cœur.</p> 
<p>L’Enfant-Dieu que Marie tient dans ses bras ne porte pas d’armure et c’est Lui-m&ecirc;me qui, plus tard, nu sur la croix, s’abandonnera totalement au P&egrave;re pour nous sauver par la force d&eacute;sarm&eacute;e et d&eacute;sarmante de l’amour.</p> 
<p>Levons les yeux vers Marie et supplions-la de nous aider &agrave; nous rev&ecirc;tir uniquement des armes de Dieu, comme l’exhorte saint Paul : &laquo; Ceignez vos reins de la v&eacute;rit&eacute;, rev&ecirc;tez-vous de la cuirasse de la justice, chaussez vos pieds de la promptitude &agrave; l’&Eacute;vangile de la paix. Prenez le bouclier de la foi […] mettez le casque du salut et saisissez l’&eacute;p&eacute;e de l’Esprit, qui est la Parole de Dieu &raquo; (<i>Ep</i> 6, 14-17).</p> 
<p>Aujourd’hui, en tant que p&egrave;lerins &agrave; Montserrat, manifestons le d&eacute;sir sinc&egrave;re de r&eacute;affirmer notre service envers Dieu le P&egrave;re qui nous a r&eacute;v&eacute;l&eacute; J&eacute;sus-Christ, Lui qui nous dit : &laquo; Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoy&eacute; &raquo; (<i>Mc</i> 9, 37).</p> 
<p>Consid&eacute;rons aussi comment la Vierge, dans sa main droite, tient la sph&egrave;re du monde, signe de sa sollicitude maternelle, car le monde entier a sa place dans son cœur. Elle nous invite &agrave; nous reconna&icirc;tre fr&egrave;res et sœurs, o&ugrave; personne n’est exclu et o&ugrave; la communion est plus forte que toute division.</p> 
<p>Demandons &agrave; Marie, Reine de la paix, de nous enseigner &agrave; renoncer aux paroles blessantes, au jugement h&acirc;tif, aux m&eacute;disances et aux calomnies. Et qu’elle nous apprenne &agrave; pr&eacute;server et &agrave; cultiver l’amour au sein de la famille, entre amis, sur le lieu de travail, sur les r&eacute;seaux sociaux, dans les d&eacute;bats politiques et au sein des communaut&eacute;s chr&eacute;tiennes, afin que la haine c&egrave;de la place &agrave; l’esp&eacute;rance et &agrave; la paix.</p> 
<p>Que Marie, M&egrave;re de l’&Eacute;glise, nous guide toujours vers J&eacute;sus. Je vous invite &agrave; l’honorer par ces paroles que vous connaissez bien :</p> 
<p><i>Pour les Catalans, vous serez toujours la Princesse,<br /> pour les Espagnols et le monde entier, tout l’amour ;<br /> Dites-nous : &laquo; Vous &ecirc;tes mon tr&eacute;sor,<br /> je suis votre m&egrave;re, n’ayez pas peur &raquo;.</i></p> 
<p>Ainsi soit-il.</p> 
<p>__________________________</p> 
<p><b>Paroles improvis&eacute;s du Saint-P&egrave;re depuis le balcon de l’abbaye de Notre-Dame de Montserrat</b></p> 
<p><i>Chers fr&egrave;res et sœurs, bonjour,</i></p> 
<p>Merci d’&ecirc;tre l&agrave;! Merci pour ce beau t&eacute;moignage de foi! Tous unis en une seule famille sous le regard bienveillant de notre M&egrave;re Marie, la Vierge de Montserrat.</p> 
<p>La joie, l’enthousiasme, le profond sentiment de foi qui nous habitent ces jours-ci: d’abord &agrave; Madrid, maintenant &agrave; Barcelone, puis plus tard aux Canaries. Toute l’Espagne d&eacute;borde de foi, d’amour, du d&eacute;sir de louer Dieu, du d&eacute;sir de Lui rendre gr&acirc;ce, du d&eacute;sir d’&ecirc;tre unie.</p> 
<p>Merci &agrave; la Catalogne d’avoir accueilli tant de personnes venues d’autres pays, car, ce faisant, elle nous enseigne comment int&eacute;grer tout le monde dans une seule et m&ecirc;me famille.</p> 
<p>Merci &agrave; la communaut&eacute; de foi, &agrave; la communaut&eacute; de nos fr&egrave;res moines qui re&ccedil;oivent et accueillent tous ces p&egrave;lerins qui viennent prier Marie, notre M&egrave;re.</p> 
<p>Merci &agrave; chacun de vous qui &ecirc;tes accourus ici ce matin et rappelez &agrave; tous — ici en Catalogne, en Espagne, et partout dans le monde — que la foi donne vie et esp&eacute;rance.</p> 
<p>Marie, que J&eacute;sus nous a donn&eacute;e pour M&egrave;re sur la Croix, elle qui d&eacute;j&agrave; nous accompagne, expression d'amour maternel, nous accompagnera toujours.</p> 
<p>Merci, merci &agrave; tous.</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Voyage apostolique en Espagne : Visite au Centre pénitentiaire « Brians 1 » (Barcelone, 10 juin 2026)]]></title><pubDate>Wed, 10 Jun 2026 10:50:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260610-spagna-visita-penitenziario.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260610-spagna-visita-penitenziario.html</guid><description><![CDATA[<!-- Wed, 10 Jun 2026 11:59:05 +0200 --> <p><i>Chers fr&egrave;res et sœurs,</i></p> 
<p><i>Merci &agrave; tous pour votre accueil si chaleureux et si cordial !</i></p> 
<p>Je suis profond&eacute;ment touch&eacute; par le t&eacute;moignage que Montse et Josefina nous ont partag&eacute;. Merci beaucoup. Je remercie &eacute;galement le p&egrave;re Jes&uacute;s pour ses paroles qui mettent en lumi&egrave;re l’engagement des aum&ocirc;niers et des b&eacute;n&eacute;voles de la pastorale p&eacute;nitentiaire dioc&eacute;saine de Sant Feliu de Llobregat.</p> 
<p>Tout &ecirc;tre humain est “digne” du simple fait &laquo; d’avoir &eacute;t&eacute; voulu, cr&eacute;&eacute; et aim&eacute; par Dieu &raquo; (cf.&nbsp;<i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html#L%E2%80%99%C3%A9gale_dignit%C3%A9_de_tous_les_%C3%AAtres_humains">Magnifica humanitas</a></i>, n. 52). Il n’existe donc aucune situation qui puisse d&eacute;tourner de nous le regard du Seigneur. C’est une v&eacute;rit&eacute; r&eacute;confortante qui nous accompagne &agrave; chaque instant et qui nous rappelle que son amour mis&eacute;ricordieux d&eacute;passe toujours le bien ou le mal que nous avons pu faire.</p> 
<p>Cela vaut tout particuli&egrave;rement pour vous, chers fr&egrave;res et sœurs, qui portez le fardeau d’&ecirc;tre loin de vos proches et qui souffrez, en outre, &agrave; cause de votre situation actuelle. Lorsque la tentation vous prend de vous sentir inf&eacute;rieurs et que vous pensez que cela ne vaut pas la peine de continuer, “levez les yeux” vers Celui qui, &agrave; travers la pr&eacute;sence de tant de personnes, ne cesse jamais de vous montrer son amour et sa proximit&eacute;.</p> 
<p>M&ecirc;me si l’oppression et la tristesse marquent certains moments de votre chemin, rappelez-vous que les erreurs de la vie ne d&eacute;terminent pas l’identit&eacute; d’une personne. Saint Augustin, dans ses&nbsp;<i>Confessions</i>, nous fait part de son parcours de vie. Si nous faisons confiance &agrave; la gr&acirc;ce divine et nous laissons guider et transformer par elle, nous d&eacute;couvrons comment, dans notre vie, le pass&eacute; ne condamne pas l’avenir mais nous offre la possibilit&eacute; de changer nos d&eacute;cisions et nos choix.</p> 
<p>Faisons de la place au Seigneur dans notre cœur et cherchons sa face. Laissons-nous accompagner par son amour. Accrochons-nous &agrave; Lui qui nous invite sans cesse &agrave; l’esp&eacute;rance et nous montre un horizon merveilleux qu’aucune barri&egrave;re physique ne peut nous emp&ecirc;cher d’atteindre. Aujourd’hui encore Il continue de nous parler au plus profond de notre conscience pour nous faire d&eacute;couvrir qu’Il a sa demeure parmi nous. Il attend simplement que nous lui donnions une occasion.</p> 
<p>Chers amis, je vous invite &agrave; continuer de r&ecirc;ver le r&ecirc;ve de Dieu. &Agrave; chacun d’entre vous, je dis : Dieu t’aime tel que tu es, mais il te veut meilleur ! Le Seigneur nous permet &agrave; tous de repartir sans cesse &agrave; z&eacute;ro, car &ecirc;tre humain et &ecirc;tre chr&eacute;tien ne consiste pas &agrave; ne pas se tromper, mais &agrave; grandir dans la capacit&eacute; de se convertir, de se repentir, de se corriger et, surtout, de se r&eacute;concilier et de pardonner.</p> 
<p>Je vous confie tout particuli&egrave;rement &agrave; l’intercession maternelle de&nbsp;<i>Nuestra Se&ntilde;ora de la Merced</i>&nbsp;et, avec toute mon affection, je prie le Seigneur de vous b&eacute;nir. Merci beaucoup.</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Voyage apostolique en Espagne : Veillée de prière au Stade olympique Lluís Companys (Barcelone, 9 juin 2026)]]></title><pubDate>Tue, 09 Jun 2026 20:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260609-spagna-veglia.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260609-spagna-veglia.html</guid><description><![CDATA[<!-- Wed, 10 Jun 2026 09:18:04 +0200 --> <p><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260609-spagna-veglia.html#reponses">R&eacute;ponses du Saint-P&egrave;re</a></b></p> 
<p><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260609-spagna-veglia.html#homelie">Hom&eacute;lie du Saint-P&egrave;re</a></b></p> 
<p>______________________</p> 
<p><b><a name="reponses"></a>R&eacute;ponses du Saint-P&egrave;re</b></p> 
<p>1. <i>Saint-P&egrave;re, nous grandissons en entendant dire que le seul but de la vie est de produire, de r&eacute;ussir et de soigner notre image. J’ai moi-m&ecirc;me essay&eacute;, mais je n’y ai trouv&eacute; qu’un immense vide. En cherchant des r&eacute;ponses, ma vie a pris un tournant et, &agrave; P&acirc;ques dernier, j’ai re&ccedil;u le bapt&ecirc;me. Maintenant que ce chemin est nouveau pour moi, je vous demande&nbsp;: comment pouvons-nous garder les yeux lev&eacute;s vers ce qui compte vraiment, alors que la soci&eacute;t&eacute; nous pousse &agrave; regarder constamment vers le sol ou uniquement vers nous-m&ecirc;mes&nbsp;? Comment pouvons-nous d&eacute;couvrir notre v&eacute;ritable vocation au milieu de ce courant&nbsp;?</i></p> 
<p>Merci pour ce t&eacute;moignage. Je voudrais avant tout partager ta joie et celle de tous ceux qui, &agrave; P&acirc;ques cette ann&eacute;e, ont re&ccedil;u le sacrement du Bapt&ecirc;me.</p> 
<p>De nombreux jeunes et adultes red&eacute;couvrent la foi chr&eacute;tienne, peut-&ecirc;tre apr&egrave;s une p&eacute;riode de leur vie o&ugrave; ils s’&eacute;taient un peu &eacute;loign&eacute;s de Dieu. Il s’agit l&agrave; d’un pas vraiment important. En effet, tout ce que nous d&eacute;couvrons, accueillons et vivons progressivement au fil du chemin contribue certainement &agrave; notre croissance, &agrave; notre maturit&eacute; et &agrave; l’&eacute;largissement des espaces de vie en nous. Mais, en m&ecirc;me temps, au milieu des joies, des succ&egrave;s et des &eacute;checs, nous nous rendons compte que nous avons besoin d’une autre eau pour nous combler plus profond&eacute;ment. Notre d&eacute;sir de v&eacute;rit&eacute; et de bonheur a besoin d’un horizon plus vaste. Et cette soif est un don que Dieu lui-m&ecirc;me nous a fait&nbsp;: nous sommes faits pour l’infini et c’est pourquoi tout horizon fini, chaque &eacute;tape, chaque conqu&ecirc;te, tout en nous comblant, nous pousse en m&ecirc;me temps &agrave; aller de l’avant et nous invite &agrave; continuer &agrave; chercher, &agrave; chercher en avan&ccedil;ant, mais surtout &agrave; chercher en “descendant int&eacute;rieurement”, c’est-&agrave;-dire en allant au plus profond de nous-m&ecirc;mes.</p> 
<p>Et j’en reviens &agrave; la question avec deux br&egrave;ves r&eacute;flexions. La premi&egrave;re&nbsp;: il faut cultiver cette saine inqui&eacute;tude. Dans nos soci&eacute;t&eacute;s, en effet, l’idol&acirc;trie du profit et de la performance, la soif de devoir toujours produire et de devoir toujours gagner, ainsi que le culte de l’image de soi, ne sont que des anesth&eacute;siants destin&eacute;s &agrave; endormir notre conscience et &agrave; l’adapter &agrave; une certaine id&eacute;e de la soci&eacute;t&eacute;. Lorsque les personnes apprennent &agrave; s’arr&ecirc;ter, &agrave; donner de la valeur aux choses importantes, &agrave; appr&eacute;cier le temps d’une mani&egrave;re nouvelle et &agrave; r&eacute;fl&eacute;chir &agrave; leur propre vie en se laissant &eacute;clairer par l’&Eacute;vangile, elles d&eacute;veloppent &eacute;galement un esprit critique &agrave; l’&eacute;gard d’un syst&egrave;me social qui ne place pas la personne au centre et provoque des situations d’injustice et de pauvret&eacute; existentielles &agrave; divers niveaux. C’est pourquoi l’inqui&eacute;tude fait peur, tout comme la d&eacute;couverte de l’int&eacute;riorit&eacute;, de la spiritualit&eacute; et, plus encore, de l’&Eacute;vangile.</p> 
<p>La deuxi&egrave;me id&eacute;e&nbsp;: c’est dans ce monde-ci que nous devons cultiver l’inqui&eacute;tude, et non dans un autre. C’est au sein de cette soci&eacute;t&eacute; que toi et tant d’autres avez d&eacute;couvert la valeur d’une vie plus humaine, plus &eacute;panouie, ouverte &agrave; la rencontre avec Dieu et &agrave; la joie de la foi. Cela signifie que, malgr&eacute; les difficult&eacute;s, le lieu o&ugrave; Dieu se rend pr&eacute;sent et o&ugrave; nous devons trouver ses traces, c’est toujours la r&eacute;alit&eacute; dans laquelle nous nous trouvons. Nous croyons que le Saint-Esprit agit et œuvre silencieusement dans toutes les situations de la vie et de l’histoire, m&ecirc;me dans celles qui semblent les plus difficiles. Mais nous devons cultiver cette inqui&eacute;tude et lui faire de la place&nbsp;; comme je le disais, “chercher en nous-m&ecirc;mes”, en essayant de ne pas nous laisser submerger par le rythme effr&eacute;n&eacute; et les s&eacute;ductions ext&eacute;rieures, en cultivant des moments de silence, en prenant peut-&ecirc;tre quelques minutes par jour pour lire l’&Eacute;vangile et parler avec Dieu, et en essayant aussi de faire ce chemin int&eacute;rieur avec d’autres, en nous laissant accompagner dans les parcours eccl&eacute;siaux et en nous confrontant aux pr&ecirc;tres, aux religieux, aux personnes qui, comme nous, ont entrepris ce chemin.</p> 
<p><i>2. Saint-P&egrave;re, dans un monde o&ugrave; les choses sont dites haut et fort, certains aspects de la vie restent tus, par honte&nbsp;; comme la d&eacute;pression, une maladie silencieuse qui touche de nombreuses personnes, jeunes et adultes, et qui s’accompagne de t&eacute;n&egrave;bres, d’isolement et d’une douleur incommensurable. Parfois, cette douleur est si accablante que l’id&eacute;e de dispara&icirc;tre semble &ecirc;tre la seule issue. J’ai moi-m&ecirc;me lutt&eacute; pour sortir de cette maladie, en silence pendant des ann&eacute;es, et un vendredi soir, j’ai perdu la bataille et j’ai tent&eacute; de mettre fin &agrave; mes jours. Je suis ici parce que Dieu m’a donn&eacute; une seconde chance, et je lui en serai &eacute;ternellement reconnaissante, mais il y en a beaucoup d’autres qui continuent de faire face &agrave; cette obscurit&eacute;. C’est pourquoi je vous demande de tout mon cœur&nbsp;: o&ugrave; pouvons-nous voir Dieu quand l’obscurit&eacute; est totale et que nous n’en pouvons plus&nbsp;? Comment pouvons-nous faire confiance &agrave; Dieu, quand il semble que rien, pas m&ecirc;me soi-m&ecirc;me, n’en vaille la peine&nbsp;?</i></p> 
<p>Avant tout, merci de partager aujourd’hui ton exp&eacute;rience de la souffrance. Je suis &eacute;mu que tu puisses en parler, que tu sois ici parmi nous et que tu aies trouv&eacute; la force d’accueillir cette seconde chance que le Seigneur t’a donn&eacute;e. Tu t’es relev&eacute;e et tu as repris le chemin, et c’est l&agrave; un merveilleux miracle que l’on retrouve chez de nombreux personnages de l’&Eacute;vangile&nbsp;: au contact de J&eacute;sus, m&ecirc;me celui qui se sent perdu retrouve confiance en la vie, gu&eacute;rit de sa maladie et peut se relever pour recommencer &agrave; vivre.</p> 
<p>Dans ta question, tu as tout d’abord &eacute;voqu&eacute; la “maladie silencieuse” qu’est la d&eacute;pression, et il est important de prendre conscience de la mani&egrave;re dont la sant&eacute; mentale est de plus en plus menac&eacute;e dans le contexte de soci&eacute;t&eacute;s qui se consid&egrave;rent comme avanc&eacute;es. C’est le signe qu’il y a quelque chose de profond&eacute;ment erron&eacute; dans une certaine conception de la croissance qui soumet les individus &agrave; des pressions, des attentes et des tensions qui compromettent des &eacute;quilibres fondamentaux. C’est pourquoi il faut un syst&egrave;me de sant&eacute; qui inclue parmi ses priorit&eacute;s ce mal-&ecirc;tre invisible et g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;, qui touche &eacute;galement les jeunes.</p> 
<p>Tes paroles nous ont toutefois &eacute;galement montr&eacute; que la souffrance met &agrave; l’&eacute;preuve la foi et le sens que nous donnons &agrave; la vie. Cela vaut pour tout le monde, et pas seulement pour ceux qui, &agrave; un moment donn&eacute;, sont confront&eacute;s &agrave; l’&eacute;preuve de la maladie.</p> 
<p>En t’&eacute;coutant, j’ai pens&eacute; &agrave; ces heures d’obscurit&eacute;, d’angoisse et de douleur que J&eacute;sus a v&eacute;cues &agrave; l’approche de l’heure de sa mort. Les &Eacute;vangiles, lors du dernier souper et de la pri&egrave;re &agrave; Geths&eacute;mani, soulignent que le soir tombait, que la nuit s’installait, tout comme, peu avant sa mort sur la croix, ils nous disent que “toute la terre fut plong&eacute;e dans les t&eacute;n&egrave;bres”. Mais, en r&eacute;alit&eacute;, il ne s’agit pas seulement d’une souffrance personnelle&nbsp;; le Fils de Dieu assume dans sa propre chair toute l’angoisse, la solitude et la souffrance de l’humanit&eacute;. Dans ces heures sombres, mourant sur la croix, J&eacute;sus partage notre douleur et nous r&eacute;v&egrave;le le visage d’un Dieu compatissant qui porte nos peines, souffre avec nous, pleure nos larmes et reste &agrave; nos c&ocirc;t&eacute;s par sa pr&eacute;sence pleine d’amour et de mis&eacute;ricorde.</p> 
<p>Vivre cette exp&eacute;rience est difficile, comme en t&eacute;moignent &agrave; plusieurs reprises les &Eacute;critures. Il y a des moments d’obscurit&eacute; et de souffrance que notre soci&eacute;t&eacute; r&eacute;duit au silence, car certains mod&egrave;les culturels veulent justement que nous soyons toujours vainqueurs et parfaits et, pour cette raison, la limite, la fragilit&eacute; et la douleur doivent &ecirc;tre &eacute;limin&eacute;es, ou confin&eacute;es dans le silence assourdissant de la solitude, voire de la honte. Et, dans ces moments-l&agrave;, nous pouvons instinctivement penser que Dieu aussi nous a abandonn&eacute;s. Mais la croix de J&eacute;sus nous dit que Dieu ne nous abandonne pas, qu’Il reste crucifi&eacute; avec nous dans les moments de douleur et de solitude extr&ecirc;me, qu’Il recueille non seulement nos larmes, mais aussi le cri de notre souffrance que les autres n’entendent pas, un cri que J&eacute;sus a fait sien sur la croix en disant&nbsp;: &laquo;&nbsp;Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonn&eacute;&nbsp;?&nbsp;&raquo;. Il existe une cat&eacute;ch&egrave;se sur les derni&egrave;res heures de J&eacute;sus, dans laquelle Beno&icirc;t XVI dit que sa souffrance se transforme en pri&egrave;re et en cri, et que cela vaut &eacute;galement pour nous&nbsp;: face aux situations les plus difficiles et les plus douloureuses, lorsque Dieu semble absent, nous devons lui confier une fois de plus les fardeaux que nous portons dans notre cœur, m&ecirc;me en criant vers Lui, m&ecirc;me en protestant comme Job, s&ucirc;rs qu’Il se rend pr&eacute;sent d’une mani&egrave;re ou d’une autre et qu’Il est proche m&ecirc;me quand Il semble se taire. Mais je pense que nous ne pouvons pas le faire seuls. Dans les moments de douleur, du moins dans la mesure du possible, nous devons nous ouvrir &agrave; quelqu’un qui nous aide &agrave; formuler une pri&egrave;re simple, nous accompagne avec discr&eacute;tion sans se presser de nous expliquer cette douleur, nous prend par la main et nous fait sortir de ce cri.</p> 
<p>Ces exp&eacute;riences adressent &eacute;galement un message &agrave; nous, croyants, &agrave; toute l’&Eacute;glise&nbsp;: nous ne devons pas spiritualiser la douleur, en la ramenant de mani&egrave;re superficielle &agrave; la “volont&eacute; de Dieu” ou &agrave; un de ses myst&eacute;rieux projets, car cela risque de minimiser cette souffrance, de la r&eacute;duire au silence, de blesser les personnes. Dieu ne veut pas la souffrance, Il la porte avec nous et nous invite &agrave; Lui faire confiance avec pers&eacute;v&eacute;rance. Rappelons-nous ce que disait le Pape Fran&ccedil;ois&nbsp;: avec Dieu, la vie rena&icirc;t toujours.</p> 
<p><i>3. Bonsoir, Saint-P&egrave;re. Je viens d’une famille d’un quartier tr&egrave;s modeste de Barcelone. Quand j’&eacute;tais petite, mon p&egrave;re a tent&eacute; de tuer ma m&egrave;re qui a eu la vie sauve gr&acirc;ce &agrave; l’intervention d’un gar&ccedil;on qui a perdu la vie. Mon p&egrave;re a &eacute;t&eacute; incarc&eacute;r&eacute; et ma m&egrave;re a sombr&eacute; dans la toxicomanie. &Agrave; l’&acirc;ge de dix ans, les services sociaux m’ont prise en charge et m’ont emmen&eacute;e au centre pour mineurs de San Jos&eacute; de la Monta&ntilde;a. Au d&eacute;but, &ccedil;a a &eacute;t&eacute; dur, car je m’&eacute;tais construit un mur pour me prot&eacute;ger, dans lequel je ne laissais entrer personne. Mais petit &agrave; petit, j’ai fait l’exp&eacute;rience de l’amour familial pour la premi&egrave;re fois, et mon cœur s’est ouvert. L&agrave;-bas, on m’a parl&eacute; de J&eacute;sus, j’ai commenc&eacute; &agrave; prier et j’ai re&ccedil;u le bapt&ecirc;me. Cependant &agrave; l’adolescence, je me suis souvent rebell&eacute;e contre Dieu. On m’a alors invit&eacute;e &agrave; une retraite et c’est l&agrave; que j’ai fait l’exp&eacute;rience de l’amour de Dieu pour la premi&egrave;re fois. Cela fait d&eacute;j&agrave; quelques mois, et j’ai encore du mal &agrave; pardonner &agrave; mon p&egrave;re. Et parfois, je l&egrave;ve les yeux vers le ciel et je lui demande&nbsp;: o&ugrave; &eacute;tais-tu quand j’&eacute;tais petite&nbsp;? Saint-P&egrave;re, comment puis-je pardonner &agrave; mon p&egrave;re qui a failli me priver de ma m&egrave;re&nbsp;? Comment puis-je me r&eacute;concilier v&eacute;ritablement avec Dieu&nbsp;?</i></p> 
<p>Merci pour ton t&eacute;moignage et merci &eacute;galement pour ta question sur le pardon. C’est vraiment un signe de la gr&acirc;ce de Dieu que cette question surgisse d’un pass&eacute; si marqu&eacute; par la souffrance et que, malgr&eacute; la douleur, on ait le courage de se demander comment il est possible de pardonner &agrave; celui qui nous a fait du mal. Je voudrais &eacute;galement dire deux choses &agrave; ce sujet.</p> 
<p>La premi&egrave;re compl&egrave;te ce que je disais pr&eacute;c&eacute;demment sur la pr&eacute;sence de Dieu dans les moments de souffrance&nbsp;; au fond, toi aussi, tu poses cette question &agrave; propos de ton enfance, mais le contexte dans lequel se sont d&eacute;roul&eacute;s les &eacute;v&eacute;nements de ta vie nous invite &agrave; &eacute;largir le champ de notre question&nbsp;: devons-nous nous demander “o&ugrave; &eacute;tait Dieu” ou devons-nous nous interroger sur l’homme et sur l’humanit&eacute;, sur la fa&ccedil;on dont nous sommes parfois prisonniers du mal au point de devenir violents envers les autres, sur notre incapacit&eacute; &agrave; cultiver l’amour et &agrave; respecter les autres dans leur dignit&eacute; et leur libert&eacute;&nbsp;?</p> 
<p>Tant de faits divers, encore aujourd’hui, t&eacute;moignent d’un climat malsain dans les relations familiales, marqu&eacute;es par les abus et l’oppression, et en particulier par la violence &agrave; l’&eacute;gard des femmes, qui d&eacute;bouche malheureusement souvent sur des f&eacute;minicides. Nous sommes tous appel&eacute;s &agrave; nous attaquer &agrave; cette r&eacute;alit&eacute; dramatique, qui a des racines anthropologiques et culturelles, que ce soit &agrave; titre personnel ou en tant que soci&eacute;t&eacute;, car il nous appartient de l’affronter sous tous ses aspects. Nous ne pouvons pas attribuer &agrave; Dieu ce qui a &eacute;t&eacute; confi&eacute; &agrave; notre responsabilit&eacute;. Nous ne pouvons pas imaginer que Dieu, d’en haut, r&eacute;ponde automatiquement &agrave; nos besoins ou emp&ecirc;che miraculeusement le mal de se produire. Il nous a dot&eacute;s d’intelligence et de volont&eacute;, Il nous a donn&eacute; une conscience, Il nous a rev&ecirc;tus de dignit&eacute; et de libert&eacute;, et surtout, Il est venu &agrave; notre rencontre pour nous indiquer, en son Fils J&eacute;sus-Christ, le chemin &agrave; suivre afin que notre vie soit pleinement humaine et que la justice, la paix et la fraternit&eacute; r&egrave;gnent dans notre soci&eacute;t&eacute;. Il nous a donn&eacute; son Esprit, pr&eacute;cis&eacute;ment pour que l’amour soit la cl&eacute; de toutes nos relations humaines. Si la violence existe, si l’&eacute;go&iuml;sme l’emporte, si m&ecirc;me l’amour entre proches se transforme en haine, c’est nous-m&ecirc;mes, les dynamiques de notre soci&eacute;t&eacute;, la culture de l’individualisme, la tentation de la violence que nous devons interroger, et non Dieu.</p> 
<p>Une deuxi&egrave;me r&eacute;flexion concerne le pardon. Nous devons apprendre &agrave; consid&eacute;rer le pardon, ce rem&egrave;de puissant contre le mal qui gu&eacute;rit nos blessures int&eacute;rieures, comme faisant partie d’un processus, d’un cheminement. L’&Eacute;vangile lui-m&ecirc;me, si nous le lisons comme un livre de consignes, de commandements et de devoirs, risque de nous causer beaucoup de d&eacute;couragement et de frustration, car J&eacute;sus nous invite au pardon et nous constatons que nous n’en sommes pas capables. Or, il n’en est rien. C’est avant tout au Seigneur que nous devons implorer le pardon&nbsp;; continuer &agrave; demander – peut-&ecirc;tre toute notre vie durant – que le Seigneur &eacute;largisse en nous l’espace de l’amour pr&eacute;cis&eacute;ment l&agrave; o&ugrave; nous avons &eacute;t&eacute; bless&eacute;s, qu’il nous aide &agrave; nous r&eacute;concilier avec nous-m&ecirc;mes et avec cette partie de notre histoire marqu&eacute;e par la souffrance, qu’il transforme lentement le ressentiment en mis&eacute;ricorde et en compassion.</p> 
<p>C’est un long chemin, c’est un processus qui demande beaucoup de patience, c’est un travail que nous devons accomplir sur nous-m&ecirc;mes, tant sur le plan personnel qu’&agrave; travers d’autres parcours d’accompagnement et de r&eacute;conciliation int&eacute;rieure. Il ne faut pas se d&eacute;courager&nbsp;: dans le pardon, on avance &agrave; petits pas. La r&eacute;conciliation avec l’histoire est progressive et, surtout, nous ne devons pas penser que le pardon &eacute;quivaut toujours et dans tous les cas &agrave; revenir &agrave; la situation ant&eacute;rieure ou &agrave; vivre une relation &eacute;panouie avec ceux qui nous ont bless&eacute;s, en particulier lorsque le fait a &eacute;galement &eacute;t&eacute; marqu&eacute; par la violence. On peut garder un cœur ouvert envers cette personne, rejeter toute forme de haine ou de vengeance, s’efforcer de r&eacute;parer la relation dans la mesure du possible et, peut-&ecirc;tre, prier pour elle. Tout cela nous aide &agrave; entrer de plus en plus dans la dynamique du pardon et &agrave; nous r&eacute;concilier avec Dieu et avec les autres. Nous sommes des p&eacute;cheurs pardonn&eacute;s, nous sommes en paix et nous sommes capables de pardonner. Nous sommes ainsi capables d’&ecirc;tre des artisans de paix.</p> 
<p>__________________</p> 
<p><b><a name="homelie"></a>Hom&eacute;lie du Saint-P&egrave;re</b></p> 
<p>Chers fr&egrave;res et sœurs, fils et filles bien-aim&eacute;s de Dieu. Nous aussi, nous sommes comme Nicod&egrave;me, des p&egrave;lerins dans la nuit. Cette image &eacute;vang&eacute;lique nous transmet avant tout un message sur le chemin de la vie.</p> 
<p>Notre cheminement, nos d&eacute;sirs et tout ce que nous embrassons et vivons au quotidien, dans les joies et les d&eacute;faites, dans les aspirations et les projets, sont l’expression de notre qu&ecirc;te permanente&nbsp;: nous sommes des mendiants d’amour, nous avons faim et soif de v&eacute;rit&eacute;, nous sommes en qu&ecirc;te d’un sens profond qui nous soutienne, nous anime et nous aide &agrave; comprendre le myst&egrave;re de notre vie. Alors que nous avan&ccedil;ons lentement, &agrave; petits pas, nous sommes appel&eacute;s &agrave; dialoguer avec la p&eacute;nombre de notre propre condition humaine : la v&eacute;rit&eacute; nous manque, nous ne connaissons pas en profondeur le myst&egrave;re de nous-m&ecirc;mes et le vrai visage des autres, nous ne parvenons pas toujours &agrave; comprendre la v&eacute;rit&eacute; cach&eacute;e de la r&eacute;alit&eacute; qui nous entoure et des &eacute;v&eacute;nements qui se pr&eacute;sentent &agrave; nos yeux. Nous cherchons une lumi&egrave;re qui &eacute;claire le chemin.</p> 
<p>Mais Nicod&egrave;me nous parle aussi du chemin de la foi. Il ne s’agit pas d’un chemin parall&egrave;le &agrave; celui de notre existence humaine, mais ces deux parcours sont toujours intimement li&eacute;s. Comme nous l’avons entendu dans l’&Eacute;vangile, Dieu a tant aim&eacute; le monde qu’Il nous a donn&eacute; son Fils unique et, en Lui, s’est uni pour toujours &agrave; notre chair. Il est toujours aupr&egrave;s du P&egrave;re et aupr&egrave;s de nous ; ainsi, chaque fois que le myst&egrave;re de notre vie se d&eacute;ploie &agrave; la lumi&egrave;re d’un nouveau jour, dans tout ce que nous sommes et faisons, nous sommes en pr&eacute;sence de Dieu et nous sommes gard&eacute;s par son &eacute;treinte &eacute;ternelle : notre vie &laquo; est cach&eacute;e avec le Christ en Dieu &raquo; (<i>Col </i>3, 3). Et pourtant, nous faisons parfois l’exp&eacute;rience de la nuit de la foi, de la fatigue de croire, de la lassitude de l’esprit, du sentiment de disproportion face &agrave; l’appel de l’&Eacute;vangile, de l’amertume de nos &eacute;checs et de la peur de ne pas &ecirc;tre &agrave; la hauteur.</p> 
<p>Fr&egrave;res et sœurs, Nicod&egrave;me nous enseigne que ces nuits — qui accompagnent notre vie, notre chemin de foi et l’histoire dans laquelle nous vivons — sont un lieu de b&eacute;n&eacute;diction, un espace de renaissance, un sein qui donne toujours naissance &agrave; une vie nouvelle. Ces nuits nous d&eacute;pouillent et nous ram&egrave;nent &agrave; l’essentiel ; elles nous enl&egrave;vent les masques humains et religieux que nous portons le jour, pour ne pas &ecirc;tre reconnus ou pour donner une image de nous-m&ecirc;mes diff&eacute;rente de ce que nous sommes ; elles nous laissent &agrave; nu, dans nos lumi&egrave;res et dans nos ombres, nous ramenant &agrave; l’humilit&eacute; de savoir nous regarder en v&eacute;rit&eacute;, au-del&agrave; de la pr&eacute;somption de penser que notre chemin est d&eacute;j&agrave; accompli et que nous avan&ccedil;ons comme si nous avions une lumi&egrave;re claire sur tout, sur tous et m&ecirc;me sur Dieu.</p> 
<p>Cet “espace vide” que la nuit cr&eacute;e, m&ecirc;me lorsqu’il se pr&eacute;sente sous la forme de la souffrance ou de l’insatisfaction, de la d&eacute;sillusion ou de l’incr&eacute;dulit&eacute;, peut &ecirc;tre l’occasion de recevoir une vie nouvelle, de changer et de se renouveler, de “rena&icirc;tre d’en haut”, comme le dit J&eacute;sus &agrave; Nicod&egrave;me. Dieu, en effet, n’est pas venu pour juger le monde avec son p&eacute;ch&eacute; et la nuit de son infid&eacute;lit&eacute;, mais il a envoy&eacute; son Fils pour le sauver, pour donner au monde la vie &eacute;ternelle.</p> 
<p>Pour cela nous sommes aussi appel&eacute;s &agrave; ne pas juger les “nuits” ; ni les nuits de notre vie, ni celles de l’&Eacute;glise, ni celles de la soci&eacute;t&eacute; qui nous entoure. Dans la nuit, nous devons au contraire nous mettre en route comme le fait Nicod&egrave;me, continuer &agrave; interroger le Seigneur, nous ouvrir au souffle de l’Esprit pour accueillir la nuit non plus comme le signe d’un &eacute;chec, mais comme le d&eacute;but d’une vie nouvelle.</p> 
<p>En r&eacute;fl&eacute;chissant &agrave; notre cheminement personnel, mais aussi aux “nuits” de notre chemin eccl&eacute;sial et de l’Espagne, dans ses villes, de ses pauvret&eacute;s anciennes et nouvelles, de sa soci&eacute;t&eacute; et de sa culture, nous pouvons alors nous demander : quelles sont les “nuits” que nous traversons ? Que nous sugg&egrave;rent-elles ? En y p&eacute;n&eacute;trant et en regardant avec humilit&eacute; et sans pr&eacute;jug&eacute;s la r&eacute;alit&eacute; de ce que nous sommes, qu’est-ce que nous sommes appel&eacute;s &agrave; changer ? O&ugrave; devons-nous nous renouveler, dans quelle direction voulons-nous aller, quelle soci&eacute;t&eacute; voulons-nous construire ?</p> 
<p>Ne cessons pas de chercher, de nous interroger et de dialoguer, avec Dieu et entre nous, m&ecirc;me au cœur de la nuit. Marchons ensemble dans la foi qui harmonise la diversit&eacute; de nos id&eacute;es et de nos sensibilit&eacute;s, pour rechercher la v&eacute;rit&eacute; qui nous guide vers le bien commun, afin que ce pays soit un espace accueillant pour tous, o&ugrave; chacun est respect&eacute; dans sa dignit&eacute; de personne et aim&eacute; pour ce qu’il est. Ouvrons-nous au don de l’Esprit, en cherchant le Seigneur comme Nicod&egrave;me et en accueillant la lumi&egrave;re de son &Eacute;vangile, avec la certitude que nous ferons l’exp&eacute;rience en nous d’une vie nouvelle, d’une pr&eacute;sence qui b&eacute;nit, d’un amour gratuit qui nous aidera &agrave; passer de la nuit &agrave; la lumi&egrave;re. Car Dieu veut que rien ne se perde et d&eacute;sire d&egrave;s maintenant nous donner la vie &eacute;ternelle, pour nous conduire vers le bonheur qui n’a pas de fin.</p> 
<p>Que le Seigneur nous accorde, par l’intercession de la Vierge Marie, de nous ouvrir &agrave; Lui et de nous laisser embraser par le souffle de son Esprit.</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Voyage apostolique en Espagne : Prière du milieu du jour dans la Cathédrale Sainte-Croix et Sainte-Eulalie (Barcelone, 9 juin 2026)]]></title><pubDate>Tue, 09 Jun 2026 13:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/homilies/2026/documents/20260609-spagna-preghiera-ora-media.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/homilies/2026/documents/20260609-spagna-preghiera-ora-media.html</guid><description><![CDATA[<!-- Tue, 09 Jun 2026 14:36:27 +0200 --> <p><i>Chers frères et sœurs,</i></p>
<p>c’est avec une grande joie que j’entame ma visite en célébrant l’Heure de Sexte dans cette cathédrale, à vos côtés.</p>
<p>Le&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm">Concile Vatican II</a>&nbsp;définit l’Office divin comme « la voix de l’Épouse elle-même qui s’adresse à l’Époux&nbsp;» (<i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html">Sacrosanctum Concilium</a></i>, n. 84) et « la prière du Christ que celui-ci, uni à son Corps, présente au Père » (<i>ibid</i>.). La lecture que nous venons d’entendre souligne également que nous avons tous « été baptisés pour former un seul corps » (<i>1 Co</i>&nbsp;12, 13). Nous pouvons donc nous laisser guider, dans notre réflexion, précisément par ces deux images : l’Épouse et le Corps.</p>
<p>La première nous rappelle que l’Église, et en particulier cette assemblée, riche de dons et de charismes ainsi que de la diversité des histoires de chacun, est avant tout une Épouse aimée. Dieu vous a voulus ici, car il aime en vous et dans votre assemblée une beauté et une bonté uniques et sacrées. Il vous a choisis pour représenter aujourd’hui la « communauté des saints » (cf.&nbsp;<i>1 Co</i>&nbsp;1, 2) qui se trouve à Barcelone. C’est avec cette conscience que je vous invite à renouveler, d’un commun accord, votre résolution de marcher ensemble, tous, fidèles et pasteurs, sur les traces du Christ, vers la plénitude de la vie. L’Église est le fruit d’un acte d’amour qui la précède et qui vient de &nbsp;&nbsp;Dieu ; elle grandit avant tout en se laissant aimer par Lui, unie, avec un cœur humble et reconnaissant, car seul celui qui se laisse aimer par Dieu peut construire, avec les autres, les œuvres de l’amour.</p>
<p>À cet égard, le pape François, il y a quelques années, recommandait à cette communauté diocésaine de partir « de la rencontre avec le Christ » pour grandir « dans la fraternité, dans l’annonce de la Bonne Nouvelle de l’Évangile » (<i>Message vidéo à l’occasion de l’inauguration de la tour de la Vierge Marie de la basilique de la Sagrada Familia</i>, 8 décembre 2021), et, un an plus tard, il répétait aux séminaristes de ce même diocèse, en pèlerinage à Rome : « Ne cessez jamais de goûter et de vous souvenir de cet amour de prédilection qui se répand et se répandra abondamment dans votre cœur […]. N’éteignez jamais ce feu qui fera de vous d’intrépides prédicateurs de l’Évangile » (<i>Discours à la communauté du séminaire de Barcelone</i>, 10 décembre 2022). Ses paroles indiquent le climat que nous sommes appelés à diffuser dans nos milieux, dans les familles, dans les paroisses, sur les lieux de travail et de formation, au sein de la Curie et dans tout autre domaine de la vie : un climat familial où l’on vit ensemble, conscients de notre filiation et de notre appel commun, solidaires, ouverts, capables de miséricorde, de sacrifice, d’attention réciproque, de pardon.</p>
<p>Chers amis : Barcelone possède en cela une grande tradition d’Église. Saint Jean-Paul II le rappelait lors de sa visite ici, lorsqu’il louait « l’esprit d’accueil qui, tout au long de l’histoire, a conduit les Barcelonais et les Catalans, vous tous, à partager la citoyenneté humaine et chrétienne avec d’innombrables personnes » (<i>Angélus</i>, Barcelone, 7 novembre 1982), et il vous encourageait à « proclamer devant l’Église que cette ville et cette région sont une maison vaste et ouverte à la fraternité chrétienne » (<i>ibid</i>.).</p>
<p>Dans ses paroles se reflètent les visages de tant de frères et sœurs qui, parmi vous, se sont consacrés et se consacrent encore à construire l’harmonie et la communion, au-delà de toute polarisation. Et aujourd’hui encore, elles trouvent leur confirmation dans la vitalité des nombreuses œuvres d’annonce, de formation et de charité dont vous êtes tous les animateurs et les protagonistes.</p>
<p>Cela nous amène à la deuxième image sur laquelle nous voulons nous arrêter : celle du corps, objet immédiat de la lecture que nous venons d’entendre (cf.<i>1 Co&nbsp;</i>12, 12-13). Si le Christ est l’Époux qui nous a aimés le premier, il est aussi la Tête à laquelle nous sommes unis comme les membres d’un seul organisme, les uns au service des autres, « des gens de toute tribu, langue, peuple et nation » (<i>Ap</i>&nbsp;5, 9), tous animés par l’action du même Esprit, tous appelés à la même sainteté. Cela est également important, car cela nous rappelle que, pour nous, travailler ensemble n’est pas un choix de “style”, mais une nécessité physiologique, fondée sur la grâce accordée à chacun « selon la mesure du don fait par le Christ » (<i>Eph</i>&nbsp;4, 7), et à laquelle nous répondons en mettant en jeu les charismes reçus dans le respect des ministères confiés. C’est l’Esprit qui, comme les parties d’une seule structure vivante, nous pousse non seulement à nous donner sans réserve là où la Providence nous appelle, mais aussi à le faire selon les desseins de Dieu, dans l’obéissance et la confiance.</p>
<p>Comme dans un corps, il y a parmi nous aussi des membres plus forts et d’autres plus faibles, certains visibles, qui remplissent des fonctions évidentes vers l’extérieur, d’autres cachés, qui agissent de l’intérieur, dans certains cas ils accomplissent des fonctions vitales sans jamais s’arrêter, sans que personne ne s’en rende compte.</p>
<p>Les antithèses avec lesquelles nous pourrions illustrer la variété et l’importance des rôles et des missions que nous trouvons parmi nous sont infinies, mais le message est toujours le même : dans la richesse des dons reçus, nous sommes forts parce que nous sommes unis, et nous sommes unis parce que nous sommes animés par le même Esprit, l’Esprit du Christ, qui est Esprit de communion pour le salut de tous (cf.&nbsp;<i>Eph</i>&nbsp;4, 4). Il est donc important, pour chacun de nous, que rien ne détruise l’unité dans laquelle Dieu nous a constitués et vers la plénitude de laquelle il nous conduit jour après jour.</p>
<p>Barcelone est appelée «&nbsp;<i>Cap i Casal de Catalunya&nbsp;</i>». Cela confère à cette communauté, à vous tous, Barcelonais et Catalans, une vocation et une responsabilité particulières de devenir, avec l’aide de Dieu, des bâtisseurs d’unité.</p>
<p>Dans peu de temps, nous vénérerons les reliques de sainte Eulalie, co-patronne de cette cathédrale, de cet archidiocèse et de cette ville.</p>
<p>Saint Augustin, parlant des martyrs, disait : « Croirions-nous que c’est peu pour nous d’être avec ces héros, auxquels nous ne pouvons nous comparer, les membres d’un même corps […] nous obéissons au même Seigneur […], nous pratiquons la même charité et nous gardons la même unité » (<i>Sermon&nbsp;</i>280, 6).</p>
<p>Chers frères et sœurs : c’est dans cet esprit que nous aussi, dans un monde déchiré par les guerres et les divisions, dans une société de plus en plus fragmentée et individualiste, nous voulons être des “martyrs”, c’est-à-dire des témoins et des prophètes d’unité, d’accueil, de concorde et de paix, même au prix de sacrifices et de renoncements. Comme la vierge Eulalie et tant d’autres martyrs, nous voulons dire notre “oui”, prêts, si nécessaire, à mourir à nous-mêmes, à nous perdre pour nous retrouver, à renoncer au superflu pour construire sur ce qui est essentiel et dure pour toujours (cf.&nbsp;<i>Mt</i>&nbsp;16, 24-26).</p>
<p>C’est ce que nous enseigne le Crucifié, c’est à cela que nous invitent l’apôtre Paul et les exemples des saints, c’est ce que nous voulons faire ensemble, selon la prière de Jésus au Père, lors de la Cène : « Moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé » (<i>Jn&nbsp;</i>17, 23).</p>
<p>Que Marie, Mère de l’Église et Mère de l’unité, nous aide à rester fidèles à cet engagement et à cette mission : «<i>Sainte Marie de la Mercè, priez pour nous</i>».</p>
]]></description></item><item><title><![CDATA[Voyage apostolique en Espagne : Rencontre avec les bénévoles au Pavillon 3 de l’IFEMA Madrid (9 juin 2026)]]></title><pubDate>Tue, 09 Jun 2026 10:20:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260609-spagna-volontari.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260609-spagna-volontari.html</guid><description><![CDATA[<!-- Tue, 09 Jun 2026 11:56:04 +0200 --> <p><i>&Eacute;minence, don Jos&eacute;,<br /> Chers fr&egrave;res et sœurs, bonjour !</i></p> 
<p>Cette rencontre est la derni&egrave;re de l’&eacute;tape madril&egrave;ne de mon voyage apostolique, mais je suis tr&egrave;s heureux qu’elle ait lieu avec vous, b&eacute;n&eacute;voles. Chacun d’entre vous, ainsi que tous ceux qui n’ont pas pu &ecirc;tre pr&eacute;sents ici ce matin, vous m&eacute;ritez un &laquo;&nbsp;merci &raquo; tout particulier, car vous avez offert votre pr&eacute;sence, votre service, et vous l’avez fait par amour pour le Seigneur, pour l’&Eacute;glise et pour le Pape. Merci de tout cœur !</p> 
<p>Je remercie les deux &laquo; porte-parole &raquo; qui nous ont offert leurs t&eacute;moignages, ainsi que ceux qui ont r&eacute;alis&eacute; la vid&eacute;o et la prestation musicale.</p> 
<p>J’ai appris que, d&egrave;s le d&eacute;but, votre r&eacute;ponse &agrave; l’appel a &eacute;t&eacute; enthousiaste : en quelques jours, vous avez d&eacute;pass&eacute; les chiffres requis et les besoins ont ainsi &eacute;t&eacute; largement couverts. Vous avez pris des jours de cong&eacute;, certains d’entre vous se sont consacr&eacute;s &agrave; plein temps &agrave; cette t&acirc;che pendant des mois, mais chacun a donn&eacute; ce qu’il a pu, en offrant son cœur, ses mains, ses id&eacute;es, ses talents, ses sourires. Que Dieu vous r&eacute;compense comme Lui seul sait le faire !</p> 
<p>Je voudrais partager avec vous une simple r&eacute;flexion, que je r&eacute;sumerais ainsi : les chr&eacute;tiens sont appel&eacute;s &agrave; apporter au monde <i>le levain de la gratuit&eacute;</i>.</p> 
<p>J&eacute;sus a utilis&eacute; l’image du levain dans une parabole sur le Royaume des cieux, rapport&eacute;e par l’&eacute;vang&eacute;liste Matthieu : &laquo; Le Royaume des cieux est semblable &agrave; du levain qu’une femme a m&eacute;lang&eacute; &agrave; trois mesures de farine, jusqu’&agrave; ce que tout soit lev&eacute; &raquo; (<i>Mt</i> 13, 33). Votre exp&eacute;rience de ces derniers jours, comme celle de tant de fr&egrave;res et sœurs b&eacute;n&eacute;voles dans des circonstances similaires — je pense au Jubil&eacute; de l’ann&eacute;e derni&egrave;re —, est un signe du Royaume qui vient, et elle l’est par un aspect essentiel : la gratuit&eacute;.</p> 
<p>La gratuit&eacute; est un levain qui fait grandir la qualit&eacute; humaine, &eacute;thique et spirituelle d’une soci&eacute;t&eacute;, car on pourrait dire qu’elle est un trait typique de la &laquo; cit&eacute; de Dieu &raquo;. Dans un monde continuellement influenc&eacute; par la logique de l’int&eacute;r&ecirc;t et du profit, o&ugrave; le terme &laquo; croissance&nbsp;&raquo; se r&eacute;duit &agrave; la dimension &eacute;conomique et financi&egrave;re, il est n&eacute;cessaire de penser et de vivre selon la logique la plus vraie, c’est-&agrave;-dire celle d’une croissance humaine int&eacute;grale. C’est la logique de l’&Eacute;vangile, qui dit : &laquo; Et si vous ne faites du bien qu’&agrave; ceux qui vous font du bien, quel m&eacute;rite avez-vous ? Les p&eacute;cheurs aussi font de m&ecirc;me. Et si vous pr&ecirc;tez &agrave; ceux dont vous esp&eacute;rez &ecirc;tre rembours&eacute;s, quel m&eacute;rite avez-vous ? &raquo; (<i>Lc</i> 6, 33-34).</p> 
<p>Chers fr&egrave;res, J&eacute;sus-Christ est venu apporter au monde le levain du Royaume des cieux ; il l’a m&eacute;lang&eacute; &agrave; la p&acirc;te de notre humanit&eacute; malade pour la gu&eacute;rir de l’int&eacute;rieur, avec l’eau et le sang de son sacrifice et avec le feu de l’Esprit Saint. Et apr&egrave;s sa mort et sa r&eacute;surrection, il a envoy&eacute; ses disciples, avec la force de ce m&ecirc;me Esprit, pour qu’ils soient dans le monde des signes et des instruments de son Royaume, le Royaume d’amour, de justice, de paix. Cela se r&eacute;alise par la pr&eacute;dication, mais aussi, et je dirais m&ecirc;me davantage, &agrave; travers un style de vie, une mani&egrave;re de penser et de se comporter qui est celle de l’&Eacute;vangile. Or, une caract&eacute;ristique essentielle de ce style est la gratuit&eacute; dont vous avez t&eacute;moign&eacute; ces derniers jours ici &agrave; Madrid. Merci ! Peut-&ecirc;tre que les statistiques ne le montrent pas, mais nous savons que, ces jours-ci, gr&acirc;ce &agrave; vous aussi, cette ville a grandi et elle est plus proche du Royaume de Dieu. Est-ce notre m&eacute;rite ? Non ! Tout est gr&acirc;ce &agrave; lui ! Voici le secret&nbsp;: l’amour de Dieu, qui fait tourner le soleil et les astres, et qui touche le cœur de ceux qui ont rencontr&eacute; le &laquo; Seigneur J&eacute;sus, qui a dit : “Il y a plus de bonheur &agrave; donner qu’&agrave; recevoir” &raquo; (<i>Ac</i> 20, 35).</p> 
<p>Fr&egrave;res et sœurs, continuons sur cette voie ! Avec humilit&eacute; et douceur, sans aucune pr&eacute;somption, mais fermes dans la foi et g&eacute;n&eacute;reux dans le service. Que la Vierge Marie vous accorde d’&ecirc;tre le levain du Royaume, toujours et partout. Merci ! A bient&ocirc;t &agrave; Rome !</p> 
<p><i>Apr&egrave;s b&eacute;n&eacute;diction des premi&egrave;res pierres</i></p> 
<p><i>Don du calice</i></p> 
<p>Et je souhaite &eacute;galement laisser, en guise de don &agrave; toute la famille, ici &agrave; Madrid, en signe de communion au sein de l’&Eacute;glise, ce calice. N’oublions jamais ce que nous c&eacute;l&eacute;brons dans le m&eacute;morial du Christ qui nous a sauv&eacute;s.</p> 
<p><i>B&eacute;n&eacute;diction apostolique</i></p> 
<p>Je vous remercie tous infiniment.</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Voyage apostolique en Espagne : Rencontre avec la communauté diocésaine de Madrid au stade Santiago Bernabéu (Madrid, 8 juin 2026)]]></title><pubDate>Mon, 08 Jun 2026 19:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260608-spagna-comunita-diocesana.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260608-spagna-comunita-diocesana.html</guid><description><![CDATA[<!-- Tue, 09 Jun 2026 09:38:18 +0200 --> <p><i>Chers fr&egrave;res et ch&egrave;res sœurs, bonsoir !</i></p> 
<p>J’imagine que, pour un footballeur, marquer un but dans ce stade est quelque chose qui marque un peu sa vie. Mais, Don Jos&eacute; : aujourd’hui, l’&Eacute;glise de Madrid a marqu&eacute; un but magnifique pour l’&eacute;ternit&eacute; !</p> 
<p>Merci.</p> 
<p>Cette soir&eacute;e est un grand hymne de foi et je suis heureux d’unir ma voix &agrave; la v&ocirc;tre pour louer Dieu et renforcer les liens d’une si magnifique famille eccl&eacute;siale qui apprend l’art de la polyphonie, c’est-&agrave;-dire de l’unit&eacute; dans la diversit&eacute;. Je remercie votre archev&ecirc;que, Don Jos&eacute;, d’avoir introduit la parabole du chant qui montre que les chiffres, les donn&eacute;es et les faits ne suffisent pas &agrave; cr&eacute;er une communaut&eacute; : notre cœur a besoin de chanter, c’est-&agrave;-dire d’interpr&eacute;ter les &eacute;v&eacute;nements et les situations en c&eacute;l&eacute;brant avec les autres le sens qu’ils diffusent. Pour l’&Eacute;glise, cela se produit de mani&egrave;re singuli&egrave;re dans la liturgie, le grand M&eacute;morial de l’histoire qui nous a sauv&eacute;s.</p> 
<p>Chanter est un besoin qui impr&egrave;gne la vie en communaut&eacute; et interpelle la culture, l’incite &agrave; rester ouverte et en constante &eacute;volution. Vous &ecirc;tes l’&Eacute;glise dioc&eacute;saine au sein d’un peuple qui aime la musique, la danse et le fait d’&ecirc;tre ensemble, mais qui conna&icirc;t aussi les conflits, la r&eacute;signation et, parfois, le d&eacute;sespoir, situations dans lesquelles l’&Eacute;vangile peut ouvrir un chemin vers l’esp&eacute;rance. Vous t&eacute;moignez de l’&Eacute;vangile dans la capitale d’un grand pays europ&eacute;en, si&egrave;ge d’institutions et d’organisations dans lesquelles sont prises des d&eacute;cisions importantes pour le pr&eacute;sent et pour l’avenir, mais aussi destination de millions de visiteurs et de fr&egrave;res et sœurs en qu&ecirc;te de nouvelles opportunit&eacute;s. Votre joie sera contagieuse si, au lieu d’&ecirc;tre une &eacute;motion passag&egrave;re, elle devient un mode d’&ecirc;tre stable, un sentiment profond renouvelant les personnes, les groupes et la communaut&eacute; dioc&eacute;saine. Ce n’est pas un hasard si les ap&ocirc;tres, dans leurs &eacute;crits, invitent souvent les &Eacute;glises &agrave; la joie, la recommandant presque comme un commandement. C’est l’<i>Evangelii gaudium</i>, une r&eacute;ponse unanime &agrave; l’œuvre de Dieu en J&eacute;sus-Christ : sa vie, sa mort et sa r&eacute;surrection ont chang&eacute; &agrave; jamais la perception de l’histoire de ceux qui l’ont rencontr&eacute; et suivi, m&ecirc;me si c’est sous des formes et par des chemins diff&eacute;rents. Aujourd’hui encore, l’amour du Christ nous presse (cf. <i>2 Co</i> 5, 14) — le verbe utilis&eacute; par saint Paul signifie aussi &laquo; nous fascine &raquo; ; &laquo; nous maintient unis &raquo; ; &laquo; nous poss&egrave;de &raquo; — et nous appelle ainsi &agrave; la responsabilit&eacute; de l’action.</p> 
<p>Oui, chers fr&egrave;res et sœurs, comme certains d’entre vous en ont t&eacute;moign&eacute; ce soir, le bapt&ecirc;me change v&eacute;ritablement la vie. Nos sensibilit&eacute;s, nos origines et nos priorit&eacute;s se rejoignent dans le Christ et re&ccedil;oivent de sa vie la s&egrave;ve, comme les sarments de la vigne. Concr&egrave;tement, cela signifie qu’une grande partie de ce qui &eacute;tait d&eacute;j&agrave; en nous se transforme, parce qu’en s’orientant vers le service, elle cesse d’&ecirc;tre un don priv&eacute; et sert le bien commun. Il n’y a pas lieu de craindre que cela ne produise jamais d’uniformit&eacute;. &Agrave; cet &eacute;gard, le Nouveau Testament t&eacute;moigne, dans la vari&eacute;t&eacute; de ses voix, de la communion dans la diversit&eacute;, c’est-&agrave;-dire de la compr&eacute;hension qui a disparu &agrave; Babel o&ugrave;, selon le r&eacute;cit biblique, tous, contraints &agrave; un projet totalitaire et purement humain, ont fini par ne plus comprendre leur prochain.</p> 
<p>Dans l’Encyclique <i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html">Magnifica humanitas</a></i>, j’ai propos&eacute;, comme alternative &agrave; l’homog&eacute;n&eacute;isation et &agrave; la confusion, la figure de N&eacute;h&eacute;mie, mobilisant toute la communaut&eacute; pour reconstruire les murs de J&eacute;rusalem. &laquo; Reconstruire aujourd’hui, c’est reconna&icirc;tre que, dans la pluralit&eacute; des voix et des visions rappelant parfois la dispersion des langues, il existe n&eacute;anmoins une possibilit&eacute; lumineuse&nbsp;: celle de b&acirc;tir ensemble, en transformant la diversit&eacute; en ressource et en faisant de l’&eacute;coute comme du dialogue le terrain d’entente sur lequel faire grandir la justice et la fraternit&eacute;. Au sein de cette œuvre commune, les chr&eacute;tiens trouvent leur propre mani&egrave;re de construire&nbsp;: orienter l’action vers Dieu afin que, &agrave; sa lumi&egrave;re, le pluralisme ne se disperse pas dans le d&eacute;sordre, mais devienne, dans l’exercice de la synodalit&eacute;, l’espace o&ugrave; l’humanit&eacute; retrouve ses fondements solides et sa fin ultime. &raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html">Magnifica humanitas</a></i>, n. 10).</p> 
<p>Il existe donc un lien particulier entre l’&Eacute;glise et la ville, qui rev&ecirc;t une importance encore plus grande en cette p&eacute;riode de changement que nous traversons : un lien qui, naturellement, se concr&eacute;tise entre des personnes de chair et de sang, dans les relations de travail et de proximit&eacute;, mais aussi au sein des diff&eacute;rentes communaut&eacute;s, associations ou organismes de quartier. La sp&eacute;cificit&eacute; de la mission chr&eacute;tienne au sein des grandes r&eacute;alit&eacute;s urbaines, dans lesquelles &laquo; une culture in&eacute;dite palpite et se projette &raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html#D%C3%A9fis_des_cultures_urbaines">Evangelii gaudium</a></i>, n. 73), devient de plus en plus &eacute;vidente. La clart&eacute; sur ce point a beaucoup m&ucirc;ri tout au long du chemin synodal, ce qui nous a permis de nous conna&icirc;tre et de nous &eacute;couter plus profond&eacute;ment dans les contextes o&ugrave; la communaut&eacute; dioc&eacute;saine vit et se configure. La question qui devient la plus importante est la suivante : ce que nous sommes et ce que nous faisons comme chr&eacute;tiens, est-ce que cela parvient &laquo; l&agrave; o&ugrave; se forment les nouveaux r&eacute;cits et paradigmes &raquo;, c’est-&agrave;-dire aux &laquo;&nbsp;&eacute;l&eacute;ments centraux les plus profonds de l’&acirc;me de la ville &raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html#D%C3%A9fis_des_cultures_urbaines">ibid</a>.</i> 74) ? Il est certes difficile d’y r&eacute;pondre, mais cela est possible si nous cherchons ensemble la v&eacute;rit&eacute;.</p> 
<p>C’est pourquoi il est si important de ne pas nous disperser ni de nous enfermer chacun dans le groupe ou dans l’environnement dans lequel nous nous sentons d&eacute;j&agrave; en s&eacute;curit&eacute;, parmi des personnes qui chantent toujours la m&ecirc;me m&eacute;lodie. Pour atteindre le cœur de la ville, il faut cultiver la conscience que la v&eacute;rit&eacute; est symphonique et qu’elle nous d&eacute;passe toujours, cultiver le d&eacute;sir de rencontrer le Ressuscit&eacute; qui marche toujours devant nous, nous pr&eacute;c&egrave;de et est peut-&ecirc;tre d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sent l&agrave; o&ugrave; nous ne l’avons pas encore cherch&eacute;. C’est pourquoi le chercher et le suivre est la condition pour le d&eacute;signer : sinon, il n’y a pas d’&eacute;vang&eacute;lisation, et nous pouvons aujourd’hui mieux comprendre cela que par le pass&eacute;. Dans les grandes villes, plus qu’ailleurs, il nous semble parfois que nous n’avons plus les rep&egrave;res n&eacute;cessaires pour nous d&eacute;placer en toute s&eacute;curit&eacute;. Il faut donc r&eacute;apprendre l’art spirituel de la cordialit&eacute; sans lequel l’annonce elle-m&ecirc;me de l’&Eacute;vangile court le risque de devenir une r&eacute;p&eacute;tition impersonnelle et, en perdant de son efficacit&eacute;, de laisser place &agrave; la frustration et &agrave; la m&eacute;fiance.</p> 
<p>Chers fr&egrave;res et sœurs, Madrid est une grande ville o&ugrave; cohabitent des traditions et des &laquo; &acirc;mes &raquo; diff&eacute;rentes. Dieu conna&icirc;t chacun des cœurs de ses habitants. Il les conna&icirc;t comme Lui seul sait et peut le faire, c’est-&agrave;-dire dans l’amour et, par cons&eacute;quent, dans la libert&eacute;. Il est mis&eacute;ricorde infinie et veut que tous soient sauv&eacute;s. Il le d&eacute;sire au point de s’incarner et de prendre sur lui tout le p&eacute;ch&eacute;, le mal et ce qu’il y a de n&eacute;gatif dans le monde. Voici J&eacute;sus-Christ ! Voici la Bonne Nouvelle, la gr&acirc;ce que nous avons re&ccedil;ue et que nous sommes appel&eacute;s &agrave; partager avec tous ! Car nous sommes tous, sans exception, faits pour la vie et la vie en pl&eacute;nitude. La pr&eacute;sence de l’&Eacute;glise dans une grande ville est une parabole de ce myst&egrave;re du salut. Je pense au livre de Jonas, un joyau de la Bible que je vous invite &agrave; lire ou &agrave; relire, personnellement et en communaut&eacute;. Il n’est pas fortuit que ce soit pr&eacute;cis&eacute;ment dans les villes que les ap&ocirc;tres aient implant&eacute; l’&Eacute;glise naissante, rencontrant non seulement le rejet, mais aussi l’accueil l&agrave; o&ugrave;, de la mani&egrave;re la plus naturelle, les personnes sont confront&eacute;es &agrave; la diversit&eacute; et au changement.</p> 
<p>Que rien ne vous trouble, que rien ne vous effraie ! Ensemble, en tant qu’&Eacute;glise dioc&eacute;saine, vous pouvez offrir le t&eacute;moignage &eacute;vang&eacute;lique qui lib&egrave;re les meilleures forces d’une humanit&eacute; bombard&eacute;e d’images et de mots, mais affam&eacute;e de justice et assoiff&eacute;e de v&eacute;rit&eacute;. Ayez confiance dans le fait de plus en plus &eacute;vident qu’on peut revenir &agrave; la foi ou la d&eacute;couvrir pour la premi&egrave;re fois &agrave; l’&acirc;ge adulte. Pr&eacute;parez-vous &agrave; accueillir les nouveaux &laquo;&nbsp;commen&ccedil;ants&nbsp;&raquo; non pas comme une exception, mais comme la r&egrave;gle de la mission. L’investissement dans les conseils paroissiaux et dioc&eacute;sains n’a pas d’autre objectif que celui-ci : modifier la sensibilit&eacute; de chacun gr&acirc;ce &agrave; une &eacute;coute plus profonde de ce que l’Esprit dit &agrave; l’&Eacute;glise. Il serait dommage de les r&eacute;duire &agrave; de simples formalit&eacute;s bureaucratiques. Ce sont des espaces d’&eacute;coute r&eacute;ciproque pour l’exercice du discernement, sans lequel non seulement chacun suit son propre chemin, si bien que nous courons le risque de ne pas comprendre o&ugrave; le Seigneur nous veut, ce qu’Il attend de nous, &agrave; quelles conversions Il nous appelle. Lorsque nous prenons soin de ces espaces, alors le culte se transforme en vie et des liens de fraternit&eacute; ainsi que des projets de solidarit&eacute; entre les personnes apparaissent.</p> 
<p>J’invite les pr&ecirc;tres &agrave; envisager la pratique du discernement communautaire comme l’une des plus grandes opportunit&eacute;s que la synodalit&eacute; offre &agrave; leur minist&egrave;re. Chers fr&egrave;res, sans vous &eacute;loigner de l’essentiel, le fait de vous arr&ecirc;ter r&eacute;guli&egrave;rement avec votre peuple pour interpr&eacute;ter la vie des quartiers, les changements culturels, les tensions sociales et les pratiques eccl&eacute;siales &agrave; la lumi&egrave;re de l’&Eacute;vangile enrichira et consolera votre minist&egrave;re. Cela aidera &eacute;galement chacun comme chaque communaut&eacute; &agrave; sortir de l’isolement et &agrave; faire l’exp&eacute;rience de la joie de l’Esprit Saint. En effet, quand nous r&eacute;duisons la vie eccl&eacute;siale &agrave; une routine dans laquelle chacun reste enferm&eacute; dans ses habitudes ou dans son r&ocirc;le, ce qui nous manque, c’est l’Esprit. Celui-ci suscite des vocations et les unit, provoquant parfois agitation, discussion, recherche de nouveaux &eacute;quilibres. Ne vous effrayez pas de tout cela, mais profitez-en.</p> 
<p>Les anecdotes que nous avons entendues ce soir nous racontent, ou plut&ocirc;t &laquo; nous chantent &raquo;, combien il y a de vie dans cette &Eacute;glise. L’un d’entre vous a donn&eacute; le t&eacute;moignage suivant : &laquo; Je peux dire sans h&eacute;siter que j’aime profond&eacute;ment l’&Eacute;glise, famille de Dieu, o&ugrave; nous avons tous une place &raquo;. Un autre a dit : &laquo; J’ai ressenti une grande joie et une grande responsabilit&eacute; en devenant un membre plus actif de la communaut&eacute; et en partageant mes dons avec le reste des membres de l’&Eacute;glise &raquo;. Et d’autres encore ont dit : &laquo; Pour nous, servir dans ces programmes n’est pas seulement une fa&ccedil;on d’aider, mais aussi une mani&egrave;re de rendre tout l’amour et le soutien que nous avons re&ccedil;us &raquo;. Voici l’&Eacute;glise, chers fr&egrave;res et sœurs ! Voici la musique de l’&Eacute;vangile, avec son rythme contagieux. Quand elle touche le cœur, elle fait dire qu’on s’est senti accueilli &agrave; bras ouverts, comme cette sœur venue du P&eacute;rou &agrave; Madrid. Beaucoup, comme elle et sa famille, ont d’abord peur de s’approcher, car ils ont entendu parler de pr&eacute;jug&eacute;s et de d&eacute;ceptions. La bont&eacute;, m&ecirc;me si elle ne vient que de quelques-uns, peut vaincre la peur de beaucoup. Soyez, pour tous, comme une Bible ouverte : que l’on puisse trouver la Parole de Dieu sur vos visages et dans votre vie. L’amour, en effet, est le langage qui fait que tous se sentent chez eux. Merci beaucoup.</p> 
<p>Prions ensemble avec les paroles que J&eacute;sus nous a enseign&eacute;es.</p> 
<p><i>Notre P&egrave;re</i></p> 
<p><i>B&eacute;n&eacute;diction</i></p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Voyage apostolique en Espagne : Prière et hommage à la Vierge de l'Almudena dans la Cathédrale Sainte-Marie de l'Almudena (Madrid, 8 juin 2026)]]></title><pubDate>Mon, 08 Jun 2026 18:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260608-spagna-almudena.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260608-spagna-almudena.html</guid><description><![CDATA[<!-- Mon, 08 Jun 2026 19:06:28 +0200 --> <p>Je remercie Son &Eacute;minence, l’archev&ecirc;que de Madrid, pour les paroles qu’il m’a adress&eacute;es. Je vous salue avec affection, vous tous, fr&egrave;res et sœurs, qui, avec joie et ferveur, vous joignez aujourd’hui &agrave; l’hommage que nous rendons &agrave; Notre-Dame de l’Almudena, M&egrave;re et Protectrice de cet archidioc&egrave;se, et au cours duquel je d&eacute;poserai &agrave; ses pieds la rose d’or, symbole de l’amour filial du Pape pour la Vierge Marie.</p> 
<p>Au fil des si&egrave;cles, de nombreuses g&eacute;n&eacute;rations de Madril&egrave;nes ont v&eacute;n&eacute;r&eacute; cette image de Sainte Marie qui porte son divin Fils dans ses bras et nous le pr&eacute;sente. La tradition raconte qu’en des moments difficiles pour la communaut&eacute; chr&eacute;tienne, afin de prot&eacute;ger la sculpture de la Vierge, ils la cach&egrave;rent dans une niche des remparts de la Citadelle, o&ugrave; elle resta longtemps oubli&eacute;e, jusqu’&agrave; qu’elle soit retrouv&eacute;e intacte apr&egrave;s l’effondrement miraculeux d’une partie des murs.</p> 
<p>Cette d&eacute;votion mariale mill&eacute;naire, si ch&egrave;re &agrave; vous tous, est un signe des racines chr&eacute;tiennes qui vous caract&eacute;risent et vous donnent vie, mais aussi de la grande esp&eacute;rance qui continue de vous animer pour aller de l’avant. C’est gr&acirc;ce &agrave; un mur d&eacute;moli qu’advinrent les retrouvailles de la M&egrave;re avec son peuple. Et cet &eacute;v&eacute;nement est providentiel, car il indique le chemin que J&eacute;sus, par l’interm&eacute;diaire de sa Tr&egrave;s Sainte M&egrave;re, nous invite &agrave; parcourir. Dans un premier temps, un mur qui tombe provoque du bruit, du chaos, du d&eacute;sordre ; mais il ouvre aussi des espaces, r&eacute;tablit des possibilit&eacute;s et favorise des renouveaux. Dans nos soci&eacute;t&eacute;s actuelles, il existe encore de nombreux murs qui ne prot&egrave;gent pas, mais divisent, &eacute;loignent et isolent. Et parfois, en pensant que les abattre implique de devoir affronter ce qui ne nous pla&icirc;t pas, nous pr&eacute;f&eacute;rons le confort de simplement les consolider et, le plus souvent, les ignorer.</p> 
<p>Et pourtant, Notre-Dame de l’Almudena, par sa pr&eacute;sence et l’assurance de sa protection, nous dit quelque chose d’autre : pour construire du nouveau, du beau et du durable, il faut &ecirc;tre pr&ecirc;t &agrave; d&eacute;truire les murs, car pour reprendre la route, il faut des espaces qui nous permettent d’entrevoir l’horizon.</p> 
<p>Convaincus que le Seigneur chemine avec son Peuple saint, qu’il &eacute;coute ses craintes et accueille avec sollicitude tous ses efforts en faveur du bien, je vous exhorte &agrave; ne pas faiblir dans votre t&eacute;moignage de foi, pour contempler le dessein d’amour du P&egrave;re ; de charit&eacute;, pour vous unir, tel une unique famille de fr&egrave;res et de sœurs ; et d’esp&eacute;rance, pour vous soutenir dans votre action au coeur du monde. Et qu’avec l’exemple et l’intercession de Sainte Marie la Reine de l’Almudena, la Vierge du Magnificat qui continue de proclamer la grandeur du Seigneur et de se r&eacute;jouir en Dieu son Sauveur, Il garde et fortifie votre amour pour J&eacute;sus et pour l’&Eacute;glise, afin que vous puissiez &ecirc;tre des b&acirc;tisseurs de liens qui restaurent le langage universel de la communion, de l’amour fraternel et de la concorde.</p> 
<p>Et, faisant miennes quelques paroles de l’hymne qui lui est d&eacute;di&eacute;, je vous confie &agrave; l’aide puissante de son amour maternel :</p> 
<p><i>Sainte Marie de l’Almudena,<br /> Vierge et M&egrave;re du R&eacute;dempteur,<br /> Reine du Ciel, M&egrave;re d’Amour,<br /> sous ton manteau, Vierge simple,<br /> tes enfants cherchent ta protection,<br /> M&egrave;re aimante, Temple de Dieu,<br /> prot&egrave;ge-nous, Notre Dame, et aide-nous &agrave; &ecirc;tre<br /> des b&acirc;tisseurs de paix et de r&eacute;conciliation.<br /> Amen.</i></p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Voyage apostolique en Espagne : Rencontre avec les Évêques d'Espagne au siège de la Conférence épiscopale (Madrid, 8 juin 2026)]]></title><pubDate>Mon, 08 Jun 2026 11:30:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260608-spagna-vescovi.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260608-spagna-vescovi.html</guid><description><![CDATA[<!-- Mon, 08 Jun 2026 13:01:23 +0200 --> <p><i>Chers fr&egrave;res dans l’&Eacute;piscopat :</i></p> 
<p>C’est avec une grande joie que je me pr&eacute;sente devant vous en ce troisi&egrave;me jour de mon Voyage apostolique en Espagne. Apr&egrave;s avoir salu&eacute; les repr&eacute;sentants politiques qui m’ont re&ccedil;u au Parlement, je voudrais maintenant profiter de ces moments pass&eacute;s ensemble pour raviver la communion, comme J&eacute;sus le conseillait &agrave; ses ap&ocirc;tres (cf. <i>Mc</i> 6, 31). Je remercie Mgr Luis Javier Arg&uuml;ello Garc&iacute;a pour les paroles aimables qu’il m’a adress&eacute;es en tant que Pr&eacute;sident de la Conf&eacute;rence et en votre nom. J’esp&egrave;re que les miennes pourront s’inscrire dans ce dialogue dans l’Esprit qui consiste &agrave; accueillir tout le bien que le Seigneur nous dit &agrave; travers notre fr&egrave;re. Le chemin synodal entrepris par l’&Eacute;glise est un processus d’&eacute;coute en profondeur. &Ecirc;tre capable de reconna&icirc;tre la voix de Dieu qui parle &agrave; travers la communaut&eacute; eccl&eacute;siale est l’une de ses valeurs fondamentales.</p> 
<p>C’est un dialogue f&eacute;cond qu’en tant qu’&Eacute;glise, vous d&eacute;finissez de diff&eacute;rentes mani&egrave;res. Une manifestation concr&egrave;te, que nous pouvons &eacute;voquer, est celle des congr&egrave;s que vous organisez. Je m’attarde sur ceux qui se sont tenus en 2020 et 2025 qui ont eu un retentissement particulier : <i>Peuple de Dieu en sortie</i> et <i>Pour qui suis-je ? Assembl&eacute;e des appel&eacute;s &agrave; la mission</i>. Leurs th&egrave;mes abordent les questions essentielles&nbsp;: comment relever les d&eacute;fis actuels ? et qui est appel&eacute; &agrave; relever ce d&eacute;fi ?</p> 
<p>Dans ma contribution &agrave; cette r&eacute;flexion, j’ai eu l’id&eacute;e de vous proposer l’image d’un voyage dont la destination est Dieu, vers qui <i>nous levons les yeux</i>. C’est un voyage <i>sui generis</i>, car nous ne nous d&eacute;pla&ccedil;ons pas r&eacute;ellement physiquement, mais c’est un voyage dans lequel nous voulons laisser notre cœur s’envoler.</p> 
<p>Une tentation lors des voyages est de nous focaliser sur ce que nous laissons derri&egrave;re nous, les lieux, les choses, les formes, sans nous ouvrir, dans la docilit&eacute; &agrave; l’Esprit, &agrave; la nouveaut&eacute; de ce que nous rencontrons. &Agrave; cette tentation s’ajoute celle des bagages que, pour des raisons similaires, nous remplissons d’objets inutiles qui finissent par devenir un fardeau. D’autre part, il ne faut pas non plus oublier ce que nous apprennent les vicissitudes de tant d’&eacute;migrants : une personne seule, sans racines et sans ressources, est quelqu’un qui souffre terriblement et qui a beaucoup de mal &agrave; &eacute;tablir des liens solides l&agrave; o&ugrave; elle arrive.</p> 
<p>Ainsi, dans cette premi&egrave;re phase de notre p&eacute;riple, notre r&eacute;ponse &agrave; la question de savoir comment relever ce d&eacute;fi que nous nous sommes fix&eacute; doit allier avec prudence libert&eacute; et courage, afin d’abandonner les structures qui ne nous aident pas, qui ne r&eacute;pondent pas &agrave; nos attentes, voire qui nous &eacute;loignent de notre but, tout en conservant comme un tr&eacute;sor ce qui nous aide &agrave; l’atteindre. Comment ne pas &eacute;voquer ici l’immense patrimoine chr&eacute;tien de votre terre, l’immense capacit&eacute; de rassemblement que cette richesse nous procure : par sa beaut&eacute; qui touche m&ecirc;me le non-croyant, ou par les liens d’appartenance qu’elle a su tisser dans l’identit&eacute; spirituelle de chaque recoin de ce peuple bien-aim&eacute;, et qui demeurent pr&eacute;sents m&ecirc;me dans les moments o&ugrave; sa foi vacille. Un immense d&eacute;fi, certes, auquel nous sommes appel&eacute;s &agrave; r&eacute;pondre avec courage, afin que ce patrimoine produise les fruits dont il est capable.</p> 
<p>Un autre tr&eacute;sor que nous ne pouvons oublier dans notre sac est le viatique du p&egrave;lerin. Le Pain de la Parole et de l’Eucharistie nous est encore plus n&eacute;cessaire que la nourriture mat&eacute;rielle, car il nous ouvre le chemin du salut. Il ne s’agit pas de savoir comment rendre la c&eacute;l&eacute;bration plus ou moins attrayante, mais de sentir que, si nous faisons partie de Lui, son absence nous cause un malaise que l’on peut comparer &agrave; la faim physique. La vie sacramentelle rythme notre existence comme celle d’un enfant qui re&ccedil;oit la nourriture de sa m&egrave;re, comme celle d’un sportif qui dose ses forces pour atteindre la ligne d’arriv&eacute;e.</p> 
<p>Par ailleurs, lorsqu’on voyage, nous avons souvent beaucoup de mal &agrave; communiquer avec les autres. Que ce soit en raison des diff&eacute;rences de langue et de culture, de la m&eacute;fiance face &agrave; l’inconnu, ou encore des querelles et des malentendus qui peuvent survenir m&ecirc;me entre des personnes proches, nous nous sentons limit&eacute;s lorsqu’il s’agit de nous exprimer ou de comprendre notre interlocuteur. C’est une exp&eacute;rience que nous pouvons transposer &agrave; l’annonce de l’&Eacute;vangile, &agrave; l’accueil de l’autre, &agrave; la capacit&eacute; de r&eacute;pondre aux interrogations du monde qui nous entoure ou &agrave; la n&eacute;cessit&eacute; de susciter la coresponsabilit&eacute; des membres de la communaut&eacute; dans nos actions pastorales. Si nous avons dit pr&eacute;c&eacute;demment que nous devons abandonner tout ce qui nous freine et nous &eacute;loigne, le mot d’ordre doit d&eacute;sormais &ecirc;tre que notre patrimoine soit toujours un instrument et une occasion de dialogue avec ceux que nous rencontrons sur notre chemin.</p> 
<p>Comme c’est le cas pour les p&egrave;lerins du Chemin de Saint-Jacques, notre voyage peut nous faire traverser ces immenses plaines castillanes, vides &agrave; nos yeux. Les rares rencontres de ces p&egrave;lerins avec quelques personnes &acirc;g&eacute;es ou des travailleurs &eacute;trangers peuvent &ecirc;tre une m&eacute;taphore de nombreuses situations sociales que l’on per&ccedil;oit malheureusement dans certaines de vos r&eacute;alit&eacute;s eccl&eacute;siales. Ce n’est pas la premi&egrave;re fois que l’Espagne est confront&eacute;e &agrave; une situation analogue : dans le pass&eacute;, par exemple, lorsque l’&Eacute;glise a d&ucirc; reconstruire sa pr&eacute;sence sur les franges de terre br&ucirc;l&eacute;e, des mod&egrave;les d’&eacute;vang&eacute;lisation ont vu le jour qui ont ensuite &eacute;t&eacute; export&eacute;s vers l’Am&eacute;rique et qui peuvent nous aider ici dans notre mission.</p> 
<p>Comme &agrave; l’&eacute;poque, nous sommes appel&eacute;s &agrave; construire une nouvelle r&eacute;alit&eacute;, &agrave; travers un dialogue respectueux et l’utilisation de nouveaux langages, comme l’a fait le c&eacute;l&egrave;bre saint alfaqui de Grenade, fr&egrave;re Hernando de Talavera, et comme l’a r&eacute;p&eacute;t&eacute; plus tard en Am&eacute;rique saint Toribio de Mogrovejo, dont nous c&eacute;l&eacute;brons le troisi&egrave;me centenaire de la canonisation, en le pr&eacute;sentant pr&eacute;cis&eacute;ment comme un mod&egrave;le d’&eacute;v&ecirc;que en sortie en cette p&eacute;riode de mission et de r&eacute;organisation eccl&eacute;siale. M&ecirc;me si les langages de cette &egrave;re num&eacute;rique sont diff&eacute;rents et que les cultures qui composent aujourd’hui la mosa&iuml;que de nos r&eacute;alit&eacute;s, avec des migrants venus des quatre coins du monde, ont &eacute;galement chang&eacute;, l’esprit doit rester le m&ecirc;me.</p> 
<p>Quels sont les points essentiels de cet esprit ? Le premier concerne la capacit&eacute; &agrave; communiquer, &agrave; dialoguer avec chaque r&eacute;alit&eacute; pr&eacute;sente sur notre territoire, &agrave; s’abaisser non seulement pour comprendre, mais aussi pour partager. Ce n’est qu’en mettant en commun tout ce qu’il y a de bon dans notre propre patrimoine, chacun apportant sa pierre &agrave; l’&eacute;difice, que nous pourrons construire une r&eacute;alit&eacute; nouvelle dans laquelle la foi pourra s’enraciner profond&eacute;ment. Pour cela, il faut logiquement commencer par apprendre le langage de l’autre, initier des processus et tisser des liens o&ugrave; semer la graine du Royaume. Le deuxi&egrave;me est l’appel &agrave; cr&eacute;er des r&eacute;alit&eacute;s capables elles-m&ecirc;mes de communiquer leur propre exp&eacute;rience de foi. Capables de porter — comme l’a fait Toribio — l’exp&eacute;rience de Grenade en Am&eacute;rique, c’est-&agrave;-dire de mettre dans nos bagages les ressources qui nous permettront d’affronter avec franchise les d&eacute;fis toujours nouveaux de l’&eacute;vang&eacute;lisation en toute circonstance.</p> 
<p>Apr&egrave;s les plaines d&eacute;sertes, nous trouverons aussi de grandes villes, o&ugrave; le silence et l’&eacute;loignement ne sont pas spatiaux mais intimes. Les r&eacute;ponses seront diff&eacute;rentes, mais les processus pour y parvenir, analogues : &eacute;coute, compr&eacute;hension, respect, g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; et franchise.</p> 
<p>Les p&egrave;lerins partent souvent de nuit et, bien souvent, cette obscurit&eacute; initiale du chemin peut les effrayer. Nous pourrions &eacute;voquer l’hymne des v&ecirc;pres, <i>La noche es tiempo de salvaci&oacute;n</i> (<i>La nuit est temps de salut)</i>, pour dire que, si nous sommes en bonne compagnie, les difficult&eacute;s du chemin et le risque de s’&eacute;garer s’amenuisent. C’est le Seigneur qui nous guide, c’est Lui le ma&icirc;tre de l’histoire et de chacune de nos histoires, c’est Lui qui d&eacute;termine les temps. Nous marchons &agrave; sa suite, mieux encore, nous marchons avec Lui comme les membres d’un seul corps. Ce lien profond exige de l’&Eacute;glise, en cette p&eacute;riode de polarisations et d’oppositions de plus en plus dures, un t&eacute;moignage d’unit&eacute; dans la pluralit&eacute; : une communion capable d’accueillir la richesse des dons, des charismes, des sensibilit&eacute;s que l’Esprit Saint suscite au sein du Peuple de Dieu. L’image du Christ se reconna&icirc;t dans la mosa&iuml;que vivante de l’&Eacute;glise, o&ugrave; de nombreuses tesselles, sans se confondre, convergent pour manifester la beaut&eacute; de l’unique Seigneur.</p> 
<p>Dans cette t&acirc;che, le minist&egrave;re de l’&eacute;v&ecirc;que assume une responsabilit&eacute; particuli&egrave;re. Nous sommes appel&eacute;s &agrave; &ecirc;tre un principe visible de communion, en premier lieu de la communion avec le Christ, en gardant avec amour la foi re&ccedil;ue, dans la docilit&eacute; &agrave; la Parole de Dieu et &agrave; la Tradition vivante de l’&Eacute;glise ; ensuite, dans la communion avec le Successeur de Pierre et avec l’&Eacute;glise universelle, avec le presbyterium et avec la communaut&eacute; dioc&eacute;saine elle-m&ecirc;me, avec la vie consacr&eacute;e, avec les mouvements, avec les associations et avec chaque charisme authentique que l’Esprit donne pour l’&eacute;dification commune. Votre mission vous demande de garder l’unit&eacute;, de favoriser le dialogue, de gu&eacute;rir les fractures et d’accompagner le chemin du peuple confi&eacute; &agrave; vos soins.</p> 
<p>La communion ainsi v&eacute;cue poss&egrave;de &eacute;galement une force missionnaire. Une &Eacute;glise r&eacute;concili&eacute;e en son sein peut s’adresser avec plus de libert&eacute; &agrave; ses fr&egrave;res d’autres confessions chr&eacute;tiennes et d’autres religions, &agrave; ceux qui ne croient pas, aux autorit&eacute;s civiles et &agrave; tous les hommes de bonne volont&eacute; qui œuvrent pour le bien commun.</p> 
<p>Cet appel &agrave; &ecirc;tre signe de communion dans le Christ, en marchant dans l’unit&eacute; et en tendant la main au fr&egrave;re que nous rencontrons, nous place face &agrave; un autre d&eacute;fi qui touche aujourd’hui le cœur de beaucoup&nbsp;: la difficult&eacute; d’assumer des engagements d&eacute;finitifs et de prendre des d&eacute;cisions vitales profondes. Chez tant de jeunes, et pas seulement chez eux, la question : “&Agrave; qui suis-je destin&eacute; ?” r&eacute;sonne comme une recherche sinc&egrave;re de sens, d’appartenance et de don. Le cœur humain ne se comble pas en accumulant des exp&eacute;riences, des possibilit&eacute;s ou des certitudes provisoires. Il se comble lorsqu’il d&eacute;couvre un appel, lorsqu’il comprend que la vie n’atteint sa pl&eacute;nitude que si elle est donn&eacute;e.</p> 
<p>C’est pourquoi la pastorale vocationnelle ne peut se r&eacute;duire &agrave; une simple recherche de chiffres. Elle na&icirc;t de communaut&eacute;s vivantes, de pr&ecirc;tres heureux, de familles capables de t&eacute;moigner de la beaut&eacute; de la fid&eacute;lit&eacute;, d’une &Eacute;glise qui sait montrer avec simplicit&eacute; que suivre le Christ n’appauvrit pas l’existence, mais l’enrichit. L&agrave; o&ugrave; l’&Eacute;vangile est v&eacute;cu dans la joie, le service et la communion, l’appel du Seigneur peut lui aussi &ecirc;tre &agrave; nouveau entendu comme une promesse de vie.</p> 
<p>Nous avons d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute; les bagages trop charg&eacute;s, et les p&egrave;lerins du Chemin de Saint-Jacques savent bien qu’il ne faut emporter dans son sac &agrave; dos que l’essentiel. Comme l’a propos&eacute; &agrave; maintes reprises le Pape Fran&ccedil;ois, dans le contexte vocationnel actuel, il faut affirmer que la pr&eacute;servation des structures ne peut pr&eacute;valoir sur le bien de la vocation. Les s&eacute;minaristes ont droit &agrave; la meilleure formation possible et l’&Eacute;glise, quant &agrave; elle, a droit &agrave; des pr&ecirc;tres bien form&eacute;s. Pour que les s&eacute;minaires soient de v&eacute;ritables maisons de formation, il faut qu’ils garantissent une exp&eacute;rience ad&eacute;quate de la vie communautaire ; qu’ils disposent de formateurs enti&egrave;rement consacr&eacute;s &agrave; l’&eacute;tude et &agrave; l’enseignement, ayant une exp&eacute;rience de l’accompagnement spirituel ; et qu’ils soient dot&eacute;s de centres sup&eacute;rieurs de th&eacute;ologie &eacute;quip&eacute;s des moyens n&eacute;cessaires pour remplir leur mission. Pour cela, il est indispensable, outre d’unir nos forces, d’apprendre &agrave; travailler ensemble pour relever ces d&eacute;fis.</p> 
<p>&nbsp;Dans ce domaine, les difficult&eacute;s peuvent &ecirc;tre v&eacute;cues comme des opportunit&eacute;s. Il nous est parfois difficile de pr&eacute;senter la vocation des la&iuml;cs et leur int&eacute;gration dans ce cheminement de vie que nous accomplissons en tant qu’&Eacute;glise. D’autre part, nous constatons que dans de nombreuses œuvres, traditionnellement g&eacute;r&eacute;es par des religieux, on fait appel &agrave; des collaborateurs la&iuml;cs pour pouvoir mener &agrave; bien la mission. C’est une difficult&eacute; que nous pouvons transformer en occasion de rencontre, de dialogue et de communication. Il d&eacute;pend de nous que ces la&iuml;cs per&ccedil;oivent leur participation &agrave; ce service eccl&eacute;sial comme un appel que Dieu leur adresse pour qu’ils assument leur responsabilit&eacute; de chr&eacute;tiens, en s’impr&eacute;gnant de l’esprit, en se sentant partie prenante de la mission que le Seigneur a confi&eacute;e aux religieux qui l’ont mise en place.</p> 
<p>Comme vous le voyez, notre chemin est fait de rencontres, parmi lesquelles ne manqueront pas les personnes qui traversent des moments d’obscurit&eacute; et qui nous demandent de devenir pour elles des samaritains. L’une des situations les plus douloureuses concerne ceux qui ont &eacute;t&eacute; bless&eacute;s pr&eacute;cis&eacute;ment par qui devaient prendre soin d’eux, y compris par des membres du clerg&eacute;. Face &agrave; ce fl&eacute;au, la communaut&eacute; eccl&eacute;siale est appel&eacute;e &agrave; r&eacute;pondre par l’&eacute;coute, la v&eacute;rit&eacute;, la justice, la r&eacute;paration et un engagement toujours plus d&eacute;termin&eacute; en faveur de la pr&eacute;vention et d’une culture de la bienveillance. Chaque personne bless&eacute;e doit pouvoir trouver une &eacute;coute sinc&egrave;re, un accueil, une protection et de v&eacute;ritables chemins de gu&eacute;rison.</p> 
<p>Cette m&ecirc;me logique s’applique &eacute;galement aux d&eacute;fis d’un monde s&eacute;cularis&eacute;. Beaucoup d’hommes et de femmes de notre temps ne rejettent pas simplement Dieu ; souvent, ils portent dans leur cœur une soif profonde de sens, de v&eacute;rit&eacute;, d’appartenance et d’espoir, m&ecirc;me s’ils ne savent pas comment la nommer. L’&Eacute;glise est appel&eacute;e &agrave; reconna&icirc;tre ces aspirations, &agrave; les &eacute;couter avec respect et &agrave; offrir, comme Pierre et Jean l’ont fait au paralytique pr&egrave;s de la porte du temple, le tr&eacute;sor qui lui a &eacute;t&eacute; confi&eacute; : J&eacute;sus-Christ, au nom duquel l’homme peut se lever et marcher (cf. <i>Ac</i> 3, 1-10). M&ecirc;me lorsqu’elle collabore avec d’autres institutions, religieuses ou civiles, m&ecirc;me lorsqu’elle offre une aide mat&eacute;rielle, une &eacute;ducation, une assistance ou une promotion humaine, l’&Eacute;glise ne cesse jamais d’offrir ce qui lui est propre : l’amour de Dieu r&eacute;v&eacute;l&eacute; en J&eacute;sus-Christ. Ce message touche la soci&eacute;t&eacute;, qui n’h&eacute;site pas &agrave; manifester son appr&eacute;ciation pour nombre de ces œuvres. Ainsi, chaque geste de charit&eacute; chr&eacute;tienne qui na&icirc;t de l’&Eacute;vangile porte en lui une promesse plus grande encore : redonner &agrave; la personne la conviction d’&ecirc;tre aim&eacute;e.</p> 
<p>Au cours de notre voyage, nous parcourons ce que saint <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr.html">Jean-Paul II</a> a voulu appeler la &laquo; Terre de Marie &raquo;. <a name="_ftnref1" href="#_ftn1" class=" cleaner">[1]</a> En la Tr&egrave;s Sainte Vierge, vous avez votre premi&egrave;re compagne de route et votre principal tr&eacute;sor, car elle nous montre par sa vie comment accueillir la Parole et la garder dans le cœur, comment accompagner les disciples sur ce chemin et rester pr&eacute;sente sur la route de l’&Eacute;glise en tant que m&egrave;re de communion et d’esp&eacute;rance. &Agrave; elle, je confie votre minist&egrave;re, afin qu’elle vous aide &agrave; &ecirc;tre, au milieu du peuple qui vous est confi&eacute;, ce levain cach&eacute; dont parle l’&Eacute;vangile. Petit aux yeux du monde, mais capable, lorsqu’il reste uni au Christ, de faire fermenter la p&acirc;te (cf. <i>Mt</i> 13, 33). La force de l’&Eacute;glise ne na&icirc;t pas de la grandeur des moyens, mais de la saintet&eacute; de ses enfants, de la communion de ses pasteurs, de la fid&eacute;lit&eacute; humble et pers&eacute;v&eacute;rante de ceux qui se laissent guider par l’Esprit.</p> 
<p>Sur ce chemin vous accompagne aussi saint Jean d’Avila, patron du clerg&eacute; espagnol, en cette ann&eacute;e o&ugrave; nous comm&eacute;morons le cinqui&egrave;me centenaire de son ordination sacerdotale. Saint Paul VI l’a d&eacute;fini comme &laquo; un ma&icirc;tre de vie spirituelle bienveillant et sage, un r&eacute;novateur exemplaire de la vie eccl&eacute;siale et des mœurs chr&eacute;tiennes &raquo; et, en m&ecirc;me temps, &laquo; un simple pr&ecirc;tre &raquo;. <a name="_ftnref2" href="#_ftn2" class=" cleaner">[2]</a> En ce saint docteur, l’&Eacute;glise reconna&icirc;t la vie sacerdotale que chaque &eacute;v&ecirc;que est appel&eacute; &agrave; pr&eacute;server et &agrave; faire grandir au sein de son propre presbyterium.</p> 
<p>En le regardant, je pense &agrave; ceux qui sont les plus proches compagnons des &eacute;v&ecirc;ques dans ce cheminement, &agrave; ces “simples pr&ecirc;tres” au sens le plus noble et le plus exigeant du terme. Notre cheminement avec eux devrait transmettre la valeur de cette essence : &ecirc;tre des pr&ecirc;tres &eacute;pris du Christ, enracin&eacute;s dans la pri&egrave;re, fid&egrave;les &agrave; l’&Eacute;glise, proches du peuple et capables d’allier une doctrine solide, un z&egrave;le apostolique et une charit&eacute; pastorale. Des pr&ecirc;tres qui trouvent dans l’&eacute;v&ecirc;que non seulement une autorit&eacute; reconnue, mais un p&egrave;re qui les accompagne ; et dans les autres pr&ecirc;tres, des fr&egrave;res avec lesquels partager les fatigues et les joies de ce p&egrave;lerinage riche en rencontres, au cours duquel nous cherchons tous le Christ.</p> 
<p>Concluons ce p&egrave;lerinage spirituel par une pri&egrave;re du saint docteur qui nous rappelle que tout renouveau eccl&eacute;sial na&icirc;t d’un cœur configur&eacute; au Christ : &laquo; Si tu me commandes, Seigneur, de faire ce que tu as fait, donne-moi ton cœur &raquo; (<i>Sermon</i> 57, 20). Que telle soit aussi notre supplication : Seigneur, donne-nous ton cœur, un cœur capable de lever les yeux vers toi, de se mettre en route, d’&eacute;couter, de discerner, de servir, de corriger avec charit&eacute;, d’&eacute;couter avec patience et d’annoncer avec joie. Car l’&Eacute;glise qui re&ccedil;oit le cœur du Christ porte en elle la colonne de feu qui la guide, la soutient, la d&eacute;fend et la r&eacute;conforte, le bagage n&eacute;cessaire pour affronter n’importe quel d&eacute;fi.</p> 
<p>Que Dieu vous b&eacute;nisse. Merci beaucoup.</p> 
<p>__________________</p> 
<p><a name="_ftn1" href="#_ftnref1" class=" cleaner">[1]</a> <i>Hom&eacute;lie lors de la c&eacute;l&eacute;bration de la Parole et de l’Acte marial national</i>, Saragosse, 6 novembre 1982, 1.</p> 
<p><a name="_ftn2" href="#_ftnref2" class=" cleaner">[2]</a> <i>Hom&eacute;lie lors de la canonisation du bienheureux Jean d’Avila</i>, 31 mai 1970.</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Voyage apostolique en Espagne : Rencontre avec les membres du Parlement espagnol au Congrès des députés (Madrid, 8 juin 2026)]]></title><pubDate>Mon, 08 Jun 2026 10:30:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260608-spagna-parlamento.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260608-spagna-parlamento.html</guid><description><![CDATA[<!-- Mon, 08 Jun 2026 12:58:36 +0200 --> <p><i>Monsieur le Pr&eacute;sident du Gouvernement,<br /> Madame la Pr&eacute;sidente du Congr&egrave;s des D&eacute;put&eacute;s,<br /> Monsieur le Pr&eacute;sident du S&eacute;nat,<br /> Monsieur le Pr&eacute;sident de la Cour Constitutionnelle,<br /> Madame la Pr&eacute;sidente de la Cour supr&ecirc;me et du Conseil G&eacute;n&eacute;ral du Pouvoir Judiciaire,<br /> Mesdames et Messieurs les D&eacute;put&eacute;s et S&eacute;nateurs,<br /> Mesdames et Messieurs,</i></p> 
<p>je remercie Madame la Pr&eacute;sidente pour ses aimables paroles, ainsi que pour l’invitation que le Si&egrave;ge Apostolique a re&ccedil;ue &agrave; l’occasion de mon voyage dans ce pays, et pour l’honneur qui m’est fait aujourd’hui d’&ecirc;tre accueilli dans ce Palais historique du Congr&egrave;s des D&eacute;put&eacute;s, lieu &eacute;minent de la vie institutionnelle, juridique et d&eacute;mocratique du Royaume d’Espagne. Je me pr&eacute;sente devant vous tous en tant qu’&eacute;v&ecirc;que de Rome et pasteur de l’&Eacute;glise catholique, conscient que la mission confi&eacute;e au Successeur de l’ap&ocirc;tre Pierre, en tant que principe et fondement de l’unit&eacute; des &eacute;v&ecirc;ques et des fid&egrave;les (cf.&nbsp;<i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19641121_lumen-gentium_fr.html">Lumen gentium</a></i>, 23), place le Saint-Si&egrave;ge, d’une mani&egrave;re particuli&egrave;re, en dialogue avec les peuples et les &Eacute;tats.</p> 
<p>Ma pr&eacute;sence parmi vous se veut un geste de proximit&eacute; envers l’Espagne, dans le cadre de notre coop&eacute;ration mutuelle, et un message inspir&eacute; par le service de la personne humaine. L’&Eacute;glise &laquo; chemine avec l’humanit&eacute; &raquo;, partage ses espoirs et ses blessures, &eacute;coute les interrogations de chaque &eacute;poque et se laisse interpeller &laquo; par tout ce qui concerne l’existence des hommes et des femmes d’aujourd’hui &raquo;. C’est pourquoi, lorsqu’elle intervient dans la vie publique, elle le fait en respectant la mission propre des institutions et la responsabilit&eacute; l&eacute;gitime de ceux qui ont re&ccedil;u le mandat de l&eacute;gif&eacute;rer. Elle reconna&icirc;t &laquo; l’autonomie des r&eacute;alit&eacute;s terrestres &raquo; et &laquo; la distinction entre communaut&eacute; eccl&eacute;siale et communaut&eacute; politique &raquo; ; et, pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; partir de cette conscience, elle apporte une r&eacute;flexion n&eacute;e du d&eacute;sir de servir le bien commun et de rappeler ce qui rend v&eacute;ritablement humaine la vie en soci&eacute;t&eacute; (cf.&nbsp;<i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html#Chapitre_1">Magnifica humanitas</a></i>, nn. 18-19).</p> 
<p>Dans cet h&eacute;micycle, la vie en soci&eacute;t&eacute; prend une forme juridique. Ici, les divergences sont &eacute;cout&eacute;es, mises en ordre et, lorsque cela est possible, se transforment en d&eacute;cision commune. C’est pourquoi, au-del&agrave; de la l&eacute;gitime diversit&eacute; des positions, toute t&acirc;che l&eacute;gislative finit par se confronter &agrave; une question d&eacute;cisive : quelle conception de la personne humaine inspire les lois et quel type de soci&eacute;t&eacute; ces lois construisent-elles ?</p> 
<p>Face &agrave; cette question, l’Espagne poss&egrave;de une m&eacute;moire particuli&egrave;rement riche. Son identit&eacute; g&eacute;ographique et politique s’est tiss&eacute;e au fil d’une histoire o&ugrave; la foi et la raison, l’art et le droit, la tradition et la pens&eacute;e ont su se rencontrer de mani&egrave;re f&eacute;conde. Dans ses cath&eacute;drales et ses universit&eacute;s, dans sa litt&eacute;rature immortelle, dans ses institutions juridiques et dans l’esprit m&ecirc;me de son peuple, demeure vivant un h&eacute;ritage qui a fa&ccedil;onn&eacute; une mani&egrave;re de vivre la libert&eacute;, de pratiquer la justice et d’ordonner la vie commune.</p> 
<p>Depuis les pages universelles du&nbsp;<i>Don Quichotte</i>, o&ugrave; Cervantes proclamait que &laquo; la libert&eacute; […] est l’un des dons les plus pr&eacute;cieux que le ciel ait fait aux hommes &raquo; (<i>Don Quichotte de la Manche</i>, II, 58), jusqu’&agrave; la profondeur spirituelle de sainte Th&eacute;r&egrave;se d’&Aacute;vila, et de la grande tradition juridique espagnole &agrave; l’inqui&eacute;tude m&eacute;taphysique d’Unamuno, qui rappelait que l’homme &laquo; ne se r&eacute;signe pas &agrave; mourir tout &agrave; fait &raquo; (<i>Du sentiment tragique de la vie</i>, I), l’Espagne a su consid&eacute;rer l’&ecirc;tre humain comme bien plus qu’un simple rouage de l’ordre social, &eacute;conomique ou politique : elle l’a reconnu comme une cr&eacute;ature ouverte &agrave; la v&eacute;rit&eacute;, dot&eacute;e de libert&eacute; et anim&eacute;e par une soif d’&eacute;ternit&eacute; qu’aucune r&eacute;alit&eacute; temporelle ne parvient &agrave; &eacute;teindre ; en un mot, comme quelqu’un dont la dignit&eacute; pr&eacute;c&egrave;de toute utilit&eacute; et au service duquel l’action l&eacute;gislative est soumise.</p> 
<p>Pour cette raison, lorsque l’on &eacute;voque aujourd’hui la personne humaine, ce souvenir nous conduit naturellement &agrave; Salamanque et &agrave; la pens&eacute;e qui y a m&ucirc;ri. La pr&eacute;sence symbolique dans cette salle des rois Isabelle et Ferdinand renvoie &agrave; ce moment o&ugrave; l’Espagne s’est trouv&eacute;e confront&eacute;e &agrave; des responsabilit&eacute;s historiques d’une port&eacute;e universelle ; quelques ann&eacute;es plus tard, Salamanque allait assumer, avec une lucidit&eacute; singuli&egrave;re, la r&eacute;flexion morale et juridique qu’exigeait ce contexte. Dans cette universit&eacute;, il y a cinq cents ans, alors que s’ouvraient de nouveaux mondes et d’immenses possibilit&eacute;s dans les relations entre les peuples, certains ma&icirc;tres ont compris que la raison ne pouvait &ecirc;tre invoqu&eacute;e pour l&eacute;gitimer tout ce que la force ou l’int&eacute;r&ecirc;t pr&eacute;sentaient comme opportun. Ils ont ainsi introduit dans la r&eacute;flexion historique la question de la valeur irr&eacute;ductible de tout &ecirc;tre humain et des limites morales du pouvoir. Il faut reconna&icirc;tre que la soci&eacute;t&eacute; et l’&Eacute;glise elle-m&ecirc;me n’ont pas toujours &eacute;t&eacute; &agrave; la hauteur des intuitions qui trouvaient un &eacute;cho dans leur propre tradition chr&eacute;tienne.</p> 
<p>Cependant, cette interrogation a ouvert un horizon intellectuel et moral qui a d&eacute;pass&eacute; son propre contexte historique. L’intuition du&nbsp;<i>totus orbis</i>, d’une communaut&eacute; humaine plus vaste que n’importe quel pouvoir particulier, permettait d’affirmer l’existence de liens juridiques et moraux entre les peuples. Depuis l’Espagne, la r&eacute;flexion de l’&Eacute;cole de Salamanque — et en particulier celle de fr&egrave;re Francisco de Vitoria, ainsi que d’autres dominicains et j&eacute;suites — a contribu&eacute; &agrave; forger une conscience juridique et morale capable de rappeler que l’autorit&eacute; s’accompagne toujours d’une responsabilit&eacute; et que tout &ecirc;tre humain doit &ecirc;tre reconnu comme sujet de droits et de devoirs. Cette aspiration continue de r&eacute;sonner aujourd’hui encore : que la dignit&eacute;, la justice et le bien commun soient la mesure des relations sociales, tant au niveau national qu’international.</p> 
<p>C’est l&agrave; l’un des grands h&eacute;ritages de l’Espagne : avoir su unir l’action historique &agrave; la lucidit&eacute; de la raison morale. Cette contribution, n&eacute;e sur les rives du Tormes, a transcend&eacute; les salles de classe et les biblioth&egrave;ques, pour s’inscrire dans une conscience plus large, partag&eacute;e par la communaut&eacute; internationale qui continue de se demander comment construire la paix sur la reconnaissance de la personne et non sur l’imposition de la force. Cet h&eacute;ritage vit &eacute;galement au sein de ces&nbsp;<i>Cortes</i>, chaque fois que le l&eacute;gislateur se demande comment faire en sorte que le possible soit juste, que le l&eacute;gal soit v&eacute;ritablement humain et que la volont&eacute; de la majorit&eacute; pr&eacute;serve les biens qui appartiennent &agrave; tous et respecte ce qu’aucune majorit&eacute; ne peut l&eacute;gitimement enfreindre.</p> 
<p>La question de Salamanque continue d’accompagner la t&acirc;che de ceux qui servent la vie publique. Aujourd’hui, les nouveaux mondes qui s’ouvrent &agrave; nous ne se dessinent plus sur les cartes : ils se d&eacute;ploient dans la technique, l’&eacute;conomie, la biom&eacute;decine et l’univers num&eacute;rique, o&ugrave; le pouvoir humain touche des domaines de plus en plus sensibles de la vie personnelle et sociale.</p> 
<p>Le progr&egrave;s offre des possibilit&eacute;s admirables, et nous le voyons aujourd’hui de mani&egrave;re singuli&egrave;re dans le d&eacute;veloppement de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies. Comme je l’ai rappel&eacute; dans ma r&eacute;cente Encyclique, la technologie en soi n’est pas neutre car elle prend le visage de ceux qui la con&ccedil;oivent, la financent, la r&eacute;glementent et l’utilisent (cf.&nbsp;<i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html#Deux_ic%C3%B4nes_bibliques">Magnifica humanitas</a></i>, n. 9) ; c’est pourquoi, face aux transformations de notre temps, notre discernement doit se concentrer sur la place qu’occupe la personne humaine dans nos d&eacute;cisions, et sur la mani&egrave;re dont se posent aujourd’hui, sous un jour nouveau, la dignit&eacute; du travail, la solidarit&eacute;, la politique sociale et le bien commun.</p> 
<p>Ce discernement part d’un postulat fondamental : toute soci&eacute;t&eacute; v&eacute;ritablement juste se fonde sur la reconnaissance de la dignit&eacute; inviolable de la personne humaine. Cette dignit&eacute; pr&eacute;c&egrave;de toute concession de l’&Eacute;tat et ne peut &ecirc;tre subordonn&eacute;e &agrave; des consensus sociaux changeants ni aux al&eacute;as des majorit&eacute;s du moment (cf. Beno&icirc;t XVI,&nbsp;<i><a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/speeches/2011/september/documents/hf_ben-xvi_spe_20110922_reichstag-berlin.html">Discours devant le Parlement f&eacute;d&eacute;ral allemand</a></i>, 22 septembre 2011). Elle appartient &agrave; tout &ecirc;tre humain du simple fait qu’il existe, et c’est pourquoi elle doit guider tout ordre juridique positif. La foi chr&eacute;tienne la proclame &agrave; partir de la R&eacute;v&eacute;lation ; la raison humaine peut la reconna&icirc;tre comme une exigence inscrite dans la v&eacute;rit&eacute; de l’homme (cf.&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/speeches/2011/september/documents/hf_ben-xvi_spe_20110922_reichstag-berlin.html"><i>ibid</i>.</a>). Lorsque cette conviction reste vivante, le droit devient une protection pour tous et une garantie face &agrave; l’imposition d’int&eacute;r&ecirc;ts et d’agendas particuliers.</p> 
<p>Sur cette base, il m’appartient aujourd’hui de prononcer une parole sereine et ferme devant ceux qui ont la grave responsabilit&eacute; d’organiser juridiquement la vie en soci&eacute;t&eacute;. Cette vie en soci&eacute;t&eacute; peut &ecirc;tre menac&eacute;e par la culture du rejet, comme l’a si souvent mis en garde le Pape Fran&ccedil;ois (cf.&nbsp;<i>Discours &agrave; l’Assembl&eacute;e pl&eacute;ni&egrave;re de l’Acad&eacute;mie Pontificale pour la Vie</i>, 27 septembre 2021). En ce sens, si la vie cesse d’&ecirc;tre reconnue comme une valeur fondamentale, quel avenir nos soci&eacute;t&eacute;s peuvent-elles avoir ? Peut-on qualifier de pleinement juste une communaut&eacute; qui laisse dans l’ombre l’enfant &agrave; na&icirc;tre, la personne &acirc;g&eacute;e, le malade, celui qui souffre en silence ou celui qui d&eacute;pend enti&egrave;rement des soins d’autrui ? La d&eacute;fense de la vie humaine n’est ni une question partielle ni un int&eacute;r&ecirc;t confessionnel : c’est un objectif de civilisation. Toute vie humaine doit &ecirc;tre reconnue et prot&eacute;g&eacute;e depuis sa conception jusqu’&agrave; son d&eacute;clin naturel, dans toutes les circonstances de son existence. Lorsque cette certitude s’estompe, les plus vuln&eacute;rables sont les premi&egrave;res victimes et la loi perd son sens le plus profond : servir et prot&eacute;ger chaque personne. C’est pourquoi la grandeur morale d’une nation se manifeste avant tout dans sa capacit&eacute; &agrave; accompagner, prot&eacute;ger et aimer les vies qui traversent la plus grande fragilit&eacute;.</p> 
<p>Le bien commun est, d'une certaine mani&egrave;re, “la forme sociale de la dignit&eacute; humaine” (cf.&nbsp;<i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html#Le_principe_du_bien_commun">Magnifica humanitas</a></i>, n. 59). Il ne consiste pas en une simple somme d'int&eacute;r&ecirc;ts particuliers, mais en &laquo; l'ensemble des conditions de la vie sociale qui permettent aux associations et &agrave; chacun de leurs membres d'atteindre plus pleinement et plus facilement leur propre perfection &raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html">Gaudium et spes</a></i>, n. 26). Lorsque le bien commun cesse d’&ecirc;tre un horizon partag&eacute;, l’action publique risque de se fragmenter en int&eacute;r&ecirc;ts partiels, incapables de pr&eacute;server ce qui appartient &agrave; tous.</p> 
<p>Dans ce contexte, la famille rev&ecirc;t une importance particuli&egrave;re, en tant que premi&egrave;re r&eacute;alit&eacute; humaine et fondement naturel de la communaut&eacute;. C’est au sein du foyer que se c&ocirc;toient les g&eacute;n&eacute;rations et que se transmet une m&eacute;moire vivante qui assure la continuit&eacute; int&eacute;rieure de la soci&eacute;t&eacute;. L&agrave; o&ugrave; la famille est soutenue, la stabilit&eacute; spirituelle et sociale des nations s’en trouve &eacute;galement renforc&eacute;e. La famille sera toujours la premi&egrave;re &eacute;cole d’humanit&eacute; o&ugrave; l’on apprend, avant tout autre lieu, la grammaire &eacute;l&eacute;mentaire de la vie en communaut&eacute; : accueillir la vie, prendre soin de l’autre, pardonner, servir et appartenir.</p> 
<p>Les organismes &eacute;ducatifs occupent eux aussi une place d&eacute;terminante dans cette t&acirc;che. C’est l&agrave; que les nouvelles g&eacute;n&eacute;rations peuvent apprendre &agrave; rechercher et &agrave; aimer la v&eacute;rit&eacute;, &agrave; s’interroger sur le sens de la vie et la dignit&eacute; de chaque personne. C’est pourquoi de nombreux parents, d&eacute;sireux que leurs enfants apprennent &agrave; nouer des relations, &agrave; penser de mani&egrave;re critique et &agrave; acqu&eacute;rir des valeurs solides, placent en eux de grands espoirs, les consid&eacute;rant comme de pr&eacute;cieux alli&eacute;s dans l’&eacute;ducation de leurs enfants. Cette collaboration doit toujours respecter le “droit premier et inali&eacute;nable” des parents de “choisir le type d’&eacute;ducation et de formation que re&ccedil;oivent leurs enfants, en coh&eacute;rence avec leurs propres convictions morales, culturelles et religieuses” (cf.&nbsp;<i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html#Le_r%C3%B4le_central_de_l%E2%80%99%C3%A9cole">Magnifica humanitas</a></i>, n. 143 ; cf.&nbsp;<i>Pacte international relatif aux droits civils et politiques</i>, art. 18. 4).</p> 
<p>L’affirmation de la dignit&eacute; humaine ne peut rester abstraite alors que tant de personnes sont contraintes de tout quitter pour rechercher la paix, la s&eacute;curit&eacute; et un avenir. Le drame tragique de la migration interpelle aujourd’hui la conscience des nations et les fondements &eacute;thiques de l’ordre international. De nombreux hommes, femmes et enfants sont contraints, par des circonstances souvent dramatiques, de quitter leurs communaut&eacute;s et de laisser derri&egrave;re eux leurs proches, leur histoire et leurs liens. Cette r&eacute;alit&eacute; d&eacute;passe toute lecture purement d&eacute;mographique ou &eacute;conomique : elle constitue une question &eacute;minemment morale et juridique. L&agrave; o&ugrave; une personne est victime de discrimination en raison de son origine nationale, ethnique, religieuse ou linguistique, ou de sa condition &eacute;conomique ou sociale, le principe universel de l’&eacute;gale dignit&eacute; de tous les &ecirc;tres humains est gravement bafou&eacute;.</p> 
<p>La situation des migrants et des r&eacute;fugi&eacute;s exige une r&eacute;ponse qui se concentre sur les personnes, s’attaque aux causes qui les obligent &agrave; partir et aille au-del&agrave; de la simple gestion des flux. Il en d&eacute;coule une double exigence de justice sociale : offrir des voies s&ucirc;res et l&eacute;gales, un accueil respectueux et de r&eacute;elles possibilit&eacute;s d’int&eacute;gration ; et promouvoir, en m&ecirc;me temps, le droit de rester sur sa propre terre, en œuvrant pour que personne ne soit contraint de quitter son foyer par manque de paix, de s&eacute;curit&eacute; ou de conditions de vie dignes, en raison des in&eacute;galit&eacute;s &eacute;conomiques et des effets de la crise climatique (cf.&nbsp;<i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html#Le_principe_de_la_justice_sociale">Magnifica humanitas</a></i>, n. 81).</p> 
<p>Ces derni&egrave;res ann&eacute;es, les itin&eacute;raires de plus en plus dangereux ont mis en &eacute;vidence le co&ucirc;t extr&ecirc;mement &eacute;lev&eacute; de cette r&eacute;alit&eacute; si souvent occult&eacute;e ou ignor&eacute;e. De nombreuses personnes restent aux mains de trafiquants et de passeurs qui profitent de leur d&eacute;sespoir. Il est n&eacute;cessaire de renforcer la pr&eacute;vention, le sauvetage et l’aide aux victimes, notamment dans le cadre d’une coop&eacute;ration r&eacute;gionale et multilat&eacute;rale.</p> 
<p>Aucune nation ne peut relever seule un d&eacute;fi de cette ampleur. C’est pourquoi une r&eacute;ponse coordonn&eacute;e, solidaire et efficace est indispensable, capable de garantir la protection, l’accueil et de r&eacute;elles opportunit&eacute;s d’int&eacute;gration &agrave; ceux qui &eacute;migrent. Lorsque la r&eacute;ponse institutionnelle est proche, juste et coordonn&eacute;e, les fronti&egrave;res cessent d’&ecirc;tre des lieux d’abandon et peuvent devenir des espaces de protection responsable de la dignit&eacute; humaine.</p> 
<p>Mesdames et Messieurs,</p> 
<p>le monde traverse une profonde crise spirituelle et culturelle, qui se manifeste par de multiples formes de violence, de polarisation et de m&eacute;fiance r&eacute;ciproque. Dans ce contexte, la paix appara&icirc;t comme une aspiration politique et, plus encore, comme une v&eacute;ritable exigence morale. Elle exige un discours public respectueux de ceux qui pensent diff&eacute;remment, des institutions au service de la rencontre, une m&eacute;moire historique en qu&ecirc;te de v&eacute;rit&eacute; et de r&eacute;conciliation, ainsi qu’une vie sociale capable de soutenir l’amiti&eacute; civique et le respect mutuel au milieu des divergences.</p> 
<p>Sur le plan international, la paix exige du courage diplomatique, un sens des responsabilit&eacute;s &eacute;thiques et une vision d’avenir fond&eacute;e sur le respect de l’identit&eacute; de chaque peuple et sur l’obligation pour les &Eacute;tats de r&eacute;gler leurs diff&eacute;rends par les voies pacifiques qu’offre le droit international. Toute guerre constitue, en fin de compte, une douloureuse d&eacute;faite de la capacit&eacute; &agrave; n&eacute;gocier, mais aussi de cette conscience commune de l’humanit&eacute; qui reconna&icirc;t les liens de justice entre les nations. Les armes peuvent imposer un silence temporaire, mais elles ne pourront jamais construire une paix authentique et durable.</p> 
<p>C’est pourquoi il est pr&eacute;occupant de voir, en divers endroits du monde, et aussi en Europe, le r&eacute;armement se pr&eacute;senter &agrave; nouveau comme une r&eacute;ponse presque in&eacute;vitable face &agrave; la fragilit&eacute; du contexte international. La v&eacute;ritable s&eacute;curit&eacute;, en revanche, na&icirc;t de la justice, du dialogue patient, du respect du droit international et d’une politique capable de faire passer la vie des peuples avant les int&eacute;r&ecirc;ts qui tirent profit de la guerre. Le d&eacute;veloppement des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle dans le domaine militaire exige &eacute;galement une vigilance &eacute;thique rigoureuse, afin que les d&eacute;cisions concernant la vie et la mort ne soient jamais confi&eacute;es &agrave; des automatismes ni soustraites &agrave; la responsabilit&eacute; morale de la personne humaine (cf.&nbsp;<i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260514-visita-pastorale-sapienza.html">Discours &agrave; l’Universit&eacute; &laquo; La Sapienza &raquo;</a></i>, 14 mai 2026).</p> 
<p>La communaut&eacute; internationale est appel&eacute;e &agrave; red&eacute;couvrir la valeur indispensable du dialogue comme voie patiente vers des accords justes et durables, fond&eacute;s sur le respect des trait&eacute;s, sur la transparence de l’action diplomatique et sur la volont&eacute; sinc&egrave;re de faire passer la paix avant le recours &agrave; la force. C’est de l&agrave; que naissent la confiance et l’espoir.</p> 
<p>Comme le rappelle la devise de l’Union Europeenne,&nbsp;<i>In varietate concordia</i>, la v&eacute;ritable unit&eacute; n’uniformise pas, mais cr&eacute;e une coh&eacute;sion dans la diversit&eacute;, faisant des cultures, des sensibilit&eacute;s et des traditions une occasion d’enrichissement mutuel.</p> 
<p>Il est &eacute;galement urgent de construire une culture de la r&eacute;ciprocit&eacute; au sein m&ecirc;me des soci&eacute;t&eacute;s. La pluralit&eacute; politique ne devrait pas d&eacute;g&eacute;n&eacute;rer en une disqualification permanente de l’adversaire. Dans une coexistence m&ucirc;re, m&ecirc;me le conflit peut devenir un chemin vers la paix, lorsque les diff&eacute;rences sont att&eacute;nu&eacute;es par l’&eacute;coute et orient&eacute;es vers la reconnaissance des besoins, des aspirations et des capacit&eacute;s de chacun.</p> 
<p>Mais la paix n’est pas seulement une r&eacute;alit&eacute; politique ou institutionnelle. Elle na&icirc;t aussi dans la conscience, l&agrave; o&ugrave; la rancœur, l’indiff&eacute;rence et la haine c&egrave;dent la place &agrave; la r&eacute;conciliation. C’est pourquoi elle s’instaure et se prot&egrave;ge aussi &agrave; travers le langage. Les mots peuvent ouvrir des chemins ou les fermer ; ils peuvent &eacute;clairer la r&eacute;alit&eacute; ou la d&eacute;former jusqu’&agrave; rendre la rencontre impossible. Ceux qui exercent une responsabilit&eacute; publique ont donc une obligation particuli&egrave;re de veiller sur la parole afin de &laquo; d&eacute;sarmer le langage &raquo;&nbsp;<i>(<a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/messages/lent/documents/20260205-messaggio-quaresima.html">Message pour le Car&ecirc;me 2026</a></i>, 13 f&eacute;vrier 2026). La fermet&eacute; n’exige pas le m&eacute;pris ; la divergence n’entra&icirc;ne pas l’humiliation.</p> 
<p>De ce respect de l’autre d&eacute;coule &eacute;galement le devoir de pr&eacute;server l’espace o&ugrave; m&ucirc;rissent ses convictions, sa conscience et sa relation avec Dieu. L’attention port&eacute;e &agrave; cette sph&egrave;re int&eacute;rieure permet de mieux comprendre une question d&eacute;cisive pour toute soci&eacute;t&eacute; v&eacute;ritablement d&eacute;mocratique : la libert&eacute; de pens&eacute;e, de conscience et de religion, droit fondamental qui prot&egrave;ge la sph&egrave;re la plus intime des personnes. La libert&eacute; sur laquelle se fonde l’&Eacute;tat contemporain, si elle est authentique, reconna&icirc;t la dimension religieuse de l’&ecirc;tre humain, la respecte et la prot&egrave;ge juridiquement ; elle &eacute;vite que quiconque doive renoncer &agrave; contribuer &agrave; la soci&eacute;t&eacute; dans laquelle il vit en raison de sa foi.</p> 
<p>Sans confondre le plan juridique avec le plan moral, il convient &eacute;galement de rappeler que la libert&eacute; a besoin d’une pleine compr&eacute;hension d’elle-m&ecirc;me. &Ecirc;tre libre ne signifie pas seulement &ecirc;tre exempt de contraintes ou disposer de nombreuses possibilit&eacute;s de choix&nbsp;; cela signifie pouvoir reconna&icirc;tre le bien et y adh&eacute;rer de mani&egrave;re responsable. C’est pourquoi toute soci&eacute;t&eacute; v&eacute;ritablement libre exige &eacute;galement une juste d&eacute;limitation du pouvoir public, afin que la libert&eacute; des personnes, des communaut&eacute;s et des associations ne soit pas ind&ucirc;ment restreinte (cf.&nbsp;<i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_decl_19651207_dignitatis-humanae_fr.html">Dignitatis humanae</a></i>, n. 1). Dans cette perspective, l’autonomie l&eacute;gitime de l’ordre temporel ne doit jamais &ecirc;tre interpr&eacute;t&eacute;e comme une hostilit&eacute; envers le ph&eacute;nom&egrave;ne religieux. La foi ne pr&eacute;tend pas s’imposer par des privil&egrave;ges ou des contraintes ; cependant, elle ne peut pas non plus &ecirc;tre rel&eacute;gu&eacute;e au silence comme si elle &eacute;tait sans importance pour la vie publique.</p> 
<p>Dans ce contexte, le secret sacramentel de la confession rev&ecirc;t une importance particuli&egrave;re pour l’&Eacute;glise catholique. Il s’inscrit dans le cadre plus large de la libert&eacute; religieuse qui garantit aux communaut&eacute;s croyantes un espace propre de vie, d’organisation et de discipline interne (cf. Conf&eacute;rence sur la s&eacute;curit&eacute; et la coop&eacute;ration en Europe,&nbsp;<i>Acte final d’Helsinki</i>, 1<sup>er</sup>&nbsp;ao&ucirc;t 1975, Principe VII). Le prot&eacute;ger juridiquement, comme c’est le cas de mani&egrave;re analogue dans certaines professions, signifie pr&eacute;server un espace sacr&eacute; de libert&eacute; int&eacute;rieure, o&ugrave; le croyant peut ouvrir son &acirc;me &agrave; Dieu sans craindre de pressions ext&eacute;rieures, comme le reconnaissent &eacute;galement les normes internationales (cf. Cour p&eacute;nale internationale,&nbsp;<i>R&egrave;glement de proc&eacute;dure et de preuve</i>, r&egrave;gle 73. 3).</p> 
<p>Mesdames et Messieurs,</p> 
<p>permettez-moi de m’attarder un instant sur certaines images qui ornent cette Assembl&eacute;e. Dans cette Salle des S&eacute;ances, la lumi&egrave;re naturelle p&eacute;n&egrave;tre par la verri&egrave;re qui surplombe la salle. Cette lumi&egrave;re venue d’en haut peut nous rappeler que la politique doit elle aussi reconna&icirc;tre une dimension qui la pr&eacute;c&egrave;de et la d&eacute;passe.</p> 
<p>De m&ecirc;me, les peintures qui &eacute;voquent, en haut du mur principal, la r&eacute;ception de l’&Eacute;vangile et du D&eacute;calogue, rappellent quelque chose d’essentiel. Sans confondre l’ordre politique avec l’ordre religieux, ces signes invitent &agrave; reconna&icirc;tre que la libert&eacute; moderne a &eacute;galement &eacute;t&eacute; pr&eacute;par&eacute;e par une longue &eacute;ducation de la conscience, profond&eacute;ment marqu&eacute;e par la tradition chr&eacute;tienne. Dans cette &eacute;cole int&eacute;rieure, les peuples ont appris que le droit doit servir le bien, que la justice impose des limites &agrave; la force, que le pouvoir a besoin de l&eacute;gitimit&eacute;, que les pauvres font pleinement partie de la communaut&eacute;, que l’&eacute;tranger doit &ecirc;tre accueilli conform&eacute;ment &agrave; sa dignit&eacute; et que la vie humaine ne peut jamais &ecirc;tre trait&eacute;e comme une marchandise.</p> 
<p>Une loi n’atteint pas sa v&eacute;ritable grandeur par le simple fait d’avoir &eacute;t&eacute; formellement approuv&eacute;e ; elle l’atteint lorsque, en plus d’&ecirc;tre valide dans sa forme, elle peut se pr&eacute;senter devant la dignit&eacute; de la personne et sortir de cet examen sans honte.</p> 
<p>Je vous invite donc &agrave; lever les yeux : non pas pour vous &eacute;loigner de la r&eacute;alit&eacute;, mais pour vous rappeler que toute d&eacute;cision des autorit&eacute;s publiques touche des personnes en chair et en os, en particulier celles qui ont le moins de force pour se faire entendre. Car la hauteur de vue consiste pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; regarder avec plus de profondeur ce qui est en jeu dans chaque d&eacute;cision publique. C’est pourquoi, outre les r&eacute;ponses techniques et les r&eacute;formes juridiques, un renouveau moral s’impose &eacute;galement.</p> 
<p>L’Espagne a beaucoup &agrave; offrir sur cette voie. Elle poss&egrave;de une langue qui unit les continents ; une tradition culturelle, juridique et spirituelle qui a su mettre en dialogue la foi et la raison, le droit et la conscience, l’unit&eacute; et la pluralit&eacute;. Cette exp&eacute;rience historique rappelle &eacute;galement la valeur de la concorde et de l’effort patient pour construire une coexistence pacifique et juste.</p> 
<p>Que cette noble nation ne perde jamais la m&eacute;moire de ses racines ni l’audace de regarder vers l’avenir. Que l’Espagne continue d’&ecirc;tre une terre de rencontre, de culture, de solidarit&eacute; et d’espoir. Et que sa vie publique sache toujours allier la fermet&eacute; des convictions &agrave; la noblesse du dialogue et &agrave; la grandeur du service.</p> 
<p>Que Dieu accorde la paix &agrave; toutes les nations de la terre, la concorde aux familles et la s&eacute;r&eacute;nit&eacute; aux consciences. Et que, sur le Royaume d’Espagne, marqu&eacute; par l’empreinte apostolique de saint Jacques et par la pr&eacute;sence maternelle de la&nbsp;<i>Virgen del Pilar</i>, descendent des jours de prosp&eacute;rit&eacute;, de justice et de paix durable. Merci beaucoup.</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Voyage apostolique en Espagne : Rencontre « Tisser des réseaux avec le monde de la culture, de l’art, de l’économie et du sport » à la Movistar Arena (Madrid, 7 juin 2026)]]></title><pubDate>Sun, 07 Jun 2026 18:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260607-spagna-mondo-cultura.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260607-spagna-mondo-cultura.html</guid><description><![CDATA[<!-- Mon, 08 Jun 2026 09:50:04 +0200 --> <p><i>Monsieur le Cardinal,<br /> chers amis,</i></p> 
<p>c’est un plaisir de me retrouver parmi vous dans ce lieu, un espace qui n’accueille pas seulement des activit&eacute;s sportives, artistiques et culturelles, mais aussi les &eacute;motions profondes de l’&ecirc;tre humain : la joie, l’admiration, l’enthousiasme et l’espoir, comme aussi la tristesse et la frustration.</p> 
<p>Dans ce magnifique pays, il est impossible de ne pas admirer cette empreinte de cr&eacute;ativit&eacute; qui traverse son histoire et fa&ccedil;onne son identit&eacute;. Une beaut&eacute; visible dans ses villes, ses rues, ses monuments, dans les places, les jardins, ses universit&eacute;s, ses &eacute;glises, dans la musique, la peinture, la danse et sa gastronomie. On y per&ccedil;oit &eacute;galement l’&acirc;me des g&eacute;n&eacute;rations qui ont transform&eacute; le paysage et lui ont donn&eacute; un visage singulier, et cela nous r&eacute;v&egrave;le &agrave; chaque instant l’intelligence et la volont&eacute; qui r&eacute;sident dans l’&acirc;me humaine.</p> 
<p>Apr&egrave;s avoir contempl&eacute; attentivement ces merveilles cr&eacute;&eacute;es par les g&eacute;n&eacute;rations pr&eacute;c&eacute;dentes, une question surgit in&eacute;vitablement et nous interpelle tous : quel h&eacute;ritage laissons-nous &agrave; l’avenir et, par cons&eacute;quent, quel type de communaut&eacute; construisons-nous ?</p> 
<p>J’ai &eacute;cout&eacute; avec le plus grand int&eacute;r&ecirc;t chacune des interventions ; je suis d’accord avec vous. Notre soci&eacute;t&eacute; poss&egrave;de en effet une capacit&eacute; extraordinaire &agrave; produire, innover et communiquer. Cependant, il semble que nous ayons encore besoin d’apprendre &agrave; pr&eacute;server l’essence de ce qu’elle cr&eacute;e. Autrement, nous risquons de devenir des experts en m&eacute;dias et efficaces dans la production, mais incertains quant au pour quelle raison, pour quoi, avec qui et pour qui produit-on. Dans ce contexte, l’&Eacute;glise, consciente de ses r&eacute;ussites et de ses erreurs au fil de l’histoire, aspire &agrave; rester en dialogue avec le monde contemporain.</p> 
<p>Le d&eacute;sir du bien, de la beaut&eacute; et de la v&eacute;rit&eacute; est ancr&eacute; dans l’ADN de l’humanit&eacute; ; et c’est &agrave; partir de cette aspiration profond&eacute;ment humaine et de notre exp&eacute;rience s&eacute;culaire que l’&Eacute;glise propose des chemins vers une vie digne et le bien commun. &Agrave; ce propos, <a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr.html">saint Paul VI</a> affirma devant les Nations Unies que, quelle que soit l’opinion que l’on ait du Pontife Romain, sa mission est bien connue. En tant qu’&laquo; experte en humanit&eacute; &raquo;, l’&Eacute;glise ne se d&eacute;sint&eacute;resse de rien de ce qui est v&eacute;ritablement humain (cf. <i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html">Gaudium et spes</a></i>, n. 1). C’est pourquoi l’&laquo; attitude de dialogue fait partie int&eacute;grante de la vocation de l’&Eacute;glise &raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html">Magnifica humanitas</a></i>, n. 2). Aujourd’hui, nous constatons que la question d&eacute;cisive reste la m&ecirc;me : qu’est-ce qu’&ecirc;tre v&eacute;ritablement humain ?</p> 
<p>L’&Eacute;glise partage avec humilit&eacute; mais aussi avec fermet&eacute; ce qu’elle a d&eacute;couvert dans l’exp&eacute;rience de la foi : que J&eacute;sus-Christ r&eacute;pond aux grandes questions sur la vie humaine et sa pl&eacute;nitude, d&eacute;j&agrave; en ce monde et jusqu’&agrave; son aboutissement dans l’&eacute;ternit&eacute;. &laquo; C’est pourquoi la personne humaine reste toujours “la route de l’&Eacute;glise” et le cœur de tout cheminement authentique vers le d&eacute;veloppement humain int&eacute;gral &raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html">ibid.</a></i>, n. 50). Elle ne peut donc pas se d&eacute;sint&eacute;resser de la culture, car c’est &agrave; travers elle que l’homme, en tant qu’homme, “est” davantage (cf. <i><a href="Compendium%20de%20la%20Doctrine%20sociale%20de%20l’Église">Compendium de la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise</a></i>, n. 554).</p> 
<p>Et pr&eacute;cis&eacute;ment parce que “culture” &eacute;voque “cultivation”, comme le sugg&egrave;re la racine &eacute;tymologique commune aux deux termes, nous sommes amen&eacute;s &agrave; nous demander ce que nous semons aujourd’hui, ce qui fleurit et ce qui se fl&eacute;trit silencieusement dans notre soci&eacute;t&eacute;, quelles valeurs nous pr&eacute;servons et lesquelles nous laissons mourir. Ce sont l&agrave; des questions profondes, n&eacute;cessaires et qui ne sauraient &ecirc;tre ignor&eacute;es.</p> 
<p>Pour r&eacute;pondre &agrave; ces questions, il faut un dialogue social que l’on peut comparer &agrave; l’art de tisser des r&eacute;seaux, qui implique rencontre, &eacute;coute, dialogue et respect.</p> 
<p>Dans les diff&eacute;rents secteurs de l’activit&eacute; humaine, nous devons prendre soin du langage utilis&eacute; : &eacute;crit, oral et, dans l’environnement num&eacute;rique, &eacute;galement celui du visuel ; car la communication n’est jamais neutre. Toute expression parle, transmet ; elle peut blesser ou gu&eacute;rir, d&eacute;truire des attentes ou ouvrir des horizons, semer la division ou &eacute;veiller l’espoir de construire ensemble quelque chose de v&eacute;ritablement humain.</p> 
<p>Tisser des liens est donc un dialogue entre institutions centr&eacute; sur la dignit&eacute; humaine. Cela implique, par exemple, que l’universit&eacute; ne tourne pas le dos au monde du travail ni ne renonce &agrave; la v&eacute;rit&eacute; ; que l’activit&eacute; entrepreneuriale ne consid&egrave;re pas l’employ&eacute; comme un simple facteur dans l’&eacute;quation de ses int&eacute;r&ecirc;ts ; que l’art ne s’adresse pas uniquement aux &eacute;lites ; que le sport ne soit pas r&eacute;duit &agrave; un spectacle ou transform&eacute; en simple commerce ; que le progr&egrave;s technologique tienne compte des personnes &acirc;g&eacute;es, des pauvres et de ceux qui n’ont pas de voix.</p> 
<p>Notre contribution au dialogue, &agrave; partir d’une vision chr&eacute;tienne de la vie, part du constat que le Cr&eacute;ateur a tiss&eacute; l’&ecirc;tre humain avec des fils d’amour ; car il a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute; &agrave; l’image et &agrave; la ressemblance de Dieu, Dieu qui est amour (<i>1 Jn</i> 4, 8). C’est l&agrave; que r&eacute;side le fondement de la dignit&eacute; humaine inali&eacute;nable, dont le respect absolu est la base du dialogue.</p> 
<p>Deuxi&egrave;mement, tisser des liens signifie cr&eacute;er ensemble. &laquo; La foi ― affirmait le <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr.html">Pape Beno&icirc;t XVI</a> ― est amour et c’est pourquoi elle cr&eacute;e de la po&eacute;sie et elle cr&eacute;e de la musique. La foi est joie, c’est pourquoi elle cr&eacute;e de la beaut&eacute; &raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2008/documents/hf_ben-xvi_aud_20080521.html">Cat&eacute;ch&egrave;se</a></i>, 21 mai 2008). Nous avons tous fait l’exp&eacute;rience de quelque chose de beau qui nous a transform&eacute;s int&eacute;rieurement : une chanson, un po&egrave;me, une &eacute;glise silencieuse, une voix, un regard, voire un match de basketball v&eacute;cu entre amis.</p> 
<p>Il n’est donc pas &eacute;tonnant que la proclamation de la Bonne Nouvelle et la conscience de notre fraternit&eacute; s’expriment sous la forme d’une <i>saeta</i> pendant la Semaine Sainte, de po&eacute;sie mystique, de ma&icirc;trise litt&eacute;raire chez des auteurs tels que Lope de Vega, sainte Th&eacute;r&egrave;se d’Avila ou saint Jean de la Croix, Calder&oacute;n de la Barca, ou dans la prose sereine de saint Thomas d’Aquin, dont nous avons h&eacute;rit&eacute; les beaux hymnes du <i>Corpus Christi</i>, que nous c&eacute;l&eacute;brons aujourd’hui. Tout cela montre le lien entre le mat&eacute;riel et le spirituel qui constitue notre existence.</p> 
<p>Tisser des liens signifie, en troisi&egrave;me lieu, servir de mani&egrave;re d&eacute;sint&eacute;ress&eacute;e. Un regard objectif r&eacute;v&egrave;le que des hommes et des femmes anim&eacute;s par la foi ont construit des h&ocirc;pitaux et des &eacute;coles, ont donn&eacute; naissance &agrave; des initiatives solidaires et ont parl&eacute; un langage redonnant leur dignit&eacute; aux personnes. C’est pourquoi il convient de se demander en toute honn&ecirc;tet&eacute; si le monde — et en particulier l’Europe — aurait forg&eacute; son identit&eacute; sans l’empreinte spirituelle qui a impr&eacute;gn&eacute; son histoire. Il ne s’agit pas d’une provocation, mais d’une invitation &agrave; r&eacute;fl&eacute;chir &agrave; la question de savoir si l’&eacute;ternit&eacute;, qui a fait irruption dans le temps et l’espace par l’incarnation de J&eacute;sus-Christ, peut se r&eacute;concilier &agrave; nouveau avec le quotidien.</p> 
<p>Est-il vraiment possible de croire que l’Europe — que nous aimons tant — serait elle-m&ecirc;me sans l’empreinte de la foi ? Pourquoi craindre que l’&eacute;ternit&eacute; impr&egrave;gne le quotidien ? Le cri de mes pr&eacute;d&eacute;cesseurs r&eacute;sonne encore : &laquo; N’ayez pas peur ! Ouvrez grand les portes au Christ ! &raquo; J&eacute;sus-Christ ne nous enl&egrave;ve rien et nous donne tout.</p> 
<p>Je veux me demander &agrave; haute voix : quelles sont les personnes exclues malgr&eacute; leurs vertus et leurs capacit&eacute;s ? Nous ne pouvons ignorer que la condition des pauvres est un cri qui, dans l’histoire de l’humanit&eacute;, interpelle constamment notre vie, nos soci&eacute;t&eacute;s, les syst&egrave;mes politiques et &eacute;conomiques, et l’&Eacute;glise (cf. <i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/apost_exhortations/documents/20251004-dilexi-te.html">Dilexi te</a></i>, n. 9).</p> 
<p>En effet, le Christ redonne au bien commun la place qui lui revient en tant qu’arbitre sage qui apaise la cupidit&eacute; des uns et nourrit l’esp&eacute;rance des autres, tout en aspirant &agrave; les sauver tous.</p> 
<p>Cette &Eacute;glise, &laquo; experte en humanit&eacute; &raquo;, bien qu’elle marche parfois &agrave; contre-courant, insiste sur le fait que &laquo; les structures &eacute;conomiques et institutionnelles sont justes uniquement dans la mesure o&ugrave; elles servent le d&eacute;veloppement int&eacute;gral de la personne et favorisent la participation responsable de tous &raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html">Magnifica humanitas</a>, </i>n. 34).</p> 
<p>Permettez-moi enfin d’attirer votre attention sur un monde qui, comme vous le savez, ne m’est pas &eacute;tranger : celui du sport. Pensons &agrave; combien d’entre nous ont appris le respect de l’adversaire sur un terrain de jeu plut&ocirc;t qu’en &eacute;coutant un discours. Combien de sportifs nous enseignent &agrave; perdre sans ha&iuml;r, &agrave; gagner sans humilier ou &agrave; se relever apr&egrave;s une chute&nbsp;!</p> 
<p>&Agrave; ce sujet, <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr.html">saint Jean-Paul II</a>, en tant que sportif et pasteur, a d&eacute;clar&eacute; : &laquo; En ces temps o&ugrave; malheureusement, diff&eacute;rentes formes de violence et donc de haine tendent n&eacute;fastement &agrave; lac&eacute;rer le tissu de la solidarit&eacute; sociale, vous [les sportifs] contribuez, pour votre part, &agrave; donner un t&eacute;moignage lumineux de coh&eacute;sion, de paix, d’union, bref “de savoir vivre ensemble” &raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/speeches/1979/august/documents/hf_jp-ii_spe_19790831_sci-nautico.html">Discours aux participants au 33<sup>e</sup> Championnat d’Europe, d’Afrique et de la M&eacute;diterran&eacute;e de ski nautique</a></i>, 31 ao&ucirc;t 1979). Ces paroles sont plus actuelles et opportunes qu’au moment o&ugrave; elles ont retenti pour la premi&egrave;re fois.</p> 
<p>Chers amis, je vous invite donc &agrave; devenir de <i>nouveaux fils afin de tisser de nouveaux r&eacute;seaux</i> qui harmonisent tous les domaines de la vie, et de construire une soci&eacute;t&eacute; renouvel&eacute;e o&ugrave; le temps s’impr&egrave;gne d’&eacute;ternit&eacute;, o&ugrave; la culture pr&eacute;serve la m&eacute;moire et favorise le dialogue, o&ugrave; l’&eacute;ducation promeut la recherche de la v&eacute;rit&eacute; dans un esprit critique, o&ugrave; l’art suscite l’&eacute;merveillement et g&eacute;n&egrave;re des &eacute;motions nobles, o&ugrave; l’entreprise reconna&icirc;t la dignit&eacute; de la personne et o&ugrave; le travail reste un moteur d’esp&eacute;rance.</p> 
<p>Soyons de nouveaux liens en suivant le conseil de saint Paul : &laquo; Soyez joyeux avec ceux qui sont dans la joie, pleurez avec ceux qui pleurent. Soyez bien d’accord les uns avec les autres ; n’ayez pas le go&ucirc;t des grandeurs, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble. Ne vous fiez pas &agrave; votre propre jugement. Ne rendez &agrave; personne le mal pour le mal, appliquez-vous &agrave; bien agir aux yeux de tous les hommes. Autant que possible, pour ce qui d&eacute;pend de vous, vivez en paix avec tous les hommes &raquo; (<i>Rm</i> 12, 15-18). Car c’est de tout cela que d&eacute;pend le fait que notre &laquo; magnifique humanit&eacute; &raquo; continue de resplendir dans l’avenir. Merci beaucoup.</p> 
<p>Soyons donc tous les b&acirc;tisseurs de cette nouvelle communaut&eacute;.</p> 
<p><i>B&eacute;n&eacute;diction</i></p> 
<p>Merci beaucoup, f&eacute;licitations &agrave; tous.</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Voyage apostolique en Espagne : Messe sur la Plaza de Cibeles (Madrid, 7 juin 2026)]]></title><pubDate>Sun, 07 Jun 2026 10:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/homilies/2026/documents/20260607-spagna-messa-madrid.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/homilies/2026/documents/20260607-spagna-messa-madrid.html</guid><description><![CDATA[<!-- Sun, 07 Jun 2026 12:08:33 +0200 --> <p><i>&Eacute;minences et Excellences,<br /> chers pr&ecirc;tres, religieux, religieuses,<br /> Majest&eacute;s,<br /> fr&egrave;res et sœurs,</i></p> 
<p>le cœur d&eacute;bordant de joie, en ce d&eacute;but de voyage en Espagne, je pr&eacute;side cette c&eacute;l&eacute;bration en ce jour de la solennit&eacute; du&nbsp;<i><a href="https://www.vaticannews.va/fr/vacances-liturgiques/saint-sacrement-corpus-domini.html">Corpus Christi</a></i>.</p> 
<p>Nous sommes r&eacute;unis autour de l’Eucharistie, don de la pr&eacute;sence vivante du Christ parmi nous. C’est lui qui a voulu nous offrir sa vie pour nous faire entrer dans la communion du P&egrave;re et faire de nous ses enfants. Il est ici, comme le Pain vivant descendu du ciel, qui nous nourrit de la vie m&ecirc;me de Dieu, d’un amour plus fort que la mort.</p> 
<p>Ce m&eacute;morial du Seigneur pr&eacute;sent dans le Pain eucharistique est au cœur de votre foi et de l’histoire de votre peuple. Ici &agrave; Madrid, mais aussi dans tant d’autres lieux d’Espagne, le&nbsp;<i><a href="https://www.vaticannews.va/fr/vacances-liturgiques/saint-sacrement-corpus-domini.html">Corpus Christi</a></i>&nbsp;n’est pas une f&ecirc;te de plus dans le calendrier liturgique, mais un retour aux racines de la foi pour renouveler l’amour et la fid&eacute;lit&eacute; &agrave; Dieu. Les processions solennelles de ce jour ont fa&ccedil;onn&eacute; pendant des si&egrave;cles la pi&eacute;t&eacute;, l’art, la musique, l’architecture et la vie du peuple espagnol. Encore aujourd’hui, elles expriment et manifestent le sentiment spirituel de ce pays &agrave; travers la beaut&eacute; et l’&eacute;l&eacute;gance des tapis de fleurs, des autels dans les rues, du soin apport&eacute; aux ostensoirs et &agrave; leur exposition, ainsi que des chants et des ornements. Il ne s’agit pas d'une manifestation ext&eacute;rieure, d’une survivance folklorique ou d’une simple parure esth&eacute;tique : il s'agit ici de la foi en la pr&eacute;sence du Seigneur ressuscit&eacute;, qui est vivant et continue de passer au milieu de nous, qui se fait pain pour notre faim de vie et visite les recoins de notre cœur et de notre histoire, m&ecirc;me les plus sombres.</p> 
<p>Ainsi, si le Christ se donne en nourriture lors de la c&eacute;l&eacute;bration eucharistique, la procession dit qu’Il ne reste pas enferm&eacute; dans le temple, mais qu’Il sort &agrave; notre rencontre. J&eacute;sus marche dans les rues, traverse les places, visite nos quartiers, habite les lieux de notre vie quotidienne. Il est le Dieu proche qui marche avec son peuple, le Seigneur de l’histoire, la consolation des faibles, la lumi&egrave;re pour les familles, l’esp&eacute;rance pour les malades, la paix pour ceux qui souffrent. Le Christ qui passe dans les rues dans l’ostensoir est le m&ecirc;me qui s’identifie aux pauvres, aux opprim&eacute;s, &agrave; ceux qui sont seuls et sans d&eacute;fense. Ce n’est pas un hasard si ici, en Espagne, l’&Eacute;glise a uni pendant des ann&eacute;es la solennit&eacute; du&nbsp;<i><a href="https://www.vaticannews.va/fr/vacances-liturgiques/saint-sacrement-corpus-domini.html">Corpus Christi</a></i>&nbsp;&agrave; la&nbsp;<i>Journ&eacute;e de la Charit&eacute;.</i></p> 
<p>Il ne s’agit pas seulement de sortir l’ostensoir, mais de sortir nous-m&ecirc;mes de l’&eacute;go&iuml;sme, de l’indiff&eacute;rence, d’une foi confortable et priv&eacute;e, pour r&eacute;pondre &agrave; son invitation &agrave; la conversion, changer notre regard, accueillir sa pr&eacute;sence qui nous transforme et fait de nous des b&acirc;tisseurs d’un monde nouveau.</p> 
<p>C’est pourquoi la m&eacute;moire historique des processions du&nbsp;<i>Corps et du Sang du Christ</i>&nbsp;ne se laisse pas emprisonner dans la nostalgie ; elle devient, au contraire, une invitation aujourd’hui, pour notre vie personnelle, pour nos relations, pour la soci&eacute;t&eacute;, pour la construction de l’avenir. C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre l’invitation &agrave; “se souvenir” que nous avons entendue dans la premi&egrave;re lecture : &laquo; Souviens-toi de tout le chemin que le Seigneur, ton Dieu, t’a fait parcourir ces quarante ann&eacute;es dans le d&eacute;sert &raquo; ; souviens-toi de comment, quand tu avais faim, il t’a nourri de la manne. Il s’agit de “se souvenir” pr&eacute;cis&eacute;ment pour ne pas oublier qui est le Seigneur et pour ne pas succomber &agrave; la tentation de se fier &agrave; d’autres idoles et de se nourrir d’un pain qui ne rassasie pas.</p> 
<p>Voici donc une exhortation pour l’Espagne d’aujourd’hui et de demain : que la religiosit&eacute; qui anime ce pays depuis des si&egrave;cles ne soit pas un mus&eacute;e du pass&eacute;, mais une &eacute;cole de foi o&ugrave; on peut encore s’abreuver. Une &eacute;cole qui nous enseigne &agrave; nous agenouiller devant Dieu et devant notre prochain, car personne ne peut s’agenouiller devant le Seigneur et m&eacute;priser son prochain ; une &eacute;cole qui nous enseigne la&nbsp;gratuit&eacute; de l’amour qui se fait don, afin qu’il circule parmi nous et brise les cha&icirc;nes de tout &eacute;go&iuml;sme ; une &eacute;cole o&ugrave; nous apprenons que Dieu est une pr&eacute;sence r&eacute;elle et que nous sommes nous aussi appel&eacute;s &agrave; &ecirc;tre pr&eacute;sents dans les situations et les d&eacute;fis de la soci&eacute;t&eacute;, &agrave; ne pas fuir et &agrave; nous engager personnellement dans la construction du bien commun.</p> 
<p>Fr&egrave;res et sœurs, je souhaite rappeler ici saint Manuel Gonz&aacute;lez, l’&eacute;v&ecirc;que des tabernacles abandonn&eacute;s. Sa vie nous rappelle que l’Eucharistie ne doit pas &ecirc;tre honor&eacute;e uniquement lors des grandes c&eacute;l&eacute;brations ou de mani&egrave;re occasionnelle, mais aussi dans la fid&eacute;lit&eacute; silencieuse de celui qui accompagne le Seigneur par une amiti&eacute; humble et discr&egrave;te qui se nourrit jour apr&egrave;s jour. Je voudrais &eacute;galement rappeler les vers po&eacute;tiques de saint Jean de la Croix : &laquo; Je connais bien moi la source qui jaillit et coule, bien que de nuit &raquo; (<i>Chant de l’&acirc;me qui se r&eacute;jouit de conna&icirc;tre Dieu par la foi</i>). Dans la prison conventuelle de Tol&egrave;de, o&ugrave; il &eacute;tait incarc&eacute;r&eacute; dans des conditions extr&ecirc;mement dures, pr&eacute;cis&eacute;ment aux alentours de la f&ecirc;te du&nbsp;<i>Corps et du Sang du Christ</i>&nbsp;en 1578, il reconna&icirc;t, depuis la nuit de cette prison, la pr&eacute;sence cach&eacute;e du Seigneur d'o&ugrave; jaillit une lumi&egrave;re qui ne conna&icirc;t pas de cr&eacute;puscule et d’o&ugrave; coule une vie qui ne s’&eacute;puise pas. J&eacute;sus Eucharistie est &laquo; cette source &eacute;ternelle qui est cach&eacute;e &raquo;, source qui coule et &eacute;tanche la soif sans &eacute;blouir, sans s'imposer par une puissance ext&eacute;rieure, sans se pr&eacute;senter de mani&egrave;re spectaculaire (cf.&nbsp;<i>ibid.</i>).</p> 
<p>Revenons &agrave; Lui par un amour sinc&egrave;re. Ouvrons-nous &agrave; la rencontre avec Lui, laissons-Le d&eacute;salt&eacute;rer les aridit&eacute;s de notre cœur, pour ensuite sortir sur les chemins de la vie et de l’histoire et porter parmi les gens ce courant d’eau fra&icirc;che, ce courant d’amour, de paix, de justice et de joie. Buvons &agrave; nouveau &agrave; cette source eucharistique, qui ne nous enferme pas dans une d&eacute;votion priv&eacute;e, mais nous envoie arroser nos fr&egrave;res, les familles, les pauvres, ceux qui souffrent, ceux qui ont perdu espoir. La gr&acirc;ce eucharistique nous transforme, et fait aussi de nous des acteurs de la transformation de l’histoire et un signe d’esp&eacute;rance pour ceux que nous rencontrons.</p> 
<p>Que le Seigneur J&eacute;sus pr&eacute;sent dans l’Eucharistie fasse de vous le pain rompu, donn&eacute; et offert, afin qu’une vie pleine jaillisse pour vous, pour vos familles et pour votre pays.</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Message vidéo du Saint-Père à l'occasion du VI<sup>e</sup> Congrès apostolique mondial de la Miséricorde sur le thème « Construire la cité de la miséricorde » [Vilnius (Lituanie), 7-12 juin 2026] (7 juin 2026)]]></title><pubDate>Sun, 07 Jun 2026 08:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/messages/pont-messages/2026/documents/20260607-videomessaggio-lituania.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/messages/pont-messages/2026/documents/20260607-videomessaggio-lituania.html</guid><description><![CDATA[<!-- Tue, 09 Jun 2026 15:41:54 +0200 --> <p><i>Chers fr&egrave;res et sœurs dans le Christ,</i></p> 
<p>Je suis heureux de tous vous saluer, vous tous qui participez &agrave; la sixi&egrave;me &eacute;dition du Congr&egrave;s apostolique mondial de la mis&eacute;ricorde, si fortement souhait&eacute; par mon v&eacute;n&eacute;r&eacute; pr&eacute;d&eacute;cesseur, le Pape saint Jean-Paul II. &Agrave; cette occasion, je voudrais adresser un salut particulier &agrave; S.Exc. Mgr Gintaras Grušas de Vilnius, qui accueille dans son dioc&egrave;se tant de p&egrave;lerins de mis&eacute;ricorde venus du monde entier, ainsi qu’&agrave; S.E. M. Gitanas Nausėda, pr&eacute;sident de la R&eacute;publique de Lituanie, et surtout &agrave; Sa Saintet&eacute; le Patriarche Bartholom&eacute;e de Constantinople, qui a aimablement accept&eacute; d'&ecirc;tre pr&eacute;sent.</p> 
<p>Saint Augustin &eacute;crit dans les Confessions que son seul espoir r&eacute;side dans la tr&egrave;s grande mis&eacute;ricorde de Dieu (10, 40). En effet, c’est une source de grande joie et de v&eacute;ritable esp&eacute;rance que de constater combien Dieu est mis&eacute;ricordieux envers chacun de nous et combien il est bon pour nous de renouveler notre confiance en sa mis&eacute;ricorde.</p> 
<p>Le monde d’aujourd’hui, avec ses nombreuses peurs et angoisses, ses tensions et ses guerres, manifeste un besoin toujours plus urgent de paix dans le cœur des individus et des peuples. Au milieu du tourbillon de violence qui empoisonne les relations et d&eacute;truit des vies, la mis&eacute;ricorde de Dieu demande &agrave; pouvoir entrer dans nos cœurs avec son incroyable pouvoir de renouveau. C’est cette mis&eacute;ricorde qui est capable de transformer nos vies, ouvrant la voie &agrave; l’amour et au pardon, comme traits distinctifs du visage de Dieu qui se manifeste &agrave; travers nous.</p> 
<p>Chers amis, Dieu ne se lasse jamais de manifester Sa mis&eacute;ricorde. Son amour, comme le dit le psalmiste (cf. Ps 136), est &eacute;ternel, et combien notre monde implore la mis&eacute;ricorde &agrave; tous les niveaux! Mais la paix que nous d&eacute;sirons tant ne peut &ecirc;tre atteinte sans mis&eacute;ricorde. Unissons donc notre confiance dans la mis&eacute;ricorde infinie de Dieu &agrave; notre engagement personnel en vue de b&acirc;tir une soci&eacute;t&eacute; plus accueillante et plus mis&eacute;ricordieuse, &agrave; commencer par nos familles.</p> 
<p>J’esp&egrave;re que vous vivrez pleinement ces quelques jours &agrave; Vilnius, afin de ramener dans vos communaut&eacute;s toute la richesse de ce rassemblement international dont vous avez fait l’exp&eacute;rience. Du fond du cœur, je vous accorde, ainsi qu’&agrave; vos familles, la b&eacute;n&eacute;diction apostolique de Dieu mis&eacute;ricordieux.</p> 
<p>_______________</p> 
<p><i>L'Osservatore Romano</i></p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Voyage apostolique en Espagne : Veillée de prière avec les jeunes sur la place de Lima (Madrid, 6 juin 2026)]]></title><pubDate>Sat, 06 Jun 2026 20:30:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260606-spagna-veglia-giovani.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260606-spagna-veglia-giovani.html</guid><description><![CDATA[<!-- Sun, 07 Jun 2026 11:44:18 +0200 --> <p>(1) <i>Nous savons que saint Augustin est tr&egrave;s important pour vous, mais quels autres saints et quelles autres figures de r&eacute;f&eacute;rence vous ont aid&eacute; dans votre croissance personnelle en tant que chr&eacute;tien ?</i></p> 
<p>(2) <i>J’aimerais maintenant vous interroger sur vos ann&eacute;es comme missionnaire au P&eacute;rou. Quel souvenir ou quelle exp&eacute;rience de ces ann&eacute;es gardez-vous comme un tr&eacute;sor ?<br /> &nbsp;</i></p> 
<p>Eh bien, tout d’abord : bonjour &agrave; vous tous ! Merci d’&ecirc;tre ici et merci de partager votre foi avec tout Madrid et toute l’Espagne. Pour r&eacute;pondre &agrave; la premi&egrave;re question concernant certains saints qui ont &eacute;t&eacute; pour moi des mod&egrave;les durant mon enfance et ma jeunesse, mais aussi en tant qu’&eacute;v&ecirc;que et en tant que Pape… On a d&eacute;j&agrave; mentionn&eacute; saint Augustin — et nous savons tous que saint Augustin est une figure tr&egrave;s importante pour toute l’&Eacute;glise —, mais j’ai &eacute;galement pens&eacute; &agrave; l’un des P&egrave;res de l’&Eacute;glise orientale qui s’appelait saint Jean Chrysostome, son nom signifie “bouche d’or”, un titre que ce P&egrave;re de l’&Eacute;glise a m&eacute;rit&eacute; parce qu’il avait une tr&egrave;s belle &eacute;loquence. Avant son bapt&ecirc;me, qui eut lieu en 368 apr&egrave;s J.-C., il &eacute;tudiait la philosophie. Il se consacra ensuite &agrave; l’ex&eacute;g&egrave;se des Saintes &Eacute;critures, en compagnie d’autres jeunes d’Antioche, sa ville natale. Apr&egrave;s une exp&eacute;rience d’ermite, il se mit au service de l’&Eacute;glise comme pr&ecirc;tre et ensuite comme &eacute;v&ecirc;que. Et j’en profite pour vous dire &agrave; tous : n’ayez jamais peur d’envisager un appel &agrave; la vie sacerdotale, &agrave; la vie religieuse ou &agrave; d’autres services au sein de l’&Eacute;glise ! Car Jean Chrysostome, qui portait dans son cœur cet amour pour la Parole de Dieu, apr&egrave;s &ecirc;tre devenu pr&ecirc;tre puis &eacute;v&ecirc;que, a donn&eacute; un t&eacute;moignage extraordinaire, surtout par la coh&eacute;rence de sa vie. S’il pr&ecirc;chait, c’&eacute;tait parce qu’il vivait ce message. Personnellement, j’ai &eacute;t&eacute; particuli&egrave;rement impressionn&eacute; par ses cat&eacute;ch&egrave;ses, ses sermons, ses hom&eacute;lies et ses &eacute;crits, qui allient l’amour de la v&eacute;rit&eacute; et la droiture de sa vie. Mais il faisait aussi preuve d’un grand courage. Il n’avait pas peur de parler devant l’Empereur, de dire des choses en faveur de la justice et non pas seulement pour plaire &agrave; autrui. C’&eacute;tait un homme de parole.</p> 
<p>Un autre saint auquel j’ai pens&eacute; est saint Thomas de Villanueva, un augustin, qui fut appel&eacute; &agrave; devenir, aussi, pasteur de l’&Eacute;glise. Il &eacute;tait espagnol. Il &eacute;tudia &agrave; l’universit&eacute; d’Alcal&aacute; et, par sa sagesse il gagna l’estime de l’empereur Charles Quint. Il fut ensuite nomm&eacute; &eacute;v&ecirc;que de Valence et il entreprit un intense travail de r&eacute;forme de l’&Eacute;glise, surtout du clerg&eacute;, exhortant ses fr&egrave;res &agrave; la pers&eacute;v&eacute;rance dans la pri&egrave;re, la vie de chastet&eacute; et l’ob&eacute;issance. En raison de sa charit&eacute; ardente, il est encore connu aujourd’hui comme “l’&eacute;v&ecirc;que des pauvres”. C’est cette charit&eacute; qui m’a soutenu dans les moments d’&eacute;preuve et dans les moments de service.</p> 
<p>Un autre compagnon de route est saint Toribio de Mogrovejo, lui aussi espagnol. Au XVI<sup>e</sup> si&egrave;cle, il fut missionnaire au P&eacute;rou, o&ugrave; il se consacra avec un grand z&egrave;le &agrave; l’&eacute;vang&eacute;lisation, en &eacute;tudiant les langues locales. Saint Toribio sut allier une vie intense de pri&egrave;re &agrave; un engagement en faveur de la justice, en particulier face aux abus et &agrave; la corruption de son &eacute;poque. C’est pourquoi il est pour moi un mod&egrave;le de d&eacute;vouement envers le peuple, en particulier les plus pauvres, au nom du Christ.</p> 
<p>En contemplant la vie de ces saints, comme saint Augustin, je me suis dit : s’ils en ont &eacute;t&eacute; capables, pourquoi pas moi ? (cf. <i>Confessions</i>, VIII, 27). C’est une question que je vous confie volontiers, en vous invitant &agrave; choisir de bons exemples de vie qui soient attrayants tant pour vous que pour les autres.</p> 
<p>Quant aux ann&eacute;es pass&eacute;es au P&eacute;rou, en tant que missionnaire et ensuite comme &eacute;v&ecirc;que, je me souviens surtout du t&eacute;moignage de foi des gens, marqu&eacute;s par de nombreuses difficult&eacute;s, mais pleins d’espoir. C’est pr&eacute;cis&eacute;ment la rencontre avec les souffrances comme avec les joies du peuple qui m’a fait grandir sur le chemin &agrave; la suite de J&eacute;sus. Tout en l’annon&ccedil;ant, j’&eacute;tais moi aussi transform&eacute; par l’&Eacute;vangile, transform&eacute; par la vie et la foi de ces peuples, souvent mat&eacute;riellement tr&egrave;s pauvres, mais riches en foi. Et en faisant l’exp&eacute;rience de cette foi dans la parole du Seigneur, j’ai vu comment la Parole de Dieu peut transformer le conflit en paix. Elle peut &ecirc;tre une source de r&eacute;conciliation, de paix et de justice.</p> 
<p>&nbsp;</p> 
<p><i>(3) Selon vous, comment pourrions-nous reconna&icirc;tre la voix de Dieu parmi tant d’autres voix ?</i></p> 
<p><i>(4) Comment pouvons-nous, nous qui sommes en chemin, accompagner les autres dans leur cheminement vers la d&eacute;couverte de la beaut&eacute; de la foi ?<br /> &nbsp;</i></p> 
<p>Tout d’abord, nous pouvons parler de la mani&egrave;re d’&eacute;couter cette voix de Dieu, comment discerner si c’est vraiment Dieu qui nous parle ou autre chose, une autre tentation, une autre difficult&eacute;.</p> 
<p>Pour reconna&icirc;tre la voix de Dieu, le silence peut avant tout nous aider, je pense qu’il est tr&egrave;s important que chacun d’entre nous s’efforce de d&eacute;velopper sa capacit&eacute; &agrave; rester en silence. Souvent, nous avons nos &eacute;couteurs, nous &eacute;coutons de la musique, nous nous laissons distraire et nous ne savons pas rester en silence. Je crois que c’est souvent pr&eacute;cis&eacute;ment dans cette exp&eacute;rience du silence que Dieu peut nous parler ou que nous pouvons discerner la voix de Dieu. Lorsque nous recherchons le silence, nous d&eacute;cidons de ce que nous ne voulons pas entendre et des bruits qui ne doivent pas nous distraire. En nous lib&eacute;rant du vacarme de mille voix, nous reconnaissons que certaines trompent nos d&eacute;sirs, d’autres nous ach&egrave;tent sans nous nourrir, d’autres encore parlent par int&eacute;r&ecirc;t. Dans le silence, nous comprenons que les id&eacute;ologies passent, tandis que la v&eacute;rit&eacute; demeure. Je voudrais &eacute;galement souligner ici l’importance de la recherche de la v&eacute;rit&eacute;, car de nombreuses voix et de nombreuses informations sur les r&eacute;seaux sociaux nous trompent et nous racontent des mensonges. Recherchez toujours la v&eacute;rit&eacute; ! Dieu est la v&eacute;rit&eacute; ! Si cela vous &eacute;loigne de Dieu, ce n’est pas la v&eacute;rit&eacute; ! Ne l’oubliez pas !</p> 
<p>Deuxi&egrave;mement, soyez certains que Dieu conna&icirc;t bien ta voix, votre voix : Il vous &eacute;coute et vous r&eacute;pondra. Ne craignez pas d’exprimer ce que vous ressentez dans votre cœur. Il y a un psaume qui dit : &laquo; Lui qui forma l’oreille, Il n’entendrait pas&nbsp;&raquo; (<i>Ps</i> 94, 9). Notre dialogue int&eacute;rieur se transforme en pri&egrave;re, en louange et en supplication lorsqu’il est confi&eacute; &agrave; Celui seul qui peut l’entendre. La pri&egrave;re est une voix libre pr&eacute;cis&eacute;ment parce qu’elle ne s’exprime pas pour rendre des comptes, pour prouver que nous sommes pr&ecirc;ts ou pour nous donner de l’importance. Lorsque nous nous faisons nous-m&ecirc;mes pri&egrave;re, le Seigneur nous r&eacute;pond par son Verbe, qui s’est fait homme pour nous, en affirmant qu’Il nous aime de tout son &ecirc;tre.</p> 
<p>Troisi&egrave;mement, pour reconna&icirc;tre la voix de Dieu, il faut &eacute;couter la Parole. La Parole de Dieu est vivante parce qu’elle est le Christ, dont la voix continue de r&eacute;sonner dans l’&Eacute;glise qui est son Corps. Il accomplit toutes les &Eacute;critures, cet ancien et ce nouveau Testament donn&eacute;s aux hommes comme promesse de salut. L’adoration eucharistique aussi, que nous vivons ensemble ce soir, est pr&eacute;cis&eacute;ment le lieu id&eacute;al pour garder le silence, lib&eacute;rer notre cœur et “&ecirc;tre” nous-m&ecirc;mes devant le Seigneur, en dialoguant avec Lui, de sorte qu’Il s’exprime avec &eacute;loquence dans son amour devenu nourriture pour toute l’humanit&eacute;.</p> 
<p>En outre, chers jeunes, pour accompagner les autres &agrave; d&eacute;couvrir la beaut&eacute; de notre foi, rappelez-vous qu’aucun de nous n’est n&eacute; ma&icirc;tre, et que devant le Seigneur, nous sommes tous des disciples. Partagez donc votre cheminement spirituel, t&eacute;moignez-en par la coh&eacute;rence de votre vie : la volont&eacute; de suivre J&eacute;sus vous renouvellera constamment, surtout dans les moments de lassitude. &Agrave; cet &eacute;gard, il est important de comprendre que personne n’est seul &agrave; croire en J&eacute;sus. Regardez combien vous &ecirc;tes nombreux ici ! Et de la m&ecirc;me mani&egrave;re, au sein de la communaut&eacute;, dans les groupes de jeunes, au sein de la famille, nous pouvons tous d&eacute;couvrir la beaut&eacute; de notre foi. Car en partageant votre cheminement spirituel la volont&eacute; de suivre J&eacute;sus vous renouvellera sans cesse. Il marche &agrave; notre rythme et &eacute;claire notre chemin. &Agrave; l’exemple du Ma&icirc;tre : c’est ainsi que je vous invite &agrave; agir, en tant que pasteurs, &eacute;ducateurs et comme des amis. Si vous priez avec amour, les jeunes appr&eacute;cieront l’importance de la pri&egrave;re. Si vous br&ucirc;lez de foi, vous transmettrez son feu vivant. Cherchez tous dans vos cœurs ce feu de l’amour de Dieu ! Car c’est l&agrave; que se trouve la pr&eacute;sence de J&eacute;sus, et la pr&eacute;sence proche de J&eacute;sus se fait sentir m&ecirc;me dans les moments o&ugrave; nous tombons, car J&eacute;sus ne nous abandonne pas. C’est aussi lorsque nous devenons une main tendue, une &eacute;treinte fraternelle, lorsque nous cherchons des occasions de servir les autres et lorsque nous cherchons comment toucher la vie de l’autre &agrave; travers ses blessures, sa tristesse, ses difficult&eacute;s. C’est l&agrave; que la foi en J&eacute;sus-Christ prend vie, et c’est l&agrave; que J&eacute;sus nous aidera &agrave; nous soutenir mutuellement sur le chemin.</p> 
<p>&nbsp;</p> 
<p>(5) <i>Comment pouvons-nous, jeunes chr&eacute;tiens engag&eacute;s, vivre au sein de cette soci&eacute;t&eacute; ?</i></p> 
<p>(6) <i>Quelle est la mission concr&egrave;te que vous nous confiez, &agrave; nous, les jeunes de l’&Eacute;glise ?<br /> &nbsp;</i></p> 
<p>Eh bien, f&eacute;licitations pour ton mariage, Fernando ! J’ai vu ici d’autres couples qui vont se marier : f&eacute;licitations et que Dieu vous b&eacute;nisse ! Car, si j’ai dit tout &agrave; l’heure &laquo; n’ayez pas peur d’envisager une vocation &raquo;, le mariage est lui aussi une vocation. N’ayez pas peur du mariage et de fonder une famille !</p> 
<p>Au cours des si&egrave;cles d’histoire de l’&Eacute;glise, nous, chr&eacute;tiens, avons v&eacute;cu dans toutes sortes de soci&eacute;t&eacute;s, traversant les changements des cultures que nous avons partag&eacute;es et contribu&eacute; &agrave; fa&ccedil;onner. Il y a un texte ancien, qui s’appelle la <i>Lettre &agrave; Diogn&egrave;te</i>, qui nous offre &agrave; ce sujet une belle intuition : &laquo;&nbsp;Les chr&eacute;tiens sont au monde ce que l’&acirc;me est au corps &raquo; (<i>VI</i>). Telle est notre mani&egrave;re de vivre : les disciples de J&eacute;sus sont toujours contemporains, mais jamais prisonniers du temps qui passe. Nous sommes libres en Christ ! Et le Christ nous a lib&eacute;r&eacute;s par son amour. Gr&acirc;ce &agrave; cet amour, nous sommes toujours libres face &agrave; toute contrainte et &agrave; toute tromperie. Nous sommes libres des modes, car nous sommes disciples de la v&eacute;rit&eacute; ; nous sommes ouverts &agrave; l’avenir, car nous savons que la mort ne nous attend pas. Au contraire, le sens de l’histoire culmine dans la communion &eacute;ternelle de vie que Dieu pr&eacute;pare pour tous. Dans cette perspective, vous surtout, les jeunes, &ecirc;tes appel&eacute;s &agrave; donner une nouvelle orientation &agrave; la soci&eacute;t&eacute;, en devenant les protagonistes du changement &agrave; partir de vos liens quotidiens, de ce que vous vivez en famille, &agrave; l’universit&eacute; et au travail. En vous voyant, chers jeunes, pleins de cet enthousiasme motiv&eacute; par la foi, je me r&eacute;jouis de penser &agrave; votre capacit&eacute; &agrave; t&eacute;moigner du Christ dans le monde, y compris dans la r&eacute;alit&eacute; num&eacute;rique, pour communiquer les valeurs et la beaut&eacute; de l’&Eacute;vangile (cf. <i><a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20190325_christus-vivit.html">Christus vivit</a></i>, n. 105 ; <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2025/july/documents/20250729-missionari-digitali.html"><i>Salutation lors du</i>&nbsp;<i>Jubil&eacute; des missionnaires num&eacute;riques</i></a>, 29 juillet 2025).</p> 
<p>Je vous invite donc tous &agrave; &ecirc;tre ensemble le sel de la terre et la lumi&egrave;re du monde (cf. <i>Mt</i> 5, 13). Pour vivre ainsi, il faut avant tout comprendre la soci&eacute;t&eacute; actuelle, en vivant avec sagesse, afin de pouvoir ensuite la transformer en tant que t&eacute;moins de l’&Eacute;vangile. Le jeune chr&eacute;tien, en effet, rayonne tant dans la joie que dans l’&eacute;preuve, donnant du go&ucirc;t &agrave; la r&eacute;alit&eacute; parce qu’il l’habite comme une personne qui savoure la vie en son for int&eacute;rieur, sans attendre que la richesse, le plaisir ou le pouvoir lui en donnent la saveur. Telle est notre libert&eacute;, qui trouve sa source dans la foi, capable de donner lumi&egrave;re et saveur &agrave; toute soci&eacute;t&eacute;, &agrave; toute exp&eacute;rience humaine. En revanche, quand la vie n’a plus de go&ucirc;t, c’est comme si elle nous &eacute;tait arrach&eacute;e : nous ne la sentons plus comme la n&ocirc;tre. Face au vide de l’indiff&eacute;rence et du conformisme, face &agrave; la violence de la guerre et du mensonge, soyez vous-m&ecirc;mes l’&eacute;tincelle d’une humanit&eacute; nouvelle.</p> 
<p>C’est pourquoi je voudrais vous confier &agrave; tous une mission : soyez humains. Oui, soyez humains ! : des hommes et des femmes de chair et d’os. Pas des apparences mais des visages fiables. Des personnes qui recherchent la justice parce qu’elles en ont faim, comme du pain quotidien. Des personnes qui d&eacute;sirent une vie honn&ecirc;te et droite, parce qu’elles font volontiers aux autres ce qu’elles voudraient que les autres leur fassent. Soyez humains comme l’est le Christ, l’homme parfait, le Ressuscit&eacute; qui partage avec nous l’histoire en tout temps. En cultivant cet engagement, regardez les Ap&ocirc;tres, les premiers chr&eacute;tiens, habitants d’un monde pa&iuml;en. &Agrave; leur exemple, soyez des missionnaires de l’&Eacute;vangile face aux pauvret&eacute;s mat&eacute;rielles et spirituelles de notre temps, sachant bien que notre foi est un style de vie qui s’accomplit dans la charit&eacute; (cf. <i>Ga</i> 5, 6). Telle est, chers jeunes, la vertu qui change l’histoire plus que toute autre. Vous pouvez changer le cours de l’histoire ! Faites-le avec amour ! Merci beaucoup.</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Voyage apostolique en Espagne : Visite aux opérateurs et aux bénéficiaires du projet social « Cedia 24 Horas » au Centre d'information et d'accueil (Madrid, 6 juin 2026)]]></title><pubDate>Sat, 06 Jun 2026 18:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260606-spagna-caritas-madrid.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260606-spagna-caritas-madrid.html</guid><description><![CDATA[<!-- Sun, 07 Jun 2026 09:04:09 +0200 --> <p><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260606-spagna-caritas-madrid.html#&Eacute;minence">Salutation du Saint-P&egrave;re</a></b></p> 
<p><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260606-spagna-caritas-madrid.html#Paroisse de la Crucifixion"><b>Paroles du Saint-P&egrave;re</b> <b>en la</b> <b>Paroisse de la Crucifixion</b></a></p> 
<p>_____________</p> 
<p>&nbsp;</p> 
<p><i><a name="&Eacute;minence"></a>&Eacute;minence,<br /> Excellences,<br /> chers fr&egrave;res et sœurs,</i></p> 
<p>sinc&egrave;rement je suis tr&egrave;s heureux de commencer ma visite ici &agrave; Madrid. Comme l’a dit Son &Eacute;minence, celui qui est <i>&agrave;</i> Madrid est <i>de</i> Madrid. Je suis donc moi aussi parmi vous comme un Madril&egrave;ne de plus&nbsp;: merci, Madrid, pour cet accueil. Un accueil qui me donne le sentiment d’appartenir &agrave; une grande et merveilleuse famille o&ugrave;, comme dans toutes les familles, se produisent des miracles d’amour. En particulier dans cette maison, o&ugrave; personne n’est laiss&eacute; seul.</p> 
<p>Ici, la joie et la douleur de chacun sont la joie et la douleur de tous. En nous &eacute;coutant mutuellement, nous affrontons ensemble les d&eacute;fis, sans ignorer la complexit&eacute; des situations et, en m&ecirc;me temps, sans n&eacute;gliger les exigences de la charit&eacute; et de la justice, &laquo;&nbsp;dans le dialogue avec tous ceux qui se pr&eacute;occupent s&eacute;rieusement de l’homme et du monde&nbsp;&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20051225_deus-caritas-est.html">Deus caritas est</a></i>, n. 27). Ainsi, le CEDIA suit le chemin de l’&Eacute;vangile, sur les traces de J&eacute;sus, le Fils de Dieu qui s’est fait homme non seulement pour gu&eacute;rir nos maladies et nos mis&egrave;res, mais aussi pour les faire siennes – &agrave; l’exception du p&eacute;ch&eacute; –, en vivant comme l’un de nous dans la faiblesse et en s’identifiant &agrave; toute personne qui souffre, au point de nous dire&nbsp;: &laquo;&nbsp;Chaque fois que vous l’avez fait &agrave; l’un de ces plus petits de mes fr&egrave;res, c’est &agrave; moi que vous l’avez fait&nbsp;&raquo; (<i>Mt </i>25, 40).</p> 
<p>C’est dans ce sens que nous pouvons interpr&eacute;ter les paroles que nous venons d’entendre dans le chant&nbsp;: &laquo;&nbsp;Dans chaque r&ecirc;ve, je t’ai cherch&eacute;, et aucun n’a &eacute;t&eacute; vain&nbsp;&raquo;. Elles r&eacute;sument tr&egrave;s bien les t&eacute;moignages que nous avons entendus et le travail qui s’accomplit ici chaque jour.</p> 
<p>En effet, gr&acirc;ce &agrave; un r&ecirc;ve et &agrave; une petite porte ouverte – petite par sa taille, mais immense par sa mis&eacute;ricorde, comme l’a dit Son &Eacute;minence –, Niurka a donn&eacute; &agrave; Ares et Atena la vie, son amour maternel, la gr&acirc;ce du Bapt&ecirc;me et la promesse d’un avenir heureux.</p> 
<p>Gr&acirc;ce &agrave; un r&ecirc;ve et &agrave; cette m&ecirc;me petite porte, Khadri a travers&eacute; le tunnel sombre de la pand&eacute;mie et un parcours sem&eacute; d’incertitudes. Avec l’aide de ceux qui lui ont tendu la main, lui montrant qu’ils l’appr&eacute;ciaient et croyaient en lui, il a trouv&eacute; un emploi et, surtout, il a retrouv&eacute; l’envie non seulement d’aller de l’avant, mais aussi d’apporter &agrave; son tour son soutien &agrave; d’autres, tout comme d’autres l’ont soutenu.</p> 
<p>Gr&acirc;ce aussi &agrave; un r&ecirc;ve et &agrave; cette m&ecirc;me petite porte, chaque jour, Alicia et les autres b&eacute;n&eacute;voles du <i>Projet Esp&eacute;rance</i> aident tant de femmes &agrave; retrouver leur dignit&eacute;, leur autonomie, leur espoir et le respect de la valeur sacr&eacute;e de leur personne, et &agrave; commencer une nouvelle vie.</p> 
<p>Les symboles que vous m’avez offerts sont eux aussi un message pour tous&nbsp;: le ruban, portant les noms des enfants, exprime la joie que chaque naissance apporte au monde&nbsp;; la carte de s&eacute;jour raconte une histoire d’efforts, mais surtout d’engagement, d’honn&ecirc;tet&eacute; et d’accueil&nbsp;; les sandales qui rappellent la rencontre de Mo&iuml;se avec Dieu sur le mont Horeb (cf. <i>Ex</i> 3,1-6) &eacute;voque la &laquo;&nbsp;terre sacr&eacute;e&nbsp;&raquo; que nous sommes tenus de respecter dans toute existence humaine.</p> 
<p>C’est pourquoi je vous remercie du fond du cœur, vous tous, d’avoir partag&eacute; des exp&eacute;riences douloureuses, mais surtout pleines de lumi&egrave;re, qui refl&egrave;tent, tels des miroirs, la charit&eacute; de Dieu.</p> 
<p>Vos t&eacute;moignages nous ouvrent une fen&ecirc;tre sur un vaste horizon, peupl&eacute; d’une multitude de m&egrave;res comme Niurka, d’enfants, de femmes et d’hommes, de b&eacute;n&eacute;voles : tant de personnes, tant de fr&egrave;res et de sœurs, tant d’histoires, si nombreuses que, comme le dit saint Jean&nbsp;: &laquo;&nbsp;S’il fallait &eacute;crire chacune d’elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on &eacute;crirait&nbsp;&raquo; (<i>Jn </i>21, 25). Et la comparaison avec l’&Eacute;vangile n’est pas forc&eacute;e, car ces histoires sont la continuation des &laquo;&nbsp;choses [que] J&eacute;sus a faites&nbsp;&raquo; (<i>ibid</i>.) auxquelles se r&eacute;f&egrave;re l’&eacute;vang&eacute;liste.</p> 
<p>Dans son allocution, l’Archev&ecirc;que a &eacute;voqu&eacute; le chemin qui m&egrave;ne de Bethl&eacute;em au Paradis. Madrid est &eacute;galement c&eacute;l&egrave;bre pour les cr&egrave;ches qui l’embellissent au temps de No&euml;l. Leur beaut&eacute; n’est toutefois qu’une p&acirc;le expression d’une merveille encore plus grande et plus profonde que nous retrouvons ici aujourd’hui. Les lumi&egrave;res, les voix et les sons qui, pendant les f&ecirc;tes de No&euml;l, nous touchent au cœur et nous font monter les larmes aux yeux, nous les portons en r&eacute;alit&eacute; en nous, avec nous et entre nous tout au long de l’ann&eacute;e. Aujourd’hui, ils sont plus vivants et plus &eacute;clatants que jamais dans ces lieux, autour de cette &laquo;&nbsp;cr&egrave;che&nbsp;&raquo; simple et accueillante que, avec l’aide de Dieu, vous continuez &agrave; pr&eacute;parer jour apr&egrave;s jour – voire, litt&eacute;ralement, jour et nuit – pour J&eacute;sus, pr&eacute;sent dans les personnes qui se pr&eacute;sentent au seuil du Centre en qu&ecirc;te d’aide.</p> 
<p>Le slogan choisi pour cette visite est tir&eacute; des paroles que J&eacute;sus a adress&eacute;es &agrave; ses disciples&nbsp;: &laquo;&nbsp;Levez les yeux&nbsp;&raquo; (<i>Jn </i>4, 35).</p> 
<p>C’est une invitation &agrave; contempler les champs qui, m&ucirc;rs, attendent la moisson, et nous rappellent que la charit&eacute; ne tol&egrave;re aucun retard. Si l’on ne moissonne pas lorsque le bl&eacute; est m&ucirc;r, la r&eacute;colte est perdue, et telle est notre responsabilit&eacute; envers ceux qui sont dans le besoin&nbsp;: une responsabilit&eacute; qui consacre chaque rencontre avec l’autre comme un <i>kair&oacute;s</i>, un moment de gr&acirc;ce unique et irrempla&ccedil;able pour aimer qu’il ne faut ni manquer ni remettre &agrave; plus tard. L’amour du Christ nous pousse vers nos fr&egrave;res (cf. <i>2 Co</i> 5, 14), et la charit&eacute; ainsi que la sollicitude avec lesquelles nous r&eacute;pondons &agrave; ses impulsions sont la preuve de notre foi.</p> 
<p>Si l’on y r&eacute;fl&eacute;chit bien, en r&eacute;alit&eacute;, &laquo;&nbsp;m&ecirc;me les chr&eacute;tiens, en de nombreuses occasions, se laissent contaminer par des attitudes marqu&eacute;es par des id&eacute;ologies mondaines ou par des orientations politiques et &eacute;conomiques qui conduisent &agrave; des g&eacute;n&eacute;ralisations injustes et &agrave; des conclusions trompeuses. Le fait que l’exercice de la charit&eacute; soit m&eacute;pris&eacute; ou ridiculis&eacute;, comme s’il s’agissait d’une obsession de quelques-uns et non du cœur br&ucirc;lant de la mission eccl&eacute;siale me fait penser qu’il faut toujours relire l’&Eacute;vangile pour ne pas risquer de le remplacer par la mentalit&eacute; mondaine. Il n’est pas possible d’oublier les pauvres si nous ne voulons pas sortir du courant vivant de l’&Eacute;glise qui jaillit de l’&Eacute;vangile et f&eacute;conde chaque moment de l’histoire&nbsp;&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/apost_exhortations/documents/20251004-dilexi-te.html">Dilexi te</a></i>, n. 15).</p> 
<p>Les paroles de J&eacute;sus sont aussi une invitation &agrave; cultiver un cœur sensible aux besoins des autres (cf. <i>Ps </i>112, 1-9), en gardant vivant en nous le d&eacute;sir du bien que Dieu a inscrit dans notre humanit&eacute; et que la foi lib&egrave;re et renforce. Le Pape Fran&ccedil;ois disait &agrave; ce sujet&nbsp;: &laquo;&nbsp;Face au myst&egrave;re de la vie personnelle et aux d&eacute;fis de la soci&eacute;t&eacute;, celui qui croit conna&icirc;t un tressaillement, une passion, un r&ecirc;ve &agrave; cultiver, un int&eacute;r&ecirc;t qui pousse &agrave; s’engager personnellement&nbsp;&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/homilies/2023/documents/20230923-marsiglia-omelia-messa.html">Hom&eacute;lie</a></i>, Marseille, 23 septembre 2023), et il mettait en garde contre le danger d’un &laquo;&nbsp;cœur plat, froid, install&eacute; dans la vie tranquille, qui se blinde dans l’indiff&eacute;rence et devient imperm&eacute;able, qui s’endurcit&nbsp;&raquo; (<a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/homilies/2023/documents/20230923-marsiglia-omelia-messa.html"><i>ibid</i></a>.). Un cœur vivant est chaud et palpitant, et il donne la vie. Un cœur froid est immobile&nbsp;; il ne pompe plus le sang et il entraine la mort de la personne.</p> 
<p>Mais je voudrais souligner un dernier aspect de l’invitation du Seigneur&nbsp;: en effet, c’est aussi un appel &agrave; regarder ceux qui souffrent dans les yeux et &agrave; faire de l’aide avant tout une rencontre entre des fr&egrave;res unis dans l’&eacute;treinte unique du P&egrave;re. Le Pape Fran&ccedil;ois a lui aussi beaucoup insist&eacute; sur ce point. Il demandait&nbsp;: &laquo;&nbsp;Lorsque vous faites l’aum&ocirc;ne, regardez-vous le mendiant dans les yeux&nbsp;? Touchez-vous sa main pour sentir sa chair&nbsp;?&nbsp;&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/angelus/2024/documents/20241027-angelus.html">Ang&eacute;lus</a></i>, 27 octobre 2024) et concluait&nbsp;: &laquo;&nbsp;L’aum&ocirc;ne n’est pas la charit&eacute;. Celui qui re&ccedil;oit le plus de gr&acirc;ce de l’aum&ocirc;ne est celui qui la fait, parce qu’il se met sous le regard du Seigneur&nbsp;&raquo; (<a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/angelus/2024/documents/20241027-angelus.html"><i>ibid</i>.</a>). Ceux qui aiment vraiment &laquo;&nbsp;ne se contentent pas de donner quelque chose : ils &eacute;coutent, ils parlent, ils essaient de comprendre la situation et ses causes […]. Elles sont attentives aux besoins mat&eacute;riels mais aussi spirituels, &agrave; la promotion int&eacute;grale de la personne&nbsp;&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/messages/poveri/documents/20230613-messaggio-vii-giornatamondiale-poveri-2023.html">Message pour la 7<sup>e</sup> Journ&eacute;e Mondiale des Pauvres</a></i>, 13 juin 2023, n. 5).</p> 
<p>Et nous pourrions conclure en tournant notre regard vers Marie, en qui, par la charit&eacute;, tout cela trouve son accomplissement&nbsp;: dans son amour bienveillant &agrave; Cana (cf. <i>Jn </i>2, 1-11), dans son d&eacute;sir de suivre les pas de son Fils (cf. <i>Lc</i> 2, ,41-49&nbsp;; 8, 19-21), proche et solidaire jusqu’au bout au pied de la croix (cf. <i>Jn </i>19, 25-27). &Agrave; Elle, je confie chacun de vous et votre travail sur cette terre qui lui est consacr&eacute;e, en souhaitant que l’esprit de sa maternit&eacute; universelle anime de plus en plus le cri de la foi. Disons-lui&nbsp;: &laquo;&nbsp;Apprends-nous &agrave; te voir toujours comme M&egrave;re, source de mis&eacute;ricorde, berceau du pardon, &eacute;treinte de l’esp&eacute;rance, porte de la Gloire&nbsp;&raquo; (<i>Pri&egrave;re de saint Jean-Paul II &agrave; l’Almudena</i>, 15 juin 1993).</p> 
<p>Merci.</p> 
<p>Maintenant, avant de vous donner la b&eacute;n&eacute;diction, nous allons r&eacute;citer la pri&egrave;re que J&eacute;sus-Christ nous a enseign&eacute;e.</p> 
<p><i>Notre P&egrave;re</i></p> 
<p><i>B&eacute;n&eacute;diction apostolique</i></p> 
<p>F&eacute;licitations &agrave; vous tous, merci beaucoup pour ce t&eacute;moignage d’amour.</p> 
<p>_____________________________________</p> 
<p><b>Paroles du Saint-P&egrave;re en la</b> <b><a name="Paroisse de la Crucifixion"></a>Paroisse de la Crucifixion</b></p> 
<p>Merci beaucoup, je suis tr&egrave;s heureux d’&ecirc;tre ici. Je me r&eacute;jouis de cette premi&egrave;re visite dans l’archidioc&egrave;se de Madrid ; et aussi de commencer dans une paroisse qui s’appelle “Crucifixion”, ce qui n’est pas un signe de mort mais d’espoir, de vie nouvelle, de r&eacute;surrection et du salut que J&eacute;sus offre &agrave; chacun d’entre nous.</p> 
<p>Je remercie de tout cœur toutes les associations repr&eacute;sent&eacute;es ici, merci pour ce beau service que vous rendez, car c’est l&agrave; le signe de l’esp&eacute;rance dans le monde d’aujourd’hui. C’est l’&Eacute;vangile vivant que nous voulons tous voir, que nous voulons tous ressentir, exp&eacute;rimenter, mais qui est souvent perdu ou oubli&eacute; &agrave; cause de la grande indiff&eacute;rence qui affecte notre soci&eacute;t&eacute;.</p> 
<p>Vous avez entre vos mains cette grande possibilit&eacute; d’offrir l’esp&eacute;rance : &agrave; nous et au monde entier, et merci pour cela. Merci pour vos sacrifices, merci d’avoir dit “oui” &agrave; J&eacute;sus crucifi&eacute;, merci d’avoir embrass&eacute; la Croix afin que vous, nous et tous, en marchant ensemble, puissions parvenir &agrave; l’esp&eacute;rance et &agrave; la joie de la R&eacute;surrection.</p> 
<p>Merci beaucoup.</p> 
<p>Ici, dans l’&eacute;glise — il n’y a pas de meilleur endroit pour prier — m&ecirc;me si, chez nous aussi, nous pouvons le faire — &eacute;videmment — mais unis ainsi, comme une grande communaut&eacute; de vie et de foi, prions ensemble comme J&eacute;sus nous l’a enseign&eacute;.</p> 
<p><i>Notre P&egrave;re</i></p> 
<p><i>B&eacute;n&eacute;diction apostolique</i></p> 
<p>Merci beaucoup, toutes mes f&eacute;licitations, merci pour ce beau service.</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Voyage apostolique en Espagne : Rencontre avec les autorités, les représentants de la société civile et le corps diplomatique au Palais royal de Madrid (6 juin 2026)]]></title><pubDate>Sat, 06 Jun 2026 12:30:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260606-spagna-autorita.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260606-spagna-autorita.html</guid><description><![CDATA[<!-- Sat, 06 Jun 2026 13:32:46 +0200 --> <p><i>Majest&eacute;s,<br /> Altesses Royales,<br /> Distingu&eacute;es Autorit&eacute;s et membres du Corps Diplomatique,<br /> Mesdames et Messieurs,</i></p> 
<p>Je rends gr&acirc;ce au Seigneur pour cette rencontre et je vous exprime ma gratitude pour l’invitation &agrave; effectuer ce Voyage apostolique en Espagne : un itin&eacute;raire en plusieurs &eacute;tapes, dont chacune r&eacute;v&eacute;lera un aspect de la richesse multiforme d’un grand pays qui, depuis pr&egrave;s de deux mill&eacute;naires, a accueilli la Parole de l’&Eacute;vangile. La tradition a toujours li&eacute; la premi&egrave;re &eacute;vang&eacute;lisation de la P&eacute;ninsule ib&eacute;rique &agrave; la pr&eacute;dication de l’ap&ocirc;tre Jacques le Majeur. Ce lien rev&ecirc;t une importance th&eacute;ologique consid&eacute;rable, car il exprime la conscience de l’&Eacute;glise locale d’&ecirc;tre en continuit&eacute; avec la mission apostolique n&eacute;e &agrave; la Pentec&ocirc;te. Ce lien tr&egrave;s ancien entre la foi chr&eacute;tienne et cette terre, sans &eacute;puiser l’identit&eacute; multiforme de votre peuple, a profond&eacute;ment fa&ccedil;onn&eacute; sa culture et repr&eacute;sente une source d’esp&eacute;rance et d’orientation face aux d&eacute;fis que nous devons aujourd’hui relever ensemble en tant que famille humaine. Je pense aux expressions de la foi populaire qui, dans chaque ville et chaque village, repr&eacute;sentent une v&eacute;ritable mise en sc&egrave;ne du salut au rythme de l’ann&eacute;e et dans les divers contextes de la vie. Avec le patrimoine artistique et musical, avec les multiples confr&eacute;ries et associations &agrave; caract&egrave;re caritatif, elles t&eacute;moignent de la rencontre f&eacute;conde entre J&eacute;sus-Christ et votre peuple. C’est un peuple plein de passion qui aime la vie et le montre !</p> 
<p>Je viens parmi vous pour confirmer, encourager et inspirer une fid&eacute;lit&eacute; renouvel&eacute;e des croyants &agrave; l’&Eacute;vangile, ainsi qu’une r&eacute;conciliation et une coop&eacute;ration plus profondes entre les diff&eacute;rentes forces de cette nation. En effet, votre propre histoire montre que ce n’est pas la culture de l’affrontement mais celle de la rencontre qui engendre la stabilit&eacute; et la prosp&eacute;rit&eacute;. &Agrave; bien y regarder, le message de paix, qui, en ces temps, r&eacute;sonne malheureusement pour certains comme na&iuml;f et pour d’autres comme provocateur, trouve un &eacute;cho chez ceux qui ne s’enferment pas dans des id&eacute;ologies toutes faites, mais s’ouvrent &agrave; la v&eacute;rit&eacute;. Comme nous l’a enseign&eacute; le Pape Fran&ccedil;ois &laquo;&nbsp;Il existe aussi une tension bipolaire entre l’id&eacute;e et la r&eacute;alit&eacute;. La r&eacute;alit&eacute; est, tout simplement&nbsp;; l’id&eacute;e s’&eacute;labore. Entre les deux il faut instaurer un dialogue permanent, en &eacute;vitant que l’id&eacute;e finisse par &ecirc;tre s&eacute;par&eacute;e de la r&eacute;alit&eacute;. Il est dangereux de vivre dans le r&egrave;gne de la seule parole, de l’image, du sophisme&nbsp;&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html#La_r%C3%A9alit%C3%A9_est_plus_importante_que_l%E2%80%99id%C3%A9e">Evangelii gaudium</a></i>, n. 231). En effet — concluait-il —, &laquo; la r&eacute;alit&eacute; est sup&eacute;rieure &agrave; l’id&eacute;e &raquo; (<i>ibid</i>.). La v&eacute;rit&eacute; est toujours plus grande que nous et c’est pourquoi elle nous surprend et nous attire vers des chemins de purification et de r&eacute;conciliation o&ugrave; le dialogue avec les autres — et avec l’Autre avec un grand A — devient fondamental.</p> 
<p>&Agrave; cet &eacute;gard, je voudrais &eacute;voquer deux figures de ce pays qui, depuis cinq si&egrave;cles, nourrissent la vie de l’&Eacute;glise et la qu&ecirc;te spirituelle de nombreuses personnes, m&ecirc;me au-del&agrave; de ses fronti&egrave;res visibles. Il s’agit de Jean de la Croix et de Th&eacute;r&egrave;se d’&Aacute;vila, dont la passion pour le myst&egrave;re divin a fait d’eux des amis. Leur mystique est une mystique &laquo;&nbsp;des yeux ouverts &raquo;, c’est-&agrave;-dire qu’elle n’est pas &eacute;trang&egrave;re &agrave; l’histoire, mais qu’au contraire, elle nous conduit &agrave; la racine des questions, au cœur de la r&eacute;alit&eacute;. En particulier, le th&egrave;me de la nuit, si cher &agrave; saint Jean de la Croix, dont nous c&eacute;l&eacute;brons l’Ann&eacute;e Jubilaire, nous aide &agrave; interpr&eacute;ter les transformations et &agrave; supporter les tensions qui rendent notre &eacute;poque si obscure. Dans sa soif de lumi&egrave;re, paradoxalement, il a appris &agrave; appr&eacute;cier l’obscurit&eacute; — &laquo;&nbsp;nuit bienheureuse &raquo; (<i>Nuit obscure</i>, 3) — comme le temps o&ugrave; l’&acirc;me se lib&egrave;re de ce qu’elle croyait conna&icirc;tre et poss&eacute;der. Aujourd’hui encore, c’est l’inconnu qui nous effraie le plus, provoquant chez beaucoup l’obscurcissement de la raison et la violence des &eacute;motions, et face auquel peut pr&eacute;valoir le sentiment de ne plus avoir de rep&egrave;res et de se sentir d&eacute;sorient&eacute;. C’est pourquoi nous avons besoin, dans la vie publique aussi, d’hommes et de femmes qui pressentent dans l’obscurit&eacute;, la lumi&egrave;re ; dans la fin, un commencement possible, presque l’irruption d’une v&eacute;rit&eacute; comme une lumi&egrave;re qui aveugle encore, mais qui — si nous faisons confiance et trouvons la paix — nous conduira d&eacute;licatement vers elle-m&ecirc;me : &laquo; &Ocirc; nuit qui m’as guid&eacute; ! &Ocirc; nuit plus aimable que l’aurore ! &Ocirc; nuit qui as r&eacute;uni l’Aim&eacute; avec son aim&eacute;e, l’aim&eacute;e transform&eacute;e en son Aim&eacute; ! &raquo; (<i>ibid</i>., 5).</p> 
<p>Notre &eacute;poque, en apparence secou&eacute;e par de terribles d&eacute;s&eacute;quilibres et conflits, aspire au plus profond d’elle-m&ecirc;me &agrave; la paix, &agrave; une nouvelle connaissance de la personne humaine et de sa dignit&eacute; inviolable, &agrave; la civilisation de l’amour (cf. <i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html#La_civilisation_de_l%E2%80%99amour_%C3%A0_l%E2%80%99%C3%A8re_num%C3%A9rique">Magnifica humanitas</a></i>, n. 186).</p> 
<p>Sainte Th&eacute;r&egrave;se d&eacute;crit ce m&ecirc;me parcours &agrave; travers l’image du ch&acirc;teau int&eacute;rieur. En avan&ccedil;ant de pi&egrave;ce en pi&egrave;ce vers le lieu le plus intime — c’est-&agrave;-dire, chacun vers son propre cœur, sanctuaire de la v&eacute;rit&eacute; —, l’espace s’&eacute;largit, l’esprit s’ouvre, les contradictions se r&eacute;solvent, les tensions se dissolvent, les autres trouvent leur place, l’univers devient un foyer. Il ne s’agit pas d’une fuite intimiste, mais d’une ouverture radicale au <i>totus Alius et semper Novus</i>, qui se r&eacute;alise lorsque nous revenons &agrave; nous-m&ecirc;mes. Cette dimension de l’&ecirc;tre humain est la raison pour laquelle il faut prot&eacute;ger la libert&eacute; religieuse et la libert&eacute; de conscience.</p> 
<p>Aujourd’hui, la tentation de gagner en popularit&eacute; en attisant le feu des polarisations semble grandir, au lieu de s’att&eacute;nuer ; la dignit&eacute; humaine continue d’&ecirc;tre bafou&eacute;e. C’est pourquoi nous avons besoin de culture, d’int&eacute;riorit&eacute;, d’une &eacute;ducation libre et de qualit&eacute;, nous avons besoin de transcendance. Et pourtant, depuis ces nuits sombres, des hommes et des femmes fid&egrave;les &agrave; la v&eacute;rit&eacute; ont &eacute;t&eacute; pouss&eacute;s &agrave; avancer de pi&egrave;ce en pi&egrave;ce jusqu’au point o&ugrave;, dans la conscience, la justice et la paix s’&eacute;treignent. C’est de leur libert&eacute; que nous apprenons &agrave; &ecirc;tre libres.</p> 
<p>L’&Eacute;glise catholique est au service de cette soif du cœur humain. Non pas de mani&egrave;re imposante, mais par le t&eacute;moignage &eacute;vang&eacute;lique soutenu par une multitude de martyrs et de saints, et elle est aujourd’hui dispos&eacute;e &agrave; se mettre au service de l’avenir d’un peuple en qu&ecirc;te de r&eacute;conciliation et de paix.</p> 
<p>J’invite chacun, par amour de la v&eacute;rit&eacute;, &agrave; abandonner les discours qui divisent et polarisent votre r&eacute;alit&eacute; sociale et votre histoire, afin de passer des simplifications st&eacute;riles &agrave; une appr&eacute;ciation f&eacute;conde de la complexit&eacute;. Je vois l&agrave; une vocation sp&eacute;cifique de l’Europe, dont l’Espagne est un acteur fondateur et essentiel. C’est le cadeau que le Vieux Continent peut offrir au monde s’il veut rester jeune, car jeune est celui qui a le sentiment d’avoir un avenir et une mission encore &agrave; accomplir. Appr&eacute;cier la complexit&eacute; et l’&eacute;tudier, apprendre &agrave; ne pas la nier et &agrave; la vivre comme une b&eacute;n&eacute;diction, fuir ces approches identitaires qui semblent tout &eacute;clairer, mais qui peuplent le monde de fant&ocirc;mes et d’ennemis : telle est la t&acirc;che de celui qui a une grande histoire derri&egrave;re lui. Les nouvelles technologies sont devenues un environnement artificiel o&ugrave; nos choix fondamentaux sont mis &agrave; l’&eacute;preuve : en leur sein, les pr&eacute;jug&eacute;s s’exacerbent, la pens&eacute;e critique s’affaiblit, les int&eacute;r&ecirc;ts dominateurs s&egrave;ment des pulsions de mort. D’un autre c&ocirc;t&eacute;, le bien peut r&eacute;sister et se communiquer.</p> 
<p>Il est n&eacute;cessaire, surtout de la part de ceux qui ont des responsabilit&eacute;s &eacute;conomiques, politiques et institutionnelles, de faire un saut qualitatif, un changement de cap dans les investissements destin&eacute;s &agrave; l’&eacute;cole, &agrave; l’universit&eacute; et &agrave; la recherche, aux communaut&eacute;s locales et &agrave; la soci&eacute;t&eacute; civile en tant que terreau de la participation et de la m&eacute;diation culturelle. La s&eacute;curit&eacute;, que nous esp&eacute;rons trop souvent trouver dans les armes et les murs, m&ucirc;rit plut&ocirc;t en apprenant &agrave; avancer aux c&ocirc;t&eacute;s de l’autre, &agrave; grandir ensemble, c&ocirc;te &agrave; c&ocirc;te. Votre propre histoire en t&eacute;moigne. La pr&eacute;sence de l’islam dans la p&eacute;ninsule ib&eacute;rique, par exemple, a constitu&eacute; une r&eacute;alit&eacute; politique, culturelle et religieuse de longue dur&eacute;e. Au cours de cette p&eacute;riode, il n’y eut pas seulement des affrontements, mais on tenta de cr&eacute;er un espace de rencontre, de conversation et de dialogue sur le sens de la v&eacute;rit&eacute; entre chr&eacute;tiens, musulmans et juifs. &Agrave; l’&eacute;cole des traducteurs d’Alphonse X le Sage, des experts issus des trois religions ont collabor&eacute; &agrave; la traduction du riche patrimoine arabe, grec et h&eacute;bra&iuml;que, contribuant ainsi &agrave; la diffusion de textes, tels que notamment, ceux des philosophes Averro&egrave;s (1126-1198) et Ma&iuml;monide (1138-1204). En particulier, des villes comme Cordoue et Tol&egrave;de se convertirent en lieux de m&eacute;diation entre les langues, les religions et les savoirs. Mais telle est la v&eacute;rit&eacute; que manifestent les villes europ&eacute;ennes, leur stratification historique, le tissu de solidarit&eacute; qui, au fil des si&egrave;cles, a fa&ccedil;onn&eacute; leurs diff&eacute;rences, transformant les conflits in&eacute;vitables en points de d&eacute;part.</p> 
<p>Comme nous l’a enseign&eacute; un autre noble fils de cette terre, c’est dans les &eacute;preuves et les &eacute;checs qu’il est possible de tout repenser : Ignace de Loyola a eu cette audace, en pr&ecirc;tant attention aux d&eacute;solations et aux consolations de son cœur, dans un exercice de discernement et d’imagination par lequel il a pr&eacute;f&eacute;r&eacute; la paix aux armes et les saints aux puissants. Il comprit que le bien qui l’attirait n’&eacute;tait pas utopique, et sa crise se transforma alors en gr&acirc;ce. Il peut en &ecirc;tre de m&ecirc;me avec les “nouveaut&eacute;s” qui nous inqui&egrave;tent aujourd’hui et sur lesquelles nos sensibilit&eacute;s sont partag&eacute;es. &laquo; &Eacute;vitons les mots qui humilient ou opposent. Choisissons la lumi&egrave;re qui &eacute;claire et la franchise qui ouvre des voies. Ne b&eacute;nissons pas des enthousiasmes na&iuml;fs, n’alimentons pas des peurs st&eacute;riles. Indiquons plut&ocirc;t des crit&egrave;res de discernement – dignit&eacute; de la personne, destination universelle des biens, option pour les pauvres, soin de la Maison commune, paix – et traduisons-les en pratiques : une approche responsable, des &eacute;valuations d’impact humain et social, l’inclusion des plus fragiles, une alphab&eacute;tisation num&eacute;rique, une recherche et une industrie orient&eacute;es vers la justice et la paix&nbsp;&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html#%C3%89difier_dans_le_bien">Magnifica humanitas</a></i>, n. 14).</p> 
<p>Majest&eacute;s, Altesses Royales, Mesdames et Messieurs, j’exprime ma gratitude &agrave; votre pays pour sa fid&eacute;lit&eacute; au droit international et au multilat&eacute;ralisme, qui se traduit par un engagement constant en faveur de la paix et de la solidarit&eacute; entre les peuples. Dans le m&ecirc;me temps, je vous encourage &agrave; cultiver &eacute;galement en vous-m&ecirc;me le dialogue et l’amiti&eacute; sociale, &agrave; prendre en compte les perspectives des pauvres et des jeunes lorsque vous imaginez l’avenir, &agrave; concilier les exigences de l’autonomie et de l’unit&eacute;, et &agrave; faire progresser le processus d’union europ&eacute;enne, non pas en opposition &agrave; d’autres puissances, mais comme un don pour toute la famille humaine.</p> 
<p>Que Dieu b&eacute;nisse l’Espagne !</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Voyage apostolique en Espagne : Paroles du Saint-Père aux journalistes lors du vol aller Rome-Madrid (6 juin 2026)]]></title><pubDate>Sat, 06 Jun 2026 08:30:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260606-spagna-volo-andata.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260606-spagna-volo-andata.html</guid><description><![CDATA[<!-- Sat, 06 Jun 2026 12:18:31 +0200 --> <p><b>Matteo Bruni</b></p> 
<p>Bonjour, Votre Saintet&eacute;, nous sommes pr&ecirc;ts pour ce nouveau voyage. &Agrave; bord avec vous se trouvent environ 80 journalistes provenant de plus de 10 pays, dont une vingtaine sont espagnols. Merci pour ces mots de bienvenue et merci pour ce que vous nous direz au cours des prochains jours.</p> 
<p><b>Pape L&eacute;on XIV</b></p> 
<p>Soyez les bienvenus, bonjour &agrave; tous.</p> 
<p>Nous sommes d&eacute;j&agrave; sur le territoire espagnol, je salue donc tout d’abord, dans cette langue, les journalistes espagnols qui nous accompagnent et tous ceux qui sont ici.</p> 
<p>Merci beaucoup pour votre travail.</p> 
<p>Comme vous le savez tr&egrave;s bien, <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/travels/2026/documents/spagna-6-12giugno2026.html">ce voyage</a> est le premier d’un pape en Espagne depuis longtemps. Personnellement, je suis tr&egrave;s heureux d’effectuer ce voyage. Je suis venu plusieurs fois en Espagne, mais c’est la premi&egrave;re fois avec cette mission. Une visite apostolique, c’est venir &agrave; la rencontre des fid&egrave;les, c&eacute;l&eacute;brer la foi, annoncer le message de J&eacute;sus-Christ. Mais, en m&ecirc;me temps, c’est saluer tout le monde, toute la soci&eacute;t&eacute;, car l’&Eacute;glise a un message pour tous, comme vous l’avez vu – je crois – tr&egrave;s clairement dans la <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html">Lettre Encyclique publi&eacute;e le 25 mai</a>.</p> 
<p>J’esp&egrave;re que vous ferez tous un bon voyage, qu’il sera l’occasion de d&eacute;couvrir beaucoup d’enthousiasme. Il y a beaucoup de catholiques, et je tiens surtout &agrave; souligner la pr&eacute;sence des jeunes. D’apr&egrave;s ce qu’on m’a d&eacute;j&agrave; dit, il y aura un bon nombre de jeunes plein d’enthousiasme et je crois que, dans ce sens, en partageant tous la joie de la foi, nous pourrons transmettre un tr&egrave;s beau message. Un message qui aura un sens particulier dans chaque endroit o&ugrave; nous irons : que ce soit &agrave; Madrid, &agrave; Barcelone ou aux Canaries. Tout cela pour vivre la foi et pour annoncer ce message d’amour de Dieu, de charit&eacute; et de respect pour chaque &ecirc;tre humain.</p> 
<p>Je suis heureux de vous saluer et je vous souhaite un bon voyage.</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Voyage apostolique du Saint-Père en Espagne (6-12 juin 2026)]]></title><pubDate>Sat, 06 Jun 2026 08:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/travels/2026/documents/spagna-6-12giugno2026.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/travels/2026/documents/spagna-6-12giugno2026.html</guid><description><![CDATA[<!-- Fri, 12 Jun 2026 19:21:17 +0200 --> <ul> 
 <li><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/6/viaggio-spagna.html">Multim&eacute;dia</a></b></li> 
 <li><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/6/viaggio-spagna.html"></a><a href="https://www.vatican.va/content/dam/liturgy/pdf/2026/20260606-12-messale-spagna.pdf">Missel pour le Voyage apostolique</a><br /> </b></li> 
 <li><b>Galerie de photos</b>&nbsp;:&nbsp;<b><a href="https://www.vatican.va/content/photogallery/fr/eventi/spagna2026.html">Madrid</a>&nbsp;-&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/content/photogallery/fr/eventi/spagna2026-2.html">Barcelone</a>&nbsp;- <a href="https://www.vatican.va/content/photogallery/it/eventi/spagna2026-3.html">Las Palmas de Gran Canaria</a>&nbsp;-&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/content/photogallery/fr/eventi/spagna2026-4.html">Santa Cruz de Tenerife</a></b></li> 
</ul> 
<p style="text-align: center;"><b>Samedi 6 juin 2026</b></p> 
<p><b>ROME - MADRID</b></p> 
<table border="0" width="100%" cellspacing="5"> 
 <tbody>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">08h</td> 
   <td width="93%" valign="top">D&eacute;part en avion &agrave; l’a&eacute;roport international de Rome/Fiumicino pour Madrid<br /> <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/6/spagna-volo-andata.html"><b>Paroles de bienvenue aux journalistes lors du vol aller Rome-Madrid</b></a></td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">10h30</td> 
   <td width="93%" valign="top"><p>Arriv&eacute;e &agrave; l’a&eacute;roport internationale &laquo; Adolfo Su&aacute;rez &raquo; Madrid/Barajas</p> <p><b><a href="https://www.youtube.com/watch?v=kwU5P9x3bz0">ACCUEIL OFFICIEL</a></b></p> </td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">11h30</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b>C&Eacute;R&Eacute;MONIE DE BIENVENUE</b> au Palais royal de Madrid</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">12h</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b><a href="https://www.youtube.com/watch?v=bKcVz6TtZbQ">VISITE DE COURTOISIE &Agrave; LEURS MAJEST&Eacute;S LES ROIS D'ESPAGNE</a></b></td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">12h30</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/6/spagna-autorita.html">RENCONTRE AVEC LES AUTORIT&Eacute;S, AVEC LA SOCI&Eacute;T&Eacute; CIVILE ET AVEC LE CORPS DIPLOMATIQUE</a></b>&nbsp;au Palais royal de Madrid</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">18h</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/6/spagna-caritas-madrid.html">VISITE AUX OP&Eacute;RATEURS ET AUX ASSIST&Eacute;S DU PROJET SOCIAL &laquo; CEDIA 24 HORAS &raquo;</a></b> au Centre d'information et d'accueil</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">20h30</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/6/spagna-veglia-giovani.html">VEILL&Eacute;E DE PRI&Egrave;RE AVEC LES JEUNES</a>&nbsp;</b>sur la Plaza de Lima</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="6%" valign="top">&nbsp;</td> 
   <td width="93%" valign="top">&nbsp;</td> 
  </tr>
 </tbody>
</table> 
<p style="text-align: center;"><b>Dimanche 7 juin 2026</b></p> 
<p><b>MADRID</b></p> 
<table border="0" width="100%" cellspacing="5"> 
 <tbody>
  <tr>
   <td width="6%" valign="top">10h</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/7/spagna-messa-madrid.html">MESSE</a></b> sur la&nbsp;Plaza de Cibeles<br /> Procession du Corpus Domini</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="6%" valign="top">16h30</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b>RENCONTRE PRIV&Eacute;E AVEC LES MEMBRES DE L’ORDRE DE SAINT-AUGUSTIN</b>&nbsp;&agrave; la Nonciature apostolique</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="6%" valign="top">18h</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/7/spagna-mondo-cultura.html">RENCONTRE &laquo; TISSER DES R&Eacute;SEAUX AVEC LE MONDE DE LA CULTURE, DE L’ART, DE L’&Eacute;CONOMIE ET DU SPORT &raquo;</a></b>&nbsp;&agrave; la Movistar Arena</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="6%" valign="top">19h30</td> 
   <td width="93%" valign="top">D&icirc;ner &agrave; la r&eacute;sidence du cardinal archev&ecirc;que de Madrid</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="6%" valign="top">&nbsp;</td> 
   <td width="93%" valign="top">&nbsp;</td> 
  </tr>
 </tbody>
</table> 
<p style="text-align: center;"><b>Lundi 8 juin 2026</b></p> 
<p><b>MADRID</b></p> 
<table border="0" width="100%" cellspacing="5"> 
 <tbody>
  <tr>
   <td width="6%" valign="top">09h30</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b>RENCONTRE AVEC LE PR&Eacute;SIDENT DU GOUVERNEMENT&nbsp;</b>&agrave; la Nonciature apostolique</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="6%" valign="top">10h30</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/8/spagna-parlamento.html">RENCONTRE AVEC LES MEMBRES DU PARLEMENT ESPAGNOL</a></b>&nbsp;au Congr&egrave;s des d&eacute;put&eacute;s</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="6%" valign="top">11h30</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/8/spagna-vescovi.html">RENCONTRE AVEC LES &Eacute;V&Ecirc;QUES D'ESPAGNE</a></b>&nbsp;au si&egrave;ge de la Conf&eacute;rence &eacute;piscopale</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="6%" valign="top">12h50</td> 
   <td width="93%" valign="top">D&eacute;jeuner avec les &eacute;v&ecirc;ques &agrave; la Nonciature apostolique</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="6%" valign="top">18h</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/8/spagna-almudena.html">PRI&Egrave;RE ET HOMMAGE &Agrave; LA VIERGE DE L'ALMUDENA</a></b> dans la Cath&eacute;drale Sainte-Marie de l'Almudena</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="6%" valign="top">19h</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/8/spagna-comunita-diocesana.html">RENCONTRE AVEC LA COMMUNAUT&Eacute; DIOC&Eacute;SAINE</a> </b>au stade Santiago Bernab&eacute;u</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="6%" valign="top">&nbsp;</td> 
   <td width="93%" valign="top">&nbsp;</td> 
  </tr>
 </tbody>
</table> 
<p style="text-align: center;"><b>Mardi 9 juin 2026</b></p> 
<p><b>MADRID - BARCELONE</b></p> 
<table border="0" width="100%" cellspacing="5"> 
 <tbody>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">10h20</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/9/spagna-volontari.html">RENCONTRE AVEC LES B&Eacute;N&Eacute;VOLES</a>&nbsp;</b>au Pavillon 3 de l’IFEMA Madrid</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">11h10</td> 
   <td width="93%" valign="top"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=K-l0yZIeKWs">D&eacute;part en avion de l’a&eacute;roport international &laquo; Adolfo Su&aacute;rez &raquo; Madrid/Barajas pour Barcelone</a></td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">12h25</td> 
   <td width="93%" valign="top"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=XRnFVsAP_gI">Arriv&eacute;e &agrave; l’a&eacute;roport international &laquo; Josep Tarradellas &raquo; Barcelone/El Prat</a></td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">13h</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/9/spagna-preghiera-ora-media.html">PRI&Egrave;RE DU MILIEU DU JOUR</a></b>&nbsp;dans la Cath&eacute;drale de la Sainte-Croix et Sainte-Eulalie</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">20h</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/9/spagna-veglia.html">VEILL&Eacute;E DE PRI&Egrave;RE</a>&nbsp;</b>au Stade olympique &laquo; Llu&iacute;s Companys &raquo;</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="6%" valign="top">&nbsp;</td> 
   <td width="93%" valign="top">&nbsp;</td> 
  </tr>
 </tbody>
</table> 
<p style="text-align: center;"><b>Mercredi 10 juin 2026</b></p> 
<p><b>BARCELONE - MONTSERRAT - BARCELONE</b></p> 
<table border="0" width="100%" cellspacing="5"> 
 <tbody>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">10h50</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/10/spagna-visita-penitenziario.html">VISITE AU CENTRE P&Eacute;NITENTIAIRE &laquo; BRIANS 1 &raquo;</a></b></td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">12h</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/10/spagna-rosario.html">PRI&Egrave;RE DU ROSAIRE</a></b>&nbsp;&agrave; l’Abbaye Notre-Dame de Montserrat</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">13h</td> 
   <td width="93%" valign="top">D&eacute;jeuner avec la communaut&eacute; b&eacute;n&eacute;dictine de Montserrat</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">16h30</td> 
   <td width="484" valign="top"><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/10/spagna-assistenza.html">RENCONTRE AVEC LES ORGANISMES DIOC&Eacute;SAINS DE CHARIT&Eacute; ET&nbsp;D'ASSISTANCE</a></b>&nbsp;dans l'&eacute;glise de Sant Agust&iacute;</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">19h30</td> 
   <td width="484" valign="top"><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/10/spagna-messa-sagrada-familia.html">MESSE</a>&nbsp;</b>dans la basilique de la Sagrada Fam&iacute;lia<br /> Inauguration de la tour de J&eacute;sus-Christ</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="6%" valign="top">&nbsp;</td> 
   <td width="93%" valign="top">&nbsp;</td> 
  </tr>
 </tbody>
</table> 
<p style="text-align: center;"><b>Jeudi 11 juin 2026</b></p> 
<p><b>BARCELONE – LAS PALMAS DE GRAN CANARIA</b></p> 
<table border="0" width="100%" cellspacing="5"> 
 <tbody>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">08h30</td> 
   <td width="93%" valign="top"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=M5lVyhdUkjA">D&eacute;part en avion de l'a&eacute;roport international &laquo; Josep Tarradellas &raquo; Barcelone/El Prat pour Las Palmas de Gran Canaria</a></td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">10h50</td> 
   <td width="93%" valign="top"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=OHGoJCvNBsU">Arriv&eacute;e &agrave; la base a&eacute;rienne de Gran Canaria/Gando</a></td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">11h40</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/11/spagna-accoglienza-migranti.html">RENCONTRE AVEC LES ORGANISATIONS D'ACCUEIL DE MIGRANTS</a></b>&nbsp;au port d'Arguinegu&iacute;n</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">13h30</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/11/spagna-chiesa.html">RENCONTRE AVEC LES &Eacute;V&Ecirc;QUES, LES PR&Ecirc;TRES, LES DIACRES, LES RELIGIEUX ET RELIGIEUSES, LES S&Eacute;MINARISTES ET LES AGENTS PASTORAUX</a>&nbsp;</b>dans la Cath&eacute;drale Sainte-Anne</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">18h30</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/11/spagna-messa-gran-canaria.html">MESSE</a></b>&nbsp;au stade de Gran Canaria</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="6%" valign="top">&nbsp;</td> 
   <td width="93%" valign="top">&nbsp;</td> 
  </tr>
 </tbody>
</table> 
<p style="text-align: center;"><b>Vendredi 12 juin 2026</b></p> 
<p><b>LAS PALMAS DE GRAN CANARIA – SANTA CRUZ DE TENERIFE – ROME</b></p> 
<table border="0" width="100%" cellspacing="5"> 
 <tbody>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">08h30</td> 
   <td width="93%" valign="top"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=RsWoxdekhMw">D&eacute;part en avion de la base a&eacute;rienne de Gran Canaria/Gando pour Santa Cruz de Tenerife</a></td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">09h10</td> 
   <td width="93%" valign="top"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=77Q-gZwnkKE">Arriv&eacute;e &agrave; l’a&eacute;roport international de &laquo; Tenerife Norte-Los Rodeos &raquo;</a></td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">09h30</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/12/spagna-migranti.html">RENCONTRE AVEC LES MIGRANTS DU CENTRE &laquo; LAS RA&Iacute;CES &raquo;</a></b></td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">10h10</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/12/spagna-migranti-integrazione.html">RENCONTRE AVEC LES ORGANISATIONS D'INT&Eacute;GRATION DES MIGRANTS</a>&nbsp;</b>sur la&nbsp;&laquo; Plaza del Cristo de La Laguna &raquo;</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">12h15</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/6/12/spagna-messa-tenerife.html">MESSE</a></b>&nbsp;au port de Santa Cruz de Tenerife</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">14h30</td> 
   <td width="93%" valign="top"><b><a href="https://www.youtube.com/watch?v=JHXYbjAywO4">C&Eacute;R&Eacute;MONIE DE CONG&Eacute;</a> </b>&agrave; l’a&eacute;roport international de &laquo; Tenerife Norte-Los Rodeos &raquo;</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">15h</td> 
   <td width="93%" valign="top">D&eacute;part en avion de l’a&eacute;roport international de Tenerife pour Rome</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="50" valign="top">20h10</td> 
   <td width="93%" valign="top">Arriv&eacute;e &agrave; l'a&eacute;roport international de Rome/Fiumicino</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="6%" valign="top">&nbsp;</td> 
   <td width="93%" valign="top">&nbsp;</td> 
  </tr>
 </tbody>
</table> 
<table cellspacing="0" cellpadding="0" border="0" width="308"> 
 <tbody>
  <tr>
   <td width="308" valign="top" colspan="2"><b>Fuseaux horaires</b></td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="227" valign="top" height="21">&nbsp;</td> 
   <td width="81" valign="top" height="21">&nbsp;</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="227" valign="top">Rome</td> 
   <td width="81" valign="top">UTC +2</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="227" valign="top">Madrid</td> 
   <td width="81" valign="top">UTC +2</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="227" valign="top">Barcelone</td> 
   <td width="81" valign="top">UTC +2</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="227" valign="top">Las Palmas de Gran Canaria</td> 
   <td width="81" valign="top">UTC +1</td> 
  </tr>
  <tr>
   <td width="227" valign="top">Tenerife</td> 
   <td>UTC +1<br /> <br /> </td> 
  </tr>
 </tbody>
</table>]]></description></item><item><title><![CDATA[Audience générale du 3 juin 2026. Catéchèse. Les Documents du Concile Vatican II III. La Constitution dogmatique Sacrosantum Concilium 3. Le rite, le signe, le symbole]]></title><pubDate>Wed, 03 Jun 2026 10:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/audiences/2026/documents/20260603-udienza-generale.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/audiences/2026/documents/20260603-udienza-generale.html</guid><description><![CDATA[<!-- Wed, 03 Jun 2026 10:40:25 +0200 --> <p><b>Cat&eacute;ch&egrave;se. Les Documents du&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm">Concile Vatican II</a> III. La Constitution dogmatique<i>&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html">Sacrosanctum Concilium</a> 3. Le rite, le signe, le symbole</i></b></p> 
<p><i>Chers fr&egrave;res et sœurs,</i></p> 
<p>en poursuivant notre cat&eacute;ch&egrave;se sur la constitution conciliaire&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html"><i>Sacrosanctum Concilium</i></a><i>&nbsp;(SC)</i>, nous souhaitons nous arr&ecirc;ter un instant pour r&eacute;fl&eacute;chir sur certains &eacute;l&eacute;ments constitutifs de la liturgie sacr&eacute;e, tels que le rite, le signe et le symbole.</p> 
<p>Le&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm">Concile Vatican II</a>, s’inspirant du pr&eacute;cieux travail du Mouvement liturgique, nous a aid&eacute;s &agrave; red&eacute;couvrir une v&eacute;rit&eacute; tr&egrave;s vive dans la conscience de l’&Eacute;glise primitive et dans l’enseignement des P&egrave;res. Les rites de la liturgie chr&eacute;tienne ne sont pas un rev&ecirc;tement ext&eacute;rieur du myst&egrave;re sacramentel, un ensemble de c&eacute;r&eacute;monies arbitraires, mais ils sont la m&eacute;diation eccl&eacute;siale par laquelle nous parvient le don divin. C’est pr&eacute;cis&eacute;ment pour cette raison que le Concile invite &agrave; comprendre le&nbsp;<i><a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_03091965_mysterium.html">Mysterium fidei</a></i>&nbsp;qui se r&eacute;alise dans la liturgie &agrave; travers les rites et les pri&egrave;res (cf.&nbsp;<i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html">SC</a></i>, 48).</p> 
<p>Le rite donne forme &agrave; l’action liturgique et, &agrave; travers elle, &agrave; notre vie, suscitant en nous une sensibilit&eacute; spirituelle qui nous rend capables de go&ucirc;ter la pr&eacute;sence de Dieu par J&eacute;sus-Christ. Naturellement, cela se produit si nous ne restons pas des spectateurs &eacute;trangers ou muets (cf.&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html"><i>ibid</i>.</a>) face &agrave; la liturgie, mais si nous y participons de tout notre &ecirc;tre – corps, esprit et cœur –, en ob&eacute;issance au commandement du Seigneur. &Agrave; travers le rite sacr&eacute;, nous sommes ainsi form&eacute;s &agrave; l’&eacute;coute de la Parole de Dieu, &agrave; l’action de gr&acirc;ce et &agrave; l’adoration, au partage fraternel et &agrave; la communion eccl&eacute;siale. Nous d&eacute;couvrons que nous sommes une assembl&eacute;e aux multiples visages, r&eacute;unie par la m&ecirc;me foi.</p> 
<p>Le rite nous plonge dans une s&eacute;quence bien d&eacute;finie de gestes et de pri&egrave;res, qui peut parfois contrarier notre tendance individuelle &agrave; la spontan&eacute;it&eacute;. Sa logique, cependant, n’est pas d’enfermer la libert&eacute; dans des sch&eacute;mas. Au contraire, par la sobri&eacute;t&eacute; solennelle de ses rythmes, le rite interrompt les activit&eacute;s fr&eacute;n&eacute;tiques nous ramenant &agrave; l’essentiel. Nous d&eacute;couvrons ainsi une autre dimension de l’agir, qui n’est pas guid&eacute;e par des calculs de rendement, et une autre exp&eacute;rience du temps et de l’espace. Dans le rite, nous faisons l’exp&eacute;rience d’une logique de gratuit&eacute;, nous trouvons une pause qui r&eacute;g&eacute;n&egrave;re le cœur, nous reconnaissons que nous sommes pr&eacute;c&eacute;d&eacute;s de la gr&acirc;ce divine, nous apprenons &agrave; vivre dans un rythme habit&eacute; par l’Esprit Saint.</p> 
<p>La grammaire du rite est tiss&eacute;e des signes et des symboles propres &agrave; la liturgie. En elle, comme l’affirme le Concile, &laquo;&nbsp;la sanctification de l’homme est signifi&eacute;e par des signes sensibles et r&eacute;alis&eacute;e d’une mani&egrave;re propre &agrave; chacun d’eux&nbsp;&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html">SC</a></i>, 7). Le&nbsp;<i>Cat&eacute;chisme de l’&Eacute;glise Catholique</i>&nbsp;approfondit la valeur de ces signes, en rappelant que &laquo;&nbsp;leur signification s’enracine dans l’œuvre de la cr&eacute;ation et dans la culture humaine, se pr&eacute;cise dans les &eacute;v&eacute;nements de l’Ancienne Alliance et se r&eacute;v&egrave;le pleinement dans la personne et l’œuvre du Christ&nbsp;&raquo; (n&deg; 1145). Embl&eacute;matique est le signe de l’eau&nbsp;: depuis les origines de la cr&eacute;ation jusqu’au d&eacute;luge, depuis la travers&eacute;e de la mer Rouge jusqu’au Jourdain, jusqu’&agrave; l’eau qui jaillit du c&ocirc;t&eacute; du Christ et devient signe sacramentel de l’immersion dans sa mort et r&eacute;surrection.</p> 
<p>“Signe” et “symbole” sont des termes souvent utilis&eacute;s comme synonymes. En r&eacute;alit&eacute;, un signe est symbolique lorsqu’il est capable de renvoyer non seulement &agrave; une id&eacute;e, mais &agrave; tout un syst&egrave;me de significations et de valeurs. Ainsi, par exemple, lorsque nous sommes asperg&eacute;s avec l’eau b&eacute;nite, cela ravive en nous la conscience du don re&ccedil;u lors du bapt&ecirc;me et notre adh&eacute;sion &agrave; la vie nouvelle en Christ. Deuxi&egrave;mement, les symboles ont essentiellement un caract&egrave;re pratique, &eacute;tant avant tout des actions&nbsp;: les plus simples et courantes, comme s’agenouiller et se donner la paix, ou les plus exigeantes, comme les actes constitutifs de chaque sacrement. Surtout, les symboles ont une dimension singuli&egrave;re, performative et transformatrice, tant envers les &eacute;l&eacute;ments mat&eacute;riels qui les composent qu’envers ceux qui entrent en contact avec eux, g&eacute;n&eacute;rant un sentiment d’appartenance, touchant le cœur et l’esprit, suscitant d’authentiques relations eccl&eacute;siales.</p> 
<p>Dans la Lettre apostolique&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_letters/documents/20220629-lettera-ap-desiderio-desideravi.html"><i>Desiderio desideravi</i></a>, le pape Fran&ccedil;ois, faisant sienne une affirmation de Romano Guardini, identifiait &laquo;&nbsp;la premi&egrave;re t&acirc;che du travail de formation liturgique&nbsp;: l’homme doit retrouver sa capacit&eacute; symbolique&nbsp;&raquo; (n&deg; 44). Nous avons besoin de nous laisser &eacute;duquer par les rites de la liturgie, en soignant avec d&eacute;licatesse et sans arbitraire la beaut&eacute; de nos c&eacute;l&eacute;brations et en nous engageant dans une authentique mystagogie. L’exp&eacute;rience d’une liturgie vivante et pieuse, accompagn&eacute;e d’une cat&eacute;ch&egrave;se mystagogique appropri&eacute;e, est la meilleure ressource pour r&eacute;veiller en chacun cette ouverture &agrave; la rencontre avec Dieu qui, dans la logique de l’Incarnation, ne peut avoir lieu qu’en impliquant tout l’homme&nbsp;: esprit, &acirc;me et corps (cf.&nbsp;<i>1Th</i>&nbsp;5, 23).</p> 
<p style="text-align: center;">* * *</p> 
<p>Je salue cordialement les p&egrave;lerins de langue fran&ccedil;aise, en particulier les jeunes venus de l’&icirc;le Maurice et de France.</p> 
<p>Fr&egrave;res et sœurs, puissent vos liturgies, par leur beaut&eacute; et leur solennit&eacute;, &ecirc;tre toujours centr&eacute;es sur le myst&egrave;re et porter vos &acirc;mes &agrave; la contemplation de Dieu Trinit&eacute;. Qu’elles construisent et manifestent l’unit&eacute; de l’&Eacute;glise dans une authentique et accueillante charit&eacute;.</p> 
<p>Que Dieu vous b&eacute;nisse et qu’Il b&eacute;nisse vos familles.</p> 
<p>____________________</p> 
<p><b>R&eacute;sum&eacute; de la cat&eacute;ch&egrave;se du Saint-P&egrave;re :&nbsp;</b></p> 
<p>Fr&egrave;res et sœurs, nous souhaitons nous arr&ecirc;ter un instant pour r&eacute;fl&eacute;chir sur certains &eacute;l&eacute;ments constitutifs de la liturgie sacr&eacute;e. Les rites de la liturgie chr&eacute;tienne ne sont pas un simple rev&ecirc;tement ext&eacute;rieur du myst&egrave;re sacramentel, ni un ensemble de c&eacute;r&eacute;monies arbitraires, mais la m&eacute;diation eccl&eacute;siale par laquelle le don divin nous parvient. Le rite donne forme &agrave; l’action liturgique et, &agrave; travers elle, &agrave; notre vie, ce qui nous rend capables de go&ucirc;ter la pr&eacute;sence de Dieu par J&eacute;sus-Christ. La sobri&eacute;t&eacute; solennelle de ses rythmes interrompt l’activit&eacute; fr&eacute;n&eacute;tique, nous ramenant &agrave; l’essentiel. Dans la liturgie, la sanctification de l’homme est signifi&eacute;e par des signes sensibles et r&eacute;alis&eacute;e d’une mani&egrave;re propre &agrave; chacun d’entre eux. Les symboles ont une dimension singuli&egrave;re, performative et transformatrice, g&eacute;n&eacute;rant un sentiment d’appartenance, touchant le cœur et l’esprit, suscitant d’authentiques relations eccl&eacute;siales. Nous avons besoin de nous laisser &eacute;duquer par les rites de la liturgie, en soignant avec d&eacute;licatesse et sans arbitraire la beaut&eacute; de nos c&eacute;l&eacute;brations et en nous engageant dans une authentique mystagogie. L’exp&eacute;rience d’une liturgie vivante et pieuse est la meilleure ressource pour r&eacute;veiller en chacun cette ouverture &agrave; la rencontre avec Dieu qui ne peut avoir lieu qu’en impliquant l’homme tout entier : esprit, &acirc;me et corps.</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Message vidéo « Prie avec le Pape » - Juin 2026 : Pour les valeurs du sport]]></title><pubDate>Tue, 02 Jun 2026 15:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/prayers/documents/20260602-popesprayer-giugno.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/prayers/documents/20260602-popesprayer-giugno.html</guid><description><![CDATA[<!-- Tue, 02 Jun 2026 14:58:07 +0200 --> <p style="text-align: center;"><b>JUIN: Pour les valeurs du sport</b></p> 
<p>Au nom du P&egrave;re, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.</p> 
<p>Seigneur de la vie,<br /> nous te rendons gr&acirc;ce pour le don du sport,<br /> pour ceux qui glorifient Dieu par l’exercice de leur corps,<br /> pour les amiti&eacute;s qui naissent sur le terrain<br /> et la joie de jouer en &eacute;quipe.</p> 
<p>Tu nous enseignes que dans la vie, comme dans le jeu,<br /> personne ne se sauve tout seul.<br /> Nous avons besoin des autres pour grandir,<br /> apprendre le respect, d&eacute;passer nos limites<br /> et c&eacute;l&eacute;brer ensemble les victoires obtenues.</p> 
<p>Nous te prions pour que le sport soit toujours<br /> une &eacute;cole de fraternit&eacute; et non de rivalit&eacute; vide,<br /> un espace de rencontre et non d’exclusion,<br /> un chemin de paix et non de violence.</p> 
<p>Que ceux qui pratiquent, entra&icirc;nent ou encouragent<br /> d&eacute;couvrent dans le sport un langage universel<br /> qui rapproche les cultures, unit les peuples<br /> et s&egrave;me le respect, la solidarit&eacute; et le d&eacute;passement de soi.</p> 
<p>Seigneur J&eacute;sus,<br /> que chaque sport devienne une parabole d’une vie v&eacute;cue avec toi,<br /> dans l’effort joyeux,<br /> avec humilit&eacute; dans la d&eacute;faite<br /> et gratitude dans la victoire que tu nous offres dans ta r&eacute;surrection.</p> 
<p>Que ton Esprit ne nous manque jamais,<br /> pour que nous soyons une seule &eacute;quipe, unie &agrave; toi,<br /> au service de la communion et de la fraternit&eacute; dans l’histoire.</p> 
<p>Amen.</p> 
<p style="text-align: center;">&nbsp;__________________________</p> 
<p style="text-align: center;"><a href="https://www.popesprayer.va/fr/prieaveclepape/">R&eacute;seau mondial de Pri&egrave;re du Pape</a></p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Aux membres de l'Association italienne guides et scouts d'Europe catholiques (1<sup>er</sup> juin 2026)]]></title><pubDate>Mon, 01 Jun 2026 12:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260601-scouts.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260601-scouts.html</guid><description><![CDATA[<!-- Wed, 03 Jun 2026 15:39:50 +0200 --> <p>Au nom du P&egrave;re, du Fils et du Saint-Esprit.<br /> La paix soit avec vous!<br /> <br /> <i>Chers fr&egrave;res et sœurs, bonjour et bienvenue!</i></p> 
<p>&laquo;Si Dieu le veut, pour toujours!&raquo;. Telle est la devise que vous avez choisie pour le cinquanti&egrave;me anniversaire de votre association. Comme j’ai le plaisir de vous rencontrer quelques jours apr&egrave;s la solennit&eacute; de la Pentec&ocirc;te, qui signifie litt&eacute;ralement &laquo;cinquanti&egrave;me&raquo;, je vous souhaite que cet anniversaire joyeux soit comme une nouvelle Pentec&ocirc;te pour vous. Que l’Esprit Saint descende sur chacun de vous, comme il l’a fait avec les ap&ocirc;tres r&eacute;unis dans le c&eacute;nacle (cf. Ac 2, 1). Le livre des Actes des ap&ocirc;tres nous rappelle que le don de l’Esprit Saint enflamme la vie, ouvre &agrave; la mission et cr&eacute;e une entente entre les diff&eacute;rentes langues (cf. Ac 2, 4): en effet, le don du Christ ressuscit&eacute; nous aide &agrave; trouver des fa&ccedil;ons toujours nouvelles de t&eacute;moigner de la beaut&eacute; de la foi. Cette annonce de salut est charg&eacute;e d’esp&eacute;rance et nous encourage &agrave; agir avec droiture dans chacun de nos choix de vie, dans chacune de nos œuvres.&nbsp;</p> 
<p>Au cours de ces cinquante ann&eacute;es, l’Association italienne des guides et des scouts catholiques d’Europe a consolid&eacute; un style &eacute;ducatif sp&eacute;cifique pour d&eacute;cliner le t&eacute;moignage de la foi. En utilisant les instruments &eacute;labor&eacute;s selon l’intuition de Baden-Powell, vous accompagnez les jeunes &agrave; la rencontre avec J&eacute;sus, Ma&icirc;tre de vie bonne, Ami fid&egrave;le, Guide juste et fort sur notre chemin.</p> 
<p>La vie &agrave; l’air libre, le contact avec la nature sont des dimensions indispensables de vos activit&eacute;s, qui parlent de la bont&eacute; de Dieu &agrave; travers les traces que le Cr&eacute;ateur m&ecirc;me a laiss&eacute;es dans la cr&eacute;ation.</p> 
<p>Au livre de la nature, vous unissez avec sagesse la Parole de Dieu, qui conserve le sens de l’histoire et nous soutient quand le chemin de la vie nous met &agrave; l’&eacute;preuve. Comme &agrave; une source d’eau fra&icirc;che, je vous invite &agrave; puiser dans les Saintes &Eacute;critures pour illuminer et soutenir vos exp&eacute;riences de croissance humaine et spirituelle, aussi bien dans la dimension personnelle que communautaire. Comme disait le Pape Fran&ccedil;ois, &laquo;je vous invite &agrave; garder toujours avec vous, comme votre gps — l’&Eacute;vangile est le vrai gps sur le chemin de la vie — et &agrave; ouvrir chaque jour&raquo; (<a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2019/august/documents/papa-francesco_20190803_scouts-europa.html"><i>Discours &agrave; l’Union internationale des guides et scouts d’Europe</i>,</a> 3 ao&ucirc;t 2019).&nbsp;</p> 
<p>Chers chefs-scouts, l’&Eacute;vangile est bien plus qu’un livre: c’est la personne m&ecirc;me du Christ, bonne nouvelle pour une humanit&eacute; confuse, tromp&eacute;e, d&eacute;&ccedil;ue par de nombreux maux. Il &eacute;tanche notre soif de justice et de v&eacute;rit&eacute; et nous insuffle le courage de pers&eacute;v&eacute;rer dans le bien et de nous mettre au service du prochain, en premi&egrave;re personne. Vous &ecirc;tes t&eacute;moins de cet engagement pour les jeunes qui vous sont confi&eacute;s: la coh&eacute;rence de votre vie et la maturit&eacute; de vos choix sont &agrave; leurs yeux un exemple tr&egrave;s important qui les aide &agrave; grandir. Avec eux, vivez donc la beaut&eacute; de la foi dans les gestes quotidiens et dans la pri&egrave;re partag&eacute;e, dans les Sacrements et dans le discernement de la vocation de chacun: r&eacute;pondez avec g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; &agrave; l’appel du Christ &agrave; monter au sommet, prendre le large, parcourir ensemble le chemin des vertus.</p> 
<p>Vos assistants, les pr&ecirc;tres, sont la garantie du lien entre l’&Eacute;glise et votre association: ils vivent le minist&egrave;re sacerdotal au service des jeunes et de votre action de chefs, partageant avec vous la responsabilit&eacute; de l’action &eacute;ducative et de la croissance spirituelle des jeunes.</p> 
<p>La m&eacute;thode scout met au centre la personne, en soignant tous les aspects relationnels et la richesse humaine. Le choix p&eacute;dagogique de votre association s’exprime, &agrave; cet &eacute;gard, dans l’&eacute;ducation en diff&eacute;rentes sections masculines et f&eacute;minines, afin de consacrer aux gar&ccedil;ons et aux filles une attention sp&eacute;cifique. Explorer de cette mani&egrave;re les caract&eacute;ristiques fondamentales de la f&eacute;minit&eacute; et de la masculinit&eacute; est une dynamique prop&eacute;deutique &agrave; la rencontre authentique et consciente avec l’autre, qui peut favoriser le m&ucirc;rissement r&eacute;ciproque. La formation de bons chr&eacute;tiens et de bons citoyens repr&eacute;sente le but de la m&eacute;thode scout, r&eacute;alis&eacute;e &agrave; travers l’entente p&eacute;dagogique des chefs avec chaque jeune fille et jeune gar&ccedil;on dans les diff&eacute;rentes &eacute;tapes du parcours.</p> 
<p>En cette p&eacute;riode historique si complexe, j’appr&eacute;cie &eacute;galement votre choix de cultiver en tant qu’association la dimension de l’europ&eacute;isme, non pas au niveau politique, mais culturel, renouvelant l’engagement &agrave; construire une Europe des peuples, pas uniquement des affaires, unie par les plus hautes valeurs de l’humanisme chr&eacute;tien.</p> 
<p>Dans ce but, le service est le point qui unit tous les &eacute;l&eacute;ments de la m&eacute;thode Baden-Powell: c’est le cœur de sa pens&eacute;e &eacute;ducative. Servir signifie mettre ses capacit&eacute;s et son temps &agrave; disposition des autres, en toute gratuit&eacute;, sans rien attendre en retour. &Agrave; travers le service, l’altruisme, la solidarit&eacute;, l’attention envers le prochain et le sens de la responsabilit&eacute; sociale se d&eacute;veloppent. V&eacute;cu dans la foi, le service nous lib&egrave;re de la tendance &agrave; &ecirc;tre centr&eacute;s sur nous-m&ecirc;mes, indiff&eacute;rents et ferm&eacute;s, nous ouvrant &agrave; l’exp&eacute;rience de la communaut&eacute; et au sens de la responsabilit&eacute;: des petites choses bien faites jusqu’au soin r&eacute;ciproque. L’aventure du scoutisme aide &agrave; d&eacute;couvrir comment notre humanit&eacute; est illumin&eacute;e et engag&eacute;e par l’œuvre de Dieu, v&eacute;ritable &eacute;ducateur de nous tous.&nbsp;</p> 
<p>Chers scouts et chers guides, alors que je vous encourage &agrave; poursuivre avec joie et engagement les activit&eacute;s de votre association, je prie pour que l’Esprit Saint multiplie parmi vous ses dons, afin que vous sachiez parler et diffuser le langage de la charit&eacute;, de l’accueil et de la paix. Je vous confie &agrave; la protection maternelle de la Tr&egrave;s Sainte Marie et je vous accorde de tout cœur, ainsi qu’&agrave; vos proches, la b&eacute;n&eacute;diction apostolique.</p> 
<p>_________________________<br /> <i>L'Osservatore Romano</i></p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Aux participants à l'Assemblée générale des Œuvres pontificales missionnaires (1<sup>er</sup> juin 2026)]]></title><pubDate>Mon, 01 Jun 2026 11:15:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260601-pom.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260601-pom.html</guid><description><![CDATA[<!-- Wed, 03 Jun 2026 15:47:43 +0200 --> <p>Au nom du P&egrave;re, du Fils et du Saint-Esprit. Que la paix soit avec vous.</p> 
<p><i>&Eacute;minence,<br /> Excellences,<br /> Chers secr&eacute;taires g&eacute;n&eacute;raux et directeurs nationaux,</i></p> 
<p>C’est avec joie et action de gr&acirc;ce que je vous salue tous, r&eacute;unis cette ann&eacute;e &agrave; Rome pour votre Assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale annuelle, une ann&eacute;e v&eacute;ritablement riche en c&eacute;l&eacute;brations missionnaires importantes. Cette ann&eacute;e marque le centenaire de l’institution, &agrave; la demande de <a href="https://www.ppoomm.va/fr/chi-siamo/le-4-opere-missionarie/popf.html">l’Œuvre pontificale de la Propagation de la Foi,</a> de la Journ&eacute;e mondiale des missions, l’avant-dernier dimanche d’octobre, de la part de mon pr&eacute;d&eacute;cesseur le <a href="https://www.vatican.va/content/pius-xi/fr.html">Pape Pie XI</a>. Depuis cent ans, cette journ&eacute;e est consacr&eacute;e &agrave; la pri&egrave;re, &agrave; la r&eacute;flexion et &agrave; la contribution &agrave; la mission &eacute;vang&eacute;lisatrice de l’&Eacute;glise, en particulier dans les r&eacute;gions o&ugrave; l’annonce de l’&Eacute;vangile ne fait que commencer et o&ugrave; l’&Eacute;glise est encore jeune.</p> 
<p>Ce jour-l&agrave;, chaque communaut&eacute; catholique est invit&eacute;e &agrave; prier et &agrave; offrir des sacrifices spirituels et mat&eacute;riels pour l’engagement missionnaire dans les territoires de premi&egrave;re &eacute;vang&eacute;lisation et pour soutenir les jeunes &Eacute;glises. Je suis heureux de vous exprimer &agrave; tous ma gratitude, ainsi qu’&agrave; tous ceux qui collaborent avec vous dans le monde, pour tous vos efforts, grands ou petits, en vue de promouvoir la Journ&eacute;e mondiale des missions dans chaque circonscription eccl&eacute;siastique, dans la communion universelle de l’&Eacute;glise.</p> 
<p>Permettez-moi d’ajouter que l’un des objectifs particuliers de la Journ&eacute;e mondiale des missions est de rappeler aux fid&egrave;les des &Eacute;glises plus anciennes, c’est-&agrave;-dire des &Eacute;glises &eacute;tablies, combien il est important qu’eux aussi participent &agrave; l’esprit missionnaire de toute l’&Eacute;glise.</p> 
<p>&nbsp;Gr&acirc;ce aux fonds recueillis lors de la Journ&eacute;e mondiale des missions, <a href="https://www.ppoomm.va/fr/chi-siamo/le-4-opere-missionarie/popf.html">l’Œuvre pontificale de la Propagation de la Foi</a> est en mesure d’apporter l’aide n&eacute;cessaire &agrave; plus de 1.130 circonscriptions eccl&eacute;siastiques relevant du <a href="https://www.vatican.va/content/romancuria/fr/dicasteri/dicastero-evangelizzazione.index.html#dicasteri">Dicast&egrave;re pour l’&eacute;vang&eacute;lisation</a> — section pour la premi&egrave;re &eacute;vang&eacute;lisation et les nouvelles &Eacute;glises particuli&egrave;res, afin de leur permettre de mettre en place les infrastructures eccl&eacute;siales n&eacute;cessaires et de soutenir diverses initiatives missionnaires. Elle contribue &eacute;galement &agrave; l’administration de cinq coll&egrave;ges &agrave; Rome destin&eacute;s &agrave; la formation permanente de pr&ecirc;tres, de religieuses et religieux consacr&eacute;s qui viennent dans la Ville &eacute;ternelle pour &eacute;tudier et devenir ensuite des ressources pr&eacute;cieuses pour leurs &Eacute;glises locales o&ugrave; ils retournent apr&egrave;s leurs &eacute;tudes. Ces initiatives missionnaires, ainsi que beaucoup d’autres, sont rendues possibles gr&acirc;ce &agrave; la g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; des fid&egrave;les lors de la Journ&eacute;e mondiale des missions.</p> 
<p>Cette ann&eacute;e marque &eacute;galement le cent dixi&egrave;me anniversaire de la fondation de l’Union pontificale missionnaire par le bienheureux Paolo Manna, d&eacute;clar&eacute;e pontificale par le <a href="https://www.vatican.va/content/pius-xii/fr.html">Pape Pie XII</a> et qualifi&eacute;e par <a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr.html">saint Paul VI</a> d’&laquo;&acirc;me&raquo; des autres Œuvres pontificales missionnaires. Je vous encourage tous &agrave; participer &agrave; sa mission visant &agrave; promouvoir chez tous les baptis&eacute;s une spiritualit&eacute; missionnaire toujours plus fervente et un engagement toujours plus profond &agrave; la mission universelle d’&eacute;vang&eacute;lisation de l’&Eacute;glise en ce nouveau temps missionnaire.</p> 
<p>&nbsp;Il est &eacute;galement providentiel que cette ann&eacute;e, le 24 septembre, &agrave; Saint-Louis dans le Missouri, soit b&eacute;atifi&eacute; un c&eacute;l&egrave;bre directeur national des Œuvres pontificales missionnaires aux &Eacute;tats-Unis d’Am&eacute;rique, le v&eacute;n&eacute;rable Fulton J. Sheen. L’archev&ecirc;que Sheen fut un phare de foi, d’esp&eacute;rance et d’amour qui, pendant des d&eacute;cennies, a rayonn&eacute; &agrave; travers la radio et la t&eacute;l&eacute;vision. J’ai moi-m&ecirc;me &eacute;t&eacute; t&eacute;moin de son œuvre d’&eacute;vang&eacute;lisation lorsque j’&eacute;tais enfant. Ses &eacute;missions ont apport&eacute; l’esp&eacute;rance de l’&Eacute;vangile &agrave; des millions de personnes, tandis que ses initiatives et ses efforts ont fourni une aide spirituelle et mat&eacute;rielle consid&eacute;rable aux &Eacute;glises dans les territoires de premi&egrave;re &eacute;vang&eacute;lisation. Puisse notre nouveau bienheureux &ecirc;tre un mod&egrave;le pour tous les directeurs nationaux et dioc&eacute;sains des Œuvres pontificales missionnaires dans le monde.</p> 
<p>&nbsp;Dans un monde toujours plus marqu&eacute; par les divisions, les guerres et les conflits entre les pays et les peuples, les quatre Œuvres pontificales missionnaires, confi&eacute;es au <a href="https://www.vatican.va/content/romancuria/fr/dicasteri/dicastero-evangelizzazione.index.html#dicasteri">Dicast&egrave;re pour l’&eacute;vang&eacute;lisation</a>, &agrave; la section pour la premi&egrave;re &eacute;vang&eacute;lisation et aux nouvelles &Eacute;glises particuli&egrave;res, rendent un service pr&eacute;cieux &agrave; la mission de l’&Eacute;glise d’annoncer le Christ, Prince de la Paix et r&eacute;v&eacute;lation incarn&eacute;e de l’Amour divin pour l’humanit&eacute;. &Agrave; cet &eacute;gard, <a href="https://www.ppoomm.va/fr/chi-siamo/le-4-opere-missionarie/posi.html">l’Œuvre pontificale missionnaire de la Sainte-Enfance</a> accomplit une mission particuli&egrave;rement pr&eacute;cieuse en apportant la lumi&egrave;re de la foi et la consolation de la charit&eacute; chr&eacute;tienne aux enfants dans le monde entier, en particulier dans les r&eacute;gions marqu&eacute;es par la haine et la violence. <a href="https://www.ppoomm.va/fr/chi-siamo/le-4-opere-missionarie/pospa.html">L’Œuvre pontificale de Saint-Pierre-Ap&ocirc;tre</a>, qui promeut et soutient la formation du clerg&eacute; autochtone, ainsi que de religieux consacr&eacute;s dans les territoires de premi&egrave;re &eacute;vang&eacute;lisation, est tout aussi importante. Dans de nombreux endroits, sans l’aide de cette Œuvre, les s&eacute;minaristes et les novices ne disposeraient pas des moyens n&eacute;cessaires &agrave; leur formation humaine, spirituelle et pastorale.</p> 
<p>Le th&egrave;me de la Journ&eacute;e mondiale des missions de cette ann&eacute;e — <i>Un dans le Christ, unis dans la mission</i> — souligne l’unit&eacute; des croyants et marque le centenaire de cette c&eacute;l&eacute;bration mondiale. Il invite tous les membres de l’&Eacute;glise &agrave; une communion plus profonde dans le Christ et &agrave; une unit&eacute; plus parfaite dans sa mission divine d’amour. Il refl&egrave;te le d&eacute;sir profond du Seigneur, exprim&eacute; dans sa pri&egrave;re au P&egrave;re avant sa Passion (cf. Jn 17, 20-21.26). Ces aspects, exprim&eacute;s dans le th&egrave;me de cette ann&eacute;e, exigent un renouveau missionnaire de l’&Eacute;glise dans les ann&eacute;es &agrave; venir. Je vous encourage donc &agrave; garder cet enseignement &agrave; l’esprit, &agrave; vivre une spiritualit&eacute; authentique d’unit&eacute; missionnaire et de communion centr&eacute;es sur le Christ et &agrave; la promouvoir parmi les fid&egrave;les &agrave; travers vos activit&eacute;s.</p> 
<p>Mes chers fr&egrave;res et sœurs, <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm">le Concile Vatican II</a> a rappel&eacute; que &laquo;l’&Eacute;glise, durant son p&egrave;lerinage sur terre, est missionnaire, puisqu’elle-m&ecirc;me tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le P&egrave;re&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_decree_19651207_ad-gentes_fr.html">Ad gentes</a></i>, n. 2). En ayant cela &agrave; l’esprit, je vous invite tous &agrave; prendre conscience de l’urgence d’entreprendre une conversion missionnaire permanente et &agrave; chercher ensemble les moyens d’&ecirc;tre une &Eacute;glise missionnaire capable de contribuer &agrave; la gu&eacute;rison de notre monde, si rempli de tensions, de conflits et de guerres. Dans cette t&acirc;che importante, le travail des Œuvres pontificales missionnaires demeure essentiel. Poursuivons donc notre chemin missionnaire avec joie et un z&egrave;le renouvel&eacute;. Dans tout ce que nous faisons pour l’œuvre de l’&eacute;vang&eacute;lisation, puissions-nous toujours placer J&eacute;sus-Christ au centre, en vivant ce magnifique principe de l’&Eacute;vangile exprim&eacute; par Jean-Baptiste: &laquo;Il faut que lui grandisse et que moi je d&eacute;croisse&raquo; (Jn 3, 30).</p> 
<p>En vous confiant tous, ainsi que vos collaborateurs, bienfaiteurs et tous ceux qui participent &agrave; cette œuvre missionnaire essentielle, &agrave; l’intercession maternelle de Marie, M&egrave;re de Dieu et Reine des Missions, ainsi qu’&agrave; celle de tous les saints missionnaires, je vous accorde de tout cœur ma B&eacute;n&eacute;diction apostolique. Merci.</p> 
<p>Et prions ensemble comme J&eacute;sus nous l’a enseign&eacute;: &laquo;Notre P&egrave;re...</p> 
<p>____________________________<br /> <i>L'Osservatore Romano</i></p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Saint Rosaire pour la clôture du mois marial (30 mai 2026)]]></title><pubDate>Sat, 30 May 2026 19:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260530-rosario-mese-mariano.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260530-rosario-mese-mariano.html</guid><description><![CDATA[<!-- Sun, 31 May 2026 12:26:09 +0200 --> <p>&laquo; J’&eacute;coute : que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fid&egrave;les ; qu’ils ne reviennent jamais &agrave; leur folie ! &raquo; (<i>Ps</i> 85, 9). Les paroles du Psaume accompagnent bien notre pri&egrave;re du Rosaire ce soir, car elles expriment l’esp&eacute;rance dont nous ressentons le besoin, surtout face aux difficult&eacute;s et aux violences de notre temps.</p> 
<p>Disposons donc notre cœur &agrave; l’&eacute;coute de la Parole de Dieu, afin que nous puissions comprendre dans la pri&egrave;re le sens de ce qui se produit dans l’histoire, en reconnaissant la providence de Dieu qui la guide et nous secourt toujours. La Vierge Marie est le mod&egrave;le du croyant qui tend l’oreille de son cœur pour &eacute;couter “ce que dit Dieu”. Elle nous sert d’exemple par son ob&eacute;issance qui accueille l’incarnation du Fils de Dieu dans son sein.</p> 
<p>Contempler avec Marie les myst&egrave;res du Rosaire nous conduit &agrave; reconna&icirc;tre en J&eacute;sus-Christ la seule et d&eacute;finitive Parole que le P&egrave;re a prononc&eacute;e, Parole de paix pour tous ceux qui reviennent vers Lui le cœur repentant. Le Seigneur ne nous abandonne jamais, m&ecirc;me lorsque nous l’oublions, m&ecirc;me lorsque nous nous &eacute;garons. Il vient nous chercher et Il se fait proche avec l’amour de toujours. Comme le rappelle le proph&egrave;te Isa&iuml;e : &laquo; Sur leurs l&egrave;vres, je vais cr&eacute;er la louange. Paix&nbsp;! La paix &agrave; celui qui est loin, et &agrave; celui qui est proche&nbsp;! &raquo; (<i>Is</i> 57, 19). Celui qui a confiance en Dieu comprend cette annonce de paix et en devient l’artisan, la construisant de ses propres mains (cf. <i>Mt</i>&nbsp;5,&nbsp;9).</p> 
<p>La paix, en effet, n’est pas une th&eacute;orie &agrave; v&eacute;rifier en laboratoire, ni une illusion na&iuml;ve, ni une affaire &agrave; g&eacute;rer par int&eacute;r&ecirc;t. Lorsqu’on la recherche avec un cœur sinc&egrave;re, elle est plut&ocirc;t un engagement quotidien de la vie : elle jaillit de la justice et de l’amour comme une harmonie qui unit les personnes, les familles, les communaut&eacute;s, les peuples. M&ecirc;me en cette p&eacute;riode de tensions et de conflits, la paix devient possible lorsque l’on veut &eacute;couter le cri de ceux qui en sont priv&eacute;s : des enfants innocents, des m&egrave;res et des p&egrave;res angoiss&eacute;s, des prisonniers maltrait&eacute;s, des r&eacute;fugi&eacute;s, des personnes de tout &acirc;ge qui souffrent. Tous ont sur les l&egrave;vres un seul mot : paix !</p> 
<p>Nous le savons : la paix est toujours possible car elle est un don de Dieu. Cette paix, sa paix, a le visage de J&eacute;sus-Christ, le Fils de Dieu qui, en donnant sa vie pour nous, a r&eacute;concili&eacute; le ciel et la terre. Comme l’&eacute;crit l’ap&ocirc;tre Paul : &laquo; Il est notre paix &raquo; (<i>Ep</i> 2, 14) : Celui qui abat les murs de l’inimiti&eacute;, qui vainc l’arrogance par l’humilit&eacute; et rach&egrave;te toute la cr&eacute;ation du p&eacute;ch&eacute;.</p> 
<p>Lorsque le Seigneur J&eacute;sus est avec nous et que nous nous comportons en v&eacute;ritables disciples de son amour, alors le Saint-Esprit peut accomplir ce qui semble humainement impossible. En revanche, lorsque nous nous &eacute;loignons de Dieu, nous nous &eacute;loignons aussi de l’homme, de notre prochain en restant indiff&eacute;rents &agrave; sa souffrance. Chaque fois que nous revenons vers le Seigneur, sa paix devient notre engagement, selon les t&acirc;ches et les responsabilit&eacute;s de chacun.</p> 
<p>Notre pri&egrave;re devient ainsi mission et proph&eacute;tie : il ne devra plus y avoir de pleurs d’innocents dans nos villes ; personne ne devra plus fuir sa maison sous la menace des bombes ; la soif de pouvoir et la violence des mots c&eacute;deront la place &agrave; la soif de justice et de v&eacute;rit&eacute;. Mais chacun peut et doit faire sa part, en commen&ccedil;ant par des choses petites mais importantes, en s’abstenant de toute violence verbale ou physique dans la vie de tous les jours, et aussi sur les r&eacute;seaux sociaux.</p> 
<p>Chers fr&egrave;res et sœurs, la vraie paix commence dans un cœur qui aime ; elle se manifeste par des l&egrave;vres qui prononcent des paroles de r&eacute;conciliation ; elle se refl&egrave;te dans des yeux qui regardent le monde avec douceur et sagesse. Telle est la v&eacute;ritable force, la force de la v&eacute;rit&eacute; et de l’amour.</p> 
<p>Dieu cherche des artisans de paix ! Que notre Tr&egrave;s Sainte M&egrave;re nous aide &agrave; lui r&eacute;pondre chaque jour par notre “me voici”, non pas en paroles, mais par des actes.</p> 
<p>&nbsp;</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Aux membres du Renouveau charismatique catholique (30 mai 2026)]]></title><pubDate>Sat, 30 May 2026 10:45:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260530-carismatici.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260530-carismatici.html</guid><description><![CDATA[<!-- Mon, 01 Jun 2026 16:23:26 +0200 --> <p>Au nom du P&egrave;re, du Fils et du Saint-Esprit. La paix soit avec vous! </p> 
<p>&Eacute;minence, Excellences, chers fr&egrave;res et sœurs, bonjour et bienvenue! <i>Buenos D&iacute;as!</i></p> 
<p>Je suis ravi de rencontrer pour la premi&egrave;re fois le Renouveau charismatique catholique, et de saluer chacun de vous, ainsi que les communaut&eacute;s, les groupes et les &eacute;coles de pri&egrave;re et d’&eacute;vang&eacute;lisation que vous repr&eacute;sentez. Dieu a en effet b&eacute;ni vos communaut&eacute;s avec de nombreux dons, dont la vitalit&eacute; spirituelle. Je salue &eacute;galement les responsables des Services de communion nationaux et internationaux du Service international du renouveau charismatique catholique (CHARIS), qui ont organis&eacute; cette rencontre.</p> 
<p>Pour le Renouveau charismatique catholique, les ann&eacute;es suivant le Concile Vatican II furent une p&eacute;riode de grande expansion et de croissance, d’int&eacute;gration dans la vie de l’&Eacute;glise, ainsi que de consolidation de ses structures de service.</p> 
<p>Mes v&eacute;n&eacute;rables pr&eacute;d&eacute;cesseurs ont reconnu ce d&eacute;veloppement comme un grand don pour l’&Eacute;glise. En effet, saint Paul VI affirmait que rien n’est plus n&eacute;cessaire dans un monde de plus en plus s&eacute;cularis&eacute; que le t&eacute;moignage de ce renouveau spirituel, que l’Esprit Saint inspire dans les r&eacute;gions et les communaut&eacute;s (Cf. <i><a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/speeches/1975/documents/hf_p-vi_spe_19750519_rinnovamento-carismatico.html">Discours au 3e Congr&egrave;s international du Renouveau charismatique catholique</a></i>, Pentec&ocirc;te, 19 mai 1975).</p> 
<p>En soulignant votre attention caract&eacute;ristique &agrave; l’&eacute;vang&eacute;lisation, saint Jean-Paul II a dit: &laquo;C’est l’Esprit lui-m&ecirc;me qui vous pousse &agrave; t&eacute;moigner&raquo;. Il souligna &eacute;galement: &laquo;Comment celui qui a go&ucirc;t&eacute; la bont&eacute; du Christ peut rester silencieux et inactif?… Le Christ est notre Sauveur… Comment peut-on &eacute;chouer &agrave; &eacute;vang&eacute;liser? Continuez &agrave; communiquer ce z&egrave;le pour l’&Eacute;vangile &agrave; ceux qui vous entourent!&raquo; (<i>Discours &agrave; la Fraternit&eacute; catholique des communaut&eacute;s charismatiques</i>, 7 d&eacute;cembre 1991).</p> 
<p>Quant &agrave; Beno&icirc;t XVI, il s’est r&eacute;f&eacute;r&eacute; &agrave; la contribution sp&eacute;cifique que vous faites &agrave; l’&Eacute;glise. Il a dit: &laquo;L’un des &eacute;l&eacute;ments et des aspects positifs des communaut&eacute;s du Renouveau charismatique catholique est pr&eacute;cis&eacute;ment l’importance que rev&ecirc;tent dans celles-ci les charismes ou dons de l’Esprit Saint et que leur m&eacute;rite est d’en avoir rappel&eacute; l’actualit&eacute; dans l’&Eacute;glise&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/speeches/2008/october/documents/hf_ben-xvi_spe_20081031_carismatici.html">Discours aux repr&eacute;sentants du renouveau charismatique catholique</a></i>, 31 octobre 2008).</p> 
<p>&Agrave; l’instar du cardinal Suenens aux d&eacute;buts du mouvement, le Pape Fran&ccedil;ois a souvent parl&eacute; de vous comme d’un &laquo;courant de gr&acirc;ce&raquo; qui est &laquo;pour toute l’&Eacute;glise, pas seulement pour certains&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2017/june/documents/papa-francesco_20170603_veglia-pentecoste.html">Veill&eacute;e de pri&egrave;re &agrave; l’occasion du Jubil&eacute; d’or du Renouveau charismatique catholique</a></i>, 3 juin 2017). En somme, il a d&eacute;fini votre parcours comme &laquo;&eacute;vang&eacute;lisation, œcum&eacute;nisme spirituel, soins des pauvres et des n&eacute;cessiteux, et accueil des marginalis&eacute;s&raquo; et a ajout&eacute;: &laquo;et tout cela sur la base de l’adoration! Le fondement du renouveau, c’est adorer Dieu!&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2014/june/documents/papa-francesco_20140601_rinnovamento-spirito-santo.html">Discours aux participants &agrave; la 37e Convocation nationale du renouveau dans l’esprit</a></i>, 1 juin 2014).</p> 
<p>Moi aussi, je souhaite pr&eacute;server la relation du respect mutuel, la proximit&eacute; et le soutien entre le Si&egrave;ge de Pierre et la grande famille du Renouveau charismatique catholique. &Agrave; cet &eacute;gard, je voudrais r&eacute;fl&eacute;chir sur ces aspects cl&eacute; de votre exp&eacute;rience spirituelle: bapt&ecirc;me dans l’Esprit; pri&egrave;re de louange; la Parole de Dieu; communion; et charit&eacute;.</p> 
<p>Tout d’abord, le bapt&ecirc;me dans l’Esprit. Votre parcours de foi partag&eacute;e puise dans l’exp&eacute;rience personnelle de l’Esprit Saint, qui a permis &agrave; la gr&acirc;ce du Bapt&ecirc;me de devenir efficace en chacun de vous, vous guidant &agrave; une connaissance claire de l’amour de Dieu. C’est la premi&egrave;re exp&eacute;rience puissante de la gr&acirc;ce que saint Augustin lui-m&ecirc;me v&eacute;cut apr&egrave;s sa conversion, qu’il d&eacute;crivit par ces mots &eacute;mouvants: &laquo;&ocirc; Christ J&eacute;sus, mon soutien et mon r&eacute;dempteur. Qu’elle devint suave soudain pour moi la privation des suaves bagatelles! Les voir partir de moi avait &eacute;t&eacute; ma crainte, maintenant les faire partir &eacute;tait une joie. Tu les jetais dehors en effet, loin de moi, toi, v&eacute;ritable et souveraine suavit&eacute; tu les jetais dehors et tu entrais prenant leur place, plus doux que tonte volupt&eacute;&raquo; (<i>Confessions</i>, IX, 1, 1).</p> 
<p>Le Saint Esprit vous a &eacute;galement permis de go&ucirc;ter la volupt&eacute; du Christ. Pour vous aussi, la vie a chang&eacute; depuis ce moment. Dieu a cess&eacute; d’&ecirc;tre une simple id&eacute;e et est devenue l’expression r&eacute;elle et ultime de la paternit&eacute;. Son Esprit a apport&eacute; la r&eacute;conciliation int&eacute;rieure, la paix et la libert&eacute; des attachements mondains et l’oppression du p&eacute;ch&eacute;. Il a &eacute;galement rendu possible une nouvelle perspective caract&eacute;ris&eacute;e par l’ouverture et l’esp&eacute;rance envers les autres et l’avenir, dans la certitude que rien ne peut jamais nous s&eacute;parer de l’amour du Christ (cf. <i>Rm</i> 8, 38–39). De cette exp&eacute;rience de l’Esprit Saint arrive le d&eacute;sir d’&ecirc;tre des t&eacute;moins et des annonciateurs de son amour, apportant sa consolation aux personnes oppress&eacute;es par un sentiment de vide et de solitude.</p> 
<p>Pri&egrave;re de louange. C’&eacute;tait pr&eacute;cis&eacute;ment de cette exp&eacute;rience captivante de l’Esprit Saint qu’une nouvelle vie de pri&egrave;re commen&ccedil;a, prenant la forme d’une nouvelle capacit&eacute; pour le dialogue spontan&eacute; et sinc&egrave;re avec Dieu, et une nouvelle ouverture &agrave; la louange, &agrave; l’adoration et &agrave; l’action de gr&acirc;ce envers lui. L’adoration et la louange, qui sont si caract&eacute;ristiques de vos rassemblements, sont des aspects essentiels de la pri&egrave;re chr&eacute;tienne, et vous les avez aid&eacute;es &agrave; &ecirc;tre red&eacute;couvertes et &agrave; les ramener au premier plan ces derni&egrave;res ann&eacute;es.</p> 
<p>La parole de Dieu. L’effusion renouvel&eacute;e de l’Esprit vous a &eacute;galement conduit &agrave; la rencontre vivante avec les &Eacute;critures Saintes. L’Esprit Saint a inspir&eacute; la parole r&eacute;v&eacute;l&eacute;e de Dieu et est &eacute;galement Celui qui la conserve vivante et active au sein de l’&Eacute;glise, la faisant r&eacute;sonner dans le cœur des croyants, en particulier dans la Liturgie. L’&Eacute;criture est donc devenue pour vous une merveilleuse source de nourriture spirituelle qui &eacute;claire et r&eacute;conforte. Elle est &eacute;galement une course de discernement pour guider vos choix quotidiens, et donne de la substance &agrave; la pri&egrave;re en communaut&eacute;, vous permettant de vous adresser au Seigneur avec des mots inspir&eacute;s par Dieu lui-m&ecirc;me.</p> 
<p>Communion.&nbsp; L’Esprit Saint est la source de la communion. Dans de nombreux documents, le Pape L&eacute;on XIII encouragea les catholiques &agrave; prier une neuvaine &agrave; l’Esprit Saint chaque ann&eacute;e entre l’Ascension et la Pentec&ocirc;te, sp&eacute;cialement pour l’intention de l’unit&eacute; chr&eacute;tienne. Vous appr&eacute;ciez clairement le sens de cette invitation, car vous avez vu que l’unit&eacute; au sein de l’&Eacute;glise est le fruit de l’Esprit, car, comme saint Augustin l’affirme, l’Esprit Saint est une &laquo;union ineffable du P&egrave;re et du Fils&raquo; (<i>De Trinitate</i>, V, 11, 12).&nbsp; C’est l’Esprit qui cr&eacute;&eacute; de l’harmonie parmi les diff&eacute;rents charismes et les composantes du Renouveau charismatique, ainsi qu’avec nos fr&egrave;res et sœurs d’autres confessions chr&eacute;tiennes.</p> 
<p>Et enfin, la charit&eacute;. Saint Augustin &eacute;crit que l’Esprit Saint &laquo;qui proc&egrave;de de Dieu, est donn&eacute; &agrave; l’homme, allume en lui l’amour de Dieu et du prochain et il est lui-m&ecirc;me cet amour. Car ce n’est que par Dieu que l’homme peut aimer Dieu&raquo; (<i>De Trinitate</i>, XV, 17, 31).&nbsp; C’est ce dont vous avez fait l’exp&eacute;rience aussi. Cette pr&eacute;sence renouvel&eacute;e de l’Esprit a r&eacute;veill&eacute; en vous une nouvelle capacit&eacute; &agrave; aimer, inspir&eacute;e par la charit&eacute; divine elle-m&ecirc;me. Cet amour est dirig&eacute; vers Dieu et vers vos fr&egrave;res et sœurs, et inspire la proximit&eacute; et la compassion, sp&eacute;cialement pour ceux qui souffrent. De nombreuses œuvres de charit&eacute; pour ceux dans le besoin, aussi bien en esprit et dans le corps, ont vu le jour gr&acirc;ce au Renouveau charismatique catholique. Je vous invite donc &agrave; maintenir vivant cet amour pour les pauvres, qui r&eacute;v&egrave;le le v&eacute;ritable visage de Dieu.</p> 
<p>Chers amis, je vous remercie pour votre engagement et vous encourage &agrave; poursuivre votre mission. Mettez-vous au service des dioc&egrave;ses et paroisses, offrant votre exp&eacute;rience et m&eacute;thodes d’&eacute;vang&eacute;lisation. Suivez fid&egrave;lement les indications de vos pr&ecirc;tres; et, dans votre discernement communautaire, &eacute;coutez les voix des sages, m&ecirc;me s’ils n’appartiennent pas &agrave; vos groupes. Cultivez l’harmonie et la coop&eacute;ration parmi les communaut&eacute;s auxquelles vous appartenez, prenant soin de ne jamais c&eacute;der au d&eacute;sir de l’auto-promotion, ou la recherche du pouvoir et de la gloire personnelle. Que l’Esprit Saint soit toujours une lumi&egrave;re et une source de force sur votre chemin personnel et communautaire, et que la Vierge Marie, M&egrave;re de l’&Eacute;glise, vous prot&egrave;ge. C’est avec ces sentiments sinc&egrave;res que je vous accorde ma b&eacute;n&eacute;diction apostolique.</p> 
<p>Merci.</p> 
<p>_____________________</p> 
<p><i>L'Osservatore Romano</i></p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Aux membres de la Fondation <i>Centesimus Annus Pro Pontifice</i> (30 mai 2026)]]></title><pubDate>Sat, 30 May 2026 10:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260530-centesimus-annus.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260530-centesimus-annus.html</guid><description><![CDATA[<!-- Mon, 01 Jun 2026 16:12:16 +0200 --> <p>Au nom du P&egrave;re et du Fils et du Saint-Esprit. La paix soit avec vous!</p> 
<p><i>Chers fr&egrave;res et sœurs dans le Christ,</i></p> 
<p>Je suis heureux de vous accueillir ce matin, pr&eacute;sident et membres de la Fondation Centesimus Annus Pro Pontifice, ainsi que ceux d’entre vous qui ont particip&eacute; &agrave; l’assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale et &agrave; la Conf&eacute;rence internationale 2026. Votre pr&eacute;sence ici est due &agrave; votre engagement constant &agrave; &eacute;tudier et mettre en œuvre la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise dans la soci&eacute;t&eacute; actuelle. Ce n’est pas un secret qu’il s’agit d’un th&egrave;me qui me tient particuli&egrave;rement &agrave; cœur, sans compter qu’il s’agit d’une part essentielle de la mission de l’&Eacute;glise dans ce monde. Votre&nbsp; rencontre annuelle a co&iuml;ncid&eacute; avec la r&eacute;cente publication de <i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html">Magnificas humanitas</a></i>, et je pense que cette Encyclique peut fournir des orientations en vue de d&eacute;velopper et d’&eacute;valuer les nombreux th&egrave;mes que vous avez explor&eacute;s au cours de la Conf&eacute;rence et de la pr&eacute;paration qui l’a pr&eacute;c&eacute;d&eacute;e.</p> 
<p>&Agrave; cet &eacute;gard, le th&egrave;me choisi pour cette ann&eacute;e — &laquo;Un monde fragment&eacute; &agrave; la recherche de spiritualit&eacute;: Libert&eacute; et pluralisme dans la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise&raquo; — offre de nombreux &eacute;l&eacute;ments de r&eacute;flexion. Tout d’abord, la reconnaissance de la situation difficile dans laquelle l’humanit&eacute; se trouve actuellement alors que nous traversons une &eacute;poque caract&eacute;ris&eacute;e par des guerres et une polarisation croissante, ainsi que par des divisions culturelles et sociales. Toutefois, au milieu des fragilit&eacute;s, une nouvelle esp&eacute;rance appara&icirc;t. M&ecirc;me si les divisions semblent s’intensifier, un d&eacute;nominateur commun appara&icirc;t qui nous unit tous incontestablement: notre humanit&eacute; commune. En effet, c’est pr&eacute;cis&eacute;ment lorsqu’elle est confront&eacute;e &agrave; des circonstances d&eacute;favorables que la personne humaine est appel&eacute;e &agrave; reconsid&eacute;rer les questions fondamentales qui ont pouss&eacute; peu &agrave; peu le cœur d’innombrables g&eacute;n&eacute;rations &agrave; une r&eacute;flexion plus s&eacute;rieuse: &laquo;O&ugrave; allons-nous? Vers quel but souhaitons-nous nous orienter? Quelle direction choisir en tant que communaut&eacute; humaine et en tant que peuples?&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html#Les_res_novae_de_notre_%C3%A9poque">Magnifica humanitas</a></i>, n. 6).</p> 
<p>Ces questions sont une manifestation claire de la qu&ecirc;te de v&eacute;rit&eacute; de l’humanit&eacute;, et font na&icirc;tre le d&eacute;sir de quelque chose de plus, une soif de Dieu et une signification durable. Elles t&eacute;moignent &eacute;galement des aspects essentiels de notre humanit&eacute;: les dons de raison et de libert&eacute; donn&eacute;s par Dieu &agrave; travers lesquels nous pouvons parvenir &agrave; la v&eacute;rit&eacute; et suivre ce qui est bon. Bien que la libert&eacute; soit souvent entendue comme la capacit&eacute; &agrave; faire ce que l’on veut, il est imp&eacute;ratif de retrouver une signification authentique de la libert&eacute; qui nous permette de d&eacute;couvrir sa dimension de relation, car c’est pr&eacute;cis&eacute;ment l&agrave; que nous pouvons parler de l’accomplissement d’une personne, tant comme individu que comme soci&eacute;t&eacute;. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr.html">Saint Jean-Paul II</a> nous a rappel&eacute; que cet accomplissement se trouve lorsque la libert&eacute; est v&eacute;cue comme &laquo;le don d'elle-m&ecirc;me et l'accueil de l'autre&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_25031995_evangelium-vitae.html">Evangelium vitae</a></i>, n. 19), c’est-&agrave;-dire lorsque la libert&eacute; est utilis&eacute;e pour aimer. Au contraire, &laquo;lorsque sa dimension individualiste est absolutis&eacute;e, elle est vid&eacute;e de son sens premier, sa vocation et sa dignit&eacute; m&ecirc;mes sont d&eacute;menties&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_25031995_evangelium-vitae.html">ibid.</a></i>).</p> 
<p>Ce que nous d&eacute;couvrons ici sont les deux &laquo;cit&eacute;s&raquo; d&eacute;crites par saint Augustin, qui continuent de caract&eacute;riser non seulement le cœur humain, mais aussi les civilisations que nous cr&eacute;ons. La Cit&eacute; de l’Homme, &eacute;difi&eacute;e sur l’orgueil et l’amour de soi, est caract&eacute;ris&eacute;e par l’individualisme &eacute;go&iuml;ste. La Cit&eacute; de Dieu, &eacute;difi&eacute;e sur l’amour de Dieu jusqu’&agrave; l’altruisme et l’entretien des relations humaines, est ce qui rend v&eacute;ritablement possible l’&eacute;dification d’une civilisation de l’amour. &Agrave; cet &eacute;gard, nous pouvons d&eacute;couvrir que ce qui se cache derri&egrave;re la crise des d&eacute;mocraties contemporaines et l’affaiblissement du multilat&eacute;ralisme est, en fait, une crise anthropologique qui d&eacute;coule du fait d’avoir en grande partie oubli&eacute; le Cr&eacute;ateur. Loin de nous d&eacute;sesp&eacute;rer, toutefois, nous sommes appel&eacute;s &agrave; apporter notre contribution, en nous souvenant que &laquo;la civilisation de l’amour ne na&icirc;t pas d’un geste unique et spectaculaire, mais d’une somme de petites et tenaces fid&eacute;lit&eacute;s faisant barrage &agrave; la d&eacute;shumanisation&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html#Tous_nous_pouvons_apporter_notre_contribution">Magnifica humanitas</a></i>, n. 213).</p> 
<p>Un autre aspect de la promotion et de l’engagement en vue d’une authentique civilisation de l’amour est le dialogue. Un dialogue fond&eacute; sur la v&eacute;rit&eacute; qui reconna&icirc;t et appr&eacute;cie l’humanit&eacute; commune de chaque personne. En effet, garder &agrave; l’esprit la dignit&eacute; inn&eacute;e de chaque individu permet de surmonter l’&eacute;go&iuml;sme et les int&eacute;r&ecirc;ts particuliers en faveur du bien commun. Cette m&ecirc;me dignit&eacute; fournit &eacute;galement le contexte dans lequel nous pouvons parler d’un pluralisme sain qui reconna&icirc;t la richesse des contributions qui viennent de personnes d’origines diff&eacute;rentes et qui conduisent &agrave; la coexistence pacifique.</p> 
<p>Avec ces br&egrave;ves r&eacute;flexions, je vous remercie pour votre pr&eacute;sence ici aujourd’hui et pour vos efforts en vue de promouvoir davantage la Doctrine sociale de l’Eglise. En vous assurant de mes pri&egrave;res constantes, je vous donne cordialement ma b&eacute;n&eacute;diction, que j’&eacute;tends volontiers &agrave; vos familles et &agrave; tous vos proches. Merci.</p> 
<p>____________________</p> 
<p><i>L'Osservatore Romano</i></p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Aux participants à la Rencontre OEI - Saint-Siège «Des cartes d’espérance» sur la santé mentale et les technologies numériques (30 mai 2026)]]></title><pubDate>Sat, 30 May 2026 09:30:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260530-educacion.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260530-educacion.html</guid><description><![CDATA[<!-- Mon, 01 Jun 2026 16:07:40 +0200 --> <p>Au nom du P&egrave;re, du Fils et du Saint-Esprit. Amen. Que la paix soit avec vous. Bonjour &agrave; tous et bienvenue.</p> 
<p><i>Monsieur le Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l’Organisation des &Eacute;tats ib&eacute;ro-am&eacute;ricains,<br /> &Eacute;minence, Excellences,<br /> Messieurs les ministres,<br /> &Eacute;minentes autorit&eacute;s,<br /> Chers amis et amies,</i></p> 
<p>je suis heureux de pouvoir vous rencontrer &agrave; l’occasion de ce dialogue consacr&eacute; &agrave; l’un des d&eacute;fis les plus urgents et d&eacute;cisifs de notre temps: la relation entre l’&eacute;ducation, la sant&eacute; mentale et les technologies num&eacute;riques.</p> 
<p>Je tiens &agrave; exprimer ma gratitude &agrave; l’Organisation des &Eacute;tats ib&eacute;ro-am&eacute;ricains, &agrave; la <a href="https://www.vatican.va/content/romancuria/fr/pontificie-commissioni/pontificia-america-latina.html">Commission pontificale pour l’Am&eacute;rique latine</a>, au <a href="https://www.vatican.va/content/romancuria/fr/dicasteri/dicastero-cultura-educazione.index.html#dicasteri">Dicast&egrave;re pour la culture et l’&eacute;ducation</a> et &agrave; tous ceux qui ont rendu possible cette initiative, n&eacute;e du d&eacute;sir partag&eacute; de construire ensemble d’authentiques &laquo;cartes d’esp&eacute;rance&raquo;.</p> 
<p>Cette rencontre s’inscrit dans une perspective particuli&egrave;rement tourn&eacute;e vers l’espace ib&eacute;ro-am&eacute;ricain, que je porte au plus profond de mon cœur: une g&eacute;ographie aux richesses spirituelles et humaines extraordinaires. Nous trouvons une image &eacute;loquente de cette sagesse, par exemple, dans les tissus artisanaux qui, avec leurs multiples fils et leurs couleurs intenses, nous enseignent qu’aucun fil ne suffit &agrave; lui seul &agrave; cr&eacute;er le motif. Seul l’entrelacement patient engendre beaut&eacute; et r&eacute;sistance. Chaque fil conserve sa couleur, mais prend tout son sens au sein d’une trame plus large.</p> 
<p>L’&eacute;ducation est elle aussi appel&eacute;e aujourd’hui &agrave; se red&eacute;couvrir ainsi: non pas comme la construction d’individualismes isol&eacute;s, ni comme une simple transmission de comp&eacute;tences, mais comme l’art de tisser la communion.</p> 
<p>Les peuples anciens levaient le regard vers le ciel pour observer les constellations. Ils y cherchaient une orientation; ils apprenaient &agrave; reconna&icirc;tre le rythme des saisons, le moment des semailles et celui des r&eacute;coltes. Ils n’observaient pas les &eacute;toiles uniquement par curiosit&eacute; abstraite, mais aussi parce qu’elles aidaient &agrave; comprendre quel &eacute;tait le moment opportun pour agir, en pr&eacute;servant l’harmonie entre l’homme, la nature et le temps.</p> 
<p>Aujourd’hui, nous devons &agrave; nouveau lever les yeux (cf. Jn 4, 35). Dans la Lettre apostolique <i>Dessiner de nouvelles cartes d’esp&eacute;rance</i>, j’ai invit&eacute; &agrave; construire une constellation &eacute;ducative mondiale, au sein de laquelle chaque institution, chaque culture et chaque peuple puisse apporter sa contribution originale pour &eacute;clairer le chemin de l’humanit&eacute;. Chaque culture trouve un sens dans l’observation des constellations. Chaque culture est appel&eacute;e &agrave; collaborer &agrave; l’&eacute;laboration d’un itin&eacute;raire commun, en prenant conscience d’appartenir &agrave; une seule et m&ecirc;me famille humaine.</p> 
<p>Prendre conscience de ce grand patrimoine culturel pourra nous aider &agrave; faire face &agrave; l’une des plus grandes formes de pauvret&eacute; de notre temps: la perte des rep&egrave;res int&eacute;rieurs. De nombreux jeunes poss&egrave;dent des outils technologiques de plus en plus sophistiqu&eacute;s, mais peinent &agrave; trouver un sens &agrave; leur vie, &agrave; l’espoir, &agrave; l’amour et m&ecirc;me &agrave; la souffrance. Derri&egrave;re tant de difficult&eacute;s, de solitudes et de fragilit&eacute;s psychologiques se cache souvent une question silencieuse: &laquo;Ma vie a-t-elle un sens? Y a-t-il un espoir fiable pour l’avenir?&raquo;.</p> 
<p>Dans la Lettre apostolique susmentionn&eacute;e, j’ai rappel&eacute; que nous sommes un d&eacute;sir, et non un algorithme (cf. <i>Dessiner de nouvelles cartes d’esp&eacute;rance</i>, 4.1). Lorsque l’&ecirc;tre humain est r&eacute;duit &agrave; un rendement, &agrave; une consommation ou &agrave; une donn&eacute;e statistique, une profonde souffrance int&eacute;rieure &eacute;merge in&eacute;vitablement. De nombreux jeunes vivent aujourd’hui sous le joug des attentes et du rendement, plong&eacute;s dans une comp&eacute;titivit&eacute; exacerb&eacute;e qui g&eacute;n&egrave;re l’anxi&eacute;t&eacute;, la peur de ne pas &ecirc;tre &agrave; la hauteur et la d&eacute;sorientation.</p> 
<p>C’est pourquoi nous ne pouvons pas aborder la question de la sant&eacute; mentale uniquement comme un probl&egrave;me clinique ou technique. Les contributions de la science, de la psychologie, de la m&eacute;decine et des neurosciences sont sans aucun doute indispensables. Mais nous croyons aussi que l’homme peut vivre de mani&egrave;re authentique — et surmonter bien des fragilit&eacute;s int&eacute;rieures — dans un horizon de sens. Lorsque cet horizon s’assombrit, le vide int&eacute;rieur, l’isolement et le d&eacute;sespoir s’intensifient. En revanche, lorsqu’une personne d&eacute;couvre que sa vie a de la valeur, qu’elle est aim&eacute;e, attendue et appel&eacute;e &agrave; accomplir une mission dans le monde, alors na&icirc;t l’espoir. Et l’espoir n’est pas une illusion na&iuml;ve: c’est une force spirituelle qui soutient la vie, m&ecirc;me dans les moments les plus difficiles.</p> 
<p>C’est pourquoi j’ai voulu ajouter, parmi les objectifs du Pacte &eacute;ducatif mondial, celui de cultiver la vie int&eacute;rieure. En effet, il ne suffit pas de connecter les jeunes aux r&eacute;seaux num&eacute;riques s’ils restent ensuite d&eacute;connect&eacute;s d’eux-m&ecirc;mes, des autres et de leur propre vie int&eacute;rieure. Cultiver la vie int&eacute;rieure signifie aider les nouvelles g&eacute;n&eacute;rations &agrave; red&eacute;couvrir le silence, la r&eacute;flexion, la capacit&eacute; de se poser des questions, la profondeur des relations et l’ouverture &agrave; la transcendance. Pour &eacute;couter l’&acirc;me, il faut affiner son ou&iuml;e, car sa voix n’est pas un cri, mais un murmure (cf. 1 R 19, 9-16).</p> 
<p>Si la technologie nous connecte, l’&eacute;ducation nous forme. &Eacute;duquer, c’est aider les jeunes &agrave; d&eacute;couvrir non seulement comment vivre, mais aussi pourquoi vivre. Dans cette mission &eacute;ducative, les institutions publiques, l’&eacute;cole, les universit&eacute;s, les familles, les communaut&eacute;s religieuses, le monde de la culture et celui de la communication sont appel&eacute;s &agrave; travailler ensemble. Personne ne peut relever seul des d&eacute;fis aussi profonds et complexes.</p> 
<p>C’est pourquoi je souhaite vous encourager &agrave; renforcer ce r&eacute;seau de coop&eacute;ration que vous &ecirc;tes en train de construire entre vous et avec le Saint-Si&egrave;ge. En cette &egrave;re de transition num&eacute;rique, nous sommes appel&eacute;s &agrave; &ecirc;tre une lumi&egrave;re pour de nombreuses personnes, surtout pour les jeunes, qui cherchent des rep&egrave;res fiables et des cartes capables d’orienter le chemin de la vie.</p> 
<p>Nous avons besoin de visions capables de construire de nouvelles synth&egrave;ses culturelles, qui aient le courage de conjuguer pens&eacute;e et vie, contemplation et action, attention aux pauvres et recherche de sens, en pr&eacute;servant le patrimoine profond&eacute;ment humain de l’&eacute;ducation.</p> 
<p>Que la Vierge Marie, mod&egrave;le d’&eacute;ducatrice, nous inspire sur ce chemin et guide nos efforts pour insuffler la confiance aux nouvelles g&eacute;n&eacute;rations, afin qu’elles s’engagent dans la construction d’un monde plus juste et plus fraternel.</p> 
<p>________________</p> 
<p><i>L'Osservatore Romano</i></p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Aux évêques de la Conférence épiscopale italienne (28 mai 2026)]]></title><pubDate>Thu, 28 May 2026 10:45:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260528-vescovi-cei.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260528-vescovi-cei.html</guid><description><![CDATA[<!-- Fri, 29 May 2026 15:08:47 +0200 --> <p><i>Tr&egrave;s chers fr&egrave;res dans l’&eacute;piscopat, bonjour!</i></p> 
<p>Merci, &Eacute;minence, pour les paroles que vous m’avez adress&eacute;es. Je salue chaleureusement tous ceux qui ont &eacute;t&eacute; &eacute;lus pour exercer un service au sein de la Conf&eacute;rence &eacute;piscopale, en particulier le vice-pr&eacute;sident, ainsi que chacun d’entre vous. Par votre interm&eacute;diaire, je d&eacute;sire exprimer mon affection &agrave; toutes les &Eacute;glises d’Italie, aux pr&ecirc;tres, aux diacres, aux personnes consacr&eacute;es, aux familles, aux cat&eacute;chistes, aux &eacute;ducateurs, aux jeunes, aux personnes &acirc;g&eacute;es, aux pauvres, aux malades, &agrave; ceux qui vivent leur foi dans la simplicit&eacute; de la vie quotidienne et &agrave; ceux qui, peut-&ecirc;tre sans le savoir, portent dans leur cœur une soif de Dieu.</p> 
<p>C’est ce que nous avons la gr&acirc;ce de constater de diverses mani&egrave;res, m&ecirc;me &agrave; une &eacute;poque comme la n&ocirc;tre, marqu&eacute;e par la complexit&eacute;. J’en ai fait l’exp&eacute;rience directe lors de mes r&eacute;centes visites &agrave; Pomp&eacute;i, &agrave; Naples et &agrave; Acerra. De nombreux signes nous parlent de lassitude, de fragmentation, de solitude. Dans nos communaut&eacute;s, nous pouvons parfois ressentir la fatigue de transmettre la foi, la difficult&eacute; d’impliquer les nouvelles g&eacute;n&eacute;rations. Mais l’&Eacute;vangile nous r&eacute;veille. Quand J&eacute;sus regarde les foules, il ne voit pas un probl&egrave;me &agrave; r&eacute;soudre, il voit une moisson, il voit le champ de Dieu: &laquo;La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux! Priez donc le ma&icirc;tre de la moisson d’envoyer des ouvriers &agrave; sa moisson!&raquo; (<i>Lc</i> 10, 2). Semeur infatigable, Dieu sort chaque jour dans le monde et r&eacute;pand g&eacute;n&eacute;reusement dans les cœurs le d&eacute;sir de l’infini, d’une vie pleine, d’un salut qui lib&egrave;re. Oui, gr&acirc;ce &agrave; Dieu, la moisson est abondante. Voici notre premi&egrave;re t&acirc;che: faire n&ocirc;tre le regard du Seigneur. Ne pas nous contenter de nous plaindre des sols durcis ni de nous arr&ecirc;ter simplement aux donn&eacute;es statistiques, mais savoir voir, avec les yeux du Ressuscit&eacute;, la moisson que Dieu lui-m&ecirc;me nous pr&eacute;pare.</p> 
<p>Tr&egrave;s chers fr&egrave;res, que le Saint-Esprit nous donne des cœurs enflamm&eacute;s de l’&eacute;lan du Christ; et qu’il suscite de nombreux et saints ouvriers pour travailler &agrave; nos c&ocirc;t&eacute;s.</p> 
<p>Dans cette perspective, la priorit&eacute; revient &agrave; l’&Eacute;vangile: c’est ce que nous dit saint Fran&ccedil;ois d’Assise, huit cents ans apr&egrave;s sa mont&eacute;e au Ciel; c’est ce que nous rappellent <i><a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/apost_exhortations/documents/hf_p-vi_exh_19751208_evangelii-nuntiandi.html">Evangelii nuntiandi</a></i> de saint Paul VI et <i><a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html">Evangelii gaudium</a></i> du Pape Fran&ccedil;ois. Car c’est de l’&Eacute;vangile que na&icirc;t la foi, en tant que rencontre vivante avec le Christ, mort et ressuscit&eacute;, pr&eacute;sent dans son &Eacute;glise. Aujourd’hui, dans le contexte o&ugrave; nous sommes appel&eacute;s &agrave; agir, confront&eacute;s &agrave; d’autres perspectives de vie et &agrave; des d&eacute;fis anthropologiques in&eacute;dits, remettre l’&Eacute;vangile au centre est le don qui donne de l’enthousiasme &agrave; notre vie d’&eacute;v&ecirc;ques et l’urgence qui nous anime.</p> 
<p>Nous sommes donc appel&eacute;s &agrave; nous demander: quel visage de Dieu laissons-nous transpara&icirc;tre dans la pr&eacute;dication, la cat&eacute;ch&egrave;se, la liturgie, la charit&eacute;, la vie de nos communaut&eacute;s? Comment favorisons-nous la rencontre avec le Christ et que signifie aujourd’hui, pour nous et pour nos &Eacute;glises, initier d’autres personnes &agrave; la vie chr&eacute;tienne? Voil&agrave; des questions que, en tant que pasteurs, nous devons toujours nous poser, sans jamais les tenir pour acquises.</p> 
<p>Voici donc le regain d’int&eacute;r&ecirc;t pour l’initiation chr&eacute;tienne, qui ne peut &ecirc;tre envisag&eacute;e uniquement comme une pr&eacute;paration aux sacrements. Elle est le &laquo;sein&raquo; dans lequel une communaut&eacute; fait na&icirc;tre &agrave; la foi et introduit &agrave; la vie pascale, &agrave; la communion avec le Seigneur, &agrave; la fraternit&eacute; eccl&eacute;siale. Il s’agit de red&eacute;couvrir le bapt&ecirc;me comme une r&eacute;alit&eacute; vivante et existentielle; et &laquo;il n’est pas possible de comprendre pleinement le bapt&ecirc;me si ce n’est &agrave; l’int&eacute;rieur de l’initiation chr&eacute;tienne, c’est-&agrave;-dire du parcours par lequel le Seigneur, &agrave; travers le minist&egrave;re de l’&Eacute;glise et le don de l’Esprit, nous introduit dans la foi pascale et nous ins&egrave;re dans la communion trinitaire et eccl&eacute;siale&raquo; (<i><a href="https://www.synod.va/content/dam/synod/news/2024-10-26_final-document/FRA---Documento-finale.pdf">Document final de la XVIe Assembl&eacute;e du Synode des &eacute;v&ecirc;ques</a></i>, 24). C’est une mise en &eacute;vidence tr&egrave;s importante, celle de la derni&egrave;re Assembl&eacute;e du Synode des &eacute;v&ecirc;ques, car elle situe le chemin qui s’ouvre avec le bapt&ecirc;me au sein d’une &Eacute;glise qui croit, c&eacute;l&egrave;bre, accompagne, engendre. Une &Eacute;glise qui, tout en se r&eacute;jouissant avec &eacute;merveillement devant les cat&eacute;chum&egrave;nes jeunes et adultes, est ensuite capable de soutenir leur pers&eacute;v&eacute;rance apr&egrave;s l’&eacute;lan initial.</p> 
<p>La foi se transmet et grandit l&agrave; o&ugrave; existent des communaut&eacute;s vivantes et accueillantes, capables de prier et d’&eacute;couter; des communaut&eacute;s o&ugrave; la Parole de Dieu n’est pas rel&eacute;gu&eacute;e &agrave; la marge, mais &eacute;claire les choix, o&ugrave; l’Eucharistie est v&eacute;ritablement source et sommet, o&ugrave; les pauvres ne sont pas de simples b&eacute;n&eacute;ficiaires d’un service, mais des fr&egrave;res et sœurs &agrave; travers lesquels le Seigneur nous parle; o&ugrave; les jeunes sont des visages, des voix et des histoires avec lesquels dialogue; o&ugrave; les familles ne sont pas laiss&eacute;es seules; o&ugrave; les blessures ne sont pas cach&eacute;es, mais pr&eacute;sent&eacute;es au Seigneur avec humilit&eacute;; o&ugrave; la foi devient un engagement concret dans la soci&eacute;t&eacute;, la politique et la culture.</p> 
<p>C’est justement pour cela que nous, &eacute;v&ecirc;ques, sommes appel&eacute;s &agrave; une &eacute;coute profonde: &eacute;couter la Parole de Dieu, &eacute;couter le Peuple de Dieu, et donc &eacute;couter les signes des temps, &eacute;couter aussi ce qui remet en question nos habitudes pastorales. L&agrave; o&ugrave; l’&eacute;coute est authentique, la communaut&eacute; ne se replie pas sur elle-m&ecirc;me mais devient un lieu de discernement et de mission et, &agrave; cette fin, sait se renouveler.</p> 
<p>Tel est le sens du Chemin synodal que vous avez men&eacute; &agrave; bien et qui, comme vous l’avez soulign&eacute;, doit d&eacute;sormais devenir un mode de vie permanent. Le Concile Vatican II nous a rappel&eacute; que Dieu a voulu sanctifier et sauver les hommes non pas s&eacute;par&eacute;ment et sans aucun lien entre eux, mais en les faisant d’eux un peuple qui le reconnaisse dans la v&eacute;rit&eacute; et le serve dans la saintet&eacute; (cf. Const. dogm. <i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19641121_lumen-gentium_fr.html">Lumen gentium</a></i>, n. 9). L’&Eacute;glise synodale est celle o&ugrave; chacun, selon sa vocation, peut offrir le don re&ccedil;u de l’Esprit pour l’&eacute;dification commune. La participation n’est donc pas une concession: c’est une exigence de la communion et de la mission et, par cons&eacute;quent, elle doit devenir m&eacute;thode, responsabilit&eacute;, v&eacute;rification, dans l’implication des diff&eacute;rents charismes et minist&egrave;res et dans le respect de la t&acirc;che propre de l’&eacute;v&ecirc;que. Le Document de synth&egrave;se du Chemin synodal des &Eacute;glises en Italie rappelle la valeur des organismes de participation, en tant que lieux o&ugrave; le discernement des communaut&eacute;s peut prendre corps. Il ne suffit toutefois pas que ces instruments existent, il faut v&eacute;rifier qu’ils fonctionnent r&eacute;ellement.</p> 
<p>Dans ce processus, les diff&eacute;rentes structures de la CEI sont appel&eacute;es &agrave; continuer d’exercer leur service de communion, de coordination, de discernement et de soutien aux &Eacute;glises pr&eacute;sentes en Italie. C’est pr&eacute;cis&eacute;ment parce qu’elle joue ce r&ocirc;le que l’organisation de la Conf&eacute;rence &eacute;piscopale doit &ecirc;tre repens&eacute;e &agrave; la lumi&egrave;re des exigences de la mission et de l’&eacute;volution du contexte historique. Il ne s’agit pas d’imiter des sch&eacute;mas organisationnels ext&eacute;rieurs, ni de tout r&eacute;duire &agrave; l’efficacit&eacute; administrative, mais de se demander quelle organisation aide aujourd’hui les pasteurs et les &Eacute;glises locales &agrave; mieux annoncer l’&Eacute;vangile, &agrave; marcher ensemble, &agrave; rendre possible une participation effective, ordonn&eacute;e et f&eacute;conde. Lorsqu’elle est v&eacute;cue dans l’Esprit, cette v&eacute;rification n’affaiblit pas la communion mais la purifie.</p> 
<p>Chers fr&egrave;res, le Seigneur ne nous demande pas de mesurer la f&eacute;condit&eacute; de l’&Eacute;glise en termes de nombre, de visibilit&eacute; ou d’influence. &laquo;Quand nous regardons avec les yeux de Dieu, nous d&eacute;couvrons qu’Il a choisi la voie de la petitesse pour descendre parmi nous. […] Cette logique de la petitesse est la vraie force de l’&Eacute;glise. En effet, celle-ci ne r&eacute;side pas dans ses ressources et ses structures, et les fruits de sa mission ne d&eacute;coulent pas d’un consensus num&eacute;rique, d’une puissance &eacute;conomique ou d’une importance sociale. L’&Eacute;glise, au contraire, vit de la lumi&egrave;re de l’Agneau et, rassembl&eacute;e autour de Lui, elle est pouss&eacute;e sur les chemins du monde par la puissance de l’Esprit Saint&raquo; (<a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2025/november/documents/20251128-turchia-clero.html"><i>Discours lors de la Rencontre de pri&egrave;re</i>,</a> Istanbul, 28 novembre 2025).</p> 
<p>Ayons le courage de l’essentiel! Le courage de communaut&eacute;s moins soucieuses de tout conserver et plus libres d’annoncer le Christ. Le courage d’une cat&eacute;ch&egrave;se qui soit un chemin d’initiation et de formation permanente &agrave; la vie chr&eacute;tienne. Le courage de paroisses accueillantes et missionnaires, o&ugrave; les familles se retrouvent et se renouvellent gr&acirc;ce &agrave; la s&egrave;ve de l’&Eacute;vangile. Le courage d’organismes de participation vivants. Le courage d’&eacute;couter les jeunes sans domestiquer leurs questions. Le courage de nous laisser &eacute;vang&eacute;liser par les pauvres. Le courage d’une structure nationale toujours plus au service de la communion missionnaire des &Eacute;glises en Italie. Un peuple est engendr&eacute; par des m&egrave;res et des p&egrave;res dans la foi, par des communaut&eacute;s qui savent dire, par leur vie avant m&ecirc;me que par leurs paroles: &laquo;Nous avons trouv&eacute; le Messie&raquo; (<i>Jn</i> 1, 41). L’Italie a besoin de ce t&eacute;moignage.</p> 
<p>Je confie votre d&eacute;marche &agrave; la Vierge Marie, M&egrave;re de l’&Eacute;glise. Elle a accueilli le don, elle a gard&eacute; la Parole, elle a chemin&eacute; avec les disciples, elle a attendu l’Esprit au C&eacute;nacle. Qu’elle vous aide &agrave; &ecirc;tre &laquo;enracin&eacute;s et fond&eacute;s en lui, fermes dans la foi&raquo; (<i>Col</i> 2, 7), &agrave; garder l’essentiel, &agrave; engendrer dans la foi, &agrave; marcher avec le Peuple de Dieu, &agrave; reconna&icirc;tre la voix du Seigneur qui continue d’appeler, de consoler et d’envoyer.</p> 
<p>Je vous accompagne de ma b&eacute;n&eacute;diction. Merci !</p> 
<p>_________________________</p> 
<p><i>L'Osservatore Romano</i></p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Aux participants à l'Assemblée plénière du Dicastère pour l'Évangélisation - Section pour les questions fondamentales de l'évangélisation dans le monde (28 mai 2026)]]></title><pubDate>Thu, 28 May 2026 10:15:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260528-dicastero-evangelizzazione.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260528-dicastero-evangelizzazione.html</guid><description><![CDATA[<!-- Fri, 29 May 2026 15:03:38 +0200 --> <p>Au nom du P&egrave;re, du Fils et du Saint-Esprit,<br /> la paix soit avec vous!</p> 
<p><i>&Eacute;minences, Excellences, chers fr&egrave;res et sœurs,</i></p> 
<p>C’est une joie pour moi de vous rencontrer, au terme de votre session pl&eacute;ni&egrave;re du <a href="https://www.vatican.va/content/romancuria/fr/dicasteri/dicastero-evangelizzazione.index.html#dicasteri">Dicast&egrave;re pour l’&eacute;vang&eacute;lisation</a> – Section pour les questions fondamentales de l’&eacute;vang&eacute;lisation dans le monde. La circonstance m’offre une opportunit&eacute; pour partager certaines r&eacute;flexions qui concernent la vie de l’&Eacute;glise, surtout pour les ann&eacute;es &agrave; venir.</p> 
<p>Avant tout, cependant, je souhaite exprimer mes plus chaleureux remerciements au grand travail accompli par le Dicast&egrave;re pendant le Jubil&eacute; l’an dernier. Nous avons v&eacute;cu un temps de gr&acirc;ce qui a vu affluer &agrave; Rome des millions de p&egrave;lerins. Combien au final? On dit 30 millions… [<i>le chiffre est communiqu&eacute;</i>] Plus de 33 millions! Cet &eacute;v&egrave;nement a n&eacute;cessit&eacute; un grand effort d’organisation, qui s’est manifest&eacute; &agrave; travers un accueil chaleureux sur divers fronts et, surtout, &agrave; travers la dimension spirituelle pour la surabondance de dons que le Seigneur a vers&eacute;e sur les croyants.</p> 
<p>La destination de la Porte Sainte des quatre basiliques n’a pas emp&ecirc;ch&eacute; aux &Eacute;glises locales de vivre intens&eacute;ment l’Ann&eacute;e Sainte. Dans le monde entier, l’esp&eacute;rance est devenue&nbsp; l’actrice principale dans la vie chr&eacute;tienne. L’insistance qui a &eacute;t&eacute; mise sur &laquo;la cadette&raquo; qui, sans le montrer, entra&icirc;ne les deux a&icirc;n&eacute;es, la foi et la charit&eacute;, a besoin d’&ecirc;tre encore annonc&eacute;e et v&eacute;cue avec intensit&eacute; et conviction. Le monde a plus que jamais soif d’esp&eacute;rance. Il d&eacute;sire vivre dans la paix et dans la certitude que l’engagement pour b&acirc;tir une ville digne des fils de Dieu n’est pas uniquement possible, mais r&eacute;el, car empreint d’une esp&eacute;rance qui offre de v&eacute;ritables objectifs, non illusoires. N’interrompons donc pas cette annonce, soutenue par la promesse du Seigneur J&eacute;sus de rester toujours avec nous; il se rend visible dans le t&eacute;moignage que nous sommes appel&eacute;s &agrave; offrir pour &ecirc;tre des disciples fid&egrave;les &agrave; sa parole (cf. <i>Mt</i> 28,18-20).</p> 
<p>L’&eacute;vang&eacute;lisation demande de continuer d’&ecirc;tre la motivation fondamentale de chaque action de l’&Eacute;glise universelle et des communaut&eacute;s locales; c’est uniquement ainsi que la foi elle-m&ecirc;me est red&eacute;couverte dans sa beaut&eacute; et exprime au mieux sa cr&eacute;dibilit&eacute;. L’annonce de l’&Eacute;vangile, qui insuffle l’esp&eacute;rance, n’est pas une proposition utopique: c’est un t&eacute;moignage qui attire autant qu’il manifeste l’appel &agrave; l’amour et &agrave; la v&eacute;rit&eacute;.</p> 
<p>Nous ne pouvons pas sous-estimer que, surtout dans les pays occidentaux, la crise de la foi, avec d’autres facteurs socio-culturels, a donn&eacute; lieu &agrave; une indiff&eacute;rence diffuse envers la religion. La foi, pour beaucoup, appara&icirc;t d&eacute;sormais comme sans importance dans leur vie. Le risque sous-jacent — dont la gravit&eacute; n’est pas toujours per&ccedil;ue — est que l’on perde ce qu’il y a&nbsp; de plus profond&eacute;ment humain, c’est-&agrave;-dire&nbsp; la recherche de sens.&nbsp;&nbsp; Les grandes questions existentielles restent sans r&eacute;ponse, tandis qu’une culture technologique qui devrait r&eacute;pondre &agrave; chaque besoin se propage.</p> 
<p>Dans ce contexte aussi, la rencontre avec le Christ est en mesure de redonner du sens et de la valeur &agrave; la vie des personnes, et l’&Eacute;glise red&eacute;couvre l’actualit&eacute; p&eacute;renne du mandat qu’elle a re&ccedil;u par le Seigneur ressuscit&eacute;. Personne ne peut remplacer celle-ci dans cette mission, aussi urgente que n&eacute;cessaire, pour garantir des bases s&ucirc;res pour l’avenir de l’humanit&eacute;, afin que ce soit un futur de paix, de justice, de libert&eacute; et de fraternit&eacute;.</p> 
<p>Comme il en est ressorti du Consistoire en janvier dernier, l’Exhortation apostolique <i><a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html">Evangelii gaudium</a></i> du Pape Fran&ccedil;ois continue de&nbsp; &laquo;repr&eacute;senter un point de r&eacute;f&eacute;rence d&eacute;cisif: elle n’introduit pas simplement de nouveaux contenus, mais recentre tout sur le k&eacute;rygme comme cœur de l’identit&eacute; chr&eacute;tienne et eccl&eacute;siale&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/letters/2026/documents/20260412-lettera-cardinali.html">Lettre aux cardinaux</a></i>, 12 avril 2026). Je vous invite donc, vous aussi, &agrave; reprendre <i><a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html">Evangelii gaudium</a></i> dans votre travail &agrave; tous les niveaux, pour promouvoir une mission &laquo;christocentrique et k&eacute;rygmatique qui na&icirc;t d’une rencontre avec le Christ capable de transformer la vie&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html">ibid.</a></i>).</p> 
<p>Le forte demande de spiritualit&eacute; qui, surtout parmi les jeunes, progresse&nbsp; et s’est exprim&eacute;e de mani&egrave;re &eacute;vidente &agrave; l’occasion du Jubil&eacute; des jeunes, m&eacute;rite une grande attention. La nouvelle g&eacute;n&eacute;ration n’est pas ferm&eacute;e &agrave; l’&Eacute;vangile; au contraire, beaucoup, quand ils le red&eacute;couvrent, d&eacute;sirent mieux le conna&icirc;tre, car ils per&ccedil;oivent qu’en celui-ci r&eacute;side le secret pour &ecirc;tre v&eacute;ritablement heureux. Je suis certain que votre Dicast&egrave;re est particuli&egrave;rement attentif &agrave; cette question, que nos contemporains posent avec toujours plus d’insistance, et qui demande une r&eacute;ponse cr&eacute;dible et coh&eacute;rente. L’&eacute;vang&eacute;lisation ne s’appuie pas sur l’efficacit&eacute; des structures ou sur l’importance sociale, encore moins sur le consensus que l’on peut recevoir &agrave; n’importe quel moment.&nbsp; Ce qui reste essentiel est plut&ocirc;t d’avoir confiance envers la conduite de l’Esprit Saint, suivre les chemins qu’Il indique pour conduire au Christ, &agrave; sa parole qui sauve, &agrave; son amour qui renouvelle la vie.</p> 
<p>L’&eacute;vang&eacute;lisation doit se mesurer aujourd’hui, de fa&ccedil;on particuli&egrave;re, &eacute;galement &agrave; travers des changements dans les dynamiques et conditions&nbsp; dans la transmission de la foi de g&eacute;n&eacute;ration en g&eacute;n&eacute;ration. Dans certaines r&eacute;gions du monde, cette transmission s’est pratiquement interrompue, et cela requiert la capacit&eacute; de r&eacute;aliser soi-m&ecirc;me de nouveaux d&eacute;fis. Les causes de cette situation sont connues et multiples; ce qui en r&eacute;sulte est cependant, chez les nouvelles g&eacute;n&eacute;rations, une &laquo;pauvret&eacute;&raquo; spirituelle, un manque de motivations et d’instruments pour pouvoir m&ucirc;rir en pleine libert&eacute; cette adh&eacute;sion &agrave; la foi qui donne du sens &agrave; la vie. Gr&acirc;ce &agrave; Dieu, les exp&eacute;riences &agrave; travers lesquelles les communaut&eacute;s chr&eacute;tiennes, les associations, les mouvements, les groupes eccl&eacute;siaux rencontrent les jeunes, les &eacute;coutent et dialoguent avec eux sont nombreuses et vari&eacute;es, dans le monde entier. Le climat culturel diffus dans les soci&eacute;t&eacute;s hyperm&eacute;diatis&eacute;es et consum&eacute;ristes r&eacute;duit la capacit&eacute; &agrave; apprendre avec patience et &agrave; accomplir avec difficult&eacute; un parcours de recherche personnelle de la v&eacute;rit&eacute;, avec pers&eacute;v&eacute;rance et sens critique. Chaque message risque d’&ecirc;tre per&ccedil;u comme une opinion parmi tant d’autres.</p> 
<p>La transmission de la foi, dans ce contexte, passe n&eacute;cessairement &agrave; travers la rencontre avec les personnes et les communaut&eacute;s qui expriment la joie de la foi chr&eacute;tienne et la coh&eacute;rence d’un style de vie &eacute;vang&eacute;lique. Ce n’est certainement pas en &eacute;dulcorant les contenus et en baissant les exigences que l’on peut rendre le christianisme attirant, mais en t&eacute;moignant avec humilit&eacute; et courage du &laquo;chemin, de la v&eacute;rit&eacute; et de la vue&raquo; qui a converti et sanctifi&eacute; nombre de personnes. Comme l’affirmait <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr.html">Beno&icirc;t XVI</a>: &laquo;Ce dont nous avons besoin &agrave; cette p&eacute;riode de l’histoire sont des hommes qui, &agrave; travers une foi illumin&eacute;e et v&eacute;cue, rendent Dieu cr&eacute;dible dans ce monde. […] Nous avons besoin d’hommes qui gardent le regard droit vers Dieu, apprenant de l&agrave; la v&eacute;ritable humanit&eacute;. Nous avons besoin d’hommes dont l’intelligence soit illumin&eacute;e par la lumi&egrave;re de Dieu et &agrave; qui Dieu ouvre le cœur, de fa&ccedil;on &agrave; ce que leur intelligence puisse parler &agrave; l’intelligence des autres et que leur cœur puisse ouvrir le cœur des autres. C’est seulement au travers d’hommes touch&eacute;s par Dieu que Dieu peut revenir parmi les hommes&raquo; (<i>L’Europe de Beno&icirc;t dans la crise des cultures</i>, Sienne 2005, 63-64). La saintet&eacute; de la vie, par cons&eacute;quent, reste toujours la forme la plus convaincante de la beaut&eacute; de la foi chr&eacute;tienne qui surmonte les temps et se propose &agrave; chaque culture.</p> 
<p>Je voudrais &eacute;galement vous dire un mot concernant la cat&eacute;ch&egrave;se, qui qualifie de fa&ccedil;on d&eacute;terminante la vie de l’&Eacute;glise dans son engagement de formation et de transmission de la foi. Une attention particuli&egrave;re doit &ecirc;tre port&eacute;e envers les cat&eacute;chum&egrave;nes, qui demandent le bapt&ecirc;me en nombre toujours plus croissant. Le service joyeux de la communaut&eacute; dans l’accueil et l’accompagnement des cat&eacute;chum&egrave;nes ne peut se conclure avec la c&eacute;l&eacute;bration du sacrement. La t&acirc;che suivante exige une responsabilit&eacute; tout aussi grande: celle de cr&eacute;er un environnement qui r&eacute;ponde aux attentes qui ont conduit &agrave; adh&eacute;rer au Christ et &agrave; son &Eacute;glise. Le devoir de maintenir vivant le choix de foi accompli lors du bapt&ecirc;me implique, particuli&egrave;rement pour les communaut&eacute;s paroissiales, la n&eacute;cessit&eacute; de toujours rechercher la haute qualit&eacute; de la vie chr&eacute;tienne (cf. Saint Jean-Paul II, Lettre apostolique <i><a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/apost_letters/2001/documents/hf_jp-ii_apl_20010106_novo-millennio-ineunte.html">Novo Millennio Ineunte</a></i>, n. 31), afin de garantir aux nouveaux baptis&eacute;s un espace propice &agrave; une croissance harmonieuse, fruit de relations interpersonnelles v&eacute;cues dans l’amour et le service r&eacute;ciproque.</p> 
<p>Une attention similaire doit &ecirc;tre port&eacute;e aux gar&ccedil;ons et aux filles qui re&ccedil;oivent le sacrement de la confirmation. J’encourage les nombreuses initiatives qui les accompagnent dans leur chemin de foi pour leur croissance humaine et chr&eacute;tienne. Ces initiatives sont pleinement efficaces gr&acirc;ce &agrave; l’attention port&eacute;e &agrave; chacun d’eux personnellement, reflet de l’amour unique et personnel du Seigneur.</p> 
<p>Tr&egrave;s chers amis, je vous remercie pour votre service &agrave; mon minist&egrave;re et &agrave; toute l’&Eacute;glise, et, vous confiant &agrave; la Vierge Marie, disciple parfaite et missionnaire de l’&Eacute;vangile, je vous accompagne de ma b&eacute;n&eacute;diction.</p> 
<p>Merci!</p> 
<p>_____________________</p> 
<p><i>L'Osservatore Romano</i></p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Audience générale du 27 mai 2026. Catéchèse. Les Documents du Concile Vatican II III. La Constitution dogmatique <i>Sacrosanctum Concilium</i> 2. La réforme de la liturgie : tradition et évolution]]></title><pubDate>Wed, 27 May 2026 10:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/audiences/2026/documents/20260527-udienza-generale.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/audiences/2026/documents/20260527-udienza-generale.html</guid><description><![CDATA[<!-- Wed, 27 May 2026 11:04:50 +0200 --> <p><b>Cat&eacute;ch&egrave;se.&nbsp;Les Documents du&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm">Concile Vatican II</a>&nbsp;III. La Constitution dogmatique<i>&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html">Sacrosanctum Concilium</a>&nbsp;2. La r&eacute;forme de la liturgie : tradition et &eacute;volution</i></b></p> 
<p><i>Chers fr&egrave;res et sœurs, bonjour et bienvenue&nbsp;!</i></p> 
<p>Dans l’encyclique&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/content/pius-xii/la/encyclicals/documents/hf_p-xii_enc_20111947_mediator-dei.html"><i>Mediator Dei</i></a>, le v&eacute;n&eacute;rable&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/content/pius-xii/fr.html">Pie XII</a>&nbsp;&eacute;crit que &laquo; l’&Eacute;glise est un organisme vivant et, en tant que tel, y compris en mati&egrave;re de liturgie sacr&eacute;e, tout en pr&eacute;servant l’int&eacute;grit&eacute; de son enseignement, elle grandit et se d&eacute;veloppe, s’adaptant et se conformant aux circonstances et aux exigences qui se pr&eacute;sentent au fil du temps&raquo; (I, V).</p> 
<p>En pleine continuit&eacute; avec ce principe, le&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm">Concile Vatican II</a>, dans le pr&eacute;ambule de la Constitution&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html"><i>Sacrosanctum Concilium</i></a>&nbsp;(<i>SC</i>), reconna&icirc;t qu’il est de son devoir &laquo;&agrave; un titre particulier de veiller aussi &agrave; la restauration et au progr&egrave;s de la liturgie&raquo; (<a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html">n&deg; 1</a>). L’assembl&eacute;e conciliaire avait en effet &eacute;t&eacute; r&eacute;unie dans le but &laquo;de faire progresser la vie chr&eacute;tienne de jour en jour chez les fid&egrave;les ; de mieux adapter aux n&eacute;cessit&eacute;s de notre &eacute;poque celles des institutions qui sont sujettes &agrave; des changements ; de favoriser tout ce qui peut contribuer &agrave; l’union de tous ceux qui croient au Christ, et de fortifier tout ce qui concourt &agrave; appeler tous les hommes au sein de l’&Eacute;glise&raquo; (<a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html"><i>ibid</i>.</a>).</p> 
<p>&Agrave; ce moment historique, on ressentait fortement la n&eacute;cessit&eacute; d’un renouveau des formes rituelles, par lesquelles, depuis des si&egrave;cles, l’&Eacute;glise avait r&eacute;alis&eacute; la glorification de Dieu et la sanctification du peuple chr&eacute;tien. Gr&acirc;ce au Mouvement liturgique, s’&eacute;tait m&ucirc;rie la conviction, exprim&eacute;e par la suite par&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr.html">saint Jean-Paul II</a>, qu’&laquo;&nbsp;il existe en effet un lien tr&egrave;s &eacute;troit et organique entre le renouveau de la liturgie et le renouveau de toute la vie de l'Eglise. L’&Eacute;glise agit dans la liturgie, mais elle s'y exprime aussi, elle vit de la liturgie et elle puise dans la liturgie ses forces vitales&nbsp;&raquo; (Lettre&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/letters/1980/documents/hf_jp-ii_let_19800224_dominicae-cenae.html"><i>Dominicae Cenae</i></a>, 13).</p> 
<p>Afin de favoriser l’acc&egrave;s des fid&egrave;les &agrave; la richesse des dons de gr&acirc;ce dispens&eacute;s par la liturgie sacr&eacute;e, la Constitution&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html"><i>Sacrosanctum Concilium</i></a>&nbsp;indique donc, par une formule tr&egrave;s efficace, la voie &agrave; suivre : &laquo; maintenir la saine tradition et s’ouvrir &agrave; un progr&egrave;s l&eacute;gitime &raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html">SC</a></i>, 23).</p> 
<p>Le pape&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr.html">Beno&icirc;t XVI</a>&nbsp;a per&ccedil;u dans cette d&eacute;claration d’intentions le &laquo; programme de r&eacute;forme &raquo; des P&egrave;res conciliaires, &laquo; en &eacute;quilibre avec la grande tradition liturgique du pass&eacute; et de l’avenir &raquo;, notant que &laquo; bien souvent, on oppose maladroitement tradition et progr&egrave;s &raquo;, alors qu’&laquo; en r&eacute;alit&eacute;, les deux concepts s’int&egrave;grent : la tradition inclut en quelque sorte le progr&egrave;s. En d’autres termes, le fleuve de la tradition porte en lui &eacute;galement sa source et tend vers l’embouchure &raquo; (<a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/speeches/2011/may/documents/hf_ben-xvi_spe_20110506_sant-anselmo.html"><i>Discours aux participants au Colloque &agrave; l’occasion du 50e anniversaire de la fondation de l’Institut pontifical liturgique Saint-Anselme</i></a>, 6 mai 2011).</p> 
<p>Le Concile affirme la l&eacute;gitimit&eacute; de ce progr&egrave;s enracin&eacute; dans l’authentique Tradition, en distinguant, au sein de la liturgie, &laquo; une partie immuable, car d’institution divine &raquo;, des &laquo;&nbsp;parties sujettes au changement qui peuvent varier au cours des &acirc;ges ou m&ecirc;me le doivent, s’il s’y est introduit des &eacute;l&eacute;ments qui correspondent mal &agrave; la nature intime de la liturgie elle-m&ecirc;me, ou si ces parties sont devenues inadapt&eacute;es&nbsp;&raquo; (<a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html"><i>SC</i></a>, 21). Des changements de ce genre se sont produits constamment au fil des si&egrave;cles afin de permettre aux fid&egrave;les une participation fructueuse, par le biais des actions rituelles, au myst&egrave;re pascal du Christ, fondement de la foi chr&eacute;tienne. Le culte de l’&Eacute;glise s’est donc “incarn&eacute;” dans les formes culturelles de chaque &eacute;poque et a &eacute;t&eacute; capable d’influencer celles-ci, voire de les transformer. La liturgie a ainsi &eacute;t&eacute;, pendant des si&egrave;cles, un moteur d’&eacute;vang&eacute;lisation. Aujourd’hui, il faut renouveler cette &eacute;nergie dans la continuit&eacute; de la tradition catholique authentique et vivante, c’est-&agrave;-dire selon une dynamique visant &agrave; introduire les croyants &agrave; la pl&eacute;nitude de la v&eacute;rit&eacute;.</p> 
<p>On comprend alors pourquoi les P&egrave;res conciliaires ont recommand&eacute; que la r&eacute;vision des rites, lorsqu’elle r&eacute;pond &agrave; &laquo; une utilit&eacute; r&eacute;elle et av&eacute;r&eacute;e pour l’&Eacute;glise &raquo;, soit toujours effectu&eacute;e &laquo;&nbsp;apr&egrave;s s’&ecirc;tre bien assur&eacute; que les formes nouvelles sortent des formes d&eacute;j&agrave; existantes par un d&eacute;veloppement en quelque sorte organique.&nbsp;&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html">SC</a></i>, 23). Pour le bien de toute l’&Eacute;glise, toute r&eacute;forme doit &laquo;&nbsp;toujours commencer par une soigneuse &eacute;tude th&eacute;ologique, historique et pastorale&nbsp;&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html">ibid.</a></i>). Le Magist&egrave;re conciliaire invite ainsi &agrave; &eacute;viter de d&eacute;sorienter les fid&egrave;les, en dissuadant quiconque d’ajouter, de retrancher ou de modifier quoi que ce soit, en mati&egrave;re liturgique, de sa propre initiative (cf.&nbsp;<i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html">SC</a></i>, 22). Le progr&egrave;s &eacute;voqu&eacute; par la Constitution conciliaire ne compromet en rien la communion eccl&eacute;siale : il vise plut&ocirc;t &agrave; la confirmer et &agrave; la favoriser.</p> 
<p>J’exhorte donc tous ceux qui sont appel&eacute;s &agrave; pr&eacute;parer la c&eacute;l&eacute;bration des myst&egrave;res divins, en particulier les pr&ecirc;tres qui exercent le minist&egrave;re de la pr&eacute;sidence liturgique, &agrave; toujours garder ce respect des textes et des dispositions de la liturgie qui na&icirc;t d’une attitude int&eacute;rieure de disponibilit&eacute; et de confiance en Dieu, en manifestant de l’humilit&eacute; devant sa grandeur et une fid&eacute;lit&eacute; sinc&egrave;re &agrave; la communion eccl&eacute;siale.</p> 
<p style="text-align: center;">* * *</p> 
<p>Je salue cordialement les personnes de langue fran&ccedil;aise, en particulier les p&egrave;lerins venus du Liban et de France.</p> 
<p>Fr&egrave;res et sœurs, invoquons l’Esprit Saint pour qu’un renouveau liturgique, fid&egrave;le &agrave; la Tradition authentique, consolide la communion eccl&eacute;siale et la pleine participation des fid&egrave;les.</p> 
<p>Que Dieu vous b&eacute;nisse&nbsp;!</p> 
<p>_____________________________________</p> 
<p><b>R&eacute;sum&eacute; de la cat&eacute;ch&egrave;se du Saint-P&egrave;re :&nbsp;</b></p> 
<p>Fr&egrave;res et sœurs, dans la continuit&eacute; de&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/content/pius-xii/la/encyclicals/documents/hf_p-xii_enc_20111947_mediator-dei.html"><i>Mediator Dei</i></a>&nbsp;de&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/content/pius-xii/fr.html">Pie XII</a>, la Constitution&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html"><i>Sacrosanctum Concilium</i></a>&nbsp;du&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm">Concile Vatican II</a>&nbsp;pose les principes fondamentaux pour la r&eacute;forme et le rayonnement de la liturgie. Afin que les fid&egrave;les acc&egrave;dent plus pleinement aux gr&acirc;ces dispens&eacute;es par la liturgie, la Constitution&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html"><i>Sacrosanctum Concilium</i></a>&nbsp;invite &agrave; conserver une tradition saine et &agrave; ouvrir &agrave; un progr&egrave;s l&eacute;gitime. Le Concile affirme la l&eacute;gitimit&eacute; d’un tel progr&egrave;s enracin&eacute; dans la Tradition authentique, en distinguant dans la liturgie ce qui rel&egrave;ve de l’institution divine – immuable – de ce qui est susceptible d’&ecirc;tre modifi&eacute;. Pour permettre une participation fructueuse des fid&egrave;les, le culte de l’&Eacute;glise s’est “incarn&eacute;” dans les formes culturelles de chaque &eacute;poque. La liturgie a ainsi &eacute;t&eacute; un moteur d’&eacute;vang&eacute;lisation. Le Magist&egrave;re invite &agrave; pr&eacute;venir toute d&eacute;sorientation des fid&egrave;les, en rappelant que le renouveau voulu par la Constitution conciliaire ne compromet en rien la communion eccl&eacute;siale. Les pr&ecirc;tres, en particulier, doivent veiller au respect des textes et des r&eacute;glementations de la liturgie.</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Présentation et promulgation de la Lettre encyclique « Magnifica humanitas » (25 mai 2026)]]></title><pubDate>Mon, 25 May 2026 11:30:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260525-presentazione-enciclica.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260525-presentazione-enciclica.html</guid><description><![CDATA[<!-- Mon, 25 May 2026 16:58:43 +0200 --> <p><i>Chers fr&egrave;res et sœurs,</i></p> 
<p>Je voudrais vous remercier tous d’&ecirc;tre pr&eacute;sents ici aujourd’hui et de votre int&eacute;r&ecirc;t. Je remercie sinc&egrave;rement tous ceux qui ont organis&eacute; cette rencontre aujourd’hui, et en particulier ceux qui ont partag&eacute; leurs comp&eacute;tences et leurs exp&eacute;riences dans les diff&eacute;rentes r&eacute;flexions que nous avons &eacute;cout&eacute;es.</p> 
<p>Je voudrais remercier en particulier M. Olah d’avoir accept&eacute; notre invitation. &Agrave; mon tour, au nom de l’&Eacute;glise, j’accepte votre invitation &agrave; marcher ensemble, &agrave; &eacute;couter et &agrave; parler, et &agrave; chercher ensemble le chemin pour l’humanit&eacute; en cette &egrave;re de l’intelligence artificielle.</p> 
<p>Quel grand signe d’esp&eacute;rance que, malgr&eacute; nos diff&eacute;rences, nous puissions nous &eacute;couter les uns les autres. Cet &eacute;change indique clairement la gravit&eacute; du moment, mais aussi la confiance que, ensemble, nous pouvons discerner les questions les plus importantes de notre temps et donc l’avenir de l’humanit&eacute;.</p> 
<p>Aux moments cl&eacute;s de l’histoire, l’&Eacute;glise est appel&eacute;e &agrave; d&eacute;chiffrer les &laquo;choses nouvelles&raquo; &agrave; la lumi&egrave;re de l’&Eacute;vangile et de la dignit&eacute; de l’&ecirc;tre humain. Il y a 135 ans, mon v&eacute;n&eacute;rable pr&eacute;d&eacute;cesseur <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiii/fr.html">L&eacute;on XIII</a> observait la situation des ouvriers des usines, de leurs familles d&eacute;racin&eacute;es et des nouvelles formes de pauvret&eacute; g&eacute;n&eacute;r&eacute;es par la rapide transformation industrielle. Il comprit que l’&Eacute;glise ne pouvait rester &eacute;loign&eacute;e. &Agrave; un tournant historique mena&ccedil;ant la dignit&eacute; humaine, l’Encyclique <i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiii/fr/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_15051891_rerum-novarum.html">Rerum novarum</a></i> exprima sa parole &eacute;vang&eacute;lique et sociale sur les &laquo;choses nouvelles&raquo; en cours.</p> 
<p>Aujourd’hui, nous nous trouvons face &agrave; une transformation d’une ampleur similaire, avec des cons&eacute;quences peut-&ecirc;tre encore plus grandes. L’intelligence artificielle touche d&eacute;j&agrave; de nombreux domaines de notre vie et influence des d&eacute;cisions qui fa&ccedil;onnent la coexistence humaine. Elle transforme &eacute;galement de mani&egrave;re dramatique la fa&ccedil;on dont les guerres sont men&eacute;es.</p> 
<p>Comme le pr&eacute;c&eacute;dent &laquo;<a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiii/fr.html">L&eacute;on</a>&raquo;, je me sens appel&eacute; &agrave; regarder une autre immense transformation avec les yeux de la foi, avec la lucidit&eacute; de la raison, avec une ouverture au myst&egrave;re, et avec les cris des pauvres et de la terre qui r&eacute;sonnent dans mon cœur.</p> 
<p><i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html">Magnifica humanitas</a></i> est n&eacute;e de cette &eacute;coute, comme le fit <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiii/fr.html">L&eacute;on XIII</a>. J’ai &eacute;cout&eacute; des scientifiques et des ing&eacute;nieurs qui travaillent avec un enthousiasme sinc&egrave;re sur des technologies capables de soulager d’immenses souffrances; des responsables politiques et des fonctionnaires publics qui ont recherch&eacute; avec t&eacute;nacit&eacute; des r&egrave;gles justes; des parents et des enseignants profond&eacute;ment pr&eacute;occup&eacute;s pour l’avenir des jeunes g&eacute;n&eacute;rations.</p> 
<p>D’autres voix, tr&egrave;s pr&eacute;occupantes, me sont &eacute;galement parvenues au sujet de syst&egrave;mes d’armes de plus en plus autonomes, qui &eacute;chappent pratiquement &agrave; toute capacit&eacute; humaine de les r&eacute;guler de fa&ccedil;on efficace. J’entends des r&eacute;cits tr&egrave;s pr&eacute;occupants d’algorithmes capables de bloquer l’acc&egrave;s aux soins de sant&eacute;, &agrave; l’emploi et &agrave; la s&eacute;curit&eacute; sur la base de donn&eacute;es teint&eacute;es de pr&eacute;jug&eacute;s et d’injustice. Et j’ai entendu le silence de ceux qui n’ont pas de voix lorsque des d&eacute;cisions sont prises — des d&eacute;cisions susceptibles d’engendrer de nouvelles formes d’exclusion et de souffrance.</p> 
<p>De cette &eacute;coute a m&ucirc;ri une conviction troublante exprim&eacute;e dans <i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html">Magnifica humanitas</a></i>: l’intelligence artificielle doit &ecirc;tre d&eacute;sarm&eacute;e. Le mot est fort, je le sais, mais il a &eacute;t&eacute; choisi d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment, parce que ce moment exige des paroles capables d’attirer l’attention, de r&eacute;veiller les consciences et d’indiquer le chemin &agrave; suivre pour l’humanit&eacute;.</p> 
<p>L’&Eacute;glise œuvre depuis longtemps pour le d&eacute;sarmement nucl&eacute;aire, consciente que tout grand pouvoir technique peut affecter la vie des personnes et doit donc &ecirc;tre accompagn&eacute; d’un discernement moral ad&eacute;quat et d’un contr&ocirc;le public. Le d&eacute;sarmement nucl&eacute;aire demeure un service &agrave; la paix et &agrave; la dignit&eacute; de la famille humaine.</p> 
<p>De la m&ecirc;me fa&ccedil;on, l’intelligence artificielle exige aujourd’hui d’&ecirc;tre &laquo;d&eacute;sarm&eacute;e&raquo;, lib&eacute;r&eacute;e des logiques qui la transforment en instrument de domination, d’exclusion et de mort. Comme l’&eacute;nergie nucl&eacute;aire, elle doit &ecirc;tre au service de tous et du bien commun. Les d&eacute;cisions concernant la technologie ne doivent jamais &ecirc;tre s&eacute;par&eacute;es de la conscience et de la responsabilit&eacute;. &laquo;Ne nous endormons pas, comme font les autres&raquo;, avertissait l’ap&ocirc;tre Paul, &laquo;mais restons &eacute;veill&eacute;s&raquo; (1 Th 5, 6). Une telle vigilance est n&eacute;cessaire aujourd’hui. La paix, qui n’est pas seulement l’absence de guerre, est la justice &agrave; l’œuvre. Mais lorsque la technologie affaiblit notre sens critique, la paix elle-m&ecirc;me est en danger.</p> 
<p>D&eacute;sarmer, cependant, ne suffit pas. Nous devons construire.</p> 
<p>Le mot &laquo;construire&raquo; me rappelle mes ann&eacute;es comme missionnaire au P&eacute;rou. En 2017, des pluies torrentielles et des inondations frapp&egrave;rent le nord du pays: de nombreuses familles virent leurs maisons englouties par la boue, ainsi que de nombreuses routes. L&agrave;, j’ai appris que reconstruire ne signifie pas simplement remplacer ce qui a &eacute;t&eacute; d&eacute;truit. Cela signifie r&eacute;parer les liens, restaurer la confiance et r&eacute;veiller l’esp&eacute;rance en l’avenir. De plus, personne ne reconstruit seul.</p> 
<p>Dans <i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html">Magnifica humanitas</a></i>, je parle du proph&egrave;te biblique N&eacute;h&eacute;mie. Devant les murs d&eacute;truits de J&eacute;rusalem, il rassemble un peuple d&eacute;courag&eacute; afin de donner lieu &agrave; une renaissance. L’image des murs ne l&eacute;gitime pas les fermetures ni les divisions, mais invite chacun &agrave; apporter sa contribution. Brique apr&egrave;s brique, une coexistence plus juste prend forme, capable de sauvegarder la dignit&eacute; de tous. L’effort de N&eacute;h&eacute;mie parle &agrave; notre temps. L’intelligence artificielle peut devenir un chantier de l’histoire inscrit dans un horizon de communion, o&ugrave; le progr&egrave;s technique apprend &agrave; servir la vie humaine.</p> 
<p>&laquo;Que chacun prenne garde &agrave; la mani&egrave;re dont il b&acirc;tit&raquo; (1 Co 3, 10), avertit saint Paul. Il ne craint pas le chantier; il met plut&ocirc;t en garde contre une construction sans fondations solides. N’ayons pas peur de l’intelligence artificielle, mais gardons toujours &agrave; l’esprit la question de l’humain. Nous ne pouvons pas &ecirc;tre n&eacute;gligents avec nos instruments techniques les plus puissants.</p> 
<p>Le vrai d&eacute;veloppement, affirme <a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr.html">saint Paul VI</a>, concerne toujours &laquo;tout homme et tout l’homme&raquo;. &laquo;Tout homme&raquo; signifie qu’aucune personne ne doit &ecirc;tre laiss&eacute;e en marge de la transformation num&eacute;rique. &laquo;Tout l’homme&raquo; signifie que personne ne doit &ecirc;tre r&eacute;duit &agrave; sa productivit&eacute;, &agrave; ses performances cognitives ou &agrave; de simples donn&eacute;es. La personne porte en elle une libert&eacute;, une int&eacute;riorit&eacute; et une vocation &agrave; aimer et &agrave; adorer qu’aucune machine ne peut remplacer ni emp&ecirc;cher.</p> 
<p>Ce n’est qu’&agrave; travers une telle vision int&eacute;grale que l’intelligence artificielle peut &ecirc;tre orient&eacute;e vers le bien commun. Ce n’est qu’ensemble — ceux qui con&ccedil;oivent les syst&egrave;mes et ceux qui en subissent les effets, les pays les plus riches et les pays plus pauvres, les institutions et les personnes, les centres de pouvoir et les p&eacute;riph&eacute;ries — que nous pourrons construire un avenir non pour quelques privil&eacute;gi&eacute;s, mais pour toute la famille humaine.</p> 
<p>Telle est la civilisation de l’amour dont parlait <a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr.html">saint Paul VI</a> et que saint <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr.html">Jean-Paul II</a> proclamait avec tant de force comme horizon &agrave; rechercher ensemble. Ce n’est pas un r&ecirc;ve na&iuml;f. C’est une direction. C’est le chemin que J&eacute;sus-Christ ouvre dans l’histoire.</p> 
<p>C’est pourquoi l’&Eacute;glise souhaite, avec humilit&eacute; et franchise, participer aux discussions sur l’intelligence artificielle. Nous ne poss&eacute;dons pas de r&eacute;ponses techniques et nous ne cherchons pas &agrave; remplacer ceux qui poss&egrave;dent des comp&eacute;tences. Mais nous apportons une sagesse concernant l’&ecirc;tre humain dont notre &eacute;poque a d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment besoin: chaque personne est unique et irrempla&ccedil;able, sujet libre et intelligent dot&eacute; d’une conscience, capable de chercher Dieu, de servir les autres et de prendre soin de notre maison commune.</p> 
<p>J’invite donc tous les membres de l’&Eacute;glise et de la famille humaine: apprenons &agrave; nous &eacute;couter les uns les autres, affrontons les d&eacute;fis actuels avec courage et coop&eacute;rons &agrave; l’&eacute;dification d’une soci&eacute;t&eacute; plus humaine et plus fraternelle.</p> 
<p>De cette pr&eacute;sentation de <i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html">Magnifica humanitas</a></i>, emportez s’il vous pla&icirc;t avec vous un engagement &agrave; demeurer &eacute;veill&eacute;s et, en tant qu’&laquo;artisans d’esp&eacute;rance&raquo;, &agrave; continuer de construire le chantier de notre temps. Puisse l’Esprit du Seigneur J&eacute;sus ressuscit&eacute; soutenir notre travail commun.</p> 
<p>Je confie chacun de vous &agrave; notre M&egrave;re Marie. Son <i>Magnificat</i> chante la grandeur de Dieu qui &eacute;l&egrave;ve les humbles. Qu’elle nous apprenne &agrave; reconna&icirc;tre la v&eacute;ritable grandeur de chaque homme et de chaque femme dans l’amour et le service. Que le Seigneur rende f&eacute;conde la grande œuvre que nous confions aujourd’hui &agrave; sa gr&acirc;ce, en faisant m&ucirc;rir dans l’histoire la civilisation de l’amour.</p> 
<p>&nbsp;Sur vous tous, j’invoque de tout cœur la b&eacute;n&eacute;diction de Dieu.</p> 
<p><i>B&eacute;n&eacute;diction</i>.</p> 
<p>Merci beaucoup.</p> 
<p>__________________________<br /> <i>L'Osservatore Romano</i></p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Aux membres de l'Intergroupe « Démographie » du Parlement européen (25 mai 2026)]]></title><pubDate>Mon, 25 May 2026 11:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260525-intergruppo-demografia.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260525-intergruppo-demografia.html</guid><description><![CDATA[<!-- Tue, 26 May 2026 13:06:06 +0200 --> <p>Au nom du P&egrave;re, du Fils et du Saint-Esprit. La paix soit avec vous.</p> 
<p><i>Bonjour &agrave; tous et bienvenue!</i></p> 
<p>Je suis heureux d’accueillir les membres de l’Intergroupe &laquo;D&eacute;mographie&raquo; du Parlement europ&eacute;en, ainsi que la Commissaire europ&eacute;enne pour la M&eacute;diterran&eacute;e, la ministre italienne de la Famille, la Natalit&eacute; et l’&Eacute;galit&eacute; des chances, et la repr&eacute;sentante sp&eacute;ciale de l’OSCE sur le changement d&eacute;mographique et la s&eacute;curit&eacute;, &agrave; l’occasion de votre conf&eacute;rence sur la famille et la d&eacute;mographie.</p> 
<p>En tant que repr&eacute;sentants de vos peuples respectifs, refl&eacute;tant une pluralit&eacute; d’opinions politiques au sein des &Eacute;tats membres de l’Union europ&eacute;enne, votre attention &agrave; la question d&eacute;mographique du continent est certainement opportune, car ce th&egrave;me repr&eacute;sente un d&eacute;fi urgent ayant des implications concr&egrave;tes pour des millions de personnes et leurs familles dans &laquo;ce qui est en train de devenir le vieux Continent, non plus en raison de son histoire glorieuse, mais en raison de son &acirc;ge avanc&eacute;&raquo;, comme le soulignait souvent le&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr.html">Pape Fran&ccedil;ois</a>&nbsp;(<a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2021/may/documents/papa-francesco_20210514_statigenerali-natalita.html">Discours aux &Eacute;tats g&eacute;n&eacute;raux de la natalit&eacute;</a>, 14 mai 2021). Les probl&egrave;mes r&eacute;sultant d’une d&eacute;mographie &agrave; croissance z&eacute;ro sont nombreux et complexes et incluent notamment la pand&eacute;mie de la solitude. De plus, les donn&eacute;es d&eacute;mographiques ne sont pas de simples statistiques, mais parlent de paternit&eacute;, de maternit&eacute; et d’enfants. Et les enfants sont l’avenir! Pourtant, parler de l’avenir renvoie &agrave; un d&eacute;veloppement int&eacute;gral et durable, qui est s&eacute;rieusement entrav&eacute;, sans solidarit&eacute; entre les g&eacute;n&eacute;rations (cf.&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060526_compendio-dott-soc_fr.html">Compendium de la doctrine sociale de l’&Eacute;glise</a>, n. 195). Malheureusement, une telle solidarit&eacute; exige un &eacute;quilibre interg&eacute;n&eacute;rationnel qui fait actuellement d&eacute;faut en Europe.</p> 
<p>En outre, au cours des derni&egrave;res d&eacute;cennies, nous pouvons constater que le rejet de l’inspiration chr&eacute;tienne des p&egrave;res fondateurs des institutions de l’Union europ&eacute;enne a conduit &agrave; une p&eacute;riode de st&eacute;rilit&eacute; dramatique, non seulement parce que trop de personnes ont &eacute;t&eacute; priv&eacute;es du droit de na&icirc;tre, mais aussi parce que l’on a &eacute;chou&eacute; &agrave; transmettre les outils mat&eacute;riels et culturels dont les jeunes ont besoin pour affronter l’avenir (cf. Pape Fran&ccedil;ois,&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2017/october/documents/papa-francesco_20171028_conferenza-comece.html">Discours aux participants au dialogue &laquo;(Re)penser l’Europe: une contribution chr&eacute;tienne &agrave; l’avenir du projet europ&eacute;en&raquo;</a>, 28 octobre 2017). Par cons&eacute;quent, nous sommes souvent confront&eacute;s aux affirmations contradictoires de pr&eacute;tendues politiques favorables &agrave; la famille qui promeuvent dans le m&ecirc;me temps la discrimination contre la maternit&eacute;, exaltent l’avortement comme droit et minent les fondements m&ecirc;mes du d&eacute;sir de fonder une famille. Heureusement, il existe aujourd’hui parmi nous de merveilleuses exceptions!</p> 
<p>Il est donc urgent qu’un large &eacute;ventail d’institutions acad&eacute;miques, politiques et sociales &eacute;tudient et affrontent toutes ces questions de mani&egrave;re coordonn&eacute;e. Le d&eacute;fi d&eacute;mographique constitue un tournant crucial pour l’avenir anthropologique, social et &eacute;conomique de l’Europe. Votre engagement, r&eacute;unissant des membres de tous partis, peut en effet jouer un r&ocirc;le vital et constitue un cadre id&eacute;al pour explorer des voies capables d’engendrer des id&eacute;es innovantes, dont l’Europe et le monde ont d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment besoin. Un tel dialogue doit inclure non seulement les diff&eacute;rentes institutions et les gouvernements europ&eacute;ens, mais aussi l’ensemble de la soci&eacute;t&eacute; civile, dont les chr&eacute;tiens font partie int&eacute;grante.</p> 
<p>Au cœur de ces d&eacute;fis pressants, et &agrave; la cl&eacute; de leur solution, se trouvent la dignit&eacute; fondamentale de toutes les personnes et le r&ocirc;le de la famille dans la soci&eacute;t&eacute;. Comme le rappelait <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr.html">saint Jean-Paul II</a>, &laquo;la famille est la premi&egrave;re &eacute;cole, l’&eacute;cole fondamentale de la vie sociale&raquo; (<a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/apost_exhortations/documents/hf_jp-ii_exh_19811122_familiaris-consortio.html">Familiaris consortio</a>, n. 43) et elle est fond&eacute;e sur le mariage entre un homme et une femme, une r&eacute;alit&eacute; qui unit les dimensions personnelle et publique. &Agrave; la lumi&egrave;re de cela, vos discussions ont &eacute;galement pour mission de promouvoir la responsabilit&eacute; partag&eacute;e et le r&ocirc;le actif des familles dans la vie sociale, politique et culturelle (cf.&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2025/september/documents/20250919-incontro.html">Discours aux participants &agrave; la rencontre promue par le CELAM, l’Acad&eacute;mie pontificale pour la Vie et l’Institut Jean-Paul II</a>, 19 septembre 2025). Car ce n’est qu’en respectant et en promouvant cette place centrale de la famille, et en appliquant le principe de subsidiarit&eacute;, qu’il est possible d’&eacute;viter les deux extr&ecirc;mes de l’intervention excessive de l’&Eacute;tat et de l’individualisme.</p> 
<p>Enfin, cette approche ne consiste pas &agrave; revenir &agrave; des mod&egrave;les sociaux du pass&eacute;, mais &agrave; offrir aux hommes et aux femmes de notre temps les principes immuables qui peuvent certainement les guider pour r&eacute;pondre aux questions fondamentales pos&eacute;es &agrave; chaque &eacute;poque: quel est le sens et la valeur de la vie humaine; qu’est-ce qu’une soci&eacute;t&eacute; humaine authentique; et quel type de monde voulons-nous transmettre aux g&eacute;n&eacute;rations futures. &Agrave; cet &eacute;gard, les politiques nationales et europ&eacute;ennes doivent &ecirc;tre &eacute;labor&eacute;es et formul&eacute;es en partenariat avec la soci&eacute;t&eacute; civile. Je voudrais souligner ici que la coop&eacute;ration de l’Intergroupe avec la F&eacute;d&eacute;ration des Associations familiales catholiques en Europe (FAFCE) et avec la Commission des &eacute;piscopats de l’Union europ&eacute;enne (COMECE) offre un excellent exemple de la mani&egrave;re dont diff&eacute;rentes entit&eacute;s — chacune dans son propre domaine de comp&eacute;tence — peuvent travailler ensemble afin de garantir des changements efficaces qui am&eacute;lioreront la qualit&eacute; de vie pour tous. Telle est l’impulsion que les chr&eacute;tiens apportent au projet europ&eacute;en, afin que les politiques consid&egrave;rent les personnes humaines dans leur int&eacute;gralit&eacute; et promeuvent toujours la dignit&eacute; des &ecirc;tres humains. De cette fa&ccedil;on, un chemin v&eacute;ritablement humain pourra s’ouvrir pour r&eacute;soudre la crise d&eacute;mographique, orient&eacute; vers le bien commun et le bien-&ecirc;tre des g&eacute;n&eacute;rations futures. En effet, seul un nouveau souffle printanier pour la famille peut transformer le froid hivernal de nos populations vieillissantes!</p> 
<p>Avec ces r&eacute;flexions, je prie pour que vous poursuiviez vos efforts essentiels pour promouvoir les familles et la dignit&eacute; de toute personne. En offrant &agrave; chacun de vous mes vœux les plus sinc&egrave;res, j’invoque sur vous et sur vos proches l’abondance des b&eacute;n&eacute;dictions de Dieu tout-puissant. Merci.</p> 
<p>________________________________<br /> <i>L'Osservatore Romano</i></p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Regina Caeli, 24 mai 2026, solennité de la Pentecôte]]></title><pubDate>Sun, 24 May 2026 12:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/angelus/2026/documents/20260524-regina-caeli.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/angelus/2026/documents/20260524-regina-caeli.html</guid><description><![CDATA[<!-- Sun, 24 May 2026 13:08:33 +0200 --> <p><i>Chers fr&egrave;res et sœurs, bon dimanche&nbsp;!</i></p> 
<p>En cette <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/5/24/pentecoste.html">solennit&eacute; de la Pentec&ocirc;te</a>, nous sommes appel&eacute;s &agrave; contempler le don du Saint-Esprit, r&eacute;pandu en abondance sur l’&Eacute;glise naissante et, aujourd’hui, de nouveau offert &agrave; ses membres, comme lumi&egrave;re et force qui les accompagnent dans toutes les situations de la vie.</p> 
<p>Nous pouvons nous attarder sur une image de l’Esprit que nous offre la liturgie d’aujourd’hui&nbsp;:&nbsp;<i>l’Esprit ouvre les portes</i>. L’&Eacute;vangile nous dit en effet que &laquo;&nbsp;les portes du lieu o&ugrave; se trouvaient les disciples &eacute;taient verrouill&eacute;es par crainte des Juifs&nbsp;&raquo; (<i>Jn</i>&nbsp;20, 19) et, dans le m&ecirc;me temps, le Livre des Actes des Ap&ocirc;tres nous relate que l’Esprit arrive comme un vent imp&eacute;tueux (cf.&nbsp;<i>Ac</i>&nbsp;2, 2), qu’il ouvre ces portes, pousse les disciples &agrave; sortir et &agrave; annoncer la Bonne Nouvelle du Christ ressuscit&eacute;.</p> 
<p>Nous pouvons encore nous demander aujourd’hui&nbsp;:&nbsp;<i>quelles portes le Saint-Esprit ouvre-t-il&nbsp;?</i></p> 
<p>La premi&egrave;re porte est celle de Dieu lui-m&ecirc;me, en ce sens qu’elle nous ouvre l’acc&egrave;s au myst&egrave;re de Dieu, tel qu’il s’est r&eacute;v&eacute;l&eacute; en J&eacute;sus-Christ. Par le don de son Esprit, Dieu nous donne la vraie foi, nous fait comprendre le sens des &Eacute;critures, se fait conna&icirc;tre comme un proche et nous permet de participer &agrave; sa propre vie. Le Saint-Esprit nous aide &agrave; faire une exp&eacute;rience personnelle de Dieu, &agrave; le rencontrer en J&eacute;sus et non seulement dans l’observance d’une loi, &agrave; le reconna&icirc;tre en nous et &agrave; d&eacute;couvrir les signes de sa pr&eacute;sence dans la vie quotidienne.</p> 
<p>La deuxi&egrave;me porte est celle du C&eacute;nacle, c’est-&agrave;-dire celle de l’&Eacute;glise. Sans le feu de l’Esprit, l’&Eacute;glise reste prisonni&egrave;re de la peur, craintive face aux d&eacute;fis du monde, repli&eacute;e sur elle-m&ecirc;me et incapable d’entrer en dialogue avec une &eacute;poque en mutation. L’Esprit ouvre les portes de l’&Eacute;glise afin qu’elle soit accueillante envers tous, m&ecirc;me envers ceux qui ont ferm&eacute; leurs portes &agrave; Dieu, aux autres, &agrave; l’esp&eacute;rance, &agrave; la joie de vivre. Comme le rappelait le <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/5/24/pentecoste.html">Pape Fran&ccedil;ois</a>, nous sommes appel&eacute;s &agrave; &ecirc;tre &laquo;&nbsp;une &Eacute;glise qui b&eacute;nit et encourage […]. L’&Eacute;glise des portes ouvertes &agrave; tous&nbsp;&raquo; (<a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/homilies/2023/documents/20231004-omelia-nuovi-cardinali.html"><i>Hom&eacute;lie de la messe d’ouverture de l’Assembl&eacute;e G&eacute;n&eacute;rale Ordinaire du Synode des &Eacute;v&ecirc;ques</i></a>, 4 octobre 2023).</p> 
<p>Enfin, le Saint-Esprit ouvre les portes de nos cœurs, en nous aidant &agrave; surmonter les r&eacute;sistances, les &eacute;go&iuml;smes, les m&eacute;fiances et les pr&eacute;jug&eacute;s, et en nous rendant capables de vivre comme des enfants de Dieu et des fr&egrave;res les uns pour les autres. L&agrave; o&ugrave; r&eacute;side l’Esprit du Seigneur, na&icirc;t la fraternit&eacute; entre les personnes, les groupes, les peuples de la Terre, et tous parlent la seule langue de l’amour qui unit et harmonise les diversit&eacute;s.</p> 
<p>Fr&egrave;res et sœurs, aujourd’hui encore, et tout particuli&egrave;rement en ce jour de Pentec&ocirc;te, nous devons invoquer le Saint-Esprit afin qu’il ouvre toutes les portes qui restent encore ferm&eacute;es. Nous avons besoin de red&eacute;couvrir Dieu comme un P&egrave;re qui nous aime, d’&eacute;difier une &Eacute;glise o&ugrave; chacun se sente chez soi et de faire cro&icirc;tre un monde fraternel, dans lequel r&egrave;gne la paix entre tous les peuples.</p> 
<p>Comme les premiers disciples, ayons confiance dans l’intercession de la Vierge Marie, Demeure de l’Esprit Saint et M&egrave;re de l’&Eacute;glise.</p> 
<p>___________________________</p> 
<p><b>&Agrave; l'issue de l'<i>Ang&eacute;lus</i></b></p> 
<p>Chers fr&egrave;res et sœurs,</p> 
<p>nous c&eacute;l&eacute;brons aujourd’hui la Journ&eacute;e de Pri&egrave;re pour l’&Eacute;glise en Chine, en la m&eacute;moire liturgique de la Bienheureuse Vierge Marie, Secours des chr&eacute;tiens, v&eacute;n&eacute;r&eacute;e avec une tr&egrave;s grande d&eacute;votion au sanctuaire de Sheshan, &agrave; Shanghai. Unissons notre pri&egrave;re &agrave; celle des catholiques chinois, en signe de notre affection pour eux et de leur communion avec l’&Eacute;glise universelle et avec le Successeur de Pierre. Que l’intercession de la Reine du Ciel obtienne &agrave; la communaut&eacute; des croyants en Chine la gr&acirc;ce de l’unit&eacute; et donne &agrave; tous la force de t&eacute;moigner de l’&Eacute;vangile dans leurs efforts quotidiens, afin d’&ecirc;tre une semence d’esp&eacute;rance et de paix. En particulier, j’invoque la paix &eacute;ternelle pour les victimes de l’accident survenu ces derniers jours dans une mine au Nord de la Chine.</p> 
<p>Confions &eacute;galement &agrave; la Tr&egrave;s Sainte Vierge Marie, Secours des chr&eacute;tiens, les communaut&eacute;s chr&eacute;tiennes de la Terre Sainte, du Liban et de tout le Moyen-Orient qui souffrent &agrave; cause de la guerre.</p> 
<p>Et maintenant, j’adresse mon salut &agrave; vous tous, fid&egrave;les de Rome et p&egrave;lerins venus de diff&eacute;rents pays&nbsp;!</p> 
<p>Je salue tout particuli&egrave;rement le groupe de personnes en situation de handicap venu de Pologne, ainsi que les p&egrave;lerins qui sont venus &agrave; v&eacute;lo depuis Kelmis, en Belgique. Bravo&nbsp;!</p> 
<p>Je souhaite &agrave; tous un bon dimanche de Pentec&ocirc;te.</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Dimanche de la Pentecôte – Messe (24 mai 2026)]]></title><pubDate>Sun, 24 May 2026 10:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/homilies/2026/documents/20260524-pentecoste.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/homilies/2026/documents/20260524-pentecoste.html</guid><description><![CDATA[<!-- Sun, 24 May 2026 11:02:28 +0200 --> <p><i>Chers fr&egrave;res et sœurs,</i></p> 
<p>aujourd’hui le temps pascal trouve en cette solennit&eacute; de la Pentec&ocirc;te, son accomplissement. Pour mettre en lumi&egrave;re l’unit&eacute; de cet &eacute;v&eacute;nement du salut, l’&Eacute;vangile nous ram&egrave;ne au “premier jour de la semaine” (cf.&nbsp;<i>Jn</i>&nbsp;20, 19), c’est-&agrave;-dire &agrave; ce jour nouveau o&ugrave; J&eacute;sus ressuscit&eacute; appara&icirc;t aux disciples en leur montrant &laquo;&nbsp;ses mains et son c&ocirc;t&eacute;&nbsp;&raquo; (v. 20). Le Seigneur r&eacute;v&egrave;le son corps glorieux, pr&eacute;cis&eacute;ment ses plaies, les blessures de la crucifixion. Ces signes de la Passion, plus &eacute;loquents que tout discours, sont transfigur&eacute;s&nbsp;: Celui qui &eacute;tait mort vit &agrave; jamais.</p> 
<p>En voyant le Seigneur, les disciples, eux aussi, reprennent vie&nbsp;: ils s’&eacute;taient enferm&eacute;s dans le C&eacute;nacle, remplis de peur, mais J&eacute;sus y entre malgr&eacute; les portes ferm&eacute;es et les comble de joie. Il passe &agrave; travers notre mort, ouvre le tombeau et l’ouvre en grand l&agrave; o&ugrave;, pour nous, il n’y avait plus d’issue. &Agrave; son geste, le Christ joint la parole&nbsp;: &laquo;&nbsp;La paix soit avec vous&nbsp;&raquo; (v. 19)&nbsp;; et aussit&ocirc;t apr&egrave;s, il souffle sur les disciples le Saint-Esprit. Le Ressuscit&eacute; est plein de vie&nbsp;: apr&egrave;s avoir manifest&eacute; la vie du corps, en tant que vrai homme, il donne celle de Dieu, comme Fils aim&eacute; du P&egrave;re, devenu pour nous fr&egrave;re et R&eacute;dempteur. Dans ce m&ecirc;me c&eacute;nacle o&ugrave; il a institu&eacute; l’alliance nouvelle et &eacute;ternelle, J&eacute;sus r&eacute;pand l’Esprit&nbsp;: le lieu du repas et de la trahison se transforme et, de tombeau des Ap&ocirc;tres, devient pour toute l’&Eacute;glise la motrice de r&eacute;surrection. C’est pourquoi la Pentec&ocirc;te est une f&ecirc;te pascale et la f&ecirc;te du corps du Christ, que nous sommes par gr&acirc;ce.</p> 
<p>En c&eacute;l&eacute;brant ce myst&egrave;re, je voudrais m’arr&ecirc;ter sur quelques aspects.</p> 
<p>Tout d’abord,&nbsp;<i>l’Esprit du Ressuscit&eacute; est l’Esprit de la paix</i>. En effet, dans sa P&acirc;que, le Christ fait la paix entre Dieu et l’humanit&eacute;, et le Saint-Esprit l’insuffle dans les cœurs et la r&eacute;pand dans le monde. Cette paix vient du pardon et nous conduit au pardon&nbsp;: elle commence par le pardon donn&eacute; par J&eacute;sus lui-m&ecirc;me qui a &eacute;t&eacute; trahi, condamn&eacute; et crucifi&eacute; par nous. En nous surprenant par son amour, c’est Lui-m&ecirc;me, le Ressuscit&eacute;, qui dit&nbsp;: &laquo;&nbsp;&Agrave; qui vous remettrez ses p&eacute;ch&eacute;s, ils seront remis&nbsp;&raquo; (<i>Jn</i>&nbsp;20, 23). Par ces paroles, J&eacute;sus nous confie une œuvre divine, car seul Dieu peut pardonner les p&eacute;ch&eacute;s (cf.&nbsp;<i>Mc</i>&nbsp;2, 7). Cette autorit&eacute; est donn&eacute;e en signe d’une r&eacute;conciliation universelle&nbsp;: le Seigneur r&eacute;pand l’Esprit de paix d’un bout &agrave; l’autre de l’histoire, car Celui qui a rachet&eacute; tous les hommes de la mort n’exclut personne. Le Saint-Esprit, en effet, est Seigneur et donne la vie depuis le commencement de la cr&eacute;ation lorsqu’Il planait sur les eaux (cf.&nbsp;<i>Gn</i>&nbsp;1, 2), et maintenant, par sa r&eacute;demption, Il change l’histoire du monde&nbsp;: vraiment, la Pentec&ocirc;te s’accomplit comme la f&ecirc;te de la Nouvelle Alliance, c’est-&agrave;-dire de l’alliance entre Dieu et tous les peuples de la terre. Tandis que le fracas venu du ciel, le vent et les langues de feu dans le C&eacute;nacle rappellent les signes anciens du Sina&iuml; (cf.&nbsp;<i>Ac</i>&nbsp;2, 2-3&nbsp;;&nbsp;<i>Ex</i>&nbsp;19, 16-19), la loi sainte de Dieu s’&eacute;crit dans les cœurs, grav&eacute;e par l’Esprit avec des lettres d’amour dans la chair du Christ et dans son corps, qui est l’&Eacute;glise.</p> 
<p>Cette loi est le code de la paix&nbsp;: c’est le double commandement de l’amour que l’Esprit nous rappelle &agrave; chaque battement de cœur. Avec notre cœur, nous pouvons donc implorer&nbsp;: “<i>Veni Sancte Spiritus</i>”, car Il nous a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; donn&eacute;. Nous pouvons le d&eacute;sirer, car il nous a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; promis. Nous pouvons l’accueillir, car Lui-m&ecirc;me est le doux h&ocirc;te de nos &acirc;mes.</p> 
<p>Un deuxi&egrave;me aspect&nbsp;:&nbsp;<i>l’Esprit du Ressuscit&eacute; est l’Esprit de la mission&nbsp;</i>: &laquo;&nbsp;De m&ecirc;me que le P&egrave;re m’a envoy&eacute;, moi aussi, je vous envoie&nbsp;&raquo; (<i>Jn</i>&nbsp;20, 21). Nous sommes ainsi associ&eacute;s &agrave; la mission de J&eacute;sus&nbsp;: celle de Celui qui sort de Dieu et retourne &agrave; Dieu par la puissance de l’Esprit qui proc&egrave;de du P&egrave;re et du Fils, avec eux est ador&eacute; et glorifi&eacute;, Dieu unique. Le Saint-Esprit est la charit&eacute; vivante du Christ qui nous impr&egrave;gne, nous stimule et nous soutient dans la mission (cf.&nbsp;<i>2 Co</i>&nbsp;5, 14). Tout en donnant aux Ap&ocirc;tres le pouvoir de s’exprimer dans la diversit&eacute; des langues (cf.&nbsp;<i>Ac</i>&nbsp;2, 4), ce m&ecirc;me Esprit enseigne &agrave; l’humanit&eacute; la parole du salut. Maintenant que les Ap&ocirc;tres ont re&ccedil;u en eux le Souffle du Ressuscit&eacute;, cette annonce sort de leur bouche, elle a la voix de Pierre et de tous ceux qui sont avec lui. C’est pr&eacute;cis&eacute;ment le jour de la Pentec&ocirc;te que les Ap&ocirc;tres commencent &agrave; annoncer J&eacute;sus, crucifi&eacute; et ressuscit&eacute;&nbsp;: les &laquo;&nbsp;merveilles de Dieu&nbsp;&raquo; (<i>Ac</i>&nbsp;2, 11) r&eacute;capitulent la r&eacute;demption qui commence par la foi. En effet, la premi&egrave;re œuvre du Saint-Esprit en nous est la foi par laquelle nous professons&nbsp;: &laquo;&nbsp;J&eacute;sus est Seigneur&nbsp;!&nbsp;&raquo; (<i>1 Co</i>&nbsp;12, 3). Cette foi vit et s’exprime dans chaque bonne action, dans chaque acte de mis&eacute;ricorde et de vertu. Ainsi nous sommes l’œuvre de Dieu&nbsp;: nous qui sommes venus ici aujourd’hui des quatre coins du monde, invit&eacute;s &agrave; la table du Seigneur, rassembl&eacute;s pour &eacute;couter sa parole et envoy&eacute;s pour en t&eacute;moigner partout.</p> 
<p>Bien-aim&eacute;s, nous sommes v&eacute;ritablement participants de l’&Eacute;vangile&nbsp;: toute l’&Eacute;glise en est la protagoniste, et non seulement la gardienne. Avec la force de l’Esprit, notre annonce devient pleine de joie et d’esp&eacute;rance, car nous sommes pr&eacute;cis&eacute;ment la nouveaut&eacute; du monde, la lumi&egrave;re et le sel de la terre (cf.&nbsp;<i>Mt</i>&nbsp;5, 13-14). Ce n’est certainement ni par notre m&eacute;rite ni par privil&egrave;ge, mais par la parole du Seigneur qui sanctifie le p&eacute;cheur, gu&eacute;rit le l&eacute;preux, et fait de celui qui l’a reni&eacute; un ap&ocirc;tre. D’un c&ocirc;t&eacute; – nous le voyons bien –, il y a des changements qui ne renouvellent pas le monde, mais le font vieillir au milieu des erreurs et des violences. Par ailleurs, le Saint-Esprit illumine les esprits et suscite dans les cœurs de nouvelles &eacute;nergies de vie. C’est ainsi qu’Il transfigure l’histoire en l’ouvrant au salut, c’est-&agrave;-dire au don que l’unique Seigneur partage avec tous. La mission de l’&Eacute;glise atteste ce partage, transformant la confusion du monde en communion avec Dieu et entre nous.</p> 
<p>Cette mission commence en proclamant la v&eacute;rit&eacute; sur Dieu et sur l’homme, car l’<i>Esprit du Ressuscit&eacute; est l’&laquo;&nbsp;Esprit de v&eacute;rit&eacute;&nbsp;&raquo;</i>&nbsp;(<i>Jn</i>&nbsp;14, 17). Le Seigneur lui-m&ecirc;me nous l’a promis, en demandant l’unit&eacute; pour son &Eacute;glise, une unit&eacute; fond&eacute;e sur l’amour de Dieu, source de notre amour. L’Esprit, qui a parl&eacute; par la bouche des proph&egrave;tes, favorise toujours l’unit&eacute; dans la v&eacute;rit&eacute;, car Il suscite en nous la compr&eacute;hension, la concorde et la coh&eacute;rence de vie. Comme l’enseigne saint Augustin, “le Saint-Esprit a voulu que ce f&ucirc;t l&agrave; le signe de sa pr&eacute;sence” (cf.&nbsp;<i>Discours</i>&nbsp;269, 1)&nbsp;: le don des langues qui se comprennent dans la foi unique. Le Paraclet nous d&eacute;fend alors contre tout ce qui fait obstacle &agrave; cette entente&nbsp;: contre les sectarismes, les hypocrisies, les modes qui obscurcissent la lumi&egrave;re de l’&Eacute;vangile. La v&eacute;rit&eacute; que Dieu nous donne reste ainsi une parole lib&eacute;ratrice pour tous les peuples, un message qui transforme de l’int&eacute;rieur chaque culture.</p> 
<p>En effet, L’Esprit du Ressuscit&eacute; ne se r&eacute;pand pas une fois pour toutes, mais constamment. Tout comme l’Eucharistie est la pr&eacute;sence vivante du Christ qui nous nourrit sans cesse, de m&ecirc;me le Saint-Esprit imprime en nous son caract&egrave;re dans le Bapt&ecirc;me qui fait de nous des chr&eacute;tiens&nbsp;; dans la Confirmation qui fait de nous des t&eacute;moins&nbsp;; dans l’Ordre qui constitue des ministres et des pasteurs pour le peuple de Dieu. Dans chaque sacrement, Il est le&nbsp;<i>dator munerum</i>, la source de saintet&eacute; qui accro&icirc;t les dons et les charismes dans la pri&egrave;re, dans les œuvres de mis&eacute;ricorde, dans l’&eacute;tude de la parole de Dieu. Comme l’enseigne l’Ap&ocirc;tre&nbsp;: &laquo;&nbsp;&Agrave; chacun est donn&eacute;e la manifestation de l’Esprit en vue du bien&nbsp;&raquo; (<i>1 Co</i>&nbsp;12, 7). C’est pr&eacute;cis&eacute;ment pour cela que nous sommes l’&Eacute;glise, le corps unique qui vit de Dieu et sert le monde. Gr&acirc;ce &agrave; l’Esprit, nous pouvons apporter &agrave; tous la paix v&eacute;ritable, la v&eacute;rit&eacute; qui sauve, c’est-&agrave;-dire le Christ Seigneur lui-m&ecirc;me.</p> 
<p>Bien-aim&eacute;s, avec un cœur ardent, prions aujourd’hui pour que l’Esprit du Ressuscit&eacute; nous sauve du mal de la guerre qui n’est pas vaincue par une superpuissance, mais par la Toute-puissance de l’amour. Prions pour qu’Il lib&egrave;re l’humanit&eacute; de la mis&egrave;re qui n’est pas rachet&eacute;e par une richesse incalculable, mais par un don in&eacute;puisable. Prions-le de nous gu&eacute;rir du fl&eacute;au du p&eacute;ch&eacute;, par la r&eacute;demption annonc&eacute;e &agrave; tous les peuples au nom de J&eacute;sus. Telle est la gr&acirc;ce qui infuse le courage aux Ap&ocirc;tres&nbsp;: qu’elle nous l’insuffle aussi, aujourd’hui et toujours, par l’intercession de Marie, M&egrave;re de l’&Eacute;glise.</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Visite pastorale à Acerra : Rencontre avec les maires et les fidèles des différentes communes de la « Terre des Feux » (23 mai 2026)]]></title><pubDate>Sat, 23 May 2026 10:30:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260523-visita-acerra-piazza-calipari.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260523-visita-acerra-piazza-calipari.html</guid><description><![CDATA[<!-- Mon, 25 May 2026 16:03:44 +0200 --> <p><i>Chers fr&egrave;res et sœurs, bonjour &agrave; tous!</i></p> 
<p>Je salue les autorit&eacute;s et je remercie tous ceux qui ont collabor&eacute; &agrave; la pr&eacute;paration de la rencontre d’aujourd’hui. Merci &agrave; tous d’&ecirc;tre ici!</p> 
<p>Je suis heureux de passer ce samedi matin&nbsp; parmi vous, afin de visiter &agrave; nouveau une r&eacute;gion dont aucune injustice ne peut effacer la beaut&eacute;. Dans la vie, nous comprenons que plus une beaut&eacute; est fragile, plus elle demande soin et responsabilit&eacute;. Chers amis, tel est le sens principal de ma pr&eacute;sence aujourd’hui &agrave; Acerra: confirmer et encourager ce sursaut&nbsp; de dignit&eacute; et de responsabilit&eacute; que tout cœur honn&ecirc;te ressent lorsque la vie germe et qu’elle est aussit&ocirc;t menac&eacute;e par la mort. Celui qui a le don de la foi comprendra qu’un tel sursaut vient de Dieu cr&eacute;ateur, qui cherche en chaque homme et en chaque femme des coop&eacute;rateurs &agrave; ses projets de vie.</p> 
<p>Tout &agrave; l’heure, dans la cath&eacute;drale, j’ai rencontr&eacute; des familles des victimes de la pollution qui, au cours des derni&egrave;res d&eacute;cennies, a tristement rendu cette r&eacute;gion c&eacute;l&egrave;bre sous le nom de &laquo;Terre des feux&raquo;: une expression qui ne rend pas justice au bien qui existe et qui r&eacute;siste, mais qui a certainement favoris&eacute; une prise de conscience diffuse de la gravit&eacute; des malversations et de l’indiff&eacute;rence qui ont laiss&eacute; place aux crimes. J’ai voulu remercier les &eacute;v&ecirc;ques, les pr&ecirc;tres, les diacres, les religieuses, les religieux et les la&iuml;cs qui ont accueilli avec promptitude le message de l’Encyclique Laudato si’ et l’appel constant du Pape Fran&ccedil;ois &agrave; &ecirc;tre une &Eacute;glise en sortie, missionnaire et synodale. Marcher ensemble, vaincre l’autor&eacute;f&eacute;rentialit&eacute;, oser la proph&eacute;tie malgr&eacute; les r&eacute;sistances et les menaces, voil&agrave; ce que le Seigneur nous demande et ce que son Esprit inspire.</p> 
<p>Sur ce territoire, la vie existe et lutte contre la mort; la justice existe et triomphera. Il faut certes choisir la vie et se lib&eacute;rer des liens de mort. Il y a toujours une forme de commodit&eacute; cach&eacute;e dans la r&eacute;signation, dans les compromis, dans le fait de repousser les d&eacute;cisions n&eacute;cessaires et courageuses. Le fatalisme, la plainte, le fait de rejeter la faute sur les autres sont le terreau de la culture de l’ill&eacute;galit&eacute; et un principe de d&eacute;sertification des consciences. C’est pourquoi je voudrais dire &agrave; chacun de vous: assumons chacun nos responsabilit&eacute;s, choisissons la justice, servons la vie! Le bien commun passe avant les affaires de quelques-uns, avant les int&eacute;r&ecirc;ts particuliers, petits ou grands.</p> 
<p>Cette terre a pay&eacute; un lourd tribut, elle a enseveli beaucoup de ses enfants, elle a assist&eacute; &agrave; la souffrance d’enfants et d’innocents. La valeur et le poids de cette douleur imposent d’essayer ensemble d’&ecirc;tre t&eacute;moins d’une nouvelle alliance. Vous &ecirc;tes en chemin vers le temps de la renaissance, qui n’est pas un temps d’oubli, mais d’action &eacute;thique et de m&eacute;moire active. C’est le moment d’un regard contemplatif, celui auquel l’Encyclique Laudato si’ a appel&eacute; tous les &ecirc;tres humains, chacun &agrave; partir de ses responsabilit&eacute;s. &laquo;La culture &eacute;cologique — &eacute;crivait le Pape Fran&ccedil;ois — ne peut pas se r&eacute;duire &agrave; une s&eacute;rie de r&eacute;ponses urgentes et partielles aux probl&egrave;mes qui sont en train d’appara&icirc;tre par rapport &agrave; la d&eacute;gradation de l’environnement, &agrave; l’&eacute;puisement des r&eacute;serves naturelles et &agrave; la pollution. Elle devrait &ecirc;tre un regard diff&eacute;rent, une pens&eacute;e, une politique, un programme &eacute;ducatif, un style de vie et une spiritualit&eacute; qui constitueraient une r&eacute;sistance face &agrave; l’avanc&eacute;e du paradigme technocratique&raquo; (Laudato si’, n. 111). Fr&egrave;res et sœurs, ce paradigme se pr&eacute;sente encore aujourd’hui comme vainqueur: il est &agrave; l’origine de la multiplication des conflits, derri&egrave;re lesquels se cache la course &agrave; l’accaparement des ressources; nous le voyons r&eacute;sister chaque fois que ceux qui ont des responsabilit&eacute;s politiques et institutionnelles se montrent trop faibles face aux puissants; nous le retrouvons actif dans un d&eacute;veloppement technologique qui vise les profits vertigineux de quelques-uns et reste aveugle devant les personnes, leur travail et leur avenir. Voil&agrave; pourquoi, si nous sommes appel&eacute;s &agrave; changer, c’est &agrave; partir de notre regard.</p> 
<p>Selon certains, laisser un monde meilleur &agrave; nos enfants est devenu une&nbsp; tr&egrave;s grande ambition. Mais&nbsp; la mission de laisser au monde des fils et des filles meilleurs ne doit pas l’&ecirc;tre. L’engagement &eacute;ducatif est &agrave; notre port&eacute;e et il est prioritaire. &Eacute;ducation des jeunes, certes, mais aussi des adultes; des enfants, mais aussi des personnes &acirc;g&eacute;es; des citoyens et de leurs gouvernants; des travailleurs et des employeurs; des fid&egrave;les et des pasteurs: nous avons tous encore &agrave; apprendre. Chacun a quelque chose &agrave; donner, mais il doit d’abord apprendre &agrave; recevoir. Il n’est pas facile de l’admettre, pourtant c’est l&agrave; le d&eacute;but de l’avenir: c’est comme une porte qui s’ouvre sur ce que jusqu’ici nous n’avons pas pens&eacute;, cru, ni&nbsp; aim&eacute; suffisamment. Apprendre encore: voil&agrave; ce qui fait de nous une communaut&eacute;. Pour les chr&eacute;tiens, c’est &laquo;faire route&raquo; avec J&eacute;sus: devenir, &agrave; tout &acirc;ge, toujours davantage et toujours mieux ses disciples.</p> 
<p>Chers amis, ce sera un v&eacute;ritable changement de mentalit&eacute; &eacute;conomique, civile et m&ecirc;me religieuse qui &eacute;difiera le bien capable de gu&eacute;rir cette terre et la plan&egrave;te enti&egrave;re. Entre les personnes, les institutions, les organisations publiques et priv&eacute;es, il faut consolider et &eacute;largir l’alliance qui porte d&eacute;j&agrave; ses premiers fruits sur le plan &eacute;ducatif et social. Non seulement elle combattra et&nbsp; d&eacute;mant&egrave;lera les alliances criminelles, mais elle reliera positivement et multipliera les meilleures forces et les grandes id&eacute;es qui existent d&eacute;j&agrave; dans vos cœurs.</p> 
<p>Je voudrais ici remercier ces &laquo;pionniers&raquo; qui, &agrave; travers leur engagement courageux, ont &eacute;t&eacute; les premiers &agrave; d&eacute;noncer les maux de cette terre et &agrave; attirer l’attention sur la r&eacute;alit&eacute; obscurcie et ni&eacute;e de son empoisonnement: je pense en particulier aux membres des associations &eacute;cologistes. Nous savons d&eacute;sormais tous qu’il faut veiller &agrave; la sant&eacute; de la Cr&eacute;ation comme on veille sur la porte de sa maison, repousser les tentations de pouvoir et d’enrichissement li&eacute;es aux pratiques qui polluent la terre, l’eau, l’air et la coexistence. Nous r&eacute;aliserons, pas &agrave; pas mais rapidement, une &eacute;conomie moins individualiste, un syst&egrave;me moins consum&eacute;riste. Que de d&eacute;chets, que de gaspillage, que de poisons ont d&eacute;coul&eacute; d’un mod&egrave;le de croissance qui nous a comme ensorcel&eacute;s, nous laissant plus malades et plus pauvres. Apprenons alors &agrave; &ecirc;tre riches autrement: plus attentifs aux relations, plus attach&eacute;s &agrave; valoriser le bien commun, plus affectionn&eacute;s &agrave;&nbsp; notre territoire, plus reconnaissants dans l’accueil et l’int&eacute;gration de ceux qui viennent vivre parmi nous.</p> 
<p>C’est &agrave; partir de cette conversion que peuvent se construire de bonnes pratiques communautaires: &agrave; travers des personnes et des entreprises qui cultivent le sens de la limite et non celui de la violation irresponsable; qui ont le go&ucirc;t de la r&eacute;cup&eacute;ration plut&ocirc;t que la logique de l’invasion; faim et soif de justice plut&ocirc;t que de possession. En particulier, &ecirc;tre proches du cœur humain, et donc plus proches de Dieu qui l’a cr&eacute;&eacute;, signifie d&eacute;sirer une communaut&eacute; plus inclusive, plus unie, moins marqu&eacute;e par la marginalisation et les polarisations. Mais le chemin &agrave; parcourir est &eacute;troit, car il part de&nbsp; nous, de l&agrave; o&ugrave; nous nous trouvons. R&eacute;ussir &agrave; corriger la trajectoire, agir chaque jour sur les habitudes et les pr&eacute;jug&eacute;s dans lesquels nous nous sommes install&eacute;s, voir au-del&agrave; de notre propre cercle, signifie&nbsp; se rencontrer v&eacute;ritablement. C’est&nbsp; un sentier parfois escarp&eacute; et peu trac&eacute;. Un exemple concret: le nom &laquo;Terre des feux&raquo; renvoie aux incendies allum&eacute;s aux marges des villes, parfois par des minorit&eacute;s rejet&eacute;es et marginalis&eacute;es, des fr&egrave;res et sœurs que peu de personnes connaissent et estiment. La marginalisation produit toujours l’ins&eacute;curit&eacute;: le chemin ardu consiste &agrave; combattre la marginalisation et non les marginalis&eacute;s, &agrave; briser toute la cha&icirc;ne et non &agrave; frapper seulement le dernier maillon. Vous le savez bien!</p> 
<p>En cette Ann&eacute;e jubilaire de saint Fran&ccedil;ois, patron de l’Italie, le Poverello d’Assise nous rappelle pr&eacute;cis&eacute;ment que la paix est fond&eacute;e sur le soin port&eacute; &agrave; l’autre, sur la fraternit&eacute;: nous avons &eacute;t&eacute; plac&eacute;s dans une maison commune pour apprendre &agrave; vivre ensemble. Les probl&egrave;mes de cette maison sont nos probl&egrave;mes; sa beaut&eacute; est notre beaut&eacute;. Nous avons la mission de veiller comme des sentinelles dans la nuit. Nous pouvons &ecirc;tre parmi ceux qui verront l’aube nouvelle.</p> 
<p>Sœurs et fr&egrave;res, je vous remercie beaucoup: cette visite est tr&egrave;s pr&eacute;cieuse pour le Pape! Je vous porte dans ma pri&egrave;re, en confiant &agrave; notre M&egrave;re Marie, &Eacute;toile du matin, chacun de vous, vos familles, le pr&eacute;sent et l’avenir de vos communaut&eacute;s. Merci!</p> 
<p>____________________</p> 
<p><i>L'Osservatore Romano</i></p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Visite pastorale à Acerra : Rencontre avec les évêques, le clergé, les religieux et les familles des victimes de la pollution environnementale (23 mai 2026)]]></title><pubDate>Sat, 23 May 2026 09:15:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260523-visita-acerra-cattedrale.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260523-visita-acerra-cattedrale.html</guid><description><![CDATA[<!-- Mon, 25 May 2026 16:02:26 +0200 --> <p>Au nom du P&egrave;re, du Fils et du Saint-Esprit. La paix soit avec vous!</p> 
<p><i>Eminences, Excellences, chers fr&egrave;res et sœurs, bonjour et merci pour votre accueil!</i></p> 
<p>Je rends gr&acirc;ce au Seigneur de pouvoir vous rencontrer, en revenant en Campanie quelques jours apr&egrave;s ma visite au sanctuaire de Pomp&eacute;i et &agrave; la ville de Naples. Vous savez que le Pape Fran&ccedil;ois aurait d&eacute;j&agrave; d&eacute;sir&eacute; venir ici, dans ce lieu qui a tristement pris le nom de &laquo;Terre des feux&raquo;, mais cela ne lui fut pas possible. Aujourd’hui, nous voulons r&eacute;aliser son d&eacute;sir, en reconnaissant le grand don que l’encyclique Laudato si’ a repr&eacute;sent&eacute; pour la mission de l’&Eacute;glise sur cette terre. En effet, le cri de la Cr&eacute;ation et des pauvres parmi vous a &eacute;t&eacute; ressenti de mani&egrave;re plus dramatique, &agrave; cause d’une concentration mortelle d’int&eacute;r&ecirc;ts obscurs et d’indiff&eacute;rence au bien commun, qui a empoisonn&eacute; l’environnement naturel et social. C’est un cri qui appelle &agrave; la conversion!</p> 
<p>Dans cette cath&eacute;drale, nous vivons un premier moment, le moment eccl&eacute;sial et, je voudrais dire, le plus familial de ma visite. Ensuite, sur la place, nous rencontrerons symboliquement toute la soci&eacute;t&eacute;. Je suis venu avant tout recueillir les larmes de ceux qui ont perdu des personnes ch&egrave;res, tu&eacute;es par la pollution environnementale provoqu&eacute;e par des personnes et des organisations sans scrupules, qui ont pu agir trop longtemps dans l’impunit&eacute;. Mais je suis aussi ici pour remercier ceux qui ont r&eacute;pondu au mal par le bien, en particulier une &Eacute;glise qui a su oser la d&eacute;nonciation et la proph&eacute;tie, afin de rassembler le peuple dans l’esp&eacute;rance. Ainsi, sachant que je vous rendais visite &agrave; la veille de la Pentec&ocirc;te, j’ai cherch&eacute; dans les&nbsp; &Eacute;critures Saintes une page qui puisse interpr&eacute;ter et inspirer votre chemin. Je l’ai trouv&eacute;e dans une vision grandiose du proph&egrave;te &Eacute;z&eacute;chiel, conduit par le Seigneur &agrave; faire une exp&eacute;rience qui devait devenir, pour le peuple en exil, un puissant message de r&eacute;surrection. &Eacute;z&eacute;chiel raconte: &laquo;La main de Yahv&eacute; fut sur moi, il m’emmena par l’esprit de Yahv&eacute;, et il me d&eacute;posa au milieu de la vall&eacute;e, une vall&eacute;e pleine d’ossements. Il me la fit parcourir, parmi eux, en tous sens. Or les ossements &eacute;taient tr&egrave;s nombreux sur le sol de la vall&eacute;e, et ils &eacute;taient compl&egrave;tement dess&eacute;ch&eacute;s&raquo; (Ez 37, 1-2).</p> 
<p>Chers amis, Dieu avait plac&eacute; l’homme et la femme dans un jardin, pour qu’ils le cultivent et le gardent. Tout &eacute;tait vie, beaut&eacute;, fertilit&eacute;. Cette terre aussi, autrefois, &eacute;tait appel&eacute;e <i>Campania felix,</i> parce qu’elle &eacute;tait capable d’&eacute;merveiller par sa fertilit&eacute;, ses produits et sa culture, comme un hymne &agrave; la vie. Et pourtant, voici la mort, celle de la terre et celle des hommes. Nous pouvons nous identifier au trouble du proph&egrave;te devant cette &eacute;tendue d’ossements dess&eacute;ch&eacute;s. Nous souffrons de la d&eacute;vastation qui a compromis un merveilleux &eacute;cosyst&egrave;me, des lieux, des histoires et des m&eacute;moires. Face &agrave; cette r&eacute;alit&eacute;, deux attitudes sont possibles: l’indiff&eacute;rence ou la responsabilit&eacute;. Vous avez choisi la responsabilit&eacute; et, avec l’aide de Dieu, vous avez commenc&eacute; un chemin d’engagement et de recherche de la justice.</p> 
<p>&nbsp;Le Seigneur pose ensuite &agrave; &Eacute;z&eacute;chiel une question: &laquo;Il me dit: “Fils d’homme, ces ossements vivront-ils? “Je dis: “Seigneur Yahv&eacute;, c’est toi qui le sais”&raquo; (Ez 37, 3). Chers amis, voici que Dieu nous adresse des questions nouvelles, qui &eacute;largissent notre horizon. Il sait que nous avons un cœur qui cherche la vie et aspire &agrave; l’&eacute;ternit&eacute;, mais qu’il les renvoie trop facilement &agrave; un temps ind&eacute;fini et lointain, &agrave; un monde diff&eacute;rent qui n’existe pas encore. &Eacute;z&eacute;chiel, au contraire, doit servir son peuple, celui qui existe, dans la situation o&ugrave; il se trouve. De la m&ecirc;me mani&egrave;re, nos &Eacute;glises ont pour mission de faire r&eacute;sonner ici et aujourd’hui la Parole de Dieu. Cette Parole nous demande si nous croyons &agrave; ses propres possibilit&eacute;s: elle est Parole de vie. Si nous nous rencontrons aujourd’hui, c’est pour r&eacute;pondre &agrave; cette Parole. Et nous r&eacute;pondons ainsi: Seigneur, la mort semble &ecirc;tre partout, l’injustice semble avoir vaincu, la criminalit&eacute;, la corruption, l’indiff&eacute;rence tuent encore, le bien semble rester dess&eacute;ch&eacute;. Pourtant, si tu nous interroges: &laquo;Ces ossements peuvent-ils revivre?&raquo;, nous croyons et nous disons: &laquo;Seigneur Dieu, c’est toi qui le sais!&raquo; Tu sais que nous pouvons nous relever, parce que toi-m&ecirc;me tu nous prends par la main. Tu sais que notre d&eacute;sert peut fleurir. Tu sais changer le deuil en joie.</p> 
<p>Sœurs et fr&egrave;res, tout cela est tr&egrave;s concret: c’est une promesse qui devient d&eacute;j&agrave; r&eacute;alit&eacute;. Le &laquo;Pape Fran&ccedil;ois, dans l’Encyclique Laudato si’, tout en d&eacute;non&ccedil;ant un paradigme de mort, a clairement annonc&eacute; l’irruption silencieuse de la vie nouvelle. Apr&egrave;s avoir &eacute;num&eacute;r&eacute; des r&eacute;alit&eacute;s dans lesquelles les personnes recommencent d&eacute;j&agrave; ensemble et donnent une nouvelle forme &agrave; la justice sociale et environnementale, il &eacute;crit: &laquo;L’authentique humanit&eacute;, qui invite &agrave; une nouvelle synth&egrave;se, semble habiter au milieu de la civilisation technologique presque de mani&egrave;re imperceptible, […]. Serait-ce une promesse permanente, malgr&eacute; tout, jaillissant comme une r&eacute;sistance obstin&eacute;e de ce qui est authentique?&raquo; (Laudato si’, n. 112). Chers amis, soyez t&eacute;moins de cette &laquo;r&eacute;sistance obstin&eacute;e&raquo; qui devient renaissance, l&agrave; o&ugrave; l’&Eacute;vangile illumine et transforme la vie. C’est ce que nous a enseign&eacute; le Concile Vatican II, en particulier avec la Constitution <i>Gaudium et spes</i>. Le Seigneur nous pose des questions nouvelles sur la mani&egrave;re de vivre dans nos quartiers, sur la disponibilit&eacute; &agrave; travailler ensemble entre personnes et institutions, sur notre passion &eacute;ducative, sur l’honn&ecirc;tet&eacute; dans le travail, sur la juste r&eacute;partition du pouvoir et des richesses, sur le respect des personnes et de toutes les cr&eacute;atures. Ces terres pourront-elles revivre? Soyez vous-m&ecirc;mes la r&eacute;ponse: une communaut&eacute; unie, dans la foi et dans l’engagement. Alors la vie se multipliera.</p> 
<p>Et voici le commandement du Seigneur &agrave; son proph&egrave;te: &laquo;“Proph&eacute;tise sur ces ossements. Tu leur diras: Ossements dess&eacute;ch&eacute;s, &eacute;coutez la parole de Yahv&eacute;. Ainsi parle le Seigneur Yahv&eacute; &agrave; ces ossements. Voici que je vais faire entrer en vous l’esprit et vous vivrez”&raquo; (Ez 37, 4-5). &Eacute;z&eacute;chiel ob&eacute;it et observe: &laquo;Je proph&eacute;tisai, comme j’en avais re&ccedil;u l’ordre. Or il se fit un bruit au moment o&ugrave; je proph&eacute;tisais; il y eut un fr&eacute;missement et les os se rapproch&egrave;rent les uns des autres. Je regardai: ils &eacute;taient recouverts de nerfs, la chair avait pouss&eacute; et la peau s’&eacute;tait tendue par-dessus, mais il n’y avait pas d’esprit en eux&raquo; (Ez 37, 7-8 ). Nous comprenons donc que le miracle ne se produit pas en une seule fois. Le proph&egrave;te est certainement &eacute;tonn&eacute; de ce qu’il voit et entend, mais cela ne suffit pas encore, il manque encore quelque chose. Il en va de m&ecirc;me pour nous: il faut encore faire confiance, encore &eacute;couter, encore croire. Les choix que vous avez faits, le chemin eccl&eacute;sial que vous avez parcouru, les petits et grands recommencements par lesquels vous avez affront&eacute; la douleur ne sont pas encore tout. Si l’on s’arr&ecirc;te, on recule. En effet, le Seigneur parle de nouveau &agrave; &Eacute;z&eacute;chiel: &laquo;Proph&eacute;tise &agrave; l’esprit, proph&eacute;tise, fils d’homme. Tu diras &agrave; l’esprit: “ainsi parle le Seigneur Yahv&eacute;. Viens des quatre vents, esprit, souffle sur ces morts, et qu’ils vivent”. Je proph&eacute;tisai comme il m’en avait donn&eacute; l’ordre, et l’esprit vint en eux, ils reprirent vie et se mirent debout sur leurs pieds: grande, immense arm&eacute;e&raquo; (Ez 37, 9-10).</p> 
<p>Fr&egrave;res et sœurs, que l’Esprit Saint vous accorde de voir une &laquo;arm&eacute;e&raquo; de paix se lever et gu&eacute;rir les blessures de cette terre et de ses communaut&eacute;s. Non plus un feu qui d&eacute;truit, mais un feu qui ravive et r&eacute;chauffe, le feu de l’Esprit qui embrase les cœurs et les esprits de milliers et de milliers d’hommes et de femmes, d’enfants et de personnes &acirc;g&eacute;es, et qui inspire soin, consolation, attention et amour v&eacute;ritable. En particulier vous, familles frapp&eacute;es par la mort, engendrez une vie nouvelle en transmettant &agrave; vos fils et filles, &agrave; vos petits-enfants et &agrave; vos voisins ce sens de la responsabilit&eacute; qui a trop souvent manqu&eacute; jusqu’ici. Laissez mourir le ressentiment, pratiquez les premiers la justice que vous demandez, t&eacute;moignez de la vie, &eacute;duquez au soin.</p> 
<p>Et vous, ministres ordonn&eacute;s, religieuses et religieux, soyez les membres vivants de ce peuple: manifestez chaque jour l’autorit&eacute; du service, qui s’abaisse et se rend proche, qui fait le premier pas et pardonne. Il faut en effet d&eacute;raciner une culture du privil&egrave;ge, de&nbsp; l’abus, du refus de rendre&nbsp; compte, qui a fait tant de mal &agrave; cette terre, comme &agrave; beaucoup d’autres r&eacute;gions d’Italie et du monde. Que l’Esprit souffle des quatre vents et inspire de nouvelles formes d’annonce, de coop&eacute;ration, de r&eacute;g&eacute;n&eacute;ration environnementale et sociale. Il existe en effet une spiritualit&eacute; des lieux, mais elle doit tout &agrave; la spiritualit&eacute; des personnes. Le changement du monde, en effet, commence toujours par le cœur. &Eacute;z&eacute;chiel lui-m&ecirc;me, avant cette proph&eacute;tie de mort et de r&eacute;surrection, annon&ccedil;a le renouvellement dont Dieu seul est capable: &laquo;Ainsi parle le Seigneur Yahv&eacute; […] je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau, j’&ocirc;terai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon esprit en vous et je ferai que vous marchiez selon mes lois et que vous observiez et pratiquiez mes coutumes. Vous habiterez le pays que j’ai donn&eacute; &agrave; vos p&egrave;res. Vous serez mon peuple et moi je serai votre Dieu&raquo; (Ez 36, 22.27-28).</p> 
<p>&nbsp;Que J&eacute;sus ressuscit&eacute; nous donne d’habiter ensemble ainsi, capables d’accueillir et de mettre en pratique la Parole de Dieu, p&egrave;lerins ici-bas et citoyens dans son &eacute;ternit&eacute;.</p> 
<p>____________________</p> 
<p><i>L'Osservatore Romano</i></p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Visite pastorale du Saint-Père à Acerra (23 mai 2026)]]></title><pubDate>Sat, 23 May 2026 07:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/travels/2026/documents/acerra-23maggio2026.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/travels/2026/documents/acerra-23maggio2026.html</guid><description><![CDATA[<!-- Fri, 22 May 2026 10:19:16 +0200 --> <ul> 
 <li><b><a href="https://www.vatican.va/content/photogallery/fr/eventi/acerra2026.html">Galerie photographique</a></b></li> 
</ul> 
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<p>8h D&eacute;collage de l’h&eacute;liport du Vatican</p> 
<p>8h45 Atterrissage sur le terrain de sport &laquo; Arcoleo &raquo; d’Acerra (Naples)</p> 
<p>Le Saint-P&egrave;re sera accueilli par :</p> 
<p>1. S.Exc. Mgr Antonio Di Donna, &eacute;v&ecirc;que d’Acerra</p> 
<p>2. M. Roberto Fico, pr&eacute;sident de la r&eacute;gion de Campanie</p> 
<p>3. M. Michele Di Bari, pr&eacute;fet de Naples</p> 
<p>4. M. Tito d’Errico, maire d’Acerra</p> 
<p>transfert imm&eacute;diat en voiture vers la Cath&eacute;drale</p> 
<p>9h15 Dans la Cath&eacute;drale seront pr&eacute;sents les &eacute;v&ecirc;ques de Campanie, le clerg&eacute; et les religieux ; les familles de ceux qui sont morts &agrave; cause de la pollution environnementale</p> 
<p>- salutation de S.Exc. Mgr Antonio Di Donna</p> 
<p><b>* <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/5/23/visita-acerra-cattedrale.html">discours du Saint-P&egrave;re</a></b></p> 
<p>&agrave; la fin, le Saint-P&egrave;re saluera certains Repr&eacute;sentants</p> 
<p>Transfert en voiture vers la Piazza Calipari</p> 
<p>10h30 Piazza Calipari : Rencontre avec les maires et les fid&egrave;les des diff&eacute;rentes communes de la &laquo; Terre des Feux &raquo;</p> 
<p>- salutation du maire d’Acerra, M. Tito d’Errico</p> 
<p><b>* <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2026/5/23/visita-acerra-piazza-calipari.html">discours du Saint-P&egrave;re</a></b></p> 
<p>- remerciement de S.Exc. Mgr Antonio Di Donna</p> 
<p>- salutation &agrave; certains Repr&eacute;sentants</p> 
<p>Transfert en voiture vers le terrain de sport &laquo; Arcoleo &raquo;</p> 
<p>12h Le Saint-P&egrave;re prendra cong&eacute; des autorit&eacute;s qui l’ont accueilli &agrave; son arriv&eacute;e</p> 
<p>D&eacute;collage d’Acerra</p> 
<p>12h45 Atterrissage &agrave; l’h&eacute;liport du Vatican</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Aux participants au Congrès international sur l'éducation aux médias et au numérique (22 mai 2026)]]></title><pubDate>Fri, 22 May 2026 12:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260522-convegno-media-literacy.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260522-convegno-media-literacy.html</guid><description><![CDATA[<!-- Fri, 22 May 2026 15:37:12 +0200 --> <p><i>Au nom du P&egrave;re, du Fils et du Saint-Esprit. La paix soit avec vous. Bonjour &agrave; tous et bienvenue!</i></p> 
<p>Je suis heureux de vous accueillir &agrave; la suite du Congr&egrave;s international qui s’est tenu hier &agrave; l’occasion de la 60<sup>e</sup> Journ&eacute;e mondiale des communications sociales. En tant que chercheurs et experts sp&eacute;cialis&eacute;s dans la communication num&eacute;rique, votre pr&eacute;occupation pour l’avenir de l’humanit&eacute; vous a conduits &agrave; Rome afin de r&eacute;fl&eacute;chir sur les m&eacute;dias et la litt&eacute;ratie num&eacute;rique. En participant &agrave; cette initiative, chacun de vous a apport&eacute; ses propres dons et talents pour contribuer &agrave; la direction future de l’humanit&eacute; en cette &eacute;poque marqu&eacute;e par la croissance exponentielle de la technologie, qui est une question particuli&egrave;rement importante pour la mission de l’&Eacute;glise.</p> 
<p>C’est pr&eacute;cis&eacute;ment dans le cadre de la mission universelle de l’&Eacute;glise que l’on peut le mieux comprendre son engagement en faveur des communications sociales. En effet, le d&eacute;cret du <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm">Concile Vatican II</a> sur les moyens de communication sociale — qui est &agrave; l’origine de la Journ&eacute;e mondiale des communications sociales — commence par nous rappeler que l’&Eacute;glise &laquo;a &eacute;t&eacute; fond&eacute;e par le Christ Notre-Seigneur pour apporter le salut &agrave; tous les hommes; elle se sent donc pouss&eacute;e par l’obligation de pr&ecirc;cher l’&Eacute;vangile&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_decree_19631204_inter-mirifica_fr.html">Inter Mirifica</a>,</i> n. 3). &nbsp;La pr&eacute;occupation premi&egrave;re de l’&Eacute;glise a toujours &eacute;t&eacute;, et continue d’&ecirc;tre, le salut &eacute;ternel de chaque personne humaine. Comme nous le lisons dans l’&Eacute;vangile selon saint Jean: &laquo;Afin qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoy&eacute;, J&eacute;sus Christ&raquo; (Jn 17, 3).</p> 
<p>Ce d&eacute;sir que tous les hommes &laquo;soient sauv&eacute;s et parviennent &agrave; la pleine connaissance de la v&eacute;rit&eacute;&raquo; (1 Tm 2, 4) doit donc guider non seulement nos d&eacute;cisions et nos actions, mais aussi l’utilisation et la direction donn&eacute;e aux m&eacute;dias, &agrave; la technologie num&eacute;rique et &agrave; l’intelligence artificielle, afin de garantir que ces outils soient v&eacute;ritablement plac&eacute;s au service de l’humanit&eacute;. Comme en t&eacute;moignent malheureusement la promotion et la mise en œuvre effr&eacute;n&eacute;es de la technologie au d&eacute;triment de la dignit&eacute; humaine, ainsi que les d&eacute;g&acirc;ts caus&eacute;s lorsque les chatbots et autres technologies exploitent notre besoin de relations humaines, nous assistons v&eacute;ritablement &agrave; un affaiblissement de la conscience de ce que signifie &ecirc;tre humain (cf. <i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/messages/communications/documents/20260124-messaggio-comunicazioni-sociali.html">Message pour la 60e Journ&eacute;e mondiale des communications sociales</a></i>). Il est donc d’autant plus imp&eacute;ratif de retrouver une compr&eacute;hension du sens et de la grandeur v&eacute;ritables de l’humanit&eacute; telle que Dieu les ont voulus. C’est dans ce sens que le d&eacute;fi auquel nous sommes actuellement confront&eacute;s n’est &laquo;pas technologique, mais anthropologique&raquo; (<a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/messages/communications/documents/20260124-messaggio-comunicazioni-sociali.html"><i>ibid.</i></a>), et j’esp&egrave;re que la Lettre encyclique qui sera publi&eacute;e dans quelques jours contribuera &agrave; r&eacute;pondre &agrave; ce d&eacute;fi.</p> 
<p>Dans cette perspective, je suis certain que ce n’est qu’en contemplant le Christ, le Verbe incarn&eacute;, que nous pourrons retrouver non seulement une vision correcte de Dieu, mais aussi parvenir &agrave; comprendre la v&eacute;rit&eacute; de l’humanit&eacute;. Puisque &laquo;par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-m&ecirc;me &agrave; tout homme&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html">Gaudium et spes</a></i>, n. 22), le cœur humain ne pourra jamais comprendre pleinement les profondeurs de ses propres recoins ni comprendre sa valeur en dehors du cœur du Christ. C’est pourquoi la v&eacute;ritable pr&eacute;servation du visage et de la voix de chaque individu passe n&eacute;cessairement par une rencontre avec celui qui est &laquo;l’image du Dieu invisible&raquo;, tout en &eacute;tant lui-m&ecirc;me l’homme parfait (Col 1, 15).</p> 
<p>&nbsp;Naturellement, il faut garder tout cela &agrave; l’esprit lorsque l’on discute des implications de la technologie num&eacute;rique et du r&ocirc;le de l’&Eacute;glise dans les communications sociales. C’est une t&acirc;che qui n’est pas toujours facile, mais nous sommes appel&eacute;s &agrave; apporter la lumi&egrave;re du Christ au monde, en &eacute;clairant toutes les dimensions de l’activit&eacute; humaine (cf. Jn 8, 12; Mt 5, 14-16). Comment pourrions-nous manquer de le faire &agrave; notre &eacute;poque, surtout face &agrave; un probl&egrave;me aussi r&eacute;pandu dans la soci&eacute;t&eacute;? Par cons&eacute;quent, l’&Eacute;glise ressent le devoir de contribuer &agrave; l’effort de planification et de mise en œuvre de l’&eacute;ducation aux m&eacute;dias, &agrave; l’information et &agrave; l’intelligence artificielle au sein des syst&egrave;mes &eacute;ducatifs. De cette fa&ccedil;on, elle peut contribuer &agrave; garantir que les personnes acqui&egrave;rent une pens&eacute;e critique et que les technologies contribuent au salut de ceux qui les utilisent (cf. <i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/messages/communications/documents/20260124-messaggio-comunicazioni-sociali.html">Message pour la 60<sup>e</sup> Journ&eacute;e mondiale des communications sociales</a>&nbsp;</i>; <i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_decree_19631204_inter-mirifica_fr.html">Inter Mirifica</a></i>, n. 3).</p> 
<p>&nbsp;Je suis s&ucirc;r que nous sommes tous particuli&egrave;rement pr&eacute;occup&eacute;s par les possibles cons&eacute;quences de l’utilisation de la technologie num&eacute;rique et de l’intelligence artificielle, non seulement sur le d&eacute;veloppement physique et intellectuel des enfants et des jeunes, mais aussi sur leur bien-&ecirc;tre spirituel. &Agrave; cet &eacute;gard, tous, mais en particulier les jeunes, &laquo;doivent s’entra&icirc;ner &agrave; la mod&eacute;ration et &agrave; la discipline dans l’usage&raquo; de cette technologie (<i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_decree_19631204_inter-mirifica_fr.html">Inter Mirifica</a></i>, n. 10), avec le soutien et la direction des parents et des &eacute;ducateurs.</p> 
<p>&nbsp;De plus, &agrave; la lumi&egrave;re la mission de l’&Eacute;glise et des actuelles conceptions erron&eacute;es sur Dieu et la personne humaine, la litt&eacute;ratie num&eacute;rique doit &eacute;galement inclure une &eacute;ducation &agrave; la v&eacute;rit&eacute; sur Dieu et sur l’humanit&eacute;. Les jeunes, en particulier, sont ouverts &agrave; cette v&eacute;rit&eacute; et d&eacute;sireux de d&eacute;couvrir le sens de la vie. Nous devons donc les aider &agrave; rencontrer le Christ vivant et leur apprendre &agrave; int&eacute;grer l’utilisation de la technologie dans le cadre d’un mode de vie chr&eacute;tien holistique.</p> 
<p>Chers fr&egrave;res et sœurs, il s’agit d’une question qui me tient particuli&egrave;rement &agrave; cœur et qui tient &agrave; cœur &agrave; l’&Eacute;glise. En effet, en tant que M&egrave;re, l’&Eacute;glise s’int&eacute;resse &agrave; la vie de ses enfants, d&eacute;sireuse de les guider vers la pleine maturit&eacute; (cf. Ep 4, 13). J’esp&egrave;re que ces r&eacute;flexions contribueront &agrave; r&eacute;tablir la confiance dans la technologie en tant que fruit du g&eacute;nie de la personne humaine en harmonie avec le dessein cr&eacute;ateur de Dieu. En vous remerciant pour vos efforts actuels et futurs, j’invoque cordialement sur vous et sur vos familles les b&eacute;n&eacute;dictions divines de sagesse, de joie et de paix. Merci.</p> 
<p>___________________</p> 
<p><i>L'Osservatore Romano</i></p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Aux participants à la Rencontre avec les modérateurs des associations de fidèles, des mouvements ecclésiaux et des communautés nouvelles (21 mai 2026)]]></title><pubDate>Thu, 21 May 2026 11:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260521-moderatori.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260521-moderatori.html</guid><description><![CDATA[<!-- Thu, 21 May 2026 18:42:59 +0200 --> <p><i>Au nom du P&egrave;re, du Fils et du Saint-Esprit. Que la paix soit avec vous! Chers fr&egrave;res et sœurs, bonjour &agrave; tous!</i></p> 
<p>C’est un plaisir de vous rencontrer ce matin, de vous adresser quelques mots, de partager quelques r&eacute;flexions, mais surtout de m&eacute;diter sur l’importance des charismes de l’Esprit Saint, en particulier en ces jours pr&eacute;c&eacute;dant la Pentec&ocirc;te.</p> 
<p>Je suis heureux de vous accueillir cette ann&eacute;e encore, au d&eacute;but de votre rencontre. Vous &ecirc;tes responsables, au niveau international, de nombreuses r&eacute;alit&eacute;s la&iuml;ques diff&eacute;rentes, et vous avez &eacute;t&eacute; convoqu&eacute;s par le Dicast&egrave;re pour les la&iuml;cs, la famille et la vie afin de renforcer la communion entre vous et de r&eacute;fl&eacute;chir ensemble sur le th&egrave;me du gouvernement d’une communaut&eacute; eccl&eacute;siale.</p> 
<p>Dans toute entit&eacute; sociale, on ressent le besoin de disposer de personnes et de structures ad&eacute;quates charg&eacute;es de guider et de coordonner la vie commune. &Agrave; la base, le terme <i>gouverner</i> renvoie &agrave; l’action de &laquo;tenir la barre&raquo;, de &laquo;piloter un navire&raquo;. Il s’agit donc de donner une direction s&ucirc;re, afin que la communaut&eacute; soit un lieu de croissance pour les personnes qui en font partie. Ainsi, dans l’&Eacute;glise aussi, certains sont charg&eacute;s de la gouvernance.</p> 
<p>Cependant, dans l’&Eacute;glise, la gouvernance ne na&icirc;t pas de la simple n&eacute;cessit&eacute; de coordonner les besoins religieux de ses membres. L’&Eacute;glise a &eacute;t&eacute; institu&eacute;e par le Christ comme signe p&eacute;renne de sa volont&eacute; salvifique universelle et elle est le lieu, voulu par Dieu, o&ugrave; tous les hommes, &agrave; chaque &eacute;poque, peuvent recevoir les fruits de la R&eacute;demption et faire l’exp&eacute;rience de la vie nouvelle que le Christ nous a donn&eacute;e. En ce sens, la nature de l’&Eacute;glise est sacramentelle: elle poss&egrave;de certes une dimension ext&eacute;rieure et institutionnelle avec ses structures et, en m&ecirc;me temps, elle est un signe efficace de communion par lequel nous participons &agrave; la vie m&ecirc;me de la Trinit&eacute;.</p> 
<p>Ces caract&eacute;ristiques propres &agrave; l’&Eacute;glise se retrouvent n&eacute;cessairement aussi dans son gouvernement, qui n’est jamais uniquement technique; au contraire, celui-ci comporte en soi une orientation salvifique, c’est-&agrave;-dire qu’il doit tendre vers le bien spirituel des fid&egrave;les. En effet, saint Paul le compte parmi les charismes: &laquo;Puis il y a les miracles — &eacute;crit-il —,&nbsp; puis les dons de gu&eacute;risons, d’assistance, de gouvernement, les diversit&eacute;s de langues&raquo; (1 Co 12, 28).</p> 
<p>Partant de ces propos introductifs, tournons maintenant notre regard vers les associations de fid&egrave;les et les mouvements eccl&eacute;siaux. Ici, le gouvernement est g&eacute;n&eacute;ralement confi&eacute; &agrave; des la&iuml;cs et exprime la participation au <i>munus royal</i> du Christ re&ccedil;u dans le Bapt&ecirc;me. Il se met au service des autres fid&egrave;les et de la vie associative et est le fruit d’&eacute;lections libres, qui doivent &ecirc;tre comprises comme l’expression d’un discernement commun: permettre &agrave; la voix de tous de s’exprimer librement.</p> 
<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Si, comme nous l’avons dit, le gouvernement est un don particulier de l’Esprit Saint, que les membres d’une communaut&eacute; reconnaissent pr&eacute;sent chez certains de leurs fr&egrave;res dans la foi, il en d&eacute;coule au moins trois cons&eacute;quences. La premi&egrave;re est qu’il doit &ecirc;tre utile &agrave; tous (cf. 1 Co 12, 7), c’est-&agrave;-dire qu’il doit promouvoir le bien de la communaut&eacute;, de l’association et de l’&Eacute;glise tout enti&egrave;re. Le gouvernement ne peut donc jamais &ecirc;tre exploit&eacute; &agrave; des int&eacute;r&ecirc;ts personnels ou pour des formes mondaines de prestige et de pouvoir. La deuxi&egrave;me cons&eacute;quence est qu’il ne peut jamais &ecirc;tre impos&eacute; d’en haut, mais doit &ecirc;tre un don reconnaissable au sein de la communaut&eacute; et librement accueilli, d’o&ugrave; l’importance d’&eacute;lections libres pour le rendre effectif. La troisi&egrave;me cons&eacute;quence est que, comme tout charisme, le gouvernement d’une association est soumis au discernement des pasteurs, qui veillent &agrave; l’authenticit&eacute; et &agrave; l’usage ordonn&eacute; des charismes (cf. <i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19641121_lumen-gentium_fr.html">Lumen gentium</a></i>, n. 12; <i><a href="https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20160516_iuvenescit-ecclesia_fr.html">Iuvenescit Ecclesia</a></i>, nn. 9, 17).</p> 
<p>Certaines caract&eacute;ristiques doivent toujours &ecirc;tre pr&eacute;sentes dans le gouvernement: l’&eacute;coute mutuelle, la coresponsabilit&eacute;, la transparence, la proximit&eacute; fraternelle, le discernement communautaire (cf. <i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/february/documents/20260219-legionari-di-cristo.html">Discours aux participants au Chapitre g&eacute;n&eacute;ral des L&eacute;gionnaires du Christ</a></i>, 19 f&eacute;vrier 2026). En outre, je voudrais rappeler qu’un &laquo;bon gouvernement, au lieu de tout concentrer sur lui-m&ecirc;me, promeut la subsidiarit&eacute; et la participation responsable de tous les membres de la communaut&eacute;&raquo; (<a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/february/documents/20260219-legionari-di-cristo.html"><i>ibid</i>.</a>). Ce sont l&agrave; des indications simples, mais qu’il faut toujours garder &agrave; l’esprit dans l’exercice de l’autorit&eacute;.</p> 
<p>Tr&egrave;s chers amis, vos associations et vos mouvements ont des origines diverses et poss&egrave;dent une histoire, une identit&eacute; et des id&eacute;aux bien d&eacute;finis. Ceux qui les dirigent assument donc une t&acirc;che d&eacute;licate: d’une part, ils sont appel&eacute;s &agrave; pr&eacute;server et &agrave; valoriser la m&eacute;moire d’un patrimoine vivant; d’autre part, ils ont un r&ocirc;le &laquo;proph&eacute;tique&raquo;, qui implique d’&ecirc;tre &agrave; l’&eacute;coute des urgences pastorales actuelles pour comprendre comment r&eacute;pondre aux nouveaux d&eacute;fis et aux sensibilit&eacute;s culturelles, sociales et spirituelles de notre temps. C’est en effet seulement ainsi que l’on peut &ecirc;tre chr&eacute;tiens, disciples et missionnaires dans la soci&eacute;t&eacute; et l’&Eacute;glise d’aujourd’hui. Une partie de la t&acirc;che proph&eacute;tique de ceux qui gouvernent consiste donc &agrave; favoriser l’ouverture de l’association ou du mouvement, et de chacun de ses membres, aux situations historiques. L’appartenance, en effet, est authentique et f&eacute;conde lorsqu’elle ne se limite pas &agrave; la participation &agrave; des activit&eacute;s internes au groupe, mais interpr&egrave;te les signes du temps et se projette vers l’ext&eacute;rieur, s’adressant &agrave; tous, &agrave; la culture du temps et aux domaines de missions encore inexplor&eacute;s.</p> 
<p>Un autre &eacute;l&eacute;ment d’une importance vitale est la communion. Ceux qui gouvernent sont appel&eacute;s &agrave; faire preuve d’une sensibilit&eacute; particuli&egrave;re pour la sauvegarde, la croissance et la consolidation de la communion. Cela vaut tant pour la vie interne de l’association ou du mouvement que pour la communion avec les autres r&eacute;alit&eacute;s eccl&eacute;siales et avec l’&Eacute;glise dans son ensemble. Quiconque exerce une mission de gouvernement dans l’&Eacute;glise doit apprendre &agrave; &eacute;couter et &agrave; accueillir des opinions diff&eacute;rentes, des orientations culturelles et spirituelles diff&eacute;rentes, des temp&eacute;raments personnels diff&eacute;rents, en cherchant toujours &agrave; pr&eacute;server, surtout dans les d&eacute;cisions qui s’imposent et qui sont souvent difficiles &agrave; prendre, le bien sup&eacute;rieur de la communion. Cela exige un t&eacute;moignage de douceur, de d&eacute;tachement et d’amour d&eacute;sint&eacute;ress&eacute; envers les fr&egrave;res et la communaut&eacute;, qui soit un exemple pour tous. Je voudrais souligner ici l’importance de cette dimension de communion avec toute l’&Eacute;glise. Nous rencontrons parfois des groupes qui se referment sur eux-m&ecirc;mes et pensent que leur r&eacute;alit&eacute; sp&eacute;cifique est la seule qui compte ou qu’elle est l’&Eacute;glise, mais l’&Eacute;glise, c’est nous tous, c’est bien plus que cela! Nos mouvements doivent donc v&eacute;ritablement chercher &agrave; vivre en communion avec toute l’&Eacute;glise, au niveau dioc&eacute;sain. L’&eacute;v&ecirc;que est donc une figure de r&eacute;f&eacute;rence tr&egrave;s importante, et si un groupe dit: &laquo;Non, nous ne sommes pas en communion avec cet &eacute;v&ecirc;que, nous en voulons un autre&raquo;, cela n’est pas acceptable. Nous devons chercher &agrave; vivre en communion avec toute l’&Eacute;glise, tant au niveau dioc&eacute;sain qu’au niveau universel.</p> 
<p>C’est dans cette perspective que nous pouvons mieux comprendre le sens de la fid&eacute;lit&eacute; au charisme fondateur, qui constitue un rep&egrave;re incontournable pour la gouvernance d’une r&eacute;alit&eacute; eccl&eacute;siale. Tout charisme authentique inclut d&eacute;j&agrave; en soi la fid&eacute;lit&eacute; et l’ouverture &agrave; l’&Eacute;glise. Gouverner en restant fid&egrave;le au charisme fondateur signifie donc y trouver l’inspiration pour s’ouvrir au chemin que l’&Eacute;glise parcourt dans le pr&eacute;sent, sans se cantonner aux mod&egrave;les, certes positifs, du pass&eacute;, mais en se laissant interpeller par des r&eacute;alit&eacute;s et des d&eacute;fis nouveaux, en dialogue avec toutes les autres composantes du corps eccl&eacute;sial.</p> 
<p>&nbsp;Tr&egrave;s chers amis, je vous remercie pour tout ce que vous &ecirc;tes et tout ce que vous faites. Les associations de fid&egrave;les et les mouvements eccl&eacute;siaux constituent un don inestimable pour l’&Eacute;glise. Il y a une grande richesse parmi vous, tant de personnes bien form&eacute;es et tant de bons &eacute;vang&eacute;lisateurs; tant de jeunes et de vocations diverses &agrave; la vie sacerdotale et au mariage. La diversit&eacute; des charismes, des dons et des m&eacute;thodes d’apostolat d&eacute;velopp&eacute;s au fil des ans vous permet d’&ecirc;tre pr&eacute;sents dans les domaines de la culture, de l’art, du social et du travail, en apportant partout la lumi&egrave;re de l’&Eacute;vangile. Pr&eacute;servez et, avec la gr&acirc;ce de Dieu, faites grandir tous ces dons! L’&Eacute;glise vous soutient et vous accompagne.</p> 
<p>Je vous b&eacute;nis de tout cœur en invoquant pour vous tous l’intercession de la Vierge Marie, M&egrave;re de l’&Eacute;glise. Merci.</p> 
<p>____________________</p> 
<p><i>L'Osservatore Romano</i></p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Présentation des Lettres de créances des ambassadeurs de : Sierra Leone, Bangladesh, Yémen, Rwanda, Namibie, Maurice, Tchad, Sri Lanka (21 mai 2026)]]></title><pubDate>Thu, 21 May 2026 09:30:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260521-ambasciatori.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260521-ambasciatori.html</guid><description><![CDATA[<!-- Thu, 21 May 2026 18:18:28 +0200 --> <p><i>Excellences, Mesdames et Messieurs,</i></p> 
<p>Je vous souhaite &agrave; tous la bienvenue &agrave; l’occasion de la pr&eacute;sentation des lettres de cr&eacute;ance qui vous accr&eacute;ditent en tant qu’ambassadeurs extraordinaires et pl&eacute;nipotentiaires aupr&egrave;s du Saint-Si&egrave;ge au nom de vos pays respectifs: la Sierra Leone, le Bangladesh, le Y&eacute;men, le Rwanda, la Namibie, Maurice, le Tchad et le Sri Lanka. Je vous prie de bien vouloir transmettre mes salutations respectueuses &agrave; vos chefs d’&Eacute;tat, ainsi que l’assurance de mes pri&egrave;res pour eux et pour vos concitoyens.</p> 
<p>Je suis particuli&egrave;rement heureux de vous recevoir alors que l’&Eacute;glise s’appr&ecirc;te &agrave; c&eacute;l&eacute;brer la Solennit&eacute; de la Pentec&ocirc;te, en rappelant comment le Saint-Esprit est descendu sur les disciples, transformant la peur en courage et la division en unit&eacute; en leur permettant de parler dans les langues de tous les peuples. J’esp&egrave;re qu’une vision similaire de l’unit&eacute; puisse inspirer le monde de la diplomatie, o&ugrave; des relations constructives entre les pays s’&eacute;panouissent gr&acirc;ce &agrave; une ouverture authentique, &agrave; la promotion du respect mutuel et &agrave; un sens partag&eacute; des responsabilit&eacute;s.</p> 
<p>&Agrave; cet &eacute;gard, je tiens &agrave; r&eacute;it&eacute;rer l’appel que j’ai lanc&eacute; dans mon <i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/january/documents/20260109-corpo-diplomatico.html">Discours aux membres du Corps diplomatique</a></i> en janvier dernier. &Agrave; une &eacute;poque o&ugrave; &laquo;la paix est recherch&eacute;e par les armes, comme condition pour affirmer sa propre domination&raquo;, il est urgent de revenir &agrave; une &laquo;diplomatie qui promeut le dialogue et recherche le consensus&raquo; &agrave; tous les niveaux — bilat&eacute;ral, r&eacute;gional et multilat&eacute;ral. Un tel dialogue, &laquo;anim&eacute; par une recherche sinc&egrave;re de voies susceptibles de conduire &agrave; la paix&raquo;, exige que les mots expriment &agrave; nouveau des r&eacute;alit&eacute;s claires, sans d&eacute;formation ni hostilit&eacute;. Ce n’est qu’alors que les malentendus pourront &ecirc;tre surmont&eacute;s et que la confiance pourra &ecirc;tre r&eacute;tablie dans le contexte des relations internationales.</p> 
<p>Pourtant, un dialogue courtois et clair, aussi essentiel soit-il, doit s’accompagner d’une conversion plus profonde du cœur: la volont&eacute; de mettre de c&ocirc;t&eacute; des int&eacute;r&ecirc;ts particuliers au nom du bien commun. Aucun pays, aucune soci&eacute;t&eacute; et aucun ordre international ne peuvent se dire justes et humains s’ils mesurent leur succ&egrave;s uniquement par la puissance ou la prosp&eacute;rit&eacute;, tout en n&eacute;gligeant ceux qui vivent en marge. En effet, l’amour du Christ pour les derniers et les oubli&eacute;s nous oblige &agrave; rejeter toute forme d’&eacute;go&iuml;sme qui rend invisibles les pauvres et les personnes vuln&eacute;rables (cf. Exhortation apostolique <i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/apost_exhortations/documents/20251004-dilexi-te.html">Dilexi te</a></i>, 4 octobre 2025, n. 9).</p> 
<p>C’est pr&eacute;cis&eacute;ment cet esprit de solidarit&eacute; d&eacute;sint&eacute;ress&eacute;e qui doit animer le service des diplomates et renforcer les organisations internationales, afin de cr&eacute;er des espaces de rencontre et de m&eacute;diation. Ces institutions restent des instruments indispensables pour r&eacute;soudre les diff&eacute;rends et favoriser la coop&eacute;ration. &Agrave; un moment o&ugrave; les tensions g&eacute;opolitiques continuent de fragmenter davantage notre monde, il est n&eacute;cessaire de les rendre plus repr&eacute;sentatives, plus efficaces et davantage tourn&eacute;es vers l’unit&eacute; de la famille humaine.</p> 
<p>Votre service en tant qu’ambassadeurs constitue un pr&eacute;cieux pont de confiance et de coop&eacute;ration entre vos pays et le Saint-Si&egrave;ge. Je prie pour que nos efforts communs contribuent &agrave; un engagement renouvel&eacute; dans les relations bilat&eacute;rales et multilat&eacute;rales et aident &agrave; attirer l’attention sur ceux qui sont souvent oubli&eacute;s, en marge de nos soci&eacute;t&eacute;s. Ainsi, nous pourrons œuvrer ensemble pour jeter des fondations plus solides en vue d’un monde plus juste, plus fraternel et plus pacifique.</p> 
<p>Alors que vous prenez vos nouvelles responsabilit&eacute;s, je vous assure de la disponibilit&eacute; de la Secr&eacute;tairerie d’&Eacute;tat &agrave; vous assister, en collaboration avec les Dicast&egrave;res de la <a href="https://www.vatican.va/content/romancuria/fr.index.html#segreteria-di-stato">Curie romaine</a>. Que votre mission renforce le dialogue, approfondisse la compr&eacute;hension mutuelle et contribue &agrave; la paix dont notre monde a tant besoin. Sur vous, vos proches et les pays que vous repr&eacute;sentez, j’invoque d’abondantes b&eacute;n&eacute;dictions de Dieu, confiant qu’Il vous guidera et vous soutiendra dans votre noble service. Merci!</p> 
<p>_______________________</p> 
<p><i>L'Osservatore Romano</i></p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Audience générale du 20 mai 2026. Catéchèse. Les Documents du Concile Vatican II III. La Constitution <i>Sacrosantum Concilium</i>, 1. La liturgie dans le mystère de l'Église]]></title><pubDate>Wed, 20 May 2026 10:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/audiences/2026/documents/20260520-udienza-generale.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/audiences/2026/documents/20260520-udienza-generale.html</guid><description><![CDATA[<!-- Wed, 27 May 2026 10:51:17 +0200 --> <p><b>Salut &agrave; Aram I<sup>er</sup> avant l’Audience g&eacute;n&eacute;rale&nbsp;:</b></p> 
<p>Je suis tr&egrave;s heureux de souhaiter la bienvenue &agrave; Sa Saintet&eacute; Aram Ier, Catholicos de Cilicie de l’&Eacute;glise apostolique arm&eacute;nienne, avec l’illustre d&eacute;l&eacute;gation qui l’accompagne. Cette visite fraternelle repr&eacute;sente une occasion importante de renforcer les liens d’unit&eacute; qui existent d&eacute;j&agrave; entre nous, alors que nous nous approchons de la pleine communion entre nos &Eacute;glises.&nbsp;</p> 
<p>Votre Saintet&eacute;, en ces journ&eacute;es de pr&eacute;paration &agrave; la Pentec&ocirc;te, j’invoque la gr&acirc;ce de l’Esprit Saint sur votre p&egrave;lerinage aux tombeaux des ap&ocirc;tres Pierre et Paul, et j’invite toutes les personnes pr&eacute;sentes &agrave; prier avec ferveur le Seigneur afin que votre visite et vos rencontres puissent constituer une &eacute;tape suppl&eacute;mentaire sur le chemin de la pleine unit&eacute;. Prions &eacute;galement pour la paix au Liban et au Moyen-Orient, d&eacute;chir&eacute;s une fois de plus par la violence et la guerre.</p> 
<p>Votre Saintet&eacute;, je d&eacute;sire exprimer ma gratitude particuli&egrave;re pour votre engagement personnel constant pour l’œcum&eacute;nisme, en particulier pour le dialogue th&eacute;ologique international entre l’Eglise catholique et les Eglises orthodoxes orientales.</p> 
<p>Bienvenue, Votre Saintet&eacute;, chers &eacute;v&ecirc;ques et chers amis! Ensemble, invoquons l’intercession de saint Gr&eacute;goire l’Illuminateur, saint Gr&eacute;goire de Nareg, saint Ners&egrave;s le gracieux, et, surtout, la Vierge M&egrave;re de Dieu, afin qu’ils puissent illuminer notre chemin vers la pl&eacute;nitude de l’unit&eacute; que nous d&eacute;sirons tous.</p> 
<p>________________________</p> 
<p><b>Cat&eacute;ch&egrave;se. Les Documents du Concile Vatican II&nbsp;III. La Constitution<i>&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html">Sacrosantum Concilium</a>,&nbsp;1. La liturgie dans le myst&egrave;re de l'&Eacute;glise</i></b></p> 
<p><i>Chers fr&egrave;res et sœurs, bonjour et bienvenue&nbsp;!</i></p> 
<p>Nous commen&ccedil;ons aujourd’hui, une s&eacute;rie de cat&eacute;ch&egrave;ses sur le premier Document promulgu&eacute; par le&nbsp;<a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm">Concile Vatican II</a> : La constitution sur la sainte liturgie, <i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html">Sacrosantum Concilium</a>&nbsp;(SC).</i></p> 
<p>En &eacute;laborant cette Constitution, les P&egrave;res conciliaires ont voulu non seulement entreprendre une r&eacute;forme des rites, mais aussi amener l’&Eacute;glise &agrave; contempler et &agrave; approfondir ce lien vivant qui la constitue et l’unit : le myst&egrave;re du Christ. La liturgie, en effet, touche au cœur m&ecirc;me de ce myst&egrave;re : elle est &agrave; la fois l’espace, le temps et le contexte dans lesquels l’&Eacute;glise re&ccedil;oit du Christ sa propre vie. En effet, dans la liturgie, &laquo; s’exerce l’œuvre de notre r&eacute;demption &raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html">SC</a></i>, 2), qui fait de nous une race &eacute;lue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple que Dieu s’est acquis (cf. 1 <i>P</i> 2, 9).</p> 
<p>Comme l’a montr&eacute; le triple renouveau – biblique, patristique et liturgique – qui a travers&eacute; l’&Eacute;glise au cours du XXe si&egrave;cle, le Myst&egrave;re en question ne d&eacute;signe pas une r&eacute;alit&eacute; obscure, mais le dessein salvifique de Dieu, cach&eacute; depuis l’&eacute;ternit&eacute; et r&eacute;v&eacute;l&eacute; en Christ, selon l’affirmation de saint Paul (cf. <i>Ep</i> 3, 3-6). Voici donc le Myst&egrave;re chr&eacute;tien : l’&eacute;v&eacute;nement pascal, c’est-&agrave;-dire la passion, la mort, la r&eacute;surrection et la glorification du Christ, qui nous est rendu sacramentellement pr&eacute;sent pr&eacute;cis&eacute;ment dans la liturgie, de sorte que chaque fois que nous participons &agrave; l’assembl&eacute;e r&eacute;unie &laquo; en son nom &raquo; (<i>Mt </i>18, 20), nous sommes plong&eacute;s dans ce Myst&egrave;re.</p> 
<p>Le Christ lui-m&ecirc;me est le principe int&eacute;rieur du myst&egrave;re de l’&Eacute;glise, peuple saint de Dieu, n&eacute; de son c&ocirc;t&eacute; transperc&eacute; sur la croix. Dans la sainte liturgie, par la puissance de son Esprit, il continue d’agir. Il sanctifie et associe l’&Eacute;glise, son &eacute;pouse, &agrave; son offrande au P&egrave;re. Il exerce son sacerdoce absolument unique, lui qui est pr&eacute;sent dans la Parole proclam&eacute;e, dans les Sacrements, dans les ministres qui c&eacute;l&egrave;brent, dans la communaut&eacute; rassembl&eacute;e et, au plus haut degr&eacute;, dans l’Eucharistie (cf. <i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html">SC</a></i>, 7). C’est ainsi que, selon saint Augustin (cf. <i>Serm</i>., 277), en c&eacute;l&eacute;brant l’Eucharistie, l’&Eacute;glise &laquo; re&ccedil;oit le Corps du Seigneur et devient ce qu’elle re&ccedil;oit &raquo; : elle devient le Corps du Christ, &laquo; demeure de Dieu par l’Esprit &raquo; (<i>Ep</i> 2, 22). Telle est &laquo; l’œuvre de notre r&eacute;demption &raquo;, qui nous configure au Christ et nous &eacute;difie dans la communion.</p> 
<p>Dans la sainte liturgie, cette communion se r&eacute;alise &laquo; par les rites et les pri&egrave;res &raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html">SC</a></i>, 48). La ritualit&eacute; de l’&Eacute;glise exprime sa foi – selon le c&eacute;l&egrave;bre adage <i>lex orandi, lex credendi</i> –, et fa&ccedil;onne en m&ecirc;me temps l’identit&eacute; eccl&eacute;siale : la Parole proclam&eacute;e, la c&eacute;l&eacute;bration du sacrement, les gestes, les silences, l’espace, tout cela repr&eacute;sente et donne forme au peuple convoqu&eacute; par le P&egrave;re, Corps du Christ, Temple du Saint-Esprit. Chaque c&eacute;l&eacute;bration devient ainsi une v&eacute;ritable &eacute;piphanie de l’&Eacute;glise en pri&egrave;re, comme l’a rappel&eacute; saint Jean-Paul II (Lettre apostolique <i><a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/apost_letters/1988/documents/hf_jp-ii_apl_19881204_vicesimus-quintus-annus.html">Vicesimus quintus annus</a></i>, 9).</p> 
<p>Si la liturgie est au service du myst&egrave;re du Christ, on comprend pourquoi elle a &eacute;t&eacute; d&eacute;finie comme &laquo;&nbsp;le sommet vers lequel tend l’action de l’&Eacute;glise et, en m&ecirc;me temps, la source d’o&ugrave; jaillit toute son &eacute;nergie&nbsp;&raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html">SC</a>,</i> 10). Il est vrai que l’action de l’&Eacute;glise ne se limite pas &agrave; la seule liturgie, mais toutes ses activit&eacute;s (la pr&eacute;dication, le service des pauvres, l’accompagnement des r&eacute;alit&eacute;s humaines) convergent vers ce &laquo; sommet &raquo;. &Agrave; l’inverse, la liturgie soutient les fid&egrave;les en les plongeant sans cesse dans la P&acirc;que du Seigneur et, par cons&eacute;quent, &agrave; travers la proclamation de la Parole, la c&eacute;l&eacute;bration des sacrements et la pri&egrave;re commune, ils sont fortifi&eacute;s, encourag&eacute;s et renouvel&eacute;s dans leur engagement de foi et dans leur mission. En d’autres termes, la participation des fid&egrave;les &agrave; l’action liturgique est &agrave; la fois &laquo; int&eacute;rieure &raquo; et &laquo; ext&eacute;rieure &raquo;.</p> 
<p>Cela signifie &eacute;galement qu’elle est appel&eacute;e &agrave; se d&eacute;ployer concr&egrave;tement tout au long de la vie quotidienne, dans une dynamique &eacute;thique et spirituelle, de sorte que la liturgie c&eacute;l&eacute;br&eacute;e se traduise en vie et exige une existence fid&egrave;le, capable de concr&eacute;tiser ce qui a &eacute;t&eacute; v&eacute;cu dans la c&eacute;l&eacute;bration : c’est ainsi que notre vie devient &laquo; un sacrifice vivant, saint et agr&eacute;able &agrave; Dieu &raquo;, r&eacute;alisant notre &laquo; culte spirituel &raquo; (<i>Rm</i> 12, 1).</p> 
<p>Ainsi, &laquo;la liturgie &eacute;difie chaque jour ceux qui sont au-dedans pour en faire un temple saint dans le Seigneur &raquo; (<i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html">SC</a></i>, 2), et forme une communaut&eacute; ouverte et accueillante envers tous. Elle est en effet habit&eacute;e par l’Esprit Saint, elle nous introduit dans la vie du Christ, elle fait de nous son Corps et, dans toutes ses dimensions, elle repr&eacute;sente un signe de l’unit&eacute; de toute l’humanit&eacute; en Christ. Comme le disait le pape Fran&ccedil;ois, &laquo; le monde ne le sait pas encore, mais tous sont<i> invit&eacute;s au repas des noces de l’Agneau</i> (<i>Ap</i> 19, 9) &raquo; (Lettre apostolique <i><a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_letters/documents/20220629-lettera-ap-desiderio-desideravi.html">Desiderio desideravi</a></i>, 5).</p> 
<p>Tr&egrave;s chers, laissons-nous fa&ccedil;onner int&eacute;rieurement par les rites, les symboles, les gestes et surtout par la pr&eacute;sence vivante du Christ dans la liturgie, que nous aurons encore l’occasion d’approfondir lors des prochaines cat&eacute;ch&egrave;ses.</p> 
<p style="text-align: center;">* * *</p> 
<p>Je salue cordialement les p&egrave;lerins de langue fran&ccedil;aise venus du S&eacute;n&eacute;gal, de C&ocirc;te d’Ivoire et de France en particulier les &eacute;l&egrave;ves des diverses &eacute;coles.</p> 
<p>Chers amis, laissons-nous transformer int&eacute;rieurement au cours de la liturgie, par les rites, les symboles, les gestes, les silences et surtout par la pr&eacute;sence vivante du Christ.</p> 
<p>Que l’Esprit Saint vous comble de ses dons&nbsp;! Je vous b&eacute;nis de tout cœur.</p> 
<p>_______________________</p> 
<p><b>R&eacute;sum&eacute; de la cat&eacute;ch&egrave;se du Saint-P&egrave;re</b></p> 
<p><i>Chers fr&egrave;res et sœurs, bonjour et bienvenue&nbsp;!</i></p> 
<p>Nous abordons aujourd’hui une s&eacute;rie de cat&eacute;ch&egrave;ses sur le premier document promulgu&eacute; par le Concile Vatican II, <i><a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19631204_sacrosanctum-concilium_fr.html">Sacrosantum Concilium</a></i>, portant sur la liturgie. Les P&egrave;res conciliaires ont voulu amener l’&Eacute;glise &agrave; contempler et &agrave; approfondir ce lien vivant qui la constitue et l’unit au myst&egrave;re du Christ.</p> 
<p>La liturgie, en effet, touche au cœur m&ecirc;me du myst&egrave;re du Christ : elle est &agrave; la fois l’espace, le temps et le contexte dans lesquels l’&Eacute;glise re&ccedil;oit du Christ sa vie m&ecirc;me. Or ce myst&egrave;re ne d&eacute;signe pas une r&eacute;alit&eacute; obscure, mais le dessein salvifique de Dieu, cach&eacute; depuis l’&eacute;ternit&eacute; et r&eacute;v&eacute;l&eacute; dans le Christ. Celui-ci continue &agrave; agir, &agrave; sanctifier et &agrave; associer l’&Eacute;glise, son &eacute;pouse, &agrave; son offrande au P&egrave;re. Il exerce ainsi son sacerdoce absolument unique, Lui qui est pr&eacute;sent dans la Parole proclam&eacute;e, dans les sacrements, dans les ministres qui c&eacute;l&egrave;brent, dans les gestes, les paroles, les silences et l’espace, dans la communaut&eacute; rassembl&eacute;e et, au plus haut degr&eacute;, dans l’Eucharistie qui nous configure au Christ et &eacute;difie l’&Eacute;glise dans la communion.</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Sa Sainteté Aram I<sup>er</sup>, Catholicos de l’Église apostolique arménienne - Siège de Cicilie (Liban) (18 mai 2026)]]></title><pubDate>Mon, 18 May 2026 09:30:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260518-chiesa-armena.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260518-chiesa-armena.html</guid><description><![CDATA[<!-- Tue, 19 May 2026 14:05:25 +0200 --> <p><i>Saintet&eacute;, cher Fr&egrave;re,</i></p> 
<p>&laquo;&Agrave; vous gr&acirc;ce et paix de par Dieu notre P&egrave;re et le Seigneur J&eacute;sus Christ&raquo; (Ep 1, 2). Avec le salut de l’ap&ocirc;tre Paul, je vous souhaite la bienvenue, Saintet&eacute;, ainsi qu’aux &eacute;minents membres de votre d&eacute;l&eacute;gation, au d&eacute;but de votre visite &agrave; l’&Eacute;glise de Rome.</p> 
<p>Pourrait-il y avoir un lien spirituel plus grand entre nos &Eacute;glises que celui de l’ap&ocirc;tre Paul de Tarse, n&eacute; en Cilicie, lieu de votre Si&egrave;ge, et qui re&ccedil;ut la couronne du martyre ici, &agrave; Rome? &Agrave; saint Paul, l’ap&ocirc;tre par excellence de la communion entre les &Eacute;glises, je confie votre p&egrave;lerinage &agrave; Rome. Mais comment pourrais-je manquer de mentionner &eacute;galement les grands saints de l’&Eacute;glise qui ont œuvr&eacute; pour l’unit&eacute; des chr&eacute;tiens? Ma pens&eacute;e va &agrave; saint Nerses le Gracieux, Catholicos de Cilicie, qui peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme le pionnier de l’œcum&eacute;nisme, et dont la r&eacute;cente insertion dans le Martyrologe romain est un exemple suppl&eacute;mentaire de l’&laquo;œcum&eacute;nisme des saints&raquo; qui unit d&eacute;j&agrave; nos &Eacute;glises.</p> 
<p>Situ&eacute; au carrefour de divers peuples et cultures, le Catholicossat du Saint Si&egrave;ge de Cilicie se caract&eacute;rise depuis longtemps par sa vocation œcum&eacute;nique, en particulier &agrave; l’&eacute;gard de l’&Eacute;glise de Rome. Cette relation sp&eacute;ciale entre nos &Eacute;glises, qui fut particuli&egrave;rement intense au Moyen &Acirc;ge, a connu de nouveaux d&eacute;veloppements au XX<sup>e</sup> si&egrave;cle, et surtout apr&egrave;s le <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm">Concile Vatican II</a>.</p> 
<p>Je n’oublie pas que votre v&eacute;n&eacute;rable pr&eacute;d&eacute;cesseur, le Catholicos Khoren Ier, fut le premier primat d’une &Eacute;glise orthodoxe orientale &agrave; visiter Rome apr&egrave;s le Concile, d&egrave;s mai 1967. Vous, Saintet&eacute;, vous distinguez par votre z&egrave;le inlassable, tant au niveau local, en tant que l’un des fondateurs du Conseil des &Eacute;glises du Moyen-Orient, qu’au niveau international, au sein du Conseil œcum&eacute;nique des &Eacute;glises, o&ugrave; vous avez occup&eacute; des fonctions importantes.</p> 
<p>Je vous suis profond&eacute;ment reconnaissant pour vos efforts en vue de favoriser des relations avec l’&Eacute;glise catholique et pour votre proximit&eacute; avec l’&Eacute;glise de Rome, que vous avez visit&eacute;e pour la premi&egrave;re fois en tant que Catholicos au cours de la Semaine de pri&egrave;re pour l’unit&eacute; des chr&eacute;tiens en 1997, et que vous avez honor&eacute;e de votre pr&eacute;sence en de nombreuses occasions depuis.</p> 
<p>Je vous remercie en particulier pour votre engagement personnel en vue de promouvoir le dialogue th&eacute;ologique entre nos &Eacute;glises qui se d&eacute;roule depuis 2003 dans le cadre de la <a href="https://www.christianunity.va/content/unitacristiani/fr/dialoghi/sezione-orientale/chiese-ortodosse-orientali/commissione-mista-internazionale-per-il-dialogo-teologico-tra-la.html">Commission mixte internationale pour le dialogue th&eacute;ologique entre l’&Eacute;glise catholique et les &Eacute;glises orthodoxes orientales</a>. Ce dialogue, qui b&eacute;n&eacute;ficie de la contribution pr&eacute;cieuse des d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s arm&eacute;niens, a d&eacute;j&agrave; conduit &agrave; la publication de trois documents importants sur la nature et sur la mission de l’&Eacute;glise, sur la communion dans l’&Eacute;glise primitive et sur les sacrements. J’esp&egrave;re sinc&egrave;rement que, en d&eacute;pit des r&eacute;centes difficult&eacute;s, ce dialogue se poursuivra avec une vigueur renouvel&eacute;e, car la communion entre nos &Eacute;glises ne peut &ecirc;tre restaur&eacute;e sans unit&eacute; dans la foi.</p> 
<p>Votre pr&eacute;sence parmi nous rappelle &agrave; l’esprit le bien-aim&eacute; pays dont vous provenez, et que j’ai eu la joie de visiter en d&eacute;cembre dernier. Cette terre du Liban, si ch&egrave;re &agrave; mon cœur, qui depuis si longtemps a montr&eacute; au monde entier qu’il est possible pour des personnes de cultures et de religions diverses de vivre ensemble en tant qu’unique nation, continue d’affronter des &eacute;preuves difficiles. &Agrave; un moment o&ugrave; l’unit&eacute; et l’int&eacute;grit&eacute; de votre pays sont &agrave; nouveau menac&eacute;es, nos &Eacute;glises sont appel&eacute;es &agrave; renforcer les liens fraternels qui unissent les chr&eacute;tiens non seulement entre eux, mais aussi avec leurs fr&egrave;res et sœurs d’autres communaut&eacute;s dans leur patrie commune. Saintet&eacute;, je vous assure de mes pri&egrave;res quotidiennes et de la profonde pr&eacute;occupation qui est la mienne pour le peuple du Liban et pour les &Eacute;glises du Moyen-Orient, auxquelles vous consacrerez une conf&eacute;rence lors de votre s&eacute;jour &agrave; Rome.&nbsp;</p> 
<p>En ces jours qui pr&eacute;c&egrave;dent la solennit&eacute; de la Pentec&ocirc;te, alors que nous nous pr&eacute;parons &agrave; revivre le myst&egrave;re du miracle de la descente de l’Esprit Saint sur l’&Eacute;glise naissante, je suis reconnaissant de pouvoir prier, apr&egrave;s cette rencontre, avec vous, Saintet&eacute;, l’Esprit, le Seigneur qui donne la vie, afin qu’il nous accorde le don de l’unit&eacute;, qu’il nous donne une paix durable et renouvelle la face de la terre.</p> 
<p>___________________</p> 
<p><i>L'Osservatore Romano</i></p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Regina Caeli, 17 mai 2026]]></title><pubDate>Sun, 17 May 2026 12:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/angelus/2026/documents/20260517-regina-caeli.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/angelus/2026/documents/20260517-regina-caeli.html</guid><description><![CDATA[<!-- Sun, 17 May 2026 12:45:56 +0200 --> <p><i>Chers fr&egrave;res et sœurs, bon dimanche !</i></p> 
<p>Aujourd'hui, dans de nombreux pays du monde, on c&eacute;l&egrave;bre la solennit&eacute; de l'Ascension du Seigneur.</p> 
<p>L’image de J&eacute;sus — comme le dit le texte biblique (cf.&nbsp;<i>Ac</i>&nbsp;1, 1-11) — s’&eacute;levant de la terre et montant vers le Ciel peut nous faire percevoir ce Myst&egrave;re comme un &eacute;v&eacute;nement lointain. En r&eacute;alit&eacute;, il n’en est rien. En effet, nous sommes unis &agrave; J&eacute;sus, comme les membres &agrave; la t&ecirc;te, en un seul corps, et son ascension au Ciel nous attire aussi, avec Lui, vers la pleine communion avec le P&egrave;re. Saint Augustin disait &agrave; ce sujet : &laquo; Le fait que la t&ecirc;te s’en aille constitue l’esp&eacute;rance des membres &raquo; (<i>Sermon 265</i>, 1.2).</p> 
<p>Toute la vie du Christ, &agrave; travers son humanit&eacute;, est un mouvement ascendant qui embrasse et englobe toute la r&eacute;alit&eacute; du monde, &eacute;levant et rachetant l’homme de sa condition p&eacute;cheresse, apportant lumi&egrave;re, pardon et esp&eacute;rance l&agrave; o&ugrave; r&eacute;gnaient les t&eacute;n&egrave;bres, l’injustice et le d&eacute;sespoir, afin de parvenir &agrave; la victoire d&eacute;finitive de P&acirc;ques, o&ugrave; le Fils de Dieu &laquo; en mourant a d&eacute;truit notre mort, en ressuscitant nous a rendu la vie &raquo; (<i>Pr&eacute;face pascale I</i>).</p> 
<p>L’Ascension ne nous parle donc pas d’une promesse lointaine, mais d’un lien vivant, qui nous attire, nous aussi, vers la gloire c&eacute;leste, &eacute;largissant et &eacute;levant d&egrave;s cette vie notre horizon et rapprochant toujours davantage notre fa&ccedil;on de penser, de ressentir et d’agir de la mesure du cœur de Dieu.</p> 
<p>Et nous connaissons le chemin de cette ascension (cf.&nbsp;<i>Jn</i>&nbsp;14, 1-6). Nous le trouvons en J&eacute;sus, dans le don de sa vie, dans ses exemples et ses enseignements, tout comme nous le voyons trac&eacute; dans la Vierge Marie et chez les saints : ceux que l’&Eacute;glise nous propose comme mod&egrave;les universels et ceux – comme aimait les appeler le pape Fran&ccedil;ois – &laquo; de la porte d’&agrave; c&ocirc;t&eacute; &raquo; (cf. Exhort. ap.&nbsp;<i><a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20180319_gaudete-et-exsultate.html#7">Gaudete et exsultate</a></i>, n. 7), avec lesquels nous partageons notre quotidien&nbsp;: p&egrave;res, m&egrave;res, grands-parents, personnes de tous &acirc;ges et de toutes conditions, qui, avec joie et engagement, s’efforcent sinc&egrave;rement de vivre selon l’&Eacute;vangile.</p> 
<p>Avec eux, gr&acirc;ce &agrave; leur soutien et &agrave; leurs pri&egrave;res, nous pouvons nous aussi apprendre &agrave; monter jour apr&egrave;s jour vers le Ciel, en tournant nos pens&eacute;es, comme le dit saint Paul, vers tout &laquo; ce qui est vrai […], juste, […] digne d’&ecirc;tre aim&eacute; &raquo; (<i>Ph&nbsp;</i>4, 8) et en mettant en pratique, avec l’aide de Dieu, ce que nous avons &laquo; vu et entendu&nbsp;&raquo; (v. 9), en faisant grandir, en nous et autour de nous, la vie divine que nous avons re&ccedil;ue au bapt&ecirc;me et qui nous attire constamment vers le Ciel, vers le P&egrave;re, et en r&eacute;pandant dans le monde les fruits pr&eacute;cieux de la communion et de la paix.</p> 
<p>Que Marie, Reine du Ciel, nous aide et &eacute;claire et guide notre chemin &agrave; chaque instant.</p> 
<p>______________________</p> 
<p><b>&Agrave; l'issue du&nbsp;<i>Regina Caeli</i></b></p> 
<p>Chers fr&egrave;res et sœurs,</p> 
<p>dans de nombreux pays, se tient aujourd’hui la Journ&eacute;e Mondiale des Communications Sociales, que j’ai souhait&eacute; consacrer cette ann&eacute;e au th&egrave;me &laquo; Pr&eacute;server les voix et les visages humains &raquo;. &Agrave; l’heure de l’intelligence artificielle, j’encourage chacun &agrave; s’engager &agrave; promouvoir des formes de communication qui respectent toujours la v&eacute;rit&eacute; de l’homme, vers laquelle doit tendre toute innovation technologique.</p> 
<p>La semaine&nbsp;<i>Laudato si’</i>, consacr&eacute;e &agrave; la sauvegarde de la cr&eacute;ation et inspir&eacute;e de l’encyclique du pape Fran&ccedil;ois, se d&eacute;roule de ce jour jusqu’&agrave; dimanche prochain. En cette ann&eacute;e jubilaire de saint Fran&ccedil;ois d’Assise, rappelons-nous son message de paix avec Dieu, avec nos fr&egrave;res et avec toutes les cr&eacute;atures. Malheureusement, ces derni&egrave;res ann&eacute;es, en raison des guerres, les progr&egrave;s dans ce domaine ont &eacute;t&eacute; consid&eacute;rablement ralentis. C’est pourquoi j’encourage les membres du Mouvement&nbsp;<i>Laudato si’</i>&nbsp;et tous ceux qui œuvrent pour une &eacute;cologie int&eacute;grale &agrave; renouveler leur engagement. Prendre soin de la paix, c’est prendre soin de la vie !</p> 
<p>Je vous salue tous, chers fid&egrave;les de Rome et p&egrave;lerins venus de diff&eacute;rents pays ! Je souhaite tout particuli&egrave;rement la bienvenue &agrave; plusieurs fanfares venues d’Allemagne, &agrave; la Confr&eacute;rie &laquo; Sant’Antonu di u Monti &raquo; d’Ajaccio et au groupe d’&eacute;tudiants de l’Universit&eacute; du Montana, aux &Eacute;tats-Unis d’Am&eacute;rique.</p> 
<p>Je salue les jeunes d’Oppido Mamertina, les animateurs de Lorenzaga du dioc&egrave;se de Concordia-Pordenone et les jeunes confirmands du dioc&egrave;se de G&ecirc;nes.</p> 
<p>Je souhaite &agrave; chacun un bon dimanche !</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Chapelle papale pour les obsèques du Cardinal Paul Emil Tscherrig (15 mai 2026)]]></title><pubDate>Fri, 15 May 2026 16:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/homilies/2026/documents/20260515-esequie-tscherrig.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/homilies/2026/documents/20260515-esequie-tscherrig.html</guid><description><![CDATA[<!-- Fri, 15 May 2026 17:21:17 +0200 --> <p><i>Chers fr&egrave;res et sœurs,</i></p> 
<p>r&eacute;unis autour de l’autel, accompagnons notre fr&egrave;re Paul Emil Tscherrig, Cardinal, au moment o&ugrave; il se pr&eacute;sente devant le Seigneur pour recevoir la r&eacute;compense du bien accompli au cours de cette vie et le pardon des manquements que la fragilit&eacute; humaine a pu causer.</p> 
<p>C’est le moment solennel et grandiose de la rencontre avec le Seigneur qu’il a g&eacute;n&eacute;reusement servi, avec l’Ami &agrave; c&ocirc;t&eacute; duquel il a fid&egrave;lement march&eacute; pendant toute une existence, dont plus de la moiti&eacute; a &eacute;t&eacute; consacr&eacute;e au service du Si&egrave;ge Apostolique dans diverses Repr&eacute;sentations Pontificales et au sein de la Secr&eacute;tairerie d’&Eacute;tat.</p> 
<p>Il a contribu&eacute;, par un travail souvent discret, mais n&eacute;anmoins assidu et laborieux, typique du minist&egrave;re qu’il a exerc&eacute;, &agrave; la croissance de ce Royaume dont la premi&egrave;re lecture nous a parl&eacute; de son plein accomplissement : Royaume o&ugrave; la mer du chaos n’est plus et o&ugrave; resplendit au contraire la nouvelle J&eacute;rusalem, &eacute;difi&eacute;e sur le fondement des Ap&ocirc;tres, illumin&eacute;e par la lumi&egrave;re de l’Agneau et embellie par les m&eacute;rites des Saints.</p> 
<p>Son engagement en tant que Diplomate, et avant cela en tant que Pasteur de l’&Eacute;glise, a vu notre fr&egrave;re travailler pendant de nombreuses ann&eacute;es, avec patience et abn&eacute;gation, afin de rassembler dans la concorde les peuples que l’ob&eacute;issance a confi&eacute;s &agrave; ses soins (cf. <i>Ps </i>121), en affrontant &eacute;galement les obstacles et les d&eacute;fis qu’un Repr&eacute;sentant Pontifical est appel&eacute; &agrave; relever pour le bien de tous. Il a accompli sa mission d’abord en tant que collaborateur dans diff&eacute;rentes Nonciatures, jusqu’&agrave; sa nomination, en 1996, au poste de Nonce Apostolique au Burundi ; puis &agrave; Trinit&eacute;-et-Tobago et dans plusieurs pays des Cara&iuml;bes, en Cor&eacute;e du Sud, puis en Su&egrave;de, au Danemark, en Finlande, en Islande et en Norv&egrave;ge, pour arriver, en 2017, en Italie et &agrave; Saint-Marin. Une vaste exp&eacute;rience eccl&eacute;siale et internationale, qui t&eacute;moigne de sa disponibilit&eacute; et de sa capacit&eacute; d’adaptation, dans sa charit&eacute; de Pasteur, &agrave; des environnements tr&egrave;s diff&eacute;rents les uns des autres : des lieux et des peuples vers lesquels il a &eacute;t&eacute; envoy&eacute;, au nom du Saint-P&egrave;re, pour tisser des relations de communion entre les &Eacute;glises locales et le Si&egrave;ge Apostolique, ainsi que pour renforcer les liens d’amiti&eacute;.</p> 
<p>Le Cardinal Paul Emil rencontre d&eacute;sormais son Seigneur, l’Alpha et l’Om&eacute;ga, le commencement et la fin de son existence (cf. <i>Ap</i> 21, 6). Nous l’accompagnons dans ce passage myst&eacute;rieux, &eacute;clair&eacute; par le Myst&egrave;re pascal, en offrant pour lui le Sacrifice Eucharistique et nos pri&egrave;res ; et nous voulons faire de ce moment une occasion de r&eacute;flexion et d’encouragement, afin de mettre &agrave; profit le bien dont il a &eacute;t&eacute;, par la gr&acirc;ce de Dieu, le dispensateur, avec foi et d&eacute;vouement.</p> 
<p>Le <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr.html">Pape Fran&ccedil;ois</a> – que le Cardinal Tscherrig avait connu lorsqu’il &eacute;tait Archev&ecirc;que de Buenos Aires –, dans un discours adress&eacute; aux Diplomates, les invitait &agrave; faire fleurir l’esp&eacute;rance autour d’eux, en r&eacute;ponse au d&eacute;sir et &agrave; l’attente de bien des peuples (<i><a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2025/january/documents/20250109-corpo-diplomatico.html">Discours au Corps diplomatique</a></i>, 9 janvier 2025). C’est une invitation que nous pouvons nous aussi relever aujourd’hui, pour la mettre en pratique chacun l&agrave; o&ugrave; il est appel&eacute; &agrave; servir et &agrave; aimer ses fr&egrave;res. Notre monde a grand besoin de messagers qui l’aident &agrave; retrouver la confiance, et le bon t&eacute;moignage de ceux que Dieu a choisis comme ses ministres peut nous soutenir dans la r&eacute;ponse &agrave; cet appel.</p> 
<p>Cependant, face au myst&egrave;re de la mort, nous voulons aussi rappeler que, au-del&agrave; des &eacute;v&eacute;nements de ce monde, pour le bien duquel nous sommes appel&eacute;s &agrave; nous d&eacute;penser dans cette vie, le fondement ultime de toute notre esp&eacute;rance se situe au-del&agrave; de l’histoire et repose sur la P&acirc;que du Christ, sur sa victoire glorieuse sur le p&eacute;ch&eacute; et sur la mort.</p> 
<p>L’&Eacute;vangile nous a rappel&eacute; comment J&eacute;sus, peu avant sa Passion, en a pr&eacute;figur&eacute; le myst&egrave;re en ramenant &agrave; la vie son ami Lazare, dont la lib&eacute;ration du tombeau est un signe &agrave; contempler avec foi, pour en saisir le message profond. Un signe que nous pouvons retrouver dans les nombreux miracles de r&eacute;surrection que la charit&eacute; accomplit &eacute;galement &agrave; travers notre minist&egrave;re et notre engagement quotidien pour l’&Eacute;vangile. Tout cela, cependant, nous parle du plus grand miracle : celui de la r&eacute;surrection pour la vie &eacute;ternelle, qui couronne tous les efforts et le travail de cette vie et en accomplit les &eacute;v&eacute;nements au-del&agrave; des limites du temps.</p> 
<p>Cela nous renvoie &eacute;galement &agrave; la dimension essentielle de la mission de l’&Eacute;glise, qui embrasse et illumine tous les niveaux de son action terrestre. En effet, elle œuvre dans le temps, mais le but de ses efforts se situe au-del&agrave; des r&eacute;alit&eacute;s de ce monde, visant &agrave; &laquo; tout ramener sous l’autorit&eacute; du Christ, lui qui est le chef supr&ecirc;me &raquo; (<i>Eph </i>1,10), et &agrave; la &laquo; r&eacute;demption compl&egrave;te de ceux que Dieu s’est acquis &raquo; (v. 14).</p> 
<p>C’est dans cette grande lumi&egrave;re que nous saluons notre tr&egrave;s cher Cardinal Paul Emil Tscherrig, tandis que dans notre cœur, nous ressentons comme adress&eacute;es &agrave; nous les paroles de J&eacute;sus &agrave; Marthe : &laquo; Ton fr&egrave;re ressuscitera &raquo; (<i>Jn</i> 11, 23), &laquo; Je suis la r&eacute;surrection et la vie &raquo; (v. 25). Nous les &eacute;coutons avec celles que le Cardinal lui-m&ecirc;me avait choisies, il y a trente ans, comme devise &agrave; l’occasion de son Ordination &Eacute;piscopale : &laquo; <i>Spes mea Christus</i> &raquo;. Le Christ, notre Seigneur, a &eacute;t&eacute; son esp&eacute;rance tout au long de sa vie : une esp&eacute;rance qui ne l’a pas d&eacute;&ccedil;u, car elle &eacute;tait enracin&eacute;e dans l’amour que Dieu a mis dans son cœur par le Saint-Esprit (cf. <i>Rm</i> 5,5) et qui s’accomplit aujourd’hui pour toujours.</p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Lettre encyclique du Saint-Père Léon XIV <i>Magnifica Humanitas</i> (15 mai 2026)]]></title><pubDate>Fri, 15 May 2026 11:30:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html</guid><description><![CDATA[<!-- Mon, 25 May 2026 14:35:58 +0200 --> <p><b><a href="#INTRODUCTION">INTRODUCTION</a></b></p> 
<p><a href="#Les_res_novae_de_notre_&eacute;poque">Les <i>res novae</i> de notre &eacute;poque</a><br /> <i><a href="#Deux_ic&ocirc;nes_bibliques">Deux ic&ocirc;nes bibliques</a><br /> <a href="#&Eacute;difier_dans_le_bien">&Eacute;difier dans le bien</a><br /> <a href="#Rester_humains">Rester humains</a></i></p> 
<p><b><a href="#Chapitre_1">Chapitre 1</a></b></p> 
<p><b><a href="#Chapitre_1">UNE PENS&Eacute;E DYNAMIQUE FID&Egrave;LE &Agrave; L’&Eacute;VANGILE</a></b></p> 
<p><a href="#Une_&Eacute;glise_en_marche_dans_l’histoire_de_l’humanit&eacute;_">Une &Eacute;glise en chemin dans l’histoire de l’humanit&eacute;</a></p> 
<p style="margin-left: 40px;"><i><a href="#La_sagesse_de_la_Parole_et_le_dialogue_avec_les_sciences_humaines">La sagesse de la Parole et le dialogue avec les sciences humaines<br /> </a><a href="#La_Doctrine_sociale_comme_discernement_communautaire">La Doctrine sociale comme discernement communautaire</a></i></p> 
<p><a href="#L’&eacute;volution_du_Magist&egrave;re_social_de_L&eacute;on_XIII_&agrave;_nos_jours">L’&eacute;volution du Magist&egrave;re social de L&eacute;on XIII &agrave; nos jours</a></p> 
<p style="margin-left: 40px;"><i><a href="#Les_premiers_pas_de_la_Doctrine_sociale_de_l’&Eacute;glise">Les premiers pas de la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise<br /> </a><a href="#Les_ann&eacute;es_du_Concile_Vatican_II">Les ann&eacute;es du Concile Vatican II<br /> </a><a href="#Le_Magist&egrave;re_r&eacute;cent">Le Magist&egrave;re r&eacute;cent</a></i></p> 
<p><a href="#Une_lecture_de_l’histoire_&agrave;_la_lumi&egrave;re_de_la_foi">Une lecture de l’histoire &agrave; la lumi&egrave;re de la foi</a></p> 
<p><b><a href="#Chapitre_2">Chapitre 2</a></b></p> 
<p><b><a href="#Chapitre_2">FONDEMENTS ET PRINCIPES DE LA DOCTRINE SOCIALE DE L’&Eacute;GLISE</a></b></p> 
<p><a href="#Les_fondements_de_la_Doctrine_sociale">Les fondements de la Doctrine sociale</a></p> 
<p style="margin-left: 40px;"><i><a href="#L’&ecirc;tre_humain,_image_du_Dieu_trinitaire">L’&ecirc;tre humain, image du Dieu trinitaire<br /> </a><a href="#L’&eacute;gale_dignit&eacute;_de_tous_les_&ecirc;tres_humains">L’&eacute;gale dignit&eacute; de tous les &ecirc;tres humains<br /> </a><a href="#La_valeur_supr&ecirc;me_des_droits_de_l’homme">La valeur supr&ecirc;me des droits de l’homme</a></i></p> 
<p><a href="#Les_principes_de_la_Doctrine_sociale">Les principes de la Doctrine sociale</a></p> 
<p style="margin-left: 40px;"><i><a href="#Le_principe_du_bien_commun">Le principe du bien commun<br /> </a><a href="#Le_principe_de_la_destination_universelle_des_biens">Le principe de la destination universelle des biens<br /> </a><a href="#Le_principe_de_subsidiarit&eacute;">Le principe de subsidiarit&eacute;<br /> </a><a href="#Le_principe_de_solidarit&eacute;">Le principe de solidarit&eacute;<br /> </a><a href="#Le_principe_de_la_justice_sociale">Le principe de justice sociale</a></i></p> 
<p><a href="#Le_d&eacute;veloppement_humain_int&eacute;gral">Le d&eacute;veloppement humain int&eacute;gral</a><br /> <a href="#Un_examen_pour_l’&Eacute;glise">Un examen pour l’&Eacute;glise</a></p> 
<p><b><a href="#Chapitre_3">Chapitre 3</a></b></p> 
<p><b><a href="#Chapitre_3">TECHNIQUE ET MA&Icirc;TRISE</a></b></p> 
<p><b><a href="#Chapitre_3">LA GRANDEUR DE LA PERSONNE HUMAINE FACE AUX PROMESSES DE L’IA</a></b></p> 
<p><a href="#Le_paradigme_technocratique_et_le_pouvoir_num&eacute;rique">Le paradigme technocratique et le pouvoir num&eacute;rique</a><br /> <a href="#L’intelligence_artificielle">L’intelligence artificielle</a></p> 
<p style="margin-left: 40px;"><i><a href="#Une_aide_pr&eacute;cieuse_qui_requiert_de_l’attention">Une aide pr&eacute;cieuse qui requiert de l’attention<br /> </a><a href="#Responsabilit&eacute;,_transparence_et_gouvernance_de_l’IA">Responsabilit&eacute;, transparence et gouvernance de l’IA</a></i></p> 
<p><a href="#Ce_que_nous_ne_pouvons_pas_perdre">Ce que nous ne pouvons pas perdre</a></p> 
<p style="margin-left: 40px;"><i><a href="#R&eacute;cits_de_fond&nbsp;:_transhumanisme_et_posthumanisme">R&eacute;cits de fond&nbsp;: transhumanisme et posthumanisme<br /> </a><a href="#La_limite,_le_cœur,_la_grandeur_de_l’&ecirc;tre_humain">La limite, le cœur, la grandeur de l’&ecirc;tre humain</a></i></p> 
<p><a href="#Le_v&eacute;ritable_“plus_qu’humain”&nbsp;:_gr&acirc;ce_et_humanisme_chr&eacute;tien">Le v&eacute;ritable “plus qu’humain”&nbsp;: gr&acirc;ce et humanisme chr&eacute;tien</a><br /> <a href="#Deux_cit&eacute;s_et_deux_amours">Deux cit&eacute;s et deux amours</a></p> 
<p><b><a href="#Chapitre_4">Chapitre 4</a></b></p> 
<p><b><a href="#Chapitre_4">PR&Eacute;SERVER L’HUMAIN DANS LA TRANSFORMATION</a></b></p> 
<p><b><a href="#Chapitre_4">V&Eacute;RIT&Eacute;, TRAVAIL, LIBERT&Eacute;</a></b></p> 
<p><a href="#La_v&eacute;rit&eacute;_comme_bien_commun">La v&eacute;rit&eacute; comme bien commun</a></p> 
<p style="margin-left: 40px;"><i><a href="#V&eacute;rit&eacute;_et_d&eacute;mocratie_">V&eacute;rit&eacute; et d&eacute;mocratie<br /> </a><a href="#Communication_et_imaginaire_collectif">Communication et imaginaire collectif<br /> </a><a href="#Pour_une_&eacute;cologie_de_la_communication_">Pour une &eacute;cologie de la communication<br /> </a><a href="#Une_alliance_&eacute;ducative_pour_l’&egrave;re_num&eacute;rique">Une alliance &eacute;ducative pour l’&egrave;re num&eacute;rique<br /> </a><a href="#Le_r&ocirc;le_central_de_l’&eacute;cole">Le r&ocirc;le central de l’&eacute;cole</a></i></p> 
<p><a href="#La_dignit&eacute;_du_travail_dans_la_transition_num&eacute;rique">La dignit&eacute; du travail dans la transition num&eacute;rique</a></p> 
<p style="margin-left: 40px;"><i><a href="#La_valeur_du_travail">La valeur du travail<br /> </a><a href="#Le_probl&egrave;me_du_ch&ocirc;mage">Le probl&egrave;me du ch&ocirc;mage<br /> </a><a href="#Une_&eacute;conomie_qui_valorise_la_dignit&eacute;">Une &eacute;conomie qui valorise la dignit&eacute;<br /> </a><a href="#Famille_et_jeunes&nbsp;:_conditions_sociales_de_l’esp&eacute;rance">Famille et jeunes&nbsp;: conditions sociales de l’esp&eacute;rance<br /> </a></i><a href="#Pr&eacute;server_la_libert&eacute;_face_&agrave;_la_d&eacute;pendance_et_&agrave;_la_marchandisation">Pr&eacute;server la libert&eacute; face &agrave; la d&eacute;pendance et &agrave; la marchandisation<br /> </a><i><a href="#D&eacute;pendances_et_contr&ocirc;le_social">D&eacute;pendances et contr&ocirc;le social<br /> </a><a href="#Briser_les_cha&icirc;nes_des_nouvelles_formes_d’esclavage">Briser les cha&icirc;nes des nouvelles formes d’esclavage</a></i></p> 
<p><a href="#Une_responsabilit&eacute;_partag&eacute;e">Une responsabilit&eacute; partag&eacute;e</a></p> 
<p><b><a href="#Chapitre_5">Chapitre 5</a></b></p> 
<p><b><a href="#Chapitre_5">LA CULTURE DU POUVOIR ET LA CIVILISATION DE L’AMOUR</a></b></p> 
<p><a href="#La_civilisation_de_l’amour_&agrave;_l’&egrave;re_num&eacute;rique">La civilisation de l’amour &agrave; l’&egrave;re num&eacute;rique</a><br /> <a href="#La_culture_du_pouvoir">La culture du pouvoir</a></p> 
<p style="margin-left: 40px;"><i><a href="#La_banalisation_de_la_guerre">La banalisation de la guerre<br /> </a><a href="#La_force_sans_limites">La force sans limites<br /> </a><a href="#Armes_et_IA">Armes et IA<br /> </a><a href="#La_crise_du_multilat&eacute;ralisme">La crise du multilat&eacute;ralisme<br /> </a><a href="#Un_pr&eacute;tendu_r&eacute;alisme_politique">Un pr&eacute;tendu r&eacute;alisme politique</a></i></p> 
<p><a href="#Construire_la_civilisation_de_l’amour">Construire la civilisation de l’amour</a></p> 
<p style="margin-left: 40px;"><i><a href="#Tous_nous_pouvons_apporter_notre_contribution">Tous nous pouvons apporter notre contribution<br /> </a><a href="#D&eacute;sarmer_les_mots">D&eacute;sarmer les mots<br /> </a><a href="#Construire_la_paix_dans_la_justice">Construire la paix dans la justice<br /> </a><a href="#Adopter_le_regard_des_victimes">Adopter le regard des victimes<br /> </a><a href="#Cultiver_un_sain_r&eacute;alisme">Cultiver un sain r&eacute;alisme<br /> </a><a href="#Relancer_le_dialogue">Relancer le dialogue<br /> </a><a href="#La_n&eacute;cessit&eacute;_de_la_diplomatie_et_du_multilat&eacute;ralisme">La n&eacute;cessit&eacute; de la diplomatie et du multilat&eacute;ralisme<br /> </a><a href="#Prier_et_esp&eacute;rer">Prier et esp&eacute;rer</a></i></p> 
<p><b><a href="#CONCLUSION">CONCLUSION</a></b></p> 
<p><i><a href="#Le_Verbe_s’est_fait_chair">Le Verbe s’est fait chair</a><br /> <a href="#Un_seul_corps_dans_le_Christ">Un seul corps dans le Christ</a><br /> <a href="#Le_chantier_de_notre_&eacute;poque">Le chantier de notre &eacute;poque</a><br /> <a href="#Le_chant_de_l’esp&eacute;rance&nbsp;:_le_Magnificat">Le chant de l’esp&eacute;rance&nbsp;: le</a> </i><a href="#Le_chant_de_l’esp&eacute;rance&nbsp;:_le_Magnificat">Magnificat</a></p> 
<p>&nbsp;</p> 
<p style="text-align: center;"><a name="INTRODUCTION"></a>INTRODUCTION</p> 
<p>1. La&nbsp;magnifique humanit&eacute; cr&eacute;&eacute;e par Dieu se trouve aujourd’hui face &agrave; un choix d&eacute;cisif&nbsp;: &eacute;riger une nouvelle tour de Babel ou b&acirc;tir la cit&eacute; o&ugrave; Dieu et l’humanit&eacute; habitent ensemble. Chaque g&eacute;n&eacute;ration re&ccedil;oit en h&eacute;ritage la t&acirc;che de fa&ccedil;onner son &eacute;poque&nbsp;: faire m&ucirc;rir l’histoire comme un lieu o&ugrave; la dignit&eacute; de toute personne est pr&eacute;serv&eacute;e, la justice promue et la fraternit&eacute; rendue possible. Mais sur chaque &eacute;poque p&egrave;se le risque de construire un monde inhumain et plus injuste. L&agrave; o&ugrave; l’humanit&eacute; court le danger de perdre son visage, nous, chr&eacute;tiens, nous levons les yeux vers le Dieu qui s’est fait chair, sachant que &laquo;&nbsp;le myst&egrave;re de l’homme ne s’&eacute;claire vraiment que dans le myst&egrave;re du Verbe incarn&eacute;&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref1" href="#_ftn1" class=" cleaner">[1]</a>&nbsp;Cette magnifique humanit&eacute; devient en J&eacute;sus-Christ le Chemin, la V&eacute;rit&eacute; et la Vie, ouvrant &agrave; chacun de nous la voie vers la pl&eacute;nitude.</p> 
<p>2. Fond&eacute;s sur le Christ, pierre vivante, nous faisons l’exp&eacute;rience de l’action puissante et myst&eacute;rieuse de l’Esprit Saint, et nous croyons que tout effort humain authentique visant &agrave; coop&eacute;rer avec Lui pour le bien sera b&eacute;ni par le P&egrave;re c&eacute;leste en qui nous pla&ccedil;ons notre esp&eacute;rance. C’est pourquoi nous pouvons participer activement &agrave; toutes ces initiatives qui construisent un monde plus juste, et nous pouvons appeler d’autres personnes &agrave; collaborer avec nous dans la promotion du d&eacute;veloppement int&eacute;gral de chaque &ecirc;tre humain. Nous souhaitons entrer en dialogue avec tous les hommes et toutes les femmes de notre temps avec lesquels nous partageons les &eacute;v&eacute;nements, les questions et les aspirations de l’humanit&eacute;. <a name="_ftnref2" href="#_ftn2" class=" cleaner">[2]</a> Nous voulons trouver, avec eux, de nouvelles voies pour le bien commun et la promotion d’une vie digne pour tous. Cette attitude de dialogue fait partie int&eacute;grante de la vocation de l’&Eacute;glise, car celle-ci, constitu&eacute;e &laquo;&nbsp;dans le Christ, en quelque sorte comme le sacrement […] de l’union intime avec Dieu et de l’unit&eacute; de tout le genre humain&nbsp;&raquo;, <a name="_ftnref3" href="#_ftn3" class=" cleaner">[3]</a> reconna&icirc;t dans l’histoire le lieu o&ugrave; l’&Eacute;vangile interpelle et accompagne l’exp&eacute;rience humaine.</p> 
<p>3. C’est dans cet esprit qu’en 1891, L&eacute;on XIII a publi&eacute; l’Encyclique <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiii/fr/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_15051891_rerum-novarum.html"><i>Rerum novarum</i></a>&nbsp;dont nous c&eacute;l&eacute;brons cette ann&eacute;e, avec une profonde reconnaissance, le 135 <sup>e</sup> anniversaire. Par ce document, mon bien-aim&eacute; Pr&eacute;d&eacute;cesseur a donn&eacute; une impulsion &agrave; cette r&eacute;flexion sur la soci&eacute;t&eacute;, sur l’&eacute;conomie et sur la politique que nous appelons aujourd’hui la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise. Et lorsque certains objectaient que l’&Eacute;glise ne devait pas gaspiller son &eacute;nergie en questions mondaines mais se pr&eacute;occuper de communiquer un message de vie &eacute;ternelle, il r&eacute;pondait avec r&eacute;alisme et sagesse que l’annonce de l’&Eacute;vangile ne peut oublier la vie concr&egrave;te des peuples. <a name="_ftnref4" href="#_ftn4" class=" cleaner">[4]</a> De nombreuses d&eacute;cennies se sont &eacute;coul&eacute;es depuis, et le Magist&egrave;re, les pasteurs, les th&eacute;ologiens comme les fid&egrave;les ont continu&eacute; &agrave; r&eacute;fl&eacute;chir aux questions sociales &agrave; la lumi&egrave;re de l’&Eacute;vangile. Aujourd’hui, la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise est un patrimoine de sagesse o&ugrave; nous trouvons des principes pour penser, des crit&egrave;res pour discerner ou juger et des orientations concr&egrave;tes pour agir. Elle se fonde sur l’&Eacute;criture Sainte et sur la Tradition. Ainsi en dialogue avec les sciences, elle&nbsp;nous aide &agrave; analyser avec lucidit&eacute; les d&eacute;fis du pr&eacute;sent, en identifiant les voies appropri&eacute;es pour vivre un t&eacute;moignage chr&eacute;tien authentique, dans la joie et au service du monde. Ce n’est pas un ensemble statique de concepts, mais un <i>corpus</i> vivant de v&eacute;rit&eacute;s qui pr&eacute;serve et interpr&egrave;te la vocation de l’humanit&eacute; &agrave; une vie pleine et juste. &Agrave; cette tradition vivante, je d&eacute;sire donc ajouter ma voix, en invoquant l’aide de l’Esprit de sagesse qui habite le monde depuis son commencement (cf. <i>Pr</i> 8, 22-31).</p> 
<p><a name="Les_res_novae_de_notre_&eacute;poque"></a>Les <i>res novae</i> de notre &eacute;poque</p> 
<p>4. Si, en son temps, L&eacute;on XIII parlait de &laquo;&nbsp;questions nouvelles&nbsp;&raquo; ( <i>rerum novarum</i>), nous ne pouvons pas aujourd’hui nous contenter de r&eacute;p&eacute;ter ses pr&eacute;cieux enseignements, mais nous devons demander &agrave; Dieu la sagesse n&eacute;cessaire pour interpr&eacute;ter les grandes tendances de notre &eacute;poque, en particulier les progr&egrave;s de la technique. Ces derni&egrave;res ann&eacute;es, il est apparu de plus en plus &eacute;vident combien la num&eacute;risation, l’intelligence artificielle (IA) et la robotique sont en train de transformer rapidement et profond&eacute;ment notre monde. La technique ne doit pas &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e, en soi, comme une force antagoniste par rapport &agrave; la personne&nbsp;: au contraire, elle est enracin&eacute;e dans notre histoire depuis le commencement, en tant que &laquo;&nbsp;r&eacute;alit&eacute; profond&eacute;ment humaine, li&eacute;e &agrave; l’autonomie et &agrave; la libert&eacute; de l’homme&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref5" href="#_ftn5" class=" cleaner">[5]</a> Au fil des si&egrave;cles, le d&eacute;veloppement technologique a contribu&eacute; &agrave; une am&eacute;lioration significative des conditions de vie de l’humanit&eacute;&nbsp;; en m&ecirc;me temps, chaque &eacute;tape du progr&egrave;s a &eacute;galement r&eacute;v&eacute;l&eacute; la face ambigu&euml; d’outils susceptibles de causer du tort lorsqu’ils ne sont pas mis au service du bien. Cependant aujourd’hui, nous sommes confront&eacute;s &agrave; une situation nouvelle, o&ugrave; la puissance et l’omnipr&eacute;sence des technologies &eacute;mergentes s’inscrivent dans le tissu de la vie quotidienne, fa&ccedil;onnent les processus d&eacute;cisionnels et marquent profond&eacute;ment l’imaginaire collectif. Auparavant, &laquo;&nbsp;jamais l’humanit&eacute; n’avait eu autant de pouvoir sur elle-m&ecirc;me&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref6" href="#_ftn6" class=" cleaner">[6]</a> Les nouvelles technologies ouvrent un horizon &eacute;tendu vers des directions que, bien qu’intuitives, nous ne pouvons pas encore pleinement pr&eacute;voir. Cela rend plus complexe l’&eacute;valuation de leur impact et de leurs effets &agrave; long terme sur la dignit&eacute; des personnes et sur le bien commun.</p> 
<p>5. Maintenant c’est &agrave; nous de relever avec lucidit&eacute; et responsabilit&eacute; les d&eacute;fis de notre &eacute;poque. Il est n&eacute;cessaire d’adopter des instruments r&eacute;glementaires adapt&eacute;s, capables de pr&eacute;server la justice et de limiter les effets perturbateurs du pouvoir technologique. Mais la question ne se limite pas &agrave; la r&eacute;glementation. Comme l’a soulign&eacute; le Pape Fran&ccedil;ois, il faut se demander avec r&eacute;alisme qui d&eacute;tient aujourd’hui ce pouvoir et &agrave; quelles fins il l’utilise&nbsp;: &laquo;&nbsp;Nous ne pouvons pas ignorer que l’&eacute;nergie nucl&eacute;aire, la biotechnologie, l’informatique, la connaissance de notre propre ADN et d’autres capacit&eacute;s que nous avons acquises […] donnent &agrave; ceux qui ont la connaissance, et surtout le pouvoir &eacute;conomique d’en faire usage, une emprise impressionnante sur l’ensemble de l’humanit&eacute; et sur le monde entier&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref7" href="#_ftn7" class=" cleaner">[7]</a> Par le pass&eacute;, c’&eacute;taient surtout les &Eacute;tats qui guidaient et orientaient l’innovation. Aujourd’hui, en revanche, les principaux moteurs du d&eacute;veloppement sont des acteurs priv&eacute;s, souvent transnationaux, dot&eacute;s de ressources et de capacit&eacute;s d’intervention sup&eacute;rieures &agrave; celles de nombreux gouvernements. Le pouvoir technologique prend ainsi un visage in&eacute;dit, essentiellement priv&eacute;, et donc d’autant plus difficile &agrave; cerner, &agrave; r&eacute;guler et &agrave; orienter vers le bien commun.</p> 
<p>6. C’est pourquoi il faut engager un discernement commun capable de s’enraciner dans les fondements spirituels et culturels des transformations en cours. Si nous nous limitons aux al&eacute;as du moment, nous risquons de laisser la succession des urgences d&eacute;cider &agrave; notre place de la direction &agrave; prendre. Nous vivons une phase de transition rapide, un “tournant historique”, o&ugrave; – tandis que certains se disputent l’avenir des nouvelles technologies et que d’autres s’attachent &agrave; y r&eacute;fl&eacute;chir – la plupart des personnes restent dans l’expectative, observent de loin et esp&egrave;rent simplement que tout ira pour le mieux. C’est pr&eacute;cis&eacute;ment pour cette raison que des questions d&eacute;cisives s’imposent &agrave; notre conscience, questions auxquelles on ne peut plus &eacute;chapper&nbsp;: o&ugrave; allons-nous&nbsp;? Vers quel but souhaitons-nous nous orienter&nbsp;? Quelle direction choisir en tant que communaut&eacute; humaine et en tant que peuples&nbsp;?</p> 
<p><i><a name="Deux_ic&ocirc;nes_bibliques"></a>Deux ic&ocirc;nes bibliques</i></p> 
<p>7. Pour r&eacute;pondre &agrave; ces questions et discerner comment vivre de mani&egrave;re responsable &agrave; l’&egrave;re de l’intelligence artificielle, je voudrais &eacute;voquer deux images bibliques&nbsp;: la construction de la tour de Babel (cf. <i>Gn</i> 11, 1-9) et la reconstruction des murs de J&eacute;rusalem (cf. <i>Ne</i> 2-6). Dans le livre de la Gen&egrave;se, le r&eacute;cit de Babel se situe aux origines de l’humanit&eacute;, juste apr&egrave;s les g&eacute;n&eacute;alogies des fils de No&eacute;. Les &ecirc;tres humains, une fois &eacute;tablis dans la plaine de Sennaar, d&eacute;cident de construire une ville et une tour &laquo;&nbsp;dont le sommet p&eacute;n&egrave;tre les cieux&nbsp;&raquo; (<i>Gn</i> 11, 4). Ils veulent ainsi s’assurer stabilit&eacute; et pouvoir, et surtout se faire un nom, craignant d’&ecirc;tre dispers&eacute;s sur la terre. L’entreprise semble colossale&nbsp;: une seule langue, une seule technologie, une seule direction. Cependant, le projet cache un pi&egrave;ge profond&nbsp;: c’est une œuvre con&ccedil;ue sans r&eacute;f&eacute;rence &agrave; Dieu, soutenue par une uniformit&eacute; qui &eacute;limine la diversit&eacute; et, au lieu de la communion, choisit l’homog&eacute;n&eacute;isation. Lorsque la cit&eacute; est construite sur l’orgueil et la pr&eacute;tention &agrave; se suffire &agrave; elle-m&ecirc;me, la communication se d&eacute;grade, les langues se confondent et les &ecirc;tres humains ne se comprennent plus. Le r&eacute;sultat n’est pas l’unit&eacute;, mais la dispersion. Babel r&eacute;v&egrave;le ainsi la limite de toute construction qui, aussi grandiose soit-elle, na&icirc;t de l’absolutisation de l’humain et de sa pr&eacute;tention &agrave; l’autosuffisance, sacrifie la dignit&eacute; des personnes &agrave; l’efficacit&eacute; et aspire &agrave; atteindre le ciel sans la b&eacute;n&eacute;diction de Dieu.</p> 
<p>8. Le livre de N&eacute;h&eacute;mie, quant &agrave; lui, s’ouvre sur un moment de grande vuln&eacute;rabilit&eacute; dans l’histoire de l’antique Isra&euml;l. Apr&egrave;s l’exil babylonien, une partie du peuple est revenue &agrave; J&eacute;rusalem, mais la ville est encore en ruines, les murs se sont effondr&eacute;s et les portes ont &eacute;t&eacute; br&ucirc;l&eacute;es (cf. <i>Ne</i> 1-2). N&eacute;h&eacute;mie, un juif au service du roi perse Artaxerx&egrave;s, apprend l’&eacute;tat d&eacute;sastreux de la ville de ses p&egrave;res. Avant d’agir, il je&ucirc;ne, prie, interc&egrave;de pour le peuple&nbsp;; puis il demande au roi la permission de retourner &agrave; J&eacute;rusalem et, une fois sur place, il examine en silence les lieux d&eacute;truits. Il n’impose pas de solutions venues d’en haut. Il convoque les familles, confie &agrave; chacune un tron&ccedil;on de mur &agrave; reconstruire, &eacute;coute les craintes, coordonne les efforts, fait face aux oppositions. Le r&eacute;cit montre comment la ville rena&icirc;t non pas gr&acirc;ce &agrave; l’initiative d’une seule personne, mais gr&acirc;ce &agrave; la responsabilit&eacute; partag&eacute;e de tout le peuple&nbsp;: pr&ecirc;tres, artisans, chefs de famille, femmes et jeunes. C’est une œuvre qui a Dieu au centre et qui r&eacute;tablit les liens avant m&ecirc;me de poser les pierres. L’ancienne J&eacute;rusalem retrouve ainsi un langage commun, non pas celui de l’uniformit&eacute;, mais celui de la communion&nbsp;: l’harmonie na&icirc;t lorsque chacun assume son r&ocirc;le et que tout le peuple reconna&icirc;t sa force comme venant du Seigneur.</p> 
<p>9. &Agrave; la lumi&egrave;re de ces deux ic&ocirc;nes, l’Esprit Saint nous interpelle aujourd’hui sur notre rapport &agrave; la technique et &agrave; la r&eacute;volution num&eacute;rique en cours. Les d&eacute;couvertes scientifiques sont un talent confi&eacute; &agrave; l’humanit&eacute; afin qu’elle le fasse fructifier (cf. <i>Mt</i> 25, 14-30). La technologie peut soigner, relier, &eacute;duquer, prot&eacute;ger la Maison commune&nbsp;; mais elle peut aussi diviser, rejeter, engendrer de nouvelles injustices. En th&eacute;orie, elle n’est pas en soi une solution aux probl&egrave;mes de l’humanit&eacute;, tout comme elle n’est pas en soi un mal&nbsp;; mais concr&egrave;tement, elle n’est pas neutre, car elle prend le visage de ceux qui la con&ccedil;oivent, la financent, la r&eacute;gulent et l’utilisent. C’est pourquoi le premier choix ne se situe pas entre un “oui” ou un “non” &agrave; la technologie, mais entre b&acirc;tir Babel ou reconstruire J&eacute;rusalem&nbsp;; entre un pouvoir qui pr&eacute;tend dominer le ciel et un peuple qui, en pr&eacute;sence de Dieu, se met &agrave; travailler de mani&egrave;re unie pour relever les murs de la cohabitation fraternelle.</p> 
<p>10. &Eacute;vitons donc le “syndrome de Babel”&nbsp;: l’idol&acirc;trie du profit qui sacrifie les plus faibles, l’uniformit&eacute; qui gomme les diff&eacute;rences, la pr&eacute;tention d’un langage unique – y compris num&eacute;rique – capable de tout traduire, m&ecirc;me le myst&egrave;re de la personne, en donn&eacute;es et en performances. C’est l&agrave; le risque de la d&eacute;shumanisation – construire l’avenir en excluant Dieu et en r&eacute;duisant l’autre &agrave; un moyen –, une tentation ancienne et toujours nouvelle qui prend aujourd’hui aussi un visage technique. Choisissons plut&ocirc;t la “voie de N&eacute;h&eacute;mie” mettant en &eacute;vidence la valeur du travail partag&eacute; pour rendre s&ucirc;re la cit&eacute; de Dieu pour les exil&eacute;s de retour. Reconstruire aujourd’hui, c’est reconna&icirc;tre que, dans la pluralit&eacute; des voix et des visions rappelant parfois la dispersion des langues, il existe n&eacute;anmoins une possibilit&eacute; lumineuse&nbsp;: celle de b&acirc;tir ensemble, en transformant la diversit&eacute; en ressource et en faisant de l’&eacute;coute comme du dialogue le terrain d’entente sur lequel faire grandir la justice et la fraternit&eacute;. Au sein de cette œuvre commune, les chr&eacute;tiens trouvent leur propre mani&egrave;re de construire&nbsp;: orienter l’action vers Dieu afin que, &agrave; sa lumi&egrave;re, le pluralisme ne se disperse pas dans le d&eacute;sordre, mais devienne, dans l’exercice de la synodalit&eacute;, l’espace o&ugrave; l’humanit&eacute; retrouve ses fondements solides et sa fin ultime.&nbsp;Dans l’Apocalypse, Jean voit la nouvelle J&eacute;rusalem &laquo;&nbsp;qui descendait du ciel, de chez Dieu&nbsp;&raquo; (<i>Ap</i> 21, 2) comme un don pour toute l’humanit&eacute;. Et cette vision de gr&acirc;ce est pour nous, chr&eacute;tiens, un appel &agrave; œuvrer ensemble, en cultivant une vie commune pacifique, juste et digne dans les “cit&eacute;s” d’aujourd’hui.</p> 
<p><i><a name="&Eacute;difier_dans_le_bien"></a>&Eacute;difier dans le bien</i></p> 
<p>11. Construire une ville fond&eacute;e sur le bien commun&nbsp;exige donc, avant tout, de b&acirc;tir sur le roc de la relation avec Dieu&nbsp;; reconna&icirc;tre que la v&eacute;rit&eacute; de son amour nous appelle &agrave; une vie &laquo;&nbsp;en abondance&nbsp;&raquo; ( <i>Jn</i> 10, 10) et &agrave; la communion avec Lui. &Agrave; l’instar de saint Augustin, nous pouvons nous aussi dire&nbsp;: &laquo;&nbsp;Vous nous avez faits pour vous, et notre cœur est inquiet jusqu’&agrave; ce qu’il repose en vous&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref8" href="#_ftn8" class=" cleaner">[8]</a> Dieu, en effet, a inscrit dans notre cœur un d&eacute;sir de bonheur qui embrasse toutes les dimensions de la vie et dans le dialogue avec les hommes et les femmes de notre temps, l’&Eacute;glise ressent l’urgence de pr&eacute;server et d’orienter cette aspiration vers sa v&eacute;rit&eacute; la plus profonde.</p> 
<p>12. Par ailleurs, &eacute;difier dans le bien signifie accepter les limites et la fragilit&eacute; de l’humanit&eacute; sans les consid&eacute;rer comme une erreur &agrave; corriger. Aujourd’hui, le d&eacute;sir de pl&eacute;nitude de l’&ecirc;tre humain risque d’&ecirc;tre d&eacute;tourn&eacute; vers des objectifs trompeurs&nbsp;: l’illusion d’une technique promettant de nous lib&eacute;rer de toute fragilit&eacute; ou des mod&egrave;les de bien-&ecirc;tre qui laissent de c&ocirc;t&eacute; des peuples entiers. Il n’est pas rare que nous placions notre espoir dans un d&eacute;veloppement illimit&eacute;, dans des formes de progr&egrave;s susceptibles d’exacerber les in&eacute;galit&eacute;s ou dans des solutions imm&eacute;diates incapables de panser les blessures des peuples. Ainsi, tandis que certains poursuivent le r&ecirc;ve chim&eacute;rique d’une affirmation de soi sans limites, beaucoup se retrouvent priv&eacute;s du n&eacute;cessaire. D’une voix humble mais ferme, l’&Eacute;glise rappelle que la v&eacute;ritable r&eacute;alisation ne na&icirc;t pas de la suppression des fragilit&eacute;s, mais d’une croissance harmonieuse&nbsp;: l&agrave; o&ugrave; la libert&eacute; et la responsabilit&eacute; vont de pair avec une attention mutuelle et une v&eacute;ritable solidarit&eacute;, et o&ugrave; le progr&egrave;s se mesure &agrave; la lumi&egrave;re de la dignit&eacute; de chacun et du bien des peuples.</p> 
<p>13. En troisi&egrave;me lieu, construire un monde o&ugrave; chacun peut s’&eacute;panouir exige une coresponsabilit&eacute; courageuse. Aucune main ne suffit, &agrave; elle seule, &agrave; supporter le poids des d&eacute;fis pesant sur le monde&nbsp;; et aucune n’est si faible qu’elle ne puisse apporter sa contribution&nbsp;: &laquo;&nbsp;La puissance se d&eacute;ploie dans la faiblesse&nbsp;&raquo; (<i>2 Co</i> 12, 9). &Agrave; chacun sa partie du mur&nbsp;: scientifiques et chercheurs, entrepreneurs et travailleurs, &eacute;ducateurs et l&eacute;gislateurs, soci&eacute;t&eacute; civile, mouvements populaires et communaut&eacute;s de foi. Telle est la logique de la subsidiarit&eacute; qui valorise la coop&eacute;ration entre les g&eacute;n&eacute;rations, entre les peuples, entre les disciplines et les cultures comme voie royale pour favoriser la stabilit&eacute;, la prosp&eacute;rit&eacute; et la paix. Les tensions et les divergences ne doivent pas faire peur&nbsp;: elles peuvent devenir des &eacute;nergies cr&eacute;atives lorsqu’elles sont guid&eacute;es par une responsabilit&eacute; partag&eacute;e.</p> 
<p>14. Enfin, &eacute;difier dans le bien exige un langage &eacute;vang&eacute;lique. &Eacute;vitons les mots qui humilient ou opposent. Choisissons la lumi&egrave;re qui &eacute;claire et la franchise qui ouvre des voies. Ne b&eacute;nissons pas des enthousiasmes na&iuml;fs, n’alimentons pas des peurs st&eacute;riles. Indiquons plut&ocirc;t des crit&egrave;res de discernement – dignit&eacute; de la personne, destination universelle des biens, option pour les pauvres, soin de la Maison commune, paix – et traduisons-les en pratiques&nbsp;: une approche responsable, des &eacute;valuations d’impact humain et social, l’inclusion des plus fragiles, une alphab&eacute;tisation num&eacute;rique, une recherche et une industrie orient&eacute;es vers la justice et la paix.</p> 
<p><i><a name="Rester_humains"></a>Rester humains</i></p> 
<p>15. Lors du r&eacute;cent Jubil&eacute; ordinaire de 2025, nous avons chemin&eacute; comme des p&egrave;lerins d’esp&eacute;rance et nous avons &eacute;t&eacute; combl&eacute;s de gr&acirc;ces. Forts de ces dons, nous pouvons avancer avec un cœur confiant face aux t&acirc;ches ardues et aux d&eacute;fis exigeants qui se profilent &agrave; l’horizon. &Agrave; l’&egrave;re de l’intelligence artificielle o&ugrave; la dignit&eacute; humaine risque d’&ecirc;tre &eacute;clips&eacute;e par de nouvelles formes de d&eacute;shumanisation, nous avons le devoir urgent de rester profond&eacute;ment humains, en pr&eacute;servant avec amour cette magnifique humanit&eacute; qui nous a &eacute;t&eacute; donn&eacute;e et manifest&eacute;e dans sa pl&eacute;nitude dans le Christ, mais qu’aucune machine ne pourra jamais remplacer dans sa splendeur. Le v&eacute;ritable progr&egrave;s na&icirc;t toujours d’un cœur ouvert &agrave; l’autre, d’une intelligence dispos&eacute;e &agrave; l’&eacute;coute, d’une volont&eacute; qui cherche ce qui unit plut&ocirc;t que ce qui s&eacute;pare.</p> 
<p>16. &Agrave; tous les fid&egrave;les catholiques, &agrave; tous les chr&eacute;tiens, &agrave; tous les hommes et &agrave; toutes les femmes de bonne volont&eacute;, j’adresse un appel vibrant&nbsp;: ne craignons pas de nous salir les mains sur le chantier de notre &eacute;poque. Comme N&eacute;h&eacute;mie, prions, planifions avec sagesse, travaillons avec pers&eacute;v&eacute;rance en repla&ccedil;ant Dieu &agrave; l’horizon de notre action et l’&ecirc;tre humain au centre de nos choix. Alors, les pierres rejet&eacute;es – les pauvres, les malades, les migrants, les petits – deviendront la pierre angulaire, et sur la terre s’&eacute;l&egrave;vera une demeure commune solide et accueillante, o&ugrave; finalement l’amour et la v&eacute;rit&eacute; se rencontrent, la justice et la paix s’embrassent (Cf. <i>Ps</i> 85, 11). Telle est la b&eacute;n&eacute;diction que nous implorons de Dieu et la t&acirc;che qui nous attend&nbsp;: &ecirc;tre des b&acirc;tisseurs de communion et non des architectes de Babel&nbsp;; des serviteurs du Royaume &agrave; venir et non des ma&icirc;tres de donjons vou&eacute;s &agrave; s’effondrer. Et, avec l’&acirc;me d’un pasteur et d’un p&egrave;re, je demande &agrave; tous d’arr&ecirc;ter le chantier d’une &eacute;ni&egrave;me Babel et d’unir nos forces pour &eacute;difier le bien, afin que l’humanit&eacute; ne perde jamais sa beaut&eacute; et que le monde puisse reconna&icirc;tre une fois encore au cœur de l’&ecirc;tre humain, le lieu o&ugrave; Dieu d&eacute;sire habiter.</p> 
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><a name="Chapitre_1"></a>Chapitre 1</p> 
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;">UNE PENS&Eacute;E DYNAMIQUE FID&Egrave;LE &Agrave; L’&Eacute;VANGILE</p> 
<p>17. Dans ce premier chapitre, j’entends retracer, de mani&egrave;re synth&eacute;tique, le cheminement par lequel la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise a pris forme dans le Magist&egrave;re r&eacute;cent des Papes et du <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm">Concile Vatican II</a>, afin de mettre en lumi&egrave;re son caract&egrave;re dynamique. &Agrave; chaque &eacute;poque, en effet, les <i>res novae</i> invitent cet enseignement &agrave; se confronter aux questions de l’histoire &agrave; la lumi&egrave;re de la V&eacute;rit&eacute; r&eacute;v&eacute;l&eacute;e. C’est pourquoi l’intelligence artificielle doit &ecirc;tre comprise non pas comme un th&egrave;me annexe ni comme une urgence &agrave; g&eacute;rer, mais comme une transformation qui interpelle de l’int&eacute;rieur les cat&eacute;gories de la Doctrine sociale et en r&eacute;clame un d&eacute;veloppement suppl&eacute;mentaire dans la fid&eacute;lit&eacute; &agrave; l’&Eacute;vangile.</p> 
<p>18. Cependant, ce parcours ne serait pas vraiment compr&eacute;hensible si, avant de nous attarder sur la contribution de chaque Pape et sur les documents les plus importants, nous ne clarifiions pas certaines convictions fondamentales concernant la mani&egrave;re dont l’&Eacute;glise s’inscrit dans l’histoire et se rapporte au monde. Sans cette pr&eacute;cision, la Doctrine sociale risquerait d’appara&icirc;tre comme une ing&eacute;rence indue dans les questions temporelles ou comme un code &eacute;thique externe &agrave; appliquer d’en haut. En r&eacute;alit&eacute;, elle &eacute;mane d’une &Eacute;glise qui chemine avec l’humanit&eacute;, reconna&icirc;t l’autonomie des r&eacute;alit&eacute;s terrestres, comme la distinction entre communaut&eacute; eccl&eacute;siale et communaut&eacute; politique et, pr&eacute;cis&eacute;ment pour cette raison, aspire &agrave; servir le bien commun.</p> 
<p><a name="Une_&Eacute;glise_en_marche_dans_l’histoire_de_l’humanit&eacute;_"></a>Une &Eacute;glise en marche dans l’histoire de l’humanit&eacute;</p> 
<p>19. Pr&eacute;sente dans le monde comme signe d’unit&eacute; pour toute la famille humaine, l’&Eacute;glise reconna&icirc;t dans les questions et les d&eacute;fis du temps actuel le cadre dans lequel exercer sa vocation &agrave; l’&eacute;coute, au dialogue et au service, en se laissant interpeller par tout ce qui touche &agrave; l’existence des hommes et des femmes d’aujourd’hui. Cette imbrication de vie avec les peuples lui fait comprendre de plus en plus que sa mission rev&ecirc;t une port&eacute;e historique et implique une responsabilit&eacute; vis-&agrave;-vis de la mani&egrave;re dont se tissent les relations sociales. C’est pourquoi elle ne peut se consid&eacute;rer comme &eacute;trang&egrave;re aux dynamiques qui fa&ccedil;onnent le visage de la soci&eacute;t&eacute;. Au contraire, elle participe activement aux processus par lesquels la soci&eacute;t&eacute; m&ecirc;me se d&eacute;veloppe et s’organise, apportant sa contribution &agrave; la mise en place d’une coexistence plus juste et plus fraternelle. Le Pape Fran&ccedil;ois a rappel&eacute; avec force cette dimension historique de la mission eccl&eacute;siale en affirmant que &laquo;&nbsp;personne ne peut exiger de nous que nous rel&eacute;guions la religion dans la secr&egrave;te intimit&eacute; des personnes, sans aucune influence sur la vie sociale et nationale, sans se pr&eacute;occuper de la sant&eacute; des institutions de la soci&eacute;t&eacute; civile, sans s’exprimer sur les &eacute;v&eacute;nements qui int&eacute;ressent les citoyens&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref9" href="#_ftn9" class=" cleaner">[9]</a></p> 
<p>20. L’appel et l’engagement &agrave; cheminer avec l’humanit&eacute; dans la r&eacute;alit&eacute; concr&egrave;te de l’histoire conduisent l’&Eacute;glise &agrave; reconna&icirc;tre que les r&eacute;alit&eacute;s terrestres poss&egrave;dent une consistance et un ordre qui leur sont propres. Le <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm">Concile Vatican II</a>&nbsp;a exprim&eacute; ce principe avec une grande pr&eacute;cision dans la Constitution pastorale <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html"><i>Gaudium et spes</i></a>, dont nous avons c&eacute;l&eacute;br&eacute; avec reconnaissance le 60 <sup>e</sup> anniversaire, le 7 d&eacute;cembre 2025&nbsp;: &laquo;&nbsp;Si, par autonomie des r&eacute;alit&eacute;s terrestres, on veut dire que les choses cr&eacute;&eacute;es et les soci&eacute;t&eacute;s elles-m&ecirc;mes ont leurs lois et leurs valeurs propres […] une telle exigence d’autonomie est pleinement l&eacute;gitime&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref10" href="#_ftn10" class=" cleaner">[10]</a> Cette mise en &eacute;vidence montre que la cr&eacute;ation porte en elle une bont&eacute; originelle que le regard humain doit pr&eacute;server, cultiver et faire m&ucirc;rir. Dans cette perspective, l’&Eacute;glise appara&icirc;t comme une pr&eacute;sence qui aide &agrave; lire la r&eacute;alit&eacute; en profondeur, en soutenant avec une humble fermet&eacute; les choix favorisant la dignit&eacute; de chaque personne, la coh&eacute;sion des communaut&eacute;s et le bien de tous. Ainsi se place-t-elle aux c&ocirc;t&eacute;s du monde sans s’y superposer, afin que dans chaque &eacute;v&eacute;nement humain puisse germer la promesse de justice et de paix que l’Esprit Saint continue de susciter au cœur de l’humanit&eacute;.</p> 
<p>21. Reconnaissant que Dieu accompagne la libert&eacute; des &ecirc;tres humains dans le d&eacute;roulement de l’histoire, le <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm">Concile Vatican II</a>&nbsp;affirmait la distinction entre communaut&eacute; eccl&eacute;siale et communaut&eacute; politique, soulignant comment chacune d’elles doit agir en toute autonomie. La pr&eacute;sence de l’&Eacute;glise dans le monde s’exprime &eacute;galement dans ses relations avec la soci&eacute;t&eacute; civile et les institutions publiques. Dans son dialogue avec elles, l’&Eacute;glise reconna&icirc;t la valeur des r&eacute;alit&eacute;s sociales et politiques et respecte leur responsabilit&eacute; propre en soutenant tout ce qui prot&egrave;ge la vie des personnes et renforce les fondements du tissu social. Elle ne pr&eacute;tend pas assumer les fonctions qui rel&egrave;vent de l’&Eacute;tat&nbsp;; au contraire, elle appr&eacute;cie son service du bien commun et reconna&icirc;t avec conviction la responsabilit&eacute; exerc&eacute;e par les institutions civiles dans la soci&eacute;t&eacute;. En m&ecirc;me temps, la mission qui lui est confi&eacute;e l’incite &agrave; ne pas rester indiff&eacute;rente face aux souffrances concr&egrave;tes des hommes et des femmes de notre temps. Sa proximit&eacute; ne d&eacute;coule pas d’une volont&eacute; de se substituer aux institutions ni d’une critique implicite de leur action, mais de la charit&eacute; &eacute;vang&eacute;lique qui la pousse &agrave; s’approcher des blessures de l’humanit&eacute; lorsque celles-ci se manifestent avec plus de gravit&eacute;. Lorsqu’elle intervient, elle le fait en imitant le bon Samaritain, avec discr&eacute;tion et proximit&eacute;, consciente que ce qui na&icirc;t d’une n&eacute;cessit&eacute; imm&eacute;diate ne peut devenir la norme ni se substituer aux responsabilit&eacute;s institutionnelles propres &agrave; la communaut&eacute; civile.</p> 
<p>22. &Agrave; partir de cette double reconnaissance – l’autonomie des r&eacute;alit&eacute;s terrestres et la distinction des comp&eacute;tences entre la communaut&eacute; eccl&eacute;siale et la communaut&eacute; politique –, il est plus facile de comprendre l’orientation que le <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm">Concile Vatican II</a>&nbsp;a donn&eacute;e &agrave; l’&Eacute;glise dans ses relations avec le monde. <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html"><i>Gaudium et spes</i></a>&nbsp;rappelle qu’il &laquo;&nbsp;revient &agrave; tout le Peuple de Dieu, notamment aux pasteurs et aux th&eacute;ologiens, avec l’aide de l’Esprit Saint, de scruter, de discerner et d’interpr&eacute;ter les multiples langages de notre temps et de les juger &agrave; la lumi&egrave;re de la Parole de Dieu, pour que la V&eacute;rit&eacute; r&eacute;v&eacute;l&eacute;e puisse &ecirc;tre sans cesse mieux per&ccedil;ue, mieux comprise et pr&eacute;sent&eacute;e sous une forme plus adapt&eacute;e&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref11" href="#_ftn11" class=" cleaner">[11]</a> L’&eacute;coute des diff&eacute;rents langages n’est pas une simple attention sociologique mais implique un discernement spirituel dans lequel, avec l’aide de l’Esprit, le peuple de Dieu reconna&icirc;t dans les transformations culturelles et sociales non seulement les signes de la pr&eacute;sence du Christ qui vient et guide l’histoire vers son accomplissement mais aussi les d&eacute;rives qui en obscurcissent le visage. Ainsi, la V&eacute;rit&eacute; r&eacute;v&eacute;l&eacute;e n’est pas modifi&eacute;e dans son essence, mais explicit&eacute;e et assum&eacute;e comme crit&egrave;re vivant pour orienter des choix concrets, inspirer des chemins de conversion personnelle et communautaire, promouvoir des r&eacute;formes de structures et soutenir de nouvelles formes de t&eacute;moignage &eacute;vang&eacute;lique dans la vie publique. L’histoire est donc l’un des lieux o&ugrave; l’&Eacute;glise se laisse instruire par l’Esprit sur la port&eacute;e humanisante de l’&Eacute;vangile et apprend &agrave; d&eacute;velopper son enseignement au service de la dignit&eacute; de chaque personne et du bien des peuples.</p> 
<p><i><a name="La_sagesse_de_la_Parole_et_le_dialogue_avec_les_sciences_humaines"></a>La sagesse de la Parole et le dialogue avec les sciences humaines</i></p> 
<p>23. L’&Eacute;glise consid&egrave;re comme compagnons de route tous ceux qui cherchent sinc&egrave;rement &laquo;&nbsp;la v&eacute;rit&eacute;, la bont&eacute;, la beaut&eacute;&nbsp;&raquo;, en les consid&eacute;rant comme &laquo;&nbsp;de pr&eacute;cieux alli&eacute;s&nbsp;&raquo; <a name="_ftnref12" href="#_ftn12" class=" cleaner">[12]</a> dans la d&eacute;fense de la dignit&eacute; de chaque personne et dans la sauvegarde de la cr&eacute;ation. En adoptant le style pastoral du <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm">Concile Vatican II</a>&nbsp;invitant &agrave; &eacute;couter, discerner et interpr&eacute;ter les signes des temps, et &eacute;clair&eacute;e par la sagesse de la Parole, l’&Eacute;glise ne craint pas la rencontre avec le savoir humain. La Parole de Dieu offre des crit&egrave;res fiables pour orienter les chemins de la justice et ouvrir des voies de r&eacute;conciliation et de paix entre les &ecirc;tres humains. Lorsqu’il s’agit d’appliquer ces crit&egrave;res aux situations complexes de notre temps, la contribution de la philosophie et des sciences humaines et sociales s’av&egrave;re essentielle, car elles aident &agrave; comprendre et &agrave; analyser plus en profondeur les dynamiques culturelles, &eacute;conomiques et politiques. Saint Jean-Paul II rappelait que l’&Eacute;glise accueille la contribution des sciences sociales &laquo;&nbsp;afin d’en tirer des indications concr&egrave;tes dans l’accomplissement de ses t&acirc;ches magist&eacute;rielles&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref13" href="#_ftn13" class=" cleaner">[13]</a> La confrontation avec ces savoirs n’affaiblit pas la force de l’&Eacute;vangile&nbsp;; au contraire, elle permet de discerner avec plus de lucidit&eacute; ce qui favorise r&eacute;ellement la vie des personnes et des communaut&eacute;s. Dans la continuit&eacute; de cette perspective, le Pape Fran&ccedil;ois soulignait que l’&Eacute;glise ne pr&eacute;tend pas offrir &laquo;&nbsp;une parole d&eacute;finitive&nbsp;&raquo; <a name="_ftnref14" href="#_ftn14" class=" cleaner">[14]</a> sur de nombreuses questions sp&eacute;cifiques, mais elle reconna&icirc;t l’importance d’&eacute;couter la recherche scientifique et de favoriser un dialogue s&eacute;rieux et loyal entre les chercheurs tout en accueillant la diversit&eacute; des opinions.</p> 
<p>24. Nourrie par ce dialogue f&eacute;cond entre l’&Eacute;vangile et les savoirs humains, l’&Eacute;glise a progressivement approfondi sa Doctrine sociale, faisant m&ucirc;rir au fil du temps un patrimoine de sagesse dot&eacute; d’une coh&eacute;rence th&eacute;ologique et anthropologique enracin&eacute;e dans la vision chr&eacute;tienne de la personne. Pr&eacute;cis&eacute;ment parce qu’il na&icirc;t de la foi et de sa compr&eacute;hension de la r&eacute;alit&eacute;, ce patrimoine ne se traduit pas en r&eacute;pertoire de solutions techniques ni en mod&egrave;le &eacute;conomique ou politique &agrave; opposer &agrave; d’autres&nbsp;: il appartient &agrave; un registre diff&eacute;rent, <a name="_ftnref15" href="#_ftn15" class=" cleaner">[15]</a> celui des principes qui orientent la lecture des &eacute;v&eacute;nements et soutiennent une interpr&eacute;tation &eacute;vang&eacute;lique des processus historiques comme des choix qu’ils impliquent. C’est de l&agrave; que d&eacute;coule la fonction propre de la Doctrine sociale qui ne pr&eacute;tend pas se substituer aux responsabilit&eacute;s de la politique et des institutions, mais s’offre comme soutien au discernement commun, en aidant &agrave; reconna&icirc;tre et &agrave; promouvoir ce qui sert la dignit&eacute; des personnes, la vitalit&eacute; des communaut&eacute;s et le bien de tous.</p> 
<p><i><a name="La_Doctrine_sociale_comme_discernement_communautaire"></a>La Doctrine sociale comme discernement communautaire</i></p> 
<p>25. La compr&eacute;hension de la v&eacute;rit&eacute;, comme un don &agrave; partager et non comme une possession &agrave; revendiquer, lib&egrave;re l’&Eacute;glise de la tentation de regretter des formes de pr&eacute;sence fond&eacute;es sur le pouvoir. Saint Jean-Paul II invitait &agrave; porter un regard sinc&egrave;re sur les temps o&ugrave; l’on a c&eacute;d&eacute; &agrave; &laquo;&nbsp; <i>des m&eacute;thodes d’intol&eacute;rance et m&ecirc;me de violence </i>dans le service de la v&eacute;rit&eacute;&nbsp;&raquo;, <a name="_ftnref16" href="#_ftn16" class=" cleaner">[16]</a> afin de retrouver la voie &eacute;vang&eacute;lique de l’annonce douce et de la v&eacute;rit&eacute; qui ne s’impose pas. Dans le m&ecirc;me esprit, j’ai r&eacute;affirm&eacute; que l’&Eacute;glise &laquo;&nbsp;ne veut pas lever l’&eacute;tendard de la possession de la v&eacute;rit&eacute;&nbsp;&raquo;, <a name="_ftnref17" href="#_ftn17" class=" cleaner">[17]</a> car la v&eacute;rit&eacute; n’est pas un territoire &agrave; d&eacute;fendre, mais un bien &agrave; partager. Cette m&ecirc;me perspective a &eacute;t&eacute; r&eacute;sum&eacute;e par le Pape Fran&ccedil;ois dans ses fameuses paroles selon lesquelles &laquo;&nbsp;le temps est sup&eacute;rieur &agrave; l’espace&nbsp;&raquo;&nbsp;: <a name="_ftnref18" href="#_ftn18" class=" cleaner">[18]</a> il ne s’agit pas avant tout d’occuper des espaces de pouvoir ou de d&eacute;fendre des bastions culturels, mais d’engager des processus de bien et de les laisser m&ucirc;rir. Ainsi, la v&eacute;rit&eacute; de l’&Eacute;vangile ne s’impose pas d’en haut, mais grandit au fil du temps, au cœur de l’articulation concr&egrave;te de la vie, des communaut&eacute;s et des cultures. C’est une v&eacute;rit&eacute; qui ne craint pas la diversit&eacute;, mais l’accueille et l’ordonne&nbsp;; elle n’&eacute;limine pas les conflits, mais les transfigure&nbsp;; elle recompose ce que l’histoire tend &agrave; disperser. D’o&ugrave; &eacute;galement l’image du poly&egrave;dre, une figure aux multiples faces dans lesquelles se refl&egrave;te sous diff&eacute;rents angles la m&ecirc;me v&eacute;rit&eacute; de l’&Eacute;vangile. <a name="_ftnref19" href="#_ftn19" class=" cleaner">[19]</a></p> 
<p>26. Cette attitude d’ouverture &agrave; la v&eacute;rit&eacute;, &agrave; la fois une et multiforme, exprime en profondeur la catholicit&eacute; de l’&Eacute;glise qui englobe toute la famille humaine et, en m&ecirc;me temps, vit immerg&eacute;e dans les r&eacute;alit&eacute;s concr&egrave;tes des peuples et des cultures. Le <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm">Concile Vatican II</a>&nbsp;rappelle que, pr&eacute;cis&eacute;ment en vertu de cette catholicit&eacute;, &laquo;&nbsp;chacune des parties apporte aux autres et &agrave; toute l’&Eacute;glise le b&eacute;n&eacute;fice de ses propres dons&nbsp;&raquo;, <a name="_ftnref20" href="#_ftn20" class=" cleaner">[20]</a> de sorte que, dans son ensemble et dans chaque communaut&eacute;, elle grandit gr&acirc;ce &agrave; un &eacute;change r&eacute;ciproque et &agrave; un effort commun vers une communion toujours plus pleine. Il s’ensuit que le peuple de Dieu n’est pas seulement constitu&eacute; de nombreux peuples, mais qu’il est tiss&eacute; en son sein de fonctions, de vocations, de cultures et de traditions diverses, appel&eacute;es &agrave; se soutenir et &agrave; s’enrichir mutuellement. Dans cette perspective, compte tenu de la grande diversit&eacute; des situations historiques, saint Paul VI reconnaissait qu’il n’est pas r&eacute;aliste de penser que la Doctrine sociale puisse proposer une r&eacute;ponse unique et valable pour tous les contextes&nbsp;; <a name="_ftnref21" href="#_ftn21" class=" cleaner">[21]</a> c’est pourquoi il invitait chaque communaut&eacute; chr&eacute;tienne &agrave; analyser avec lucidit&eacute; et responsabilit&eacute; la r&eacute;alit&eacute; de son propre pays. La tension f&eacute;conde entre l’universalit&eacute; de la mission et l’enracinement local appartient intimement &agrave; la vie de l’&Eacute;glise&nbsp;: celle-ci porte en son sein l’horizon du monde entier, mais elle assume les questions de chaque contexte comme lieu r&eacute;el o&ugrave; l’&Eacute;vangile prend corps.</p> 
<p>27. &Agrave; la lumi&egrave;re de ce qui a &eacute;t&eacute; dit jusqu’ici, la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise appara&icirc;t sous son jour le plus authentique&nbsp;: non pas un recueil de principes et de normes &agrave; appliquer, mais un chemin de discernement communautaire. Elle na&icirc;t de la rencontre entre la v&eacute;rit&eacute; &eacute;ternelle de l’&Eacute;vangile et les questions de l’histoire, elle se laisse interroger par les signes des temps&nbsp;; elle se nourrit de la contribution des sciences, des cultures et des exp&eacute;riences humaines. C’est pourquoi, lorsque la dignit&eacute; des fr&egrave;res est bafou&eacute;e, lorsque la politique ne r&eacute;pond pas aux drames de l’humanit&eacute;, lorsque l’&eacute;conomie se retourne contre la personne ou que la science d&eacute;passe les limites de sa m&eacute;thode, <a name="_ftnref22" href="#_ftn22" class=" cleaner">[22]</a> l’&Eacute;glise – avec les autres confessions chr&eacute;tiennes et les croyants d’autres religions – doit faire entendre sa voix, non pour dominer, mais pour servir la communion. Ainsi comprise, la Doctrine sociale devient une th&eacute;ologie de la communion dans l’histoire, un lieu o&ugrave; la Parole devenue chair continue &agrave; se faire dialogue, m&eacute;moire et proph&eacute;tie.</p> 
<p><a name="L’&eacute;volution_du_Magist&egrave;re_social_de_L&eacute;on_XIII_&agrave;_nos_jours"></a>L’&eacute;volution du Magist&egrave;re social de L&eacute;on XIII &agrave; nos jours</p> 
<p>28. Apr&egrave;s avoir rappel&eacute; la mani&egrave;re dont l’&Eacute;glise s’inscrit dans l’histoire et dialogue avec le monde, je voudrais maintenant me pencher sur le d&eacute;veloppement de la Doctrine sociale dans le Magist&egrave;re qui a accompagn&eacute; les grandes transformations sociales du XIX<sup>e</sup> si&egrave;cle &agrave; nos jours. Je ne pourrai &eacute;videmment pas rendre compte de toute la richesse de cet enseignement dont les principes fondamentaux sont pr&eacute;sent&eacute;s dans le <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060526_compendio-dott-soc_fr.html"><i>Compendium de la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise</i></a>&nbsp;et par la suite approfondis dans le Magist&egrave;re r&eacute;cent. Je ne pourrai pas non plus reprendre de mani&egrave;re syst&eacute;matique ce qui a &eacute;t&eacute; &eacute;labor&eacute; dans les Encycliques de mes v&eacute;n&eacute;r&eacute;s Pr&eacute;d&eacute;cesseurs, en particulier dans <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html"><i>Laudato si’</i></a>&nbsp;et dans <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html"><i>Fratelli tutti</i></a>. J’entends toutefois rappeler quelques lignes essentielles, afin de montrer que ce que j’&eacute;cris s’inscrit dans la continuit&eacute; de cette tradition. Je veux en m&ecirc;me temps souligner comment, au sein de celle-ci, le noyau stable des v&eacute;rit&eacute;s r&eacute;v&eacute;l&eacute;es sur la personne et la vie en communaut&eacute; s’entrem&ecirc;le avec une capacit&eacute; sans cesse renouvel&eacute;e &agrave; &eacute;couter les situations historiques et &agrave; se laisser interpeller par les questions qui &eacute;mergent du pr&eacute;sent. Je retracerai donc quelques &eacute;tapes d&eacute;cisives de cette &eacute;volution, en commen&ccedil;ant par la p&eacute;riode ouverte par l’Encyclique <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiii/fr/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_15051891_rerum-novarum.html"><i>Rerum novarum</i></a>.</p> 
<p><i><a name="Les_premiers_pas_de_la_Doctrine_sociale_de_l’&Eacute;glise"></a>Les premiers pas de la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise</i></p> 
<p>29. Ce que nous appelons aujourd’hui la “Doctrine sociale de l’&Eacute;glise” n’est pas apparue soudainement &agrave; l’&eacute;poque contemporaine, mais rassemble et organise une longue tradition de r&eacute;flexion eccl&eacute;siale sur la vie sociale puisant ses sources dans l’&Eacute;criture Sainte, les P&egrave;res de l’&Eacute;glise, les &eacute;laborations th&eacute;ologiques et juridiques du Moyen &Acirc;ge comme de l’&eacute;poque moderne. L’expression “Doctrine sociale de l’&Eacute;glise” a &eacute;t&eacute; employ&eacute;e pour la premi&egrave;re fois par Pie XII en 1950, <a name="_ftnref23" href="#_ftn23" class=" cleaner">[23]</a> mais le contenu qu’elle recouvre, compris comme un <i>corpus</i> organique d’enseignements sociaux, a commenc&eacute; &agrave; se dessiner avec l’Encyclique <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiii/fr/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_15051891_rerum-novarum.html"><i>Rerum novarum</i></a>&nbsp;de L&eacute;on XIII. Face aux &laquo;&nbsp;questions nouvelles&nbsp;&raquo; de son &eacute;poque – le conflit entre le capital et le travail, la question ouvri&egrave;re, les transformations &eacute;conomiques et sociales – L&eacute;on XIII ne s’est pas content&eacute; de constater le malaise, mais a consid&eacute;r&eacute; ces situations comme lieu de la mission pastorale de l’&Eacute;glise, les a soumises &agrave; un discernement rigoureux et a mis en &eacute;vidence les causes et les issues possibles &agrave; la lumi&egrave;re de l’&Eacute;vangile et d’une vision int&eacute;grale de la personne cr&eacute;&eacute;e &agrave; l’image de Dieu. Saint Jean-Paul II a vu dans cette mani&egrave;re de proc&eacute;der un &laquo;&nbsp;paradigme permanent&nbsp;&raquo; <a name="_ftnref24" href="#_ftn24" class=" cleaner">[24]</a> de la Doctrine sociale&nbsp;: une pratique exemplaire par laquelle l’&Eacute;glise, face aux transformations historiques, exerce son droit et devoir d’examiner les r&eacute;alit&eacute;s sociales, de se prononcer &agrave; leur sujet et d’indiquer des voies de solution juste. Ainsi, les contenus p&eacute;rennes de la foi et de la sagesse eccl&eacute;siale ancestrale s’articulent en une doctrine vivante qui, tout en restant fid&egrave;le &agrave; l’&Eacute;vangile, s’enrichit au contact des &laquo;&nbsp;questions nouvelles&nbsp;&raquo; de chaque &eacute;poque.</p> 
<p>30. L’Encyclique <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiii/fr/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_15051891_rerum-novarum.html"><i>Rerum novarum</i></a>&nbsp;de L&eacute;on XIII constitue un jalon dans l’&eacute;volution du Magist&egrave;re social. Le document place au centre de sa r&eacute;flexion la dignit&eacute; du travail et de l’ouvrier, affirme le droit &agrave; un salaire juste pour soi-m&ecirc;me et pour sa famille,reconna&icirc;t dans les personnes une valeur essentielle prioritaire par rapport au capital et au profit, d&eacute;fend la propri&eacute;t&eacute; priv&eacute;e ainsi que sa fonction sociale indispensable, appr&eacute;cie les associations de travailleurs et propose des formes de collaboration entre les diff&eacute;rentes composantes de la soci&eacute;t&eacute; comme alternative &agrave; la logique de la lutte des classes. Il n’est donc pas &eacute;tonnant que Pie XI ait pu la qualifier de &laquo;&nbsp;Grande Charte&nbsp;&raquo; <a name="_ftnref25" href="#_ftn25" class=" cleaner">[25]</a> de l’action sociale des chr&eacute;tiens. Dans <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiii/fr/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_15051891_rerum-novarum.html"><i>Rerum novarum</i></a>, la sagesse s&eacute;culaire de l’&Eacute;glise sur la personne et la vie en soci&eacute;t&eacute; prend une forme nouvelle, capable de s’adapter &agrave; l’&egrave;re industrielle et d’offrir le premier grand cadre syst&eacute;matique de cette Doctrine sociale que les d&eacute;cennies suivantes allaient davantage d&eacute;velopper. Bien que bon nombre des conditions historiques d&eacute;crites par L&eacute;on XIII aient chang&eacute;, deux principes au moins restent d’une grande actualit&eacute;&nbsp;: la primaut&eacute; du travail humain sur toute logique purement productive ou financi&egrave;re, avec l’attention qui en d&eacute;coule pour les personnes et les familles les plus expos&eacute;es &agrave; l’exploitation, et le lien indissociable entre l’annonce &eacute;vang&eacute;lique et la recherche d’un ordre social plus juste. Ainsi, <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiii/fr/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_15051891_rerum-novarum.html"><i>Rerum novarum</i></a>&nbsp;continue &agrave; nous rappeler qu’il n’y a pas d’&eacute;vang&eacute;lisation authentique qui ne touche pas &eacute;galement les structures de la vie en soci&eacute;t&eacute;.</p> 
<p>31. L’Encyclique <i>Quadragesimo anno</i> de Pie XI, publi&eacute;e en 1931 &agrave; l’occasion du 40<sup>e</sup> anniversaire de <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiii/fr/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_15051891_rerum-novarum.html"><i>Rerum novarum</i></a>&nbsp;et en pleine crise &eacute;conomique mondiale, franchit une nouvelle &eacute;tape dans le d&eacute;veloppement du Magist&egrave;re social. Elle ne se contente pas de reprendre la question ouvri&egrave;re, mais &eacute;largit son regard &agrave; la configuration g&eacute;n&eacute;rale de l’ordre &eacute;conomique et politique. Elle d&eacute;nonce la concentration du pouvoir &eacute;conomique entre les mains d’une minorit&eacute;&nbsp;; elle critique tant la concurrence sans limites que les projets collectivistes annulant la libert&eacute; et la responsabilit&eacute; des personnes&nbsp;; elle rappelle avec force le droit d’association des ouvriers et r&eacute;affirme l’exigence que le salaire soit proportionn&eacute; non seulement &agrave; la prestation, mais aussi aux besoins de l’ouvrier et de sa famille. Dans ce contexte, elle formule de mani&egrave;re syst&eacute;matique le principe de subsidiarit&eacute;, destin&eacute; &agrave; devenir l’un des rep&egrave;res constants de la Doctrine sociale, selon lequel ce qui peut &ecirc;tre accompli par les personnes, les familles, les organismes interm&eacute;diaires et ou les communaut&eacute;s locales ne doit pas &ecirc;tre absorb&eacute; par des instances sup&eacute;rieures. Parall&egrave;lement &agrave; ces contributions, Pie XI rappelle clairement la fonction sociale de la propri&eacute;t&eacute; et, &agrave; travers diverses interventions de son Magist&egrave;re – depuis les Encycliques <i>Non abbiamo bisogno</i> et <i>Mit brennender Sorge</i> jusqu’&agrave; <a href="https://www.vatican.va/content/pius-xi/fr/encyclicals/documents/hf_p-xi_enc_19370319_divini-redemptoris.html"><i>Divini Redemptoris</i></a>&nbsp;– d&eacute;nonce les totalitarismes qui bafouent la dignit&eacute; de la personne, &eacute;touffent la vie sociale, exaltent l’&Eacute;tat au-del&agrave; de sa juste valeur et recourent &agrave; la cat&eacute;gorie discriminatoire de race. Au moins trois id&eacute;es de son enseignement social restent particuli&egrave;rement d’actualit&eacute; aujourd’hui&nbsp;: la prise de conscience que les injustices ne concernent pas seulement les comportements individuels mais aussi les structures &eacute;conomiques et institutionnelles&nbsp;; la valeur du principe de subsidiarit&eacute; qui invite &agrave; renforcer le tissu associatif et communautaire, en &eacute;vitant de nouvelles concentrations de pouvoir&nbsp;; et le lien entre la dignit&eacute; du travail, une r&eacute;mun&eacute;ration juste et la possibilit&eacute; r&eacute;elle pour les familles de mener une vie d&eacute;cente.</p> 
<p>32. Dans le contexte dramatique de la Seconde Guerre mondiale et des ann&eacute;es de reconstruction, le Magist&egrave;re de Pie XII apporte une contribution significative au d&eacute;veloppement de la Doctrine sociale, notamment &agrave; travers ses Messages radiophoniques de No&euml;l dans lesquels il esquisse les contours d’un ordre international fond&eacute; sur la reconnaissance de la dignit&eacute; humaine, la justice et la paix. &Agrave; ces occasions, le Pape propose un dialogue avec la soci&eacute;t&eacute; en partant d’un rappel exigeant du droit naturel, compris comme un ensemble de principes objectifs qui pr&eacute;c&egrave;dent les int&eacute;r&ecirc;ts des individus et des &Eacute;tats et doivent r&eacute;gir la vie interne des nations ainsi que leurs relations mutuelles. Pie XII attribue en outre un r&ocirc;le d&eacute;cisif aux associations professionnelles, aux syndicats de travailleurs et aux divers corps interm&eacute;diaires de la vie &eacute;conomique et sociale, reconnaissant dans ces formes organis&eacute;es de la soci&eacute;t&eacute; un rempart essentiel pour l’&eacute;quilibre civil et la sauvegarde du bien commun.Il d&eacute;fend la n&eacute;cessit&eacute; d’un &Eacute;tat de droit solide pour pr&eacute;venir les abus de pouvoir et consid&egrave;re la d&eacute;mocratie un instrument susceptible de favoriser un exercice correct de l’autorit&eacute;. En m&ecirc;me temps, il met en garde contre toute pr&eacute;tention de fonder le droit sur l’utilit&eacute; ou la force, rappelant qu’un ordre international fond&eacute; sur l’avantage des plus forts expose les peuples les plus faibles &agrave; l’oppression et mine la confiance entre les nations. Il identifie enfin, dans les profonds d&eacute;s&eacute;quilibres &eacute;conomiques entre pays, l’un des facteurs alimentant les conflits. <a name="_ftnref26" href="#_ftn26" class=" cleaner">[26]</a> &Agrave; notre &eacute;poque, marqu&eacute;e par de nouvelles formes de pouvoir mondial et par des in&eacute;galit&eacute;s croissantes, trois orientations restent particuli&egrave;rement importantes&nbsp;: la n&eacute;cessit&eacute; de faire passer le droit avant l’int&eacute;r&ecirc;t, la prise de conscience que les disparit&eacute;s &eacute;conomiques constituent un terrain fertile pour les tensions et les violences, et la valeur d’un maillage associatif capable de jouer un r&ocirc;le de m&eacute;diateur entre l’individu et l’&Eacute;tat. Elles continuent d’offrir &agrave; la Doctrine sociale des crit&egrave;res importants pour interpr&eacute;ter les dynamiques de la mondialisation et pour promouvoir un ordre international plus juste et pacifique.</p> 
<p><i><a name="Les_ann&eacute;es_du_Concile_Vatican_II"></a>Les ann&eacute;es du Concile Vatican II</i></p> 
<p>33. Avec saint Jean XXIII s’ouvre une nouvelle &eacute;tape du Magist&egrave;re social marqu&eacute;e par une attention plus explicite &agrave; la dimension mondiale des questions sociales et au langage des droits. Dans <a href="https://www.vatican.va/content/john-xxiii/fr/encyclicals/documents/hf_j-xxiii_enc_15051961_mater.html"><i>Mater et magistra</i></a>, il pr&eacute;sente la foi chr&eacute;tienne comme une lumi&egrave;re capable de relier le ciel et la terre, rappelant que l’&Eacute;glise, bien qu’ayant pour mission premi&egrave;re la sanctification et l’annonce des biens &eacute;ternels, ne n&eacute;glige pas pour autant les exigences concr&egrave;tes de la vie quotidienne des personnes, mais s’int&eacute;resse &agrave; tout bien humain authentique. <a name="_ftnref27" href="#_ftn27" class=" cleaner">[27]</a> Partant de cette vision unitaire de l’humain, il souligne que la vie sociale exige un &eacute;quilibre entre l’initiative des citoyens et des groupes, appel&eacute;s &agrave; s’auto-organiser et &agrave; collaborer, et l’action de l’&Eacute;tat qui doit coordonner et soutenir sans &eacute;touffer la libert&eacute; et la responsabilit&eacute; des individus&nbsp;; d’o&ugrave; l’attention &agrave; la juste r&eacute;mun&eacute;ration du travail, &agrave; la participation des ouvriers et aux disparit&eacute;s croissantes entre les pays. Quelques ann&eacute;es plus tard, dans <a href="https://www.vatican.va/content/john-xxiii/fr/encyclicals/documents/hf_j-xxiii_enc_11041963_pacem.html"><i>Pacem in terris</i></a>, s’adressant pour la premi&egrave;re fois non seulement aux fid&egrave;les mais&nbsp;&agrave; tous les hommes de bonne volont&eacute;, Jean XXIII relie de mani&egrave;re organique la dignit&eacute; de la personne &agrave; la reconnaissance des droits et devoirs fondamentaux et propose un ordre de vie en soci&eacute;t&eacute; – y compris au niveau international – fond&eacute; sur la v&eacute;rit&eacute;, la justice, l’amour et la libert&eacute;. <a name="_ftnref28" href="#_ftn28" class=" cleaner">[28]</a> La port&eacute;e universelle de son appel, la r&eacute;f&eacute;rence aux droits de l’homme comme grammaire commune et la conviction que la paix durable passe par des institutions et des relations entre les peuples inspir&eacute;es par la dignit&eacute; de chaque personne restent particuli&egrave;rement significatives pour notre &eacute;poque marqu&eacute;e par des conflits et de nouvelles formes d’interd&eacute;pendance g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;s.</p> 
<p>34. Le <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm">Concile Vatican II</a>&nbsp;a marqu&eacute; un tournant dans l’auto-compr&eacute;hension de l’&Eacute;glise dans le monde contemporain. Dans la Constitution pastorale <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html"><i>Gaudium et spes</i></a>, il nous a donn&eacute; l’image d’une &Eacute;glise qui se fait proche de l’humanit&eacute;, engag&eacute;e dans le monde, et d&eacute;termin&eacute;e &agrave; r&eacute;fl&eacute;chir non &agrave; partir de sch&eacute;mas abstraits, mais &agrave; partir de la r&eacute;alit&eacute; concr&egrave;te des situations historiques. Le texte aborde les grandes questions du mariage et de la famille, de la vie &eacute;conomique et sociale, de la communaut&eacute; politique, de la guerre et de la paix, en insistant sur le fait que les structures &eacute;conomiques et institutionnelles sont justes uniquement dans la mesure o&ugrave; elles servent le d&eacute;veloppement int&eacute;gral de la personne et favorisent la participation responsable de tous. <a name="_ftnref29" href="#_ftn29" class=" cleaner">[29]</a> L’importance de ce document conciliaire pour la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise r&eacute;side non seulement dans le fait qu’il a ouvert des perspectives de r&eacute;flexions th&eacute;matiques, mais aussi dans le fait qu’il a fourni une m&eacute;thode de discernement invitant &agrave; lire les transformations historiques avec un regard &eacute;vang&eacute;lique et une comp&eacute;tence humaine. Ce style montre que le dialogue avec le monde n’est pas pour l’&Eacute;glise une option tactique, mais une forme concr&egrave;te de sa mission, car l’&Eacute;vangile tel un levain peut transformer de l’int&eacute;rieur les structures de la cohabitation et ouvrir des voies vers une plus grande humanit&eacute;. C’est dans cette perspective que s’inscrit &eacute;galement la D&eacute;claration <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_decl_19651207_dignitatis-humanae_fr.html"><i>Dignitatis humanae</i></a>&nbsp;dans laquelle le Concile reconna&icirc;t que la libert&eacute; religieuse est un droit fondamental enracin&eacute; dans la dignit&eacute; de la personne qui doit &ecirc;tre garanti par l’ordre juridique afin que nul ne soit contraint d’agir contre sa conscience ou emp&ecirc;ch&eacute; de rechercher ou de professer la v&eacute;rit&eacute; en priv&eacute; et en public. <a name="_ftnref30" href="#_ftn30" class=" cleaner">[30]</a> Ce principe, d’une grande importance pour notre &eacute;poque, continue d’offrir &agrave; la Doctrine sociale des crit&egrave;res d&eacute;cisifs pour la protection de la personne et pour la construction de soci&eacute;t&eacute;s pluralistes et pacifiques.</p> 
<p>35. Sous le Pontificat de saint Paul VI &eacute;merge une conception de la paix qui ne se r&eacute;duit pas &agrave; l’absence de guerre, mais qui prend forme dans le cheminement vers un d&eacute;veloppement humain int&eacute;gral. Dans <a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_26031967_populorum.html"><i>Populorum progressio</i></a>, il d&eacute;crit le d&eacute;veloppement comme un passage de conditions de vie moins humaines &agrave; des conditions plus humaines et le con&ccedil;oit comme un processus qui concerne tout homme et tout l’homme, <a name="_ftnref31" href="#_ftn31" class=" cleaner">[31]</a> c’est-&agrave;-dire toutes les dimensions de la personne et tous les peuples, sans exception. Sur cette base, Paul VI peut affirmer qu’un d&eacute;veloppement ainsi con&ccedil;u est en r&eacute;alit&eacute; &laquo;&nbsp;le nouveau nom de la paix&nbsp;&raquo;, <a name="_ftnref32" href="#_ftn32" class=" cleaner">[32]</a> car il vise &agrave; &eacute;liminer les racines de l’injustice et du conflit et &agrave; ouvrir des espaces de vie plus dignes pour tous. La cr&eacute;ation de la Commission pontificale <i>Iustitia et Pax</i> doit &eacute;galement &ecirc;tre lue dans cette optique comme une tentative de donner &agrave; cette intuition une forme stable, au niveau eccl&eacute;sial et international, en maintenant vivante la conscience du foss&eacute; croissant entre pays riches et pays pauvres et de la n&eacute;cessit&eacute; de politiques favorisant des conditions de vie r&eacute;ellement plus humaines pour tous.</p> 
<p>36. Dans l’ <i><a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/apost_letters/documents/hf_p-vi_apl_19710514_octogesima-adveniens.html">Octogesima adveniens</a></i> &eacute;crite &agrave; l’occasion du 80 <sup>e</sup> anniversaire de <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiii/fr/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_15051891_rerum-novarum.html"><i>Rerum novarum</i></a>, Paul VI transpose cette perspective dans la soci&eacute;t&eacute; post-industrielle, marqu&eacute;e par des transformations urbaines, de nouvelles formes de pauvret&eacute;, des changements dans le travail et des mutations culturelles rapides remettant en question l’avenir des personnes et des communaut&eacute;s. Pour Paul VI, l’&Eacute;vangile, bien qu’il ait &eacute;t&eacute; &laquo;&nbsp;annonc&eacute;, &eacute;crit, v&eacute;cu&nbsp;&raquo; <a name="_ftnref33" href="#_ftn33" class=" cleaner">[33]</a> dans un contexte historico-culturel tr&egrave;s diff&eacute;rent du n&ocirc;tre, n’est pas un message d&eacute;pass&eacute;, mais une vision de la personne humaine, des relations, de l’autorit&eacute; et du bien commun capable d’orienter encore aujourd’hui les choix &eacute;conomiques, politiques et culturels. En d’autres termes, l’&Eacute;vangile reste d’actualit&eacute; car il fournit les crit&egrave;res permettant de reconna&icirc;tre ce qui humanise ou d&eacute;shumanise, ce qui lib&egrave;re ou opprime au sein de situations sans cesse renouvel&eacute;es. Pour la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise, l’h&eacute;ritage le plus exigeant de Paul VI est pr&eacute;cis&eacute;ment celui-ci&nbsp;: tant qu’il y aura dans le monde des peuples exclus d’un d&eacute;veloppement digne de l’&ecirc;tre humain, la communaut&eacute; chr&eacute;tienne ne pourra se contenter de proclamer la paix de mani&egrave;re abstraite, mais devra laisser l’&Eacute;vangile juger ces structures &eacute;conomiques et politiques &agrave; partir de ceux qui en sont &eacute;cart&eacute;s. Celles-ci, comme devait le rappeler Jean-Paul II, peuvent devenir de v&eacute;ritables &laquo;&nbsp;structures de p&eacute;ch&eacute;&nbsp;&raquo;, <a name="_ftnref34" href="#_ftn34" class=" cleaner">[34]</a> afin qu’aucune personne ni aucun peuple ne soit trait&eacute; comme sacrifiable dans les processus de d&eacute;veloppement.</p> 
<p><i><a name="Le_Magist&egrave;re_r&eacute;cent"></a>Le Magist&egrave;re r&eacute;cent</i></p> 
<p>37. Le f&eacute;cond Magist&egrave;re social de saint Jean-Paul II se situe &agrave; la crois&eacute;e de la crise des grands syst&egrave;mes id&eacute;ologiques du XX <sup>e</sup> si&egrave;cle et des d&eacute;buts de la mondialisation &eacute;conomique. Dans l’Encyclique <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_14091981_laborem-exercens.html"><i>Laborem exercens</i></a>, r&eacute;dig&eacute;e quatre-vingt-dix ans apr&egrave;s la publication de <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiii/fr/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_15051891_rerum-novarum.html"><i>Rerum novarum</i></a>, il ouvre une nouvelle piste de r&eacute;flexion sur le travail. Le juste salaire y est pr&eacute;sent&eacute; comme une v&eacute;rification concr&egrave;te de l’&eacute;quit&eacute; de l’ensemble du syst&egrave;me socio-&eacute;conomique, dans la mesure o&ugrave; il montre si le travailleur est trait&eacute; comme une personne ou comme un simple co&ucirc;t de production. <a name="_ftnref35" href="#_ftn35" class=" cleaner">[35]</a> Le travail n’est pas seulement consid&eacute;r&eacute; comme un probl&egrave;me &agrave; g&eacute;rer ou un moyen pour obtenir un revenu, mais un bien fondamental pour la personne, principe de l’activit&eacute; &eacute;conomique et &eacute;l&eacute;ment cl&eacute; de toute la question sociale. En lui, l’&ecirc;tre humain met en jeu sa libert&eacute;, sa cr&eacute;ativit&eacute; et sa capacit&eacute; &agrave; coop&eacute;rer, contribuant ainsi &agrave; l’&eacute;l&eacute;vation culturelle et morale de la soci&eacute;t&eacute;. <a name="_ftnref36" href="#_ftn36" class=" cleaner">[36]</a> &Agrave; la lumi&egrave;re de cela, les diff&eacute;rentes formes de pr&eacute;carit&eacute;, la fragmentation des parcours professionnels et l’automatisation ne peuvent &ecirc;tre &eacute;valu&eacute;es uniquement en termes d’efficacit&eacute;, mais &agrave; partir de la dignit&eacute; du travailleur, du droit &agrave; une r&eacute;mun&eacute;ration suffisante et de la possibilit&eacute; effective de participer &agrave; la vie sociale.</p> 
<p>38. &Agrave; l’occasion du 20 <sup>e</sup> anniversaire de <a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_26031967_populorum.html"><i>Populorum progressio</i></a>, dans l’Encyclique <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_30121987_sollicitudo-rei-socialis.html"><i>Sollicitudo rei socialis</i></a>, Jean-Paul II revient sur le fl&eacute;au du sous-d&eacute;veloppement. Il reconna&icirc;t l’&eacute;chec de nombreuses tentatives visant &agrave; combler le retard &eacute;conomique des peuples pauvres et &agrave; accompagner leur industrialisation, constatant la persistance et parfois l’aggravation du foss&eacute; entre le Nord et le Sud. <a name="_ftnref37" href="#_ftn37" class=" cleaner">[37]</a> Il d&eacute;nonce en outre les m&eacute;canismes &eacute;conomiques, financiers et commerciaux qui, g&eacute;r&eacute;s par les pays les plus puissants, favorisent structurellement leurs int&eacute;r&ecirc;ts ou &eacute;touffent les &eacute;conomies les plus faibles, et demande qu’ils soient soumis &agrave; un jugement &eacute;thique s&eacute;rieux, et non seulement technique. <a name="_ftnref38" href="#_ftn38" class=" cleaner">[38]</a> Dans ce contexte, la solidarit&eacute; est comprise comme une coresponsabilit&eacute; concr&egrave;te entre les personnes, les peuples et les nations, une forme d’amiti&eacute; sociale ou de charit&eacute; politique orient&eacute;e vers la &laquo;&nbsp;civilisation de l’amour&nbsp;&raquo; invoqu&eacute;e par Paul VI. <a name="_ftnref39" href="#_ftn39" class=" cleaner">[39]</a></p> 
<p>39. &Agrave; l’occasion du centenaire de <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiii/fr/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_15051891_rerum-novarum.html"><i>Rerum novarum</i></a>, l’Encyclique <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_01051991_centesimus-annus.html"><i>Centesimus annus</i></a>&nbsp;offre enfin un discernement sur l’effondrement du syst&egrave;me sovi&eacute;tique et l’affirmation de la d&eacute;mocratie et de l’&eacute;conomie de march&eacute;. Saint Jean-Paul II r&eacute;it&egrave;re le message de Pie XII selon lequel l’&Eacute;glise peut appr&eacute;cier la d&eacute;mocratie dans la mesure o&ugrave; elle garantit la participation effective des citoyens, permet de choisir et de remplacer pacifiquement les dirigeants et emp&ecirc;che que le pouvoir ne soit monopolis&eacute; par des &eacute;lites restreintes motiv&eacute;es par des int&eacute;r&ecirc;ts particuliers ou id&eacute;ologiques. <a name="_ftnref40" href="#_ftn40" class=" cleaner">[40]</a> De m&ecirc;me, elle reconna&icirc;t le potentiel positif du march&eacute; et de l’initiative priv&eacute;e uniquement s’ils restent soumis &agrave; la loi morale et guid&eacute;s par le principe de solidarit&eacute;, sans sacrifier les plus faibles &agrave; la logique du profit. <a name="_ftnref41" href="#_ftn41" class=" cleaner">[41]</a> La Doctrine sociale de l’&Eacute;glise laisse ainsi un h&eacute;ritage particuli&egrave;rement actuel&nbsp;: l’affirmation du lien entre dignit&eacute; du travail, solidarit&eacute; entre les peuples et &eacute;valuation critique de la d&eacute;mocratie et de l’&eacute;conomie de march&eacute; continue &agrave; offrir des crit&egrave;res pour juger les nouvelles formes d’exploitation, d’exclusion et de crises de la repr&eacute;sentation politique.</p> 
<p>40. Dans son Encyclique sociale <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate.html"><i>Caritas in veritate</i></a>, le Pape Beno&icirc;t XVI a souhait&eacute; reprendre et approfondir le concept de d&eacute;veloppement pr&eacute;sent&eacute; dans <a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_26031967_populorum.html"><i>Populorum progressio</i></a>, en le repla&ccedil;ant dans le contexte de la mondialisation. Il rappelle que ce d&eacute;veloppement devrait se traduire par &laquo;&nbsp;une croissance r&eacute;elle, qui s’&eacute;tende &agrave; tous et soit concr&egrave;tement durable&nbsp;&raquo;, <a name="_ftnref42" href="#_ftn42" class=" cleaner">[42]</a> c’est-&agrave;-dire par un progr&egrave;s &eacute;conomique v&eacute;ritablement inclusif et respectueux des limites de la cr&eacute;ation. Il constate toutefois que, dans les pays riches, de nouvelles cat&eacute;gories de pauvres apparaissent et que des formes in&eacute;dites d’exclusion se multiplient, tandis que, dans les r&eacute;gions plus pauvres, de petits groupes vivent dans un bien-&ecirc;tre consum&eacute;riste qui cohabite avec des situations de mis&egrave;re d&eacute;shumanisante. <a name="_ftnref43" href="#_ftn43" class=" cleaner">[43]</a> Il observe en outre que le nouveau syst&egrave;me &eacute;conomique et financier mondial, caract&eacute;ris&eacute; par une grande mobilit&eacute; des capitaux et des moyens de production, a r&eacute;duit le pouvoir politique des &Eacute;tats ainsi que leur capacit&eacute; &agrave; orienter les processus &eacute;conomiques. <a name="_ftnref44" href="#_ftn44" class=" cleaner">[44]</a> C’est pourquoi il r&eacute;affirme que l’activit&eacute; &eacute;conomique ne peut pr&eacute;tendre r&eacute;soudre les probl&egrave;mes sociaux en &eacute;largissant simplement la logique du march&eacute;, mais qu’elle doit &ecirc;tre ordonn&eacute;e au bien commun, envers lequel la communaut&eacute; politique porte une responsabilit&eacute; propre et irrempla&ccedil;able. <a name="_ftnref45" href="#_ftn45" class=" cleaner">[45]</a></p> 
<p>41. Beno&icirc;t XVI place la charit&eacute; au cœur de cette relecture, affirmant qu’elle &laquo;&nbsp;est la voie ma&icirc;tresse de la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise&nbsp;&raquo;, <a name="_ftnref46" href="#_ftn46" class=" cleaner">[46]</a> &agrave; condition qu’elle soit toujours unie &agrave; la v&eacute;rit&eacute;&nbsp;; et il constate avec inqui&eacute;tude que, pr&eacute;cis&eacute;ment dans les domaines social, juridique, politique et &eacute;conomique, on tend &agrave; d&eacute;clarer son insignifiance morale. La nouveaut&eacute; de sa contribution r&eacute;side dans le fait de montrer que le d&eacute;veloppement, la justice, les institutions et le march&eacute; ne sont pas des r&eacute;alit&eacute;s neutres, mais des lieux o&ugrave; la charit&eacute; dans la v&eacute;rit&eacute; doit prendre une forme historique. Pour l’&eacute;poque actuelle, marqu&eacute;e par des in&eacute;galit&eacute;s croissantes, la pression des march&eacute;s financiers, la crise environnementale et la m&eacute;fiance envers la politique, cet enseignement reste d’actualit&eacute; car il invite &agrave; juger chaque mod&egrave;le de d&eacute;veloppement sur sa capacit&eacute; &agrave; &ecirc;tre inclusif et durable, &agrave; recomposer la relation entre &eacute;conomie et politique autour du bien commun et &agrave; reconna&icirc;tre &agrave; la charit&eacute; un r&ocirc;le critique et g&eacute;n&eacute;rateur dans la vie publique.</p> 
<p>42. Le magist&egrave;re social du Pape Fran&ccedil;ois s’inscrit dans la lign&eacute;e de <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html"><i>Gaudium et spes</i></a>&nbsp;qui invite &agrave; consid&eacute;rer l’histoire &agrave; partir des blessures et des espoirs des personnes et &agrave; les mettre en dialogue avec l’&Eacute;vangile. Cette orientation transpara&icirc;t avec une particuli&egrave;re clart&eacute; dans <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html"><i>Evangelii gaudium</i></a>, o&ugrave; il est affirm&eacute; que l’annonce chr&eacute;tienne poss&egrave;de une dimension sociale intrins&egrave;que et o&ugrave; est invoqu&eacute;e une &Eacute;glise capable d’&eacute;couter le cri des pauvres, des migrants ou des victimes des nouvelles formes d’esclavage. C’est dans cette perspective que s’inscrit &eacute;galement l’insistance de Fran&ccedil;ois sur une &Eacute;glise synodale, une &Eacute;glise qui “marche ensemble”, cherche &agrave; lire les signes des temps &agrave; la lumi&egrave;re de l’&Eacute;vangile et se laisse &eacute;vang&eacute;liser par les pauvres avec lesquels elle partage son histoire. <a name="_ftnref47" href="#_ftn47" class=" cleaner">[47]</a></p> 
<p>43. Avec <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html"><i>Laudato si’</i></a>, Fran&ccedil;ois propose la premi&egrave;re grande analyse syst&eacute;matique de la crise environnementale dans une Encyclique sociale, en montrant qu’il ne s’agit pas d’une question sectorielle, mais de l’aspect &eacute;cologique de la crise socio-&eacute;conomique contemporaine. Sa proposition d’&eacute;cologie int&eacute;grale associe la sauvegarde de la Maison commune et l’option pr&eacute;f&eacute;rentielle pour les pauvres et affirme avec force que &laquo; tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres &raquo; <a name="_ftnref48" href="#_ftn48" class=" cleaner">[48]</a> ne peuvent &ecirc;tre s&eacute;par&eacute;es. Dans cette optique, reviennent au premier plan la destination universelle des biens, la critique d’un paradigme technocratique pr&eacute;tendant tout r&eacute;duire &agrave; un objet de domination, la d&eacute;fense du travail humain menac&eacute; par la logique du rejet, l’exigence d’une justice entre les g&eacute;n&eacute;rations et l’appel &agrave; un v&eacute;ritable dialogue entre politique et &eacute;conomie, afin qu’aucune des deux ne s’enferme dans son autor&eacute;f&eacute;rentialit&eacute;.</p> 
<p>44. Face &agrave; la d&eacute;sagr&eacute;gation du tissu social, &agrave; la &laquo;&nbsp;guerre mondiale par morceaux&nbsp;&raquo;, &agrave; la mondialisation individualiste et aux cons&eacute;quences de la pand&eacute;mie de Covid-19 sur les liens communautaires, Fran&ccedil;ois relance dans <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html"><i>Fratelli tutti</i></a>&nbsp;le r&ecirc;ve d’une humanit&eacute; capable de choisir l’amiti&eacute; sociale et la fraternit&eacute; universelle. Il propose la culture de la rencontre, une &laquo; politique meilleure &raquo; capable de rechercher le bien commun, des chemins de r&eacute;conciliation et un monde qui assure &laquo; une terre, un toit et un travail pour tous &raquo;. <a name="_ftnref49" href="#_ftn49" class=" cleaner">[49]</a> Enfin, avec <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/20241024-enciclica-dilexit-nos.html"><i>Dilexit nos</i></a>, il montre que ces grands engagements sociaux ne peuvent &ecirc;tre s&eacute;par&eacute;s de la relation personnelle avec le Christ : en revenant &agrave; la Parole de Dieu, il rappelle que la r&eacute;ponse la plus authentique &agrave; l’amour du Cœur de J&eacute;sus est l’amour concret pour les fr&egrave;res et affirme qu’&laquo; il n’y a pas d’acte plus grand que nous puissions offrir pour Lui rendre amour pour amour &raquo;. <a name="_ftnref50" href="#_ftn50" class=" cleaner">[50]</a></p> 
<p><a name="Une_lecture_de_l’histoire_&agrave;_la_lumi&egrave;re_de_la_foi"></a>Une lecture de l’histoire &agrave; la lumi&egrave;re de la foi</p> 
<p>45. En consid&eacute;rant ce parcours dans son ensemble, on comprend que la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise n’est pas le fruit d’un projet &eacute;labor&eacute; derri&egrave;re un bureau, mais le r&eacute;sultat d’un processus patient, dans lequel chaque pape – avec le <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm">Concile Vatican II</a>&nbsp;– offre une contribution originale &agrave; la lumi&egrave;re des &laquo; questions nouvelles &raquo; de son temps. Chacun, en relevant les d&eacute;fis de son &eacute;poque et en interpr&eacute;tant les changements historiques &agrave; la lumi&egrave;re de l’&Eacute;vangile, a fait ressortir diff&eacute;rents aspects d’un patrimoine unique : la dignit&eacute; de la personne, la valeur du travail, la destination universelle des biens, la solidarit&eacute; et la subsidiarit&eacute;, la sauvegarde de la cr&eacute;ation, la centralit&eacute; de la paix et de la fraternit&eacute;. Il en r&eacute;sulte un d&eacute;veloppement harmonieux, mais pas toujours lin&eacute;aire, marqu&eacute; par des accents diff&eacute;rents, des approfondissements progressifs et, parfois, des changements de perspective qui ne tranchent pas avec ce qui pr&eacute;c&egrave;de, mais en font m&ucirc;rir les implications. Si nous pouvons aujourd’hui parler d’un <i>corpus</i> de principes et de crit&egrave;res partag&eacute;s, c’est parce que cette lecture de l’histoire &agrave; la lumi&egrave;re de la foi ne s’est jamais interrompue et a su se laisser interpeller par les questions de chaque g&eacute;n&eacute;ration. C’est sur ce noyau central – les grands principes de la Doctrine sociale guidant le discernement des croyants dans leur vie personnelle et publique&nbsp;– que je voudrais maintenant porter l’attention, afin d’en mieux saisir la coh&eacute;rence interne et la force g&eacute;n&eacute;ratrice pour notre temps.</p> 
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><a name="Chapitre_2"></a>Chapitre 2</p> 
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;">FONDEMENTS ET PRINCIPES DE LA DOCTRINE SOCIALE DE L’&Eacute;GLISE</p> 
<p>46. La Doctrine sociale de l’&Eacute;glise est une r&eacute;alit&eacute; vivante, en dialogue avec l’histoire, les cultures et les sciences, tout en conservant un noyau de v&eacute;rit&eacute; qui ne passe pas. C’est pourquoi elle peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme une forme de sagesse capable d’orienter encore aujourd’hui la vie personnelle et sociale des croyants. Dans ce deuxi&egrave;me chapitre, je d&eacute;sire m’attarder sur certains fondements et principes de la Doctrine sociale qui aident &agrave; lire les &laquo;&nbsp;questions nouvelles&nbsp;&raquo; de notre temps, &agrave; la lumi&egrave;re de la dignit&eacute; fondamentale de la personne humaine. J’estime qu’aujourd’hui, pour pr&eacute;server la personne humaine &agrave; l’&egrave;re de l’intelligence artificielle, nous devons revenir &agrave; une r&eacute;flexion sur le bien commun, la destination universelle des biens, la subsidiarit&eacute;, la solidarit&eacute; et la justice sociale. Je suis convaincu que la relation harmonieuse entre ces principes exige qu’ils soient consid&eacute;r&eacute;s conjointement, afin qu’apparaisse clairement comment ils se rapportent entre eux et s’&eacute;clairent mutuellement.</p> 
<p>47. En proposant ces r&eacute;flexions, je d&eacute;sire avant tout aider les fid&egrave;les la&iuml;cs, tous les hommes et toutes les femmes de bonne volont&eacute; &agrave; red&eacute;couvrir leur mission : mettre en pratique, dans la vie quotidienne, dans les relations familiales, au travail et dans la vie sociale, les principes que je m’appr&ecirc;te &agrave; rappeler, en se laissant animer par l’intention d’incarner l’amour de Dieu dans le cours concret de l’histoire. En m&ecirc;me temps, je voudrais encourager les acad&eacute;mies et les universit&eacute;s &agrave; donner un nouvel &eacute;lan &agrave; ces principes, en les repensant d’une mani&egrave;re adapt&eacute;e &agrave; notre &eacute;poque et efficace pour faire face &agrave; la r&eacute;volution num&eacute;rique. De cette mani&egrave;re, la recherche th&eacute;ologique et philosophique pourra approfondir et soutenir le cheminement pastoral de l’&Eacute;glise, en contribuant &agrave; la mission du Magist&egrave;re qui consiste &agrave; &eacute;clairer la conscience des croyants et &agrave; orienter leur engagement pour rendre plus juste et plus fraternelle la vie de nos soci&eacute;t&eacute;s.</p> 
<p><a name="Les_fondements_de_la_Doctrine_sociale"></a>Les fondements de la Doctrine sociale</p> 
<p><i><a name="L’&ecirc;tre_humain,_image_du_Dieu_trinitaire"></a>L’&ecirc;tre humain, image du Dieu trinitaire</i></p> 
<p>48. La Doctrine sociale de l’&Eacute;glise nous ram&egrave;ne au cœur m&ecirc;me de notre foi : le myst&egrave;re du Dieu vivant, r&eacute;v&eacute;l&eacute; en J&eacute;sus-Christ comme communion de Personnes, P&egrave;re, Fils et Saint-Esprit, amour en relation qui se donne r&eacute;ciproquement et se communique au monde. <a name="_ftnref51" href="#_ftn51" class=" cleaner">[51]</a> Comme le rappelle le Concile, la personne humaine est invit&eacute;e &agrave; la communion avec Dieu et ne peut &laquo;&nbsp;pleinement se trouver que par un don d&eacute;sint&eacute;ress&eacute; d’elle-m&ecirc;me &raquo;&nbsp;: <a name="_ftnref52" href="#_ftn52" class=" cleaner">[52]</a> sa vocation la plus profonde est d’entrer dans le mouvement trinitaire de l’amour re&ccedil;u et partag&eacute;.</p> 
<p>49. Si le myst&egrave;re du Dieu-Amour est la source de la Doctrine sociale, c’est en J&eacute;sus-Christ, Verbe incarn&eacute;, que nous en contemplons le visage le plus concret. En se faisant homme, le Fils de Dieu entre dans notre histoire et dans notre chair, en y apportant l’amour qui l’unit au P&egrave;re et au Saint-Esprit. En Lui, &laquo; le myst&egrave;re de l’homme trouve sa v&eacute;ritable lumi&egrave;re &raquo;, <a name="_ftnref53" href="#_ftn53" class=" cleaner">[53]</a> car son humanit&eacute; est pleinement libre, ouverte aux autres, capable de construire des relations solidaires et belles, vou&eacute;e au don total de soi. Celui qui croit en Lui est associ&eacute; &agrave; la grande œuvre de renouveau inaugur&eacute;e par le myst&egrave;re de sa passion, de sa mort et de sa r&eacute;surrection, et coop&egrave;re &agrave; l’&eacute;dification du Royaume de Dieu, en apprenant &agrave; accueillir chaque homme et chaque femme comme un fr&egrave;re ou une sœur, enfants d’un seul P&egrave;re. Ainsi, tant l’annonce que l’exp&eacute;rience chr&eacute;tienne, guid&eacute;es par l’action de l’Esprit Saint, tendent &agrave; g&eacute;n&eacute;rer des cons&eacute;quences sociales dans le monde. <a name="_ftnref54" href="#_ftn54" class=" cleaner">[54]</a></p> 
<p>50. Au cœur de la vision chr&eacute;tienne de l’&ecirc;tre humain se trouve la grande affirmation selon laquelle l’homme et la femme sont cr&eacute;&eacute;s &agrave; l’image et &agrave; la ressemblance du Dieu trinitaire (Cf. <i>Gn</i> 1, 26-27). Destin&eacute;e par nature &agrave; la relation, chaque personne est con&ccedil;ue et voulue par Dieu pour entrer dans une histoire de communion avec Lui, avec les autres et avec la cr&eacute;ation. Sa dignit&eacute; ne d&eacute;pend pas des capacit&eacute;s qu’elle poss&egrave;de, de ses richesses ou du r&ocirc;le qu’elle occupe, des choix justes ou erron&eacute;s qu’elle pose, mais elle est un don, qui la pr&eacute;c&egrave;de et la d&eacute;passe, plac&eacute; par Dieu comme expression de son amour qui ne fait jamais d&eacute;faut. C’est pourquoi la personne humaine reste toujours &laquo; la route de l’&Eacute;glise&nbsp;&raquo; <a name="_ftnref55" href="#_ftn55" class=" cleaner">[55]</a> et le cœur de tout cheminement authentique vers le d&eacute;veloppement humain int&eacute;gral. <a name="_ftnref56" href="#_ftn56" class=" cleaner">[56]</a></p> 
<p><i><a name="L’&eacute;gale_dignit&eacute;_de_tous_les_&ecirc;tres_humains"></a>L’&eacute;gale dignit&eacute; de tous les &ecirc;tres humains</i></p> 
<p>51. Saint Jean-Paul II affirmait que &laquo; le sens le plus aigu de la dignit&eacute; de la personne humaine et de son unicit&eacute;, comme aussi du respect d&ucirc; au cheminement de la conscience, constitue une acquisition positive de la culture moderne&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref57" href="#_ftn57" class=" cleaner">[57]</a> Cette affirmation s’inscrit dans la lign&eacute;e d&eacute;j&agrave; trac&eacute;e par le <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm">Concile Vatican II</a>&nbsp;qui avait constat&eacute; une prise de conscience croissante de la dignit&eacute; sublime de chaque personne, de sa valeur sup&eacute;rieure aux choses et de ses droits et devoirs universels et inviolables. <a name="_ftnref58" href="#_ftn58" class=" cleaner">[58]</a> Il est important de veiller &agrave; ce que cette prise de conscience croissante de la dignit&eacute; humaine ne soit pas occult&eacute;e sous la pression de nouvelles id&eacute;ologies ou de certains int&eacute;r&ecirc;ts tr&egrave;s puissants dans le monde d’aujourd’hui. Parmi ces id&eacute;ologies, je consid&egrave;re comme particuli&egrave;rement insidieuse celle qui laisse entendre que chaque personne devrait m&eacute;riter ou justifier sa propre valeur, au point d’attribuer un plus grand prix &agrave; celles qui sont les plus efficaces et les plus performantes. Dans une telle perspective, la personne finit par &ecirc;tre r&eacute;duite &agrave; un moyen pour obtenir des r&eacute;sultats, &agrave; une ressource &agrave; utiliser ou &agrave; exploiter, et n’est plus reconnue comme une fin en soi, jamais &agrave; instrumentaliser. Or la valeur de la personne ne d&eacute;pend pas de ce qu’elle r&eacute;alise ou produit, et il existe des droits qui sont dus &agrave; tous du simple fait d’&ecirc;tre des personnes. Aucun pouvoir humain ne peut l&eacute;gitimement les nier ou les limiter arbitrairement. <a name="_ftnref59" href="#_ftn59" class=" cleaner">[59]</a></p> 
<p>52. Quand nous parlons de dignit&eacute;, nous n’utilisons pas toujours ce mot de la m&ecirc;me mani&egrave;re&nbsp;: nous faisons parfois r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la dignit&eacute; morale, c’est-&agrave;-dire &agrave; la mani&egrave;re dont une personne oriente ses choix et ses actes ; d’autres fois, nous pensons &agrave; la dignit&eacute; sociale, c’est-&agrave;-dire aux conditions de vie de la personne et au respect concret que la soci&eacute;t&eacute; lui accorde ; dans d’autres cas encore, nous faisons r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la dignit&eacute; existentielle, c’est-&agrave;-dire &agrave; la mani&egrave;re dont une personne per&ccedil;oit la valeur d’elle-m&ecirc;me et de sa propre vie. Ces dimensions de la dignit&eacute; peuvent cro&icirc;tre ou diminuer. Au-del&agrave; de ces significations, cependant, il existe un niveau plus profond, le plus important qui consiste en la dignit&eacute; ontologique. C’est la dignit&eacute; qui appartient &agrave; chaque &ecirc;tre humain du simple fait qu’il existe, qu’il a &eacute;t&eacute; voulu, cr&eacute;&eacute; et aim&eacute; par Dieu : <a name="_ftnref60" href="#_ftn60" class=" cleaner">[60]</a> aucun p&eacute;ch&eacute;, aucun &eacute;chec, aucune humiliation, aucune exclusion ne peut porter atteinte &agrave; la valeur profonde d’une vie humaine que Lui-m&ecirc;me a voulue et appel&eacute;e &agrave; l’existence. <a name="_ftnref61" href="#_ftn61" class=" cleaner">[61]</a></p> 
<p>53. C’est pourquoi la dignit&eacute; fondamentale de chaque personne ne s’acquiert pas, ne se m&eacute;rite pas et n’a pas besoin d’&ecirc;tre d&eacute;montr&eacute;e. La r&eacute;cente D&eacute;claration <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_ddf_doc_20240402_dignitas-infinita_fr.html"><i>Dignitas infinita</i></a>&nbsp;a offert une synth&egrave;se des convictions de l’&Eacute;glise sur ce point : &laquo; Une dignit&eacute; infinie, qui repose de mani&egrave;re inali&eacute;nable sur son &ecirc;tre m&ecirc;me, appartient &agrave; chaque personne humaine, au-del&agrave; de toute circonstance et quel que soit l’&eacute;tat ou la situation dans laquelle elle se trouve &raquo;, <a name="_ftnref62" href="#_ftn62" class=" cleaner">[62]</a> c’est-&agrave;-dire toujours et de mani&egrave;re in&eacute;luctable. Cette dignit&eacute; de chaque &ecirc;tre humain peut &ecirc;tre qualifi&eacute;e d’infinie, comme l’a fait saint Jean-Paul II, <a name="_ftnref63" href="#_ftn63" class=" cleaner">[63]</a> pour deux raisons : parce que l’amour de Dieu qui l’appelle &agrave; l’amiti&eacute; avec Lui est infini, et parce qu’elle est absolument inconditionnelle, en ce sens que, m&ecirc;me en cherchant &agrave; l’infini, on ne trouvera jamais rien qui puisse la supprimer ou la r&eacute;futer.</p> 
<p><i><a name="La_valeur_supr&ecirc;me_des_droits_de_l’homme"></a>La valeur supr&ecirc;me des droits de l’homme</i></p> 
<p>54. L’&Eacute;glise reconna&icirc;t avec gratitude que &laquo; le mouvement vers l’identification et la proclamation des droits de l’homme est l’un des efforts les plus importants pour r&eacute;pondre efficacement aux exigences irr&eacute;ductibles de la dignit&eacute; humaine &raquo;. <a name="_ftnref64" href="#_ftn64" class=" cleaner">[64]</a> Et, comme l’a affirm&eacute; Jean-Paul II, la <i>D&eacute;claration universelle des droits de l’homme,</i> proclam&eacute;e par les Nations Unies le 10 d&eacute;cembre 1948, continue &agrave; &ecirc;tre aujourd’hui l’une des plus hautes expressions de la conscience humaine. <a name="_ftnref65" href="#_ftn65" class=" cleaner">[65]</a> Elle est &laquo; une pierre milliaire sur le chemin du progr&egrave;s moral de l’humanit&eacute; &raquo;. <a name="_ftnref66" href="#_ftn66" class=" cleaner">[66]</a> C’est pourquoi, dans la perspective chr&eacute;tienne, les droits de l’homme ne sont pas un ajout ext&eacute;rieur &agrave; la personne, mais une traduction historique de sa dignit&eacute; intrins&egrave;que que la communaut&eacute; internationale est appel&eacute;e &agrave; prot&eacute;ger et &agrave; promouvoir.</p> 
<p>55. Les droits de l’homme sont inviolables, car &laquo; inh&eacute;rents &agrave; la personne et &agrave; sa dignit&eacute;&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref67" href="#_ftn67" class=" cleaner">[67]</a> Par cons&eacute;quent, ils sont universels et inali&eacute;nables. <a name="_ftnref68" href="#_ftn68" class=" cleaner">[68]</a> Pr&eacute;cis&eacute;ment parce qu’ils sont fond&eacute;s sur la dignit&eacute; commune de chaque homme et de chaque femme, ils ont des cons&eacute;quences pratiques et des effets juridiques, car &laquo; il serait vain de proclamer des droits, si l’on ne mettait en m&ecirc;me temps tout en œuvre pour assurer le devoir de les respecter, par tous, partout, et pour tous&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref69" href="#_ftn69" class=" cleaner">[69]</a> Parmi eux, le premier droit humain est le droit &agrave; la vie, de sa conception &agrave; son terme naturel, <a name="_ftnref70" href="#_ftn70" class=" cleaner">[70]</a> sans lequel il est impossible d’exercer aucun autre droit. Lorsque ce droit fondamental est ni&eacute;, comme c’est le cas pour l’avortement provoqu&eacute;, pour le meurtre d’innocents et pour l’euthanasie, on se trouve face &agrave; des choix que l’&Eacute;glise juge gravement illicites. <a name="_ftnref71" href="#_ftn71" class=" cleaner">[71]</a></p> 
<p>56. En consid&eacute;rant notre &eacute;poque, nous ne pouvons ignorer que la protection des droits de l’homme est aujourd’hui expos&eacute;e &agrave; deux risques particuli&egrave;rement graves. Le premier est celui d’une d&eacute;claration purement formelle de ces droits alors que, parall&egrave;lement au progr&egrave;s technologique, les violations de la dignit&eacute; humaine se r&eacute;pandent ouvertement ou de mani&egrave;re dissimul&eacute;e. Le second, qui est en r&eacute;alit&eacute; &agrave; l’origine du premier, est celui de ne plus pouvoir reconna&icirc;tre le fondement de leur universalit&eacute;, parce qu’on a renonc&eacute; &agrave; la &laquo;&nbsp;recherche des fondements les plus solides de nos options ainsi que de nos lois&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref72" href="#_ftn72" class=" cleaner">[72]</a> Le Pape Fran&ccedil;ois invitait &agrave; ne pas sous-estimer ce dernier probl&egrave;me. Il rappelait que lorsque la raison se laisse s&eacute;rieusement interroger sur la nature humaine, elle est capable de d&eacute;couvrir des valeurs qui s’appliquent &agrave; tous, car elles d&eacute;coulent de celle-ci. Si ce travail de recherche venait &agrave; &ecirc;tre abandonn&eacute;, il pourrait advenir que des droits aujourd’hui consid&eacute;r&eacute;s comme intouchables finissent par &ecirc;tre remis en question ou ni&eacute;s dans le futur par ceux qui d&eacute;tiennent le pouvoir, &eacute;ventuellement apr&egrave;s avoir obtenu un consentement seulement apparent de la part de populations effray&eacute;es ou manipul&eacute;es. <a name="_ftnref73" href="#_ftn73" class=" cleaner">[73]</a></p> 
<p>57. Parall&egrave;lement &agrave; une prise de conscience accrue de la valeur de chaque personne humaine et de ses droits, la reconnaissance des droits des minorit&eacute;s s’est &eacute;galement d&eacute;velopp&eacute;e. Il reste encore pourtant beaucoup &agrave; faire pour que partout dans le monde les droits d’un grand nombre, &agrave; savoir ceux des femmes, soient v&eacute;ritablement garantis de mani&egrave;re &eacute;gale. C’est un fait, &laquo; doublement pauvres sont les femmes qui souffrent des situations d’exclusion, de maltraitance et de violence, parce que, souvent, elles se trouvent avec de plus faibles possibilit&eacute;s de d&eacute;fendre leurs droits&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref74" href="#_ftn74" class=" cleaner">[74]</a> Il ne suffit donc pas d’affirmer en paroles que hommes et femmes ont la m&ecirc;me dignit&eacute; et les m&ecirc;mes droits ; il faut que cela se traduise par des choix concrets, dans des lois, dans l’acc&egrave;s au travail, &agrave; l’&eacute;ducation, aux responsabilit&eacute;s sociales et politiques, dans la mani&egrave;re dont la soci&eacute;t&eacute; &eacute;coute et valorise la contribution des femmes. Tant que cet &eacute;cart persistera, nous ne pourrons pas dire que la soci&eacute;t&eacute; reconna&icirc;t v&eacute;ritablement, sans r&eacute;serve, que les femmes ont la m&ecirc;me dignit&eacute; que les hommes.</p> 
<p>58. Ce sont les personnes concr&egrave;tes qui comptent, chacune, ainsi que leurs familles. Les mouvements sociaux, les grandes d&eacute;clarations politiques en faveur du peuple et les id&eacute;ologies communautaires ne servent &agrave; rien si elles ne s’orientent pas vers la promotion des personnes – hommes et femmes – avec leurs droits inali&eacute;nables. De m&ecirc;me, il ne suffit pas de vanter la libert&eacute; individuelle ou l’initiative priv&eacute;e si l’on accepte ensuite qu’une multitude de personnes continue &agrave; vivre sans un travail d&eacute;cent, sans protection, sans acc&egrave;s aux biens fondamentaux.</p> 
<p><a name="Les_principes_de_la_Doctrine_sociale"></a>Les principes de la Doctrine sociale</p> 
<p><i><a name="Le_principe_du_bien_commun"></a>Le principe du bien commun</i></p> 
<p>59. Reconna&icirc;tre que chaque homme et chaque femme porte en soi une dignit&eacute; inali&eacute;nable et a des droits qu’aucun pouvoir humain ne peut l&eacute;ser ou annuler, exige de fa&ccedil;onner la mani&egrave;re dont nous vivons ensemble, nos choix &eacute;conomiques et politiques, ainsi que le visage concret de nos villes. De l&agrave; na&icirc;t le premier grand principe de la Doctrine sociale que je d&eacute;sire rappeler : le bien commun. Nous pouvons le d&eacute;crire comme la forme sociale de la dignit&eacute; reconnue &agrave; chacun. Lorsque Beno&icirc;t XVI a &eacute;voqu&eacute; les valeurs non n&eacute;gociables <i></i>que l’&Eacute;glise doit toujours d&eacute;fendre, il a inclus parmi celles-ci &laquo; la promotion du bien commun&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref75" href="#_ftn75" class=" cleaner">[75]</a> Pour un chr&eacute;tien, en effet, sortir du petit monde de ses propres int&eacute;r&ecirc;ts et s’engager, dans la mesure de ses possibilit&eacute;s, pour le bien commun est une valeur non n&eacute;gociable, tout comme l’est la promotion de la vie.</p> 
<p>60. Le <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm">Concile Vatican II</a>&nbsp;a affirm&eacute; que le bien commun consiste en &laquo; cet ensemble de conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’&agrave; chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’une fa&ccedil;on plus totale et plus ais&eacute;e &raquo;. <a name="_ftnref76" href="#_ftn76" class=" cleaner">[76]</a> Cette d&eacute;finition nous offre une premi&egrave;re orientation pr&eacute;cieuse, car le bien commun ne se r&eacute;duit pas &agrave; une simple liste de conditions ou d’institutions. Il ne co&iuml;ncide pas avec la somme des avantages des individus ni avec le croisement de leurs int&eacute;r&ecirc;ts particuliers ; c’est un bien plus grand qui appartient &agrave; tous et que nous pouvons construire, accro&icirc;tre et pr&eacute;server seulement ensemble. Nous pouvons dire que l’action sociale atteint sa pleine mesure lorsqu’elle tend vers ce bien partag&eacute;, tout comme l’action morale de la personne trouve son accomplissement dans le choix du vrai bien. <a name="_ftnref77" href="#_ftn77" class=" cleaner">[77]</a></p> 
<p>61. En ce sens, nous pouvons affirmer que &laquo; le tout est plus que la somme des parties&nbsp;&raquo; <a name="_ftnref78" href="#_ftn78" class=" cleaner">[78]</a> et que, pr&eacute;cis&eacute;ment pour cette raison, &laquo; la simple somme des int&eacute;r&ecirc;ts individuels n’est pas capable de cr&eacute;er un monde meilleur pour toute l’humanit&eacute; &raquo;. <a name="_ftnref79" href="#_ftn79" class=" cleaner">[79]</a> C’est une illusion de penser qu’il suffit de rechercher son propre progr&egrave;s pour contribuer au bien de tous, sans avoir &agrave; se soucier r&eacute;ellement des autres. Cette vision ignore la valeur propre et sp&eacute;cifique du bien commun&nbsp;: celui-ci est le fruit de l’&laquo;&nbsp;interd&eacute;pendance&nbsp;&raquo; <a name="_ftnref80" href="#_ftn80" class=" cleaner">[80]</a> qui engendre un r&eacute;seau de biens sociaux se diffusant et se r&eacute;percutant sur les personnes. Le bien commun est un <i>plus</i>, <i></i>r&eacute;sultat de l’interaction et de l’influence r&eacute;ciproque qui relie diff&eacute;rentes actions, initiatives, efforts ou d&eacute;cisions. Si l’on se contentait d’additionner les biens individuels, on ne pourrait expliquer l’existence de ce <i>plus </i>qui les d&eacute;passe et, en m&ecirc;me temps, les enrichit.</p> 
<p>62. C’est la recherche du bien commun qui donne vie &agrave; un peuple, entendu non pas comme une simple somme d’individus, mais comme une r&eacute;alit&eacute; vivante o&ugrave; les personnes apprennent &agrave; se reconna&icirc;tre li&eacute;es les unes aux autres et co-responsables de la <i>res publica</i>. De ce point de vue, chaque personne contribue &agrave; construire son propre peuple par &laquo; un travail lent et ardu qui exige de se laisser int&eacute;grer, et d’apprendre &agrave; le faire au point de d&eacute;velopper une culture de la rencontre dans une harmonie multiforme&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref81" href="#_ftn81" class=" cleaner">[81]</a> Travailler ensemble &agrave; la recherche du bien de tous signifie avoir un projet commun. Il est &eacute;vident qu’il existe entre les personnes de nombreuses diff&eacute;rences id&eacute;ologiques et pragmatiques, des int&eacute;r&ecirc;ts divergents et de fr&eacute;quents d&eacute;saccords, mais cela ne signifie pas qu’il soit impossible d’engager un dialogue pour &eacute;tablir un consensus qui permette de constituer un projet pour tous et d’avancer ensemble.</p> 
<p>63. Il incombe &agrave; l’&Eacute;tat de garantir la coh&eacute;sion, l’unit&eacute; et une organisation &eacute;quitable de la soci&eacute;t&eacute; civile, afin que le bien commun puisse &ecirc;tre v&eacute;ritablement recherch&eacute; avec la contribution de chacun. Cela signifie concr&egrave;tement que les pouvoirs publics ont pour t&acirc;che d&eacute;licate d’&laquo;&nbsp;harmoniser avec justice&nbsp;&raquo; <a name="_ftnref82" href="#_ftn82" class=" cleaner">[82]</a> les diff&eacute;rents int&eacute;r&ecirc;ts en jeu, en recherchant un &eacute;quilibre entre biens particuliers et bien commun, sans laisser de c&ocirc;t&eacute; les plus faibles. Lorsque la politique renonce &agrave; une vision &agrave; long terme et se r&eacute;duit &agrave; des calculs &agrave; court terme ou &agrave; des logiques d’opposition, le langage du bien commun perd en cr&eacute;dibilit&eacute; et les in&eacute;galit&eacute;s comme les fractures sociales augmentent.</p> 
<p>64. Cela vaut &eacute;galement pour la politique internationale. Alors que les distances entre les peuples s’accroissent, des logiques d’opposition et d’agressivit&eacute; se mettent en place, et le difficile chemin vers un monde plus uni et plus fraternel subit de nouveaux et douloureux revers. Dans ce contexte, parler d’un chemin commun vers un d&eacute;veloppement plus juste pour toute la famille humaine &laquo;&nbsp;semble relever de la folie&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref83" href="#_ftn83" class=" cleaner">[83]</a> Mais nous ne pouvons pas perdre espoir. J’invite chacun &agrave; r&eacute;fl&eacute;chir &agrave; des formes de coop&eacute;ration et d’institutions internationales plus efficaces, capables de pr&eacute;server le bien commun global sans pour autant supprimer la l&eacute;gitime pluralit&eacute; des peuples et des &Eacute;tats. En effet, la promotion du bien commun ne peut jamais &ecirc;tre dissoci&eacute;e du respect du droit des peuples &agrave; exister, &agrave; pr&eacute;server leur propre identit&eacute; et &agrave; contribuer par leur sp&eacute;cificit&eacute; &agrave; la famille des nations. <a name="_ftnref84" href="#_ftn84" class=" cleaner">[84]</a> Toute tentative ou tout projet visant &agrave; &eacute;liminer ou &agrave; soumettre une nation est gravement immoral et donc inacceptable.</p> 
<p><i><a name="Le_principe_de_la_destination_universelle_des_biens"></a>Le principe de la destination universelle des biens</i></p> 
<p>65. &laquo;&nbsp;Parmi les multiples implications du bien commun, le principe de la destination universelle des biens rev&ecirc;t une importance imm&eacute;diate&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref85" href="#_ftn85" class=" cleaner">[85]</a> Ce principe nous rappelle avant tout que les biens de la terre – le sol, l’eau, l’air, les ressources naturelles – sont donn&eacute;s par Dieu &agrave; toute la famille humaine pour soutenir la vie de chacun, aujourd’hui comme pour les g&eacute;n&eacute;rations futures, et que chaque personne a un droit originel &agrave; l’usage de ces biens. Saint Jean-Paul II rappelait que &laquo; Dieu a donn&eacute; la terre &agrave; tout le genre humain pour qu’elle fasse vivre tous ses membres, sans exclure ni privil&eacute;gier personne&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref86" href="#_ftn86" class=" cleaner">[86]</a> Par cons&eacute;quent, &laquo; il n’est pas conforme au dessein de Dieu d’utiliser ce don de telle sorte que ses bienfaits ne profitent qu’&agrave; quelques-uns &raquo;. <a name="_ftnref87" href="#_ftn87" class=" cleaner">[87]</a> Aujourd’hui, nous sommes appel&eacute;s &agrave; reconna&icirc;tre que cette destination universelle ne concerne pas seulement les biens mat&eacute;riels, mais aussi les biens immat&eacute;riels et culturels.</p> 
<p>66. Il existe un droit &agrave; la propri&eacute;t&eacute; priv&eacute;e qui poss&egrave;de son sens et sa fonction propres, mais toujours subordonn&eacute; &agrave; la destination universelle des biens. Selon Jean-Paul II, cette subordination est la r&egrave;gle d’or du comportement social et le &laquo; premier principe de tout l’ordre &eacute;thico-social &raquo;. <a name="_ftnref88" href="#_ftn88" class=" cleaner">[88]</a> La tradition de l’&Eacute;glise a vu dans la propri&eacute;t&eacute; un moyen de pr&eacute;server et d’administrer les biens afin qu’ils puissent mieux servir le bien commun. Puisque &laquo; la tradition chr&eacute;tienne n’a jamais reconnu comme absolu ou intouchable le droit &agrave; la propri&eacute;t&eacute; priv&eacute;e &raquo;, <a name="_ftnref89" href="#_ftn89" class=" cleaner">[89]</a> sa fonction sociale ne doit pas &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme une simple opinion th&eacute;ologique, mais comme une doctrine certaine de l’&Eacute;glise, d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sente dans les Saintes &Eacute;critures et chez les P&egrave;res. C’est pourquoi le Pape Fran&ccedil;ois a rappel&eacute; que la solidarit&eacute;, v&eacute;cue en profondeur, signifie aussi &laquo; rendre au pauvre ce qui lui revient&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref90" href="#_ftn90" class=" cleaner">[90]</a></p> 
<p>67. Aujourd’hui, parmi les biens universellement destin&eacute;s &agrave; tous, nous devons &eacute;galement compter les nouvelles formes de propri&eacute;t&eacute; : brevets, algorithmes, plateformes num&eacute;riques, infrastructures technologiques, donn&eacute;es. Dans un contexte o&ugrave; la richesse des nations d&eacute;pend de plus en plus des connaissances et des technologies, quand ces biens restent concentr&eacute;s entre les mains de quelques-uns, sans formes ad&eacute;quates de partage et d’acc&egrave;s, il se cr&eacute;e un nouveau d&eacute;s&eacute;quilibre contredisant la destination universelle des biens et alimentant le foss&eacute; entre les inclus et les exclus, entre ceux qui peuvent participer &agrave; la r&eacute;volution num&eacute;rique et ceux qui en restent &agrave; l’&eacute;cart. De plus, le soin de la Maison commune comme la responsabilit&eacute; envers les pauvres et les g&eacute;n&eacute;rations futures requi&egrave;rent que l’usage des biens de la cr&eacute;ation et des nouvelles possibilit&eacute;s offertes par la technique soit r&eacute;glement&eacute; de mani&egrave;re &agrave; respecter l’environnement, &agrave; &eacute;viter le gaspillage et les nouvelles formes de pillage.</p> 
<p><i><a name="Le_principe_de_subsidiarit&eacute;"></a>Le principe de subsidiarit&eacute;</i></p> 
<p>68. Le principe de subsidiarit&eacute; na&icirc;t de la m&ecirc;me vision de la personne qui a guid&eacute; notre r&eacute;flexion sur la dignit&eacute; et le bien commun. Si tout homme, et toute femme, est appel&eacute; &agrave; devenir acteur de sa propre vie et &agrave; participer &agrave; la construction de la soci&eacute;t&eacute;, alors l’organisation sociale doit elle aussi respecter et favoriser cette responsabilit&eacute;. La Doctrine sociale de l’&Eacute;glise appelle “subsidiarit&eacute;” le principe selon lequel ce que les personnes, les familles, les communaut&eacute;s locales et les corps interm&eacute;diaires peuvent faire ne doit pas &ecirc;tre assum&eacute; par des instances sup&eacute;rieures. Les institutions de niveau sup&eacute;rieur doivent reconna&icirc;tre, prot&eacute;ger et promouvoir la libert&eacute; et la cr&eacute;ativit&eacute; des niveaux inf&eacute;rieurs, en coordonnant leurs contributions afin qu’elles coop&egrave;rent efficacement au bien commun. <a name="_ftnref91" href="#_ftn91" class=" cleaner">[91]</a></p> 
<p>69. Depuis les d&eacute;buts du Magist&egrave;re social moderne, &agrave; partir de L&eacute;on XIII, l’&Eacute;glise a insist&eacute; sur le fait que ni la personne ni la famille ne doivent &ecirc;tre absorb&eacute;es par l’&Eacute;tat, mais qu’elles doivent &ecirc;tre laiss&eacute;es libres d’agir, dans la mesure du possible, sans nuire au bien commun. <a name="_ftnref92" href="#_ftn92" class=" cleaner">[92]</a> Saint Jean-Paul II a repris et approfondi cette perspective, en rappelant que la communaut&eacute; politique est au service de la soci&eacute;t&eacute; civile et que l’&Eacute;tat doit veiller au bien commun, en intervenant lorsque cela est n&eacute;cessaire, mais sans se substituer de mani&egrave;re stable &agrave; la responsabilit&eacute; des corps interm&eacute;diaires et des r&eacute;alit&eacute;s sociales. <a name="_ftnref93" href="#_ftn93" class=" cleaner">[93]</a> La subsidiarit&eacute; ne justifie pas le d&eacute;sengagement de l’&Eacute;tat, mais oriente son action : l’intervention publique est pr&eacute;cis&eacute;ment n&eacute;cessaire pour permettre &agrave; tous les acteurs sociaux d’accomplir leur mission sans &ecirc;tre &eacute;cras&eacute;s. Il appartient &agrave; la communaut&eacute; politique de cr&eacute;er les conditions permettant aux personnes, aux familles, aux associations et aux corps interm&eacute;diaires de r&eacute;aliser leur vocation sociale, sans &ecirc;tre remplac&eacute;s ou r&eacute;duits &agrave; de simples ex&eacute;cutants. <a name="_ftnref94" href="#_ftn94" class=" cleaner">[94]</a></p> 
<p>70. Ce principe encourage &agrave; d&eacute;passer toute forme de gestion paternaliste ou d’assistanat de la vie sociale, en favorisant un style de coresponsabilit&eacute; : un &Eacute;tat qui valorise l’initiative des citoyens, une soci&eacute;t&eacute; civile capable de tisser des liens et de susciter des &eacute;nergies au service du bien commun. Dans une logique de subsidiarit&eacute;, les choix sont pris au niveau le plus proche possible des personnes concern&eacute;es, en valorisant la vie associative de sorte que le peuple ne se trouve pas face &agrave; des d&eacute;cisions d&eacute;j&agrave; prises, mais puisse participer &agrave; leur &eacute;laboration. L&agrave; o&ugrave; les familles, les associations, les communaut&eacute;s locales, les r&eacute;alit&eacute;s du volontariat et du secteur tertiaire sont reconnues et soutenues, la vie sociale se rapproche des personnes, les services sont plus attentifs aux besoins r&eacute;els, les r&eacute;ponses plus cr&eacute;atives et respectueuses de la dignit&eacute; de chacun. <a name="_ftnref95" href="#_ftn95" class=" cleaner">[95]</a></p> 
<p>71. Le principe de subsidiarit&eacute; s’applique de mani&egrave;re particuli&egrave;re dans le contexte de la r&eacute;volution num&eacute;rique. Ici, le niveau sup&eacute;rieur n’est pas l’&Eacute;tat, mais chaque grand acteur &eacute;conomique et technologique exer&ccedil;ant un pouvoir de fait sur les conditions de la vie en communaut&eacute;. Le niveau qui concentre les comp&eacute;tences, les donn&eacute;es et le pouvoir d&eacute;cisionnel est constitu&eacute; d’entreprises et de plateformes d&eacute;finissant les conditions d’acc&egrave;s, les r&egrave;gles de visibilit&eacute;, les formes de relation et m&ecirc;me les opportunit&eacute;s &eacute;conomiques. La subsidiarit&eacute; exige que ces processus ne soient pas impos&eacute;s d’en haut de fa&ccedil;on opaque et unilat&eacute;rale, mais qu’ils soient orient&eacute;s vers le bien commun &agrave; travers la transparence, la responsabilit&eacute; et des formes r&eacute;elles de participation (contr&ocirc;les ind&eacute;pendants, transparence sur les algorithmes, acc&egrave;s &eacute;quitable aux donn&eacute;es, dispositifs de recours). <a name="_ftnref96" href="#_ftn96" class=" cleaner">[96]</a></p> 
<p>72. Dans ce contexte, les &Eacute;tats et les institutions supranationales sont appel&eacute;s &agrave; garantir des r&egrave;gles justes et des protections efficaces, afin que les communaut&eacute;s locales, les corps interm&eacute;diaires, les &eacute;coles, les universit&eacute;s, les r&eacute;alit&eacute;s eccl&eacute;siales et associatives puissent avoir leur mot &agrave; dire et contribuer au discernement sur les choix qui affectent la vie des personnes&nbsp;: travail, acc&egrave;s aux services, gestion des donn&eacute;es et environnements num&eacute;riques. Dans les choix relatifs aux flux &eacute;conomiques et aux plateformes num&eacute;riques, dans la gouvernance des donn&eacute;es et des algorithmes, on ne peut permettre que seuls quelques acteurs orientent les processus, il faut au contraire construire des formes de coop&eacute;ration qui respectent les diff&eacute;rents niveaux de la communaut&eacute; mondiale et les rendent co-responsables du bien commun. <a name="_ftnref97" href="#_ftn97" class=" cleaner">[97]</a></p> 
<p><i><a name="Le_principe_de_solidarit&eacute;"></a>Le principe de solidarit&eacute;</i></p> 
<p>73. Apr&egrave;s avoir consid&eacute;r&eacute; le bien commun et la subsidiarit&eacute;, je voudrais m’arr&ecirc;ter sur le principe de solidarit&eacute;. Celui-ci tire son origine de la vision de la personne g&eacute;n&eacute;r&eacute;e par la foi&nbsp;: chaque &ecirc;tre humain est cr&eacute;&eacute; &agrave; l’image de Dieu et s’inscrit dans un r&eacute;seau de relations qui le lient aux autres, aux peuples et &agrave; la cr&eacute;ation. Saint Paul VI rappelait que les obligations de solidarit&eacute;, de justice et de charit&eacute; sont enracin&eacute;es dans la fraternit&eacute; humaine et surnaturelle unissant les hommes et les peuples entre eux. <a name="_ftnref98" href="#_ftn98" class=" cleaner">[98]</a> La fraternit&eacute; n’est pas seulement une aspiration int&eacute;rieure de celui qui croit, mais une forme sociale et politique &agrave; incarner dans des choix et des parcours partag&eacute;s. La solidarit&eacute; est donc la reconnaissance concr&egrave;te de ce que le destin de chacun est li&eacute; au destin de tous : en effet, &laquo; personne ne se sauve tout seul &raquo;. <a name="_ftnref99" href="#_ftn99" class=" cleaner">[99]</a> Le lien &eacute;troit entre subsidiarit&eacute; et solidarit&eacute; appara&icirc;t ainsi &eacute;vident. Lorsque la subsidiarit&eacute; n’est pas accompagn&eacute;e de solidarit&eacute;, elle finit par se transformer en simple d&eacute;fense d’int&eacute;r&ecirc;ts particuliers ; lorsque la solidarit&eacute; n’est pas soutenue par la subsidiarit&eacute;, elle d&eacute;g&eacute;n&egrave;re en assistanat qui ne favorise pas la responsabilit&eacute;. <a name="_ftnref100" href="#_ftn100" class=" cleaner">[100]</a> Cette imbrication renvoie &eacute;galement &agrave; la responsabilit&eacute; d’une authentique participation : la solidarit&eacute; s’exprime lorsque chacun, personnellement et avec les autres, prend part &agrave; la vie de la communaut&eacute; – s’informe, s’associe, fait entendre sa voix, contribue aux d&eacute;cisions et aux choix publics – en assumant des responsabilit&eacute;s r&eacute;elles afin que le bien commun se traduise en choix partag&eacute;s.</p> 
<p>74. Dans de nombreux domaines, nous faisons d&eacute;j&agrave; l’exp&eacute;rience d’une sorte de “solidarit&eacute; de fait”&nbsp;: nos vies sont &eacute;troitement li&eacute;es, les &eacute;conomies et les communications mondiales font que ce qui se passe en un lieu a des r&eacute;percussions lointaines, et les r&eacute;seaux num&eacute;riques relient en temps r&eacute;el personnes et communaut&eacute;s aux quatre coins du monde. Ce tissu de relations n’est pourtant pas encore une solidarit&eacute; au sens plein s’il ne devient pas un choix conscient. La foi nous invite &agrave; lire cette r&eacute;alit&eacute; comme un appel : nous ne sommes pas simplement proches les uns des autres, mais confi&eacute;s les uns aux autres, afin que chacun prenne en charge, dans la mesure de ses moyens, la vie et les souffrances de son fr&egrave;re ou de sa sœur. La solidarit&eacute; na&icirc;t pr&eacute;cis&eacute;ment lorsque nous d&eacute;cidons de ne pas rester indiff&eacute;rents face &agrave; ce qui arrive &agrave; notre prochain et que nous transformons des liens in&eacute;vitables – &eacute;conomiques, culturels, technologiques – en voies de partage, de coop&eacute;ration et de soin mutuel, en apprenant &agrave; &laquo; penser et agir en termes de communaut&eacute; &raquo;. <a name="_ftnref101" href="#_ftn101" class=" cleaner">[101]</a></p> 
<p>75. Le Magist&egrave;re social a insist&eacute; sur le fait que la solidarit&eacute; est &agrave; la fois un principe et une vertu. En tant que principe, elle exprime l’ordre objectif des relations entre personnes, groupes et peuples, et renvoie &agrave; la conscience d’une interd&eacute;pendance selon laquelle le bien de chacun passe par le bien des autres. En tant que vertu, elle exige en revanche une &laquo; d&eacute;termination ferme et pers&eacute;v&eacute;rante &raquo; <a name="_ftnref102" href="#_ftn102" class=" cleaner">[102]</a> &agrave; œuvrer pour le bien commun, en accordant une attention particuli&egrave;re aux plus faibles. Le Pape Fran&ccedil;ois a rappel&eacute; que la solidarit&eacute; est &laquo; une mani&egrave;re de faire l’histoire &raquo; <a name="_ftnref103" href="#_ftn103" class=" cleaner">[103]</a> qui construit des peuples et non de simples masses d’individus. C’est pourquoi elle implique des modes de vie sobres et partag&eacute;s, la capacit&eacute; &agrave; renoncer &agrave; des avantages imm&eacute;diats pour ouvrir des perspectives d’avenir &agrave; d’autres, la disponibilit&eacute; &agrave; remettre en question habitudes et privil&egrave;ges – y compris en mati&egrave;re de consommation num&eacute;rique et d’utilisation des technologies – lorsqu’ils emp&ecirc;chent les autres de vivre avec dignit&eacute;.</p> 
<p>76. Dans un monde marqu&eacute; par des relations de plus en plus &eacute;troites entre les personnes, les communaut&eacute;s et les nations, la solidarit&eacute; rev&ecirc;t &eacute;galement une dimension globale. Beno&icirc;t XVI a vigoureusement rappel&eacute; le lien entre d&eacute;veloppement, justice et responsabilit&eacute; envers les g&eacute;n&eacute;rations futures, soulignant que le d&eacute;veloppement authentique exige une solidarit&eacute; interg&eacute;n&eacute;rationnelle <a name="_ftnref104" href="#_ftn104" class=" cleaner">[104]</a> et une attention particuli&egrave;re aux liens qui nous unissent &agrave; l’environnement naturel. Aujourd’hui, cette responsabilit&eacute; s’&eacute;tend &eacute;galement aux infrastructures num&eacute;riques ou d’information : tout comme l’environnement naturel, l’“&eacute;cosyst&egrave;me num&eacute;rique” peut &ecirc;tre pr&eacute;serv&eacute; ou exploit&eacute;, partag&eacute; ou monopolis&eacute;. La solidarit&eacute; exige que les choix en mati&egrave;re de donn&eacute;es, d’algorithmes, de plateformes et d’intelligence artificielle tiennent compte non seulement de l’avantage imm&eacute;diat de certains, mais aussi de l’impact sur l’ensemble des peuples comme sur les g&eacute;n&eacute;rations &agrave; venir.</p> 
<p><i><a name="Le_principe_de_la_justice_sociale"></a>Le principe de la justice sociale</i></p> 
<p>77. Pour la communaut&eacute; chr&eacute;tienne, la justice sociale est une forme concr&egrave;te de vie &agrave; la suite de J&eacute;sus et de fid&eacute;lit&eacute; &agrave; son &Eacute;vangile. Dans le Nouveau Testament, J&eacute;sus annonce une &laquo; bonne nouvelle aux pauvres &raquo; ( <i>Lc</i> 4, 18) et s’identifie aux petits, aux malades, aux prisonniers, aux &eacute;trangers (cf. <i>Mt</i> 25, 31-46). Il nous enseigne ainsi que la justice na&icirc;t et s’accomplit dans la fraternit&eacute;, car la mani&egrave;re dont nous nous approchons des plus d&eacute;munis et entrons en relation avec eux devient, concr&egrave;tement, la mesure de notre rapport avec Dieu et avec nos fr&egrave;res. La justice ne concerne toutefois pas seulement les comportements individuels, mais aussi la mani&egrave;re dont les structures de la vie en soci&eacute;t&eacute; sont con&ccedil;ues et organis&eacute;es. Le <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm">Concile Vatican II</a>&nbsp;rappelle &agrave; cet &eacute;gard que toute institution est appel&eacute;e &agrave; servir la personne humaine et sa dignit&eacute;. <a name="_ftnref105" href="#_ftn105" class=" cleaner">[105]</a> La justice sociale se reconna&icirc;t alors &agrave; la capacit&eacute; pour un ordre social, &eacute;conomique et politique de permettre &agrave; tous – et en particulier aux plus fragiles – de vivre de mani&egrave;re vraiment humaine, sans que personne ne soit laiss&eacute; pour compte.</p> 
<p>78. Le Magist&egrave;re r&eacute;cent a insist&eacute; sur le fait que la justice sociale exige un regard qui parte des plus d&eacute;munis. Saint Jean-Paul II a &eacute;voqu&eacute; une &laquo; option pr&eacute;f&eacute;rentielle pour les pauvres&nbsp;&raquo; <a name="_ftnref106" href="#_ftn106" class=" cleaner">[106]</a> qui doit guider les choix personnels et sociaux, tandis que le Pape Fran&ccedil;ois a d&eacute;nonc&eacute; une &laquo; culture du “d&eacute;chet” &raquo; <a name="_ftnref107" href="#_ftn107" class=" cleaner">[107]</a> qui engendre sans cesse de nouvelles formes d’exclusion. Dans cette perspective, la justice sociale demande de consid&eacute;rer les personnes et les peuples en commen&ccedil;ant par les plus vuln&eacute;rables : les pauvres, les migrants, les r&eacute;fugi&eacute;s, les personnes d&eacute;plac&eacute;es &agrave; l’int&eacute;rieur de leur propre pays, les victimes de violence, les personnes vivant dans des p&eacute;riph&eacute;ries urbaines ou existentielles.</p> 
<p>79. La notion de justice sociale aide &agrave; reconna&icirc;tre que les injustices ne naissent pas seulement de mauvais choix individuels, mais aussi de structures, de m&eacute;canismes, d’ordres &eacute;conomiques et culturels produisant presque automatiquement des in&eacute;galit&eacute;s. Saint Jean-Paul II a parl&eacute; en ce sens de structures de p&eacute;ch&eacute; <a name="_ftnref108" href="#_ftn108" class=" cleaner">[108]</a> qui s’opposent &agrave; la volont&eacute; de Dieu et exigent un engagement de conversion personnelle et sociale. Dans cette perspective, la justice ne concerne pas seulement une r&eacute;partition plus &eacute;quitable des biens ou la rectification des injustices actuelles, mais elle rev&ecirc;t &eacute;galement une dimension r&eacute;paratrice. Elle vise &agrave; r&eacute;tablir les liens rompus et &agrave; r&eacute;int&eacute;grer ceux qui ont &eacute;t&eacute; exclus, en tenant compte des blessures laiss&eacute;es par les injustices&nbsp;: guerres, colonialisme, discriminations raciales ou de genre, violences contre des peuples entiers, exploitation. Cela peut signifier redonner dignit&eacute; et voix &agrave; ceux qui ont &eacute;t&eacute; ignor&eacute;s, favoriser des processus de gu&eacute;rison de la m&eacute;moire collective, lutter contre des lois et des pratiques discriminatoires, soutenir concr&egrave;tement ceux qui portent encore aujourd’hui les cons&eacute;quences de torts subis dans le pass&eacute;.</p> 
<p>80. &Agrave; notre &eacute;poque, la justice sociale doit &eacute;galement faire face au contexte g&eacute;n&eacute;r&eacute; par les technologies num&eacute;riques. La diffusion des r&eacute;seaux mondiaux, des plateformes et des syst&egrave;mes d’intelligence artificielle modifie la mani&egrave;re dont nous nous informons, communiquons et acc&eacute;dons aux services. La justice exige que l’on emp&ecirc;che l’&eacute;mergence de nouvelles formes d’exclusion et de privation de libert&eacute; : des personnes et des peuples se voyant refuser ou restreindre l’acc&egrave;s aux technologies de base, des communaut&eacute;s expos&eacute;es &agrave; une surveillance invasive, des groupes sociaux p&eacute;nalis&eacute;s par des algorithmes opaques qui reproduisent pr&eacute;jug&eacute;s et discriminations. &Agrave; l’&egrave;re du num&eacute;rique, un ordre social juste est celui qui garantit &agrave; tous un acc&egrave;s &eacute;quitable aux opportunit&eacute;s, prot&egrave;ge les plus petits et les plus fragiles, lutte contre la haine et la d&eacute;sinformation, et soumet l’utilisation des donn&eacute;es et des technologies &agrave; un contr&ocirc;le public, afin que le crit&egrave;re ne soit pas uniquement le profit, mais la dignit&eacute; de chaque personne et le bien des peuples.</p> 
<p>81. La situation des migrants, des r&eacute;fugi&eacute;s et de tous ceux qui sont contraints de se d&eacute;placer en raison de la pauvret&eacute;, de la violence, du changement climatique ou des catastrophes environnementales constitue aujourd’hui un test d&eacute;cisif pour la justice sociale. La mani&egrave;re dont une soci&eacute;t&eacute; les traite r&eacute;v&egrave;le si son id&eacute;e de la justice est guid&eacute;e par la peur ou par la fraternit&eacute;. Le Pape Fran&ccedil;ois invitait &agrave; reconna&icirc;tre dans les migrants non pas simplement un probl&egrave;me &agrave; g&eacute;rer, mais &laquo; une image vivante du Peuple de Dieu en marche &raquo;&nbsp;; <a name="_ftnref109" href="#_ftn109" class=" cleaner">[109]</a> des personnes dot&eacute;es de dignit&eacute;, de ressources et de r&ecirc;ves, ayant droit &agrave; &ecirc;tre trait&eacute;es avec respect et d&eacute;sireuses de devenir partie prenante des soci&eacute;t&eacute;s qui les accueillent. La justice sociale, dans ce domaine, implique au moins deux engagements compl&eacute;mentaires. D’une part, pr&eacute;server le droit &agrave; l’espoir de ceux qui sont contraints de partir en garantissant des voies s&ucirc;res et l&eacute;gales, des conditions d’accueil dignes, des parcours d’int&eacute;gration concrets. D’autre part, promouvoir &eacute;galement le droit de rester sur sa propre terre en paix et en s&eacute;curit&eacute;, en s’attaquant aux causes profondes qui poussent &agrave; la migration, y compris celles li&eacute;es aux injustices &eacute;conomiques et &agrave; la crise climatique. Lorsque ces droits sont respect&eacute;s, les migrations peuvent devenir une occasion de rencontre et d’enrichissement mutuel entre les peuples.</p> 
<p><a name="Le_d&eacute;veloppement_humain_int&eacute;gral"></a>Le d&eacute;veloppement humain int&eacute;gral</p> 
<p>82. Dans l’Encyclique <a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_26031967_populorum.html"><i>Populorum progressio</i></a>, Paul VI affirme que le d&eacute;veloppement n’est authentique que s’il est &laquo; int&eacute;gral &raquo;, c’est-&agrave;-dire &laquo; orient&eacute; vers la promotion de chaque homme et de l’homme tout entier &raquo;. <a name="_ftnref110" href="#_ftn110" class=" cleaner">[110]</a> Au cours des d&eacute;cennies suivantes, la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise a repris et approfondi cette expression pour indiquer la mani&egrave;re concr&egrave;te dont les grands principes – dignit&eacute;, bien commun, destination universelle des biens, subsidiarit&eacute;, solidarit&eacute;, justice sociale – trouvent leur application dans l’histoire. Par “d&eacute;veloppement humain int&eacute;gral”, nous entendons un processus dans lequel la croissance des personnes et des peuples concerne toutes les dimensions de l’existence et ouvre le futur aux g&eacute;n&eacute;rations &agrave; venir.</p> 
<p>83. Le d&eacute;veloppement, tant pour les personnes que pour les nations, est &agrave; la fois un devoir et un droit : il exige des conditions minimales qui permettent &agrave; chaque personne et &agrave; chaque peuple de s’&eacute;panouir selon sa dignit&eacute;, sans &ecirc;tre maintenu dans la d&eacute;pendance ou exclu de l’acc&egrave;s aux biens n&eacute;cessaires. Le d&eacute;veloppement est humain lorsqu’il place au centre les personnes et non l’accumulation de biens, mais aussi lorsqu’il concerne les peuples, et non seulement les individus. La justice exige la reconnaissance des droits sociaux et des droits des peuples, et inclut la responsabilit&eacute; envers ceux qui viendront apr&egrave;s nous. C’est pourquoi un d&eacute;veloppement qui augmente la consommation de certains en faisant peser les co&ucirc;ts et les souffrances sur d’autres, ou encore qui rel&egrave;gue des r&eacute;gions enti&egrave;res &agrave; des r&ocirc;les subordonn&eacute;s en les emp&ecirc;chant d’exprimer leur potentialit&eacute;, n’est pas humain. <a name="_ftnref111" href="#_ftn111" class=" cleaner">[111]</a> Le d&eacute;veloppement est int&eacute;gral lorsqu’il ne se r&eacute;duit pas au domaine &eacute;conomique, mais qu’il favorise la qualit&eacute; de vie dans ses dimensions spirituelles, culturelles, morales et relationnelles, dans le respect de la Maison commune, de la diversit&eacute; des peuples et de leurs modes de vie. <a name="_ftnref112" href="#_ftn112" class=" cleaner">[112]</a></p> 
<p>84. L’id&eacute;e de d&eacute;veloppement humain int&eacute;gral trouve aujourd’hui un crit&egrave;re de v&eacute;rification d&eacute;cisif dans l’&eacute;cologie int&eacute;grale, devenue une dimension incontournable de la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise. La qualit&eacute; du d&eacute;veloppement se mesure en effet &agrave; sa capacit&eacute; &agrave; concilier, sans les s&eacute;parer, la justice envers les personnes et la sauvegarde de la Maison commune, favorisant des conditions de vie dignes, l’acc&egrave;s aux biens n&eacute;cessaires, des relations sociales justes, l’attention &agrave; la cr&eacute;ation et aux g&eacute;n&eacute;rations futures. Il s’ensuit que ce n’est pas un v&eacute;ritable progr&egrave;s que d’accro&icirc;tre le bien-&ecirc;tre de certains en d&eacute;gradant les &eacute;cosyst&egrave;mes, en faisant reposer les co&ucirc;ts sur les communaut&eacute;s les plus vuln&eacute;rables ou en compromettant les conditions de vie de ceux qui viendront apr&egrave;s nous.</p> 
<p>85. Ainsi compris, le d&eacute;veloppement humain int&eacute;gral est l’horizon &agrave; partir duquel nous pouvons lire les transformations de notre temps, y compris celles de la r&eacute;volution num&eacute;rique. Les innovations technologiques – notamment l’intelligence artificielle – ne sont pas neutres : elles peuvent favoriser la participation et la justice, ou bien aggraver les in&eacute;galit&eacute;s, le contr&ocirc;le et l’exclusion. C’est pourquoi elles doivent &ecirc;tre &eacute;valu&eacute;es &agrave; l’aune d’une question d&eacute;cisive&nbsp;: contribuent-elles r&eacute;ellement &agrave; faire grandir les personnes et les peuples en humanit&eacute; et en fraternit&eacute;, dans le respect de la Maison commune et des g&eacute;n&eacute;rations futures&nbsp;? C’est l&agrave; que les principes de la Doctrine sociale deviennent des crit&egrave;res concrets de discernement pour les th&eacute;matiques que nous aborderons dans les chapitres suivants.</p> 
<p><a name="Un_examen_pour_l’&Eacute;glise"></a>Un examen pour l’&Eacute;glise</p> 
<p>86. Pour conclure, je voudrais aborder un point qui me tient particuli&egrave;rement &agrave; cœur. La Doctrine sociale n’est pas seulement un message adress&eacute; &agrave; la soci&eacute;t&eacute; : c’est aussi un examen de conscience pour l’&Eacute;glise, maison et &eacute;cole de communion, toujours appel&eacute;e &agrave; v&eacute;rifier que les principes &eacute;voqu&eacute;s dans ce chapitre sont d’abord v&eacute;cus en son sein. Le bien commun, dans le contexte eccl&eacute;sial, prend le visage d’un style synodal pour la mission au service du Royaume. L’&Eacute;glise, en effet, est le &laquo; sujet communautaire et historique de la synodalit&eacute; et de la mission &raquo;. <a name="_ftnref113" href="#_ftn113" class=" cleaner">[113]</a> Cela exige de pr&ecirc;ter attention &agrave; la mani&egrave;re de prendre des d&eacute;cisions et d’exercer la responsabilit&eacute;. Le <i>Document final</i> du Synode identifie, parmi les pratiques d&eacute;cisives pour la transformation missionnaire, la culture de la transparence, du rendre-compte et de l’&eacute;valuation. <a name="_ftnref114" href="#_ftn114" class=" cleaner">[114]</a></p> 
<p>87. Dans cette perspective, la subsidiarit&eacute; devient un crit&egrave;re de gouvernement et de vie pastorale qui reconna&icirc;t et soutient la responsabilit&eacute; des fid&egrave;les et des instances eccl&eacute;siales interm&eacute;diaires, valorise les charismes et les comp&eacute;tences et &eacute;vite tout paternalisme qui &eacute;touffe la libert&eacute; &eacute;vang&eacute;lique. Concr&egrave;tement, la participation des baptis&eacute;s aux processus d&eacute;cisionnels et la coresponsabilit&eacute; dans la mission passent par des organismes de participation r&eacute;els, et non nominaux. <a name="_ftnref115" href="#_ftn115" class=" cleaner">[115]</a></p> 
<p>88. Pour la communaut&eacute; chr&eacute;tienne, la solidarit&eacute; trouve sa source dans le myst&egrave;re du Christ et se nourrit de l’Eucharistie. Elle na&icirc;t de la communion dans la foi et dans les Sacrements&nbsp;: le Bapt&ecirc;me et la Confirmation nous unissent au Christ, pour faire de nous un seul corps et un seul esprit, un seul cœur et une seule &acirc;me (cf. <i>Ep</i> 4, 4 ; <i>Ac</i> 4, 32). L’Eucharistie, sacrement de l’unit&eacute;, nourrit notre appartenance au Corps du Christ et nous &eacute;duque au partage. Les diff&eacute;rentes sensibilit&eacute;s pr&eacute;sentes dans l’&Eacute;glise, les convictions fortes qui animent chacun, sont une richesse si elles restent ancr&eacute;es dans la certitude de l’unit&eacute; comme don re&ccedil;u et t&acirc;che &agrave; assumer.</p> 
<p>89. Vivre la justice dans l’&Eacute;glise signifie assainir les relations et les structures eccl&eacute;siales de ces distorsions qui engendrent des in&eacute;galit&eacute;s, de l’opacit&eacute; et des abus de pouvoir. &Agrave; ce propos, l’&eacute;coute des victimes d’abus spirituels, &eacute;conomiques, institutionnels, sexuels, de pouvoir et de conscience fait partie int&eacute;grante d’une d&eacute;marche de justice comprenant la reconnaissance du pr&eacute;judice, la juste r&eacute;paration et la pr&eacute;vention. Tout pouvoir est au service de la communion et de la mission. Toute autorit&eacute; est au service du peuple de Dieu. Cette diaconie se manifeste non seulement dans la foi c&eacute;l&eacute;br&eacute;e et v&eacute;cue dans les Sacrements, dans l’adoption d’un style synodal, mais aussi dans le partage concret des biens : &agrave; l’exemple de l’&Eacute;glise des origines, les ressources eccl&eacute;siales sont appel&eacute;es &agrave; devenir r&eacute;ellement communes, afin que nul parmi nous ne soit dans le besoin (cf. <i>Ac</i> 4, 34) et pour que leur administration soutienne la mission d’annonce de l’&Eacute;vangile aux plus pauvres. Il faut promouvoir des formes r&eacute;guli&egrave;res d’&eacute;valuation de l’exercice des responsabilit&eacute;s minist&eacute;rielles qui ne soient pas un jugement sur les personnes, mais des instruments d’apprentissage et de correction tourn&eacute;s vers la mission. <a name="_ftnref116" href="#_ftn116" class=" cleaner">[116]</a> Dans la mesure o&ugrave; nous sommes ouverts &agrave; l’action de l’Esprit Saint, ces principes de la Doctrine sociale prennent corps dans la vie eccl&eacute;siale. C’est ainsi que l’&Eacute;glise est capable d’offrir &agrave; la soci&eacute;t&eacute; un signe cr&eacute;dible&nbsp;: la recherche commune du bien de tous, dans la coresponsabilit&eacute; et la fraternit&eacute;, n’est pas une utopie, mais une possibilit&eacute; r&eacute;elle. <a name="_ftnref117" href="#_ftn117" class=" cleaner">[117]</a></p> 
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><a name="Chapitre_3"></a>Chapitre 3</p> 
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;">Technique et ma&icirc;trise</p> 
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;">La grandeur de la personne humaine<br /> face aux promesses de l’IA</p> 
<p>90. Apr&egrave;s avoir rappel&eacute; les principes qui &eacute;clairent la Doctrine sociale, je souhaite me pencher sur certains d&eacute;fis qui touchent de pr&egrave;s notre mani&egrave;re de vivre notre &eacute;poque. L’image biblique qui accompagne ces pages est celle d’une construction : d’un c&ocirc;t&eacute;, la tour de Babel o&ugrave; l’œuvre commune est guid&eacute;e par un projet de domination qui finit par d&eacute;shumaniser (cf. <i>Gn</i> 11, 1-9)&nbsp;; de l’autre, les ruines de J&eacute;rusalem qui, sous N&eacute;h&eacute;mie, sont reconstruites pierre par pierre, comme une œuvre de responsabilit&eacute; partag&eacute;e (cf. <i>Ne</i> 2-6). Nous sommes appel&eacute;s &agrave; nous interroger sur le grand chantier de notre &eacute;poque&nbsp;: que sommes-nous en train de construire&nbsp;? Alors que le d&eacute;veloppement technologique modifie rapidement les langages, les relations, les institutions et les formes de pouvoir, nous, croyants, devons et pouvons choisir &agrave; quel projet travailler et avec quel style pour pr&eacute;server et valoriser la magnifique humanit&eacute; qui nous est offerte en don. Il ne s’agit pas d’un choix concernant notre avenir, mais notre pr&eacute;sent, car l’intelligence artificielle et les autres technologies &eacute;mergentes font d&eacute;j&agrave; partie de notre quotidien.</p> 
<p>91. Je suis convaincu que la mani&egrave;re concr&egrave;te de vivre les relations sociales &agrave; la lumi&egrave;re de l’&Eacute;vangile n’est pas fix&eacute;e une fois pour toutes, mais qu’elle reste une t&acirc;che confi&eacute;e, de g&eacute;n&eacute;ration en g&eacute;n&eacute;ration, &agrave; la communaut&eacute; chr&eacute;tienne. Sous la conduite de l’Esprit Saint, l’&Eacute;glise se laisse &eacute;clairer par la Parole, afin de lire les signes des temps et de rechercher avec cr&eacute;ativit&eacute; de nouvelles voies pour que les relations entre les personnes et les peuples deviennent plus conformes aux exigences du Royaume de Dieu. <a name="_ftnref118" href="#_ftn118" class=" cleaner">[118]</a>&nbsp;C’est pourquoi j’encourage tout le monde, en particulier les fid&egrave;les la&iuml;cs, &agrave; ne pas avoir peur de se laisser interpeller par la r&eacute;alit&eacute;, &agrave; s’&eacute;couter mutuellement et &agrave; assumer avec fermet&eacute; leur responsabilit&eacute; dans la construction d’une soci&eacute;t&eacute; plus humaine et plus fraternelle.</p> 
<p><a name="Le_paradigme_technocratique_et_le_pouvoir_num&eacute;rique"></a>Le paradigme technocratique et le pouvoir num&eacute;rique</p> 
<p>92. Dans l’Encyclique <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html"><i>Laudato si’</i></a>, le Pape Fran&ccedil;ois d&eacute;non&ccedil;ait l’affirmation croissante d’un paradigme technocratique <sup></sup> <a name="_ftnref119" href="#_ftn119" class=" cleaner">[119]</a>&nbsp;dans le monde globalis&eacute;&nbsp;: la tendance &agrave; laisser la logique de l’efficacit&eacute;, du contr&ocirc;le et du profit r&eacute;gir &agrave; elle seule les choix personnels, sociaux et &eacute;conomiques. Il appara&icirc;t ainsi plus clairement que la technique n’est pas un simple instrument et que, lorsqu’elle devient un crit&egrave;re, elle finit par d&eacute;terminer ce qui compte et ce qui peut &ecirc;tre &eacute;cart&eacute;, r&eacute;duisant la cr&eacute;ation &agrave; un objet d’exploitation et les personnes &agrave; des rouages d’un syst&egrave;me qu’il faut rendre toujours plus performant.</p> 
<p>93. Ce paradigme s’est rapidement &eacute;tendu ces derni&egrave;res ann&eacute;es, notamment sous l’effet de la diffusion de l’intelligence artificielle, des sciences cognitives, de la nanotechnologie, de la robotique et de la biotechnologie. En soi, ces innovations peuvent devenir une aide pr&eacute;cieuse pour le d&eacute;veloppement humain int&eacute;gral et pour la sauvegarde de notre Maison commune. Mais, pr&eacute;cis&eacute;ment en raison de leur puissance, elles peuvent agir comme un acc&eacute;l&eacute;rateur du paradigme technocratique et n&eacute;cessitent un nouveau cadre spirituel, &eacute;thique et politique. Plus puissant ne signifie pas n&eacute;cessairement meilleur. En ce sens, les paroles de Romano Guardini restent d’actualit&eacute;&nbsp;: &laquo;&nbsp;L’homme moderne n’a pas re&ccedil;u l’&eacute;ducation n&eacute;cessaire pour faire un bon usage de son pouvoir&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref120" href="#_ftn120" class=" cleaner">[120]</a></p> 
<p>94. Le danger que l’humanit&eacute; devienne victime de ses propres conqu&ecirc;tes avait d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; clairement per&ccedil;u par saint Paul VI, lorsqu’il avertissait que &laquo;&nbsp;les progr&egrave;s scientifiques les plus extraordinaires, les prouesses techniques les plus &eacute;tonnantes, la croissance &eacute;conomique la plus prodigieuse, si elles ne s’accompagnent d’un authentique progr&egrave;s social et moral, se retournent en d&eacute;finitive contre l’homme&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref121" href="#_ftn121" class=" cleaner">[121]</a>&nbsp;C’est pourquoi le progr&egrave;s technique, pr&eacute;cieux en soi, exige un discernement quant &agrave; la vision anthropologique qui le guide et aux fins qu’il poursuit. Si le d&eacute;veloppement technologique se poursuit sans une maturation &eacute;thique et sociale ad&eacute;quate, il peut arriver que les moyens augmentent sans que l’humanit&eacute; ne croisse dans la m&ecirc;me mesure&nbsp;: on “a plus” mais on “n’est pas plus”, et la personne risque d’&ecirc;tre &eacute;valu&eacute;e avant tout en fonction des performances qu’elle garantit. <a name="_ftnref122" href="#_ftn122" class=" cleaner">[122]</a></p> 
<p>95. Il convient ici de reconna&icirc;tre un fait d&eacute;terminant, que j’ai d&eacute;j&agrave; rappel&eacute; pr&eacute;c&eacute;demment&nbsp;: dans de nombreux cas, dans le contexte num&eacute;rique, le contr&ocirc;le des plateformes, des infrastructures, des donn&eacute;es et de la puissance de calcul n’appartient pas aux &Eacute;tats, mais &agrave; de grands acteurs &eacute;conomiques et technologiques qui, dans les faits, fixent les conditions d’acc&egrave;s, les r&egrave;gles de visibilit&eacute; et les possibilit&eacute;s de participation. Lorsqu’un pouvoir d’une telle ampleur se concentre entre quelques mains, il tend &agrave; devenir opaque et &agrave; &eacute;chapper au contr&ocirc;le public, et augmente le risque d’un d&eacute;veloppement fauss&eacute; qui engendre de nouvelles d&eacute;pendances, des exclusions, des manipulations et des in&eacute;galit&eacute;s.</p> 
<p>96. Face &agrave; cette concentration du pouvoir dans le monde num&eacute;rique, les grands principes de la Doctrine sociale deviennent des crit&egrave;res pour &eacute;valuer et discerner ce nouveau sc&eacute;nario&nbsp;: la dignit&eacute; inali&eacute;nable de la personne, le bien commun, la destination universelle des biens, la subsidiarit&eacute;, la solidarit&eacute; et la justice sociale. Ils nous invitent &agrave; v&eacute;rifier si le pouvoir des infrastructures num&eacute;riques et des algorithmes favorise r&eacute;ellement la participation et la responsabilit&eacute;, prot&egrave;ge les plus fragiles, assure un acc&egrave;s &eacute;quitable aux opportunit&eacute;s et reste ordonn&eacute; au bien de tous. Sur ces pr&eacute;misses, nous pouvons d&eacute;sormais examiner de plus pr&egrave;s ce qu’est l’intelligence artificielle, &agrave; quelles possibilit&eacute;s elle ouvre et quels risques elle comporte.</p> 
<p><a name="L’intelligence_artificielle"></a>L’intelligence artificielle</p> 
<p>97. Ce n’est pas mon intention de proposer ici une analyse sur l’intelligence artificielle, ni de s’attarder sur une bibliographie d&eacute;sormais tr&egrave;s abondante&nbsp;; il existe d&eacute;j&agrave; des contributions faisant autorit&eacute;, y compris dans le domaine eccl&eacute;sial, auxquelles il est possible de se r&eacute;f&eacute;rer. <a name="_ftnref123" href="#_ftn123" class=" cleaner">[123]</a>&nbsp;Je me limiterai &agrave; rappeler quelques &eacute;l&eacute;ments essentiels pour un discernement moral et social qui pr&eacute;serve le primat de la personne, afin que ce soit toujours l’intelligence humaine, avec sa conscience et sa libert&eacute;, qui guide les innovations techniques et en &eacute;tablisse avec responsabilit&eacute; l’usage et les limites.</p> 
<p>98. Il convient de formuler deux remarques pr&eacute;liminaires&nbsp;: la premi&egrave;re est que toute affirmation concernant l’IA risque de devenir rapidement obsol&egrave;te, compte tenu de la vitesse impressionnante &agrave; laquelle ces syst&egrave;mes &eacute;voluent. La seconde est que nous tous, y compris ceux qui les con&ccedil;oivent, en savons peu sur leur fonctionnement r&eacute;el. Les intelligences artificielles modernes sont en effet davantage “cultiv&eacute;es&nbsp;” que “construites”&nbsp;: les d&eacute;veloppeurs n’en con&ccedil;oivent pas directement chaque d&eacute;tail, mais cr&eacute;ent une architecture sur laquelle l’IA “se d&eacute;veloppe”. En cons&eacute;quence, des aspects scientifiques fondamentaux – tels que les repr&eacute;sentations internes et les processus computationnels de ces syst&egrave;mes – restent pour l’instant inconnus. Il en r&eacute;sulte donc l’urgence d’un double engagement&nbsp;: d’une part, un approfondissement de la recherche scientifique&nbsp;; d’autre part, un exercice de discernement moral et spirituel.</p> 
<p>99. Il n’est pas possible de donner une d&eacute;finition univoque et compl&egrave;te de l’IA. Ce que nous pouvons affirmer, c’est qu’il faut &eacute;viter l’erreur consistant &agrave; assimiler cette intelligence &agrave; l’intelligence humaine. Ces syst&egrave;mes imitent certaines fonctions de l’intelligence humaine. Ce faisant, ils la surpassent souvent en termes de vitesse et d’ampleur de calcul, offrant des avantages concrets dans de nombreux domaines. Et pourtant, cette puissance reste exclusivement li&eacute;e au traitement des donn&eacute;es&nbsp;: les pr&eacute;tendues intelligences artificielles ne vivent pas d’exp&eacute;rience, ne poss&egrave;dent pas de corps, ne connaissent ni la joie ni la douleur, ne m&ucirc;rissent pas dans la relation, ne savent pas de l’int&eacute;rieur ce que signifient l’amour, le travail, l’amiti&eacute;, la responsabilit&eacute;. Elles n’ont pas de conscience morale&nbsp;: elles ne jugent pas le bien et le mal, ne saisissent pas le sens ultime des situations, n’assument pas le poids des cons&eacute;quences. Elles peuvent imiter des langages, des comportements, des &eacute;valuations, elles peuvent simuler de l’empathie ou de la compr&eacute;hension, mais elles ne comprennent pas ce qu’elles produisent, car elles n’habitent pas l’horizon affectif, relationnel et spirituel dans lequel l’humain devient sage. M&ecirc;me lorsque ces outils sont pr&eacute;sent&eacute;s comme capables d’“apprendre”, leur mani&egrave;re de le faire diff&egrave;re de celle de l’&ecirc;tre humain. Il ne s’agit pas de l’exp&eacute;rience de celui qui se laisse fa&ccedil;onner par la vie et grandit au fil du temps &agrave; travers ses choix, ses erreurs, le pardon et la fid&eacute;lit&eacute;&nbsp;; il s’agit plut&ocirc;t d’une adaptation statistique &agrave; partir de donn&eacute;es et de r&eacute;sultats qui peut s’av&eacute;rer tr&egrave;s efficace, mais qui n’implique pas de croissance int&eacute;rieure.</p> 
<p><i><a name="Une_aide_pr&eacute;cieuse_qui_requiert_de_l’attention"></a>Une aide pr&eacute;cieuse qui requiert de l’attention</i></p> 
<p>100. &Agrave; la lumi&egrave;re de ce que nous venons de dire, nous pouvons mieux comprendre pourquoi l’IA peut &ecirc;tre une aide pr&eacute;cieuse tout en n&eacute;cessitant une approche mesur&eacute;e et vigilante. Ces derni&egrave;res ann&eacute;es, son utilisation &agrave; des fins priv&eacute;es s’est consid&eacute;rablement d&eacute;velopp&eacute;e et de nombreuses voix s’&eacute;l&egrave;vent pour r&eacute;fl&eacute;chir aux opportunit&eacute;s et aux risques li&eacute;s &agrave; sa diffusion rapide. Dans un usage personnel, trois aspects en particulier doivent &ecirc;tre pris en compte&nbsp;: la facilit&eacute; d’obtenir un r&eacute;sultat, l’impression d’objectivit&eacute; et la simulation de la communication humaine. La rapidit&eacute; et la simplicit&eacute; avec lesquelles il est possible d’obtenir des indications, des &eacute;laborations complexes, des contenus m&eacute;diatiques et des formes d’assistance concr&egrave;te simplifient nos vies, mais peuvent aussi nous habituer &agrave; trop d&eacute;l&eacute;guer et &agrave; rechercher des r&eacute;ponses imm&eacute;diates, affaiblissant notre jugement personnel et notre cr&eacute;ativit&eacute;. L’impression d’objectivit&eacute; que les r&eacute;ponses et les propositions de ces syst&egrave;mes peuvent susciter risque de nous faire oublier qu’elles refl&egrave;tent les param&egrave;tres culturels de ceux qui les ont con&ccedil;us et form&eacute;s, avec toutes leurs qualit&eacute;s et leurs d&eacute;fauts. L’imitation artificielle d’une communication humaine positive – paroles de conseil, d’empathie, d’amiti&eacute;, d’amour – peut s’av&eacute;rer gratifiante et m&ecirc;me utile, mais chez des utilisateurs peu avertis, elle peut induire en erreur et donner l’illusion d’&ecirc;tre en relation avec un sujet personnel authentique. Lorsque la parole est simul&eacute;e, elle ne construit pas une relation, mais son apparence. L’imitation artificielle de la relation de soins ou d’accompagnement peut devenir dangereuse lorsqu’elle s’insinue dans un contexte pauvre en relations et en affections r&eacute;elles&nbsp;: le risque n’est alors pas tant qu’une personne croie parler &agrave; une autre personne, mais qu’elle perde le d&eacute;sir m&ecirc;me de rechercher v&eacute;ritablement l’autre.</p> 
<p>101. En &eacute;largissant notre regard sur le recours &agrave; l’IA dans nos soci&eacute;t&eacute;s, nous constatons qu’elle est d&eacute;sormais pr&eacute;sente dans les processus d&eacute;cisionnels dans tous les domaines et &agrave; diff&eacute;rents niveaux&nbsp;: dans la communication, la gestion, le contr&ocirc;le. Les avantages en termes d’efficacit&eacute; et le potentiel d’am&eacute;lioration de certains services sont &eacute;vidents&nbsp;; cependant, une adoption rapide et sans discernement nous expose &agrave; divers risques, notamment celui de sous-estimer son impact environnemental. Les syst&egrave;mes d’IA actuels n&eacute;cessitent de grandes quantit&eacute;s d’&eacute;nergie et d’eau, ils ont un impact significatif sur les &eacute;missions de dioxyde de carbone et consomment des ressources de mani&egrave;re intensive. Avec l’augmentation de la complexit&eacute;, notamment dans les grands mod&egrave;les linguistiques, les besoins en puissance de calcul et en capacit&eacute; de stockage augmentent &eacute;galement, s’appuyant sur un ensemble de machines, de c&acirc;bles, de centres de donn&eacute;es et d’infrastructures &eacute;nergivores. C’est pourquoi il est essentiel de d&eacute;velopper des solutions technologiques plus durables afin de r&eacute;duire l’impact sur l’environnement et de prendre soin de notre Maison commune. <a name="_ftnref124" href="#_ftn124" class=" cleaner">[124]</a></p> 
<p><i><a name="Responsabilit&eacute;,_transparence_et_gouvernance_de_l’IA"></a>Responsabilit&eacute;, transparence et gouvernance de l’IA</i></p> 
<p>102. L’utilisation de l’IA n’est jamais un fait purement technique&nbsp;: lorsqu’elle intervient dans des processus qui ont une incidence sur la vie des personnes, elle touche aux droits, aux opportunit&eacute;s, &agrave; la r&eacute;putation et &agrave; la libert&eacute;. Des d&eacute;cisions d&eacute;licates qui touchent au travail, au cr&eacute;dit, &agrave; l’acc&egrave;s aux services et &agrave; la r&eacute;putation des personnes risquent d’&ecirc;tre enti&egrave;rement confi&eacute;es &agrave; des syst&egrave;mes automatis&eacute;s qui ne connaissent pas &laquo;&nbsp;la compassion, la mis&eacute;ricorde, le pardon et, surtout, l’ouverture &agrave; l’esp&eacute;rance d’un changement de la personne&nbsp;&raquo;, <a name="_ftnref125" href="#_ftn125" class=" cleaner">[125]</a>&nbsp;et peuvent ainsi engendrer de nouvelles formes d’exclusion. Il peut y avoir des utilisations manifestement inhumaines, comme la manipulation de l’information ou la violation de la vie priv&eacute;e, mais il peut aussi y avoir un danger moins &eacute;vident, lorsque les syst&egrave;mes d’IA, se pr&eacute;sentant comme neutres et objectifs, refl&egrave;tent et renforcent les st&eacute;r&eacute;otypes ou les positions id&eacute;ologiques de ceux qui les ont con&ccedil;us et form&eacute;s.</p> 
<p>103. Confier, dans les faits, &agrave; un algorithme le pouvoir de s&eacute;lectionner qui m&eacute;rite et qui ne m&eacute;rite pas sans que personne n’assume plus le poids de cette d&eacute;cision, revient &agrave; lui confier la t&acirc;che de red&eacute;finir les limites des possibilit&eacute;s humaines. Ce qui fait d&eacute;faut dans ce processus, ce n’est pas seulement l’empathie envers l’exclu, qui peut &ecirc;tre imit&eacute;e artificiellement, mais la responsabilit&eacute; politique, car l’&eacute;cartement des plus faibles est rev&ecirc;tu de neutralit&eacute; et d’objectivit&eacute;, face auxquelles il est impossible de protester. Ainsi, l’injustice devient silencieuse, et la compassion, la mis&eacute;ricorde et le pardon, non pas comme de simples apparences, mais comme des gestes politiques disparaissent de l’horizon.</p> 
<p>104. Il en d&eacute;coule une cons&eacute;quence simple mais incontournable : nous ne pouvons pas consid&eacute;rer l’IA comme moralement neutre. En r&eacute;alit&eacute;, tout dispositif technique implique des choix et des priorit&eacute;s&nbsp;: ce qu’il mesure, ce qu’il ignore, ce qu’il optimise, et la mani&egrave;re dont il classe les personnes et les situations. Si un syst&egrave;me est con&ccedil;u ou utilis&eacute; de mani&egrave;re &agrave; traiter certaines vies comme moins dignes ou &agrave; les exclure sans possibilit&eacute; d’appel, il ne s’agit pas d’un simple instrument “&agrave; bien utiliser”&nbsp;; il introduit d&eacute;j&agrave; un crit&egrave;re qui contredit la dignit&eacute; inali&eacute;nable de la personne. C’est pourquoi le discernement &eacute;thique ne peut se limiter &agrave; se demander si nous utilisons un certain syst&egrave;me &agrave; des fins bonnes ou mauvaises, mais doit &eacute;galement s’interroger sur la mani&egrave;re dont il est con&ccedil;u et sur la conception de la personne et de la soci&eacute;t&eacute; qui est inscrite dans les donn&eacute;es et les mod&egrave;les qui le guident. <a name="_ftnref126" href="#_ftn126" class=" cleaner">[126]</a></p> 
<p>105. Pour que l’IA respecte la dignit&eacute; humaine et serve v&eacute;ritablement le bien commun, il est essentiel que les responsabilit&eacute;s soient clairement d&eacute;finies &agrave; chaque &eacute;tape&nbsp;: depuis ceux qui con&ccedil;oivent et programment les syst&egrave;mes jusqu’&agrave; ceux qui les utilisent ou ceux qui d&eacute;cident de leur confier des choix concrets. Cependant, dans de nombreux cas, les processus internes qui m&egrave;nent &agrave; un r&eacute;sultat peuvent manquer de transparence, ce qui rend plus difficile l’attribution des responsabilit&eacute;s et la correction des erreurs. C’est l&agrave; que la responsabilit&eacute; devient d&eacute;cisive, &agrave; savoir la possibilit&eacute; d’identifier qui doit “rendre compte” des d&eacute;cisions, les motiver, les contr&ocirc;ler et, si n&eacute;cessaire, les contester et r&eacute;parer les dommages qui en d&eacute;rivent. <a name="_ftnref127" href="#_ftn127" class=" cleaner">[127]</a></p> 
<p>106. Appeler &agrave; la prudence, &agrave; des contr&ocirc;les rigoureux et parfois m&ecirc;me &agrave; un ralentissement dans l’adoption de l’IA ne signifie pas &ecirc;tre contre le progr&egrave;s, mais faire preuve d’une attention responsable envers la famille humaine. Cette exigence est d’autant plus urgente qu’il existe souvent un d&eacute;s&eacute;quilibre entre la vitesse du d&eacute;veloppement technologique et le rythme auquel se d&eacute;veloppent les consciences, les normes, les contr&ocirc;les et les institutions capables d’en r&eacute;guler les effets. Il ne suffit pas d’invoquer de fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale l’&eacute;thique&nbsp;: il faut des cadres juridiques ad&eacute;quats, une surveillance ind&eacute;pendante, l’&eacute;ducation des utilisateurs, une politique qui n’abdique pas son devoir. Autrement le changement ne sera r&eacute;gi que par des logiques technocratiques et pr&eacute;sent&eacute; comme n&eacute;cessaire et in&eacute;vitable, finissant par imposer des r&egrave;gles dict&eacute;es par ceux qui poss&egrave;dent les donn&eacute;es, les infrastructures et les capacit&eacute;s de calcul.</p> 
<p>107. Nous ne pouvons pas nous contenter d’invoquer la moralisation de la machine, ce qu’on appelle “l’alignement” de l’IA sur les valeurs humaines, sans avoir le courage de poser une condition suppl&eacute;mentaire&nbsp;: la possibilit&eacute; de d&eacute;battre du code &eacute;thique &agrave; utiliser, en le soumettant &agrave; des crit&egrave;res de justice sociale partag&eacute;s. Sans cela ceux qui contr&ocirc;lent l’IA imposeront leur propre vision morale qui deviendra l’infrastructure invisible des syst&egrave;mes. Une IA plus morale ne sert &agrave; rien si cette morale est d&eacute;cid&eacute;e par une poign&eacute;e de personnes. Il faut une politique plus pr&eacute;sente, capable de ralentir l&agrave; o&ugrave; tout s’acc&eacute;l&egrave;re et de prot&eacute;ger les espaces o&ugrave; les communaut&eacute;s peuvent encore participer et s’interroger.</p> 
<p>108. En effet, comme c’est le cas pour toute grande avanc&eacute;e technologique, l’IA tend surtout &agrave; renforcer le pouvoir de ceux qui disposent d&eacute;j&agrave; de ressources &eacute;conomiques, de comp&eacute;tences et de l’acc&egrave;s aux donn&eacute;es. &Agrave; la lumi&egrave;re du bien commun et de la destination universelle des biens, ce ph&eacute;nom&egrave;ne suscite de s&eacute;rieuses pr&eacute;occupations&nbsp;: de petits groupes tr&egrave;s influents peuvent orienter l’information et la consommation, conditionner les processus d&eacute;mocratiques et influencer les dynamiques &eacute;conomiques &agrave; leur avantage, en contradiction avec la justice sociale et la solidarit&eacute; entre les peuples. C’est pourquoi il est indispensable que l’utilisation de l’IA – surtout lorsqu’elle touche aux biens publics et aux droits fondamentaux – s’accompagne de crit&egrave;res clairs et de contr&ocirc;les effectifs, inspir&eacute;s de la participation et de la subsidiarit&eacute;&nbsp;: les communaut&eacute;s et les corps interm&eacute;diaires ne peuvent &ecirc;tre r&eacute;duits &agrave; de simples destinataires de d&eacute;cisions prises ailleurs, mais doivent pouvoir contribuer au discernement et &agrave; la vigilance. En outre, la propri&eacute;t&eacute; des donn&eacute;es ne peut &ecirc;tre confi&eacute;e uniquement &agrave; des acteurs priv&eacute;s, mais doit &ecirc;tre r&eacute;glement&eacute;e. Elles sont le fruit de la contribution de nombreux acteurs et ne peuvent &ecirc;tre vendues ou confi&eacute;es &agrave; quelques-uns. Une cr&eacute;ativit&eacute; capable de les g&eacute;rer comme un bien commun ou collectif est n&eacute;cessaire, dans une logique de partage, comme le sugg&eacute;rait d&eacute;j&agrave; saint Jean-Paul II &agrave; propos des biens collectifs. <a name="_ftnref128" href="#_ftn128" class=" cleaner">[128]</a></p> 
<p>109. Les principes de la Doctrine sociale nous aident &agrave; lire cette nouvelle r&eacute;alit&eacute;. Dans un monde o&ugrave; quelques sujets concentrent les donn&eacute;es, les ressources informatiques et le pouvoir r&eacute;glementaire, parler de bien commun signifie d&eacute;masquer cette nouvelle asym&eacute;trie &eacute;pist&eacute;mique, &eacute;conomique et politique, en d&eacute;non&ccedil;ant les nouveaux monopoles de l’IA. Parler de destination universelle des biens signifie trouver des moyens d’assurer l’acc&egrave;s universel aux technologies et &agrave; la formation. Parler de subsidiarit&eacute; exige de prot&eacute;ger la capacit&eacute; des communaut&eacute;s &agrave; choisir et &agrave; corriger, sans rel&eacute;guer leur intervention &agrave; un simple r&ocirc;le de surveillance, une fois que les normes ont &eacute;t&eacute; &eacute;tablies ailleurs. Parler de solidarit&eacute; oblige &agrave; reconna&icirc;tre le travail invisible, souvent exploit&eacute;, qui alimente les mod&egrave;les algorithmiques. Parler de justice impose de s’interroger sur les g&eacute;ographies du pouvoir d&eacute;finissant qui peut entra&icirc;ner les mod&egrave;les et qui n’est qu’objet d’entra&icirc;nement, et de reconna&icirc;tre que la justice sociale n’est pas seulement un objectif &agrave; prot&eacute;ger apr&egrave;s l’adoption des technologies, mais une condition pr&eacute;alable &agrave; mettre en œuvre d&egrave;s leur conception.</p> 
<p>110. Je voudrais enfin employer un mot qui me tient &agrave; cœur&nbsp;: “d&eacute;sarmer”. D&eacute;sarmer l’IA, c’est la soustraire &agrave; la logique de la comp&eacute;tition arm&eacute;e qui n’est plus aujourd’hui seulement militaire, mais aussi &eacute;conomique et cognitive. C’est la course &agrave; l’algorithme le plus performant et &agrave; la banque de donn&eacute;es la plus vaste dans le but de consolider un avantage g&eacute;opolitique ou commercial sur tous les autres. D&eacute;sarmer, c’est rompre cette &eacute;quivalence entre la puissance technique et le droit de gouverner. D&eacute;sarmer ne signifie pas renoncer &agrave; la technologie, mais l’emp&ecirc;cher de dominer l’humain. Cela signifie la soustraire aux monopoles, la rendre discutable, contestable, et donc habitable, en la restituant &agrave; la pluralit&eacute; des cultures humaines et des formes de vie. La t&acirc;che, aujourd’hui, n’est pas seulement &eacute;thique ou technique&nbsp;: elle est &eacute;cologique au sens le plus radical, car elle met en jeu une nouvelle dimension de notre Maison commune. L’IA est d&eacute;j&agrave; un environnement dans lequel nous sommes immerg&eacute;s et un pouvoir avec lequel nous devons composer. C’est pourquoi il ne suffit pas de la r&eacute;glementer&nbsp;: elle doit &ecirc;tre d&eacute;sarm&eacute;e et rendue accessible.</p> 
<p>111. J’adresse un appel particulier &agrave; ceux qui d&eacute;veloppent les intelligences artificielles. L’innovation technologique peut &ecirc;tre, d’une certaine mani&egrave;re, une forme humaine de participation &agrave; l’acte divin de la cr&eacute;ation. Les d&eacute;veloppeurs portent donc une responsabilit&eacute; &eacute;thique et spirituelle particuli&egrave;re, car chaque choix de conception exprime une vision de l’humanit&eacute;. Tout comme l’auteur d’une œuvre artistique ou litt&eacute;raire est tenu de prendre en compte les valeurs qu’elle exprime, ils sont appel&eacute;s &agrave; traiter avec le s&eacute;rieux qui s’impose les valeurs qu’ils insufflent &agrave; leurs projets&nbsp;: avec transparence, avec responsabilit&eacute; envers les communaut&eacute;s impliqu&eacute;es et en veillant &agrave; v&eacute;rifier que ce qui est cultiv&eacute; est v&eacute;ritablement un bien.</p> 
<p><a name="Ce_que_nous_ne_pouvons_pas_perdre"></a>Ce que nous ne pouvons pas perdre</p> 
<p>112. Apr&egrave;s avoir rappel&eacute; les questions de responsabilit&eacute; et de gouvernance de l’IA, il faut revenir &agrave; notre th&egrave;me central&nbsp;: que signifie pr&eacute;server l’humain&nbsp;? Le risque n’est pas seulement que certaines technologies soient mal utilis&eacute;es, mais que le paradigme technocratique dans lequel nous sommes plong&eacute;s, renforc&eacute; par la r&eacute;volution num&eacute;rique et l’IA, fasse passer pour juste et normale une vision anti-humaine, selon laquelle la pl&eacute;nitude de la vie consisterait &agrave; avoir plus, &agrave; r&eacute;duire la fragilit&eacute;, &agrave; &eacute;liminer l’impr&eacute;vu, &agrave; contr&ocirc;ler chaque chose. Lorsque l’efficacit&eacute; devient la mesure de la valeur, l’&ecirc;tre humain est tent&eacute; de se consid&eacute;rer comme un projet &agrave; optimiser plut&ocirc;t que comme une cr&eacute;ature appel&eacute;e &agrave; la relation et &agrave; la communion.</p> 
<p>113. En r&eacute;alit&eacute;, absolutiser une seule dimension de l’&ecirc;tre humain est toujours une erreur. En effet, ce n’est pas seulement le manque qui engendre le d&eacute;sordre. Ce qui se d&eacute;veloppe sans mesure peut lui aussi devenir une forme de pauvret&eacute;. Dans un &eacute;cosyst&egrave;me, l’harmonie se brise lorsqu’une seule esp&egrave;ce prolif&egrave;re au d&eacute;triment des autres. Chez l’&ecirc;tre humain, il en va de m&ecirc;me lorsqu’une facult&eacute; pr&eacute;tend devenir la mesure de tout. Ainsi, l’intelligence, si elle est absolutis&eacute;e, finit par occulter d’autres dimensions essentielles de la vie&nbsp;: l’affection, la volont&eacute;, le d&eacute;vouement ou la relation. Le pouvoir technique, s’il n’est pas &eacute;quilibr&eacute;, ne nous rend pas plus capables&nbsp;: il nous rend plus seuls, et plus expos&eacute;s aux logiques de domination et d’exclusion. Il ne s’agit certainement pas de s’opposer &agrave; l’intelligence, mais de rappeler que celle-ci, lorsqu’elle se replie sur elle-m&ecirc;me, oublie qu’elle est faite pour servir la vie et la personne humaine.</p> 
<p>114. La qualit&eacute; d’une civilisation ne se mesure pas &agrave; la puissance de ses moyens, mais &agrave; l’attention qu’elle sait offrir, &agrave; sa capacit&eacute; &agrave; reconna&icirc;tre l’autre comme un visage et non comme une fonction. La capacit&eacute; &agrave; prendre soin les uns des autres est une dimension importante de notre humanit&eacute;. Cette capacit&eacute; s’apprend et se perfectionne avec l’exp&eacute;rience. Lire des contes &agrave; un enfant, tenir compagnie &agrave; une personne &acirc;g&eacute;e, rendre un espace accueillant sont des gestes qui se vivent dans un environnement familial mais qui nous aident &agrave; apprendre et &agrave; int&eacute;rioriser l’importance de la bienveillance au niveau social et nous entra&icirc;nent &agrave; reconna&icirc;tre l’autre comme une personne digne d’attention. La technologie peut aussi soutenir l’attention mutuelle entre les personnes, par exemple si elle offre des instruments qui aident &agrave; pr&eacute;venir et &agrave; organiser, mais sans priver de libert&eacute; ni de jugement l’&ecirc;tre humain, sujet des relations et responsable des d&eacute;cisions.</p> 
<p><i><a name="R&eacute;cits_de_fond&nbsp;:_transhumanisme_et_posthumanisme"></a>R&eacute;cits de fond&nbsp;: transhumanisme et posthumanisme</i></p> 
<p>115. En essayant de faire &eacute;merger les pr&eacute;suppos&eacute;s culturels qui accompagnent la r&eacute;volution num&eacute;rique en cours, je voudrais maintenant m’int&eacute;resser &agrave; certains courants qui interpr&egrave;tent le progr&egrave;s comme un d&eacute;passement de l’humain et que l’on peut regrouper sous les noms de transhumanisme et de posthumanisme. Ils constituent les fondements id&eacute;ologiques qui animent certains centres de pouvoir technologique et colonisent l’imaginaire collectif sous une forme simplifi&eacute;e, en particulier dans les m&eacute;dias et sur les r&eacute;seaux sociaux, entrainant l’enthousiasme pour les nouvelles technologies d’une vision futuriste de l’&nbsp;“homme am&eacute;lior&eacute;” ou de l’&nbsp;“homme hybrid&eacute;” avec la machine.</p> 
<p>116. Le transhumanisme et le posthumanisme comprennent en leur sein une multitude de courants et de sensibilit&eacute;s, et il est difficile d’en donner une description univoque. On peut les comparer &agrave; un archipel d’&icirc;les conceptuelles diff&eacute;rentes, reli&eacute;es toutefois par le m&ecirc;me oc&eacute;an de pr&eacute;suppos&eacute;s&nbsp;: la centralit&eacute; de la technique et le r&ecirc;ve de d&eacute;passer les limites de la condition humaine. En g&eacute;n&eacute;ral, le transhumanisme imagine un renforcement de l’&ecirc;tre humain gr&acirc;ce aux technologies (biom&eacute;decine, ing&eacute;nierie corporelle, dispositifs, algorithmes), avec l’ambition d’accro&icirc;tre les performances et les capacit&eacute;s. Le posthumanisme, surtout dans ses versions les plus radicales, va plus loin&nbsp;: il critique l’anthropocentrisme et envisage une forme d’hybridation entre l’&ecirc;tre humain, la machine et l’environnement, allant jusqu’&agrave; imaginer un franchissement de seuil o&ugrave; l’humanit&eacute; se surpassera en entrant dans une nouvelle &eacute;tape &eacute;volutive. M&ecirc;me si ces hypoth&egrave;ses restent en grande partie sp&eacute;culatives, elles acqui&egrave;rent une importance, car elles modifient l’imaginaire collectif et, par cons&eacute;quent, orientent les choix sociaux, &eacute;conomiques et politiques. <a name="_ftnref129" href="#_ftn129" class=" cleaner">[129]</a></p> 
<p>117. &Agrave; la lumi&egrave;re de la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise, le point crucial n’est pas l’usage de la technique en tant que telle, mais la vision qui la sous-tend&nbsp;: si l’&ecirc;tre humain est trait&eacute; comme un mat&eacute;riau &agrave; perfectionner ou &agrave; surpasser, il devient alors plus facile d’accepter que certains soient consid&eacute;r&eacute;s comme moins utiles, moins d&eacute;sirables, moins dignes. Au nom du progr&egrave;s, on peut en venir &agrave; imaginer des “sacrifices n&eacute;cessaires” et &agrave; faire payer aux plus fragiles le prix d’une pr&eacute;tendue optimisation de l’esp&egrave;ce. L’avertissement d&eacute;j&agrave; mentionn&eacute; de saint Paul VI reste alors d’une grande clairvoyance&nbsp;: ce sont v&eacute;ritablement les acquis de la science et de la technique lib&eacute;r&eacute;s du progr&egrave;s moral et social qui finissent par se retourner contre l’homme. <a name="_ftnref130" href="#_ftn130" class=" cleaner">[130]</a>&nbsp;C’est pourquoi il faut distinguer clairement&nbsp;: une chose est d’int&eacute;grer les technologies dans une vision humaine et relationnelle&nbsp;; une autre est de se laisser guider par un imaginaire qui minimise les limites et promet un “salut” purement technique.</p> 
<p><i><a name="La_limite,_le_cœur,_la_grandeur_de_l’&ecirc;tre_humain"></a>La limite, le cœur, la grandeur de l’&ecirc;tre humain</i></p> 
<p>118. Notre rapport &agrave; la vie semble aujourd’hui en crise. Tout ce qui appara&icirc;t comme une “limite” – incapacit&eacute;, maladie, vieillesse, souffrance, vuln&eacute;rabilit&eacute; – tend &agrave; &ecirc;tre per&ccedil;u avant tout comme un d&eacute;faut &agrave; corriger, plut&ocirc;t qu’un espace o&ugrave; l’humain m&ucirc;rit et s’ouvre &agrave; la relation. Or, nous devons nous rappeler que l’humain ne s’&eacute;panouit pas <i>malgr&eacute;</i> la limite, mais souvent <i>&agrave; travers</i> la limite. Une vision de la r&eacute;alit&eacute; &agrave; la lumi&egrave;re de la foi aide &agrave; reconna&icirc;tre ce que nous appelons la “contingence” des choses de ce monde. Si, d’une part, il est de notre devoir d’essayer d’&eacute;liminer la souffrance qui marque la vie humaine, d’autre part, il est sage de reconna&icirc;tre notre finitude constitutive, sachant que &laquo;&nbsp;l’exp&eacute;rience religieuse, et en particulier la foi chr&eacute;tienne, proposent d’habiter, sans simplifications, cette ambivalence entre la grandeur et la limite de l’humain, en la lisant &agrave; la lumi&egrave;re de la relation originelle et fondatrice avec Dieu&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref131" href="#_ftn131" class=" cleaner">[131]</a></p> 
<p>119. C’est pr&eacute;cis&eacute;ment dans notre nature limit&eacute;e que trouvent leur place la compassion, la sinc&egrave;re pr&eacute;occupation face aux besoins des autres, la g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; qui surprend m&ecirc;me au milieu des t&eacute;n&egrave;bres et de l’&eacute;chec, l’exp&eacute;rience spirituelle et l’adoration de Dieu. Nous le constatons dans de nombreux moments o&ugrave; la limite se fait concr&egrave;te dans notre vie, lorsque nous essuyons un refus, lorsque nous souffrons de la maladie ou de la mort d’un &ecirc;tre cher, lorsque nous faisons l’exp&eacute;rience de l’incapacit&eacute; ou de l’&eacute;chec. Myst&eacute;rieusement, c’est pr&eacute;cis&eacute;ment dans ces moments-l&agrave; que nous pouvons trouver une sagesse nouvelle, toucher de nos mains l’affection des gens et exp&eacute;rimenter la pr&eacute;sence du Seigneur.</p> 
<p>120. M&ecirc;me lorsque la limite se manifeste par des souffrances int&eacute;rieures, la sagesse humaine nous enseigne &agrave; ne pas la refouler ni la r&eacute;primer, mais &agrave; l’int&eacute;grer. Pour &eacute;liminer totalement la douleur, il faudrait, au fond, &eacute;teindre aussi l’amour et le d&eacute;sir. En effet, celui qui aime et d&eacute;sire ne peut &eacute;viter de passer par l’&eacute;preuve et la souffrance, et c’est pourquoi, au fil des ans, nous gardons en nous des enseignements qui s’impriment comme des cicatrices, m&eacute;moire du chemin parcouru entre libert&eacute; et chutes, r&ecirc;ves et d&eacute;ceptions. Ce n’est que gr&acirc;ce &agrave; l’entrelacement de ces &eacute;l&eacute;ments que, dans le cœur, se produisent ces merveilles de l’&acirc;me qui nous font savourer la saveur la plus douce de notre humanit&eacute;. <a name="_ftnref132" href="#_ftn132" class=" cleaner">[132]</a>&nbsp;Renoncer &agrave; cette aventure, &agrave; la fois dramatique et splendide, au nom d’un pr&eacute;tendu d&eacute;passement de toutes les limites, pourrait signifier bien des choses mais pas &ecirc;tre humain.</p> 
<p>121. La corruption morale de notre condition de cr&eacute;ature – le mal qui agite manifestement le cœur de l’homme – ruine la soci&eacute;t&eacute; et la vie, allant jusqu’aux extr&ecirc;mes de la d&eacute;shumanisation. Et pourtant, m&ecirc;me cette forme douloureuse de limitation laisse entrevoir des lueurs de bien. M&ecirc;me lorsque l’&ecirc;tre humain se d&eacute;shumanise et provoque des trag&eacute;dies, une petite lumi&egrave;re continue de briller dans l’humanit&eacute; et reste capable de se rallumer, par la gr&acirc;ce de Dieu, sur les chemins de la conversion et de la r&eacute;conciliation. Viktor Frankl disait &agrave; juste titre que dans les moments d’horreur &laquo;&nbsp;nous avons appris &agrave; conna&icirc;tre l’homme tel qu’il est r&eacute;ellement.Apr&egrave;s tout, l’homme est l’&ecirc;tre qui a invent&eacute; les chambres &agrave; gaz d’Auschwitz&nbsp;; mais il est aussi celui qui y est entr&eacute; debout, le Notre P&egrave;re ou le <i>Shema Isra&euml;l</i> aux l&egrave;vres&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref133" href="#_ftn133" class=" cleaner">[133]</a></p> 
<p>122. La finitude, lorsqu’elle est accept&eacute;e dans la v&eacute;rit&eacute;, n’appauvrit pas l’&ecirc;tre humain, mais l’ouvre &agrave; la reconnaissance du visage de Dieu et de l’autre. D’ailleurs, c’est pr&eacute;cis&eacute;ment parce qu’il fait l’exp&eacute;rience de la limite – la vuln&eacute;rabilit&eacute;, la douleur, l’&eacute;chec – qu’il peut reconna&icirc;tre sa propre dignit&eacute; et celle d’autrui comme inviolables. Et dans cette m&ecirc;me exp&eacute;rience de la limite, il reste capable de percevoir une fraternit&eacute; plus grande que lui-m&ecirc;me et de reconna&icirc;tre l’injustice comme un scandale. La culture et l’art, lorsqu’ils sont authentiques, pr&eacute;servent cette &eacute;tincelle, emp&ecirc;chant la normalisation du mal. Ainsi, certaines œuvres ont pris une valeur presque proph&eacute;tique&nbsp;: la <i>Neuvi&egrave;meSymphonie</i>&nbsp;de Beethoven comme d&eacute;sir d’unit&eacute;&nbsp;; <i>Guernica</i> comme d&eacute;nonciation de la d&eacute;shumanisation&nbsp;; <i>La Liste de Schindler</i> comme invitation &agrave; ne pas livrer le pass&eacute; &agrave; l’oubli.</p> 
<p>123. L’histoire n’appara&icirc;t pas seulement comme un catalogue de nos violences, mais aussi comme la preuve que l’&ecirc;tre humain sait cr&eacute;er des institutions capables de prot&eacute;ger la vie en communaut&eacute;. Au cours des deux derniers si&egrave;cles, nous en voyons l’illustration dans certaines r&eacute;alisations embl&eacute;matiques&nbsp;: la fondation du Comit&eacute; International de la Croix-Rouge (1863), dont la neutralit&eacute; op&eacute;rationnelle garantit des soins prodigu&eacute;s avec compassion &agrave; tous&nbsp;; le long processus qui a conduit &agrave; l’abolition de l’esclavage qui n’a pas &eacute;t&eacute; un simple changement juridique, mais un changement de conscience&nbsp;; la cr&eacute;ation de l’Organisation des Nations Unies (1945) et la <i>D&eacute;claration universelle des droits de l’homme</i> (1948) qui ont &eacute;tabli un langage commun pour affirmer, au moins en tant qu’id&eacute;al partag&eacute;, que la dignit&eacute; humaine est universelle&nbsp;; la <i>Convention relative au statut des r&eacute;fugi&eacute;s</i> (1951) qui reconna&icirc;t un devoir de protection envers ceux qui fuient les pers&eacute;cutions et les menaces. Dans ces exemples, le d&eacute;sir de bien se traduit concr&egrave;tement par des formes publiques – normes, institutions, pratiques – capables de limiter la force et de d&eacute;fendre les plus vuln&eacute;rables. Mais rien de tout cela ne vit le jour sans se heurter &agrave; des r&eacute;sistances, &agrave; des int&eacute;r&ecirc;ts mesquins et &agrave; des inerties culturelles. Les conqu&ecirc;tes morales prennent presque toujours la forme d’un chemin long et laborieux, marqu&eacute; &eacute;galement par des revers&nbsp;: pensons aux processus de paix interrompus ou aux engagements environnementaux mis en œuvre avec lenteur. Pourtant, c’est pr&eacute;cis&eacute;ment la fragilit&eacute; de ces r&eacute;sultats qui montre &agrave; quel point la responsabilit&eacute; de ceux qui les initient et les soutiennent est pr&eacute;cieuse.</p> 
<p>124. Certains &eacute;v&eacute;nements nous aident &agrave; comprendre que l’histoire peut changer d&egrave;s lors qu’un seul homme ou une seule femme prend vraiment au s&eacute;rieux la dignit&eacute; de chacun&nbsp;: le mouvement des droits civiques aux &Eacute;tats-Unis d’Am&eacute;rique, li&eacute; notamment au t&eacute;moignage de Martin Luther King Jr., ou la fin de l’<i>apartheid</i> en Afrique du Sud apr&egrave;s la lib&eacute;ration de Nelson Mandela et son choix de ne pas abandonner l’avenir &agrave; la haine. Dans des contextes diff&eacute;rents, des femmes courageuses et g&eacute;n&eacute;reuses se sont &eacute;galement distingu&eacute;es, telles que sainte Laura Montoya, sainte Th&eacute;r&egrave;se de Calcutta, Dorothy Day, Marie Skłodowska-Curie, Maria Montessori, Elisabeth Elliot, Wangari Maathai, Benazir Bhutto et tant d’autres, sur tous les continents, qui, par leur engagement, ont contribu&eacute; &agrave; rendre l’histoire plus humaine.</p> 
<p>125. &Agrave; c&ocirc;t&eacute; de ces signes publics, il existe une trame plus cach&eacute;e mais d&eacute;cisive&nbsp;: les communaut&eacute;s religieuses qui choisissent des lieux pauvres et dangereux&nbsp;; les martyrs de la fraternit&eacute; et de la justice comme saint Maximilien Marie Kolbe, saint Oscar Romero et le bienheureux Enrique Angelelli, ainsi que des t&eacute;moins qui ont incarn&eacute;, dans des conditions difficiles et souvent inhumaines, l’esp&eacute;rance de l’&Eacute;vangile et la dignit&eacute; de l’homme, comme le v&eacute;n&eacute;rable Fran&ccedil;ois-Xavier Nguyễn Văn Thuận. Et, surtout, les “martyrs du quotidien” qui soignent, &eacute;duquent, accompagnent, consolent sans faire de bruit, comme les parents, les infirmiers, les m&eacute;decins, les b&eacute;n&eacute;voles, les personnes qui restent aux c&ocirc;t&eacute;s d’une personne &acirc;g&eacute;e ou d’un exclu. Leur t&eacute;moignage montre que le bien ne se fait pas de mani&egrave;re automatique, mais qu’il exige de la pers&eacute;v&eacute;rance, de la m&eacute;moire et une conversion qui rend capable de recommencer m&ecirc;me apr&egrave;s les d&eacute;faites.</p> 
<p>126. C’est pr&eacute;cis&eacute;ment cette imbrication d’institutions justes, de t&eacute;moignages cr&eacute;dibles et de fid&eacute;lit&eacute;s quotidiennes qui entretient l’esp&eacute;rance et indique une direction&nbsp;: faire progresser la technique sans faire r&eacute;gresser le cœur. C’est pourquoi l’humanit&eacute; – magnifique et bless&eacute;e – ne doit &ecirc;tre ni remplac&eacute;e ni d&eacute;pass&eacute;e&nbsp;: elle peut accueillir les progr&egrave;s de la technique pour soulager les souffrances et ouvrir de nouvelles possibilit&eacute;s, &agrave; condition de ne pas renier ce qui fait d’elle ce qu’elle est, c’est-&agrave;-dire la capacit&eacute; de relation et d’amour. &Agrave; ce stade, une question d&eacute;cisive s’impose&nbsp;: s’il existe un authentique “plus qu’humain”, o&ugrave; se trouve-t-il&nbsp;? La foi chr&eacute;tienne y r&eacute;pond en indiquant un accomplissement qui ne d&eacute;coule pas d’une divinisation technologique, mais de l’op&eacute;ration de la gr&acirc;ce de Dieu re&ccedil;ue dans le Christ.</p> 
<p><a name="Le_v&eacute;ritable_“plus_qu’humain”&nbsp;:_gr&acirc;ce_et_humanisme_chr&eacute;tien"></a>Le v&eacute;ritable “plus qu’humain”&nbsp;: gr&acirc;ce et humanisme chr&eacute;tien</p> 
<p>127. L’expression “plus qu’humain” n’appartient pas seulement au langage des promesses techniques. Depuis des si&egrave;cles, la tradition chr&eacute;tienne affirme que l’&ecirc;tre humain n’est pas enferm&eacute; dans les limites de sa propre nature, mais qu’il est appel&eacute; &agrave; se transcender&nbsp;: non pas pour fuir la r&eacute;alit&eacute; ou par m&eacute;pris des limites, mais pour s’&eacute;panouir dans l’amour. La foi conna&icirc;t un “au-del&agrave;” qui na&icirc;t du don de Dieu. Cette transformation est l’œuvre de l’Esprit Saint. Comme l’enseignait saint Thomas d’Aquin, ce processus d’&eacute;l&eacute;vation et de transformation &laquo;&nbsp;d&eacute;passe les facult&eacute;s naturelles&nbsp;&raquo;, <a name="_ftnref134" href="#_ftn134" class=" cleaner">[134]</a>&nbsp;car il existe une distance infinie <a name="_ftnref135" href="#_ftn135" class=" cleaner">[135]</a>&nbsp;entre notre nature et la vie de Dieu. Cependant, il est possible de nous ins&eacute;rer au sein de cette vie in&eacute;puisable, tandis que nous marchons dans les limites de ce monde. Et celui qui rend ce chemin possible ne peut &ecirc;tre que l’Infini qui se donne&nbsp;: c’est Dieu lui-m&ecirc;me qui surmonte la disproportion “infinie”. <a name="_ftnref136" href="#_ftn136" class=" cleaner">[136]</a>&nbsp;C’est ainsi qu’a lieu la re-cr&eacute;ation de l’humain&nbsp;: &laquo;&nbsp;Si donc quelqu’un est dans le Christ, c’est une cr&eacute;ation nouvelle&nbsp;: l’&ecirc;tre ancien a disparu, un &ecirc;tre nouveau est l&agrave;&nbsp;&raquo; ( <i>2 Co</i> 5, 17).</p> 
<p>128. Lorsque nous acceptons cette possibilit&eacute; de nous transcender par la gr&acirc;ce de Dieu, nous ne nous renions pas, nous ne devenons pas moins humains. Au contraire, comme l’expliquait le Pape Fran&ccedil;ois, &laquo;&nbsp;nous parvenons &agrave; &ecirc;tre pleinement humains quand nous sommes plus qu’humains, quand nous permettons &agrave; Dieu de nous conduire au-del&agrave; de nous-m&ecirc;mes pour que nous parvenions &agrave; notre &ecirc;tre le plus vrai&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref137" href="#_ftn137" class=" cleaner">[137]</a>&nbsp;C’est l&agrave; que r&eacute;side la diff&eacute;rence radicale par rapport aux r&ecirc;ves prom&eacute;th&eacute;ens&nbsp;: ce qui sauve l’humain, ce n’est pas une autosuffisance renforc&eacute;e, mais une relation qui lib&egrave;re, une communion qui transforme. Face &agrave; cela, une technologie qui classe et optimise ce qui existe d&eacute;j&agrave; peut devenir, sans le vouloir, un obstacle au changement et &agrave; la croissance. Pour un algorithme, l’erreur est quelque chose &agrave; corriger&nbsp;; pour une personne, elle peut &ecirc;tre le d&eacute;but d’un changement profond. L’avenir d’une personne n’est pas pr&eacute;visible, mais d&eacute;pend de sa libert&eacute; port&eacute;e par la gr&acirc;ce divine in&eacute;puisable, et des liens qu’elle cultive.</p> 
<p><a name="Deux_cit&eacute;s_et_deux_amours"></a>Deux cit&eacute;s et deux amours</p> 
<p>129. L’humanisme chr&eacute;tien ne rejette pas la science et la technique, mais les assume avec gratitude et r&eacute;alisme, et les inscrit “les pieds sur terre” dans une vocation plus &eacute;lev&eacute;e. L’intelligence cr&eacute;ative de l’&ecirc;tre humain est un don qui peut soulager les souffrances et ouvrir de nouvelles possibilit&eacute;s, mais elle doit rester au service du bien commun, de la justice, de la protection des plus fragiles et de la cr&eacute;ation. En ce sens, le v&eacute;ritable choix ne se situe pas entre l’enthousiasme et la peur, mais entre deux fa&ccedil;ons de construire&nbsp;: un progr&egrave;s au service de la personne et des peuples, ou un progr&egrave;s qui les soumet &agrave; des logiques de pouvoir. En fin de compte, la question d&eacute;cisive reste celle pos&eacute;e par saint Jean-Paul II&nbsp;: l’IA rend-elle&laquo;&nbsp;la vie humaine sur la terre “plus humaine” &agrave; tout point de vue&nbsp;? La rend[-elle] plus “digne de l’homme”&nbsp;?&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref138" href="#_ftn138" class=" cleaner">[138]</a> Si la r&eacute;ponse est oui, alors nous pouvons y reconna&icirc;tre une opportunit&eacute; &agrave; accueillir avec responsabilit&eacute;, dans un chemin de reconstruction patiente et partag&eacute;e, sur le mod&egrave;le de la renaissance de J&eacute;rusalem racont&eacute;e dans le livre de N&eacute;h&eacute;mie. Si, au contraire, la puissance grandit tandis que le cœur s’ass&egrave;che et que les liens se rompent, alors nous sommes face &agrave; une nouvelle forme de Babel&nbsp;: une construction grandiose, mais inhumaine.</p> 
<p>130. S’interroger sur cette possibilit&eacute; de progr&egrave;s et sur la mani&egrave;re dont nous l’interpr&eacute;tons et le vivons revient toujours, au fond, &agrave; nous interroger aussi sur notre cœur. La mani&egrave;re dont nous concevons et organisons nos relations, notre travail et nos institutions refl&egrave;te en effet nos valeurs fondamentales et, en derni&egrave;re analyse, d&eacute;coule de ce qui nous tient le plus &agrave; cœur. C’est un amour qui nous guide&nbsp;: ce que nous aimons vraiment, autant comme individus qu’en tant que soci&eacute;t&eacute;, oriente notre vie et notre agir. Saint Augustin d&eacute;crit l’histoire humaine comme le th&eacute;&acirc;tre d’une lutte entre deux amours, qui ont construit deux fa&ccedil;ons d’habiter le monde et de vivre ensemble, deux “cit&eacute;s”&nbsp;: d’un c&ocirc;t&eacute;, l’amour de Dieu et du prochain&nbsp;; de l’autre, l’amour uniquement de soi. &laquo;&nbsp;Deux amours ont fait deux cit&eacute;s&nbsp;: l’amour de soi jusqu’au m&eacute;pris de Dieu, la cit&eacute; terrestre, l’amour de Dieu jusqu’au m&eacute;pris de soi, la cit&eacute; c&eacute;leste&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref139" href="#_ftn139" class=" cleaner">[139]</a> Comme dans toute l’histoire humaine, aujourd’hui encore ces deux amours se disputent la supr&eacute;matie dans notre cœur. L’&egrave;re de l’IA n’&eacute;chappe pas &agrave; cette r&egrave;gle&nbsp;: la construction de Babel ou celle de J&eacute;rusalem commence en chacun de nous.</p> 
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><a name="Chapitre_4"></a>Chapitre 4</p> 
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;">Pr&eacute;server l’humain dans la transformation</p> 
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;">V&eacute;rit&eacute;, travail, libert&eacute;</p> 
<p>131. Apr&egrave;s avoir esquiss&eacute; le contexte dans lequel s’inscrit le d&eacute;fi de la transformation technologique, en particulier celui li&eacute; &agrave; l’IA et aux courants transhumanistes et posthumanistes, nous ne pouvons nous contenter d’analyses g&eacute;n&eacute;rales. Lorsque les langages et les outils changent, les gestes quotidiens et les relations sociales changent eux aussi. C’est pourquoi il faut s’attarder sur certains domaines dans lesquels ces transformations ont des r&eacute;percussions tr&egrave;s concr&egrave;tes, parfois dramatiques. &Agrave; la lumi&egrave;re des principes de la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise, la transformation num&eacute;rique nous invite &agrave; red&eacute;couvrir la v&eacute;rit&eacute; comme bien commun, &agrave; prot&eacute;ger la dignit&eacute; du travail et &agrave; pr&eacute;server la libert&eacute; contre toute d&eacute;pendance et toute marchandisation.</p> 
<p><a name="La_v&eacute;rit&eacute;_comme_bien_commun"></a>La v&eacute;rit&eacute; comme bien commun</p> 
<p><i><a name="V&eacute;rit&eacute;_et_d&eacute;mocratie_"></a>V&eacute;rit&eacute; et d&eacute;mocratie</i></p> 
<p>132. L’utilisation des plateformes num&eacute;riques et des syst&egrave;mes d’IA acc&eacute;l&egrave;re les profonds changements qui touchent la communication publique et politique. Des outils qui pourraient favoriser le d&eacute;bat et la participation sont souvent utilis&eacute;s pour construire des r&eacute;cits d&eacute;form&eacute;s et brouiller les fronti&egrave;res entre le vrai et le faux, en m&eacute;langeant donn&eacute;es et opinions. La d&eacute;sinformation n’est pas n&eacute;e avec l’IA, mais elle trouve aujourd’hui en elle un puissant multiplicateur. La possibilit&eacute; de manipuler des contenus, des images et des vid&eacute;os expose les citoyens &agrave; des perspectives partielles ou trompeuses. Le probl&egrave;me touche &agrave; la dimension culturelle et morale, car la qualit&eacute; de la communication publique d&eacute;pend directement de la confiance sociale et a une incidence sur celle-ci. Une information v&eacute;ridique, en effet, ne na&icirc;t pas d’un contr&ocirc;le centralis&eacute; ou automatis&eacute;. Dans le discours public, la v&eacute;rit&eacute; des faits poss&egrave;de une dimension rationnelle car elle exige la v&eacute;rification, le recoupement des sources et la responsabilit&eacute; argumentative ; mais la v&eacute;rit&eacute; est encore plus relationnelle, elle se construit &agrave; travers des liens de confiance et des pratiques partag&eacute;es, dans une confrontation honn&ecirc;te avec les autres et avec le monde. Seule la recherche partag&eacute;e de la v&eacute;rit&eacute; des faits, consid&eacute;r&eacute;e comme un bien commun, peut fonder une communication juste.</p> 
<p>133. Ceux qui disposent de puissantes ressources techniques et &eacute;conomiques – et, par l&agrave; m&ecirc;me, de nombreuses ressources humaines pour agir – ont une grande capacit&eacute; &agrave; provoquer des changements culturels et, en fin de compte, &agrave; convaincre un nombre important de personnes de ce qu’est la v&eacute;rit&eacute; sur l’&ecirc;tre humain, sur le monde, sur le sens de l’existence, sur la famille, voire sur Dieu. Il s’agit l&agrave; d’un pouvoir pur, d&eacute;pourvu de v&eacute;rit&eacute;, qui impose subtilement ou ouvertement ce qu’il veut que les autres consid&egrave;rent comme vrai. Derri&egrave;re tout cela se cache une racine malsaine difficile &agrave; reconna&icirc;tre&nbsp;: le fait que &laquo;&nbsp;l’homme moderne est parfois convaincu, &agrave; tort, d’&ecirc;tre le seul auteur de lui-m&ecirc;me, de sa vie et de la soci&eacute;t&eacute;. C’est l&agrave; une pr&eacute;somption, qui d&eacute;rive de la fermeture &eacute;go&iuml;ste sur lui-m&ecirc;me&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref140" href="#_ftn140" class=" cleaner">[140]</a>&nbsp;Par cons&eacute;quent, il pense pouvoir construire la r&eacute;alit&eacute; et consid&eacute;rer valable ce qui correspond le mieux &agrave; ses pr&eacute;tentions. Saint Jean-Paul II a r&eacute;fl&eacute;chi aux cons&eacute;quences de la “crise autour de la v&eacute;rit&eacute;”, allant jusqu’&agrave; affirmer qu’&laquo;&nbsp;une fois perdue l’id&eacute;e d’une v&eacute;rit&eacute; universelle quant au Bien connaissable par la raison humaine, la conception de la conscience est, elle aussi, in&eacute;vitablement modifi&eacute;e&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref141" href="#_ftn141" class=" cleaner">[141]</a> Ainsi, la reconnaissance de v&eacute;rit&eacute;s universellement valables qui nous pr&eacute;c&egrave;dent et que la conscience doit accepter, vient &agrave; manquer. Cela a conduit le Pape Fran&ccedil;ois &agrave; se demander de mani&egrave;re r&eacute;aliste&nbsp;: &laquo;&nbsp;Qu’est-ce que la loi sans la conviction, acquise apr&egrave;s un long cheminement de r&eacute;flexion et de sagesse, que tout &ecirc;tre humain est sacr&eacute; et inviolable&nbsp;?&nbsp;&raquo; et &agrave; en conclure&nbsp;que &laquo;&nbsp;pour qu’une soci&eacute;t&eacute; ait un avenir, il lui faut cultiver le sens du respect en ce qui concerne la v&eacute;rit&eacute; de la dignit&eacute; humaine &agrave; laquelle nous nous soumettons. Par cons&eacute;quent, on n’&eacute;vitera pas de tuer quelqu’un uniquement pour &eacute;luder la r&eacute;primande de la soci&eacute;t&eacute; et le poids de la loi, mais par conviction. C’est une v&eacute;rit&eacute; incontournable que nous reconnaissons par la raison et que nous acceptons par la conscience. Une soci&eacute;t&eacute; est noble et respectable aussi par son sens de qu&ecirc;te de la v&eacute;rit&eacute; et son attachement aux v&eacute;rit&eacute;s les plus fondamentales&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref142" href="#_ftn142" class=" cleaner">[142]</a></p> 
<p>134. La recherche de la v&eacute;rit&eacute; est un &eacute;l&eacute;ment essentiel de la d&eacute;mocratie, qui est elle-m&ecirc;me un instrument de participation au bien commun. Lorsque la question de savoir ce qui est vrai perd de son int&eacute;r&ecirc;t et qu’un pragmatisme se r&eacute;pand, se contentant de ce qui semble utile ou efficace, la vie d&eacute;mocratique s’affaiblit. En effet, celle-ci ne se nourrit pas seulement de r&egrave;gles et de proc&eacute;dures, mais avant tout d’un rapport loyal aux faits et d’une r&eacute;elle orientation vers le bien des personnes et de la soci&eacute;t&eacute;. Le d&eacute;sint&eacute;r&ecirc;t pour la v&eacute;rit&eacute; conduit lentement mais inexorablement &agrave; glisser vers le totalitarisme, pour lequel, comme l’a &eacute;crit la philosophe Hannah Arendt, les sujets id&eacute;aux ne sont pas tant ceux qui sont id&eacute;ologiquement convaincu, mais &laquo;&nbsp;les gens pour qui la distinction entre fait et fiction (c’est-&agrave;-dire la r&eacute;alit&eacute; de l’exp&eacute;rience) et la distinction entre vrai et faux (c’est-&agrave;-dire les normes de la pens&eacute;e) n’existent plus&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref143" href="#_ftn143" class=" cleaner">[143]</a></p> 
<p><i><a name="Communication_et_imaginaire_collectif"></a>Communication et imaginaire collectif</i></p> 
<p>135. Dans cette perspective, il est important de rappeler que la communication &laquo;&nbsp;n’est pas seulement la transmission d’informations, mais aussi la cr&eacute;ation d’une culture&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref144" href="#_ftn144" class=" cleaner">[144]</a> <sup></sup>Les contenus qui circulent dans les espaces num&eacute;riques influencent la mani&egrave;re dont les personnes per&ccedil;oivent le monde et introduisent dans la conscience collective des images et des r&eacute;cits qui orientent les d&eacute;sirs et influencent les choix quotidiens. Ce &laquo;&nbsp;n’est pas un monde parall&egrave;le ou purement virtuel&nbsp;&raquo;, <a name="_ftnref145" href="#_ftn145" class=" cleaner">[145]</a>&nbsp;car ce qui na&icirc;t en ligne fait d&eacute;sormais partie int&eacute;grante de la vie des personnes, surtout des plus jeunes.</p> 
<p>136. C’est pourquoi ceux qui contr&ocirc;lent les plateformes num&eacute;riques et les moyens de communication ont une capacit&eacute; remarquable pour influencer l’imaginaire collectif et pr&eacute;senter comme d&eacute;sirable une certaine vision de la r&eacute;alit&eacute;. C’est un pouvoir qui doit &ecirc;tre constamment &eacute;clair&eacute; par la recherche de la v&eacute;rit&eacute; et le respect de la dignit&eacute; humaine, afin que la culture qui se d&eacute;veloppe sur internet ne devienne pas un instrument de distraction excessive, d’uniformisation et de domination, mais un espace o&ugrave; puissent s’&eacute;panouir la libert&eacute; int&eacute;rieure et la pens&eacute;e critique.</p> 
<p><i><a name="Pour_une_&eacute;cologie_de_la_communication_"></a>Pour une &eacute;cologie de la communication</i></p> 
<p>137. Le premier devoir qui nous incombe est de ne pas diaboliser ni idol&acirc;trer les outils, mais de les ma&icirc;triser en partant d’un point d’ancrage&nbsp;: la v&eacute;rit&eacute; est un bien commun, et non la propri&eacute;t&eacute; de ceux qui d&eacute;tiennent le pouvoir ou la visibilit&eacute;. Il faut donc promouvoir une &eacute;cologie de la communication&nbsp;: sur le plan des r&egrave;gles publiques, cela signifie &eacute;tablir des normes qui rendent plus transparentes les logiques selon lesquelles les contenus sont s&eacute;lectionn&eacute;s et amplifi&eacute;s et qui prot&egrave;gent les donn&eacute;es personnelles&nbsp;; sur le plan social et culturel, en revanche, cela implique le renforcement des corps interm&eacute;diaires, un journalisme s&eacute;rieux et des lieux de d&eacute;bat o&ugrave; comptent davantage l’argumentation et la v&eacute;rification que la r&eacute;action imm&eacute;diate&nbsp;; du c&ocirc;t&eacute; de l’&eacute;cole et de la famille, la croissance du besoin d’une nouvelle conscience &eacute;ducative et la formation &agrave; l’utilisation correcte et critique des outils num&eacute;riques, de l’IA, des plateformes d’achat et d’investissement&nbsp;; du c&ocirc;t&eacute; de l’universit&eacute;, le grand d&eacute;fi de l’int&eacute;gration des savoirs, en formant &agrave; la fois &agrave; la capacit&eacute; de relier et de fusionner les connaissances pour appr&eacute;hender la complexit&eacute;, et aux techniques de v&eacute;rification des faits.</p> 
<p>138. M&ecirc;me les communaut&eacute;s chr&eacute;tiennes doivent s’engager &agrave; communiquer de mani&egrave;re transparente et &agrave; rechercher fid&egrave;lement les faits. Malheureusement, cela n’a pas toujours &eacute;t&eacute; le cas. Nous avons assist&eacute; avec honte &agrave; la p&eacute;nible d&eacute;couverte de v&eacute;rit&eacute;s douloureuses concernant &eacute;galement des membres de l’&Eacute;glise et des r&eacute;alit&eacute;s eccl&eacute;siales. En particulier, certains journalistes passionn&eacute;s par la v&eacute;rit&eacute; ont jou&eacute; un r&ocirc;le fondamental dans la mise en lumi&egrave;re d’injustices et d’abus. &Agrave; ces derniers je voudrais r&eacute;p&eacute;ter les paroles que le Pape Fran&ccedil;ois a prononc&eacute;es en s’adressant aux vaticanistes&nbsp;: &laquo;&nbsp;Je vous remercie aussi pour ce que vous racontez sur ce qui ne va pas dans l’&Eacute;glise, pour ce que vous nous aidez &agrave; ne pas cacher sous le tapis et pour la voix que vous avez donn&eacute;e aux victimes&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref146" href="#_ftn146" class=" cleaner">[146]</a> Cependant, la vigilance et la transparence sont avant tout une grave responsabilit&eacute; de l’&Eacute;glise elle-m&ecirc;me et nous ne devons pas attendre que d’autres nous obligent &agrave; affronter des v&eacute;rit&eacute;s d&eacute;rangeantes sur nous-m&ecirc;mes.</p> 
<p><i><a name="Une_alliance_&eacute;ducative_pour_l’&egrave;re_num&eacute;rique"></a>Une alliance &eacute;ducative pour l’&egrave;re num&eacute;rique</i></p> 
<p>139. &Agrave; une &eacute;poque o&ugrave; la v&eacute;rit&eacute; est souvent soumise aux int&eacute;r&ecirc;ts et aux strat&eacute;gies de communication, le monde de l’&eacute;ducation rev&ecirc;t une importance cruciale. Mais les transformations technologiques rapides mettent en &eacute;vidence notre manque de pr&eacute;paration sur le plan &eacute;ducatif. L’omnipr&eacute;sence des m&eacute;dias num&eacute;riques engendre une culture de l’imm&eacute;diatet&eacute; et de l’hyperstimulation, qui alimente la fatigue, l’ennui et l’apathie face &agrave; l’effort n&eacute;cessaire pour rechercher la v&eacute;rit&eacute;.</p> 
<p>140. Au contraire, les processus &eacute;ducatifs ont besoin de temps de croissance, d’une confrontation avec la r&eacute;alit&eacute; au-del&agrave; des apparences et d’un cheminement patient. La question est fondamentale, car toute technologie &eacute;duque ceux qui l’utilisent. &Eacute;duquer &agrave; l’utilisation de l’IA implique donc d’&eacute;duquer &agrave; d&eacute;cider quand et pourquoi ne pas l’utiliser. La rapidit&eacute; et la facilit&eacute; avec lesquelles on obtient une r&eacute;ponse ou une synth&egrave;se risquent d’&eacute;teindre le d&eacute;sir de poser des questions, qui ne porte ses fruits qu’avec le temps. Comme l’&eacute;crit Platon, les choses les plus profondes et les plus importantes ne s’apprennent qu’apr&egrave;s beaucoup de temps et d’efforts, en s’engageant dans la discussion avec les autres pour “frotter” les concepts et les exp&eacute;riences comme s’il s’agissait de silex, jusqu’&agrave; ce que jaillisse en nous l’&eacute;tincelle de la compr&eacute;hension. <a name="_ftnref147" href="#_ftn147" class=" cleaner">[147]</a> Nous devons nous &eacute;duquer &agrave; je&ucirc;ner de l’IA et prot&eacute;ger nos jeunes de la promesse de la machine parfaite, de cette s&eacute;duction subtile qui fait para&icirc;tre inutile la pens&eacute;e humaine pr&eacute;cis&eacute;ment au moment o&ugrave; elle est la plus n&eacute;cessaire.</p> 
<p>141. Ces derni&egrave;res ann&eacute;es, la litt&eacute;rature psychologique et psychiatrique a mis en &eacute;vidence avec une insistance croissante comment une exposition pr&eacute;coce et non encadr&eacute;e aux appareils num&eacute;riques et aux <i>r&eacute;seaux sociaux</i> peut avoir des r&eacute;percussions n&eacute;gatives sur le sommeil, l’attention, la r&eacute;gulation &eacute;motionnelle et la vie relationnelle, en particulier chez les plus jeunes, avec des cons&eacute;quences parfois dramatiques. &Agrave; cela s’ajoute la facilit&eacute; d’acc&egrave;s &agrave; des sc&egrave;nes violentes ou cruelles, qui blessent la sensibilit&eacute;, &agrave; des contenus pornographiques et hypersexualis&eacute;s, &agrave; des messages qui banalisent le corps et l’affectivit&eacute;, ainsi qu’&agrave; des propositions qui normalisent des comportements &agrave; risque. Sur Internet, les ph&eacute;nom&egrave;nes de d&eacute;tournement de mineurs, de chantage et d’exploitation sexuelle ne sont pas rares&nbsp;; ils sont rendus plus insidieux par l’utilisation de faux profils, d’algorithmes qui amplifient les contacts dangereux et d’outils d’IA capables de manipuler des images et des vid&eacute;os. Le fait de disposer trop t&ocirc;t d’un t&eacute;l&eacute;phone portable personnel et de l’utiliser sans contr&ocirc;le parental peut accentuer la fragilit&eacute; et favoriser les d&eacute;pendances chez les jeunes, les exposant &agrave; des dynamiques d’isolement, de harc&egrave;lement et de cyberharc&egrave;lement, ainsi qu’&agrave; des pressions pour partager des images intimes ou des donn&eacute;es sensibles.</p> 
<p>142. Il est difficile pour les parents de r&eacute;sister seuls au conditionnement des mod&egrave;les &eacute;conomiques qui mon&eacute;tisent l’attention et le temps. C’est pourquoi une alliance entre les responsables politiques, les institutions &eacute;ducatives et les familles est indispensable, afin d’apporter un soutien concret aux adultes dans leur devoir. Il faut s’opposer, par des choix publics &agrave; long terme, aux int&eacute;r&ecirc;ts imm&eacute;diats des plateformes – concentr&eacute;es entre quelques mains – lorsqu’ils vont &agrave; l’encontre du bien-&ecirc;tre des mineurs. Dans cette perspective, il convient de prendre des mesures l&eacute;gislatives qui fixent des limites d’&acirc;ge, responsabilisent les fournisseurs de services – sans faire peser la charge de ces restrictions sur les familles – et pr&eacute;voient des protections sp&eacute;cifiques contre toute forme d’exploitation et de violence sexuelle en ligne, afin de prot&eacute;ger v&eacute;ritablement l’enfance et l’adolescence en tant que biens pr&eacute;cieux confi&eacute;s &agrave; nos soins. <a name="_ftnref148" href="#_ftn148" class=" cleaner">[148]</a> Dans le m&ecirc;me temps, il faut &eacute;duquer les enfants, les adolescents et les jeunes afin qu’ils apprennent &agrave; reconna&icirc;tre les manipulations, &agrave; d&eacute;fendre leur dignit&eacute; et &agrave; respecter celle des autres, y compris dans les environnements num&eacute;riques. <a name="_ftnref149" href="#_ftn149" class=" cleaner">[149]</a></p> 
<p><i><a name="Le_r&ocirc;le_central_de_l’&eacute;cole"></a>Le r&ocirc;le central de l’&eacute;cole</i></p> 
<p>143. L’&eacute;cole est le lieu o&ugrave; les nouvelles g&eacute;n&eacute;rations peuvent apprendre &agrave; rechercher et &agrave; aimer la v&eacute;rit&eacute;, &agrave; s’interroger sur le sens de la vie et sur la dignit&eacute; de chaque personne. C’est pourquoi de nombreux parents, qui souhaitent que leurs enfants grandissent en d&eacute;veloppant des capacit&eacute;s relationnelles, un esprit critique et des valeurs solides, placent de grands espoirs en elle, qu’ils consid&egrave;rent comme une alli&eacute;e pr&eacute;cieuse dans l’&eacute;ducation de leurs enfants. Les parents ont en effet le droit primordial et inali&eacute;nable de choisir le type d’instruction et de formation &agrave; donner &agrave; leurs enfants, conform&eacute;ment &agrave; leurs convictions morales, culturelles et religieuses. Le monde scolaire, aujourd’hui, est confront&eacute; &agrave; des d&eacute;fis qui ne peuvent &ecirc;tre report&eacute;s.</p> 
<p>144. Le premier d&eacute;fi est d’ordre sociopolitique. Tant au sein des diff&eacute;rents pays qu’entre les diff&eacute;rentes r&eacute;gions du monde, de fortes in&eacute;galit&eacute;s persistent en mati&egrave;re d’acc&egrave;s &agrave; l’&eacute;ducation de base et &agrave; l’enseignement sup&eacute;rieur. Dans bon nombre de pays, l’&Eacute;tat n’a pas encore investi les ressources n&eacute;cessaires pour garantir &agrave; tous une &eacute;ducation de qualit&eacute;, tant en soutenant de mani&egrave;re ad&eacute;quate le syst&egrave;me scolaire public qu’en soutenant les &eacute;tablissements priv&eacute;s qui offrent ce service fondamental. Lorsqu’une part importante de l’enseignement, &agrave; diff&eacute;rents niveaux, est confi&eacute;e &agrave; des &eacute;tablissements priv&eacute;s, il peut arriver que l’acc&egrave;s &agrave; l’&eacute;cole soit trop d&eacute;pendant des moyens financiers des familles, en l’absence d’un soutien public ad&eacute;quat. Face &agrave; ce risque, il convient toutefois de reconna&icirc;tre et de soutenir la contribution de nombreuses œuvres &eacute;ducatives catholiques qui, bien qu’&eacute;tant des &eacute;tablissements priv&eacute;s, garantissent un accueil inclusif aux enfants et aux jeunes de toutes origines, m&ecirc;me lorsque la situation &eacute;conomique des familles ne le permet pas.</p> 
<p>145. Le deuxi&egrave;me grand d&eacute;fi est p&eacute;dagogique. De nombreux syst&egrave;mes &eacute;ducatifs peinent &agrave; s’adapter au rythme des changements et &agrave; soutenir un &eacute;panouissement global des &eacute;l&egrave;ves. Le d&eacute;veloppement des technologies de l’information et de l’IA rend rapidement inad&eacute;quats les programmes d’&eacute;tudes con&ccedil;us pour une autre &eacute;poque, tandis que l’organisation de l’&eacute;cole, les espaces, les m&eacute;thodes d’&eacute;valuation et la figure m&ecirc;me de l’enseignant doivent &ecirc;tre repens&eacute;s dans la perspective d’une &eacute;ducation v&eacute;ritablement globale, ouverte &agrave; toutes les dimensions de la personne. Il est n&eacute;cessaire de soutenir la formation continue des enseignants tout au long de leur vie professionnelle, afin qu’ils sachent dialoguer de mani&egrave;re positive avec les nouvelles technologies, en aidant les &eacute;l&egrave;ves &agrave; en faire un usage responsable, critique et cr&eacute;atif, et &agrave; ne pas<b> </b>subir passivement leur influence.</p> 
<p>146. Le troisi&egrave;me grand d&eacute;fi est d’ordre intellectuel et li&eacute; &agrave; la sagesse. Si nous ne faisons pas attention, un syst&egrave;me &eacute;ducatif d&eacute;pourvu d’amour pour la v&eacute;rit&eacute; risque de voir le jour, dans lequel le flux incessant d’informations se substitue &agrave; la recherche, &agrave; la r&eacute;flexion et au discernement. Les connaissances fragmentaires se multiplient mais il devient plus difficile d’appr&eacute;hender la r&eacute;alit&eacute; dans son ensemble, de poser des questions sur le sens des choses et de d&eacute;velopper une v&eacute;ritable pens&eacute;e critique et cr&eacute;ative. De nombreux &eacute;ducateurs per&ccedil;oivent d&eacute;j&agrave; les signes d’une possible d&eacute;shumanisation o&ugrave; les personnes savent beaucoup de choses mais peinent &agrave; donner un sens &agrave; leur vie, notamment en raison de leur incapacit&eacute; &agrave; relier les informations et les connaissances, et &agrave; ne pas en perdre de vue le sens. Il faut promouvoir une v&eacute;ritable hygi&egrave;ne de l’attention : des rythmes qui pr&eacute;voient le silence, l’&eacute;tude approfondie, la lecture, la confrontation mesur&eacute;e ; sans ces &eacute;l&eacute;ments, la libert&eacute; int&eacute;rieure risque d’&ecirc;tre compromise.</p> 
<p>147. La Doctrine sociale de l’&Eacute;glise invite les familles, les &eacute;coles, les communaut&eacute;s chr&eacute;tiennes et les institutions publiques &agrave; une alliance &eacute;ducative renouvel&eacute;e. Celle-ci se concr&eacute;tise lorsque les principes fondamentaux se traduisent en objectifs &eacute;ducatifs : &eacute;duquer &agrave; la sobri&eacute;t&eacute; et au sens de la limite ; &eacute;duquer &agrave; la reconnaissance du droit, de l’autre et de ceux qui viendront apr&egrave;s nous, &agrave; jouir des biens qui nous sont donn&eacute;s ou que l’ing&eacute;niosit&eacute; humaine rend disponibles ; &eacute;duquer &agrave; la libert&eacute; et &agrave; la responsabilit&eacute;&nbsp;; &eacute;duquer au sens de la transcendance et au bien commun. L’&eacute;cole n’est pas appel&eacute;e &agrave; courir apr&egrave;s la rapidit&eacute; du monde num&eacute;rique, mais &agrave; offrir ce que le num&eacute;rique seul ne peut donner : du temps partag&eacute; pour apprendre et des relations de confiance.</p> 
<p><a name="La_dignit&eacute;_du_travail_dans_la_transition_num&eacute;rique"></a>La dignit&eacute; du travail dans la transition num&eacute;rique</p> 
<p><i><a name="La_valeur_du_travail"></a>La valeur du travail</i></p> 
<p>148. Depuis la naissance de la Doctrine sociale, avec <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiii/fr/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_15051891_rerum-novarum.html"><i>Rerum novarum</i></a>, l’&Eacute;glise a attir&eacute; l’attention sur la protection des travailleurs et sur la n&eacute;cessit&eacute; de lutter contre toute forme d’exploitation. Mais, surtout, le Magist&egrave;re a reconnu dans le travail &laquo;&nbsp;la cl&eacute; essentielle&nbsp;&raquo; <a name="_ftnref150" href="#_ftn150" class=" cleaner">[150]</a> pour comprendre l’ensemble de la question sociale, car c’est &agrave; travers lui que la personne d&eacute;veloppe de nombreuses dimensions de son existence. C’est dans cette perspective que l’on comprend &eacute;galement la grande intuition de saint Beno&icirc;t de Nursie, qui a uni la pri&egrave;re et le travail en indiquant l’activit&eacute; quotidienne comme partie de la r&eacute;ponse de la personne &agrave; l’appel de Dieu. Cr&eacute;&eacute;s &agrave; l’image du Cr&eacute;ateur, par nos œuvres nous prolongeons les siennes, nous contribuons au progr&egrave;s de la soci&eacute;t&eacute; et &agrave; la construction du bien commun, nous mettons &agrave; profit les capacit&eacute;s re&ccedil;ues, nous am&eacute;liorons et embellissons le monde, nous soutenons nos familles, nous entrons dans des relations de coop&eacute;ration et nous apprenons &agrave; construire ensemble, dans l’&eacute;coute et le dialogue, quelque chose que personne ne pourrait r&eacute;aliser seul.</p> 
<p>149. C’est pourquoi le travail n’est pas un simple instrument, mais il exprime et renforce la dignit&eacute; de notre vie. Il est une exigence inscrite dans la condition humaine, un chemin ordinaire vers la maturit&eacute;, le d&eacute;veloppement et l’&eacute;panouissement personnel. Dans cette optique, les aides &eacute;conomiques aux pauvres restent parfois n&eacute;cessaires dans les situations d’urgence, mais elles ne peuvent devenir la seule r&eacute;ponse, car l’objectif est de permettre &agrave; chacun de vivre dignement gr&acirc;ce &agrave; son travail. <a name="_ftnref151" href="#_ftn151" class=" cleaner">[151]</a></p> 
<p>150. Aujourd’hui, l’imbrication entre l’automatisation, la robotique et l’IA transforme rapidement la structure m&ecirc;me du travail. Selon certains, cela apportera de grandes am&eacute;liorations pour tous. En r&eacute;alit&eacute;, les “nouvelles fa&ccedil;ons” de travailler ne sont pas n&eacute;cessairement meilleures &laquo;&nbsp;alors que l’IA promet de stimuler la productivit&eacute; en prenant en charge des t&acirc;ches ordinaires, les travailleurs sont souvent contraints de s’adapter &agrave; la vitesse et aux exigences des machines, au lieu que ces derni&egrave;res soient con&ccedil;ues pour aider ceux qui travaillent. Ainsi, contrairement aux avantages annonc&eacute;s de l’IA, les approches actuelles de la technologie peuvent paradoxalement d&eacute;qualifier les travailleurs, les soumettre &agrave; une surveillance automatis&eacute;e et les rel&eacute;guer &agrave; des t&acirc;ches rigides et r&eacute;p&eacute;titives. La n&eacute;cessit&eacute; de suivre le rythme de la technologie peut &eacute;roder le sentiment d’autonomie des travailleurs et &eacute;touffer les comp&eacute;tences innovantes qu’ils sont appel&eacute;s &agrave; apporter &agrave; leur travail&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref152" href="#_ftn152" class=" cleaner">[152]</a> C’est pr&eacute;cis&eacute;ment pour &eacute;viter cette d&eacute;rive qu’il faut concevoir des syst&egrave;mes centr&eacute;s sur la personne et non seulement sur la performance.</p> 
<p><i><a name="Le_probl&egrave;me_du_ch&ocirc;mage"></a>Le probl&egrave;me du ch&ocirc;mage</i></p> 
<p>151. Saint Jean-Paul II a rappel&eacute; que le ch&ocirc;mage est un mal grave qui, surtout lorsqu’il prend des proportions massives, peut devenir une v&eacute;ritable calamit&eacute; sociale, qui interpelle tout particuli&egrave;rement la responsabilit&eacute; de l’&Eacute;tat. <a name="_ftnref153" href="#_ftn153" class=" cleaner">[153]</a> Aujourd’hui, dans la quatri&egrave;me r&eacute;volution industrielle, cette pr&eacute;occupation s’accentue car l’innovation n’est souvent accueillie qu’en fonction de la r&eacute;duction des co&ucirc;ts et de l’augmentation des profits. <a name="_ftnref154" href="#_ftn154" class=" cleaner">[154]</a> Dans certains contextes, il est r&eacute;aliste de craindre une contraction significative et rapide des emplois disponibles, avec un effet domino qui touche profond&eacute;ment les familles, les jeunes et les &eacute;conomies locales. Dans de nombreux secteurs, cela se traduit d&eacute;j&agrave; par de nouvelles formes de pr&eacute;carit&eacute; et d’in&eacute;galit&eacute;, avec des r&eacute;mun&eacute;rations tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;es pour une minorit&eacute; hautement sp&eacute;cialis&eacute;e et des salaires de plus en plus bas pour une grande partie de la population active.</p> 
<p>152. Il est certes souhaitable que la technologie soulage l’homme de certains travaux particuli&egrave;rement p&eacute;nibles, r&eacute;p&eacute;titifs ou dangereux et qu’elle apporte un soutien intelligent &agrave; l’activit&eacute; humaine, mais la r&egrave;gle g&eacute;n&eacute;rale doit rester la protection des emplois et du r&ocirc;le irrempla&ccedil;able de la personne. La recherche d’un profit plus &eacute;lev&eacute; ne peut justifier des choix qui sacrifient syst&eacute;matiquement l’emploi, car la personne humaine est une fin et non un moyen, et l’ordre &eacute;conomique doit rester soumis &agrave; sa dignit&eacute; et au bien commun.</p> 
<p>153. Parall&egrave;lement nous devons reconna&icirc;tre que chaque transition r&eacute;elle s’op&egrave;re par &agrave;-coups&nbsp;: elle est in&eacute;gale, fragmentaire, parfois conflictuelle. Il n’existe donc pas de mod&egrave;le de changement unique ni de solution globale&nbsp;: il existe des territoires et des histoires qui exigent des r&eacute;ponses diff&eacute;rentes. Compte tenu des in&eacute;galit&eacute;s qui caract&eacute;risent notre monde, la diffusion de l’IA et des syst&egrave;mes informatiques produit des effets diff&eacute;rents selon les lieux. Les soci&eacute;t&eacute;s riches s’automatisent rapidement et de mani&egrave;re chaotique, r&eacute;duisant le besoin de main-d’œuvre, ce qui engendre des zones de ch&ocirc;mage et des frictions institutionnelles. De vastes r&eacute;gions du monde, en revanche, restent prisonni&egrave;res d’&eacute;conomies hybrides o&ugrave; le travail humain sous-pay&eacute; et des technologies partielles coexistent sans jamais vraiment se transformer. Ces territoires deviennent des r&eacute;servoirs de main-d’œuvre pr&eacute;caire et des foyers d’instabilit&eacute; et de migrations forc&eacute;es. Les solutions doivent donc &ecirc;tre trouv&eacute;es aux niveaux national et local, en impliquant les communaut&eacute;s interm&eacute;diaires. Il faut des outils capables de s’adapter&nbsp;: des mod&egrave;les articul&eacute;s, des exp&eacute;rimentations locales, des redistributions progressives, de nouveaux droits d’acc&egrave;s aux biens essentiels. Sans rechercher une harmonie abstraite, il s’agit de construire des formes concr&egrave;tes de coexistence humaine dans cette transformation.</p> 
<p>154. Le travail reste une dimension fondamentale de l’exp&eacute;rience humaine&nbsp;: non pas seulement un moyen de subsistance, mais aussi un lieu d’expression, de relations et de contribution &agrave; la communaut&eacute;. C’est pourquoi les probl&egrave;mes li&eacute;s au travail ne concernent pas uniquement le revenu n&eacute;cessaire &agrave; la survie des familles. Une soci&eacute;t&eacute; qui ne garantirait du travail qu’&agrave; une petite partie de la population exposerait beaucoup de personnes &agrave; une situation d’inactivit&eacute; forc&eacute;e, d’absence de responsabilit&eacute;s, de manque d’engagement et de stimuli quotidiens, avec pour cons&eacute;quence un appauvrissement humain et culturel en contradiction avec le niveau &eacute;lev&eacute; de d&eacute;veloppement technique. Nous serions alors confront&eacute;s &agrave; un paradoxe de progr&egrave;s mat&eacute;riel et de r&eacute;gression anthropologique, dans lequel les conditions d’une paix sociale juste et stable viendraient &agrave; manquer. C’est pourquoi la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise insiste sur le fait que l’acc&egrave;s au travail pour tous doit rester un objectif prioritaire des politiques publiques et des processus &eacute;conomiques, un crit&egrave;re d’&eacute;valuation de la qualit&eacute; humaine d’un mod&egrave;le de d&eacute;veloppement. <a name="_ftnref155" href="#_ftn155" class=" cleaner">[155]</a> D’ailleurs, dans les r&eacute;gions du monde o&ugrave; le travail tend &agrave; diminuer ou &agrave; se transformer radicalement sous l’effet de processus technologiques et organisationnels qui &eacute;chappent au contr&ocirc;le d&eacute;mocratique, il est n&eacute;cessaire de repenser le travail lui-m&ecirc;me et sa relation avec la citoyennet&eacute;, afin que l’absence d’emploi ne compromette pas la participation sociale.</p> 
<p>155. &Agrave; la lumi&egrave;re de cette conviction nous pouvons &eacute;galement relire l’histoire de la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise apr&egrave;s <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiii/fr/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_15051891_rerum-novarum.html"><i>Rerum novarum</i></a>. Les initiatives n&eacute;es dans ce sillage – associations, syndicats, coop&eacute;ratives, œuvres caritatives – ont contribu&eacute; de mani&egrave;re d&eacute;cisive &agrave; am&eacute;liorer la l&eacute;gislation du travail, &agrave; prot&eacute;ger les plus vuln&eacute;rables et &agrave; promouvoir des conditions plus humaines. <a name="_ftnref156" href="#_ftn156" class=" cleaner">[156]</a> Aujourd’hui, cependant, ces instruments ne suffisent plus &agrave; eux seuls face aux transformations induites par l’IA, la nouvelle organisation des march&eacute;s et une comp&eacute;titivit&eacute; qui se soucie rarement de la durabilit&eacute; sociale. Un nouvel effort concert&eacute; des responsables politiques, des organisations de travailleurs, du monde des entreprises et de la communaut&eacute; scientifique est n&eacute;cessaire pour &eacute;laborer rapidement des r&egrave;gles et des protections ad&eacute;quates et partag&eacute;es, y compris au niveau international. <a name="_ftnref157" href="#_ftn157" class=" cleaner">[157]</a> Les organisations syndicales, que l’&Eacute;glise a toujours soutenues, sont appel&eacute;es &agrave; s’ouvrir aux nouvelles formes de travail et aux nouveaux travailleurs, afin de les repr&eacute;senter et de les d&eacute;fendre dans un contexte o&ugrave;, sans choix courageux, se profilent davantage de pauvret&eacute; et d’in&eacute;galit&eacute;s, avec une multitude d’exclus entour&eacute;s de machines et de syst&egrave;mes automatis&eacute;s qui ont pris leur place.</p> 
<p>156. Dans cette transition, il ne suffit pas de r&eacute;agir lorsque des emplois disparaissent, mais il faut anticiper la transformation. Une voie envisageable consiste tout d’abord &agrave; fixer des crit&egrave;res sociaux pour l’innovation&nbsp;: toute mise en place de l’automatisation et de l’IA devrait s’accompagner de mesures v&eacute;rifiables en mati&egrave;re de protection de l’emploi, de reconversion professionnelle et de participation des travailleurs, afin que la technologie vise &agrave; lib&eacute;rer du temps et des capacit&eacute;s humaines, et non &agrave; g&eacute;n&eacute;rer de l’exclusion. Deuxi&egrave;mement, il est n&eacute;cessaire que des politiques actives rendent accessibles &agrave; tous la formation continue et les transitions professionnelles, sans faire peser sur les individus l’int&eacute;gralit&eacute; du co&ucirc;t de l’adaptation aux transformations. Enfin, il faut une responsabilit&eacute; des entreprises qui inclue la qualit&eacute; et la dignit&eacute; du travail parmi les indicateurs de r&eacute;ussite. Lorsque ces conditions sont r&eacute;unies, l’innovation peut devenir l’alli&eacute;e d’un travail plus s&ucirc;r, plus cr&eacute;atif et plus digne ; lorsqu’elles font d&eacute;faut, elle tend &agrave; se transformer en une acc&eacute;l&eacute;ration de l’injustice.</p> 
<p><i><a name="Une_&eacute;conomie_qui_valorise_la_dignit&eacute;"></a>Une &eacute;conomie qui valorise la dignit&eacute;</i></p> 
<p>157. Le march&eacute; du travail est l’un des domaines o&ugrave; les risques li&eacute;s aux nouvelles technologies apparaissent le plus clairement. C’est pourquoi il faut rappeler que la libert&eacute; &eacute;conomique n’est pas absolue. Elle doit toujours &ecirc;tre mesur&eacute;e &agrave; l’aune du bien commun et de la dignit&eacute; de chaque personne. L’initiative entrepreneuriale peut &ecirc;tre une v&eacute;ritable vocation, capable de g&eacute;n&eacute;rer de la richesse et d’am&eacute;liorer la vie de tous, &agrave; condition que la cr&eacute;ation d’emplois dignes et de valeur soit consid&eacute;r&eacute;e comme une partie essentielle de son service &agrave; la soci&eacute;t&eacute; et non comme une variable d&eacute;pendant uniquement du profit. <a name="_ftnref158" href="#_ftn158" class=" cleaner">[158]</a></p> 
<p>158. Avec un esprit proph&eacute;tique, le Pape Fran&ccedil;ois a mis en garde contre une libert&eacute; &eacute;conomique qui n’est proclam&eacute;e qu’en paroles, alors que les conditions r&eacute;elles emp&ecirc;chent beaucoup de personnes d’en b&eacute;n&eacute;ficier effectivement. <a name="_ftnref159" href="#_ftn159" class=" cleaner">[159]</a> Les mod&egrave;les &eacute;conomiques qui exaltent l’efficacit&eacute; et la r&eacute;ussite individuelle ont tendance &agrave; consid&eacute;rer comme inutile ou peu rentable l’investissement dans les personnes issues de situations d&eacute;favoris&eacute;es ou dont le parcours de croissance est plus lent, comme si leur destin d&eacute;pendait exclusivement de leur capacit&eacute; &agrave; suivre le rythme des gagnants. En r&eacute;alit&eacute;, une soci&eacute;t&eacute; juste exige un &Eacute;tat pr&eacute;sent et des institutions civiles capables de d&eacute;passer la seule logique de l’efficacit&eacute;, en orientant explicitement les ressources, la cr&eacute;ativit&eacute; et les normes en faveur des plus vuln&eacute;rables. <a name="_ftnref160" href="#_ftn160" class=" cleaner">[160]</a> Au lieu d’attendre les b&eacute;n&eacute;fices d’une croissance qui &eacute;ventuellement profitera aussi aux pauvres, il faut des choix qui rendent la croissance inclusive d&egrave;s le d&eacute;part. Les exp&eacute;riences des derni&egrave;res d&eacute;cennies montrent que, lors des crises &eacute;conomiques et financi&egrave;res, ce sont toujours les pauvres qui paient le prix le plus &eacute;lev&eacute;, tandis que les th&eacute;ories qui promettent un bien-&ecirc;tre g&eacute;n&eacute;ral automatique s’av&egrave;rent souvent illusoires.</p> 
<p>159. Depuis plus de quatre-vingts ans, on constate la n&eacute;cessit&eacute; de d&eacute;passer les param&egrave;tres actuels de mesure du niveau de d&eacute;veloppement &eacute;troitement li&eacute;s au concept de Produit Int&eacute;rieur Brut (PIB). Presque syst&eacute;matiquement, le PIB n&eacute;glige des aspects essentiels du bien-&ecirc;tre global des personnes et de l’environnement. Parall&egrave;lement, le PIB valorise des activit&eacute;s qui ont un impact, &agrave; court ou &agrave; long terme, sur la vie de notre plan&egrave;te. La mise au point de param&egrave;tres et d’indicateurs compl&eacute;mentaires au PIB est d&eacute;cisive pour am&eacute;liorer les donn&eacute;es de base utilis&eacute;es pour effectuer des analyses, prendre des d&eacute;cisions politiques et &eacute;conomiques, et d&eacute;finir les priorit&eacute;s r&eacute;gionales, nationales et internationales. L’introduction de nouveaux param&egrave;tres permettra d’&eacute;valuer, avec une vision large et adapt&eacute;e &agrave; notre &eacute;poque, les effets des d&eacute;cisions l&eacute;gislatives et r&eacute;glementaires sur la dignit&eacute; du travail, la prosp&eacute;rit&eacute; partag&eacute;e, la r&eacute;duction des in&eacute;galit&eacute;s et la protection de l’environnement. Elle aura &eacute;galement une incidence sur le concept m&ecirc;me de d&eacute;veloppement, sur les processus de formation, sur les mentalit&eacute;s et l’opinion publique, et aussi sur la paix qui n’est v&eacute;ritable que si elle repose sur la justice.</p> 
<p>160. La finance a pris une importance croissante ces derni&egrave;res ann&eacute;es et a connu une forte innovation &eacute;galement suite &agrave; l’introduction des cryptomonnaies. Les r&eacute;flexions et les indications contenues dans le Magist&egrave;re de mes Pr&eacute;d&eacute;cesseurs, en particulier dans les Encycliques, ont mis en &eacute;vidence que le fonctionnement de l’interm&eacute;diation financi&egrave;re &laquo;&nbsp;lorsqu’il est d&eacute;connect&eacute; des justes fondements anthropologiques et moraux, non seulement produit des abus et des injustices &eacute;vidents, mais se r&eacute;v&egrave;le capable de cr&eacute;er des crises syst&eacute;miques de port&eacute;e mondiale&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref161" href="#_ftn161" class=" cleaner">[161]</a> Il est tout aussi vrai que la rentabilit&eacute; du capital risque de se substituer au revenu du travail, souvent rel&eacute;gu&eacute; en marge des principaux int&eacute;r&ecirc;ts du syst&egrave;me &eacute;conomique. Pourtant, l’&eacute;pargne qui se transforme en cr&eacute;dit pour l’&eacute;conomie r&eacute;elle, et pour cr&eacute;er des emplois salari&eacute;s ou ind&eacute;pendants, reste centrale pour le d&eacute;veloppement et pour les investissements qui doivent accompagner les transitions en cours. La fonction sociale du cr&eacute;dit reste irrempla&ccedil;able. La finance pour la finance est bien diff&eacute;rente de la finance pour le d&eacute;veloppement et pour la cr&eacute;ation et l’&eacute;volution du travail.</p> 
<p>161. Cette perspective doit s’inscrire dans une vision plus large des dynamiques mondiales. La richesse mondiale a augment&eacute; en termes absolus, mais sa concentration entre quelques mains s’est accentu&eacute;e et les d&eacute;s&eacute;quilibres se sont creus&eacute;s, tant entre les pays qu’au sein d’un m&ecirc;me pays&nbsp;: &laquo;&nbsp;Quelques-uns ont trop et trop de personnes ont trop peu, telle est la logique d’aujourd’hui&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref162" href="#_ftn162" class=" cleaner">[162]</a> Les progr&egrave;s scientifiques et technologiques, y compris dans le domaine m&eacute;dical, ne sont pas facilement accessibles &agrave; la grande majorit&eacute; de la population, comme on l’a vu de mani&egrave;re dramatique lors de la r&eacute;cente pand&eacute;mie de Covid-19. Alors que dans certaines r&eacute;gions, on investit dans des interventions superflues ou dans des r&ecirc;ves d’am&eacute;lioration individuelle que peu de gens peuvent se permettre, dans d’autres parties du monde, il manque encore des &eacute;quipements essentiels pour sauver des millions de vies humaines. Penser que les nouvelles technologies profiteront automatiquement &agrave; tous, c’est ignorer une &eacute;vidence&nbsp;: si l’on ne g&egrave;re pas les transformations en se fixant comme objectif prioritaire, d&egrave;s la phase de conception, la pr&eacute;vention de nouvelles disparit&eacute;s suppl&eacute;mentaires, le progr&egrave;s technologique engendrera automatiquement des in&eacute;galit&eacute;s structurelles. La justice passe aujourd’hui aussi par l’acc&egrave;s aux bienfaits de l’innovation&nbsp;: soins, connaissances, outils, opportunit&eacute;s.</p> 
<p>162. Il faut certes des lois justes et des instruments de redistribution qui corrigent les d&eacute;s&eacute;quilibres, notamment par le biais de syst&egrave;mes fiscaux en all&eacute;geant la charge pesant sur les plus faibles et exigent davantage de ceux qui disposent de ressources plus importantes. Mais il ne faut pas consid&eacute;rer la recherche de la justice sociale comme une question distincte et post&eacute;rieure &agrave; la production de richesse, comme si l’&eacute;conomie devait simplement cr&eacute;er de la valeur et la politique n’intervenir qu’ensuite pour la redistribuer. Au contraire, la justice concerne toutes les phases de l’activit&eacute; &eacute;conomique, de la mobilisation des ressources au financement, de la production &agrave; la consommation, et chaque choix a des cons&eacute;quences morales. <a name="_ftnref163" href="#_ftn163" class=" cleaner">[163]</a></p> 
<p>163. &Agrave; plus forte raison, &agrave; l’&egrave;re de l’IA et de la robotique, il n’est plus possible de se fier uniquement &agrave; la “main invisible” du march&eacute;&nbsp;: <a name="_ftnref164" href="#_ftn164" class=" cleaner">[164]</a> la politique a pour mission d’orienter les dynamiques &eacute;conomico-technologiques vers le bien commun, en favorisant un travail d&eacute;cent, l’inclusion sociale et une &eacute;gale r&eacute;partition des b&eacute;n&eacute;fices de l’innovation. Comme de nombreuses d&eacute;cisions &eacute;conomiques d&eacute;passent les fronti&egrave;res des &Eacute;tats, une coop&eacute;ration internationale capable de d&eacute;finir des strat&eacute;gies communes est &eacute;galement n&eacute;cessaire, surtout en faveur des pays et des groupes les plus vuln&eacute;rables, afin de promouvoir le d&eacute;veloppement et de d&eacute;passer l’assistanat. La logique qui inspire ces choix est celle de l’infinie dignit&eacute; de chaque personne, du bien commun et d’un monde v&eacute;ritablement pens&eacute; pour tous. L’interd&eacute;pendance entre paix et d&eacute;veloppement, comme l’&eacute;crivait proph&eacute;tiquement en 1967 saint Paul VI, <a name="_ftnref165" href="#_ftn165" class=" cleaner">[165]</a> pourrait ainsi &ecirc;tre actualis&eacute;e aujourd’hui&nbsp;: la prosp&eacute;rit&eacute; ne peut contribuer &agrave; construire et &agrave; renforcer la paix que si elle est g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e, inclusive et durable.</p> 
<p>164. Concr&egrave;tement, orienter l’&eacute;conomie vers la dignit&eacute; signifie adopter certains crit&egrave;res d’action stables, m&ecirc;me &agrave; l’&egrave;re de l’IA. Tout d’abord, la transparence et la responsabilit&eacute;&nbsp;: lorsque les donn&eacute;es et les algorithmes influencent l’octroi de cr&eacute;dits, la s&eacute;lection du personnel, l’acc&egrave;s aux services ou aux opportunit&eacute;s, il est n&eacute;cessaire que les d&eacute;cisions soient compr&eacute;hensibles, contestables et soumises &agrave; un contr&ocirc;le, afin que la personne ne soit pas r&eacute;duite &agrave; un simple profil. En second lieu, l’inclusion et l’acc&egrave;s&nbsp;: les b&eacute;n&eacute;fices de l’innovation doivent s’accompagner d’investissements dans les comp&eacute;tences, les infrastructures et les services essentiels, afin que la technologie ne creuse pas davantage le foss&eacute; entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas. Enfin, des mesures d’&eacute;quit&eacute;&nbsp;: la fiscalit&eacute;, la protection sociale et les politiques industrielles doivent corriger les d&eacute;s&eacute;quilibres cr&eacute;&eacute;s par la concentration de la richesse et du pouvoir. Ces crit&egrave;res ne sont pas un frein &agrave; l’innovation&nbsp;: ils la rendent, en r&eacute;alit&eacute;, viable et humaine.</p> 
<p><i><a name="Famille_et_jeunes&nbsp;:_conditions_sociales_de_l’esp&eacute;rance"></a>Famille et jeunes&nbsp;: conditions sociales de l’esp&eacute;rance</i></p> 
<p>165. La famille est un bien social primordial. Fond&eacute;e sur l’union stable entre un homme et une femme, elle est le premier milieu dans lequel chacun d&eacute;veloppe ses potentialit&eacute;s, prend conscience de sa dignit&eacute; et apprend les premi&egrave;res formes de v&eacute;rit&eacute; et de bont&eacute;, en int&eacute;riorisant des habitudes qui pr&eacute;parent &agrave; la vie sociale. <a name="_ftnref166" href="#_ftn166" class=" cleaner">[166]</a> Premi&egrave;re soci&eacute;t&eacute; naturelle, dot&eacute;e de droits originels, la famille est la cellule fondamentale et irrempla&ccedil;able de toute organisation communautaire. <a name="_ftnref167" href="#_ftn167" class=" cleaner">[167]</a> Par cons&eacute;quent, lorsque les projets politiques et les grandes d&eacute;cisions &eacute;conomiques la rel&egrave;guent &agrave; un r&ocirc;le marginal ou secondaire, la croissance authentique de l’ensemble du corps social s’en trouve compromise. <a name="_ftnref168" href="#_ftn168" class=" cleaner">[168]</a></p> 
<p>166. La famille est toutefois un bien social fragile, qui subit de plein fouet les transformations &eacute;conomiques et technologiques qui bouleversent le monde du travail, et qui a besoin d’un soutien culturel, juridique et &eacute;conomique. L’impact d&eacute;vastateur du ch&ocirc;mage et de la pr&eacute;carit&eacute; sur le tissu familial est bien connu. &Agrave; court terme, il peut sembler avantageux de r&eacute;duire le co&ucirc;t du travail ou de maximiser l’efficacit&eacute; financi&egrave;re, mais &agrave; long terme, cela sape les fondements m&ecirc;mes de la vie en soci&eacute;t&eacute;&nbsp;: tandis que l’on c&eacute;l&egrave;bre les succ&egrave;s technologiques, la structure sociale s’&eacute;rode progressivement, comme sous l’effet d’un virus silencieux.</p> 
<p>167. Pour les jeunes, la pr&eacute;carit&eacute; de l’emploi est particuli&egrave;rement dramatique. Comme le rappellent les &eacute;v&ecirc;ques des &Eacute;tats-Unis d’Am&eacute;rique, le travail n’est pas seulement source de revenus, mais un domaine d&eacute;terminant o&ugrave; se forge l’identit&eacute;, o&ugrave; se nouent des amiti&eacute;s et des relations, o&ugrave; l’on apprend des responsabilit&eacute;s concr&egrave;tes et o&ugrave; l’on discerne sa vocation. <a name="_ftnref169" href="#_ftn169" class=" cleaner">[169]</a> Lorsque l’acc&egrave;s &agrave; l’emploi est entrav&eacute; par des taux de ch&ocirc;mage &eacute;lev&eacute;s, des syst&egrave;mes de formation inad&eacute;quats ou des barri&egrave;res structurelles, de nombreux jeunes voient leur cheminement vers l’&eacute;panouissement humain et professionnel bloqu&eacute;. La n&eacute;cessit&eacute; de changer plusieurs fois d’emploi au cours de la vie exige des parcours de mise &agrave; jour et de requalification permanents, qui rendent les nouvelles g&eacute;n&eacute;rations capables d’assumer, avec comp&eacute;tence et autonomie, les risques d’un contexte &eacute;conomique changeant et souvent impr&eacute;visible. <a name="_ftnref170" href="#_ftn170" class=" cleaner">[170]</a></p> 
<p>168. Il en d&eacute;coule une responsabilit&eacute; publique sp&eacute;cifique. L’&Eacute;tat a le devoir de soutenir l’activit&eacute; des entreprises en cr&eacute;ant des conditions favorables &agrave; l’emploi, en favorisant le travail l&agrave; o&ugrave; il fait d&eacute;faut et en le d&eacute;fendant en temps de crise, car il est un bien essentiel pour les familles et pour la soci&eacute;t&eacute;. <a name="_ftnref171" href="#_ftn171" class=" cleaner">[171]</a> En particulier en cette p&eacute;riode de profondes transformations technologiques, une cr&eacute;ativit&eacute; politique en faveur du travail qui place la famille et les nouvelles g&eacute;n&eacute;rations au centre est requise, si nous ne voulons pas que les progr&egrave;s &eacute;conomiques se traduisent par de nouvelles formes d’ins&eacute;curit&eacute; et d’exclusion.</p> 
<p>169. Soutenir les familles et les jeunes dans cette transition n&eacute;cessite des choix qui rendent la stabilit&eacute; possible. Ainsi qu’indiqu&eacute; plus haut, il faut des politiques de l’emploi qui favorisent la continuit&eacute; et la qualit&eacute; de ce dernier, en luttant contre la pr&eacute;carit&eacute; comme condition normale de vie et en promouvant des parcours r&eacute;alistes d’acc&egrave;s &agrave; l’emploi et d’&eacute;volution professionnelle. Deuxi&egrave;mement, il faut des mesures qui garantissent des rythmes humains&nbsp;: sans &eacute;quilibre entre travail, services et repos, la famille s’affaiblit et les jeunes ont du mal &agrave; d&eacute;velopper leur sens de la responsabilit&eacute;. De plus, il est essentiel d’investir dans une formation et une reconversion accessibles, afin que la mobilit&eacute; professionnelle exig&eacute;e par l’&eacute;conomie num&eacute;rique ne devienne pas une s&eacute;lection cruelle entre ceux qui peuvent se former et ceux qui ne le peuvent pas. Enfin, il faut soutenir les liens sociaux&nbsp;: des r&eacute;seaux et des communaut&eacute;s &eacute;ducatives qui accompagnent les choix de vie et emp&ecirc;chent que l’incertitude ne g&eacute;n&egrave;re solitude et d&eacute;pendances. Ainsi, la transformation technologique peut &ecirc;tre travers&eacute;e sans briser ce qui rend une soci&eacute;t&eacute; f&eacute;conde : la capacit&eacute; de construire l’avenir.</p> 
<p><a name="Pr&eacute;server_la_libert&eacute;_face_&agrave;_la_d&eacute;pendance_et_&agrave;_la_marchandisation"></a>Pr&eacute;server la libert&eacute; face &agrave; la d&eacute;pendance et &agrave; la marchandisation</p> 
<p><i><a name="D&eacute;pendances_et_contr&ocirc;le_social"></a>D&eacute;pendances et contr&ocirc;le social</i></p> 
<p>170. Apr&egrave;s avoir abord&eacute; les th&egrave;mes de la v&eacute;rit&eacute; et de l’&eacute;ducation, du travail et de la famille, nous devons maintenant nous pencher sur l’impact de la r&eacute;volution num&eacute;rique sur la libert&eacute; humaine, en r&eacute;fl&eacute;chissant &agrave; la mani&egrave;re d’affronter tant les risques li&eacute;s &agrave; la psychologie individuelle que les grands drames sociaux. Il ne faut pas sous-estimer les formes les plus subtiles de d&eacute;pendance li&eacute;es &agrave; l’&eacute;conomie num&eacute;rique de l’attention, o&ugrave; les plateformes et les services sont con&ccedil;us pour capter le temps et le regard des utilisateurs, en exploitant leurs fragilit&eacute;s et en affaiblissant leur libert&eacute; int&eacute;rieure. Lorsque des mod&egrave;les commerciaux prosp&egrave;rent sur la faiblesse humaine, la personne est trait&eacute;e comme un moyen et non comme une fin, et ceux qui con&ccedil;oivent ou financent ces syst&egrave;mes assument une responsabilit&eacute; morale &agrave; laquelle ils ne peuvent se soustraire. Il est urgent de promouvoir une utilisation des technologies qui renforce la libert&eacute; int&eacute;rieure&nbsp;: &eacute;ducation &agrave; la sobri&eacute;t&eacute; num&eacute;rique, protection des mineurs et lutte contre les mod&egrave;les qui prosp&egrave;rent sur la vuln&eacute;rabilit&eacute;.</p> 
<p>171. Un autre risque, moins visible mais non moins grave, est celui du contr&ocirc;le social, rendu possible par la collecte massive de donn&eacute;es et l’utilisation de syst&egrave;mes algorithmiques. Lorsque chaque geste laisse des traces – d&eacute;placements, achats, relations, pr&eacute;f&eacute;rences –, un nouveau pouvoir se cr&eacute;e&nbsp;: celui de profiler, de pr&eacute;voir et d’orienter les comportements, souvent sans que les personnes en aient pleinement conscience. Si ces donn&eacute;es sont utilis&eacute;es pour prendre des d&eacute;cisions qui ont une incidence sur des opportunit&eacute;s concr&egrave;tes (acc&egrave;s au cr&eacute;dit, recrutement, services), on risque de porter atteinte &agrave; la libert&eacute; et de discriminer les plus vuln&eacute;rables. De plus, le contr&ocirc;le ne passe pas seulement par des interdictions explicites, mais par l’architecture de la visibilit&eacute;&nbsp;: ce qui est amplifi&eacute; ou rendu invisible, ce qui est r&eacute;compens&eacute; ou p&eacute;nalis&eacute;, finit par fa&ccedil;onner les opinions et les choix, g&eacute;n&eacute;rant conformisme et autocensure. C’est pourquoi la libert&eacute;, &agrave; l’&egrave;re num&eacute;rique, n’est pas seulement une question int&eacute;rieure : elle est aussi une question publique, qui exige des r&egrave;gles claires, de la transparence, des voies de recours et des limites proportionn&eacute;es &agrave; l’utilisation de technologies intrusives, afin que la technique reste au service de la personne et ne devienne pas une forme d’emprise des consciences.</p> 
<p>172. &Agrave; l’origine de ces probl&egrave;mes se trouve une mentalit&eacute; technocratique et post-humaniste qui tend &agrave; consid&eacute;rer la personne comme un objet manipulable ou une ressource &agrave; optimiser, <a name="_ftnref172" href="#_ftn172" class=" cleaner">[172]</a> en &eacute;liminant tout ce qui fixe des limites &agrave; la maximisation du profit&nbsp;: ce qui compte, c’est l’efficacit&eacute;, et non le respect de la libert&eacute; et de la dignit&eacute; humaine. Certains courants post-humanistes vont m&ecirc;me jusqu’&agrave; envisager des &ecirc;tres humains “de seconde classe”, au service des int&eacute;r&ecirc;ts d’&eacute;lites qui se per&ccedil;oivent comme sup&eacute;rieures&nbsp;: une perspective inqui&eacute;tante, d’autant plus grave lorsqu’elle s’associe &agrave; des outils technologiques qui amplifient de mani&egrave;re exponentielle le pouvoir de contr&ocirc;le et de s&eacute;lection. De m&ecirc;me certaines logiques d’endettement structurel qui maintiennent des peuples entiers dans des conditions de d&eacute;pendance, r&eacute;v&egrave;lent la m&ecirc;me mentalit&eacute; en acceptant, sous de nouvelles formes, des relations de subordination proches de l’esclavage.</p> 
<p><i><a name="Briser_les_cha&icirc;nes_des_nouvelles_formes_d’esclavage"></a>Briser les cha&icirc;nes des nouvelles formes d’esclavage</i></p> 
<p>173. Cette vision d&eacute;form&eacute;e de la personne se traduit aujourd’hui par diverses formes d’asservissement directement li&eacute;es &agrave; l’&eacute;conomie num&eacute;rique. Rien, dans le monde de l’IA, n’est immat&eacute;riel ou magique. Chaque r&eacute;ponse qui semble imm&eacute;diate et parfaite provient d’une longue cha&icirc;ne de m&eacute;diations, d’un vaste r&eacute;seau de ressources naturelles, d’infrastructures &eacute;nerg&eacute;tiques et, surtout, de personnes. Une part importante du fonctionnement de l’&eacute;conomie num&eacute;rique repose sur le travail silencieux de millions d’&ecirc;tres humains, employ&eacute;s &agrave; des activit&eacute;s peu visibles mais essentielles&nbsp;: &eacute;tiquetage des donn&eacute;es, mod&eacute;ration des contenus – souvent tr&egrave;s mauvais –, apprentissage des mod&egrave;les. Dans de nombreux cas il s’agit de jeunes, pour la majorit&eacute; des femmes, qui travaillent laborieusement pour un salaire de mis&egrave;re. &Agrave; cette fatigue invisible s’ajoute celle, encore plus brutale, de l’extraction des ressources n&eacute;cessaires &agrave; la production des appareils et des microprocesseurs sur lesquels repose l’IA. Dans certaines r&eacute;gions du monde, des enfants et des adolescents travaillent dans des conditions dangereuses au broyage des mat&eacute;riaux dont on tire les terres rares. Des corps marqu&eacute;s, mutil&eacute;s, utilis&eacute;s pour que le flux de calcul ne s’interrompe jamais. En outre, des r&eacute;seaux criminels utilisent des plateformes en ligne, des syst&egrave;mes de messagerie, des paiements anonymes et des techniques de profilage pour recruter, contr&ocirc;ler et d&eacute;placer des victimes de la traite, fr&eacute;quemment mineures, transformant hommes et femmes en “donn&eacute;es” &agrave; tracer et en “colis” &agrave; d&eacute;placer au sein des m&ecirc;mes circuits num&eacute;riques qui soutiennent une grande partie de l’&eacute;conomie mondiale. Cette r&eacute;alit&eacute; interpelle profond&eacute;ment la conscience morale de notre temps. Il ne suffit pas d’invoquer l’efficacit&eacute;, ni de c&eacute;l&eacute;brer les bienfaits de l’innovation, s’ils reposent sur une cha&icirc;ne d’exploitation qui reste d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment invisible. Si une technologie promet l’&eacute;mancipation mais produit de nouvelles formes de subordination mondiale, elle contredit le principe fondamental de la dignit&eacute; de la personne.</p> 
<p>174. La lutte contre les nouvelles formes d’esclavage constitue un test d&eacute;cisif pour le discernement &eacute;thique de l’IA et de la transformation num&eacute;rique. Dans le sillage de la tradition inaugur&eacute;e par L&eacute;on XIII, l’&Eacute;glise renouvelle sa condamnation ferme de toute forme d’esclavage, de traite et de marchandisation des personnes, et rappelle l’urgence d’un vaste mouvement de r&eacute;flexion et d’action qui place au centre la dignit&eacute; inali&eacute;nable de chaque &ecirc;tre humain et le bien commun comme fins de la soci&eacute;t&eacute; et comme crit&egrave;res de tout choix personnel, social et politique. Sans cette r&eacute;flexion &eacute;thique et humanisante, le pouvoir croissant des syst&egrave;mes num&eacute;riques risque de nous conduire vers de nouvelles atrocit&eacute;s, non moins honteuses que celles du pass&eacute; que nous d&eacute;plorons aujourd’hui, alors que nous continuons &agrave; nous pr&eacute;senter comme des soci&eacute;t&eacute;s “avanc&eacute;es” et “civilis&eacute;es”.</p> 
<p>175. La traite doit &ecirc;tre reconnue comme une forme contemporaine d’esclavage et comme une atteinte grave &agrave; la dignit&eacute; humaine&nbsp;; ne pas r&eacute;agir avec fermet&eacute; ou tol&eacute;rer de quelque mani&egrave;re que ce soit ces pratiques revient, dans une certaine mesure, &agrave; se rendre aujourd’hui complice des fautes commises hier, lorsque l’esclavage &eacute;tait justifi&eacute; ou pass&eacute; sous silence. <a name="_ftnref173" href="#_ftn173" class=" cleaner">[173]</a></p> 
<p>176. Au fur et &agrave; mesure que sa doctrine m&ucirc;rissait, l’&Eacute;glise a progressivement pris conscience de la gravit&eacute; de ces r&eacute;alit&eacute;s. Il est vrai que les &eacute;v&eacute;nements du pass&eacute; ne peuvent &ecirc;tre jug&eacute;s hors du contexte historique, comme si tous les crit&egrave;res qui se sont affin&eacute;s au fil du temps avaient toujours exist&eacute;. Cependant, nous ne pouvons nier ni minimiser le retard avec lequel l’&Eacute;glise et la soci&eacute;t&eacute; ont condamn&eacute; le fl&eacute;au de l’esclavage. Si, dans l’Antiquit&eacute; et au Moyen &Acirc;ge, de nombreuses personnes et institutions eccl&eacute;siastiques avaient des esclaves, d&egrave;s l’&eacute;poque moderne, le Si&egrave;ge Apostolique romain, sollicit&eacute; par les demandes des souverains, est intervenu &agrave; plusieurs reprises pour r&eacute;glementer et l&eacute;gitimer les modalit&eacute;s de soumission et, dans certains cas, de r&eacute;duction en esclavage des “infid&egrave;les”. <a name="_ftnref174" href="#_ftn174" class=" cleaner">[174]</a> Il faut attendre le XIX <sup>e</sup> si&egrave;cle pour trouver une condamnation formelle, absolue et universelle de l’esclavage, notamment avec L&eacute;on XIII. <a name="_ftnref175" href="#_ftn175" class=" cleaner">[175]</a> Cela constitue un exemple clair de l’&eacute;volution de la compr&eacute;hension, par l’&Eacute;glise, des v&eacute;rit&eacute;s &eacute;ternelles de la R&eacute;v&eacute;lation dont elle est la gardienne. Bien que l’on ne trouve pas d’homog&eacute;n&eacute;it&eacute; dans la question en soi – l’&Eacute;glise ayant longtemps tol&eacute;r&eacute; l’esclavage et n’en &eacute;tant venue qu’ensuite &agrave; le condamner de mani&egrave;re absolue –, il existe une continuit&eacute;, tout au long de l’histoire, de la conviction de la dignit&eacute; de chaque &ecirc;tre humain, cr&eacute;e &agrave; l’image de Dieu, m&ecirc;me si, en dix-huit si&egrave;cles, l'&Eacute;glise n’est pas parvenue &agrave; en exprimer officiellement l’incompatibilit&eacute; totale avec l’esclavage. Il s’agit d’une blessure dans la m&eacute;moire chr&eacute;tienne de laquelle nous ne pouvons nous consid&eacute;rer &eacute;trangers. <a name="_ftnref176" href="#_ftn176" class=" cleaner">[176]</a> Il est in&eacute;vitable d’&eacute;prouver une profonde douleur en consid&eacute;rant l’&eacute;norme souffrance et l’humiliation que l’esclavage a signifi&eacute;es pour tant de personnes, infiniment aim&eacute;es par le Seigneur, en contraste avec leur dignit&eacute; sans limites. C’est pourquoi, au nom de l’&Eacute;glise, je demande sinc&egrave;rement pardon.</p> 
<p>177. C’est pr&eacute;cis&eacute;ment pour cette raison que le souvenir de la complicit&eacute; et de l’aveuglement d’hier, face &agrave; l’injustice de l’esclavage, devient pour nous un appel &agrave; la vigilance&nbsp;: ce que nous avons appris doit se traduire en discernement et responsabilit&eacute; dans le pr&eacute;sent. Si nous ne voulons pas avoir &agrave; demander pardon &agrave; l’avenir pour ne pas avoir &eacute;t&eacute; fid&egrave;les au tr&eacute;sor de la dignit&eacute; humaine que renferme notre foi, c’est &agrave; nous aujourd’hui d’&ecirc;tre directs et fermes dans la d&eacute;nonciation de la traite sous ses multiples formes et de soutenir, pas &agrave; pas, aux c&ocirc;t&eacute;s de tous ceux qui s’y engagent, des parcours concrets de pr&eacute;vention, de protection, de lib&eacute;ration et de r&eacute;habilitation.</p> 
<p>178. Le colonialisme rev&ecirc;t de nos jours un visage in&eacute;dit. Il ne domine pas seulement les corps, mais s’approprie les donn&eacute;es, transformant les vies personnelles en informations exploitables. Des territoires entiers, en particulier ceux de moindre importance g&eacute;opolitique et de plus grande fragilit&eacute; structurelle, sont actuellement travers&eacute;s par une nouvelle logique d’extraction&nbsp;: celle des flux sanitaires, profils &eacute;pid&eacute;miologiques, cartes g&eacute;n&eacute;tiques et donn&eacute;es d&eacute;mographiques. Ce sont l&agrave; les nouvelles “terres rares” du pouvoir&nbsp;: des informations vitales qui, une fois mises en relation, peuvent servir &agrave; entra&icirc;ner des mod&egrave;les pr&eacute;dictifs, &agrave; orienter des strat&eacute;gies d’investissement, &agrave; anticiper les crises et surtout &agrave; s&eacute;lectionner les personnes et les choses qui comptent. Celui qui d&eacute;tient les donn&eacute;es sanitaires de populations enti&egrave;res, aujourd’hui souvent collect&eacute;es sous le couvert de l’aide, de la recherche ou de l’innovation, d&eacute;tient en r&eacute;alit&eacute; un levier structurel sur l’avenir&nbsp;: il peut modeler les besoins et les march&eacute;s. Et il peut d&eacute;cider, avant les autres, &agrave; qui destiner les m&eacute;dicaments, les investissements et les protections. C’est l&agrave; que se joue l’un des enjeux moraux les plus urgents de notre &eacute;poque&nbsp;: transformer la connaissance partag&eacute;e en bien commun, et non en levier de domination&nbsp;; rendre aux peuples non seulement les donn&eacute;es qui les d&eacute;crivent, mais aussi la possibilit&eacute; de d&eacute;cider comment elles seront utilis&eacute;es, par qui et pour qui. Autrement, l’&egrave;re num&eacute;rique ne sera pas postcoloniale, mais coloniale sous une nouvelle forme.</p> 
<p>179. Les nouvelles formes d’esclavage se nourrissent de cha&icirc;nes &eacute;conomiques et d’infrastructures num&eacute;riques. Il faut donc œuvrer dans plusieurs directions&nbsp;: tout d’abord, en renfor&ccedil;ant les exigences en mati&egrave;re de transparence des fili&egrave;res qui soutiennent l’industrie technologique et l’&eacute;conomie num&eacute;rique, afin qu’aucun avantage concurrentiel ne repose sur une exploitation invisible. Deuxi&egrave;mement, il est n&eacute;cessaire que les entreprises et les investisseurs adoptent des crit&egrave;res clairs de v&eacute;rification &eacute;thique pr&eacute;ventive (<i>due diligence</i>), en incluant parmi leurs priorit&eacute;s la protection des travailleurs, la lutte contre le travail forc&eacute; et l’impact social des mod&egrave;les d’entreprise bas&eacute;s sur les donn&eacute;es. En outre, les plateformes num&eacute;riques doivent &ecirc;tre appel&eacute;es &agrave; coop&eacute;rer de mani&egrave;re responsable avec les autorit&eacute;s et la soci&eacute;t&eacute; civile afin d’emp&ecirc;cher que les outils de communication, de paiement et de ciblage ne deviennent des canaux de recrutement et de contr&ocirc;le des victimes. Lorsque ces choix convergent, l’environnement num&eacute;rique peut se transformer d’un espace de pr&eacute;dation en un espace de protection, de pr&eacute;vention et de promotion de la dignit&eacute;.</p> 
<p><a name="Une_responsabilit&eacute;_partag&eacute;e"></a>Une responsabilit&eacute; partag&eacute;e</p> 
<p>180. Les diff&eacute;rents domaines abord&eacute;s – la recherche de la v&eacute;rit&eacute; dans la vie publique, l’&eacute;ducation dans l’environnement num&eacute;rique, les transformations du monde du travail, la fragilit&eacute; des familles et les nouvelles formes d’esclavage – ne constituent pas des ph&eacute;nom&egrave;nes isol&eacute;s. Ils manifestent le m&ecirc;me enjeu&nbsp;: si la technique devient un crit&egrave;re absolu, la personne risque d’&ecirc;tre trait&eacute;e comme une donn&eacute;e, un engrenage ou une marchandise&nbsp;; si, au contraire, la technique s’inscrit dans une perspective de sagesse, elle peut devenir une occasion de croissance, de justice et de fraternit&eacute;.</p> 
<p>181. Dans cette perspective, la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise pr&ocirc;ne une responsabilit&eacute; partag&eacute;e. Elle demande que ces processus soient conduits avec clairvoyance&nbsp;: par des institutions capables de r&eacute;guler sans &eacute;touffer et de prot&eacute;ger sans se substituer&nbsp;; par des entreprises qui reconnaissent dans le travail et la dignit&eacute; un crit&egrave;re de r&eacute;ussite&nbsp;; par des corps interm&eacute;diaires et des communaut&eacute;s &eacute;ducatives qui r&eacute;tablissent la confiance et les liens&nbsp;; par des citoyens qui cultivent la responsabilit&eacute;, la sobri&eacute;t&eacute;, le discernement et le sens de la v&eacute;rit&eacute;. Ce n’est qu’ainsi que l’innovation pourra v&eacute;ritablement devenir un d&eacute;veloppement humain int&eacute;gral et non un facteur d’exclusion et de domination&nbsp;; et ce n’est qu’ainsi que la promesse du progr&egrave;s pourra &ecirc;tre reconnue comme vraie, car mesur&eacute;e &agrave; l’aune de la dignit&eacute; inviolable de chaque homme et de chaque femme.</p> 
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><a name="Chapitre_5"></a>Chapitre 5</p> 
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;">La culture du pouvoir et la civilisation de l’amour</p> 
<p>182. Apr&egrave;s avoir examin&eacute; comment l’IA transforme certains aspects de la vie et de la soci&eacute;t&eacute;, avec de graves r&eacute;percussions sur la dignit&eacute; humaine, il est n&eacute;cessaire de tourner notre regard vers un domaine encore plus dramatique&nbsp;: la guerre. Ici, la question ne concerne pas seulement l’efficacit&eacute; de nouveaux outils, mais le risque que la technique, dissoci&eacute;e de l’&eacute;thique et de la responsabilit&eacute;, rende plus rapide et impersonnelle la d&eacute;cision sur la vie et la mort, et pr&eacute;sente le recours &agrave; la force comme une option imm&eacute;diate et r&eacute;alisable. Dans un monde de plus en plus interd&eacute;pendant, la paix n’est pas un th&egrave;me parmi d’autres, mais une condition du bien commun universel et un banc d’essai de la maturit&eacute; morale des peuples, sp&eacute;cialement de ceux qui sont appel&eacute;s &agrave; assumer des responsabilit&eacute;s gouvernementales.</p> 
<p>183. La r&eacute;volution num&eacute;rique est en train de modifier la grammaire des conflits. La guerre visible c&ocirc;toie d&eacute;sormais des formes hybrides&nbsp;: cyberattaques, manipulation de l’information, campagnes d’influence, automatisation des d&eacute;cisions strat&eacute;giques. L’IA intervient dans ces processus comme un facteur d’acc&eacute;l&eacute;ration, dans un contexte o&ugrave; de nombreuses technologies sont intrins&egrave;quement ambivalentes&nbsp;: ce qui est con&ccedil;u pour d&eacute;fendre peut rapidement &ecirc;tre converti en attaque, et la fronti&egrave;re entre protection et agression tend &agrave; s’estomper. L’IA peut renforcer la d&eacute;fense et la protection des civils, mais elle peut aussi abaisser le seuil du recours &agrave; la force, rendre les responsabilit&eacute;s opaques, alimenter une culture o&ugrave; l’ennemi est r&eacute;duit &agrave; une donn&eacute;e et la victime &agrave; un “dommage collat&eacute;ral”. Face &agrave; ces transformations, nous devons nous r&eacute;f&eacute;rer aux principes de la Doctrine sociale – dignit&eacute; de la personne, bien commun, destination universelle des biens, subsidiarit&eacute;, solidarit&eacute;, justice – comme crit&egrave;res pour juger si les technologies servent r&eacute;ellement l’humanit&eacute; ou finissent par l’asservir, et les consid&eacute;rer comme lignes directrices pour nos choix.</p> 
<p>184. Dans ce chapitre, j’entends donc mettre en parall&egrave;le deux logiques oppos&eacute;es, que j’ai d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute;es &agrave; l’aide d’images bibliques : d’une part, la tentation de construire la tour de Babel, en misant sur la puissance et l’orgueil&nbsp;; d’autre part, la patience de reconstruire J&eacute;rusalem comme &agrave; l’&eacute;poque de N&eacute;h&eacute;mie, pierre par pierre, en pr&eacute;servant l’humain et le bien commun.</p> 
<p>185. Si l’on observe la dynamique mondiale, on constate toujours plus clairement l’expansion d’une culture de la force, faite de polarisations et de violences. La Babel moderne n’est pas seulement le paradigme technocratique mondialis&eacute;, mais aussi l’affrontement &agrave; distance entre des imp&eacute;rialismes oppos&eacute;s, entre des puissances qui veulent conserver leur supr&eacute;matie et celles qui aspirent &agrave; la conqu&eacute;rir, avec une multitude de conflits locaux. C’est aussi la course au d&eacute;veloppement de technologies toujours plus puissantes, ou &agrave; s’en assurer le contr&ocirc;le, selon une dynamique d&eacute;shumanisante qui semble ne conna&icirc;tre aucune limite. Et pourtant, &agrave; c&ocirc;t&eacute; de cette d&eacute;rive, nous entrevoyons une grande partie de l’humanit&eacute; qui cherche &agrave; rester humaine et &agrave; s’employer &agrave; construire la cit&eacute; de la paix et de la coexistence. Nous en sommes tous souvent les artisans inconscients et les architectes d&eacute;sunis, capables d’&eacute;lans g&eacute;n&eacute;reux mais d&eacute;pourvus d’une vision d’ensemble&nbsp;: c’est une construction plus lente, moins visible et moins spectaculaire, qui attend d’&ecirc;tre mieux comprise et mieux coordonn&eacute;e, pour devenir ainsi l’engagement conscient et structur&eacute; de chaque communaut&eacute;, de la famille au gouvernement des &Eacute;tats et &agrave; leurs relations. C’est &agrave; cet horizon d’engagement, &agrave; ce chantier d’esp&eacute;rance, que nous donnons le nom de &laquo;&nbsp;civilisation de l’amour&nbsp;&raquo;.</p> 
<p><a name="La_civilisation_de_l’amour_&agrave;_l’&egrave;re_num&eacute;rique"></a>La civilisation de l’amour &agrave; l’&egrave;re num&eacute;rique</p> 
<p>186. Lorsque saint Paul VI introduisit l’expression “civilisation de l’amour”, <a name="_ftnref177" href="#_ftn177" class=" cleaner">[177]</a> le monde &eacute;tait marqu&eacute; par la Guerre froide, la course aux armements et de forts d&eacute;s&eacute;quilibres &eacute;conomiques. Dans ce contexte, l’&Eacute;glise proposait une voie alternative &agrave; l’opposition id&eacute;ologique entre les syst&egrave;mes, en imaginant un ordre social o&ugrave; justice et charit&eacute; s’entrem&ecirc;lent et o&ugrave; l’amour devient le principe d’organisation de la vie &eacute;conomique, politique et culturelle. Aujourd’hui, nous devons retrouver avec force cette vision&nbsp;: la civilisation de l’amour n’est pas une utopie na&iuml;ve, mais un projet exigeant. Elle consiste &agrave; traduire la charit&eacute; en structures de justice, &agrave; donner une forme institutionnelle &agrave; la fraternit&eacute; et &agrave; consid&eacute;rer l’autre – qu’il s’agisse d’une personne ou d’un peuple – comme un alli&eacute; n&eacute;cessaire &agrave; la construction du bien commun. Comme nous l’a rappel&eacute; l’Encyclique <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html"><i>Fratelli tutti</i></a>, seul cet amour social, capable de devenir culture et norme, peut engendrer un ordre international stable, transformant la cohabitation d’une simple coexistence arm&eacute;e en une communaut&eacute; de destin. <a name="_ftnref178" href="#_ftn178" class=" cleaner">[178]</a></p> 
<p>187. Aujourd’hui, dans le contexte de la r&eacute;volution num&eacute;rique, cette intuition s’av&egrave;re encore plus d&eacute;terminante. Les r&eacute;seaux num&eacute;riques, l’&eacute;conomie mondialis&eacute;e et le d&eacute;veloppement de l’IA cr&eacute;ent des liens de plus en plus &eacute;troits, reliant en temps r&eacute;el les d&eacute;cisions prises en un lieu aux effets qu’elles produisent ailleurs. Les paroles du <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm">Concile Vatican II</a>&nbsp;sur l’interd&eacute;pendance croissante entre les peuples restent donc d’actualit&eacute; : le bien commun rev&ecirc;t de plus en plus une dimension universelle, avec des droits et des devoirs qui concernent l’ensemble de la famille humaine. <a name="_ftnref179" href="#_ftn179" class=" cleaner">[179]</a> Le projet de la civilisation de l’amour assume ici la t&acirc;che d&eacute;cisive de transformer cette interd&eacute;pendance subie en une solidarit&eacute; voulue et choisie. C’est le crit&egrave;re qui doit orienter les processus technologiques&nbsp;: il ne suffit pas que l’IA nous rende plus efficaces ou plus connect&eacute;s, elle doit servir &agrave; &eacute;difier cette famille humaine universelle, avec des droits et des devoirs partag&eacute;s, o&ugrave; la proximit&eacute; num&eacute;rique devient une occasion r&eacute;elle de rencontre et de sollicitude r&eacute;ciproque.</p> 
<p><a name="La_culture_du_pouvoir"></a>La culture du pouvoir</p> 
<p>188. Dans le monde actuel une culture de la puissance s’installe progressivement, o&ugrave; la disponibilit&eacute; des moyens et la capacit&eacute; de dominer tendent &agrave; dicter l’ordre du jour et les crit&egrave;res de d&eacute;cision, en rel&eacute;guant le bien commun de l’humanit&eacute; au second plan et en r&eacute;duisant le drame concret des peuples en guerre &agrave; une variable secondaire face aux int&eacute;r&ecirc;ts strat&eacute;giques. Cette culture de la puissance s’infiltre dans la soci&eacute;t&eacute;, modifie les relations et les comportements, se r&eacute;pand en normalisant la guerre, en recherchant une puissance militaire toujours plus grande, en profitant de la crise du multilat&eacute;ralisme et en alimentant un faux r&eacute;alisme qui r&eacute;p&egrave;te qu’il n’existe pas d’alternatives.</p> 
<p><i><a name="La_banalisation_de_la_guerre"></a>La banalisation de la guerre</i></p> 
<p>189. En 1965, le cri de saint Paul VI r&eacute;sonnait avec force devant l’Assembl&eacute;e G&eacute;n&eacute;rale des Nations Unies&nbsp;: &laquo; jamais plus la guerre, jamais plus la guerre&nbsp;!&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref180" href="#_ftn180" class=" cleaner">[180]</a> Nous devons reconna&icirc;tre que, malgr&eacute; les aspirations et les proclamations de paix, les soixante derni&egrave;res ann&eacute;es ont &eacute;t&eacute; marqu&eacute;es par des conflits d’une f&eacute;rocit&eacute; impressionnante qui ont souvent impliqu&eacute; massivement les populations civiles, causant des victimes innocentes, des vagues de r&eacute;fugi&eacute;s, une d&eacute;stabilisation sociale et des blessures durables. Cependant, dans le discours public, il &eacute;tait commun&eacute;ment admis que la guerre devait rester une <i>extrema ratio</i>, encadr&eacute;e par des limites &eacute;thiques et juridiques rigoureuses, et en tout &eacute;tat de cause par une perspective politique orient&eacute;e vers la paix. &Agrave; la suite des &eacute;v&eacute;nements survenus pendant l’entre-deux-guerres, un tournant s’est produit apr&egrave;s la Seconde Guerre mondiale&nbsp;: la paix avait &eacute;t&eacute; plac&eacute;e au centre de l’ordre international, comme en t&eacute;moigne notamment la <i>Charte des Nations Unies</i>, qui se propose de &laquo; pr&eacute;server les g&eacute;n&eacute;rations futures du fl&eacute;au de la guerre &raquo;&nbsp;; <a name="_ftnref181" href="#_ftn181" class=" cleaner">[181]</a> de nombreuses Constitutions nationales, dans le m&ecirc;me esprit, avaient rel&eacute;gu&eacute; le recours aux armes &agrave; des cas extr&ecirc;mes et strictement d&eacute;limit&eacute;s. M&ecirc;me pendant la Guerre froide, malgr&eacute; la pr&eacute;sence de conflits graves, la conscience qu’il fallait &eacute;viter &agrave; tout prix un nouveau conflit mondial persistait.</p> 
<p>190. Aujourd’hui, en revanche, nous assistons &agrave; un v&eacute;ritable changement de paradigme dans le discours public et dans les choix en mati&egrave;re de r&eacute;armement, avec une r&eacute;habilitation inqui&eacute;tante de la guerre en tant qu’instrument de politique internationale, tandis que les crit&egrave;res &eacute;thiques m&ecirc;mes qui en avaient limit&eacute; l’usage sont progressivement &eacute;rod&eacute;s. Les conflits r&eacute;gionaux qui s’&eacute;ternisent, <i>l’escalade</i> des tensions et les menaces r&eacute;ciproques deviennent presque habituels, et des formes de conflit pour l’expansion territoriale que l’on croyait d&eacute;pass&eacute;es r&eacute;apparaissent. L’opinion publique est progressivement orient&eacute;e et habitu&eacute;e par des r&eacute;cits m&eacute;diatiques polarisants, souvent amplifi&eacute;s par des algorithmes qui valorisent la confrontation et l’opposition.</p> 
<p>191. Nous assistons &eacute;galement &agrave; une perte inqui&eacute;tante de la m&eacute;moire historique. La disparition progressive des t&eacute;moins directs de la <i>Shoah</i> et des deux guerres mondiales facilite une r&eacute;&eacute;criture s&eacute;lective ou d&eacute;form&eacute;e du pass&eacute;, dans un climat o&ugrave; les fausses informations et les manipulations narratives brouillent les le&ccedil;ons apprises. Sans une m&eacute;moire vive des horreurs de la guerre, les d&eacute;cisions politiques risquent d’&ecirc;tre prises sur la base de calculs de force, sans vision des cons&eacute;quences &agrave; long terme.</p> 
<p>192. &Agrave; tout cela s’ajoute un &eacute;l&eacute;ment nouveau et d&eacute;terminant&nbsp;: la dimension m&eacute;diatique et num&eacute;rique. Les r&eacute;seaux de communication, les espaces d’information fragment&eacute;s et les algorithmes qui favorisent la confrontation peuvent amplifier la polarisation et le ressentiment, acc&eacute;l&eacute;rer la propagande et rendre plus difficile un discernement commun. Ainsi, la guerre n’est pas seulement men&eacute;e, mais aussi pr&eacute;par&eacute;e culturellement &agrave; travers des r&eacute;cits simplistes, des logiques ami-ennemi, la d&eacute;sinformation et la peur. Lorsque la m&eacute;moire historique s’estompe et que les crit&egrave;res &eacute;thiques qui prot&egrave;gent les civils et les plus fragiles s’affaiblissent, il devient plus facile de pr&eacute;senter la violence comme n&eacute;cessaire, in&eacute;vitable, voire “propre”. C’est dans ce climat que l’humanit&eacute; est en train de glisser vers une culture violente de la puissance, o&ugrave; la paix n’appara&icirc;t plus comme une t&acirc;che &agrave; assumer, mais comme un intervalle pr&eacute;caire entre les conflits. Aujourd’hui plus que jamais, il est important de r&eacute;affirmer le d&eacute;passement de la th&eacute;orie de la “guerre juste” trop souvent invoqu&eacute;e pour justifier n’importe quelle guerre, sous r&eacute;serve du droit &agrave; la l&eacute;gitime d&eacute;fense dans son sens le plus strict. <a name="_ftnref182" href="#_ftn182" class=" cleaner">[182]</a> La magnifique humanit&eacute; dispose d’outils bien plus efficaces et capables de promouvoir la vie humaine pour faire face aux conflits, tels que le dialogue, la diplomatie, le pardon. Le recours &agrave; la force, &agrave; la violence et aux armes t&eacute;moigne d’une pauvret&eacute; relationnelle qui a toujours des cons&eacute;quences d&eacute;sastreuses sur les populations civiles.</p> 
<p><i><a name="La_force_sans_limites"></a>La force sans limites</i></p> 
<p>193. Un &eacute;l&eacute;ment d&eacute;terminant du paysage actuel est l’essor de l’industrie de guerre, devenue un secteur cl&eacute; de l’&eacute;conomie de certains pays. Le lien &eacute;troit entre les int&eacute;r&ecirc;ts &eacute;conomiques, les appareils militaires et les d&eacute;cisions politiques engendre une “nation arm&eacute;e” o&ugrave; la guerre appara&icirc;t presque comme le prolongement naturel de la politique et o&ugrave; le march&eacute; de l’armement devient un moteur autonome des choix belliqueux. Nous ne pouvons ignorer les &eacute;normes int&eacute;r&ecirc;ts &eacute;conomiques qui se trouvent derri&egrave;re la guerre. Les industries de l’armement et les pays qui fournissent des armes tirent profit d’un march&eacute; qui prosp&egrave;re pr&eacute;cis&eacute;ment gr&acirc;ce aux conflits. En ce sens, il existe &eacute;galement une logique &eacute;conomique qui contribue &agrave; alimenter les tensions dans diff&eacute;rentes r&eacute;gions du monde.</p> 
<p>194. Les arsenaux militaires font l’objet d’une attention renouvel&eacute;e. Par le pass&eacute;, la prise de conscience de la menace que repr&eacute;sentent les armes capables de d&eacute;truire l’humanit&eacute; tout enti&egrave;re avait favoris&eacute; des voies de d&eacute;sescalade et de n&eacute;gociation en mati&egrave;re de d&eacute;sarmement. Nous sommes malheureusement sortis de cet horizon et l’&eacute;volution des arsenaux nucl&eacute;aires – y compris la perspective d’utilisations tactiques – fait appara&icirc;tre le recours &agrave; ces engins comme une possibilit&eacute; de moins en moins lointaine. Dans ce contexte, l’entr&eacute;e en vigueur en 2021 du <i>Trait&eacute; sur l’interdiction des armes nucl&eacute;aires</i>, soutenu par plus de soixante-dix pays, constitue un signe important, mais risque de rester en grande partie symbolique, puisque les principales puissances nucl&eacute;aires n’y adh&egrave;rent pas. C’est ainsi que s’est r&eacute;pandue la conviction, erron&eacute;e, que la dissuasion nucl&eacute;aire est une condition indispensable &agrave; la s&eacute;curit&eacute;. Ceci a pour effet d’alimenter une nouvelle course aux armements difficilement contr&ocirc;lable, accompagn&eacute;e du d&eacute;mant&egrave;lement progressif des accords de r&eacute;duction des armes nucl&eacute;aires et du d&eacute;veloppement d’engins “miniaturis&eacute;s”, qui facilitent leur utilisation comme une option viable.</p> 
<p>195. On retrouve la m&ecirc;me logique dans les conflits conventionnels&nbsp;: la puissance militaire, la faiblesse des initiatives diplomatiques et la complexit&eacute; des int&eacute;r&ecirc;ts en jeu favorisent des conflits qui ont tendance &agrave; s’enliser, avec un co&ucirc;t humain et environnemental extr&ecirc;mement &eacute;lev&eacute;. Il est bien plus facile de d&eacute;clencher une guerre que d’y mettre fin, et pourtant, la r&eacute;flexion sur la pr&eacute;vention des conflits reste dramatiquement marginale.</p> 
<p>196. La situation est encore plus instable en raison de la pr&eacute;sence de nouveaux protagonistes arm&eacute;s – groupes djihadistes, milices priv&eacute;es, r&eacute;seaux criminels – qui marquent la fin du monopole de l’&Eacute;tat sur la force. Souvent, ces individus m&eacute;langent des motivations id&eacute;ologiques vagues &agrave; des int&eacute;r&ecirc;ts &eacute;conomiques tr&egrave;s concrets, transformant la guerre en un v&eacute;ritable&nbsp;mode de vie pour des g&eacute;n&eacute;rations enti&egrave;res de jeunes et d’enfants : l’objectif n’est plus une victoire d&eacute;finitive, mais la perp&eacute;tuation du conflit comme source de pouvoir et de revenus.</p> 
<p><i><a name="Armes_et_IA"></a>Armes et IA</i></p> 
<p>197. &Agrave; ce contexte s’ajoute le d&eacute;veloppement incessant des syst&egrave;mes d’armes, en particulier des armes li&eacute;es &agrave; l’IA. Le Saint-Si&egrave;ge a r&eacute;cemment fait remarquer que la facilit&eacute; croissante avec laquelle les syst&egrave;mes d’armes &agrave; autonomie op&eacute;rationnelle peuvent &ecirc;tre utilis&eacute;s rend la guerre plus “accessible” et moins soumise au contr&ocirc;le humain, ce qui va &agrave; l’encontre du principe selon lequel l’usage de la force arm&eacute;e ne doit intervenir qu’en dernier recours, en cas de l&eacute;gitime d&eacute;fense. <a name="_ftnref183" href="#_ftn183" class=" cleaner">[183]</a> C’est pourquoi le d&eacute;veloppement et l’utilisation de l’IA dans le domaine militaire doivent &ecirc;tre soumis aux contraintes &eacute;thiques les plus rigoureuses, dans le respect de la dignit&eacute; humaine et du caract&egrave;re sacr&eacute; de la vie, en &eacute;vitant une course aux armements. <a name="_ftnref184" href="#_ftn184" class=" cleaner">[184]</a></p> 
<p>198. On parle parfois d’“agents moraux artificiels” comme si une machine pouvait garantir, avec plus de coh&eacute;rence qu’un &ecirc;tre humain, la distinction entre le bien et le mal. Mais le jugement moral ne se r&eacute;duit pas &agrave; un simple calcul&nbsp;: il implique la conscience, la responsabilit&eacute; personnelle et la reconnaissance de l’autre en tant que personne. Il n’est donc pas acceptable de confier &agrave; des syst&egrave;mes artificiels des d&eacute;cisions mortelles ou, en tout cas, irr&eacute;versibles. Il n’existe aucun algorithme capable de rendre la guerre moralement acceptable. L’IA ne soustrait pas le conflit &agrave; son inhumanit&eacute; intrins&egrave;que&nbsp;: elle ne peut que le rendre plus rapide et impersonnel, en abaissant le seuil du recours &agrave; la violence et en transformant la d&eacute;fense en pr&eacute;vision op&eacute;rationnelle, les victimes &eacute;tant r&eacute;duites &agrave; de simples donn&eacute;es. Ainsi, elle nous habitue &agrave; l’id&eacute;e que la violence est in&eacute;vitable et qu’il suffit de l’optimiser. Il est donc primordial d’inculquer des valeurs et un jugement prudent dans la programmation des syst&egrave;mes artificiels que nous construisons, lesquels peuvent contribuer &agrave; un &eacute;cosyst&egrave;me moral dans lequel les &ecirc;tres humains soient mieux &agrave; m&ecirc;me d’&eacute;couter leur conscience et o&ugrave; les mod&egrave;les d’IA fixent des limites appropri&eacute;es.</p> 
<p>199. Il ne suffit pas d’invoquer l’&eacute;thique de mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale&nbsp;: il faut d&eacute;finir des crit&egrave;res pr&eacute;cis de discernement. Le premier concerne la responsabilit&eacute; personnelle. Lorsque la d&eacute;cision de frapper devient automatique ou opaque, le risque de d&eacute;responsabilisation augmente. C’est pourquoi la cha&icirc;ne des responsabilit&eacute;s doit rester identifiable et v&eacute;rifiable&nbsp;: ceux qui planifient, forment, autorisent et utilisent doivent pouvoir rendre compte de leurs choix. Le deuxi&egrave;me crit&egrave;re concerne le d&eacute;lai du jugement moral. L’IA tend &agrave; raccourcir les d&eacute;lais de d&eacute;cision&nbsp;; mais, en temps de guerre, les d&eacute;cisions irr&eacute;versibles ne peuvent avoir pour crit&egrave;res supr&ecirc;mes la rapidit&eacute; et l’efficacit&eacute;. Le troisi&egrave;me crit&egrave;re est l’identification et la protection des civils. Toute technologie qui facilite le fait de frapper sans voir le visage de l’autre abaisse le seuil moral du conflit. La s&eacute;lection des cibles et l’usage de la force ne peuvent confondre combattants et non-combattants, ni ignorer l’impact sur les populations sans d&eacute;fense.</p> 
<p>200. De ces crit&egrave;res d&eacute;coulent certaines exigences incontournables. Tout d’abord, pour tout syst&egrave;me utilis&eacute; dans un contexte de guerre, la tra&ccedil;abilit&eacute; et la possibilit&eacute; de reconstituer les d&eacute;cisions doivent &ecirc;tre garanties, afin que les responsabilit&eacute;s et les &eacute;ventuelles fautes ne se perdent pas dans l’engrenage. En second lieu, la d&eacute;cision de recourir &agrave; la force l&eacute;tale ne peut &ecirc;tre d&eacute;l&eacute;gu&eacute;e &agrave; des processus opaques ou automatis&eacute;s, mais doit rester sous un contr&ocirc;le humain effectif, conscient et responsable. Enfin, il est n&eacute;cessaire d’&eacute;tablir des r&egrave;gles communes, y compris au niveau international, qui freinent la course aux armements technologiques et assurent une protection particuli&egrave;re aux civils comme aux infrastructures essentielles &agrave; leur survie.</p> 
<p><i><a name="La_crise_du_multilat&eacute;ralisme"></a>La crise du multilat&eacute;ralisme</i></p> 
<p>201. La culture de la puissance d&eacute;coule &eacute;galement de la crise du syst&egrave;me multilat&eacute;ral. Les institutions cr&eacute;&eacute;es pour d&eacute;fendre l’id&eacute;e d’un destin commun des peuples et d’un bien commun mondial semblent affaiblies, non seulement en raison de limites structurelles, mais aussi parce qu’il manque souvent une volont&eacute; commune de les soutenir, de les r&eacute;former et de reconna&icirc;tre leur autorit&eacute; morale. Au lieu de progresser, nous reculons par rapport au tournant historique du XX<sup>e</sup> si&egrave;cle. Apr&egrave;s 1989, l’effondrement en Europe des r&eacute;gimes communistes s’est accompagn&eacute; d’une mondialisation essentiellement &eacute;conomique, d&eacute;pourvue d’une architecture politique ad&eacute;quate capable de soutenir le dialogue et la paix. On a confi&eacute; presque aveugl&eacute;ment aux march&eacute;s la capacit&eacute; de produire bien-&ecirc;tre, d&eacute;mocratie et stabilit&eacute;, alors qu’en r&eacute;alit&eacute; la mondialisation n’a pas g&eacute;n&eacute;r&eacute; automatiquement l’unit&eacute; et la paix, mais a suscit&eacute; des r&eacute;actions fondamentalistes, identitaires et nationalistes. Le r&eacute;sultat est loin d’un multilat&eacute;ralisme authentique&nbsp;: il s’apparente plut&ocirc;t &agrave; un multipolarisme d&eacute;sordonn&eacute; et conflictuel, o&ugrave; pr&eacute;vaut la m&eacute;fiance envers l’autre.</p> 
<p>202. La tentation de construire une identit&eacute; collective contre un ennemi refait surface, en alimentant des r&eacute;cits dans lesquels chacun se pr&eacute;sente comme une victime ayant le droit de se venger. La simplification en sch&eacute;mas – “moi d’abord”, “ami-ennemi”, “nous-vous” – facilite des d&eacute;cisions souvent irresponsables qui sapent la confiance mutuelle entre les nations. La force du droit international est ainsi remplac&eacute;e par le pr&eacute;tendu “droit du plus fort”, et ses instruments – des tribunaux comp&eacute;tents en mati&egrave;re de crimes de guerre aux tribunaux charg&eacute;s de r&eacute;gler les diff&eacute;rends entre &Eacute;tats – sont souvent contourn&eacute;s ou affaiblis, avec des cons&eacute;quences d&eacute;vastatrices sur la culture politique et la coexistence. <a name="_ftnref185" href="#_ftn185" class=" cleaner">[185]</a></p> 
<p>203. Dans ce contexte, la construction de la paix est rel&eacute;gu&eacute;e au second plan : la coop&eacute;ration au d&eacute;veloppement, le d&eacute;sarmement, la pr&eacute;vention des conflits et l’instauration d’une confiance mutuelle sont mis de c&ocirc;t&eacute;, au nom de logiques de puissance. Ainsi les conqu&ecirc;tes du droit humanitaire s’affaiblissent &eacute;galement : le principe de proportionnalit&eacute; dans la r&eacute;ponse aux agressions, la protection de l’acc&egrave;s &agrave; l’eau, &agrave; la nourriture et aux biens essentiels, le respect de la vie des civils et des enfants sont trait&eacute;s comme des vestiges na&iuml;fs du pass&eacute;.</p> 
<p><i><a name="Un_pr&eacute;tendu_r&eacute;alisme_politique"></a>Un pr&eacute;tendu r&eacute;alisme politique</i></p> 
<p>204. Nous vivons une &eacute;poque de grande c&eacute;cit&eacute; spirituelle et culturelle. Un faux pragmatisme nous invite &agrave; couper les racines de la m&eacute;moire, comme si l’on pouvait inaugurer une sorte de “nouvelle cr&eacute;ation” coup&eacute;e du pass&eacute; ; m&ecirc;me ceux qui invoquent de grands principes moraux peuvent tomber dans ce nihilisme historique, en se ber&ccedil;ant de l’illusion que les atrocit&eacute;s du XX<sup>e</sup> si&egrave;cle ne peuvent plus se reproduire. En r&eacute;alit&eacute;, les m&ecirc;mes dynamiques refont surface sous de nouvelles formes. La logique de l’&eacute;quilibre arm&eacute; et de la dissuasion semble revenir pour s’imposer. Mais, contrairement au scenario bipolaire de la Guerre froide, la multiplication des acteurs et des fronts de conflits rend aujourd’hui cette logique de plus en plus fragile. L’exacerbation des affrontements conduit &agrave; des guerres asym&eacute;triques et “hybrides”, men&eacute;es &eacute;galement sur les plans &eacute;conomique, financier et informatique, avec le recours &agrave; la d&eacute;sinformation et aux campagnes qui alimentent la peur, pour influencer l’opinion publique. Dans de nombreux pays, y compris dans les pays du Sud, l’augmentation des d&eacute;penses militaires est pr&eacute;sent&eacute;e comme la seule r&eacute;ponse &agrave; un avenir incertain ou &agrave; des menaces per&ccedil;ues, tandis que le co&ucirc;t r&eacute;el p&egrave;se sur les plus pauvres qui voient diminuer les ressources allou&eacute;es &agrave; la sant&eacute;, &agrave; l’&eacute;ducation et aux services sociaux.</p> 
<p>205. Derri&egrave;re tout cela se cache un faux “r&eacute;alisme”, fond&eacute; non seulement sur la logique bien &eacute;tablie de la force, mais aussi sur une conviction culturelle et anthropologique, comme si la guerre faisait in&eacute;vitablement partie de la nature humaine. Il en a toujours &eacute;t&eacute; ainsi, dit-on, &agrave; l’exception de br&egrave;ves parenth&egrave;ses, et il en sera toujours ainsi&nbsp;! Le probl&egrave;me n’est donc plus la paix, perdue comme r&eacute;f&eacute;rence dans le paysage international, mais comment et quand agir militairement, tout en affirmant qu’il serait irresponsable de ne pas se pr&eacute;parer &agrave; l’affrontement. Au contraire, ce qui est vraiment irresponsable, c’est la <i>Realpolitik</i>, cette forme de “r&eacute;alisme” politique qui s&egrave;me dans les consciences comme dans la culture la r&eacute;signation face &agrave; une guerre in&eacute;luctable, et qui consid&egrave;re la paix et le dialogue comme des positions utopiques ou irrationnelles qui ignorent les risques en jeu. Au contraire, la paix n’est pas un espoir na&iuml;f ni une simple absence de guerre&nbsp;: elle est le fruit, toujours possible, de la justice et de la charit&eacute;.</p> 
<p>206. Dans ce climat, le nihilisme et le pragmatisme finissent par s’entrem&ecirc;ler et banaliser de tr&egrave;s graves erreurs : extr&eacute;mismes religieux et fanatismes identitaires s’allient &agrave; un &eacute;conomisme irrationnel, tandis que la politique recourt facilement &agrave; la d&eacute;sinformation, &agrave; la ridiculisation de l’adversaire et &agrave; la fabrication syst&eacute;matique de peurs et de ressentiments. Ainsi, la diversit&eacute; de l’autre est v&eacute;cue de plus en plus comme une menace, alimentant le d&eacute;sir de possession, la volont&eacute; de domination, les ambitions h&eacute;g&eacute;moniques, les abus de pouvoir et la peur de la diff&eacute;rence, pr&eacute;parant un terrain sur lequel de nouveaux conflits peuvent m&ucirc;rir presque sans que nous nous en rendions compte. <a name="_ftnref186" href="#_ftn186" class=" cleaner">[186]</a></p> 
<p>207. Cela constitue un terrain propice &agrave; de nouvelles guerres, peut-&ecirc;tre encore plus dangereuses que celles du pass&eacute;, car elles tendent &agrave; faire dispara&icirc;tre toute limite &eacute;thique. Ce qui &eacute;tait autrefois consid&eacute;r&eacute; comme inacceptable peut aujourd’hui &ecirc;tre mis en œuvre presque sans h&eacute;sitation, tandis que la r&eacute;action internationale s’adapte davantage &agrave; la convenance des diff&eacute;rents gouvernements qu’&agrave; la gravit&eacute; objective des faits. Les d&eacute;cisions semblent maintenant &ecirc;tre guid&eacute;es presque exclusivement par des calculs &eacute;conomiques, d&eacute;fendus par des illusions m&eacute;diatiques, des euphories artificielles et des “r&ecirc;ves” qui finissent in&eacute;vitablement par s’effondrer, provoquant des frustrations et de nouvelles violences. Lorsque l’on se persuade que rien n’est vraiment vrai et que les “principes” ne sont qu’une coquille vide, la m&egrave;che de nouvelles explosions d’intol&eacute;rance et d’agressivit&eacute; s’allume dans le cœur m&ecirc;me des personnes.</p> 
<p>208. Dans ce cadre, la question relative aux garanties r&eacute;elles contre de nouvelles violences reste ouverte. Lorsqu’une culture normalise et justifie le conflit, une d&eacute;rive dangereuse s’installe&nbsp;: ce qui semble aujourd’hui impensable peut devenir demain acceptable selon des calculs d’utilit&eacute; ou de s&eacute;curit&eacute;. Dans les pays marqu&eacute;s par de graves tensions sociales, nous ne pouvons pas exclure que certains finissent par consid&eacute;rer le conflit arm&eacute; comme un moyen efficace de d&eacute;tourner l’attention des probl&egrave;mes internes et comme un instrument de gestion cynique des difficult&eacute;s.</p> 
<p>209. Une responsabilit&eacute; particuli&egrave;re incombe &agrave; ceux qui œuvrent dans le monde de la recherche. Tous les acteurs dans ce domaine – scientifiques, entrepreneurs, autorit&eacute;s acad&eacute;miques, responsables politiques, et autres – sont appel&eacute;s &agrave; travailler dans une logique de transparence et de responsabilit&eacute;, en gardant &agrave; l’esprit le cadre g&eacute;n&eacute;ral dans lequel s’inscrivent les progr&egrave;s technologiques auxquels ils contribuent, y compris ceux li&eacute;s &agrave; l’IA. Lorsque l’on se limite &agrave; ne consid&eacute;rer que son propre secteur, on croit &agrave; tort accomplir une t&acirc;che moralement neutre et on &eacute;vite de s’interroger sur les finalit&eacute;s ultimes qui orientent certaines exp&eacute;rimentations. Le risque est alors de coop&eacute;rer, peut-&ecirc;tre sans le vouloir, &agrave; des projets obscurs qui alimentent de nouvelles formes de violence, de manipulation et de domination.</p> 
<p><a name="Construire_la_civilisation_de_l’amour"></a>Construire la civilisation de l’amour</p> 
<p>210. La construction d’un monde en &eacute;tat de guerre permanente est un mal, et il faut l’appeler par son nom. Cette mani&egrave;re de d&eacute;crire la r&eacute;alit&eacute; que nous vivons peut para&icirc;tre sombre ou pessimiste, mais je pense qu’il s’agit d’une d&eacute;nonciation n&eacute;cessaire. La perspective chr&eacute;tienne ne se limite toutefois pas &agrave; d&eacute;noncer le mal. Nous regardons l’histoire &agrave; la lumi&egrave;re du Crucifi&eacute; ressuscit&eacute;, &agrave; qui le P&egrave;re a donn&eacute; &laquo; tout pouvoir au ciel et sur la terre &raquo; (<i>Mt</i> 28, 18). Nous n’interpr&eacute;tons pas le pr&eacute;sent comme un destin fig&eacute;, mais comme un champ ouvert &agrave; la conversion personnelle et collective. Et nous croyons en la force du Royaume, qui se d&eacute;veloppe &agrave; partir de la petitesse d’un grain de s&eacute;nev&eacute;, comme une semence qui, une fois sem&eacute;e, germe et grandit (cf. <i>Mc</i> 4, 26-32). Alors que le bruit de la confusion nous entoure, le bien grandit silencieusement de la terre. Comme le dit le proph&egrave;te : &laquo; Voici que je vais faire une chose nouvelle : d&eacute;j&agrave; elle pointe, ne la reconnaissez-vous pas&nbsp;? &raquo; (<i>Is</i> 43, 19).</p> 
<p>211. Une lecture attentive de l’histoire le confirme. M&ecirc;me dans les nuits les plus sombres, le Seigneur suscite des hommes et des femmes capables de ne pas se r&eacute;signer et de pers&eacute;v&eacute;rer dans le bien : des personnes prot&eacute;geant les plus fragiles et ouvrant des voies de r&eacute;conciliation. La m&eacute;moire des saints et des justes, des artisans de paix souvent oubli&eacute;s, montre que la gr&acirc;ce n’&eacute;limine pas le conflit par un geste magique, mais engendre une r&eacute;sistance active contre le mal et une cr&eacute;ativit&eacute; surprenante dans le bien. Les chr&eacute;tiens voient les t&eacute;n&egrave;bres et les appellent par leur nom, mais ils ne restent pas immobiles &agrave; les contempler : ils connaissent la lumi&egrave;re et savent que les t&eacute;n&egrave;bres ne l’ont pas accueillie et ne peuvent la vaincre (cf. <i>Jn</i> 1, 5). C’est pourquoi ils servent le bien l&agrave; m&ecirc;me o&ugrave; la souffrance semble avoir le dernier mot, soutenus par une esp&eacute;rance th&eacute;ologale qui donne &agrave; la r&eacute;alit&eacute; un horizon et une direction.</p> 
<p><i><a name="Tous_nous_pouvons_apporter_notre_contribution"></a>Tous nous pouvons apporter notre contribution</i></p> 
<p>212. Cependant, arriv&eacute; &agrave; ce point, une tentation subtile s’insinue : celle de penser que les probl&egrave;mes sont trop grands et nous trop petits, de telle sorte que nos choix ne changent rien. C’est une forme &eacute;l&eacute;gante de capitulation, souvent d&eacute;guis&eacute;e en r&eacute;alisme. Certes, tout le monde n’a pas le m&ecirc;me pouvoir d’action sur la r&eacute;alit&eacute; : il y a ceux qui gouvernent, ceux qui d&eacute;cident des investissements, ceux qui dirigent les institutions, ceux qui font de la recherche, ceux qui &eacute;duquent, ceux qui informent, ceux qui produisent ; et il y a ceux qui semblent n’avoir que leur vie quotidienne. Pourtant, personne n’est sans responsabilit&eacute;. Chacun dispose d’un propre champ d’action, et c’est l&agrave; – et nulle part ailleurs – qu’il est appel&eacute; &agrave; choisir entre alimenter la logique de la force (ne serait-ce qu’avec indiff&eacute;rence, cynisme, mensonge, haine), ou conserver la logique de la paix (avec v&eacute;rit&eacute;, sobri&eacute;t&eacute;, proximit&eacute;, attention).</p> 
<p>213. Un &eacute;crivain catholique du XX <sup>e</sup> si&egrave;cle, John Ronald Reuel Tolkien, a d&eacute;crit ainsi notre responsabilit&eacute; par la bouche de l’un des protagonistes d’un roman&nbsp;: &laquo;&nbsp;Il ne nous appartient toutefois pas de rassembler toutes les mar&eacute;es du monde, mais de faire ce qui est en nous pour le secours des ann&eacute;es dans lesquelles nous sommes plac&eacute;s, d&eacute;racinant le mal dans les champs que nous connaissons, de sorte que ceux qui vivront apr&egrave;s nous puissent avoir une terre propre &agrave; cultiver&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref187" href="#_ftn187" class=" cleaner">[187]</a> La civilisation de l’amour ne na&icirc;t pas d’un geste unique et spectaculaire, mais d’une somme de petites et tenaces fid&eacute;lit&eacute;s faisant barrage &agrave; la d&eacute;shumanisation. C’est pourquoi il vaut la peine de s’arr&ecirc;ter et d’examiner la mani&egrave;re dont chacun dans son domaine peut contribuer &agrave; sa construction. Sans pr&eacute;tendre &eacute;puiser le sujet, je propose cinq pistes de responsabilit&eacute; quotidienne et publique : d&eacute;sarmer les mots, construire la paix dans la justice, adopter le regard des victimes, cultiver un sain r&eacute;alisme, relancer le dialogue et le multilat&eacute;ralisme.</p> 
<p><i><a name="D&eacute;sarmer_les_mots"></a>D&eacute;sarmer les mots</i></p> 
<p>214. La premi&egrave;re contribution que nous pouvons apporter &agrave; une civilisation plus humaine est de pr&ecirc;ter attention &agrave; nos paroles. &laquo; D&eacute;sarmons les mots et nous contribuerons &agrave; d&eacute;sarmer la Terre &raquo;. <a name="_ftnref188" href="#_ftn188" class=" cleaner">[188]</a> Le pouvoir des mots est immense et nous en faisons l’exp&eacute;rience dans notre communication quotidienne, lorsque quelqu’un nous dit quelque chose qui modifie notre &eacute;tat d’esprit, en bien ou en mal. &laquo; La paix commence par chacun de nous : par la mani&egrave;re dont nous regardons les autres, dont nous les &eacute;coutons, dont nous parlons d’eux ; et, en ce sens, la mani&egrave;re dont nous communiquons est d’une importance fondamentale : nous devons dire “non” &agrave; la guerre des mots et des images, nous devons rejeter le paradigme de la guerre &raquo;. <a name="_ftnref189" href="#_ftn189" class=" cleaner">[189]</a> Nous devons donc tous faire un examen de conscience sur les mots que nous utilisons, sur les pr&eacute;jug&eacute;s dont ils sont charg&eacute;s et sur l’agressivit&eacute;, ouverte ou latente, qui les habite. Nous avons une r&eacute;elle possibilit&eacute; de contribuer au bien chaque fois que nous disons la v&eacute;rit&eacute;, que nous donnons un conseil avis&eacute;, que nous soutenons ceux qui ont besoin de r&eacute;confort, que nous d&eacute;non&ccedil;ons une injustice, et que nous donnons la parole &agrave; ceux qui ne l’ont pas.</p> 
<p><i><a name="Construire_la_paix_dans_la_justice"></a>Construire la paix dans la justice</i></p> 
<p>215. Tous, &agrave; quelque niveau que ce soit, nous pouvons contribuer au fondement de la paix, qui est la justice. Nous ne recherchons pas en effet n’importe quelle paix, une absence de conflit &agrave; tout prix, mais cette paix v&eacute;ritable qui na&icirc;t de la justice. &laquo; Il existe un lien &eacute;troit entre la justice de chacun et la paix de tous &raquo;. <a name="_ftnref190" href="#_ftn190" class=" cleaner">[190]</a> Commentant le verset du psaume &laquo; justice et paix s’embrassent &raquo; ( <i>Ps</i> 85, 11b), saint Augustin &eacute;crit&nbsp;: &laquo;&nbsp;Il n’est personne pour ne point d&eacute;sirer la paix, mais tous ne veulent point faire la justice. […] Mais fais la justice, parce que la justice et la paix s’embrassent et ne sont point en d&eacute;saccord. &Agrave; quoi bon &ecirc;tre en guerre avec la justice&nbsp;? La justice te dit&nbsp;: Ne vole point, et tu n’entends pas&nbsp;; Ne commets point l’adult&egrave;re, et tu ne veux pas entendre&nbsp;; Ne fais pas &agrave; autrui ce que tu ne veux point qu’on te fasse; ne dis pas &agrave; autrui ce que tu ne veux pas que l’on te dise. […] Veux-tu donc arriver &agrave; la paix&nbsp;? Fais les œuvres de la justice&nbsp;!&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref191" href="#_ftn191" class=" cleaner">[191]</a> Ne nous lassons donc pas de chercher la justice&nbsp;!</p> 
<p><i><a name="Adopter_le_regard_des_victimes"></a>Adopter le regard des victimes</i></p> 
<p>216. Il y a des situations dans lesquelles, pour rester humains, nous devons abandonner nos h&eacute;sitations et prendre position. Il y a des conflits o&ugrave; il n’est pas juste de rester neutre et o&ugrave; il ne suffit pas de s’estimer “ne pas &ecirc;tre complice”. <a name="_ftnref192" href="#_ftn192" class=" cleaner">[192]</a> Lorsque nous sommes devant des bombardements sur des civils, des attaques contre des h&ocirc;pitaux, des &eacute;coles ou des infrastructures vitales, des violences qui frappent des enfants, nous sommes face &agrave; des scandales qui blessent l’humanit&eacute; elle-m&ecirc;me. C’est pourquoi nous ne pouvons pas nous cantonner &agrave; des analyses abstraites. Comme l’a rappel&eacute; le Pape Fran&ccedil;ois, nous devons “toucher l’humanit&eacute;” de ceux qui souffrent&nbsp;: <a name="_ftnref193" href="#_ftn193" class=" cleaner">[193]</a> regarder les visages, &eacute;couter les histoires et reconna&icirc;tre les blessures. Les &eacute;v&eacute;nements douloureux ont besoin &agrave; la fois d’histoire et de m&eacute;moire, l’une pour tenter de raconter les faits, l’autre pour t&eacute;moigner des exp&eacute;riences v&eacute;cues.</p> 
<p>217. Donner une place, dans l’information et dans l’&eacute;ducation, au regard et &agrave; la voix des victimes aide &agrave; prendre v&eacute;ritablement conscience de l’ab&icirc;me du mal que rec&egrave;le la guerre et, plus g&eacute;n&eacute;ralement, toute forme de violence ; elle aide &agrave; ne pas accepter comme normale la logique du conflit, &agrave; ne pas d&eacute;tourner le regard lorsqu’un outrage &agrave; la dignit&eacute; humaine est commis, et &agrave; rendre aux personnes concern&eacute;es la dignit&eacute; de se sentir reconnues et &eacute;cout&eacute;es. <a name="_ftnref194" href="#_ftn194" class=" cleaner">[194]</a> L’attention port&eacute;e &agrave; ces voix nourrit la conviction que, au-del&agrave; des minorit&eacute;s violentes, l’humanit&eacute; ne souhaite pas la guerre. L’&Eacute;glise peut &ecirc;tre d’une mani&egrave;re particuli&egrave;re un lieu de m&eacute;moire vivante des victimes. Comme le rappelait saint Paul VI, elle se sent appel&eacute;e &agrave; faire sienne &agrave; la fois la voix de ceux qui sont morts dans les guerres pass&eacute;es et celle des vivants qui en portent encore les blessures, afin que leur cri devienne un appel &agrave; la paix et &agrave; la concorde et non le pr&eacute;lude &agrave; de nouveaux conflits. <a name="_ftnref195" href="#_ftn195" class=" cleaner">[195]</a></p> 
<p><i><a name="Cultiver_un_sain_r&eacute;alisme"></a>Cultiver un sain r&eacute;alisme</i></p> 
<p>218. Nous avons besoin d’un sain r&eacute;alisme qui &eacute;vite autant l’id&eacute;alisme politique que le cynisme. Il y a en effet un id&eacute;alisme qui, pour pr&eacute;server sa propre vision du monde, s&eacute;lectionne les faits, les d&eacute;forme, les renomme, et finit par vivre dans une r&eacute;alit&eacute; faite sur mesure pour ses propres convictions. Il existe d’autre part un r&eacute;alisme d&eacute;grad&eacute; qui confond constatation et r&eacute;signation : puisque la force domine, il en conclut qu’elle doit dominer. Le r&eacute;alisme authentique ne renonce pas &agrave; changer le monde. Il commence par voir clairement les int&eacute;r&ecirc;ts, les peurs, les entraves et les rapports de force, pr&eacute;cis&eacute;ment pour &eacute;valuer ce qu’il est possible d’obtenir et par quelles &eacute;tapes. Il ne r&eacute;duit pas la politique &agrave; la morale, mais ne la livre pas non plus &agrave; la violence. Il cherche des voies praticables pour que la paix soit plus qu’un mot, c’est-&agrave;-dire des institutions cr&eacute;dibles, des garanties v&eacute;rifiables, des n&eacute;gociations patientes, une pr&eacute;vention des conflits et la protection des civils.</p> 
<p><i><a name="Relancer_le_dialogue"></a>Relancer le dialogue</i></p> 
<p>219. Pour b&acirc;tir la civilisation de l’amour, nous devons pratiquer le dialogue. Il est le principal instrument de la cohabitation entre les personnes et entre les peuples, et une alternative au conflit ouvert. Pie XII le rappelait d&eacute;j&agrave; &agrave; la veille de la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’il affirmait qu’on ne perd rien avec la paix alors qu’on peut tout perdre avec la guerre, et que les hommes doivent recommencer &agrave; se parler, car une confrontation sinc&egrave;re et pers&eacute;v&eacute;rante ouvre toujours la possibilit&eacute; d’une solution honorable. <a name="_ftnref196" href="#_ftn196" class=" cleaner">[196]</a></p> 
<p>220. Le dialogue fait partie int&eacute;grante de la vie humaine et ne concerne pas uniquement les relations entre &Eacute;tats. Il s’agit d’acqu&eacute;rir une attitude permettant de tisser des liens de fraternit&eacute; fond&eacute;s sur l’&eacute;coute, des regards sinc&egrave;res, du temps donn&eacute;, voire m&ecirc;me du temps perdu ensemble. Car il devient beaucoup plus difficile ne serait-ce que d’imaginer la guerre si nous faisons l’exp&eacute;rience d’une rencontre authentique avec l’autre, celui qui est diff&eacute;rent, l’&eacute;tranger, le migrant.</p> 
<p>221. Sur le plan politique, il est urgent de passer de la “culture de la puissance” &agrave; une v&eacute;ritable “culture de la n&eacute;gociation” dans laquelle le dialogue et les relations diplomatiques deviennent une voie habituelle pour g&eacute;rer les conflits, comme le souhaitait Giorgio La Pira&nbsp;: &laquo;&nbsp;Il faudra remplacer la m&eacute;thode de la guerre par la m&eacute;thode de la paix&nbsp;: la m&eacute;thode de la n&eacute;gociation, de la rencontre, de la convergence, c’est-&agrave;-dire la m&eacute;thode v&eacute;ritablement humaine&nbsp;!&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref197" href="#_ftn197" class=" cleaner">[197]</a> La conscience d’un destin commun des peuples exige que la “culture de la n&eacute;gociation” devienne de plus en plus un engagement partag&eacute;, politique et culturel, capable d’&eacute;loigner progressivement l’humanit&eacute; de la spirale de la violence.</p> 
<p>222. &Agrave; ceux qui ont l’honneur et la responsabilit&eacute; de gouverner, je voudrais r&eacute;p&eacute;ter quelques paroles que j’ai prononc&eacute;es au d&eacute;but de mon Pontificat : &laquo; Les peuples veulent la paix et, la main sur le cœur, je dis aux responsables des peuples&nbsp;: rencontrons-nous, dialoguons, n&eacute;gocions&nbsp;! La guerre n’est jamais in&eacute;vitable, les armes peuvent et doivent se taire, car elles ne r&eacute;solvent pas les probl&egrave;mes, elles les aggravent&nbsp;; ce sont ceux qui s&egrave;ment la paix qui passeront &agrave; la post&eacute;rit&eacute;, pas ceux qui font des victimes&nbsp;; les autres ne sont pas d’abord des ennemis, mais des &ecirc;tres humains&nbsp;: pas des m&eacute;chants &agrave; ha&iuml;r, mais des personnes avec qui parler. Fuyons les visions manich&eacute;ennes typiques des r&eacute;cits violents qui divisent le monde entre bons et m&eacute;chants&raquo;. <a name="_ftnref198" href="#_ftn198" class=" cleaner">[198]</a></p> 
<p>223. En rejetant la logique de la violence, le dialogue interreligieux joue un r&ocirc;le d&eacute;cisif, car au cœur des grands itin&eacute;raires spirituels se trouve un message de paix. <a name="_ftnref199" href="#_ftn199" class=" cleaner">[199]</a> Ceux qui utilisent le nom de Dieu pour l&eacute;gitimer le terrorisme, la violence ou la guerre en trahissent le visage : combattre au nom de la religion revient, en r&eacute;alit&eacute;, &agrave; porter atteinte &agrave; la religion elle-m&ecirc;me. <a name="_ftnref200" href="#_ftn200" class=" cleaner">[200]</a> L’&nbsp;“esprit d’Assise”, suscit&eacute; par saint Jean-Paul II et poursuivi par l’engagement du Pape Fran&ccedil;ois – par exemple dans le dialogue avec le Grand Imam d’al-Azhar –, montre que les croyants peuvent puiser &agrave; nouveau aux sources les plus authentiques de leurs traditions spirituelles, o&ugrave; il n’y a pas de place pour la haine sacralis&eacute;e.</p> 
<p><i><a name="La_n&eacute;cessit&eacute;_de_la_diplomatie_et_du_multilat&eacute;ralisme"></a>La n&eacute;cessit&eacute; de la diplomatie et du multilat&eacute;ralisme</i></p> 
<p>224. Dans les relations internationales, le dialogue est l’outil irrempla&ccedil;able de la diplomatie pour pr&eacute;venir les conflits et retisser les liens de confiance. Face aux communications impulsives, aux rh&eacute;toriques agressives et aux logiques de puissance qui marquent notre &eacute;poque, &laquo;&nbsp;la vocation de la diplomatie est de favoriser le dialogue avec tous, y compris avec les interlocuteurs consid&eacute;r&eacute;s comme les plus “g&ecirc;nants” ou que l’on ne consid&egrave;re pas comme l&eacute;gitimes pour n&eacute;gocier&nbsp;&raquo; <a name="_ftnref201" href="#_ftn201" class=" cleaner">[201]</a> en faisant preuve d’une humilit&eacute; et d’une patience extr&ecirc;mes pour renouer&nbsp;les liens de bonne volont&eacute; les plus t&eacute;nus entre les parties en conflit, afin d’amorcer une pacification.</p> 
<p>225. Le cyberespace est lui aussi devenu un terrain d’affrontement. Les attaques informatiques, la manipulation des donn&eacute;es et les campagnes de d&eacute;sinformation orchestr&eacute;es &agrave; l’aide de l’IA peuvent d&eacute;stabiliser des pays entiers avant m&ecirc;me d’en arriver &agrave; un conflit arm&eacute; ouvert. Dans ce domaine, l’attribution des responsabilit&eacute;s est souvent incertaine. Quand on ne sait pas clairement qui a frapp&eacute;, le risque de r&eacute;actions disproportionn&eacute;es, d’erreurs d’appr&eacute;ciation et de spirales d’escalade augmente. C’est pourquoi il faut une diplomatie capable d’op&eacute;rer &eacute;galement dans ce nouvel environnement, en n&eacute;gociant des r&egrave;gles communes sur l’utilisation des technologies num&eacute;riques, en prot&eacute;geant les civils et les personnes les plus vuln&eacute;rables contre des formes de violence&nbsp;invisibles mais non pas moins r&eacute;elles.</p> 
<p>226. Les organisations internationales, en particulier l’ONU, restent des instruments essentiels pour promouvoir une civilisation de l’amour, en soutenant le dialogue entre les nations, le r&egrave;glement pacifique des conflits, le d&eacute;veloppement int&eacute;gral des peuples, la protection des personnes les plus vuln&eacute;rables, le d&eacute;sarmement et la sauvegarde de la cr&eacute;ation. &Agrave; travers ces instances, la communaut&eacute; internationale peut chercher &agrave; r&eacute;duire les in&eacute;galit&eacute;s, &agrave; d&eacute;fendre les droits des r&eacute;fugi&eacute;s et des minorit&eacute;s, &agrave; lib&eacute;rer les ressources destin&eacute;es &agrave; l’armement pour les affecter &agrave; la promotion humaine et &agrave; la protection de la Maison commune. Le Saint-Si&egrave;ge soutient et accompagne cet engagement, tout en reconnaissant que la faiblesse actuelle de l’ONU et du syst&egrave;me politique international r&eacute;v&egrave;le la n&eacute;cessit&eacute; de r&eacute;formes profondes. Il ne s’agit pas seulement d’ajustements techniques, puisque la crise des convictions et des valeurs touche &eacute;galement les fondements &eacute;thiques de la vie des nations et rend plus difficile d’orienter le multilat&eacute;ralisme vers le v&eacute;ritable bien commun. <a name="_ftnref202" href="#_ftn202" class=" cleaner">[202]</a></p> 
<p>227. Dans le contexte international, la diplomatie du Saint-Si&egrave;ge fait du principe &eacute;vang&eacute;lique de la mis&eacute;ricorde un crit&egrave;re concret de l’action politique. C’est l’une des mani&egrave;res par laquelle le Saint-Si&egrave;ge se met au service de l’humanit&eacute;, en appelant les consciences &agrave; la charit&eacute; et &agrave; la v&eacute;rit&eacute;, en d&eacute;fendant la dignit&eacute; de chaque personne et en se faisant la voix des pauvres, des migrants et des victimes des guerres. La diplomatie pontificale exprime ainsi la catholicit&eacute; de l’&Eacute;glise et contribue &agrave; l’&eacute;dification d’une civilisation de l’amour au sein de laquelle m&ecirc;me les nouvelles technologies sont orient&eacute;es vers le bien commun.</p> 
<p><i><a name="Prier_et_esp&eacute;rer"></a>Prier et esp&eacute;rer</i></p> 
<p>228. Ces axes d’engagement se nourrissent de la pri&egrave;re et la nourrissent &agrave; leur tour. Pour nous, en effet, la paix &laquo;&nbsp;vient de Dieu, Dieu qui nous aime tous inconditionnellement&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref203" href="#_ftn203" class=" cleaner">[203]</a>&nbsp;C’est un don que J&eacute;sus a remis &agrave; ses disciples le jour de P&acirc;ques&nbsp;: &laquo;&nbsp;Que la paix soit avec vous&nbsp;! C’est la paix du Christ ressuscit&eacute;, une paix d&eacute;sarm&eacute;e et une paix d&eacute;sarmante, humble et pers&eacute;v&eacute;rante&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref204" href="#_ftn204" class=" cleaner">[204]</a> C’est par ces mots que j’ai salu&eacute; l’&Eacute;glise et le monde le jour de mon &eacute;lection au Si&egrave;ge de Pierre, et je souhaite les r&eacute;p&eacute;ter pour inviter chacun &agrave; demander ce don. Ne nous lassons pas de prier pour la paix et de nous engager &agrave; la r&eacute;aliser dans nos relations et dans la soci&eacute;t&eacute;.</p> 
<p style="text-align: center;"><a name="CONCLUSION"></a>CONCLUSION</p> 
<p>229. &laquo; Que chacun prenne garde &agrave; la mani&egrave;re dont il b&acirc;tit &raquo; (<i>1 Co</i> 3, 10) : ce sont l&agrave; les paroles de saint Paul exhortant les chr&eacute;tiens de Corinthe &agrave; pr&eacute;server l’unit&eacute;. Chers fr&egrave;res et sœurs, nous nous sommes interrog&eacute;s sur le monde que nous construisons, en nous demandant ce que signifie pr&eacute;server la personne humaine &agrave; l’&egrave;re de l’intelligence artificielle. Au terme de ce parcours, je souhaite vous proposer un itin&eacute;raire de vie chr&eacute;tienne sobre et exigeant pour vivre ce changement d’&eacute;poque &agrave; la lumi&egrave;re de l’&Eacute;vangile. C’est un chemin qui na&icirc;t de la contemplation du dessein de Dieu, vit l’unit&eacute; eccl&eacute;siale en se nourrissant de la Parole et de l’Eucharistie, construit le monde dans le sens du bien et prie avec la Vierge Marie.</p> 
<p><i><a name="Le_Verbe_s’est_fait_chair"></a>Le Verbe s’est fait chair</i></p> 
<p>230. Dans un monde o&ugrave; se multiplient les manœuvres visant &agrave; conqu&eacute;rir des march&eacute;s et des sph&egrave;res d’influence, souvent rev&ecirc;tues de rh&eacute;toriques rassurantes et de constructions id&eacute;ologiques s&eacute;duisantes, notre cœur ressent le besoin de d&eacute;couvrir un dessein diff&eacute;rent, sage et bienveillant, semblable &agrave; celui que Marie contemple dans le <i>Magnificat</i>, lorsqu’elle proclame que, de g&eacute;n&eacute;ration en g&eacute;n&eacute;ration, la mis&eacute;ricorde de Dieu s’&eacute;tend sur ceux qui le craignent. <a name="_ftnref205" href="#_ftn205" class=" cleaner">[205]</a> Ce dessein de mis&eacute;ricorde traverse l’histoire encore aujourd’hui, au cœur des changements les plus rapides et les plus troublants marqu&eacute;s par les algorithmes et les r&eacute;seaux mondiaux, et devient la boussole d’une existence &eacute;vang&eacute;lique &agrave; l’&egrave;re num&eacute;rique.</p> 
<p>231. Au cœur se trouve le myst&egrave;re de l’Incarnation&nbsp;: le Verbe s’est fait chair et Il a plant&eacute; sa tente parmi nous. La chair du Fils, pauvre et vuln&eacute;rable, rappelle celle de tant de fr&egrave;res et sœurs d&eacute;pouill&eacute;s de leur dignit&eacute; et r&eacute;duits au silence. <a name="_ftnref206" href="#_ftn206" class=" cleaner">[206]</a> Par cette proximit&eacute;, le don de la paix entre dans le monde de mani&egrave;re paradoxale&nbsp;: comme un pouvoir de devenir enfants de Dieu, un pouvoir qui se r&eacute;veille lorsque nous nous laissons toucher par les pleurs des petits, par la fragilit&eacute; des personnes &acirc;g&eacute;es, par le silence des victimes, par la fatigue de ceux qui luttent contre le mal qu’ils ne voudraient pas commettre. <a name="_ftnref207" href="#_ftn207" class=" cleaner">[207]</a> Dans cette chair bless&eacute;e et aim&eacute;e, le P&egrave;re nous montre la v&eacute;ritable humanit&eacute; d’une vie qui trouve son accomplissement dans l’ouverture et la communion, jusqu’&agrave; nous faire d&eacute;sirer la r&eacute;alisation de sa volont&eacute;&nbsp;sur la terre comme au ciel. <a name="_ftnref208" href="#_ftn208" class=" cleaner">[208]</a></p> 
<p>232. Dans les promesses du transhumanisme et de certains courants posthumanistes, qui poursuivent une humanit&eacute; am&eacute;lior&eacute;e et presque d&eacute;sincarn&eacute;e, nous reconnaissons un d&eacute;sir qui nous concerne : le besoin d’une vie plus accomplie, moins expos&eacute;e aux limites et &agrave; la fragilit&eacute;. L’Incarnation ouvre cependant une voie diff&eacute;rente. Alors que les id&eacute;ologies anciennes et nouvelles poussent l’homme au d&eacute;passement technique de la limite et &agrave; s’&eacute;lever au-dessus des autres pour affirmer une domination, le myst&egrave;re du Fils de Dieu qui entre dans notre condition d&eacute;crit un mouvement oppos&eacute; : le Dieu vivant descend dans notre histoire pour nous lib&eacute;rer de toute servitude, <a name="_ftnref209" href="#_ftn209" class=" cleaner">[209]</a> Il prend sur Lui notre faiblesse et la transforme en lieu de salut. Il n’y a pas un moment ou une condition de l’humain qui ne soit digne de Dieu : &laquo; Selon les enseignements de notre foi, nous adorons en nos myst&egrave;res un Dieu naissant en la cr&egrave;che, un Dieu vivant et voyageant en la Jud&eacute;e, un Dieu mourant en la croix, un Dieu mort dans le s&eacute;pulcre &raquo;. <a name="_ftnref210" href="#_ftn210" class=" cleaner">[210]</a> L’avenir de l’humanit&eacute; trouve ainsi son crit&egrave;re dans la capacit&eacute; d’accueillir cette mani&egrave;re divine de se faire proche, de partager le poids du monde, de transformer les relations de l’int&eacute;rieur. &laquo; &Ocirc; merveille […] que l’homme soit Dieu et ce Dieu-homme passe par tous ces degr&eacute;s, supporte tous ces &eacute;tats et les ennoblisse, les sanctifie, les d&eacute;ifie en soi-m&ecirc;me&nbsp;! &raquo;. <a name="_ftnref211" href="#_ftn211" class=" cleaner">[211]</a> Ce qui sauve l’homme, c’est l’amour divin qui descend jusqu’au point le plus fragile de son histoire et la r&eacute;g&eacute;n&egrave;re du plus profond.</p> 
<p>233. C’est pourquoi, en tant que croyant parmi les croyants, j’invite &agrave; contempler dans le visage du Fils une <i>magnifique humanit&eacute;</i> qui &eacute;claire &eacute;galement l’&egrave;re de l’IA. Dans le Christ nous comprenons que l’homme est appel&eacute; &agrave; &ecirc;tre un collaborateur dans l’œuvre de la cr&eacute;ation, plut&ocirc;t qu’un spectateur r&eacute;sign&eacute; face &agrave; des processus technologiques limitant sa libert&eacute; et sa responsabilit&eacute;. <a name="_ftnref212" href="#_ftn212" class=" cleaner">[212]</a> La dignit&eacute; que l’Esprit Saint sculpte en chacun de nous se reconna&icirc;t aussi dans la capacit&eacute; de r&eacute;fl&eacute;chir de mani&egrave;re critique, de choisir et d’aimer gratuitement, d’entrer dans des relations authentiques. Aucun syst&egrave;me de calcul, aussi sophistiqu&eacute; soit-il, ne g&eacute;n&egrave;re un cœur qui se donne, ni une conscience qui discerne le bien. M&ecirc;me lorsque les machines excellent en efficacit&eacute;, le centre de l’histoire reste un visage humain qui demande &agrave; &ecirc;tre regard&eacute;. Ce visage humain est la pl&eacute;nitude vers laquelle l’histoire avance. C’est le myst&egrave;re de la r&eacute;capitulation, la certitude que le P&egrave;re a d&eacute;cid&eacute; de ramener au Christ, Chef unique, toutes choses, celles du ciel et celles de la terre (cf. <i>Ep </i>1, 10). Dans ce dessein, rien de ce qui est authentiquement humain ne sera perdu, mais tout sera purifi&eacute; et r&eacute;uni en Celui qui rassemble chaque fragment de vie, chaque larme et chaque authentique conqu&ecirc;te humaine pour les soustraire au n&eacute;ant et les remettre, rachet&eacute;es, au P&egrave;re.</p> 
<p><i><a name="Un_seul_corps_dans_le_Christ"></a>Un seul corps dans le Christ</i></p> 
<p>234. La spiritualit&eacute; dont nous avons besoin est une spiritualit&eacute; eucharistique, c’est-&agrave;-dire une spiritualit&eacute; de l’unit&eacute; eccl&eacute;siale dans l’amour. L’Incarnation et P&acirc;ques r&eacute;v&egrave;lent Dieu qui entre dans notre condition humaine et la transfigure par le don de soi. Ce don reste pr&eacute;sent et agissant dans l’Eucharistie o&ugrave; le Seigneur se communique et rassemble l’&Eacute;glise, afin que son offrande devienne principe d’unit&eacute; et source de vie nouvelle. De cette communion na&icirc;t aussi la solidarit&eacute; chr&eacute;tienne, car &laquo; l’union avec le Christ est en m&ecirc;me temps union avec tous ceux auxquels il se donne&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref213" href="#_ftn213" class=" cleaner">[213]</a> Comme l’explique saint Augustin aux nouveaux chr&eacute;tiens de son &Eacute;glise, le pain et le vin sur l’autel sont le sacrement de l’unit&eacute; des fid&egrave;les dans le Christ&nbsp;: &laquo;&nbsp;Ce que nous voyons est une apparence corporelle, tandis que ce que nous comprenons est un fruit spirituel. Si vous voulez comprendre ce qu’est le corps du Christ, &eacute;coutez l’Ap&ocirc;tre, qui dit aux fid&egrave;les&nbsp; <i>: Vous &ecirc;tes le corps du Christ, et chacun pour votre part, vous &ecirc;tes les membres de ce corps </i>(1 Co 12, 17). Donc, si c’est vous qui &ecirc;tes le corps du Christ et ses membres, c’est votre myst&egrave;re qui se trouve sur la table du Seigneur, et c’est votre myst&egrave;re que vous recevez. &Agrave; cela, que vous &ecirc;tes, vous r&eacute;pondez&nbsp;: &laquo;&nbsp;Amen&nbsp;&raquo;, et par cette r&eacute;ponse, vous y souscrivez. On vous dit&nbsp;: &laquo;&nbsp;Le corps du Christ&nbsp;&raquo;, et vous r&eacute;pondez &laquo;&nbsp;Amen&nbsp;&raquo;. Soyez donc membres du corps du Christ, pour que cet Amen soit v&eacute;ridique&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref214" href="#_ftn214" class=" cleaner">[214]</a></p> 
<p>235. L’&laquo;&nbsp;Amen&nbsp;&raquo; que nous pronon&ccedil;ons dans la liturgie, le Corps que nous mangeons et le Sang que nous buvons, fa&ccedil;onnent toute notre vie. L’Eucharistie &laquo; est la rencontre tr&egrave;s personnelle avec le Seigneur et, toutefois, elle n’est jamais seulement un acte individuel de d&eacute;votion &raquo;. <a name="_ftnref215" href="#_ftn215" class=" cleaner">[215]</a> En elle, il appara&icirc;t clairement que nous &laquo;&nbsp;sommes l’&Eacute;glise du Christ, nous sommes ses membres, son corps. Nous sommes fr&egrave;res et sœurs en Lui. Et dans le Christ, bien que nous soyons nombreux et diff&eacute;rents, nous sommes une seule chose&nbsp;: “ <i>In Illo uno unum</i>”&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref216" href="#_ftn216" class=" cleaner">[216]</a> L’Eucharistie nous ouvre &agrave; la justice et au partage, avec une attention pr&eacute;f&eacute;rentielle pour ceux qui portent le fardeau de la pauvret&eacute; et de la marginalisation. Et tandis que les nouveaux r&eacute;seaux &eacute;conomiques et technologiques peuvent engendrer exclusion, isolement et d&eacute;pendances, l’&Eacute;glise nourrie de l’Eucharistie est appel&eacute;e &agrave; rendre visible une autre mesure, en pr&eacute;servant les liens, en redonnant la parole aux personnes invisibles et en orientant les processus vers la dignit&eacute; des personnes.</p> 
<p><i><a name="Le_chantier_de_notre_&eacute;poque"></a>Le chantier de notre &eacute;poque</i></p> 
<p>236. La spiritualit&eacute; que je souhaite transmettre est celle du “sage architecte” qui, habit&eacute; par l’esp&eacute;rance du R&egrave;gne de Dieu, s’emploie &agrave; b&acirc;tir le monde pour le bien (cf. <i>1 Co</i> 3, 10). Comme je l’ai &eacute;crit au d&eacute;but de cette r&eacute;flexion, <a name="_ftnref217" href="#_ftn217" class=" cleaner">[217]</a> notre travail de construction doit aujourd’hui avoir pour fondement la relation avec Dieu, pour r&egrave;gle l’acceptation de la limite humaine telle une r&eacute;alit&eacute; naturelle et positive, et pour style la coresponsabilit&eacute; et le langage &eacute;vang&eacute;lique. Au terme de ce parcours, le projet d’une civilisation de l’amour se dessine plus clairement&nbsp;; et le chantier para&icirc;t d&eacute;j&agrave; engag&eacute;, surtout gr&acirc;ce &agrave; tant de pierres vivantes solidement unies au Christ, la pierre angulaire (cf. <i>1 P</i> 2, 4-6). Dans cette œuvre, nous sommes appel&eacute;s &agrave; assumer un r&ocirc;le actif, sans nous r&eacute;fugier dans le spiritualisme ou dans nos petits mondes&nbsp;: nous devons &ecirc;tre fid&egrave;les &agrave; la v&eacute;rit&eacute;, investir dans l’&eacute;ducation, prendre soin des relations, aimer la justice et la paix.</p> 
<p>237. Restons fid&egrave;les &agrave; la v&eacute;rit&eacute;&nbsp;! En vivant inond&eacute;s par un flux incessant d’informations, d’opinions et d’images, nous savons combien il est facile d’orienter les d&eacute;cisions et les pr&eacute;f&eacute;rences &agrave; l’aide d’algorithmes toujours plus sophistiqu&eacute;s. <a name="_ftnref218" href="#_ftn218" class=" cleaner">[218]</a> Dans ce contexte, il est important de garder un cœur qui aime la v&eacute;rit&eacute; et d&eacute;sire ce qui est juste plut&ocirc;t que les contenus les plus attrayants, un cœur qui recherche la sagesse plut&ocirc;t que les effets imm&eacute;diats. La v&eacute;rit&eacute; que nous ne devons pas perdre de vue est celle qui concerne Dieu et l’&ecirc;tre humain, telle que le Christ nous l’a r&eacute;v&eacute;l&eacute;e. Il convient d’abandonner une vision individualiste et technique de l’homme, comme si la r&eacute;alit&eacute; n’&eacute;tait que de la mati&egrave;re &agrave; modeler en fonction d’int&eacute;r&ecirc;ts &eacute;go&iuml;stes, tant individuels que collectifs. <a name="_ftnref219" href="#_ftn219" class=" cleaner">[219]</a> Cultivons plut&ocirc;t ce que le Pape Fran&ccedil;ois a d&eacute;fini comme un &laquo;&nbsp;anthropocentrisme situ&eacute; &raquo;, <a name="_ftnref220" href="#_ftn220" class=" cleaner">[220]</a> qui reconna&icirc;t l’&ecirc;tre humain comme une cr&eacute;ature ins&eacute;r&eacute;e dans un r&eacute;seau de relations avec les autres &ecirc;tres vivants et avec la cr&eacute;ation tout enti&egrave;re. La fid&eacute;lit&eacute; &agrave; la v&eacute;rit&eacute; exige d’int&eacute;grer les possibilit&eacute;s offertes par la technologie dans un cheminement de sagesse, capable de pr&eacute;server &agrave; la fois la dignit&eacute; de toute personne et l’avenir de notre Maison commune.</p> 
<p>238. Investissons dans l’&eacute;ducation, qui commence par nous-m&ecirc;mes&nbsp;! Nous avons tous besoin de nous former &agrave; vivre le num&eacute;rique de mani&egrave;re humaine, comme partie int&eacute;grante de l’&eacute;ducation &agrave; la foi et &agrave; bien vivre de l’&Eacute;vangile. Nous devons nous former &agrave; consid&eacute;rer le monde num&eacute;rique comme un nouveau continent &agrave; &eacute;vang&eacute;liser, qui a besoin de missionnaires g&eacute;n&eacute;reux et m&ucirc;rs dans la foi. Plus particuli&egrave;rement, il faut des adultes qui red&eacute;couvrent leur vocation d’artisans de l’&eacute;ducation, disponibles pour un travail quotidien et patient, soutenu par des alliances &eacute;ducatives larges et partag&eacute;es. Accompagner les enfants et les jeunes &agrave; utiliser les technologies comme un espace de relation responsable, en les aidant &agrave; en reconna&icirc;tre les risques et &agrave; choisir ce qui fait grandir la libert&eacute; int&eacute;rieure, est aujourd’hui une forme concr&egrave;te de charit&eacute; et de sauvegarde de leur dignit&eacute;. &Eacute;duquer les nouvelles g&eacute;n&eacute;rations &agrave; croire que l’&eacute;volution des technologies ne suit pas un parcours in&eacute;vitable, mais peut &ecirc;tre orient&eacute;e par la responsabilit&eacute; personnelle et collective, constitue l’un des services les plus pr&eacute;cieux au bien commun.</p> 
<p>239. Prenons soin de nos relations&nbsp;! &Agrave; une &eacute;poque qui tend &agrave; tout acc&eacute;l&eacute;rer et &agrave; tout fragmenter, la chair humaine continue de demander &agrave; &ecirc;tre soign&eacute;e et reconnue par des mains capables de tendresse, par des esprits attentifs et par de bonnes paroles. La culture num&eacute;rique multiplie les connexions et offre de nouvelles possibilit&eacute;s de rencontre ; pourtant, le cœur humain conserve un besoin irrempla&ccedil;able de proximit&eacute;. J’invite &agrave; pr&eacute;server les lieux et les moments o&ugrave; la pr&eacute;sence physique reste d&eacute;terminante&nbsp;: la table partag&eacute;e, la communaut&eacute; chr&eacute;tienne qui se rassemble, la visite &agrave; ceux qui sont seuls, le service aux pauvres. Ce sont l&agrave; les signes d’une humanit&eacute; qui continue de croire que chaque corps est temple de l’Esprit et demeure de Dieu, et c’est pr&eacute;cis&eacute;ment cette alliance entre gloire et fragilit&eacute; qui devient un crit&egrave;re pour &eacute;valuer les mod&egrave;les anthropologiques propos&eacute;s par la culture actuelle.</p> 
<p>240. Aimons la justice et la paix&nbsp;! Les m&ecirc;mes technologies qui facilitent la communication et l’acc&egrave;s aux ressources peuvent soutenir des mod&egrave;les qui exploitent les plus vuln&eacute;rables, alimentent de nouvelles formes d’esclavage et transforment les conflits en opportunit&eacute;s de profit. Chaque choix technologique ou &eacute;conomique devient un lieu de discernement spirituel, une occasion de v&eacute;rifier si les progr&egrave;s de l’IA ouvrent des espaces de justice et de participation ou bien concentrent la richesse et le pouvoir entre les mains d’un petit nombre. J’invite &agrave; observer avec lucidit&eacute; les fili&egrave;res de la production num&eacute;rique, les conditions de travail cach&eacute;es derri&egrave;re nos dispositifs, les m&eacute;canismes qui tirent profit de la manipulation et de la guerre ; et, en m&ecirc;me temps, &agrave; chercher des voies concr&egrave;tes pour faire grandir l’&eacute;quit&eacute;, la participation et le soin de la cr&eacute;ation. L’esp&eacute;rance que nous annon&ccedil;ons vient du ciel “pour engendrer, ici-bas, une histoire nouvelle”. C’est pr&eacute;cis&eacute;ment pour cela que celui qui croit s’engage pour qu’&agrave; la place des in&eacute;galit&eacute;s s’installe une plus grande justice et pour que &laquo; l’industrie de la guerre c&egrave;de la place &agrave; l’artisanat de la paix &raquo;. <a name="_ftnref221" href="#_ftn221" class=" cleaner">[221]</a></p> 
<p>241. En regardant vers l’avenir, je souhaite rappeler l’image de N&eacute;h&eacute;mie que nous avons choisi au d&eacute;but de ce parcours comme compagnon et figure de r&eacute;f&eacute;rence. N&eacute;h&eacute;mie entend le cri d’une ville meurtrie, porte cette douleur dans la pri&egrave;re, discerne devant Dieu, demande de l’aide, obtient la permission de partir, organise le travail, affronte les r&eacute;sistances internes et externes et, pierre apr&egrave;s pierre, reconstruit avec le peuple les murs de J&eacute;rusalem. Je vois en lui une parabole lumineuse de notre vocation &agrave; &ecirc;tre, &agrave; l’&egrave;re de la transformation num&eacute;rique, non pas des spectateurs r&eacute;sign&eacute;s face aux fractures sociales et culturelles, ni de simples commentateurs des ruines, mais des femmes et des hommes qui entrent sur les chantiers de l’histoire – laboratoires de recherche, entreprises technologiques, &eacute;coles, m&eacute;dias, institutions, communaut&eacute;s locales – pour relever ce qui s’est &eacute;croul&eacute; et prot&eacute;ger ce qui est expos&eacute;. Comme N&eacute;h&eacute;mie, nous sommes, nous aussi, appel&eacute;s &agrave; allier &eacute;coute et courage, pri&egrave;re et responsabilit&eacute;, afin que la cit&eacute; des hommes devienne plus vivable, m&ecirc;me lorsque les logiques technocratiques et les int&eacute;r&ecirc;ts partisans semblent pr&eacute;valoir.</p> 
<p>242. L’image de la reconstruction de J&eacute;rusalem &eacute;voque la promesse du Nouveau Testament, celle de la ville sainte qui nous est d’abord donn&eacute;e comme un don. Dans l’Apocalypse, la nouvelle J&eacute;rusalem descend vers nous comme un don pour tout le peuple de Dieu, &laquo; pr&ecirc;te comme une &eacute;pouse par&eacute;e pour son &eacute;poux &raquo; (<i>Ap</i> 21, 2). Les murs de J&eacute;rusalem ne sont plus des fortifications d&eacute;fensives, mais les parures pr&eacute;cieuses de l’&Eacute;pouse de l’Agneau. Ses portes, que N&eacute;h&eacute;mie gardait avec tant de soin, restent ouvertes en permanence &agrave; toutes les nations. La pr&eacute;sence de Dieu offre &agrave; chacun lumi&egrave;re et vie. La ville est un nouvel &Eacute;den, avec son eau vive donn&eacute;e &agrave; ceux qui ont soif et son arbre de vie, dont les feuilles &laquo; servent &agrave; gu&eacute;rir les nations &raquo; (<i>Ap </i>22, 2). Dans l’attente de son accomplissement, cette vision se pr&eacute;sente &agrave; nous comme une exhortation, un appel &agrave; surmonter nos divisions et &agrave; travailler ensemble : telle est le chemin de J&eacute;sus-Christ, hier, aujourd’hui et toujours.</p> 
<p><a name="Le_chant_de_l’esp&eacute;rance&nbsp;:_le_Magnificat"></a><i>Le chant de l’esp&eacute;rance&nbsp;: le </i>Magnificat</p> 
<p>243. Le quatri&egrave;me point de ce programme de vie chr&eacute;tienne, apr&egrave;s la foi qui contemple le dessein d’amour du P&egrave;re, la charit&eacute; qui nous unit en un unique corps eccl&eacute;sial et l’esp&eacute;rance qui soutient notre action dans le monde, est la pri&egrave;re. Le chant de Marie accompagne notre engagement. Devant &Eacute;lisabeth qui lui annonce qu’elle est devenue la m&egrave;re du Seigneur, Marie laisse &eacute;clater un hymne de louange et de joie. Son &acirc;me magnifie le Seigneur et son esprit exulte en Dieu son Sauveur, car Il a choisi pour son dessein de salut une jeune fille, pauvre et humble. Soudain, Marie voit toute l’histoire &agrave; travers le prisme de cette d&eacute;couverte. Rien n’a chang&eacute; autour d’elle : la situation socio-politique de son &eacute;poque reste la m&ecirc;me, avec les Romains qui dominent sa terre et son peuple divis&eacute; et humili&eacute;. Et pourtant, tout a chang&eacute; en elle, ce qui lui permet de voir l’invisible. Dieu a <i>d&eacute;j&agrave;</i> d&eacute;ploy&eacute; la puissance de son bras, il a <i>d&eacute;j&agrave;</i> dispers&eacute; les superbes, renvers&eacute; les puissants, &eacute;lev&eacute; les humbles, combl&eacute; de biens ceux qui ont faim et renvoy&eacute; les riches les mains vides. Il a <i>d&eacute;j&agrave;</i> secouru Isra&euml;l, son serviteur. Dieu &laquo; se range du c&ocirc;t&eacute; des derniers. Il poss&egrave;de un projet qui est souvent cach&eacute; sous l’apparence terne des &eacute;v&eacute;nements humains, qui voient triompher “les superbes, les puissants et les riches”. Et pourtant, sa force secr&egrave;te est destin&eacute;e &agrave; se r&eacute;v&eacute;ler &agrave; la fin &raquo;. <a name="_ftnref222" href="#_ftn222" class=" cleaner">[222]</a></p> 
<p>244. La Vierge Marie non seulement nous apprend &agrave; voir l’œuvre invisible de Dieu, mais elle dirige aussi notre regard &laquo;&nbsp;sur les points de fracture de l’humanit&eacute;, l&agrave; o&ugrave; se produit la distorsion du monde, dans le contraste entre les humbles et les puissants, entre les pauvres et les riches, entre les repus et les affam&eacute;s&nbsp;&raquo;, en nous apprenant &laquo;&nbsp;&agrave; adopter un point de vue diff&eacute;rent pour regarder le monde &agrave; partir du bas, avec les yeux de ceux qui souffrent, et non avec le regard des grands ; pour regarder l’histoire avec les yeux des petits et non avec la perspective des puissants&nbsp;; pour interpr&eacute;ter les &eacute;v&eacute;nements de l’histoire du point de vue de la veuve, de l’orphelin, de l’&eacute;tranger, de l’enfant bless&eacute;, de l’exil&eacute;, du fugitif&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref223" href="#_ftn223" class=" cleaner">[223]</a> Ainsi, la Vierge devient &laquo;&nbsp;po&eacute;tesse et proph&eacute;tesse de la r&eacute;demption&nbsp;&raquo;, car de ses l&egrave;vres jaillit &laquo;&nbsp;l’hymne le plus puissant et le plus novateur qui ait jamais &eacute;t&eacute; prononc&eacute;, le <i>Magnificat&nbsp;</i>; c’est elle qui r&eacute;v&egrave;le le dessein transformateur de l’&eacute;conomie chr&eacute;tienne, le r&eacute;sultat historique et social qui tire encore aujourd’hui du christianisme son origine et sa force&nbsp;&raquo;. <a name="_ftnref224" href="#_ftn224" class=" cleaner">[224]</a></p> 
<p>245. Avec la m&ecirc;me foi que Marie, devenons des tisseurs d’esp&eacute;rance dans notre monde, en partageant ce que nous sommes et ce que nous avons, afin que la pr&eacute;sence de J&eacute;sus grandisse au milieu de nous et que son Royaume prenne forme. Dans l’humble fid&eacute;lit&eacute; de chaque jour, l’&egrave;re de l’IA peut elle aussi devenir un passage par lequel l’Esprit fait m&ucirc;rir la civilisation de l’amour dans notre vie. Le Seigneur continue de faire toutes choses nouvelles et maintient ouverte, pour chaque &eacute;poque, la possibilit&eacute; de devenir une histoire de salut &agrave; la lumi&egrave;re de l’Incarnation. Je confie ce d&eacute;sir &agrave; la M&egrave;re du Christ, la femme du <i>Magnificat</i>, pour qu’elle accompagne nos pas dans ce pr&eacute;sent en mutation et garde en chacun de nous la confiance en l’&Eacute;vangile, afin que nous puissions t&eacute;moigner de la beaut&eacute; d’une magnifique humanit&eacute; habit&eacute;e par Dieu.</p> 
<p><i>Donn&eacute; &agrave; Rome,&nbsp;pr&egrave;s de Saint-Pierre, le 15 mai de l’ann&eacute;e 2026, la deuxi&egrave;me de mon Pontificat.</i></p> 
<p style="text-align: center;">L&Eacute;ON PP. XIV</p> 
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;">&nbsp;</p> 
<hr align="left" size="1" width="33%" /> 
<p><a name="_ftn1" href="#_ftnref1" class=" cleaner">[1]</a>&nbsp;Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html"><i>Gaudium et spes</i></a>, n. 22&nbsp;: <i>AAS</i> 58 (1966), p. 1042.</p> 
<p><a name="_ftn2" href="#_ftnref2" class=" cleaner">[2]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html"><i>ibid.</i></a> <i>, </i>n. 11 : <i>AAS </i>58 (1966), pp. 1033-1034.</p> 
<p><a name="_ftn3" href="#_ftnref3" class=" cleaner">[3]</a>Id., Const. dogm. <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19641121_lumen-gentium_fr.html"><i>Lumen gentium</i></a> <i>, </i>n. 1 : <i>AAS </i>57 (1965), p. 5.</p> 
<p><a name="_ftn4" href="#_ftnref4" class=" cleaner">[4]</a>&nbsp;Cf. L&eacute;on XIII, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiii/fr/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_15051891_rerum-novarum.html"><i>Rerum Novarum</i></a> <i></i>(15 mai 1891), n. 22&nbsp;: <i>AAS</i> 23 (1890-1891), p. 648.</p> 
<p><a name="_ftn5" href="#_ftnref5" class=" cleaner">[5]</a>&nbsp;Beno&icirc;t XVI, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate.html#69."><i>Caritas in veritate</i></a>&nbsp;(29 juin 2009), n. 69 : <i>AAS</i> 101 (2009), p. 702.</p> 
<p><a name="_ftn6" href="#_ftnref6" class=" cleaner">[6]</a>&nbsp;Fran&ccedil;ois, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html#104."><i>Laudato si’</i></a> <i></i>(24 mai 2015), n. 104 : <i>AAS </i>107 (2015), p. 888.</p> 
<p><a name="_ftn7" href="#_ftnref7" class=" cleaner">[7]</a> <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html#104."><i>Ibid</i>.</a></p> 
<p><a name="_ftn8" href="#_ftnref8" class=" cleaner">[8]</a>&nbsp;Saint Augustin, <i>Confessiones</i>, I, 1, 1 : <i>CCSL</i> 27, Turnhout 1981, p. 1.</p> 
<p><a name="_ftn9" href="#_ftnref9" class=" cleaner">[9]</a>&nbsp;Fran&ccedil;ois, Exhort. ap. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html#L%E2%80%99enseignement_de_l%E2%80%99%C3%89glise_sur_les_questions_sociales"><i>Evangelii gaudium</i></a> <i></i>(24 novembre 2013), n. 183 : <i>AAS </i>105 (2013), p. 1097.</p> 
<p><a name="_ftn10" href="#_ftnref10" class=" cleaner">[10]</a>&nbsp;Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html"><i>Gaudium et spes</i></a> <i>, </i>n. 36&nbsp;: <i>AAS </i>58 (1966), p. 1054&nbsp;; cf. Id., D&eacute;cr. <i>Apostolicam actuositatem, </i>n. 7 : <i>AAS </i>58 (1966), pp. 843-844.</p> 
<p><a name="_ftn11" href="#_ftnref11" class=" cleaner">[11]</a>Conc. Œcum. Vat. II,&nbsp;Const. past. <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html"><i>Gaudium et spes</i></a> <i>, </i>n. 44&nbsp;: <i>AAS </i>58 (1966), p. 1065.</p> 
<p><a name="_ftn12" href="#_ftnref12" class=" cleaner">[12]</a>&nbsp;Fran&ccedil;ois, Exhort. ap. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html#Le_dialogue_social_dans_un_contexte_de_libert%C3%A9_religieuse"><i>Evangelii gaudium</i></a> <i></i>(24 novembre 2013), n. 257&nbsp;: <i>AAS </i>105 (2013), p. 1123.</p> 
<p><a name="_ftn13" href="#_ftnref13" class=" cleaner">[13]</a>&nbsp;Saint Jean-Paul II, Lett. ap. en forme de Motu proprio <i>Socialium scientiarum </i>(1 <sup>er</sup> janvier 1994)&nbsp;: <i>AAS </i>86 (1994), p. 209.</p> 
<p><a name="_ftn14" href="#_ftnref14" class=" cleaner">[14]</a>&nbsp;Fran&ccedil;ois, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html#61."><i>Laudato si’</i></a> <i></i>(24 mai 2015), n. 61 : <i>AAS </i>107 (2015), p. 871.</p> 
<p><a name="_ftn15" href="#_ftnref15" class=" cleaner">[15]</a>&nbsp;Cf. Saint Jean-Paul II, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_30121987_sollicitudo-rei-socialis.html"><i>Sollicitudo rei socialis</i></a>&nbsp;(30 d&eacute;cembre 1987), n. 41&nbsp;: <i>AAS</i> 80 (1988), pp. 570-572.</p> 
<p><a name="_ftn16" href="#_ftnref16" class=" cleaner">[16]</a>&nbsp;Id, Lett. ap. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/apost_letters/1994/documents/hf_jp-ii_apl_19941110_tertio-millennio-adveniente.html"><i>Tertio millennio adveniente</i></a> <i></i>(10 novembre 1994), n. 35 : <i>AAS </i>87 (1995), p. 27.</p> 
<p><a name="_ftn17" href="#_ftnref17" class=" cleaner">[17]</a> <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2025/may/documents/20250517-centesimus-annus-pro-pontifice.html"><i>Discours aux membres de la Fondation Centesimus Annus Pro Pontifice</i></a> <i></i>(17 mai 2025)&nbsp;: <i>AAS</i> 117 (2025), p. 696.</p> 
<p><a name="_ftn18" href="#_ftnref18" class=" cleaner">[18]</a>&nbsp;Fran&ccedil;ois, Exhort. ap. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html#Le_temps_est_sup%C3%A9rieur_%C3%A0_l%E2%80%99espace"><i>Evangelii gaudium</i></a> <i></i>(24 novembre 2013), n. 222 : <i>AAS </i>105 (2013), p. 1111.</p> 
<p><a name="_ftn19" href="#_ftnref19" class=" cleaner">[19]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html#3._Le_bien_commun_et_la_paix_sociale"><i>ibid.</i></a>, n. 236 : <i>AAS </i>105 (2013), p. 1115&nbsp;; Id., Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html#215"><i>Fratelli tutti</i></a> <i></i>(3 octobre 2020), n. 215 : <i>AAS</i> 112 (2020), pp. 1045-1046.</p> 
<p><a name="_ftn20" href="#_ftnref20" class=" cleaner">[20]</a>Conc. Œcum. Vat. II, Const. dogm. <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19641121_lumen-gentium_fr.html"><i>Lumen gentium</i></a> <i>, </i>n. 13 : <i>AAS </i>57 (1965), p. 17.</p> 
<p><a name="_ftn21" href="#_ftnref21" class=" cleaner">[21]</a>&nbsp;Cf. Saint Paul VI, Lett. ap. <a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/apost_letters/documents/hf_p-vi_apl_19710514_octogesima-adveniens.html"><i>Octogesima adveniens</i></a>&nbsp;(14 mai 1971), n. 4 : <i>AAS</i> 63/6 (1971), p. 403.</p> 
<p><a name="_ftn22" href="#_ftnref22" class=" cleaner">[22]</a>&nbsp;Cf. Fran&ccedil;ois, Exhort. ap. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html#Le_dialogue_entre_la_foi,_la_raison_et_les_sciences"><i>Evangelii gaudium</i></a> <i></i>(24 novembre 2013), n. 243 : <i>AAS </i>105 (2013), p. 1118.</p> 
<p><a name="_ftn23" href="#_ftnref23" class=" cleaner">[23]</a>&nbsp;Cf. Pie XII, Exhort. ap. <i>Menti Nostrae </i>(23 septembre 1950) : <i>AAS </i>42 (1950), pp. 657-702.</p> 
<p><a name="_ftn24" href="#_ftnref24" class=" cleaner">[24]</a>&nbsp;Saint Jean-Paul II, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_01051991_centesimus-annus.html"><i>Centesimus annus</i></a>&nbsp;(1 <sup>er</sup> mai 1991), n. 5 : <i>AAS</i> 83 (1991), p. 799.</p> 
<p><a name="_ftn25" href="#_ftnref25" class=" cleaner">[25]</a>&nbsp;Pie&nbsp;XI, Lett. enc. <i>Quadragesimo anno </i>(15 mai 1931), n. 39 : <i>AAS</i> 23 (1931), p. 189 ; cf. Pie XII, <i>Message radiophonique &agrave; l’occasion du 50<sup>e</sup> anniversaire de </i>&laquo;&nbsp; <i>Rerum novarum</i>&nbsp;&raquo;&nbsp;: <i>AAS</i> 33 (1941), p. 198.</p> 
<p><a name="_ftn26" href="#_ftnref26" class=" cleaner">[26]</a>&nbsp;Cf.&nbsp;Id, <i>Discours au Sacr&eacute; Coll&egrave;ge des Cardinaux et &agrave; la Pr&eacute;lature Romaine </i>(24 d&eacute;cembre 1940)&nbsp;: <i>AAS</i> 33 (1941), p. 13.</p> 
<p><a name="_ftn27" href="#_ftnref27" class=" cleaner">[27]</a>&nbsp;Cf. Saint Jean XXIII, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-xxiii/fr/encyclicals/documents/hf_j-xxiii_enc_15051961_mater.html"><i>Mater et magistra</i></a>&nbsp;(15 mai 1961), nn. 2-3 : <i>AAS</i> 53 (1961), p. 402.</p> 
<p><a name="_ftn28" href="#_ftnref28" class=" cleaner">[28]</a>&nbsp;Cf. Id, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-xxiii/fr/encyclicals/documents/hf_j-xxiii_enc_11041963_pacem.html"><i>Pacem in terris</i></a>&nbsp;(11 avril 1963), n. 87 : <i>AAS</i> 55 (1963), p. 301.</p> 
<p><a name="_ftn29" href="#_ftnref29" class=" cleaner">[29]</a>&nbsp;Cf. Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html"><i>Gaudium et spes</i></a> <i>, </i>n. 26 : <i>AAS </i>58 (1966), pp. 1046-1047.</p> 
<p><a name="_ftn30" href="#_ftnref30" class=" cleaner">[30]</a>&nbsp;Cf.&nbsp;Id, D&eacute;cl. <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_decl_19651207_dignitatis-humanae_fr.html"><i>Dignitatis humanae</i></a> <i>, </i>n. 2 : <i>AAS</i> 58 (1966), pp. 930-931.</p> 
<p><a name="_ftn31" href="#_ftnref31" class=" cleaner">[31]</a>&nbsp;Cf. Saint Paul VI, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_26031967_populorum.html"><i>Populorum progressio</i></a> <i></i>(26 mars 1967), n. 14 : <i>AAS </i>59 (1967), p. 264.</p> 
<p><a name="_ftn32" href="#_ftnref32" class=" cleaner">[32]</a> <a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_26031967_populorum.html"><i>Ibid.</i></a>, n. 87 : <i>AAS </i>59 (1967), p. 299.</p> 
<p><a name="_ftn33" href="#_ftnref33" class=" cleaner">[33]</a>Id, Lett. ap. <a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/apost_letters/documents/hf_p-vi_apl_19710514_octogesima-adveniens.html"><i>Octogesima adveniens</i></a> <i></i>(14 mai 1971), nn. 4-7 : <i>AAS </i>63 (1971), pp. 404-406.</p> 
<p><a name="_ftn34" href="#_ftnref34" class=" cleaner">[34]</a>&nbsp;Saint Jean-Paul II, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_30121987_sollicitudo-rei-socialis.html"><i>Sollicitudo rei socialis</i></a>&nbsp;(30 d&eacute;cembre 1987), p. 36 : <i>AAS</i> 80 (1988), p. 561.</p> 
<p><a name="_ftn35" href="#_ftnref35" class=" cleaner">[35]</a>&nbsp;Cf. Id, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_14091981_laborem-exercens.html"><i>Laborem exercens</i></a>&nbsp;(14 septembre 1981), n. 19 : <i>AAS</i> 73 (1981), pp. 625-629.</p> 
<p><a name="_ftn36" href="#_ftnref36" class=" cleaner">[36]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_14091981_laborem-exercens.html"><i>ibid.</i></a>, n. 10 : <i>AAS </i>73 (1981), pp. 600-602.</p> 
<p><a name="_ftn37" href="#_ftnref37" class=" cleaner">[37]</a>&nbsp;Cf. Id, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_30121987_sollicitudo-rei-socialis.html"><i>Sollicitudo rei socialis</i></a> <i></i>(30 d&eacute;cembre 1987), n. 14 : <i>AAS</i> 80 (1988), pp. 526-528.</p> 
<p><a name="_ftn38" href="#_ftnref38" class=" cleaner">[38]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_30121987_sollicitudo-rei-socialis.html"><i>ibid.</i></a>, n. 16 : <i>AAS</i> 80 (1988), p. 531.</p> 
<p><a name="_ftn39" href="#_ftnref39" class=" cleaner">[39]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_30121987_sollicitudo-rei-socialis.html"><i>ibid.</i></a>, nn. 31-33 : <i>AAS</i> 80 (1988), pp. 555-559.</p> 
<p><a name="_ftn40" href="#_ftnref40" class=" cleaner">[40]</a>&nbsp;Cf. Id, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_01051991_centesimus-annus.html"><i>Centesimus annus</i></a>&nbsp;(1 <sup>er</sup> mai 1991), n. 46 : <i>AAS</i> 83 (1991), pp. 850-851.</p> 
<p><a name="_ftn41" href="#_ftnref41" class=" cleaner">[41]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_01051991_centesimus-annus.html"><i>ibid.</i></a>, n. 42 : <i>AAS</i> 83 (1991), pp. 845-846.</p> 
<p><a name="_ftn42" href="#_ftnref42" class=" cleaner">[42]</a>&nbsp;Beno&icirc;t XVI, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate.html#21."><i>Caritas in veritate</i></a>&nbsp;(29 juin 2009), n. 21 : <i>AAS</i> 101 (2009), p. 656.</p> 
<p><a name="_ftn43" href="#_ftnref43" class=" cleaner">[43]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate.html#22."><i>ibid.</i></a>, n. 22 : <i>AAS</i> 101 (2009), p. 657.</p> 
<p><a name="_ftn44" href="#_ftnref44" class=" cleaner">[44]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate.html#24."><i>ibid.</i></a>, n. 24 : <i>AAS </i>101 (2009), pp. 658-659.</p> 
<p><a name="_ftn45" href="#_ftnref45" class=" cleaner">[45]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate.html#36."><i>ibid.</i></a>, n. 36 : <i>AAS </i>101 (2009), pp. 671-672.</p> 
<p><a name="_ftn46" href="#_ftnref46" class=" cleaner">[46]</a> <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate.html#2."><i>Ibid.</i></a>, n. 2 : <i>AAS </i>101 (2009), p. 642.</p> 
<p><a name="_ftn47" href="#_ftnref47" class=" cleaner">[47]</a>&nbsp;Cf. Fran&ccedil;ois, Exhort. ap. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html#La_place_privil%C3%A9gi%C3%A9e_des_pauvres_dans_le_peuple_de_Dieu"><i>Evangelii gaudium</i></a> <i></i>(24 novembre 2013), n. 198 : <i>AAS </i>105 (2013), p. 1103.</p> 
<p><a name="_ftn48" href="#_ftnref48" class=" cleaner">[48]</a>Id., Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html#49."><i>Laudato si’</i></a>&nbsp;(24 mai 2015), n. 49 : <i>AAS</i> 107 (2015), p. 866.</p> 
<p><a name="_ftn49" href="#_ftnref49" class=" cleaner">[49]</a>&nbsp;Id., Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html#127"><i>Fratelli tutti</i></a> <i></i>(3 octobre 2020), n. 127 : <i>AAS</i> 112 (2020), p. 1013.</p> 
<p><a name="_ftn50" href="#_ftnref50" class=" cleaner">[50]</a>&nbsp;Id., Lett. enc. <i><a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/20241024-enciclica-dilexit-nos.html">Dilexit nos</a> </i>(24 octobre 2024), n. 167 : <i>AAS </i>116 (2024), p. 1421.</p> 
<p><a name="_ftn51" href="#_ftnref51" class=" cleaner">[51]</a>&nbsp;Cf. Conseil pontifical &laquo;&nbsp;Justice et Paix&nbsp;&raquo;, <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060526_compendio-dott-soc_fr.html"><i>Compendium de la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise</i></a>, Cit&eacute; du Vatican 2004, n. 32.</p> 
<p><a name="_ftn52" href="#_ftnref52" class=" cleaner">[52]</a>&nbsp;Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html"><i>Gaudium et spes</i></a>, n. 24 : <i>AAS</i> 58 (1966), p. 1045.</p> 
<p><a name="_ftn53" href="#_ftnref53" class=" cleaner">[53]</a> <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html"><i>Ibid.</i></a>, n. 22 : <i>AAS </i>58 (1966), p. 1042.</p> 
<p><a name="_ftn54" href="#_ftnref54" class=" cleaner">[54]</a>&nbsp;Cf. Conseil pontifical &laquo;&nbsp;Justice et Paix&nbsp;&raquo;, <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060526_compendio-dott-soc_fr.html"><i>Compendium de la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise</i></a>, n. 38.</p> 
<p><a name="_ftn55" href="#_ftnref55" class=" cleaner">[55]</a>&nbsp;Saint Jean-Paul II, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_04031979_redemptor-hominis.html"><i>Redemptor hominis</i></a>&nbsp;(4 mars 1979), n. 14 : <i>AAS</i> 71 (1979), p. 284.</p> 
<p><a name="_ftn56" href="#_ftnref56" class=" cleaner">[56]</a>&nbsp;Cf. Beno&icirc;t XVI, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate.html#11."><i>Caritas in veritate</i></a>&nbsp;(29 juin 2009), n. 11 : <i>AAS</i> 101 (2009), pp. 647-648.</p> 
<p><a name="_ftn57" href="#_ftnref57" class=" cleaner">[57]</a>&nbsp;Saint Jean-Paul II, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_06081993_veritatis-splendor.html"><i>Veritatis splendor</i></a>&nbsp;(6 ao&ucirc;t 1993), n. 3 : <i>AAS</i> 85 (1993), p. 1159.</p> 
<p><a name="_ftn58" href="#_ftnref58" class=" cleaner">[58]</a>&nbsp;Cf. Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html"><i>Gaudium et spes</i></a> <i>,</i>&nbsp;n. 26 : <i>AAS</i> 58 (1966), pp. 1046-1047.</p> 
<p><a name="_ftn59" href="#_ftnref59" class=" cleaner">[59]</a>&nbsp;Cf. Saint Jean-Paul II, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_01051991_centesimus-annus.html"><i>Centesimus annus</i></a>&nbsp;(1 <sup>er</sup> mai 1991), n. 11 : <i>AAS</i> 83 (1991), pp. 806-807.</p> 
<p><a name="_ftn60" href="#_ftnref60" class=" cleaner">[60]</a>&nbsp;Cf. Dicast&egrave;re pour la Doctrine de la Foi, D&eacute;cl. <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_ddf_doc_20240402_dignitas-infinita_fr.html"><i>Dignitas infinita</i></a> <i></i>(2 avril 2024), n. 7&nbsp; <i>: AAS</i> 116 (2024), pp. 592-593.</p> 
<p><a name="_ftn61" href="#_ftnref61" class=" cleaner">[61]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_ddf_doc_20240402_dignitas-infinita_fr.html"><i>ibid.</i></a>, n. 8 : <i>AAS</i> 116 (2024), pp. 593-594.</p> 
<p><a name="_ftn62" href="#_ftnref62" class=" cleaner">[62]</a> <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_ddf_doc_20240402_dignitas-infinita_fr.html"><i>Ibid.</i></a>, n. 1&nbsp;: <i>AAS</i> 116 (2024), pp. 589-590.</p> 
<p><a name="_ftn63" href="#_ftnref63" class=" cleaner">[63]</a>&nbsp;Cf. Saint Jean-Paul II, <i>Ang&eacute;lus avec les personnes handicap&eacute;es dans la cath&eacute;drale d’Osnabr&uuml;ck </i>(16 novembre 1980)&nbsp;: <i>Enseignements de Jean-Paul II</i>, vol. III/2, Cit&eacute; du Vatican 1980, p. 1232.</p> 
<p><a name="_ftn64" href="#_ftnref64" class=" cleaner">[64]</a>&nbsp;Conseil pontifical &laquo;&nbsp;Justice et Paix&nbsp;&raquo;, <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060526_compendio-dott-soc_fr.html"><i>Compendium de la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise</i></a>, n. 152.</p> 
<p><a name="_ftn65" href="#_ftnref65" class=" cleaner">[65]</a>&nbsp;Cf. Saint Jean-Paul II, <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/speeches/1995/october/documents/hf_jp-ii_spe_05101995_address-to-uno.html"><i>Discours &agrave; la 50<sup>e</sup> Assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale des Nations Unies</i></a>&nbsp;(5 octobre 1995), n. 2&nbsp;: <i>Enseignements de Jean-Paul II</i>, vol. XVIII/2, Cit&eacute; du Vatican 1998, p. 731.</p> 
<p><a name="_ftn66" href="#_ftnref66" class=" cleaner">[66]</a>&nbsp;Id., <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/speeches/1979/october/documents/hf_jp-ii_spe_19791002_general-assembly-onu.html"><i>Discours &agrave; la 34<sup>e</sup> Assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale des Nations Unies</i></a>&nbsp;(2 octobre 1979), n. 7 : <i>AAS</i> 71 (1979), pp. 1148.</p> 
<p><a name="_ftn67" href="#_ftnref67" class=" cleaner">[67]</a>&nbsp;Id., <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/messages/peace/documents/hf_jp-ii_mes_14121998_xxxii-world-day-for-peace.html"><i>Message pour la 32<sup>e</sup> Journ&eacute;e mondiale de la paix</i></a> <i></i>(1 <sup>er</sup> janvier 1999), n. 3 : <i>AAS</i> 91 (1999), p. 379.</p> 
<p><a name="_ftn68" href="#_ftnref68" class=" cleaner">[68]</a>&nbsp;Cf. Saint Jean XXIII, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-xxiii/fr/encyclicals/documents/hf_j-xxiii_enc_11041963_pacem.html"><i>Pacem in terris</i></a> <i></i>(11 avril 1963) <i>,</i> n. 5 : <i>AAS</i> 55 (1963), p. 259.</p> 
<p><a name="_ftn69" href="#_ftnref69" class=" cleaner">[69]</a>&nbsp;Saint Paul VI, <a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/messages/pont-messages/documents/hf_p-vi_mess_19680415_confer-teheran.html"><i>Message &agrave; la Conf&eacute;rence internationale sur les droits de l’homme</i></a>&nbsp;(15 avril 1968) : <i>AAS</i> 60 (1968), p. 285.</p> 
<p><a name="_ftn70" href="#_ftnref70" class=" cleaner">[70]</a>&nbsp;Cf. Saint Jean-Paul II, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_25031995_evangelium-vitae.html"><i>Evangelium vitae</i></a>&nbsp;(25 mars 1995), n. 2 : <i>AAS</i> 87 (1995), p. 402.</p> 
<p><a name="_ftn71" href="#_ftnref71" class=" cleaner">[71]</a>&nbsp;Cf. Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html"><i>Gaudium et spes</i></a> <i>,</i>&nbsp;n. 27 : <i>AAS</i> 58 (1966), pp. 1047-1048&nbsp;; Saint Jean-Paul II, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_06081993_veritatis-splendor.html"><i>Veritatis splendor</i></a>, (6 ao&ucirc;t 1993), n. 80 : <i>AAS</i> 85 (1993), pp. 1197-1198&nbsp;; Id, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_25031995_evangelium-vitae.html"><i>Evangelium vitae</i></a>&nbsp;(25 mars 1995), nn. 7-28 : <i>AAS</i> 87 (1995), pp. 408-427.</p> 
<p><a name="_ftn72" href="#_ftnref72" class=" cleaner">[72]</a>&nbsp;Fran&ccedil;ois, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html#208"><i>Fratelli tutti</i></a> <i></i>(3 octobre 2020), n. 208 : <i>AAS</i> 112 (2020), p. 1043.</p> 
<p><a name="_ftn73" href="#_ftnref73" class=" cleaner">[73]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html#208"><i>ibid.</i></a>, n. 209 : <i>AAS</i> 112 (2020), pp. 1043-1044.</p> 
<div>
 <p><a name="_ftn74" href="#_ftnref74" class=" cleaner">[74]</a> <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html#208"><i>Ibid.</i></a>, n. 23 : <i>AAS</i> 112 (2020), p. 977. Cf. Id., Exhort. ap. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html#Avoir_soin_de_la_fragilit%C3%A9"><i>Evangelii gaudium</i></a>&nbsp;(24 novembre 2013), n. 212&nbsp;: <i>AAS</i> 105 (2013), p. 1108.</p> 
 <p><a name="_ftn75" href="#_ftnref75" class=" cleaner">[75]</a>Beno&icirc;t XVI, Exhort. ap. <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/apost_exhortations/documents/hf_ben-xvi_exh_20070222_sacramentum-caritatis.html"><i>Sacramentum caritatis</i></a>&nbsp;(22 f&eacute;vrier 2007), n. 83 : <i>AAS</i> 99 (2007), p. 169.</p> 
 <p><a name="_ftn76" href="#_ftnref76" class=" cleaner">[76]</a>&nbsp;Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html"><i>Gaudium et spes</i></a> <i>,</i>&nbsp;n. 26 : <i>AAS</i> 58 (1966), pp. 1046-1047.</p> 
 <p><a name="_ftn77" href="#_ftnref77" class=" cleaner">[77]</a>&nbsp;Cf. Conseil pontifical &laquo;&nbsp;Justice et Paix&nbsp;&raquo;, <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060526_compendio-dott-soc_fr.html"><i>Compendium de la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise</i></a>, n. 164.</p> 
 <p><a name="_ftn78" href="#_ftnref78" class=" cleaner">[78]</a>&nbsp;Fran&ccedil;ois, Exhort. ap. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html#Le_tout_est_sup%C3%A9rieur_%C3%A0_la_partie"><i>Evangelii gaudium</i></a> <i></i>(24 novembre 2013), n. 235 : <i>AAS</i> 105 (2013), p. 1115.</p> 
 <p><a name="_ftn79" href="#_ftnref79" class=" cleaner">[79]</a>&nbsp;Id., Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html#105"><i>Fratelli tutti</i></a>&nbsp;(3 octobre 2020), n. 105 : <i>AAS</i> 112 (2020), p.&nbsp;1005.</p> 
 <p><a name="_ftn80" href="#_ftnref80" class=" cleaner">[80]</a>&nbsp;Saint Jean-Paul II, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_30121987_sollicitudo-rei-socialis.html"><i>Sollicitudo rei socialis</i></a>&nbsp;(30 d&eacute;cembre 1987), n. 38 : <i>AAS</i> 80 (1988), p. 564.</p> 
 <p><a name="_ftn81" href="#_ftnref81" class=" cleaner">[81]</a>Fran&ccedil;ois, Exhort. ap. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html#3._Le_bien_commun_et_la_paix_sociale"><i>Evangelii gaudium</i></a> <i></i>(24 novembre 2013), n. 220 : <i>AAS</i> 105 (2013), p. 1110.</p> 
 <p><a name="_ftn82" href="#_ftnref82" class=" cleaner">[82]</a>&nbsp;Conseil pontifical &laquo;&nbsp;Justice et Paix&nbsp;&raquo;, <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060526_compendio-dott-soc_fr.html"><i>Compendium de la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise</i></a>, n. 169.</p> 
 <p><a name="_ftn83" href="#_ftnref83" class=" cleaner">[83]</a>&nbsp;Fran&ccedil;ois, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html#16"><i>Fratelli tutti</i></a>&nbsp;(3 octobre 2020), n. 16 : <i>AAS</i> 112 (2020), p. 974.</p> 
 <p><a name="_ftn84" href="#_ftnref84" class=" cleaner">[84]</a>&nbsp;Cf. Saint Jean-Paul II, <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/speeches/1995/october/documents/hf_jp-ii_spe_05101995_address-to-uno.html"><i>Discours &agrave; la 50<sup>e</sup> Assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale des Nations Unies</i></a>&nbsp;(5 octobre 1995), n. 8&nbsp;: <i>Enseignements de Jean-Paul II</i>, vol. XVIII/2, p. 735.</p> 
 <p><a name="_ftn85" href="#_ftnref85" class=" cleaner">[85]</a>&nbsp;Conseil pontifical &laquo;&nbsp;Justice et Paix&nbsp;&raquo;, <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060526_compendio-dott-soc_fr.html"><i>Compendium de la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise</i></a>, n. 171.</p> 
 <p><a name="_ftn86" href="#_ftnref86" class=" cleaner">[86]</a>&nbsp;Saint Jean-Paul II, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_01051991_centesimus-annus.html"><i>Centesimus annus</i></a>&nbsp;(1 <sup>er</sup> mai 1991), n. 31 : <i>AAS</i> 83/10 (1991), p. 831.</p> 
 <p><a name="_ftn87" href="#_ftnref87" class=" cleaner">[87]</a>&nbsp;Id., <i>Hom&eacute;lie lors de la messe c&eacute;l&eacute;br&eacute;e pour les agriculteurs &agrave; Recife, au Br&eacute;sil</i> (7 juillet 1980), n. 4 : <i>AAS</i> 72 (1980), p. 926.</p> 
 <p><a name="_ftn88" href="#_ftnref88" class=" cleaner">[88]</a>&nbsp;Id, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_14091981_laborem-exercens.html"><i>Laborem exercens</i></a>&nbsp;(14 septembre 1981), n. 19 : <i>AAS</i> 73 (1981), p. 626.</p> 
 <p><a name="_ftn89" href="#_ftnref89" class=" cleaner">[89]</a>&nbsp;Fran&ccedil;ois, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html#93."><i>Laudato si’</i></a>&nbsp;(24 mai 2015), n. 93&nbsp;: <i>AAS</i> 107 (2025), p. 884&nbsp;; cf. Id., Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html#120"><i>Fratelli tutti</i></a>&nbsp;(3 octobre 2020), n. 120 : <i>AAS</i> 112 (2020), p. 1010.</p> 
 <p><a name="_ftn90" href="#_ftnref90" class=" cleaner">[90]</a>&nbsp;Id., Exhort. ap. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html#Unis_%C3%A0_Dieu_nous_%C3%A9coutons_un_cri"><i>Evangelii gaudium</i></a> <i></i>(24 novembre 2013), n. 189 : <i>AAS</i> 105 (2013), p. 1099.</p> 
 <p><a name="_ftn91" href="#_ftnref91" class=" cleaner">[91]</a>&nbsp;Cf. Conseil pontifical &laquo;&nbsp;Justice et Paix&nbsp;&raquo;, <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060526_compendio-dott-soc_fr.html"><i>Compendium de la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise</i></a>, n. 187.</p> 
 <p><a name="_ftn92" href="#_ftnref92" class=" cleaner">[92]</a>&nbsp;Cf. L&eacute;on XIII, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiii/fr/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_15051891_rerum-novarum.html"><i>Rerum Novarum</i></a> <i></i>(15 mai 1891), n. 26 : <i>AAS</i> 23 (1890-1891), p. 656.</p> 
 <p><a name="_ftn93" href="#_ftnref93" class=" cleaner">[93]</a>&nbsp;Cf. Saint Jean-Paul II, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_01051991_centesimus-annus.html"><i>Centesimus annus</i></a> <i></i>(1 <sup>er</sup> mai 1991), n. 11 : <i>AAS </i>83 (1991), pp. 806-807.</p> 
 <p><a name="_ftn94" href="#_ftnref94" class=" cleaner">[94]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_01051991_centesimus-annus.html"><i>ibid.</i></a></p> 
 <p><a name="_ftn95" href="#_ftnref95" class=" cleaner">[95]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_01051991_centesimus-annus.html"><i>ibid.</i></a>, n. 48 : <i>AAS </i>83 (1991), pp. 852-854.</p> 
 <p><a name="_ftn96" href="#_ftnref96" class=" cleaner">[96]</a>&nbsp;Cf. Fran&ccedil;ois, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html#169"><i>Fratelli tutti</i></a>&nbsp;(3 octobre 2020), n. 169 : <i>AAS </i>112 (2020), p. 1028.</p> 
 <p><a name="_ftn97" href="#_ftnref97" class=" cleaner">[97]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html#168"><i>ibid.</i></a>, n. 168 : <i>AAS </i>112 (2020), pp. 1027-1028.</p> 
 <p><a name="_ftn98" href="#_ftnref98" class=" cleaner">[98]</a>&nbsp;Cf. Saint Paul VI, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_26031967_populorum.html"><i>Populorum progressio</i></a>&nbsp;(26 mars 1967), n. 17 : <i>AAS</i> 59 (1967), pp. 265-266.</p> 
 <p><a name="_ftn99" href="#_ftnref99" class=" cleaner">[99]</a>&nbsp;Fran&ccedil;ois, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html#32"><i>Fratelli tutti</i></a>&nbsp;(3 octobre 2020), nn. 32 et 54 : <i>AAS </i>112 (2020), pp. 980 et 988.</p> 
 <p><a name="_ftn100" href="#_ftnref100" class=" cleaner">[100]</a>&nbsp;Cf. Beno&icirc;t XVI, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate.html#58."><i>Caritas in veritate</i></a>&nbsp;(29 juin 2009), n. 58 : <i>AAS</i> 101 (2009), pp. 693-694.</p> 
 <p><a name="_ftn101" href="#_ftnref101" class=" cleaner">[101]</a>&nbsp;Fran&ccedil;ois, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html#116"><i>Fratelli tutti</i></a>, (3 octobre 2020), n. 116 : <i>AAS </i>112 (2020), p. 1009.</p> 
 <p><a name="_ftn102" href="#_ftnref102" class=" cleaner">[102]</a>&nbsp;Saint Jean-Paul II, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_30121987_sollicitudo-rei-socialis.html"><i>Sollicitudo rei socialis</i></a> <i></i>(30 d&eacute;cembre 1987), n. 38 : <i>AAS</i> 80 (1988), p. 564.</p> 
 <p><a name="_ftn103" href="#_ftnref103" class=" cleaner">[103]</a>&nbsp;Fran&ccedil;ois, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html#116"><i>Fratelli tutti</i></a>, (3 octobre 2020), n. 116 : <i>AAS</i> 112 (2020), p. 1009.</p> 
 <p><a name="_ftn104" href="#_ftnref104" class=" cleaner">[104]</a>&nbsp;Cf. Beno&icirc;t XVI, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate.html#48."><i>Caritas in veritate</i></a>&nbsp;(29 juin 2009), n. 48 : <i>AAS</i> 101 (2009), p. 685.</p> 
 <p><a name="_ftn105" href="#_ftnref105" class=" cleaner">[105]</a>&nbsp;Cf. Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html"><i>Gaudium et spes</i></a>, n. 25 : <i>AAS</i> 58 (1966), pp. 1045-1046.</p> 
 <p><a name="_ftn106" href="#_ftnref106" class=" cleaner">[106]</a>&nbsp;Cf. Saint Jean-Paul II, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_30121987_sollicitudo-rei-socialis.html"><i>Sollicitudo rei socialis</i></a> <i></i>(30 d&eacute;cembre 1987), n. 42 : <i>AAS</i> 80 (1988), pp. 572-574.</p> 
 <p><a name="_ftn107" href="#_ftnref107" class=" cleaner">[107]</a>&nbsp;Fran&ccedil;ois, Exhort. ap. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html#Non_%C3%A0_une_%C3%A9conomie_de_l%E2%80%99exclusion"><i>Evangelii gaudium</i></a>, (24 novembre 2013) n. 53 : <i>AAS</i> 105 (2013), p. 1042.</p> 
 <p><a name="_ftn108" href="#_ftnref108" class=" cleaner">[108]</a>&nbsp;Cf. Saint Jean-Paul II, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_30121987_sollicitudo-rei-socialis.html"><i>Sollicitudo rei socialis</i></a>&nbsp;(30 d&eacute;cembre 1987), nn. 36-37 : <i>AAS</i> 80 (1988), pp. 561-564.</p> 
 <p><a name="_ftn109" href="#_ftnref109" class=" cleaner">[109]</a>&nbsp;Fran&ccedil;ois, <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/messages/migration/documents/20240524-world-migrants-day-2024.html"><i>Message pour la 110<sup>e</sup> Journ&eacute;e Mondiale du Migrant et du R&eacute;fugi&eacute;</i>&nbsp;<i>2024</i></a>&nbsp;(29 septembre 2024) : <i>AAS</i> 116 (2024), p. 735.</p> 
 <p><a name="_ftn110" href="#_ftnref110" class=" cleaner">[110]</a>&nbsp;Saint Paul VI, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_26031967_populorum.html"><i>Populorum progressio</i></a>&nbsp;(26 mars 1967), n. 14 : <i>AAS</i> 59 (1967), p. 264.</p> 
 <p><a name="_ftn111" href="#_ftnref111" class=" cleaner">[111]</a>&nbsp;Cf. <i>ibid</i>., n. 17 : <i>AAS</i> 59 (1967), pp. 265-266&nbsp;; Fran&ccedil;ois, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html#125"><i>Fratelli tutti</i></a>&nbsp;(3 octobre 2020), nn. 125-127 : <i>AAS</i> 112 (2020), pp. 1012-1013.</p> 
 <p><a name="_ftn112" href="#_ftnref112" class=" cleaner">[112]</a>&nbsp;Cf. Saint Paul VI, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_26031967_populorum.html"><i>Populorum Progressio</i></a>&nbsp;(26 mars 1967), n. 14 : <i>AAS</i> 59 (1967), p. 264&nbsp;; Beno&icirc;t XVI, <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/speeches/2007/january/documents/hf_ben-xvi_spe_20070108_diplomatic-corps.html"><i>Discours au Corps Diplomatique accr&eacute;dit&eacute; pr&egrave;s le Saint-Si&egrave;ge</i></a>&nbsp;(8 janvier 2007)&nbsp;: <i>AAS</i> 99 (2007), p. 73&nbsp;; Fran&ccedil;ois, <i>Discours aux Repr&eacute;sentants des peuples autochtones &agrave; l’occasion de la 60<sup>e</sup> session du Conseil des Gouverneurs du Fonds International de D&eacute;veloppement Agricole</i> (15 f&eacute;vrier 2017)&nbsp;: <i>AAS</i> 109 (2017), pp. 244-245.</p> 
 <p><a name="_ftn113" href="#_ftnref113" class=" cleaner">[113]</a> <a href="https://www.synod.va/content/dam/synod/news/2024-10-26_final-document/FRA---Documento-finale.pdf"><i>Document Final de la Deuxi&egrave;me Session de la 16<sup>e</sup> Assembl&eacute;e G&eacute;n&eacute;rale Ordinaire du Synode des &Eacute;v&ecirc;ques</i></a> <i></i>(26 octobre 2024), n. 17.</p> 
 <p><a name="_ftn114" href="#_ftnref114" class=" cleaner">[114]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.synod.va/content/dam/synod/news/2024-10-26_final-document/FRA---Documento-finale.pdf"><i>ibid.</i></a>, n. 11.</p> 
 <p><a name="_ftn115" href="#_ftnref115" class=" cleaner">[115]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.synod.va/content/dam/synod/news/2024-10-26_final-document/FRA---Documento-finale.pdf"><i>ibid.</i></a>, nn. 103-108.</p> 
 <p><a name="_ftn116" href="#_ftnref116" class=" cleaner">[116]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.synod.va/content/dam/synod/news/2024-10-26_final-document/FRA---Documento-finale.pdf"><i>ibid.</i></a>, nn. 100-101.</p> 
 <p><a name="_ftn117" href="#_ftnref117" class=" cleaner">[117]</a>&nbsp;Cf. Fran&ccedil;ois, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html#94"><i>Fratelli tutti</i></a>&nbsp;(3 octobre 2020), n. 94 : <i>AAS</i> 112 (2020), p. 1001.</p> 
 <p><a name="_ftn118" href="#_ftnref118" class=" cleaner">[118]</a>&nbsp;Cf. Conseil pontifical &laquo;&nbsp;Justice et Paix&nbsp;&raquo;, <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060526_compendio-dott-soc_fr.html"><i>Compendium de la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise</i></a>, n. 53.</p> 
 <p><a name="_ftn119" href="#_ftnref119" class=" cleaner">[119]</a>&nbsp;Cf. Fran&ccedil;ois, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html#106."><i>Laudato si’</i></a>&nbsp;(24 mai 2015), nn. 106-109&nbsp;: <i>AAS</i> 107 (2015), pp. 889-891.</p> 
 <p><a name="_ftn120" href="#_ftnref120" class=" cleaner">[120]</a>&nbsp;R. Guardini, <i>Das Ende der Neuzeit</i>, W&uuml;rzburg 1965, p. 87 (&eacute;dition fran&ccedil;aise&nbsp;: <i>La fin des temps modernes</i>, Paris 1952, p. 92, par la suite &eacute;d. fr.).</p> 
 <p><a name="_ftn121" href="#_ftnref121" class=" cleaner">[121]</a>&nbsp;Saint Paul VI, <a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/speeches/1970/documents/hf_p-vi_spe_19701116_xxv-istituzione-fao.html"><i>Discours &agrave; l’occasion du 25<sup>e</sup> anniversaire de la FAO</i></a>&nbsp;(16 novembre 1970) : <i>AAS</i> 62 (1970), p. 833.</p> 
 <p><a name="_ftn122" href="#_ftnref122" class=" cleaner">[122]</a>&nbsp;Cf. Fran&ccedil;ois, <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2019/november/documents/papa-francesco_20191111_consiglio-capitalismo-inclusivo.html"><i>Discours aux membres du Conseil pour un capitalisme inclusif</i></a>&nbsp;(11 novembre 2019)&nbsp;: <i>L’Osservatore Romano</i>, 11-12 novembre 2019, p. 8.</p> 
 <p><a name="_ftn123" href="#_ftnref123" class=" cleaner">[123]</a>&nbsp;Cf. Dicast&egrave;re pour la Doctrine de la Foi – Dicast&egrave;re pour la Culture et l’&Eacute;ducation, Note <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_ddf_doc_20250128_antiqua-et-nova_fr.html"><i>Antiqua et nova</i></a>&nbsp;(14 janvier 2025)&nbsp;: <i>AAS </i>117 (2025), pp. 159-210&nbsp;; Fran&ccedil;ois, <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/messages/peace/documents/20231208-messaggio-57giornatamondiale-pace2024.html"><i>Message pour la 57<sup>e</sup> Journ&eacute;e Mondiale de la Paix</i></a> <i></i>(8 d&eacute;cembre 2023)&nbsp;: <i>AAS</i> 116 (2024), pp. 54-64&nbsp;; Id., <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/messages/communications/documents/20240124-messaggio-comunicazioni-sociali.html"><i>Message pour la 58<sup>e</sup> Journ&eacute;e Mondiale des Communications Sociales</i></a>&nbsp;(24 janvier 2024)&nbsp;: <i>AAS</i> 116 (2024), pp. 261-266&nbsp;; Id., <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2024/june/documents/20240614-g7-intelligenza-artificiale.html"><i>Discours &agrave; la Session du G7 sur l’intelligence artificielle. “Un outil fascinant et redoutable”</i></a>&nbsp;(14 juin 2024)&nbsp;: <i>AAS</i> 116 (2024), pp. 866.875&nbsp;;&nbsp;Commission Th&eacute;ologique Internationale, <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/cti_documents/rc_cti_doc_20260304_quo-vadis-humanits_fr.html"><i>Quo vadis, humanitas&nbsp;? R&eacute;fl&eacute;chir &agrave; l’anthropologie chr&eacute;tienne face &agrave; certains sc&eacute;narios sur l’avenir de l’humanit&eacute;</i></a>&nbsp;(9 f&eacute;vrier 2026)&nbsp;; <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/messages/communications/documents/20260124-messaggio-comunicazioni-sociali.html"><i>Message pour la 60<sup>e</sup> Journ&eacute;e Mondiale des Communications Sociales</i></a>&nbsp;(24 janvier 2026)&nbsp;: <i>L’Osservatore Romano</i>, 24 janvier 2026, pp. 2-3.</p> 
 <p><a name="_ftn124" href="#_ftnref124" class=" cleaner">[124]</a>&nbsp;Cf. Dicast&egrave;re pour la Doctrine de la Foi – Dicast&egrave;re pour la Culture et l’&Eacute;ducation, Note <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_ddf_doc_20250128_antiqua-et-nova_fr.html"><i>Antiqua et nova</i></a>&nbsp;(14 janvier 2025), n. 96&nbsp;: <i>AAS </i>117 (2025), p. 201.</p> 
 <p><a name="_ftn125" href="#_ftnref125" class=" cleaner">[125]</a>&nbsp;Fran&ccedil;ois, <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2023/march/documents/20230327-minerva-dialogues.html"><i>Discours aux participants &agrave; la rencontre des &laquo;&nbsp;Minerva Dialogues&nbsp;&raquo; organis&eacute;e par le Dicast&egrave;re pour la Culture et l’&Eacute;ducation</i></a>&nbsp;(27 mars 2023)&nbsp;: <i>AAS </i>115 (2023), p. 465.</p> 
 <p><a name="_ftn126" href="#_ftnref126" class=" cleaner">[126]</a>&nbsp;Cf. Dicast&egrave;re pour la Doctrine de la Foi – Dicast&egrave;re pour la Culture et l’&Eacute;ducation, Note <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_ddf_doc_20250128_antiqua-et-nova_fr.html"><i>Antiqua et nova</i></a>&nbsp;(14 janvier 2025), n. 41&nbsp;: <i>AAS</i> 117 (2025), p. 178.</p> 
 <p><a name="_ftn127" href="#_ftnref127" class=" cleaner">[127]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_ddf_doc_20250128_antiqua-et-nova_fr.html"><i>ibid.</i></a>, nn. 44-45 : <i>AAS</i> 117 (2025), pp. 179-180.</p> 
 <p><a name="_ftn128" href="#_ftnref128" class=" cleaner">[128]</a>&nbsp;Cf. Saint Jean-Paul II, Lett. enc. <a href="http://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/es/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_01051991_centesimus-annus.html"><i><u>Centesimus annus</u></i></a>&nbsp;(1 <sup>er</sup>&nbsp;mai 1991), n. 40&nbsp;: <i>AAS </i>83 (1991), p. 843.</p> 
 <p><a name="_ftn129" href="#_ftnref129" class=" cleaner">[129]</a>&nbsp;Cf. Commission Th&eacute;ologique Internationale, <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/cti_documents/rc_cti_doc_20260304_quo-vadis-humanits_fr.html"><i>Quo vadis, humanitas? R&eacute;fl&eacute;chir &agrave; l’anthropologie chr&eacute;tienne face &agrave; certains sc&eacute;narios sur l’avenir de l’humanit&eacute;</i></a>&nbsp;(9 f&eacute;vrier 2026), n. 63.</p> 
 <p><a name="_ftn130" href="#_ftnref130" class=" cleaner">[130]</a>&nbsp;Cf. Saint Paul VI, <a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/speeches/1970/documents/hf_p-vi_spe_19701116_xxv-istituzione-fao.html"><i>Discours &agrave; l’occasion du 25<sup>e</sup> anniversaire de la FAO</i></a>&nbsp;(16 novembre 1970)&nbsp;: <i>AAS</i> 62 (1970), p. 833.</p> 
 <p><a name="_ftn131" href="#_ftnref131" class=" cleaner">[131]</a>&nbsp;Commission Th&eacute;ologique Internationale, <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/cti_documents/rc_cti_doc_20260304_quo-vadis-humanits_fr.html"><i>Quo vadis, humanitas? R&eacute;fl&eacute;chir &agrave; l’anthropologie chr&eacute;tienne face &agrave; certains sc&eacute;narios sur l’avenir de l’humanit&eacute;</i></a>&nbsp;(9 f&eacute;vrier 2026), n. 3.</p> 
 <p><a name="_ftn132" href="#_ftnref132" class=" cleaner">[132]</a>&nbsp;&laquo;&nbsp;Si le cœur est d&eacute;valoris&eacute;, alors parler avec le cœur, agir avec le cœur, m&ucirc;rir et prendre soin du cœur est &eacute;galement d&eacute;valoris&eacute;. Lorsque la sp&eacute;cificit&eacute; du cœur n’est pas prise en compte, sont perdues les r&eacute;ponses que l’intelligence &agrave; elle seule ne peut donner, perdue la rencontre avec les autres, perdue la po&eacute;sie. Et nous passons &agrave; c&ocirc;t&eacute; de l’histoire et de nos histoires, car la v&eacute;ritable aventure personnelle est celle qui se construit &agrave; partir du cœur. &Agrave; la fin de la vie, c’est tout ce qui comptera&nbsp;&raquo;&nbsp;:&nbsp;Fran&ccedil;ois, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/20241024-enciclica-dilexit-nos.html"><i>Dilexit nos</i></a>&nbsp;(24 octobre 2024), n. 11 : <i>AAS</i> 116 (2024), p. 1372.</p> 
 <p><a name="_ftn133" href="#_ftnref133" class=" cleaner">[133]</a>V. Frankl, <i>Man’s Search for Meaning. An Introduction to Logotherapy</i>, Boston 1963, p. 213.</p> 
 <p><a name="_ftn134" href="#_ftnref134" class=" cleaner">[134]</a>Saint Thomas d’Aquin, <i>Summa Theologiae</i>, I-II, q. 112, a. 1, co. ; q. 114, a. 5, co. : ed. Leonina, VII, Roma 1892, pp. 323 et 349.</p> 
 <p><a name="_ftn135" href="#_ftnref135" class=" cleaner">[135]</a>&nbsp;Cf. <i>ibid.</i>, q. 114, a. 1, co. : ed. Leonina, VII, p. 344.</p> 
 <p><a name="_ftn136" href="#_ftnref136" class=" cleaner">[136]</a>Cf. Id., <i>Super Boetium De Trinitate</i>, q. 1, a. 2, ad 3 : &eacute;d. Leonina, L, Rome 1992, 96 ; <i>Summa Theologiae</i>, I, q. 7, a. 1, ad 3 : &eacute;d. Leonina, IV, Rome 1888, p. 72.</p> 
 <p><a name="_ftn137" href="#_ftnref137" class=" cleaner">[137]</a>&nbsp;Fran&ccedil;ois, Exhort. ap. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html#1._Une_joie_qui_se_renouvelle_et_se_communique"><i>Evangelii gaudium</i></a>&nbsp;(24 novembre 2013), n. 8&nbsp;: <i>AAS</i> 105 (2013), p. 1022.</p> 
 <p><a name="_ftn138" href="#_ftnref138" class=" cleaner">[138]</a>&nbsp;Saint Jean-Paul II, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_04031979_redemptor-hominis.html"><i>Redemptor hominis</i></a>, (4 mars 1979), n. 15&nbsp;: <i>AAS</i> 71 (1979), pp. 286-287.</p> 
 <p><a name="_ftn139" href="#_ftnref139" class=" cleaner">[139]</a>&nbsp;Saint Augustin, <i>De civitate Dei</i>, XIV, 28&nbsp;: <i>CCSL</i> 48, Turnhout 1955, p. 451.</p> 
 <p><a name="_ftn140" href="#_ftnref140" class=" cleaner">[140]</a>&nbsp;Beno&icirc;t XVI, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate.html#34."><i>Caritas in veritate</i></a>&nbsp;(29 juin 2009), n. 34&nbsp;: <i>AAS</i> 101 (2009), pp. 668-669.</p> 
 <p><a name="_ftn141" href="#_ftnref141" class=" cleaner">[141]</a>&nbsp;Saint Jean-Paul II, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_06081993_veritatis-splendor.html"><i>Veritatis splendor</i></a> <i></i>(6 ao&ucirc;t 1993), n. 32&nbsp;: <i>AAS</i> 85 (1993), p. 1159.</p> 
 <p><a name="_ftn142" href="#_ftnref142" class=" cleaner">[142]</a>&nbsp;Fran&ccedil;ois, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html#207"><i>Fratelli tutti</i></a>&nbsp;(3 octobre 2020), n. 207 : <i>AAS </i>112 (2020), p. 1043.</p> 
 <p><a name="_ftn143" href="#_ftnref143" class=" cleaner">[143]</a>H. Arendt, <i>The Origins of Totalitarianism</i>, III, New York 1962, p. 474.</p> 
 <p><a name="_ftn144" href="#_ftnref144" class=" cleaner">[144]</a> <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2025/may/documents/20250512-media.html"><i>Discours aux professionnels de la communication</i></a> <i>&nbsp;: AAS </i>117 (2025), pp. 681-682.</p> 
 <p><a name="_ftn145" href="#_ftnref145" class=" cleaner">[145]</a>&nbsp;Beno&icirc;t XVI, <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/messages/communications/documents/hf_ben-xvi_mes_20130124_47th-world-communications-day.html"><i>Message pour la 47<sup>e</sup> Journ&eacute;e Mondiale des Communications Sociales</i></a> <i></i>(24 janvier 2013)&nbsp;: <i>AAS</i> 105 (2013), p. 183.</p> 
 <p><a name="_ftn146" href="#_ftnref146" class=" cleaner">[146]</a>&nbsp;Fran&ccedil;ois, <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2021/november/documents/20211113-onoreficenze-giornalisti.html"><i>Discours &agrave; l’occasion de la remise de la m&eacute;daille de Chevalier et de Dame Grand-Croix de l’Ordre de Pie IX &agrave; Philip Pullella et Valentina Alazraki</i></a>, <i></i>(13 novembre 2021)&nbsp;: <i>L’Osservatore Romano</i>, 13 novembre 2021, p. 12.</p> 
 <p><a name="_ftn147" href="#_ftnref147" class=" cleaner">[147]</a>&nbsp;Cf. Platon, <i>Lettre VII</i>, 344b-c.&nbsp;: Ed&nbsp;: Souilh&eacute;, XIII/1, Paris 1931 (CUF, S&eacute;rie grecque 63), p. 54.</p> 
 <p><a name="_ftn148" href="#_ftnref148" class=" cleaner">[148]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2025/november/documents/20251113-fondazione-infanzia-adolescenza.html"><i>Discours aux participants au Congr&egrave;s organis&eacute; par la Fondation pour l’&eacute;tude et la recherche sur l’enfance et l’adolescence sur la dignit&eacute; des mineurs &agrave; l’&egrave;re du num&eacute;rique</i></a> <i></i>(13 novembre 2025) : <i>L’Osservatore Romano</i>, 13 novembre 2025, p. 3.</p> 
 <p><a name="_ftn149" href="#_ftnref149" class=" cleaner">[149]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2025/november/documents/20251107-rcs-academy.html"><i>Discours aux membres de l’Advisory Board de Rcs Academy</i></a>&nbsp;(7 novembre 2025) : <i>L’Osservatore Romano</i>, 7 novembre 2025, p. 4.</p> 
 <p><a name="_ftn150" href="#_ftnref150" class=" cleaner">[150]</a>&nbsp;Saint Jean-Paul II, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_14091981_laborem-exercens.html"><i>Laborem exercens</i></a>&nbsp;(14 septembre 1981), n. 3 : <i>AAS</i> 73 (1981), p. 584.</p> 
 <p><a name="_ftn151" href="#_ftnref151" class=" cleaner">[151]</a>&nbsp;Cf. Fran&ccedil;ois, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html#128."><i>Laudato si’</i></a> <i></i>(24 mai 2015), n. 128 : <i>AAS </i>107 (2015), p. 898.</p> 
 <p><a name="_ftn152" href="#_ftnref152" class=" cleaner">[152]</a>&nbsp;Dicast&egrave;re pour la Doctrine de la Foi – Dicast&egrave;re pour la Culture et l’&Eacute;ducation, Note <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_ddf_doc_20250128_antiqua-et-nova_fr.html"><i>Antiqua et nova</i></a> <i></i>(14 janvier 2025), n. 67 : <i>AAS</i> 117 (2025), pp. 188-189.</p> 
 <p><a name="_ftn153" href="#_ftnref153" class=" cleaner">[153]</a>&nbsp;Cf. Saint Jean-Paul II, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_14091981_laborem-exercens.html"><i>Laborem exercens</i></a>&nbsp;(14 septembre 1981), n. 18 : <i>AAS </i>73 (1981), pp. 622-625.</p> 
 <p><a name="_ftn154" href="#_ftnref154" class=" cleaner">[154]</a>&nbsp;Cf. Fran&ccedil;ois, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html#109."><i>Laudato si’</i></a>&nbsp;(24 mai 2015), n. 109 : <i>AAS </i>107 (2015), p. 891.</p> 
 <p><a name="_ftn155" href="#_ftnref155" class=" cleaner">[155]</a>&nbsp;Cf. Beno&icirc;t XVI, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate.html#32."><i>Caritas in veritate</i></a>&nbsp;(29 juin 2009), n. 32 : <i>AAS </i>101 (2009), p. 666.</p> 
 <p><a name="_ftn156" href="#_ftnref156" class=" cleaner">[156]</a>&nbsp;Cf. Conseil pontifical &laquo;&nbsp;Justice et Paix&nbsp;&raquo;, <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060526_compendio-dott-soc_fr.html"><i>Compendium de la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise</i></a>, n. 268.</p> 
 <p><a name="_ftn157" href="#_ftnref157" class=" cleaner">[157]</a>&nbsp;Cf. Beno&icirc;t XVI, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate.html#64."><i>Caritas in veritate</i></a>&nbsp;(29 juin 2009), n. 64 : <i>AAS</i> 101 (2009), p. 698.</p> 
 <p><a name="_ftn158" href="#_ftnref158" class=" cleaner">[158]</a>&nbsp;Cf. Fran&ccedil;ois, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html#129."><i>Laudato si’</i></a>&nbsp;(24 mai 2015), n. 129 : <i>AAS</i> 107 (2015), p. 899.</p> 
 <p><a name="_ftn159" href="#_ftnref159" class=" cleaner">[159]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html#129."><i>ibid</i></a> <i>.</i></p> 
 <p><a name="_ftn160" href="#_ftnref160" class=" cleaner">[160]</a>&nbsp;Cf. Id., Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html#108"><i>Fratelli tutti</i></a>&nbsp;(3 octobre 2020), n. 108 : <i>AAS</i> 112 (2020), p. 1006.</p> 
 <p><a name="_ftn161" href="#_ftnref161" class=" cleaner">[161]</a>&nbsp;Dicast&egrave;re pour la Doctrine de la Foi – Dicast&egrave;re pour le Service du D&eacute;veloppement Humain Int&eacute;gral, <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20180106_oeconomicae-et-pecuniariae_fr.html"><i>Oeconomicae et pecuniariae quaestiones. Consid&eacute;rations pour un discernement &eacute;thique sur certains aspects du syst&egrave;me &eacute;conomique et financier actuel</i></a>&nbsp;(6 janvier 2018), n. 6&nbsp;: <i>AAS </i>110 (2018), p. 772.</p> 
 <p><a name="_ftn162" href="#_ftnref162" class=" cleaner">[162]</a>&nbsp;Fran&ccedil;ois, <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2019/february/documents/papa-francesco_20190214_fao.html"><i>Salutation au personnel du Fonds International de D&eacute;veloppement Agricole (IFAD)</i></a>&nbsp;(14 f&eacute;vrier 2019)&nbsp;: <i>AAS</i> 111 (2019), p. 309. Cf. Beno&icirc;t XVI, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate.html#22."><i>Caritas in veritate</i></a>&nbsp;(29 juin 2009), n. 22 : <i>AAS </i>101 (2009), p. 657.</p> 
 <p><a name="_ftn163" href="#_ftnref163" class=" cleaner">[163]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate.html#36."><i>ibid</i>.</a>, n. 36 : <i>AAS</i> 101 (2009), pp. 671-672.</p> 
 <p><a name="_ftn164" href="#_ftnref164" class=" cleaner">[164]</a>&nbsp;Cf. Fran&ccedil;ois, Exhort. apost. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html#%C3%89conomie_et_distribution_des_revenus"><i>Evangelii gaudium</i></a> <i></i>(24 novembre 2013), n. 204 : <i>AAS </i>105 (2013), pp. 1105-1106.</p> 
 <p><a name="_ftn165" href="#_ftnref165" class=" cleaner">[165]</a>&nbsp;Cf. Saint Paul VI, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_26031967_populorum.html"><i>Populorum progressio</i></a>&nbsp;(26 mars 1967), n. 87 : <i>AAS</i> 59 (1967), p. 299.</p> 
 <p><a name="_ftn166" href="#_ftnref166" class=" cleaner">[166]</a>&nbsp;Cf. Saint Jean-Paul II, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_01051991_centesimus-annus.html"><i>Centesimus annus</i></a>&nbsp;(1 <sup>er</sup> mai 1991), n. 39 : <i>AAS </i>83 (1991), p. 841.</p> 
 <p><a name="_ftn167" href="#_ftnref167" class=" cleaner">[167]</a>&nbsp;Cf. Conseil pontifical &laquo;&nbsp;Justice et Paix&nbsp;&raquo;, <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060526_compendio-dott-soc_fr.html"><i>Compendium de la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise</i></a>, n. 211.</p> 
 <p><a name="_ftn168" href="#_ftnref168" class=" cleaner">[168]</a>&nbsp;Cf. Saint Jean-Paul II, Lettre <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/letters/1994/documents/hf_jp-ii_let_02021994_families.html"><i>Gratissimam sane</i></a>&nbsp;(2 f&eacute;vrier 1994), n. 17 : <i>AAS </i>86 (1994), pp. 903-906.</p> 
 <p><a name="_ftn169" href="#_ftnref169" class=" cleaner">[169]</a>&nbsp;Cf. Conf&eacute;rence des &eacute;v&ecirc;ques catholiques des &Eacute;tats-Unis, <i>Sons and Daughters of the Light. A Pastoral Plan for Ministry with Young Adults</i>&nbsp;(12 novembre 1996), Washington D.C. 1996, I, 3.</p> 
 <p><a name="_ftn170" href="#_ftnref170" class=" cleaner">[170]</a>&nbsp;Cf. Conseil pontifical &laquo;&nbsp;Justice et Paix&nbsp;&raquo;, <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060526_compendio-dott-soc_fr.html"><i>Compendium de la Doctrine sociale de l’&Eacute;glise</i></a>, n. 290.</p> 
 <p><a name="_ftn171" href="#_ftnref171" class=" cleaner">[171]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060526_compendio-dott-soc_fr.html"><i>ibid.</i></a>, n. 214.</p> 
 <p><a name="_ftn172" href="#_ftnref172" class=" cleaner">[172]</a>&nbsp;Cf. Fran&ccedil;ois, <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/messages/peace/documents/papa-francesco_20141208_messaggio-xlviii-giornata-mondiale-pace-2015.html"><i>Message pour la c&eacute;l&eacute;bration de la 48<sup>e</sup> Journ&eacute;e Mondiale de la Paix</i></a>&nbsp;(8 d&eacute;cembre 2014), n. 4 : <i>AAS</i>&nbsp;107 (2015), pp. 70-71.</p> 
 <p><a name="_ftn173" href="#_ftnref173" class=" cleaner">[173]</a>&nbsp;Cf. Commission Th&eacute;ologique Internationale, <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/cti_documents/rc_con_cfaith_doc_20000307_memory-reconc-itc_fr.html"><i>M&eacute;moire et r&eacute;conciliation&nbsp;: l’&Eacute;glise et les fautes du pass&eacute;</i></a>, Cit&eacute; du Vatican 2000, 5. 3.</p> 
 <p><a name="_ftn174" href="#_ftnref174" class=" cleaner">[174]</a>&nbsp;Ainsi dans les Bulles <i>Sicut dudum</i> (13 janvier 1435) et <i>Etsi suscepti</i> (9 janvier 1442) d’Eug&egrave;ne IV et dans les Bulles <i>Dum diversas</i> (18 juin 1452) et <i>Romanus Pontifex</i> (8 janvier 1455) de Nicolas V. Les pressions politiques et, parfois aussi, &eacute;conomiques ont pris le pas sur les exigences &eacute;vang&eacute;liques. L’&eacute;vang&eacute;lisation fut fr&eacute;quemment mise de c&ocirc;t&eacute; ou mal interpr&eacute;t&eacute;e en fonction des ing&eacute;rences des pouvoirs temporels, relativisant l’incompatibilit&eacute; de l’esclavage avec la conscience chr&eacute;tienne.</p> 
 <p><a name="_ftn175" href="#_ftnref175" class=" cleaner">[175]</a>&nbsp;Cf. L&eacute;on XIII, Lett. enc. <i>In plurimis</i> (5 mai 1888)&nbsp;: <i>Acta Leonis XIII</i>, VIII, Rome, 1889, pp. 169-192. Il faut noter qu’en 1866 encore, le Saint-Office distinguait entre aspects immoraux et moraux de la servitude, sans la condamner pleinement : Rome, Archives du Dicast&egrave;re pour la Doctrine de la Foi, Instr. 1293&nbsp;:&nbsp; <i>Instruction du Saint-Office sur divers doutes de Mgr Massaia, Vicaire Apostolique dans le pays des Galla</i>, avril 1866, r&eacute;ponse &agrave; la question n. 15.</p> 
 <p><a name="_ftn176" href="#_ftnref176" class=" cleaner">[176]</a>&nbsp;Cf. Saint Jean-Paul II, Bulle <i>Incarnationis mysterium</i> (29 novembre 1998), n. 11 : <i>AAS</i> 91 (1999), pp. 139-141.</p> 
 <p><a name="_ftn177" href="#_ftnref177" class=" cleaner">[177]</a>&nbsp;Cf. Saint Paul VI, <i>Regina caeli</i> (17 mai 1970) : <i>Enseignements de Paul VI</i>, VIII, Cit&eacute; du Vatican 1971, p. 506.</p> 
 <p><a name="_ftn178" href="#_ftnref178" class=" cleaner">[178]</a>&nbsp;Cf. Fran&ccedil;ois, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html#183"><i>Fratelli tutti</i></a>&nbsp;(3 octobre 2020), n. 183 : <i>AAS</i> 112 (2020), pp. 1033-1034.</p> 
 <p><a name="_ftn179" href="#_ftnref179" class=" cleaner">[179]</a>&nbsp;Cf. Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. <a href="https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html"><i>Gaudium et spes</i></a>, n. 26 : <i>AAS </i>58 (1966), pp. 1046-1047.</p> 
 <p><a name="_ftn180" href="#_ftnref180" class=" cleaner">[180]</a>&nbsp;Saint Paul VI, <a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/speeches/1965/documents/hf_p-vi_spe_19651004_united-nations.html"><i>Discours &agrave; la 20<sup>e</sup> Assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale des Nations Unies</i></a> <i></i>(4 octobre 1965) : <i>AAS</i> 57 (1965), p. 881.</p> 
 <p><a name="_ftn181" href="#_ftnref181" class=" cleaner">[181]</a>&nbsp;Organisation des Nations Unies, <i>Charte des Nations Unies</i> (26 juin 1945), Pr&eacute;ambule.</p> 
 <p><a name="_ftn182" href="#_ftnref182" class=" cleaner">[182]</a>&nbsp;Cf. Fran&ccedil;ois, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html#258"><i>Fratelli tutti</i></a>&nbsp;(3 octobre 2020), n. 258 : <i>AAS </i>112 (2020), p. 1061&nbsp;: &laquo;&nbsp;De fait, ces derni&egrave;res d&eacute;cennies, toutes les guerres ont &eacute;t&eacute; pr&eacute;tendument “justifi&eacute;es”. Le Cat&eacute;chisme de l’&Eacute;glise catholique parle de la possibilit&eacute; d’une l&eacute;gitime d&eacute;fense par la force militaire, qui suppose qu’on d&eacute;montre que sont remplies certaines “conditions rigoureuses de l&eacute;gitimit&eacute; morale”. Mais on tombe facilement dans une interpr&eacute;tation trop large de ce droit &eacute;ventuel. On veut ainsi justifier indument m&ecirc;me des attaques ‘‘pr&eacute;ventives’’ ou des actions guerri&egrave;res qui difficilement n’entra&icirc;nent pas “des maux et des d&eacute;sordres plus graves que le mal &agrave; &eacute;liminer”&nbsp;&raquo;&nbsp;; cf. <i>Cat&eacute;chisme de l’Eglise Catholique</i>, n. 2309.</p> 
 <p><a name="_ftn183" href="#_ftnref183" class=" cleaner">[183]</a>&nbsp;Cf. Dicast&egrave;re pour la Doctrine de la Foi - Dicast&egrave;re pour la Culture et l’&Eacute;ducation, Note <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_ddf_doc_20250128_antiqua-et-nova_fr.html"><i>Antiqua et nova</i></a>&nbsp;(14 janvier 2025), n. 99 : <i>AAS</i> 117 (2025), pp. 202-203.</p> 
 <p><a name="_ftn184" href="#_ftnref184" class=" cleaner">[184]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_ddf_doc_20250128_antiqua-et-nova_fr.html"><i>ibid.</i></a>, n. 103 : <i>AAS</i> 117 (2025), p. 204.</p> 
 <p><a name="_ftn185" href="#_ftnref185" class=" cleaner">[185]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2025/june/documents/20250626-roaco.html"><i>Audience aux participants &agrave; l’Assembl&eacute;e Pl&eacute;ni&egrave;re de la R&eacute;union des Œuvres d’Aide aux &Eacute;glises Orientales (ROACO)</i></a> <i></i>(26 juin 2025) : <i>AAS</i>&nbsp;117 (2025), pp. 847-849.</p> 
 <p><a name="_ftn186" href="#_ftnref186" class=" cleaner">[186]</a>&nbsp;Cf. Fran&ccedil;ois, <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/messages/peace/documents/papa-francesco_20191208_messaggio-53giornatamondiale-pace2020.html"><i>Message pour la 53<sup>e</sup> Journ&eacute;e Mondiale de la Paix</i></a>&nbsp;(8 d&eacute;cembre 2019) : <i>AAS</i> 112 (2020), pp. 54-61.</p> 
 <p><a name="_ftn187" href="#_ftnref187" class=" cleaner">[187]</a>&nbsp;J.R.R. Tolkien, <i>&nbsp;The Lord of the Rings. Part III: The Return of the King</i>, New York 1965, 190 ( <i>Le Seigneur des Anneaux&nbsp;: Le Retour du Roi</i>, Tome 3, Christian Bourgeois &Eacute;diteur, Paris 1973, traduit de l’anglais par Francis Ledoux).</p> 
 <p><a name="_ftn188" href="#_ftnref188" class=" cleaner">[188]</a> <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2025/may/documents/20250512-media.html"><i>Discours aux professionnels de la communication</i></a>&nbsp;(12 mai 2025) : <i>AAS</i> 117 (2025), p. 682.</p> 
 <p><a name="_ftn189" href="#_ftnref189" class=" cleaner">[189]</a> <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2025/may/documents/20250512-media.html"><i>Ibid.</i></a></p> 
 <p><a name="_ftn190" href="#_ftnref190" class=" cleaner">[190]</a>&nbsp;Saint Jean-Paul II, <a href="https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/messages/peace/documents/hf_jp-ii_mes_08121997_xxxi-world-day-for-peace.html"><i>Message pour la 31<sup>e</sup> Journ&eacute;e Mondiale de la Paix</i></a>&nbsp;(1 <sup>er</sup> janvier 1998), n. 1 : <i>AAS</i> 90 (1998), p. 147.</p> 
 <p><a name="_ftn191" href="#_ftnref191" class=" cleaner">[191]</a>Saint Augustin, <i>Enarrationes in Psalmos</i>, 84, 12 : <i>CCSL</i> 39, Turnhout 1956, pp. 1172-1173.</p> 
 <p><a name="_ftn192" href="#_ftnref192" class=" cleaner">[192]</a>&nbsp;Cf. Fran&ccedil;ois, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/20241024-enciclica-dilexit-nos.html"><i>Dilexit nos</i></a> <i></i>(24 octobre 2024), n. 22 : <i>AAS </i>116 (2024), pp. 1375-1376.</p> 
 <p><a name="_ftn193" href="#_ftnref193" class=" cleaner">[193]</a>&nbsp;Cf. Id, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html#115"><i>Fratelli tutti</i></a> <i></i>(3 octobre 2020), n. 115 : <i>AAS </i>112 (2020), pp. 1008-1009.</p> 
 <p><a name="_ftn194" href="#_ftnref194" class=" cleaner">[194]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html#261"><i>ibid.</i></a>, n. 261 : <i>AAS </i>112 (2020), p. 1062.</p> 
 <p><a name="_ftn195" href="#_ftnref195" class=" cleaner">[195]</a>&nbsp;Saint Paul VI, <a href="https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/speeches/1965/documents/hf_p-vi_spe_19651004_united-nations.html"><i>Discours &agrave; la 20<sup>e</sup> Assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale des Nations Unies</i></a> <i></i>( <a href="http://w2.vatican.va/content/paul-vi/es/speeches/1965/documents/hf_p-vi_spe_19651004_united-nations.html">4 octobre 1965</a>) : <i>AAS</i> 57 (1965), pp. 878-879.</p> 
 <p><a name="_ftn196" href="#_ftnref196" class=" cleaner">[196]</a>&nbsp;Cf. Pie XII, <a href="https://www.vatican.va/content/pius-xii/fr/speeches/1939/documents/hf_p-xii_spe_19390824_ora-grave.html">Message radio<i> Une heure grave</i></a> <i></i>(24 ao&ucirc;t 1939) : <i>AAS </i>23 (1939), p. 334.</p> 
 <p><a name="_ftn197" href="#_ftnref197" class=" cleaner">[197]</a>&nbsp;G. La Pira, <i>Riflessioni sul Concilio. Discorso del Sindaco di Firenze Prof. Giorgio La Pira alle &laquo; Guides de France&nbsp;&raquo;</i> (Rome, 4 septembre 1962), Florence 1962, p. 6.</p> 
 <p><a name="_ftn198" href="#_ftnref198" class=" cleaner">[198]</a> <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2025/may/documents/20250514-giubileo-chiese-orientali.html"><i>Discours aux participants au Jubil&eacute; des &Eacute;glises Orientales</i></a> <i></i>(14 mai 2025) : <i>AAS </i>117 (2025), p. 686.</p> 
 <p><a name="_ftn199" href="#_ftnref199" class=" cleaner">[199]</a>&nbsp;Cf. Fran&ccedil;ois, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html#271"><i>Fratelli tutti</i></a>&nbsp;(3 octobre 2020), n. 271 : <i>AAS</i> 112 (2020), p. 1066.</p> 
 <p><a name="_ftn200" href="#_ftnref200" class=" cleaner">[200]</a>&nbsp;Cf. Id., <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2016/september/documents/papa-francesco_20160920_assisi-preghiera-pace.html#Appel"><i>Appel de paix &agrave; Assise pour la Journ&eacute;e Mondiale de Pri&egrave;re pour la Paix. &laquo;&nbsp;Soif de paix. Religions et cultures en dialogue&nbsp;&raquo;</i></a>&nbsp;(20 septembre 2016)&nbsp;: <i>AAS</i> 108 (2016), p. 1124.</p> 
 <p><a name="_ftn201" href="#_ftnref201" class=" cleaner">[201]</a>&nbsp;Id., <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2025/january/documents/20250109-corpo-diplomatico.html"><i>Discours aux membres du Corps Diplomatique accr&eacute;dit&eacute; pr&egrave;s le Saint-Si&egrave;ge pour la pr&eacute;sentation des vœux pour la nouvelle ann&eacute;e</i></a>&nbsp;(9 janvier 2025)&nbsp;: <i>AAS </i>117 (2025), p. 110.</p> 
 <p><a name="_ftn202" href="#_ftnref202" class=" cleaner">[202]</a>&nbsp;Cf. Id., <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2013/june/documents/papa-francesco_20130620_38-sessione-fao.html"><i>Discours aux participants &agrave; la 38<sup>e</sup> session de la FAO</i></a>&nbsp;(20 juin 2013)&nbsp;: <i>AAS</i> 105 (2013), pp. 616-617 <i>.</i></p> 
 <p><a name="_ftn203" href="#_ftnref203" class=" cleaner">[203]</a> <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/messages/urbi/documents/20250508-prima-benedizione-urbietorbi.html"><i>Premi&egrave;re B&eacute;n&eacute;diction Urbi et Orbi</i></a> <i></i>(8 mai 2025)&nbsp;: <i>AAS </i>117 (2025), p. 660 <i>.</i></p> 
 <p><a name="_ftn204" href="#_ftnref204" class=" cleaner">[204]</a> <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/messages/urbi/documents/20250508-prima-benedizione-urbietorbi.html"><i>Ibid.</i></a></p> 
 <p><a name="_ftn205" href="#_ftnref205" class=" cleaner">[205]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/homilies/2025/documents/20251231-te-deum.html"><i>Hom&eacute;lie aux Premi&egrave;res V&ecirc;pres de la Solennit&eacute; de Marie, M&egrave;re de Dieu</i></a>&nbsp;(31 d&eacute;cembre 2025) : <i>L’Osservatore Romano</i>, 2 janvier 2026, pp. 1-2.</p> 
 <p><a name="_ftn206" href="#_ftnref206" class=" cleaner">[206]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/homilies/2025/documents/20251225-messa-natale.html"><i>Hom&eacute;lie de la messe du jour en la Solennit&eacute; de la Nativit&eacute; du Seigneur</i></a>&nbsp;(25 d&eacute;cembre 2025)&nbsp;: <i>L’Osservatore Romano</i>, 27 d&eacute;cembre 2025, p. 3.</p> 
 <p><a name="_ftn207" href="#_ftnref207" class=" cleaner">[207]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/homilies/2025/documents/20251225-messa-natale.html"><i>ibid.</i></a></p> 
 <p><a name="_ftn208" href="#_ftnref208" class=" cleaner">[208]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/angelus/2026/documents/20260106-angelus.html"><i>Ang&eacute;lus de la Solennit&eacute; de l’&Eacute;piphanie</i></a>&nbsp;(6 janvier 2026)&nbsp;: <i>L’Osservatore Romano</i>, 7 janvier 2026, p. 3.</p> 
 <p><a name="_ftn209" href="#_ftnref209" class=" cleaner">[209]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/homilies/2025/documents/20251224-messa-notte-natale.html"><i>Hom&eacute;lie de la messe de la nuit en la Solennit&eacute; de la Nativit&eacute; du Seigneur</i></a>&nbsp;(24 d&eacute;cembre 2025) : <i>L’Osservatore Romano</i>, 27 d&eacute;cembre 2025, p. 2.</p> 
 <p><a name="_ftn210" href="#_ftnref210" class=" cleaner">[210]</a>&nbsp;P. de B&eacute;rulle, <i>Discours de l’&eacute;tat et des grandeurs de J&eacute;sus, Discours IV, Unit&eacute; de Dieu en l’incarnation : Œuvres compl&egrave;tes</i>, Paris 1856, col 218, pp. 181-182.</p> 
 <p><a name="_ftn211" href="#_ftnref211" class=" cleaner">[211]</a>&nbsp; <i>Ibid.</i></p> 
 <p><a name="_ftn212" href="#_ftnref212" class=" cleaner">[212]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2025/december/documents/20251205-conferenza.html"><i>Discours &agrave; la Conf&eacute;rence &laquo;&nbsp;Artificial Intelligence and Care of Our Common Home&nbsp;&raquo;</i></a>&nbsp;(5 d&eacute;cembre 2025)&nbsp;: <i>L’Osservatore Romano</i>, 5 d&eacute;cembre 2025, p. 2.</p> 
 <p><a name="_ftn213" href="#_ftnref213" class=" cleaner">[213]</a>&nbsp;Beno&icirc;t XVI, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20051225_deus-caritas-est.html"><i>Deus caritas est</i></a>&nbsp;(25 d&eacute;cembre 2025), n. 14 : <i>AAS </i>98 (2006), p. 228.</p> 
 <p><a name="_ftn214" href="#_ftnref214" class=" cleaner">[214]</a>&nbsp;Saint Augustin, <i>Sermones</i>, 272&nbsp;:&nbsp; <i>In die Pentecostes ad infantes de sacramento</i>&nbsp;: <i>PL</i> 38, Paris 1865, col. 1247.</p> 
 <p><a name="_ftn215" href="#_ftnref215" class=" cleaner">[215]</a>&nbsp;Beno&icirc;t XVI, <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/homilies/2011/documents/hf_ben-xvi_hom_20110421_coena-domini.html"><i>Hom&eacute;lie lors de la messe in Coena Domini</i></a> <i></i>(21 avril 2011) : <i>AAS </i>103 (2011), p. 321.</p> 
 <p><a name="_ftn216" href="#_ftnref216" class=" cleaner">[216]</a> <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2025/december/documents/20251222-curia-romana.html"><i>Discours &agrave; la Curie romaine &agrave; l’occasion des vœux de No&euml;l</i></a>&nbsp;(22 d&eacute;cembre 2025) : <i>L’Osservatore Romano</i>, 22 d&eacute;cembre 2025, pp. 6-7.</p> 
 <p><a name="_ftn217" href="#_ftnref217" class=" cleaner">[217]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2025/december/documents/20251222-curia-romana.html"><i>supra</i></a>, nn. 11-14.</p> 
 <p><a name="_ftn218" href="#_ftnref218" class=" cleaner">[218]</a>&nbsp;Cf. <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2025/november/documents/20251113-fondazione-infanzia-adolescenza.html"><i>Discours lors du colloque &laquo;&nbsp;La dignit&eacute; des enfants et des adolescents &agrave; l’&egrave;re de l’intelligence artificielle&nbsp;&raquo;</i></a>&nbsp;(13 novembre 2025)&nbsp;: <i>L’Osservatore Romano</i>, 13 novembre 2025, p. 3.</p> 
 <p><a name="_ftn219" href="#_ftnref219" class=" cleaner">[219]</a>&nbsp;Cf. Beno&icirc;t XVI, Lett. enc. <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate.html#34."><i>Caritas in veritate</i></a>&nbsp;(29 juin 2009), n. 34 : <i>AAS </i>101 (2009), pp. 668-670.</p> 
 <p><a name="_ftn220" href="#_ftnref220" class=" cleaner">[220]</a>&nbsp;Fran&ccedil;ois, Exhort. ap. <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/20231004-laudate-deum.html"><i>Laudate Deum</i></a>&nbsp;(4 octobre 2023), n. 67 : <i>AAS </i>115 (2023), p. 1059.</p> 
 <p><a name="_ftn221" href="#_ftnref221" class=" cleaner">[221]</a> <a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/angelus/2026/documents/20260106-angelus.html"><i>Ang&eacute;lus de la Solennit&eacute; de l’&Eacute;piphanie</i></a>&nbsp;(6 janvier 2026) : <i>L’Osservatore Romano</i>, 7 janvier 2026, p. 3.</p> 
 <p><a name="_ftn222" href="#_ftnref222" class=" cleaner">[222]</a>&nbsp;Beno&icirc;t XVI, <a href="https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2006/documents/hf_ben-xvi_aud_20060215.html"><i>Audience g&eacute;n&eacute;rale</i></a>&nbsp;(15 f&eacute;vrier 2006) : <i>L’Osservatore Romano</i>, 16 f&eacute;vrier 2006, p. 4.</p> 
 <p><a name="_ftn223" href="#_ftnref223" class=" cleaner">[223]</a> <i><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2025/october/documents/20251011-veglia-di-preghiera.html">M&eacute;ditation &agrave; l’occasion de la Veill&eacute;e de pri&egrave;re et du Rosaire pour la paix</a></i>&nbsp;(11 octobre 2025) : <i>L’Osservatore Romano</i>, 13 octobre 2025, p. 2.</p> 
 <p><a name="_ftn224" href="#_ftnref224" class=" cleaner">[224]</a>&nbsp;Saint Paul VI, <i>Hom&eacute;lie au sanctuaire marial de Notre-Dame de Bonaria</i> (24 avril 1970) : <i>AAS </i>62 (1970), p. 301.</p> 
</div>]]></description></item><item><title><![CDATA[Aux participants à la Conférence interparlementaire sur la lutte contre le crime organisé dans la région de l'OSCE (15 mai 2026)]]></title><pubDate>Fri, 15 May 2026 09:00:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260515-conferenza-lotta-criminalita.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260515-conferenza-lotta-criminalita.html</guid><description><![CDATA[<!-- Fri, 15 May 2026 16:23:43 +0200 --> <p><i>Distingu&eacute;s parlementaires, <br /> repr&eacute;sentants des &Eacute;tats participants de l’Organisation pour la s&eacute;curit&eacute; et la coop&eacute;ration en Europe, Monsieur l’Ambassadeur, <br /> Mesdames et Messieurs,</i></p> 
<p>C’est avec une profonde esp&eacute;rance et une sollicitude pastorale que je vous salue, alors que vous &ecirc;tes rassembl&eacute;s pour la deuxi&egrave;me Conf&eacute;rence internationale sur la lutte contre les drogues et le crime organis&eacute; dans la r&eacute;gion de l’OSCE, consacr&eacute;e au combat grave et urgent contre le fl&eacute;au des drogues illicites. Votre pr&eacute;sence, issue de nombreux &Eacute;tats participants de l’OSCE, allant de Vancouver &agrave; Vladivostok, t&eacute;moigne d’une volont&eacute; collective d’affronter un ph&eacute;nom&egrave;ne qui nourrit les r&eacute;seaux criminels et met en danger l’avenir m&ecirc;me de nos soci&eacute;t&eacute;s.</p> 
<p>Le Saint-Si&egrave;ge est fermement convaincu que l’&Eacute;tat de droit, la pr&eacute;vention du crime et la justice p&eacute;nale doivent progresser ensemble dans l’unit&eacute;. En effet, la mise en œuvre authentique de l’&Eacute;tat de droit demeure indispensable pour le d&eacute;veloppement humain int&eacute;gral. Aucune soci&eacute;t&eacute; v&eacute;ritablement juste ne peut durer si la loi — et non la volont&eacute; arbitraire des personnes — ne demeure souveraine (cf. <i><a href="https://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060526_compendio-dott-soc_fr.html#Institutions%20et%20d%C3%A9mocratie">Compendium de la doctrine sociale de l’&Eacute;glise</a></i>, n. 408), tandis qu’aucune personne ou groupe, quels que soient son pouvoir ou son statut, ne peut jamais pr&eacute;tendre avoir le droit de porter atteinte &agrave; la dignit&eacute; et aux droits des autres ou de leurs communaut&eacute;s. Par cons&eacute;quent, pr&eacute;venir les activit&eacute;s criminelles et y r&eacute;pondre est &eacute;troitement li&eacute; au respect et &agrave; la protection des droits humains universels. Cela exige non seulement les efforts des autorit&eacute;s charg&eacute;es de faire appliquer la loi, mais aussi l’engagement de l’ensemble de la soci&eacute;t&eacute;, aux niveaux national et international.</p> 
<p>&Agrave; cet &eacute;gard, le Saint-Si&egrave;ge soutient de tout cœur chaque initiative visant &agrave; &eacute;tablir un syst&egrave;me de justice p&eacute;nale efficace, juste, humain et cr&eacute;dible, capable de pr&eacute;venir et de combattre la production et le trafic de drogues illicites. Reconnaissant que la vraie justice ne peut se satisfaire de la seule punition, de tels efforts doivent &eacute;galement int&eacute;grer des approches marqu&eacute;es par la pers&eacute;v&eacute;rance et la mis&eacute;ricorde, visant &agrave; la r&eacute;&eacute;ducation et &agrave; la pleine r&eacute;int&eacute;gration des d&eacute;linquants dans le tissu de la soci&eacute;t&eacute;. Ce m&ecirc;me respect de la dignit&eacute; inh&eacute;rente &agrave; chaque personne, y compris celles qui ont commis des crimes, exclut le recours &agrave; la peine de mort, &agrave; la torture et &agrave; toute forme de ch&acirc;timent cruel ou d&eacute;gradant.</p> 
<p>Des programmes exhaustifs sont n&eacute;cessaires pour atteindre les personnes esclaves de l’addiction, en leur offrant un traitement m&eacute;dical, un soutien psychologique et une r&eacute;habilitation durable. Une telle approche multidisciplinaire doit consid&eacute;rer la personne humaine dans son int&eacute;gralit&eacute;, en d&eacute;passant &agrave; la fois les mesures purement r&eacute;pressives et les solutions permissives, dont aucune ne parvient&nbsp; &agrave; lib&eacute;rer les personnes des cha&icirc;nes de la d&eacute;pendance. De cette mani&egrave;re, elles pourront red&eacute;couvrir et vivre &agrave; nouveau la pl&eacute;nitude de leur dignit&eacute; re&ccedil;ue de Dieu.</p> 
<p>En outre, je souhaite souligner que l’&eacute;ducation est la cl&eacute; de la pr&eacute;vention. Elle constitue le fondement du d&eacute;veloppement humain int&eacute;gral et donne aux enfants et aux jeunes les moyens de reconna&icirc;tre la profonde d&eacute;vastation caus&eacute;e par les drogues. &Agrave; notre &eacute;poque, o&ugrave; les r&eacute;seaux sociaux diffusent si souvent de dangereuses d&eacute;sinformations qui banalisent ces risques, l’&eacute;ducation doit commencer au sein de la famille et &ecirc;tre renforc&eacute;e &agrave; l’&eacute;cole, en transmettant une connaissance scientifique exacte des effets destructeurs des stup&eacute;fiants sur le cerveau, le corps, le comportement personnel et le bien commun de la communaut&eacute;.</p> 
<p>&nbsp; Pr&eacute;venir et combattre le crime organis&eacute; est essentiel pour construire des soci&eacute;t&eacute;s s&ucirc;res, justes et stables. Dans cette perspective, je voudrais rendre hommage &agrave; tous les agents des forces de l’ordre et &agrave; tous les membres de la magistrature qui ont sacrifi&eacute; leur vie ou subi des blessures dans l’accomplissement courageux de leurs devoirs. Leur t&eacute;moignage doit susciter en nous des sentiments de gratitude, de responsabilit&eacute; et de d&eacute;termination renouvel&eacute;e.</p> 
<p>L’&Eacute;glise catholique, &agrave; travers ses nombreuses institutions dans le monde entier et forte de sa longue exp&eacute;rience dans l’accompagnement des personnes touch&eacute;es par l’addiction, est pr&ecirc;te &agrave; approfondir encore davantage son lien de coop&eacute;ration f&eacute;conde avec la soci&eacute;t&eacute; civile. Ensemble, dans un esprit de respect mutuel et de responsabilit&eacute; partag&eacute;e, nous pouvons promouvoir des politiques qui servent r&eacute;ellement le bien commun et la dignit&eacute; inali&eacute;nable de tout &ecirc;tre humain.</p> 
<p>Puisse cette Conf&eacute;rence apporter des fruits abondants et durables dans des strat&eacute;gies de coop&eacute;ration transnationale, de pr&eacute;vention efficace et d’esp&eacute;rance v&eacute;ritable. Sur vous tous, sur vos d&eacute;lib&eacute;rations et sur les peuples que vous repr&eacute;sentez, j’invoque les abondantes b&eacute;n&eacute;dictions de Dieu de sagesse, courage et paix durable. Merci.</p> 
<p>&nbsp;</p> 
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<p><i>L'Osservatore Romano</i></p>]]></description></item><item><title><![CDATA[Visite pastorale à l’Université Sapienza de Rome : Rencontre avec les enseignants et les étudiants (14 mai 2026)]]></title><pubDate>Thu, 14 May 2026 11:30:00 +0200</pubDate><link>https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260514-visita-pastorale-sapienza.html</link><guid isPermaLink="true">https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/may/documents/20260514-visita-pastorale-sapienza.html</guid><description><![CDATA[<!-- Mon, 18 May 2026 10:07:41 +0200 --> <p><i>Rectrice magnifique, Autorit&eacute;s publiques et civiles, professeurs, chercheurs et membres du personnel technique et administratif, et surtout, chers &eacute;tudiants et &eacute;tudiantes!</i></p> 
<p>C’est avec une grande joie que j’ai accept&eacute; l’invitation &agrave; rencontrer la communaut&eacute; universitaire de la Sapienza — Universit&eacute; de Rome. Votre universit&eacute; se distingue comme un p&ocirc;le d’excellence dans diverses disciplines et, dans le m&ecirc;me temps, par son engagement en faveur du droit aux &eacute;tudes, y compris pour les personnes disposant de moyens modestes, les personnes en situation de handicap, les d&eacute;tenus et ceux qui ont fui les zones de guerre. J’appr&eacute;cie par exemple beaucoup que le dioc&egrave;se de Rome et La Sapienza aient sign&eacute; une convention pour l’ouverture d’un couloir humanitaire universitaire depuis la bande de Gaza. Il est donc important pour moi, qui suis &Eacute;v&ecirc;que de Rome depuis un peu plus d’un an, de pouvoir vous rencontrer. Avec un cœur de pasteur, je voudrais m’adresser d’abord aux &eacute;tudiants, puis aux enseignants.</p> 
<p>Les avenues de la cit&eacute; universitaire, que j’ai emprunt&eacute;es pour venir ici, sont parcourues chaque jour par de nombreux jeunes, anim&eacute;s de sentiments divers. Je vous imagine parfois insouciants, heureux de votre jeunesse qui, m&ecirc;me dans un monde tourment&eacute; et marqu&eacute; par de terribles injustices, vous permet de sentir que l’avenir est encore &agrave; &eacute;crire et que personne ne peut vous le voler. Ainsi, les &eacute;tudes que vous poursuivez, les amiti&eacute;s qui se nouent au cours de ces ann&eacute;es et la rencontre avec diff&eacute;rents ma&icirc;tres de la pens&eacute;e sont la promesse de ce qui peut nous transformer pour le mieux, avant m&ecirc;me de transformer la r&eacute;alit&eacute; qui nous entoure. Lorsque le d&eacute;sir de v&eacute;rit&eacute; se transforme en recherche, notre audace dans l’&eacute;tude t&eacute;moigne de l’esp&eacute;rance en un monde nouveau.</p> 
<p>Vous savez que je suis spirituellement li&eacute; &agrave; saint Augustin, qui fut un jeune homme inquiet: il a m&ecirc;me commis de graves erreurs, mais rien n’a &eacute;t&eacute; perdu de sa passion pour la beaut&eacute; et la sagesse. &Agrave; ce propos, j’ai &eacute;t&eacute; heureux de recevoir de votre part un grand nombre de questions: des centaines! Il n’est &eacute;videmment pas possible de r&eacute;pondre &agrave; toutes, mais je les garde &agrave; l’esprit, en souhaitant &agrave; chacun de rechercher davantage d’occasions de dialoguer. C’est aussi pour cela qu’il existe, &agrave; l’universit&eacute;, des aum&ocirc;neries, o&ugrave; la foi rencontre vos questions.</p> 
<p>Mais l’inqui&eacute;tude a aussi un visage triste: nous ne devons pas ignorer le fait que beaucoup de jeunes vont mal. Tous traversent des p&eacute;riodes difficiles; mais certains peuvent avoir l’impression qu’elles ne s’arr&ecirc;tent jamais. Aujourd’hui, cela d&eacute;pend de plus en plus du chantage des attentes et de la pression de la performance. C’est le mensonge omnipr&eacute;sent d’un syst&egrave;me d&eacute;form&eacute;, qui r&eacute;duit les personnes &agrave; de simples chiffres, exacerbe la comp&eacute;titivit&eacute; et nous plonge dans des spirales d’angoisse. C’est pr&eacute;cis&eacute;ment ce mal-&ecirc;tre spirituel de nombreux jeunes qui nous rappelle que nous ne sommes pas la somme de ce que nous poss&eacute;dons, ni une mati&egrave;re assembl&eacute;e au hasard dans un cosmos muet. Nous sommes un d&eacute;sir, pas un algorithme! C’est pr&eacute;cis&eacute;ment cette dignit&eacute; qui nous est propre qui m’am&egrave;ne &agrave; partager avec vous deux questions.</p> 
<p>&Agrave; vous, les jeunes, ce mal-&ecirc;tre pose la question: &laquo;Qui es-tu?&raquo; &Ecirc;tre soi-m&ecirc;me, en effet, est l’engagement caract&eacute;ristique de la vie de chaque homme et de chaque femme. &laquo;Qui es-tu?&raquo; est la question que nous nous posons les uns aux autres; la question que nous posons silencieusement &agrave; Dieu; la question &agrave; laquelle nous seuls pouvons r&eacute;pondre, pour nous-m&ecirc;mes, mais &agrave; laquelle nous ne pouvons jamais r&eacute;pondre seuls. Nous sommes nos liens, notre langage, notre culture: &agrave; plus forte raison, il est vital que les ann&eacute;es d’universit&eacute; soient le temps des grandes rencontres.</p> 
<p>C’est pourquoi le malaise des jeunes interpelle les adultes: &laquo;Quel monde leur l&eacute;guons-nous?&raquo;. Un monde malheureusement d&eacute;figur&eacute; par les guerres et les discours de guerre. Il s’agit l&agrave; d’une pollution de la raison qui, partant du plan g&eacute;opolitique, envahit toutes les relations sociales. Il faut donc corriger cette simplification qui fabrique des ennemis, en particulier &agrave; l’universit&eacute;, avec le soin pour la complexit&eacute; et le sage exercice de la m&eacute;moire. En particulier, le drame du XXe si&egrave;cle ne doit pas &ecirc;tre oubli&eacute;. Le cri &laquo;Plus jamais la guerre!&raquo; de mes pr&eacute;d&eacute;cesseurs, en accord avec le rejet de la guerre inscrit dans la Constitution italienne, nous incite &agrave; une alliance spirituelle avec le sens de la justice qui habite le cœur des jeunes, avec leur vocation &agrave; ne pas s’enfermer entre des id&eacute;ologies et des fronti&egrave;res nationales.</p> 
<p>Par exemple, au cours de l’ann&eacute;e &eacute;coul&eacute;e, l’augmentation des d&eacute;penses militaires dans le monde, et en particulier en Europe, a &eacute;t&eacute; consid&eacute;rable: on ne peut appeler &laquo;d&eacute;fense&raquo; un r&eacute;armement qui accro&icirc;t les tensions et l’ins&eacute;curit&eacute;, appauvrit les investissements dans l’&eacute;ducation et la sant&eacute;, d&eacute;ment la confiance dans la diplomatie, enrichit des &eacute;lites qui se moquent du bien commun. Il faut &eacute;galement &ecirc;tre attentif au d&eacute;veloppement et &agrave; l’application des intelligences artificielles dans les domaines militaire et civil, afin qu’elles ne d&eacute;responsabilisent pas les choix humains et n’aggravent pas la trag&eacute;die des conflits. Ce qui se passe en Ukraine, &agrave; Gaza et dans les territoires palestiniens, au Liban et en Iran illustre l’&eacute;volution inhumaine de la relation entre la guerre et les nouvelles technologies, dans une spirale d’an&eacute;antissement. Que l’&eacute;tude, la recherche et les investissements aillent dans la direction oppos&eacute;e: qu’ils soient un &laquo;oui&raquo; radical &agrave; la vie! Oui &agrave; la vie innocente, oui &agrave; la vie des jeunes, oui &agrave; la vie des peuples qui invoquent la paix et la justice!</p> 
<p>Un deuxi&egrave;me front d’engagement commun concerne l’&eacute;cologie. Comme nous l’a dit le Pape Fran&ccedil;ois dans l’Encyclique <i><a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html">Laudato si’</a></i>, &laquo;il existe un consensus scientifique tr&egrave;s solide qui indique que nous sommes en pr&eacute;sence d’un r&eacute;chauffement pr&eacute;occupant du syst&egrave;me climatique&raquo; (<a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html#23.">n. 23</a>). Plus d’une d&eacute;cennie s’est &eacute;coul&eacute;e depuis, et, au-del&agrave; des bonnes intentions et de quelques efforts dans cette direction, la situation ne semble pas s’&ecirc;tre am&eacute;lior&eacute;e.</p> 
<p>Dans ce contexte, je vous encourage surtout vous, chers jeunes, &agrave; ne pas c&eacute;der &agrave; la r&eacute;signation, mais &agrave; transformer au contraire l’inqui&eacute;tude en proph&eacute;tie. Ceux qui croient savent en particulier que l’histoire n’est pas vou&eacute;e &agrave; tomber impuissante entre les mains de la mort, mais qu’elle est toujours pr&eacute;serv&eacute;e, quoi qu’il arrive, par un Dieu qui cr&eacute;e la vie &agrave; partir du n&eacute;ant, qui donne sans prendre, qui partage sans consumer. Aujourd’hui, c’est pr&eacute;cis&eacute;ment l’implosion d’un mod&egrave;le possessif et consum&eacute;riste qui ouvre la voie &agrave; la nouveaut&eacute; qui germe d&eacute;j&agrave;: &eacute;tudiez, cultivez, pr&eacute;servez la justice! Avec moi et de nombreux fr&egrave;res et sœurs, soyez artisans de la v&eacute;ritable paix: une paix d&eacute;sarm&eacute;e et d&eacute;sarmante, humble et pers&eacute;v&eacute;rante, en œuvrant &agrave; la concorde entre les peuple et &agrave; la sauvegarde de la Terre.</p> 
<p>Nous avons besoin de toute votre intelligence et de toute votre audace. Vous pouvez en effet aider ceux qui vous ont pr&eacute;c&eacute;d&eacute;s &agrave; r&eacute;tablir un v&eacute;ritable horizon de sens, afin de ne pas nous arr&ecirc;ter &agrave; l’&eacute;ni&egrave;me instantan&eacute; de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Il faut passer de l’herm&eacute;neutique &agrave; l’action: si peu consid&eacute;r&eacute;s par une soci&eacute;t&eacute; qui fait de moins en moins d’enfants, t&eacute;moignez que l’humanit&eacute; est capable d’avenir, lorsqu’elle le construit avec sagesse.</p> 
<p>Votre universit&eacute;, qui porte un nom divin, est un lieu d’&eacute;tude et un lieu d’exp&eacute;rimentation, qui forme depuis des si&egrave;cles &agrave; la pens&eacute;e critique. En particulier, vous, les enseignants, pouvez cultiver un contact fructueux avec les esprits et les cœurs des jeunes: il s’agit d’une responsabilit&eacute; exigeante, certes, mais enthousiasmante. Il est extr&ecirc;mement important de croire en vos &eacute;tudiants et &eacute;tudiantes. C’est pourquoi, demandez-vous souvent: ai-je confiance en eux?</p> 
<p>Enseigner est un acte de charit&eacute;, tout comme doit l’&ecirc;tre le fait de venir en aide &agrave; un migrant en mer, &agrave; un pauvre dans la rue, &agrave; une conscience d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;e. Il s’agit d’aimer la vie humaine en toutes circonstances, d’en valoriser les possibilit&eacute;s, afin de parler au cœur des jeunes, sans se limiter &agrave; leurs connaissances. Enseigner devient alors t&eacute;moigner de valeurs par la vie: c’est le soin pour la r&eacute;alit&eacute;, c’est accueillir ce que l’on ne comprend pas encore, c’est dire la v&eacute;rit&eacute;. Quel sens aurait-il d’ailleurs de former un chercheur ou un professionnel qui ne cultive pas sa propre conscience, le sens de la justice et le respect de ce que l’on ne peut ni ne doit dominer? Le savoir, en effet, ne sert pas seulement &agrave; atteindre des objectifs professionnels, mais &agrave; discerner qui l’on est. &Agrave; travers les cours, les stages, l’interaction avec la ville, les m&eacute;moires, les doctorats, chaque &eacute;tudiant peut toujours trouver de nouvelles motivations, en mettant de l’ordre entre l’&eacute;tude et la vie, entre les moyens et les fins.</p> 
<p>Tr&egrave;s chers amis, tout en vous encourageant &agrave; cet exercice quotidien, ma visite se veut le signe d’une nouvelle alliance &eacute;ducative entre l’&Eacute;glise qui est &agrave; Rome et votre prestigieuse universit&eacute;, qui est n&eacute;e et a grandi au sein m&ecirc;me de l’&Eacute;glise. Je vous assure tous de mon souvenir dans la pri&egrave;re, et j’invoque de tout cœur sur toute la communaut&eacute; de la Sapienza la b&eacute;n&eacute;diction du Seigneur. Merci!</p> 
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