The Holy See
back up
Search
riga


SYNODE DES ÉVÊQUES

___________________________________________________________

Xème ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE

L'ÉVÊQUE,
SERVITEUR DE L'ÉVANGILE DE JÉSUS-CHRIST
POUR L'ESPÉRANCE DU MONDE

LINEAMENTA

Cité du Vatican

1998


Ce texte des Lineamenta a été inséré

sur le site Internet du Vatican:

http:// www.vatican.va

© Copyright 1998 - Secrétairerie Générale du Synode des Évêques et Libreria Editrice Vaticana.

Ce texte peut être reproduit par les Conférences épiscopales, ou avec leur autorisation, à condition que son contenu ne soit pas modifié et que deux exemplaires de la publication soient envoyés à la Secrétairerie Générale du Synode des Évêques, 00120 Cité du Vatican.


AVANT-PROPOS

Le thème choisi par le Saint-Père pour la Dixième Assemblée Générale Ordinaire du Synode des Évêques «Episcopus minister Evangelii Iesu Christi propter spem mundi», àcélébrer durant le Jubilé de l'An 2000, revêt une double signification: celle de la conclusion d'un itinéraire et celle d'une célébration de communion.

Le Synode sur la vocation et la mission des laïcs dans l'Église et dans le monde, qui s'est tenu en 1987, a lancé un processus qui pourrait se ranger sous le titre suivant: «la vie des corps ecclésiaux après le Concile Vatican II».

Le Synode, qui a vu le jour durant ce Concile, est devenu une fidèle «Traditio Concilii», en en reproduisant d'une certaine manière la structure, la méthode, l'esprit, mais surtout, en transmettant, en méditant et en élaborant des arguments et des propositions conciliaires.

Ce fut donc ainsi que le «corpus laicorum», «christifideles scilicet qui, utpote baptismate Christo concorporati» (Lumen gentium, 31) trouva une lumineuse illustration dans la Septième Assemblée synodale de 1987. Y accèdent, comme premier pas, tous les fils de l'Église qui par le baptême sont constitués membres du peuple saint de Dieu.

En 1990, le Synode s'occupa , lors de la Huitième Assemblée, de la formation des prêtres, de ce «corpus presbyterorum» dans lequel «les prêtres...sont tous unis entre eux par une intime fraternité sacerdotale» (Presbyterorum ordinis, 8).

La Neuvième Assemblée s'intéressa ensuite au thème de la vie consacrée, c'est-à-dire, de ces personnes qui, en tant que que «corpus vitae consecratae», à travers la pratique des conseils évangéliques suivent plus librement le Christ, en l'imitant plus fidèlement (cf. Perfectae caritatis, 1).

Enfin, à la Dixième Assemblée a été réservé le thème de l'évêque dans sa prérogative de serviteur héraut de l'Évangile, de concert avec tous les autres évêques avec lesquels il forme un «collegium seu corpus episcoporum» (Lumen gentium, 22).

Le cheminement synodal, amorcé avec la méditation sur la vocation et la mission des laïcs, passant ensuite par les autres états de vie, à savoir, des prêtres et des personnes consacrées, arrive à son achèvement avec cette Dixième Assemblée dédiée à l'évêque, comme apôtre de l'Évangile de Jésus-Christ (cf. Rm 1, 1.9).

Mais puisque le Corps Mystique du Christ est un, la diversité des membres ne peut subsister fonctionnellement que dans une unité supérieure qui confère compacité et vitalité au corps tout entier, qui est l'Église. En effet, «les pasteurs savent parfaitement...qu'eux-mêmes n'ont pas été institués par le Christ pour assumer à eux seuls toute la mission salvatrice de l'Église envers le monde» (Lumen gentium, 30).

C'est pour cela que laïcs, prêtres, personnes consacrées et évêques tendent vers l'unique fin et poursuivent l'unique but: faire croître l'unique Corps du Seigneur jusqu'à sa pleine maturité (cf. Ep 4, 13) dans la communion, puisqu' «en divers genres de vie et parmi des occupations différentes, c'est une unique sainteté que cultive ceux qui sont mus par l'Esprit de Dieu; obéissant à la voix du Père ... ils suivent le Christ pauvre, humble et chargé de la Croix pour mériter de participer à sa gloire» (Lumen gentium, 41).

Le cheminement synodal, qui est «communion de voies» (Jean-Paul II aux Présidents des Conférences épiscopales d'Europe: L'Osservatore Romano, 2 décembre 1992, p. 5), commence dans la communion, se développe dans la communion et mène à la communion.

Ce document des Lineamenta est destiné à alimenter et à stimuler la réflexion de tous ceux qui, se lançant, déjà depuis les Églises locales, sur cet itinéraire de communion qu'est le Synode, cherchent à exprimer par la prière et la méditation les instances et les desseins propres à leur communauté.

Les propositions, les indications et les attentes devront être étudiées et examinées par les évêques dans les Conférences épiscopales ou dans les organismes similaires et ensuite adressées à la Secrétairerie Générale du Synode. Le Questionnaire à pour but de concentrer l'attention sur les points particuliers de doctrine et de pratique ecclésiales. Si dans certains cas le besoin se fait sentir de traiter d'arguments non inclus au Questionnaire, non seulement une ample liberté de manoeuvre est accordée mais plus encore toute initiative dans ce sens, approfondissant et enrichissant l'étude du thème du Synode, est la bienvenue.

Les réponses au Questionnaire devront parvenir à la Secrétairerie Générale du Synode avant le 30 septembre 1999 pour permettre de composer l'Instrumentum laboris, qui sera le texte de référence pour les Pères de l'Assemblée «jubilaire» du Synode des Évêques. Événement qui sera un summum de chronologie chrétienne et de communion ecclésiale.

Jan P. Card. SCHOTTE, C.I.C.M.

Secrétaire Général du Synode des Évêques


INTRODUCTION

1. L'infinie richesse du mystère du Christ revit dans le mystère de l'Église et se manifeste dans la variété des vocations et la diversité des états de vie selon lesquels s'articule la communion ecclésiale. Sous les diverses formes concrètes de leur réalisation, ils correspondent à l'ensemble des dons répandus sur les baptisés par l'Esprit Saint (cf. 1Co 12,4-6). Engendrés par l'unique origine trinitaire commune, les divers états de vie sont intimement reliés entre eux, de sorte qu'ils sont ordonnés les uns aux autres et qu'ils s'édifient réciproquement lorsqu'ils sont vécus dans leur identité et complémentarité respectives. Puis, chacun d'eux, et tous ensemble, ils sont ordonnés à l'expansion et à la croissance de l'Église, de telle sorte que, suivant leur déploiement organique, ils contribuent à l'accomplissement de la mission de celle-ci dans le monde.(1)

Après que le Concile Vatican II ait mis en évidence la grande réalité de la communion ecclésiale, celle-ci n'étant pas uniformité mais don de l'Esprit qui passe aussi dans la variété des charismes et des états de vie, l'exigence s'est fait sentir de mieux en expliciter l'identité, ainsi que la vocation et la mission spécifique de l'Église.(2) C'est pour cette raison que les trois dernières Assemblées Ordinaires du Synode des Évêques ont porté sur eux leur attention, Assemblées qui ont été suivies des trois Exhortations apostoliques de Jean-Paul II Christifideles laici sur la vocation et la mission des fidèles laïcs, Pastores dabo vobis sur le sacerdoce ministériel et Vita consecrata sur l'état de ceux et celles qui suivent plus fidèlement le Christ dans la profession des conseils évangéliques de chasteté, pauvreté et obéissance. Il s'en est suivi une conscience plus vive de leur importance et de la valeur de leur présence constitutive dans la vie de l'Église, conformément à la volonté du Seigneur.(3) Ainsi, comme l'a rappelé le Concile Vatican II, l'élément hiérarchique tout autant que celui charismatique sont coexistenciels au sein de l'Église et participent tous deux à son renouveau,(4) de façon différente mais toujours dans un échange réciproque continu.

2. L'expérience post-conciliaire a aussi démontré combien le renouvellement voulu par le Concile a dépendu et dépend des évêques. Il ne pouvait en être autrement, du fait de leur ministère de constructeurs, garants et gardiens de la communauté chrétienne dont ils ont été nommés les pasteurs, au nom du Christ. Chacun d'eux, dans sa propre Église particulière, est le promoteur efficace de la vie des fidèles laïcs et le gardien attentif de la vie consacrée; quant aux prêtres, ils sont ses nécessaires collaborateurs et conseillers dans son ministère et sa charge d'enseignement, de sanctification et de gouvernement du peuple de Dieu.(5)

Aujourd'hui encore, alors que l'Église parvient au seuil du Troisième Millénaire, il est donc urgent que, comme dans le passé, les évêques s'engagent dans leur ministère avec détermination et courage pour son renouveau, suivant les directives du Concile Vatican II, de façon à ce que, grâce à son oeuvre, le monde puisse être «transformé selon le dessein de Dieu et qu'il parvienne ainsi à son accomplissement».(6)

3. C'est pour cette raison que le Saint-Père Jean-Paul II a choisi pour thème de la Xème Assemblée Ordinaire du Synode des Évêques: «L'évêque, Serviteur de l'Évangile de Jésus-Christ pour l'espérance du monde». Thème qui veut souligner avant tout que l'espérance de l'homme, de tous les hommes et de tout l'homme, est Jésus-Christ.(7)

Ce même thème se propose d'ajouter que la totalité du service de chaque évêque est pour l'espérance, un service d'annonce et de témoignage de l'espérance en tant qu'annonce du Christ. Chaque évêque doit pouvoir faire siens les mots de saint Augustin: «Quels que nous soyons, ne mettez pas votre espérance en nous. En tant qu'évêque, je m'abaisse à vous dire: je veux me réjouir avec vous, et non être exalté. Je ne félicite aucunement ceux dont j'aurais découvert qu'ils mettaient leur espérance en moi: ils doivent être corrigés, non pas rassurés; ils doivent changer et non pas être encouragés [...] Ne placez pas votre espérance en nous, pas dans les hommes. Si nous sommes bons, nous sommes des ministres; si nous ne sommes pas bons, nous sommes des ministres. Mais si nous sommes de bons et fidèles ministres, alors nous sommes vraiment des ministres».(8)

La préparation à la Xème Assemblée Ordinaire du Synode des Évêques, et ensuite ses travaux, ne pourront que se dérouler à la lumière de l'enseignement du Concile Vatican II sur les évêques, successeurs des Apôtres, «lesquels, avec le Successeur de Pierre, Vicaire du Christ et Chef visible de toute l'Église, gouvernent la maison du Dieu vivant».(9)

4. Chaque évêque, qui participe à la plénitude du sacrement de l'Ordre, est le principe et le fondement visible de l'unité dans l'Église confiée à son service pastoral. Il oeuvre pour que celle-ci puisse grandir en tant que Famille du Père, Corps du Christ et Temple de l'Esprit, dans la triple fonction qu'il est appelé à assumer en elle: enseigner, sanctifier et gouverner. Il est la présence vivante et actuelle du Christ «pasteur et évêque» de nos âmes (1 P 2, 25), vicaire, dans l'Église particulière, non seulement de sa parole, mais aussi de sa personne elle-même.(10) En outre, puisque l'Église est la communion de toutes les Églises, en édifiant son Église particulière, l'évêque contribue à l'édification de l'Église tout entière qui est dans le Christ «un signe et un moyen d'opérer l'union intime avec Dieu et l'unité de tout le genre humain».(11) Donc, avec la croissance de l'Église, grandit aussi «le corps de la nouvelle famille humaine qui offre déjà quelque ébauche du siècle à venir».(12)

Le Concile Vatican II lui-même a remis à l'honneur la réalité du collège épiscopal qui succède au Collège des Apôtres et est l'expression privilégiée du service pastoral assuré par les évêques en communion entre eux et avec le Successeur de Pierre. En tant que membres de ce Collège, tous les évêques «ont été consacrés non seulement pour un diocèse, mais pour le salut du monde entier»(13) et, institués par le Christ conformément à sa volonté, «ils sont tenus d'avoir pour toute l'Église une sollicitude qui, sans s'exercer par un acte de juridiction, contribue considérablement au bien de l'Église universelle».(14)

Ce Magistère est présent dans tous les documents du Concile Vatican II comme un des principes les animant, alors que dans le décret Christus Dominus, il trouve plus spécifiquement déterminée la mission pastorale des évêques. Le Code de Droit Canon, promulgué en 1983, en a ensuite repris la forme, en en fixant même le statut juridique. Mais déjà dix ans plus tôt, afin d'illustrer la figure idéale de l'évêque adapté à notre époque et de décrire plus précisément son profil moral, ascétique et mystique, la Congrégation pour les Évêques avait publié le Directoire Ecclesiae imago (22 février 1973) aujourd'hui encore d'une grande actualité et valeur.(15)

5. Célébrée en octobre 1969, la Ière Assemblée Extraordinaire du Synode des Évêques, centrée sur le thème de la collégialité des évêques dans l'Église, eut la possibilité de réfléchir de façon approndie sur la doctrine conciliaire à propos de la communion sacramentelle entre les évêques. En outre, la réalité même du Synode des Évêques est un instrument extrêmement valable de communion. Réunis en Synode cum Petro et sub Petro, les évêques apportent leur expérience de pasteurs des Églises particulières et «rendent visible et activte cette coniunctio qui constitue la base théologique et la justification ecclésiale et pastorale du fait de se réunir en Synode».(16)

La Xème Assemblée Ordinaire du Synode des Évêques sera certainement l'occasion de vérifier que plus la communion des évêques entre eux est solide, plus la communion de l'Église s'en trouve enrichie. De plus, leur ministère lui-même se trouvera renforcé et consolidé par l'échange réciproque des expériences. Insérée dans le contexte du Grand Jubilé de l'An 2000 et centrant son attention sur la figure même de l'évêque en tant que serviteur de l'Évangile pour l'espérance du monde, la prochaine Assemblée synodale ordinaire prévoit parmi ses objectifs de mettre en lumière le fait que c'est aux évêques qu'«incombe la noble tâche d'être les premiers à proclamer les "raisons de l'espérance" (cf. 1 P 3,15): cette espérance soutenues par les promesses de Dieu, par la fidélité à sa parole qui a pour certitude inébranlable la résurrection du Christ, sa victoire définitive sur le mal et le péché».(17) Du reste, l'avènement du Troisième Millénaire, avec l'union de tous les chrétiens, réclame des évêques qu'ils valorisent et approfondissent dans les domaines ecclésial et civil, «les signes de l'espérance présents en cette fin de siècle, malgré les ombres qui les dissimulent souvent à nos yeux».(18)

L'espérance chrétienne est étroitement liée à l'annonce courageuse et intégrale de l'Évangile, qui occupe une place de choix parmi les fonctions principales des évêques. C'est pourquoi, au-delà de leurs devoirs et tâches multiples, «au-dessus de tous soucis et difficultés inhérents au travail quotidien dans la vigne du Seigneur, avant tout et au-dessus de tout il faut placer l'espérance».(19)


CHAPITRE I

CONTEXTE ACTUEL DE LA MISSION DE L'ÉVÊQUE

6. Le Concile Vatican II une fois terminé, les Pères conciliaires retournèrent dans leurs Églises locales respectives. Avec les textes doctrinaux et pastoraux, ils apportèrent aussi aux prêtres - leurs tout premiers collaborateurs - et à tous les autres membres du peuple de Dieu l'exigence d'une nouvelle figure de l'évêque, conforme à l'aspect de l'Église en tant que communion, mis en lumière par le Concile qui en avait rappelé l'origine ultime et le modèle transcendant dans le mystère divin de la communauté trinitaire.(20) En même temps, outre la doctrine relative au caractère et à la nature collégiale de l'ordre épiscopal, ils apportèrent également la richesse d'une expérience précieuse vécue dans la collégialité. Il était alors implicite qu'après cela, la figure de l'évêque n'aurait jamais plus été la même.

Nouvelle mise en valeur de la figure de l'évêque

7. En effet, on voyait émerger la nécessité de mettre en valeur la fonction et l'autorité de l'évêque, de façon différente. Et ce, non seulement quant à l'aspect extérieur, dont se chargea aussi très vite le Siège Apostolique, comme dans la Lettre motu proprio Pontificalia insignia de Paul VI (21 juin 1968) ou encore dans l'Instruction Ut sive sollicite (31 mars 1969) qui ont ramené les symboles et les vêtements épiscopaux à plus de simplicité et plus de conformité à l'esprit humble et pauvre qui doit toujours resplendir dans ceux qui assument une responsabilité toute spéciale au service des fidèles.

Toutefois, la nouvelle mise en valeur de la figure de l'évêque touchait plus spécialement sa signification spirituelle et morale, chargée du tout premier charisme de l'apostolicité. L'évêque est l'économe de la grâce du sacerdoce suprême, le maître authentique qui proclame avec autorité la parole de Dieu à propos de la foi et des moeurs.

8. Dans la Lettre apostolique en préparation au Jubilé de l'An 2000, Jean-Paul II rappelle que, pour l'Église, il est juste et bon d'inviter ses fils à entrer par la Porte Sainte, en se purifiant de leurs erreurs, de leurs infidélités et de leurs incertitudes grâce au repentir. Etplus encore, l'Église elle-même entend prendre en charge le péché de ses enfants.(21)

Il est donc opportun qu'à la fin du deuxième millénaire, dans un humble geste de repentir, la Xème Assemblée Ordinaire du Synode des Évêques reconnaisse qu'au cours de ses manifestations historiques le ministère épiscopal a été compris par certains plus comme une forme de pouvoir et de prestige que comme l'expression d'un service.

9. Dans son Magistère, le Concile Vatican II a, à plusieurs reprises, rappelé la doctrine de saint Cyprien, évêque de Carthage, dont il a repris l'idée de l'inclusion mutuelle de l'Église dans l'évêque et de l'évêque dans l'Église: l'Église est le peuple uni à son sacerdoce, le troupeau réuni autour de son pasteur.(22) C'est cette même idée qui a guidé le décret Christus Dominus en décrivant l'Église particulière comme une portion du peuple de Dieu confiée à son pasteur; et celui-ci, assisté par le presbyterium, le rassemble dans le Saint-Esprit, grâce à l'Évangile et à l'Eucharistie.(23)

Certainement positifs sont des faits comme le désir ardent et la demande récente de nombreux fidèles à vivre la communion avec leur évêque, leur intérêt à vouloir le rencontrer personnellement, à dialoguer avec lui, à confronter leurs idées dans l'analyse et dans la vérification des situations locales et dans les programmes pastoraux. La demande pressante de ceux qui ont un sentiment ecclésial aigu renferme en effet le besoin que l'évêque constitue toujours plus un signe lumineux de cette communion de charité,(24) dont l'Église elle-même est le sacrement dans le monde.

Nouvelles instances et nouvelles difficultés du ministère épiscopal

10. Cette donnée, qui trouve sa réponse institutionnelle dans la constitution de lieux spécifiques pour participer à la vie de l'Église particulière, comme les Conseils presbytéraux et pastoraux et la célébration de Synodes diocésains, comporte pour l'exercice du ministère épiscopal des difficultés autres encore que celles d'ordre commun. Il existe le risque que toute une série d'engagements de divers ordre et se succédant rapidement les uns les autres viennent remplir la journée d'un évêque et que des circonstances particulières, qui dérivent aussi du rôle public qui est le sien dans la société civile de certains pays, puissent le distraire de ses devoirs premiers. Il arrive alors que l'évêque se trouve totalement absorbé par des sollicitations telles que l'aspect administratif et bureaucratique prévaut sur le rapport personnel et spirituel du pasteur avec son troupeau. Le rôle public des évêques nécessite lui aussi un discernement sérieux.

À cela viennent s'ajouter d'autres difficultés dérivant, par exemple, de la vaste étendue du territoire diocésain ou bien du nombre des fidèles, ou encore de l'idée qui persiste encore dans certaines régions que l'évêque est une personne importante et influante à qui il est possible de s'adresser pour obtenir des faveurs ou des facilités en tous genres.

11. En vérité, la difficulté dont il est question est celle consistant à se faire réellement «tout à tous» (1 Co 9, 22). Mais dans tous les cas, chaque évêque est tenu, dans ses engagements quotidiens, à rechercher et à réaliser le juste équilibre entre le gouvernement intérieur d'une communauté et le devoir missionnaire d'annoncer l'Évangile aux hommes. Il est tout aussi nécessaire de rechercher un équilibre entre la contemplation et l'action.

De plus, puisque les honneurs épiscopaux constituent effectivement une charge lourde et fatigante, l'accent est mis davantage sur l'importance de la coopération des prêtres. Dans le cas présent, il ne s'agit pas d'une simple opportunité pratique, étant donné que la coopération nécessaire des prêtres a ses racines dans l'événement sacramentel lui-même.(25) D'autre part, tous les chrétiens ont le droit et le devoir, conformément à leur vocation propre et aux dons de l'Esprit Saint, de coopérer, personnellement ou en groupe, à la mission de l'Église. Il revient donc à l'évêque de reconnaître et de respecter ce sain pluralisme des responsabilités, de l'accueillir, de le mettre en valeur et de le coordonner avec sa sagesse pastorale, afin d'éviter une dispersion inutile et néfaste des énergies.(26) En agissant de la sorte, il sera présent dans l'Église particulière non seulement avec la force de sa propre personnalité, mais davantage en tant que ministre, réalisant une présence de communion.

Les urgences de la communauté chrétienne

12. Pour l'Église, le Concile Vatican II a constitué une véritable grâce de Dieu et un immense don de l'Esprit Saint. Ce Concile a fait naître de nombreux fruits spirituels pour l'Église universelle et pour les Églises particulières, mais aussi pour les hommes de notre époque. Il a constitué en particulier un acte profond d'amour envers Dieu, envers l'humanité et envers l'Église dont, dans ses textes, il a exposé la nature et la structure fondamentale voulue par le Seigneur, la vocation oecuménique et l'activité apostolique et missionnaire.

La IIème Assemblée Extraordinaire du Synode des Évêques de 1985 a constaté avec satisfaction et espoir qu'une grande partie des fidèles avait répondu aux sollicitations de l'Esprit et accueilli le magistère du Concile Vatican II avec ardeur, y adhérant avec coeur au point de mettre en évidence un sensus Ecclesiae accru. Celui-ci, qui comporte une connaissance plus profonde de l'Église, un amour plus grand pour l'Église et un fort sentire in Ecclesia, a provoqué un renforcement du dynamisme missionnaire et un engagement dans le dialogue oecuménique pour que soit rétablie l'union visible entre les chrétiens.

Chez les fidèles laïcs en particulier, s'est véritablement accru le sens de la coresponsabilité et de la volonté de participer à la vie et à la mission de l'Église. Après le Concile, on a aussi assisté, parallèlement à l'associationnisme traditionnel, à la naissance et au développement de nouvelles réalités agrégatives qui, sous un aspect et avec des finalités spécifiques et différentes, participent à la mission de l'Église consistant à annoncer l'Évangile comme source d'espérance et de renouveau pour la société.(27) L'exigence aussi de mettre davantage en valeur le «génie» de la femme est toujours plus ressentie dans la communauté des fidèles. La vie consacrée - qui a fait l'objet d'une réflexion approfondie durant la dernière Assemblée Ordinaire du Synode des Évêques, réflexion suivie de l'Exhortation Apostolique Vita consecrata - se diffuse au plan universel et trouve même une vigueur surprenante dans certaines Églises. À ces phénomènes réconfortants est étroitement liée une vigueur nouvelle de l'adhésion au Christ, lumière de tous les peuples et espérance de l'homme.

Diminution de la ferveur et subjectivisation de la foi

13. Cependant, surtout dans les populations chrétiennes de longue tradition, la croissance n'a pas toujours été apte à soutenir l'impact du sécuralisme qui, depuis longtemps, ronge les racines religieuses du coeur humain. Dans le milieu ecclésial, il existe nombre de phénomènes préoccupants et négatifs, comme l'ignorance religieuse, qui persiste et même augmente chez beaucoup de croyants; la faible incidence de la catéchèse, suffoquée par les messages plus largement diffusés et persuasifs des moyens de communication sociale; le pluralisme théologique, culturel et pastoral compris de façon incorrecte; la persistance d'un sentiment de méfiance et presque d'intolérance envers le magistère hiérarchique; les poussées unilatérales et réductives de la richesse du message évangélique.(28)

Parmi les effets, il faut noter l'apparition d'un «manque de ferveur [...] d'autant plus grave qu'il vient du dedans; il se manifeste dans la fatigue et le désanchantement, la routine et le désintérêt, et surtout le manque de joie et d'espérance».(29) À cela viennent aussi s'ajouter la rupture entre la foi et la vie, entre l'accueil de l'Évangile et sa traduction concrète dans les comportements et les choix quotidiens, ainsi que l'émergence, parmi les fidèles, d'un subjectivisme, parfois exaspéré, se manifestant surtout dans le domaine éthique et moral, mais aussi dans les contenus de la foi.

Le phénomène de la subjectivisation de la foi, qui accompagne la croissance de l'individualisme, est hélas présent chez un grand nombre de chrétiens et aboutit à la diminution de la sensibilité à l'ensemble objectif et général de la doctrine de la foi. On voit au contraire se diffuser l'adhésion subjective à ce qui plaît et est conforme à l'«expérience» propre. Des difficultés de cette sorte exigent que les évêques tout particulièrement, aux côtés de leurs prêtres, multiplient leurs efforts pour que la parole de Dieu parvienne en totalité aux fidèles et que ceux-ci puissent recevoir, inaltérées, la splendeur et l'intensité d'amour de la «vérité qui leur aurait valu d'être sauvés» (2 Th 2,10).

Dans Veritatis splendor (25 mars 1995) où Jean-Paul II repropose les fondements de l'agir en tant que chrétien et le rapport essentiel existant entre vérité et liberté, on retrouve le besoin de présenter la lumière de l'Évangile et l'enseignement compétent de l'Église sur les principes qui se trouvent à la base de la vie morale et qui la soutiennent.

14. En vérité, il faut reconnaître que l'exercice du magistère épiscopal était relativement simple lorsque la vie de l'Église se déroulait dans des conditions différentes et pouvait aisément inspirer les cultures et participer à leurs formes d'expressions. Dans la crise contemporaine du langage et de la pensée, il est certain que tout est devenu plus ardu, plus difficile; et c'est même justement dans l'annonce de la vérité que les évêques voient leur foi et leur courage défiés et mis à dure épreuve.

C'est à eux toutefois que revient le devoir inaliénable d'être les gardiens de la Vérité, sans toutefois ignorer les nombreux problèmes que rencontre aujourd'hui un croyant désireux de progresser dans l'intelligence de la foi. À chaque évêque, l'Apôtre adresse l'exhoration à toujours puiser ses énergies dans la grâce qui est dans le Christ (cf. 2 Tm 2,1), à annoncer la Parole dans toutes les circonstances, opportunément ou non, à veiller en supportant les souffrances et à accomplir son oeuvre d'annonceur de l'Évangile (cf. 2 Tm 4,1-5).

Il est très important, dans ce but, d'entretenir de façon vivante et visible la communion hiérarchique avec l'évêque de Rome et d'amplifier les liens collégiaux avec les autres évêques, en particulier au cours des diverses assemblées épiscopales.(30)

La vie matrimoniale et familiale

15. La famille constitue l'un des «chemins» les plus importants de l'Église au seuil du Troisième Millénaire, ainsi que l'a déclaré Jean-Paul II dans sa Lettre du 2 février 1994. Si l'on regarde la vie de l'Église aujourd'hui, on remarque que, parmi les chrétiens, a grandi la conviction que le couple et la famille chrétiens sont source de sanctification. Chez les époux en particulier, s'est accrue la conscience de leur propre vocation à la sainteté et de la signification positive et chrétienne de la sexualité. Dans ce domaine, au cours des dernières décennies, un soutien essentiel a été apporté par le magistère du Concile Vatican II, exposé dans la Constitution pastorale Gaudium et spes à laquelle le Siège Apostolique a ajouté de nombreuses autres interventions, depuis l'Encyclique Humanae vitae de Paul VI jusqu'à l'Exhortation Familiaris consortio de Jean-Paul II.

Cependant, à notre époque, la famille doit affronter de nombreuses menaces, qui vont de la mentalité consumériste à l'hédonisme diffus, de la permissivité morale à la dangereuse publicité pour des formes de déviations sexuelles. Il n'est pas rare que les moyens de communication sociale présentent comme des schémas de vie sociale des comportements dégradants de la dignité de la personne et donc, en opposition à la vie morale indiquée par l'Évangile et enseignée dans l'Église. À cela viennent s'ajouter le mythe de l'«explosion démographique» et les craintes à l'égard d'une surpopulation qui empêcherait l'humanité de pourvoir à ses besoins vitaux. Ces phénomènes et ces craintes ouvrent la voie au fléau de l'avortement et à l'euthanasie, en particulier parce qu'ils sont alimentés par une «culture de mort» envahissante et parfois insidieuse, contre laquelle s'est élevée la voix de Jean-Paul II dans l'Encyclique Evangelium vitae (25 mars 1995).

Dans le domaine de la vie humaine, enfin, la biologie et la bioingénierie se sont orientées vers les forces les plus cachées de la nature et, s'appropriant des méthodologies les plus hardies pour les dominer et les utiliser, elles ont réalisé d'énormes progrès. On n'ignore cependant pas les graves risques qui existent de dépassement des frontières et d'abus, ainsi que les profondes interrogations anthropologiques et morales dérivant d'opérations qui, en attentant à la vie et à la dignité de l'homme, constituent des formes inacceptables de manipulation et d'altération.

Tout cela ne cesse d'alarmer et de préoccuper les évêques en premier lieu, bien conscients que la famille se trouvera renforcée uniquement si elle correspondra à la vocation du Père céleste qui appelle ses fils à vivre dans la fidélité à l'union conjugale, à procréer de façon responsable et à s'engager avec amour dans l'éducation des enfants.

À une époque où beaucoup semblent avoir perdu le lien entre la vérité, le bien et la liberté, les évêques ressentent avec urgence le besoin de rappeler, par la voix de saint Irénée, évêque de Lyon, que la «gloire de Dieu, c'est l'homme vivant et la vie de l'homme, c'est la vision de Dieu».(31) D'où la nécessité que l'homme vive selon les exigences de sa dignité de créature de Dieu et de fils dans le Fils, rédempteur de l'homme. Une éminente forme de charité envers les hommes est celle qui consiste à ne diminuer en rien la doctrine salutaire du Christ, en accompagnant l'annonce de la vérité par la patience et la bonté dont le Seigneur Jésus nous a donné l'exemple.

Les vocations au ministère sacerdotal et à la vie consacrée

16. L'attention des évêques à la formation des futurs prêtres et leur souci pour le manque de prêtres ont toujours été présents dans les discussions des diverses Assemblées du Synode des Évêques, et plus particulièrement celle de 1990. On a alors pu constater, dans nombre d'Églises particulières, un réveil et une augmentation réconfortants des vocations au ministère sacerdotal, pour lesquels il faut remercier le Seigneur; par contre, dans d'autres Églises, plus spécialement en Europe occidentale et en Amérique du Nord, persiste une diminution sensible du clergé, aggravée par un vieillissement des prêtres engagés dans la pastorale. D'autre part, là aussi où l'augmentation des vocations se fait sensiblement sentir, il reste toujours un écart entre la croissance numérique et les exigences des fidèles.

Cela comporte des difficultés évidentes pour le ministère épiscopal et donne lieu, pour nombre d'évêques, à des préoccupations profondes. En effet, chaque communauté chrétienne a sa source permanente dans le sacrement de l'Eucharistie, dont le prêtre est le ministre. En outre, la présence de vocations sacerdotales est une prémisse nécessaire pour la croissance de l'Église et un contrôle de sa vitalité spirituelle.

Une autre grave nécessité pour l'Église - qui a toujours besoin de ces témoins du «siècle futur» - est l'augmentation des vocations à la vie consacrée. Leur présence est une condition indispensable à l'oeuvre de la nouvelle évangélisation. C'est pour cette raison que la promotion des vocations au ministère sacré et à la vie consacrée, tout comme leur formation adéquate, doivent constituer un devoir du peuple de Dieu tout entier. Ce doit être un souci prioritaire de tous les évêques, afin que soit assuré le chemin d'espérance pour la diffusion de l'Évangile et l'édification constante du Corps du Christ, l'Église.

Le défi des sectes et des nouveaux mouvements religieux

17. Le subjectivisme de la foi et la permissivité morale, tout comme une formation religieuse carente et une moindre expérience de la vie liturgique et ecclésiale exposent les fidèles d'un grand nombre de communautés chrétiennes d'Europe, de l'Amérique et de l'Afrique, à être attirés par la prolifération des sectes, ou «nouvelles formes de religiosité» comme on les appelle aujourd'hui. Elles ont reçu l'attention de la IIème Assemblée Extraordinaire du Synode des Évêques en 1985: à cette occasion, la question fut posée de savoir si, dans les milieux catholiques également, le sens du sacré avait été manifesté de façon suffisante.(32) Le Saint-Siège est ensuite intervenu sur le sujet, dans un document spécial articulé, préparé par plusieurs Dicastères romains.(33) Les Conférences épiscopales aussi, et plus particulièrement les Conférences générales de l'Épiscopat latinoaméricain, ont réfléchi sur le thème. Jean-Paul II s'y réfère fréquemment lorsqu'il reçoit les évêques venus en visite ad limina ou bien à l'occasion de ses nombreux voyages apostoliques.

Il apparaît clairement que ces «nouveaux mouvements religieux» ont bien peu en commun avec une recherche authentique de Dieu et c'est pour cela qu'ils se proposent comme une alternative, aussi bien dans leurs doctrines que dans leurs méthodes, en opposition à l'Église catholique et aux autres Églises et communautés ecclésiales.

Il est nécessaire de réagir à la diffusion de ces nouveaux mouvements religieux, dans des activités pastorales mettant en leur centre la personne, avec sa dimension communautaire et son désir d'un rapport personnel authentique avec Dieu. De toutes façons, leur présence même suggère la nécessité de ranimer la catéchèse à tous les niveaux, en l'adaptant à la mentalité des populations et à leur langage, en plaçant toujours au centre la richesse insondable du Christ, unique Sauveur de l'homme. C'est en tout premier lieu aux évêques dont les Églises particulières sont le siège d'un tel phénomène qu'il revient d'orienter la pastorale suivant un tel itinéraire et de sauvegarder les valeurs de la piété populaire. Il sera alors possible d'endiguer le prosélytisme des sectes, sans exercer d'attaques personnelles ou prendre des positions contraires à l'esprit de l'Évangile, mais au contraire dans l'esprit de charité qui accueille la personne pour l'évangéliser.

Le contexte de la société humaine

18. Les urgences existant aujourd'hui dans la vie de l'Église et dont certaines, les plus emblématiques sans doute, ont été rappelées de façon sommaire, sont liées à l'histoire des hommes dans laquelle vit l'Église, et même subissent son influence. En effet, l'Église est le peuple de Dieu, pèlerin à la recherche de la cité future et éternelle (cf. He 13,14). Bien que, par vocation, elle transcende les temps et les frontières des nations, car elle doit atteindre tous les lieux de la terre, l'Église, conformément à l'enseignement du Concile Vatican II, entre dans l'histoire des hommes,(34) participe aux événements de leur vie, est solidaire de leurs joies et de leurs espérances, de leurs tristesses et de leurs angoisses, en particulier celles des pauvres et de tous ceux qui souffrent.(35)

Toutefois, il est vrai que, par rapport à l'époque où a été célébré le Concile, la scène mondiale d'aujourd'hui se trouve profondément changée. D'autre part, nombre des mutations survenues actuellement ne pouvaient être prévues par les Pères Conciliaires, ou du moins sous la forme où elles ont eu lieu.

Une scène mondiale différente

19. En effet, les nations et les équilibres internationaux se présentent sous un aspect différent: les progrès réalisés dans tous les domaines par la science et la technique ont posé de nouveaux problèmes; dans la bioingénierie et dans les communications, on a vu se produire de véritables révolutions technologiques qui ont ouvert de nouvelles possibilités pour un contrôle de la nature, des processus sociaux et de la vie humaine elle-même. L'athéisme contemporain lui aussi est différent, ne se référant plus à une forme d'athéisme scientifique ou humaniste, mais bien à un athéisme pratique et à l'indifférence religieuse. Sous cette forme, il a toujours été présent dans l'histoire; mais aujourd'hui, il prend corps de façon plus envahissante et presqu'anonyme, en particulier dans les régions du monde de tradition chrétienne ancienne .

De tout cela, en même temps que d'énormes possibilités, on a vu naître de nouvelles menaces pour la vie des hommes. Les défis que les profondes mutations des actions humaines lancent à l'Église sont multiples et il serait impossible de les citer tous ici; ils touchent la personne humaine et sa vie, depuis sa conception jusqu'à sa conclusion dans la mort, l'environnement menacé dans ses équilibres fondamentaux, la convivialité civile et le développement des peuples, la force inédite qu'ont les nouveaux moyens de communication de créer ou de modifier une culture et d'influencer les processus économiques et politiques. Dans une telle situation, la lettre encyclique Centesimus annus présentait la triple instance d'une écologie de l'environnement, d'une écologie des hommes et d'une écologie de la société.(36)

20. Dans la seconde moitié de ce siècle finissant, le grand thème de la paix dans le monde se présente également sous des formes diverses. Celle-ci s'insère dans le nouveau cadre de la «globalisation». Avec, en particulier, l'apport du monde des communications, le monde est en train de devenir toujours plus un «village global». Toutefois, en opposition, on voit se développer une orientation vers la fragmentation, marquée par l'affirmation exaspérée et parfois fictive d'identités culturelles, politiques, sociales et religieuses.

Et il se produit alors que, tandis que les anciens murs se sont écroulés, de nouvelles barrières ont été dressées. Et si, aujourd'hui, il n'existe pas de conflits généralisés, on voit persister par contre les conflits locaux et internes qui interpellent la conscience de populations entières dans toutes les régions du monde. La perte de nombreuses vies humaines et l'énorme vague de réfugiés, d'exilés et de rescapés, blessés dans leur corps et dans leur âme, sont un résultat par trop négatif qui bloque le développement des droits de l'homme, maintient les processus de paix dans un état de crise permanente et constitue un obstacle au bien commun de la société.

Il est aberrant de constater que, de façon souvent répétée, on prétend justifier les luttes et les conflits avec autrui par des raisons d'ordre religieux. Le phénomène du fondamentalisme ou fanatisme religieux est, sans aucun doute, à condamner. Cependant, il a besoin d'être étudié attentivement dans ses motivations car il n'est pratiquement jamais d'ordre uniquement religieux; en certains cas, le sentiment religieux devient un instrument pour atteindre des objectifs, politiques ou économiques.

21. Tout aussi lourd est le poids de la pauvreté et de la misère qui pèse sur des populations entières alors que, dans les pays économiquement plus développés, le sens de la solidarité diminue. Les frontières entre la richesse et la pauvreté ne délimitent pas seulement les pays riches des pays pauvres et encore en voie de développement, mais elles traversent aussi l'intérieur de ces mêmes sociétés.

Aujourd'hui, la question sociale est rendue plus complexe par les différences des cultures et des systèmes de valeurs entre les divers groupes de populations, qui ne correspondent pas toujours au degré de développement économique mais contribuent par contre à créer de plus larges fossés. À cela viennent s'ajouter le fléau de l'analphabétisme, la présence de diverses formes d'exploitation ou d'oppression économique, sociale, politique et même religieuse, de la personne humaine et de ses droits, les discriminations de toutes sortes, plus spécialement les plus odieuses, celles basées sur la différence des races. Parmi d'autres formes de pauvretés, on trouve la difficulté, ou l'impossibilité, d'accéder aux niveaux supérieurs d'éducation, l'incapacité de participer à la constitution de son propre pays, la négation ou la limitation des droits humains et, parmi ceux ci, le droit à la liberté religieuse.

La liste pourra certainement s'allonger encore, en y ajoutant d'autres facteurs qui sèment la lassitude dans les coeurs et dans les esprits et menacent sérieusement les espérances pour un avenir meilleur. Par exemple, la corruption de la vie publique existant dans divers pays; le marché de la drogue et de la pornographie, qui rongent ultérieurement la fibre morale, la résistance et les espérances des peuples; les énormes sommes d'argent utilisées pour les armements, non seulement pour la défense mais aussi pour procurer la mort; un comportement non correct dans les rapports internationaux et dans les échanges commerciaux au détriment des pays en développement, les restrictions à la libre profession de la foi, encore imposées dans certains pays.

Quelques orientations des espérances humaines

22. En énonçant et en examinant ces urgences, et sans vouloir ignorer la gravité et la profondeur des problèmes, l'Église, qui se prépare à entrer dans le troisième millénaire chrétien, continue à faire sien l'optimisme fondé sur l'espérance chrétienne, tel que l'a présenté la constitution pastorale Gaudium et spes du Concile Vatican II. En effet, si l'on regarde de plus près l'histoire des hommes au seuil du nouveau millénaire, on ne peut pas ne pas voir les signaux d'espérance; l'histoire semble même traversée par un chaud courant de liberté, qui fait se mouvoir les hommes et les femmes partout sur la terre.

Dans son discours du 5 octobre 1995 à l'Organisation des Nations- Unies, Jean-Paul II a porté tout particulièrement son attention sur cette histoire et il en a illustré le sens à la lumière des exigences inévitables de la loi morale universelle. Il a également invité les nations à prendre le risque de la liberté, en réaffirmant les droits humains fondamentaux et la dignité et la valeur de la personne humaine, dans les nouveaux contextes d'une société multiethnique et multiraciale et de la mondialisation de l'économie, dans la recherche d'un juste équilibre entre les deux pôles de la particularité et de l'universalité. En effet, les droits des nations ne sont autres que les droits humains pris au niveau spécifique de la vie communautaire. De là naît le respect des «différences» comme source d'une compréhension plus profonde du mystère de l'homme.(37)

En passant du deuxième au troisième millénaire chrétien, la vie des hommes montre aussi qu'elle accorde un intérêt prometteur et sensible, bien que fragile par rapport aux angoisses et aux préoccupations, pour les valeurs de l'esprit et qu'elle est parcourue par un besoin plus diffus d'intériorité, d'une plus grande attention aux responsabilités de l'homme envers la nature et d'une conscience accrue des occasions actuelles, afin de construire une civilisation nouvelle et meilleure et un monde où tous soient impliqués, dans une collaboration courageuse et solidaire pour la promotion de la justice et de la paix et pour un réveil moral en faveur du respect de la dignité et des droits humains dans le monde.

Les évêques, témoins et serviteurs de l'espérance

23. L'Église ressent dans sa chair les tensions et les oppositions qui affligent les hommes de notre époque et elle veut, dans tous ses membres, être présente pour défendre la dignité de l'homme et de sa promotion intégrale. Jésus lui-même a déclaré qu'il s'identifie avec tous les pauvres de ce monde et que c'est suivant cette identification qu'il jugera à la fin des temps (cf. Mt 25,31-46).

Au seuil du Troisième Millénaire, l'Église a conscience «que son message social trouvera une crédibilité avant tout dans le témoignage de ses oeuvres, puis dans sa cohérence et dans sa logique interne. De cette conscience aussi dérive son amour préférentiel pour les pauvres, qui n'est jamais ni exclusive ni discriminante envers d'autres groupes».(38) À l'image de Jésus qui, «à la vue des foules [...] en eut pitié car ces gens étaient las et prostrés comme des brebis qui n'ont pas de berger» (Mt 9,36), c'est là une tâche qui doit être assumée personnellement par les évêques.

24. L'histoire de l'Église est peuplée de personnages d'évêques qui, en vertu de l'impératif de la mission épiscopale, se sont engagés profondément dans la promotion et dans la défense courageuse de la dignité humaine. En effet, celle-ci représente une valeur évangélique qui ne peut jamais être méprisée sans offenser gravement le Créateur. Ces personnages n'appartiennent pas seulement aux époques passées; ils sont aussi de la nôtre. Certains ont même apporté un témoignage de sang au sein de leurs Églises particulières et de l'Église universelle. Aux nombreux évêques qui, aux côtés de leurs prêtres, des religieux et des laïcs, ont souffert en prison et été marginalisés sous les régimes totalitaires de l'Est et de l'Ouest au cours des dernières décennies, viennent aujourd'hui s'en ajouter d'autres qui, comme le Bon Pasteur, ont donné leur vie pour leur troupeau.

Uni à celui de nombreux fidèles, leur sacrifice qui complète et allonge le martirologe d'une Église qui, au terme du deuxième millénaire, «est devenue à nouveau une Église de martyrs»,(39) prouve avec efficacité que le message social de l'Évangile n'est pas une théorie abstraite, mais une vie qui est donnée.

25. Être semeur d'espérance signifie accomplir une mission à laquelle l'Église ne peut se soustraire. La totalité du service épiscopal est pour l'espérance, un ministère pour «une vivante espérance» (1 P 1,3) du peuple de Dieu et pour chaque homme. Pour cela, il est donc nécessaire que l'évêque oriente tout son ministère évangélisateur au service de l'espérance, en particulier pour les jeunes, qui se trouvent menacés par des mythes illusoires et par le pessimisme de rêves qui s'évanouissent, et pour tous ceux qui, affligés par les formes multiples de la pauvreté, tournent leur regard vers l'Église comme vers leur unique recours, en vertu de son espérance surnaturelle.

Serviteur de l'espérance, chaque évêque doit la conserver solide en lui-même, car elle est le don pascal du Seigneur ressuscité et est fondée sur le fait que l'Évangile, au service duquel l'évêque est principalement, est un bien total, le point crucial réunissant tout le ministère épiscopal. Sans l'espérance, toute son action pastorale resterait stérile. Par contre, le secret de sa mission réside dans l'inflexibilité de son espérance.


CHAPITRE II

CARACTÈRES IDENTIFIANT LE MINISTÈRE DE L'ÉVÊQUE

26. La IIème Assemblée Extraordinaire du Synode des Évêques a indiqué la Koinonia-Communio comme le concept central de l'ecclésiologie de Vatican II. Présente dans la Tradition vivante de l'Église et patrimoine commun en Orient et en Occident pendant quasiment tout le premier millénaire de l'ère chrétienne, cette ecclésiologie constitue le chemin qui porte au renouveau de la vie ecclésiale, ainsi que le fondement de tout le ministère pastoral tout au long du pèlerinage de l'Église à travers l'histoire humaine.(40)

Que l'Église soit un mystère de communion est une affirmation qui ne se rapporte pas seulement à ses structures extérieures, mais plutôt à sa nature intime et à sa réalité plus profonde, qui touchent le coeur du mystère de la Sainte Trinité. En effet, comme l'a rappelé le Concile, l'Église est un peuple réuni conformément à l'unité du Père, du Fils et de l'Esprit Saint;(41) elle a son origine dans la Trinité, elle subsiste dans la Trinité et elle va vers la Trinité. «Ce qui constitue et définit, de par la volonté de son Fondateur et Fondement, la nature et la mission de l'Église détermine également la nature et la mission de la fonction épiscopale».(42)

Le ministère de l'évêque dans son rapport avec la Sainte Trinité

27. Chaque identité chrétienne se révèle à l'intérieur du mystère de l'Église comme un mystère de communion trinitaire dans une tension missionnaire. Le sens et l'objectif du ministère épiscopal doivent être également compris dans l'Ecclesia de Trinitate, envoyée pour faire des disciples et les baptiser au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit (cf. Mt 28, 18-20).

C'est pourquoi, dans les rapports entre chaque évêque et les fidèles de l'Église particulière qui lui ont été confiés, on doit voir reflétées les relations entre les personnes divines de la Trinité dans l'unité: dans le Père, la source de l'autorité; dans le Fils, la source du service, et dans l'Esprit, la source de la communion. Ainsi, «la parole «communion» nous conduit jusqu'au principe même de la vie trinitaire qui se rejoint dans la grâce et le ministère de l'épiscopat. L'évêque est l'image du Père, il rend le Christ présent comme Bon Pasteur, il reçoit la plénitude de l'Esprit Saint d'où jaillissent les enseignements et les initiatives ministérielles afin de pouvoir édifier, à l'image de la Trinité et à travers la parole et les sacrements, cette Église où Dieu se donne aux fidèles qui lui ont été confiés».(43)

Le ministère épiscopal dans son rapport avec le Christ et les Apôtres

28. Le ministère épiscopal se configure dans l'Église comme le ministère de la succession apostolique. Le témoignage ininterrompu de la Tradition reconnaît dans les évêques ceux qui détiennent «la lignée issue de la souche apostolique»,(44) en succédant aux apôtres en tant que pasteurs de l'Église.

Certes, les Douze sont uniques en tant que témoins du mystère du Verbe incarné, crucifié et ressuscité. Mais entre la Pâque du Seigneur et sa venue dans la gloire, ce sont les évêques qui, après la disparition des Apôtres, ont hérité de cette mission. En s'appuyant sur l'eph'aphax apostolique, en vertu du sacrement de l'Ordre, ils sont revêtus d'une exousia qui, vécue en communion avec le Successeur de Pierre, «a pour but de permettre de perpétuer, dans le temps, le visage du Seigneur, qui est constitué par l'Église tout entière, en veillant de façon particulière à ce que ses traits essentiels et ses caractéristiques spécifiques, qui le rendent unique parmi tous les visages de la terre, ne soient pas altérés».(45)

29. Ministres de l'apostolicité de toute l'Église de par la volonté du Seigneur, et revêtus de la puissance de l'Esprit du Père, qui soutient et qui guide (Spiritus principalis), les évêques sont les successeurs des Apôtres non seulement dans l'autorité et dans la sacra potestas, mais aussi dans la forme de vie apostolique, dans les souffrances apostoliques pour annoncer et diffuser l'Évangile, dans les soins aimants et miséricordieux pour les fidèles qui leur sont confiés, dans la défense des faibles, dans l'attention constante envers le peuple de Dieu.

Rendus semblables au Christ de manière toute spéciale par la plénitude du sacrement de l'Ordre et appelés à participer à sa mission, les évêques le rendent présent de façon sacramentelle; c'est pour cela qu'ils sont appelés «vicaires et légats du Christ»(46) dans les Églises particulières où ils sont amenés à gouverner en son nom. En effet, c'est par leur ministère que le Seigneur Jésus continue d'annoncer l'Évangile, de diffuser sur les hommes la sainteté et la grâce par l'intermédiaire des sacrements de la foi et de guider le peuple de Dieu dans son voyage terrestre jusqu'au bonheur éternel.

Le ministère épiscopal dans son rapport avec l'Église

30. Don de l'Esprit à l'Église, l'évêque est avant tout, comme tous les autres chrétiens, un fils et un membre de l'Église. De cette Sainte Mère, il a reçu le don de la vie divine dans le sacrement du Baptême et la première éducation dans la foi. Avec tous les autres fidèles, il partage l'incomparable dignité des fils de Dieu, qu'il doit vivre en communion et dans un esprit de fraternité reconnaissante. D'autre part, en continuant à être un fidèle du Christ parmi les autres, il est aussi, en vertu de la plénitude du sacrement de l'Ordre, celui qui est pour les fidèles un maître, un sanctificateur et un pasteur, agissant au nom et dans la personne du Christ. Bien sûr, il ne s'agit pas de deux rapports simplement mis en parallèle, mais bien d'un rapport réciproque et intime, ordonnés comme ils le sont pour puiser tous deux à la richesse du Christ unique et du sacerdoce unique.(47) Cependant, un évêque devient «père» justement parce qu'il est pleinement un «fils» de l'Église.

C'est pour cela que, comme le rappelait déjà le Directoire Ecclesiae imago, l'évêque «doit unir en lui-même les dispositions du frère et du père, du disciple du Christ et du maître dans la foi, du fils et, d'une certaine façon, du père de l'Église, puisqu'il est le ministre de la régénération surnaturelle des chrétiens».(48)

Le lien qui unit l'évêque à l'Église a souvent été décrit comme un lien conjugal mystique. En vérité, c'est le Christ l'époux unique de l'Église. En tant que signe sacramentel du Christ Chef, l'évêque l'est également du Christ Époux. En reflétant de manière visible et spéciale l'image de l'Époux, l'évêque doit aussi en être le témoin crédible au sein de la communauté. Revêtu de la charité conjugale du Rédempteur, il est engagé à faire fleurir dans l'Église «la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur de l'amour du Christ», et à la faire apparaître comme remplie «de la plénitude de Dieu» (Ep 3,18 et ss).

C'est de cette façon que l'évêque accomplit sa tâche de paître le troupeau du Seigneur, c'est-à-dire comme réponse à l'amour et comme amoris officium.(49) De telle sorte, il fait grandir l'espérance dans son Église particulière car, par son service, elle conserve la certitude que la charité pastorale de Jésus Christ ne viendra jamais à manquer, cette charité à laquelle participe chaque évêque.

L'évêque dans son rapport avec ses prêtres

31. Le ministère de l'évêque se détermine par rapport aux diverses vocations des membres du peuple de Dieu et, avant tout, par rapport aux prêtres, même religieux, et au presbyterium qu'ils constituent au sein de son Église particulière.(50) Les documents du Concile Vatican II (51) ont jeté une nouvelle lumière sur l'ancienne réalité du collège sacerdotal en tant que corps organique, constitué de tous les prêtres incardinés dans une Église particulière ou bien à son service, réuni autour de l'évêque dans le gouvernement pastoral de chaque Église. Ce lien profond se base sur la participation, bien qu'à des degrés différents, à l'unique et identique sacerdoce du Christ et à la même mission apostolique conférée par un tel sacerdoce. De par la nature et la mission qui sont les siennes, le sacerdoce ministériel apparaît, dans la structure de l'Église, comme un don de l'Esprit, comme un charisme, «signe de la priorité absolue et de la gratuité de la grâce qui est donnée à l'Église par le Christ ressuscité».(52)

Le Concile Vatican II a décrit les rapports réciproques entre les évêques et le presbyterium par des images et une terminologie variées. Il a indiqué l'évêque comme «père» du presbyterium (53) mais, au rappel de la paternité spirituelle, il a ajouté celui de la fraternité, de l'amitié, de la collaboration nécessaire et du conseil. Toutefois, il est vrai que la grâce sacramentelle parvient au corps sacerdotal à travers le ministère de l'évêque et qu'elle lui est donnée en vue de la coopération subordonnée avec l'évêque pour la mission apostolique. Cette même grâce unit le presbyterium aux diverses fonctions du ministère épiscopal. En vertu de ce lien sacramentel et hiérarchique, les prêtres, ses indispensables collaborateurs et conseillers, son aide et son instrument, assument à leurs divers niveaux les devoirs et les préoccupations de l'évêque, rendent celui-ci présent dans chaque communauté.(54)

32. Le rapport sacramentel-hiérarchique se traduit dans la recherche, constamment pratiquée, d'une communion affective et effective entre l'évêque et les membres du presbyterium, conférant consistance et signification à l'attitude intérieure et extérieure de l'évêque à l'égard de ses prêtres. Forma factus gregis ex animo (cf. 1P 5,3), l'évêque doit l'être avant tout pour son clergé, auquel il se propose comme un exemple de prière, de sensus Ecclesiae, de zèle apostolique, de dévouement à la pastorale d'ensemble et de collaboration avec tous les autres fidèles.

En outre, c'est l'évêque qui, en premier lieu, est responsable de la sanctification de ses prêtres et de leur formation permanente. À la lumière de ces instances spirituelles et des attitudes de chacun, tout comme en réponse aux exigences créées par le caractère organique de l'action pastorale et pour le bien des fidèles, l'évêque agit de façon à engager le ministère des prêtres le plus adéquatement possible.

33. À l'attitude de l'évêque à l'égard de chaque prêtre s'ajoute la conscience d'avoir auprès de soi un presbyterium diocésain. C'est pourquoi il ne peut négliger de nourrir en eux la fraternité qui les unit sacramentellement et de promouvoir parmi eux l'esprit de collaboration dans une action pastorale d'ensemble qui soit efficace.

L'évêque doit même, chaque jour, s'engager pour que tout le corps sacerdotal ait conscience et sentent de façon concrète qu'il n'est ni marginalisé ni abandonné mais bien qu'il est membre et partie d'un «unique corps sacerdotal réparti, bien sûr, dans diverses tâches».(55) Dans ce sens, l'évêque valorise le Conseil presbytéral et tous les autres organes formels et informels de dialogue et de coopération avec ses prêtres, en ayant conscience que le témoignage de communion affective et effective entre l'évêque et les prêtres engendre des encouragements efficaces à la communion dans l'Église particulière à tous les autres niveaux.

34. À côté des prêtres, dans la communion ministérielle et hiérarchique de l'Église, il y a également les diacres, ordonnés non en vue du sacerdoce, mais du ministère. En servant les mystères de Dieu et de l'Église dans la diaconie de la parole, de la liturgie et de la charité, de par leur niveau dans l'Ordre sacré les diacres sont en lien étroit avec l'évêque et son presbyterium.(56) Il s'en suit donc que l'on peut affirmer que l'évêque est le premier responsable du discernement de la vocation des candidats,(57) de leur formation spirituelle, théologique et pastorale. Et c'est toujours l'évêque qui, en tenant compte des besoins pastoraux et de la condition familiale et professionnelle des candidats, leur confie les tâches ministérielle de sorte que leur présence s'insère de façon organique dans la vie de l'Église particulière et que leur formation permanente ne soit pas négligée.

Le ministère de l'évêque dans son rapport avec les personnes consacrées

35. La vie consacrée est l'expression privilégiée de l'Église Épouse du Verbe et même sa partie intégrante, placée «au coeur même de l'Église comme un élément décisif pour sa mission»,(58) comme le rappelle dès le début l'Exhortation Apostolique Vita consecrata. À travers elle, dans la variété de ses formes, en devenant visible de façon typique et permanente, sont en quelque sorte rendus présents dans le monde les traits caractéristiques de Jésus, vierge, pauvre et obéissant et indiqués comme une valeur absolue et eschatologique. L'Église tout entière est reconnaissante à la Sainte Trinité pour le don de la vie consacrée. Par la présence de celle-ci, on peut constater que la vie de l'Église ne s'épuise pas dans la seule structure hiérarchique, comme si elle n'était composée que de ministres sacrés et de fidèles laïcs, mais qu'elle se réfère à une structure fondamentale articulée plus vaste et plus riche, charismatique et institutionnelle, voulue par le Christ lui-même et incluant la vie consacrée.(59)

La vie consacrée est donc un don de l'Esprit, auquel il est impossible de renoncer, un élément constitutif de la vie et de la sainteté de l'Église. Elle est nécessairement dans une relation hiérarchique avec le ministère sacré, en particulier avec celui du Souverain Pontife et celui des évêques. Dans son Exhortation Apostolique post-synodale, Jean-Paul II a rappelé le lien particulier de communion existant entre les diverses formes de vie consacrée, les Sociétés de vie apostolique et le Successeur de Pierre, lien dans lequel leur caractère universel et leur connotation supradiocésaine ont leurs racines.

36. Du fait que la vie consacrée est intimement liée au mystère de l'Église et au ministère de l'épiscopat, uni collégialement dans la communion hiérarchique avec le Successeur de Pierre, le Collège épiscopal tout entier est responsable à son égard. Ainsi que l'énonçaient déjà les notes directrices de Mutuae relationes, le Christ-Chef confie aux évêques unis au Souverain Pontife le devoir de prendre «soin des charismes religieux, d'autant plus que l'indivisibilité même du ministère pastoral les rend responsables de la perfection de tout le troupeau. De la sorte, en promouvant la vie religieuse, en la protégeant conformément à son caractère propre, les évêques remplissent un véritable devoir pastoral».(60)

Dans le cadre des indications présentées dans ce document et de ce qui a été mis en lumière au cours de la IXème Assemblée Ordinaire du Synode des Évêques et dans le magistère pontifical proposé par l'Exhortation Apostolique post-synodale Vita consecrata, une instance est constamment présente: celle d'amplifier les rapports mutuels entre les Conférences épiscopales, les Supérieurs majeurs et leurs Conférences respectives, afin de favoriser la richesse des charismes et d'agir pour le bien de l'Église universelle et particulière. Ceci, évidemment, en respectant leurs responsabilités respectives et dans la conscience commune que la communion dans l'Église universelle se réalise à travers la communion dans les Églises particulières.

Du fait que, comme le Concile l'a enseigné, les Églises particulières sont formées «à l'image de l'Église universelle et [que] c'est dans toutes ces Églises particulières et par elles qu'est constituée l'Église catholique, une et unique»,(61) les personnes consacrées, partout où elles se trouvent, vivent leur vocation pour l'Église universelle au sein d'une Église particulière déterminée, dans laquelle elles réalisent leur présence d'Église et assurent des rôles significatifs. En particulier, du fait du caractère prophétique inhérent à la vie consacrée, dans chaque Église particulière, elles sont l'annonce vécue de l'Évangile de l'espérance, les témoins éloquents du primat de Dieu dans la vie chrétienne et de la puissance de son amour dans la fragilité de la condition humaine.(62) D'où, pour le développement harmonieux de la pastorale diocésaine, l'importance de la collaboration entre chacun des évêques et les personnes consacrées.(63)

37. L'Église est infiniment reconnaissante aux nombreux évêques qui, tout au long de son histoire jusqu'à aujourd'hui, ont considéré la vie consacrée comme un don spécifique de l'Esprit au peuple de Dieu au point d'avoir eux-même fondé des familles religieuses, dont un grand nombre sont encore actives aujourd'hui au service de l'Église universelle et des Églises particulières. De plus, le fait que l'évêque se consacre à la sauvegarde de la fidélité des instituts à leur charisme est un motif d'espérance pour ces instituts, en particulier pour ceux qui se trouvent en difficulté.

Le ministère de l'évêque dans son rapport avec les fidèles laïcs

38. Le Concile Vatican II, l'Assemblée Ordinaire du Synode des Évêques de 1987 et la subséquente Exhortation Apostolique de Jean-Paul II,Christifideles laici, ont largement illustré la vocation et la mission des fidèles laïcs dans l'Église et dans le monde.(64) La dignité baptismale, qui les fait participer au sacerdoce du Christ, ainsi qu'un don particulier de l'Esprit, leur confèrent une place appropriée dans le Corps de l'Église et les appellent à participer, selon leurs modalités propres, à la mission rédemptrice qu'elle assure, sur le mandat du Christ, jusqu'à la fin des siècles. À leur égard en particulier, l'Église reconnaît et souligne la valeur rédemptrice de la qualité séculière d'une grande partie de leurs activités. En effet, les laïcs assument leurs caractéristiques chrétiennes propres dans beaucoup de domaines, parmi lesquels les espaces de la vie et de la famille, de la politique, du monde professionnel et social, de l'économie, de la culture, de la science, des arts, de la vie internationale et des masses-médias.

Dans leurs nombreuses activités, les fidèles laïcs sont appelés à allier à leurs talents respectifs et à leurs compétences acquises, le témoignage limpide de leur foi en Jésus-Christ. Engagés dans les réalités temporelles, les laïcs, tout comme chaque chrétien, sont appelés à rendre compte de l'espérance théologale (cf. 1P 3,15) et à se soucier des activités inhérentes au monde d'aujourd'hui, justement parce que stimulés par l'attente d'une «nouvelle terre».(65)

En vertu de leur place dans le monde, les laïcs peuvent exercer une grande influence sur la culture, en en élargissant les perspectives et les horizons d'espérance. De la sorte, ils apportent aussi une contribution particulière à son évangélisation, d'autant plus nécessaire que persiste encore à notre époque le drame de la séparation entre l'Évangile et la culture. De plus, dans le domaine des communications, qui influencent profondément la mentalité des personnes, les laïcs ont une responsabilité particulière, surtout en vue d'une divulgation correcte des valeurs éthiques.

39. Bien que, par vocation, la plupart des laïcs assurent des tâches séculières, il ne faut pas oublier qu'ils appartiennent à une unique communauté ecclésiale dont ils constituent une grande partie au plan numérique. Après le Concile Vatican II, on a vu se développer avec bonheur de nouvelles formes de participations responsables des laïcs, hommes et femmes, à la vie des communautés diocésaines et paroissiales. Ils sont donc présents dans les divers conseils pastoraux, assurent un rôle grandissant dans différents services tels que l'animation de la liturgie ou de la catéchèse et sont engagés dans l'enseignement de la religion catholique dans les écoles, etc.

Un certain nombre de laïcs accepte aussi d'assumer de telles tâches de façon permanente et parfois même pour toute la vie. Cette collaboration des fidèles laïcs est certainement très précieuse pour les exigences de la «nouvelle évangélisation», en particulier là où le nombre des ministres ordonnés est insuffisant.

40. Le développement du phénomène associatif aussi constitue une grande richesse pour l'Église post-conciliaire. Avec la diversité de leurs aspirations, aux côtés des réalités associatives plus anciennes, les nouvelles offrent à nombre de fidèles un soutien irremplaçable pour le progrès de leur vie chrétienne et participent à faire grandir l'ensemble de l'Église. L'Exhortation Apostolique postsynodale Christifideles laici a rappelé que, dans leur pluralisme légitime, toutes ces associations, ces groupes et ces mouvements doivent toutefois converger dans la finalité qui les anime: participer de façon responsable à la mission de l'Église consistant à apporter la lumière de l'Évangile.(66)

C'est à la mission pastorale de l'évêque qu'il revient d'accueillir et de favoriser la complémentarité entre les réalités associatives de différentes inspirations, de veiller sur leurs attitudes, sur la formation théologique et spirituelle de leurs animateurs et sur la bonne insertion de tous dans la communauté diocésaine.

41. Signe de Dieu qui appelle à l'espérance (cf. Ep 4,4), les évêques doivent surtout l'être pour les fidèles laïcs qui, insérés dans le vif des nombreux problèmes du monde et dans les difficultés de la vie quotidienne, sont particulièrement exposés au désarroi et à la souffrance. Il arrive aussi qu'à cause de leurs options spécifiquement chrétiennes, ils se sentent et soient véritablement isolés au milieu des autres. Dans ces circonstances, la présence pastorale de l'évêque et de son presbyterium doit les soutenir pour qu'ils continuent à être des chrétiens riches d'une forte espérance, et pour les aider à vivre dans la certitude que le Seigneur se tient toujours près de ses enfants.

En outre, il n'est pas rare que les diverses difficultés de la vie induisent certains fidèles laïcs à «fuir le monde», en quelque sorte, et à privatiser leurs propres convictions religieuses. Pour ces raisons également, il est important pour eux qu'ils trouvent dans l'évêque et dans son presbyterium un appui solide pour assurer l'unité de leur vie et la fermeté de leur foi. Enfin, dans leur service pastoral, les évêques doivent accorder un intérêt tout particulier aux laïcs qui sont dans l'erreur ou qui se trouvent «éloignés», en les recherchant grâce à l'aide d'autres fidèles laïcs et en s'efforçant de les aider à reprendre part activement dans la vie de l'Église.

42. La réflexion sur les fidèles laïcs doit aussi englober la nécessité de leur formation appropriée. Il est évident, d'autre part, que l'évêque doit être attentif à apporter son soutien, spécialement au plan spirituel, à tous ceux qui collaborent de plus près à la mission ecclésiale. Il est donc toujours urgent que les fidèles laïcs puissent, suivant une catéchèse systématique, aborder la Parole de Dieu exprimée dans les Écritures et interprétée de façon authentique par le Magistère de l'Église.

Il faut, dans la formation des fidèles laïcs, reconnaître une place toute spéciale à la Doctrine sociale de l'Église, afin qu'elle puisse les éclairer et les encourager dans leurs actions, selon les exigences pressantes de la justice et du bien commun auxquelles ils doivent apporter leur contribution décisive dans les oeuvres et les services urgents que réclame la société. Tout aussi importante est la formation des jeunes à la vie matrimoniale et familiale, en confirmant leurs espérances et leurs attentes d'un amour profond et authentique à la lumière du dessein de Dieu sur le mariage et sur la famille. Dans la mesure où leurs oeuvres sont motivées par la charité et expriment la vérité de leur état laïcal, les fidèles laïcs servent l'avènement du Royaume de Dieu.

L'évêque dans son rapport avec le collège épiscopal et avec son chef

43. Envoyé au nom du Christ en tant que pasteur d'une Église particulière, l'évêque a soin de la portion du peuple de Dieu qui lui a été confiée et il l'aide à croître en tant que communion dans l'Esprit, au moyen de l'Évangile et de l'Eucharistie. C'est pourquoi, en tant que personne individuelle, son ministère consiste à être le principe visible et le fondement d'unité dans l'Église particulière qui lui a été confiée - dans l'unité de la foi, des sacrements et du régime ecclésiastique - et donc de la représenter et de la gouverner en vertu des pouvoirs qui lui ont été conférés.(67)

Toutefois, chaque évêque est le pasteur d'une Église particulière en tant que membre du Collège des évêques. Chaque évêque se trouve au sein de ce même Collège en vertu de la consécration épiscopale et grâce à la communion hiérarchique avec le Chef et avec les membres du Collège.(68) Tout cela entraîne pour le ministère de l'évêque des conséquences très importantes qu'il convient de prendre en considération, même de façon synthétique.

44. La première conséquence est qu'un évêque n'est jamais seul. Cela est vrai non seulement par rapport à sa situation dans son Église particulière, comme cela a été dit, mais aussi dans l'Église universelle, relié comme il est - par la nature même de l'épiscopat uno et indiviso(69) - au Collège épiscopal tout entier, Collège qui succède au Collège apostolique.

C'est pour cette raison que chaque évêque est simultanément en rapport avec l'Église particulière et avec l'Église universelle. Principe visible et fondement de l'unité dans son Église particulière, chaque évêque est aussi un lien visible de la communion ecclésiastique entre son Église et l'Église universelle. C'est pourquoi, même s'ils résident aux quatre coins du monde, en préservant toujours la communion hiérarchique avec le Chef et les membres du Collège épiscopal, tous les évêques assurent une consistance et une figure au caractère catholique de l'Église;(70) et ils confèrent en même temps à l'Église particulière qui leur est confiée la même note de catholicité.

Ainsi, chaque évêque est une sorte de point de conjonction entre son Église particulière et l'Église universelle, et un signe visible de la présence de l'Église unique du Christ dans son Église particulière. Dans la communion des Églises, l'évêque représente donc son Église particulière et, en celle-ci, il représente la communion des Églises. En effet, par le ministère épiscopal, les portiones Ecclesiae vivent la totalité de l'Une-Sainte, et la totalité de la Catholique-Apostolique est présente en elles. (71)

45. La seconde conséquence sur laquelle il est juste de s'arrêter est que c'est justement cette union collégiale, ou communion fraternelle de charité, ou encore affection collégiale - ainsi s'exprime le Concile - qui est la source du souci que, par institution et commandement du Christ, chaque évêque doit avoir pour l'Église tout entière et pour les autres Églises particulières, ainsi que pour «ces régions du monde où la Parole de Dieu n'a pas encore été annoncée, ou dans lesquelles, en raison surtout du petit nombre de prêtres, les fidèles sont en danger de s'éloigner des commandements de la vie chrétienne et plus encore de perdre la foi elle-même».(72)

D'autre part, les dons divins à partir lesquels chaque évêque édifie son Église particulière - c'est-à-dire l'Évangile et l'Eucharistie - sont déjà les mêmes qui non seulement constituent chacune des autres Églises particulières en tant que réunion dans l'Esprit, mais les ouvre aussi à la communion avec toutes les autres Églises. En effet, l'annonce de l'Évangile est universelle et, par la volonté du Seigneur, elle s'adresse à tous les hommes et est immuable dans le temps. En outre, de par sa nature même et de même que toutes les autres actions liturgiques, la célébration de l'Eucharistie est un acte de l'Église entière, elle appartient au Corps tout entier de l'Église, elle le manifeste et l'implique.(73) De là aussi naît le devoir pour chaque évêque, en tant que légitime successeur des apôtres et membre du Collège épiscopal, d'être, de quelque façon, responsable de l'Église tout entière (sponsor Ecclesiae).(74)

Ceci étant dit, il apparaît clairement que, dans le Collège épiscopal, chaque évêque, dans l'exercice de son ministère, rencontre l'évêque de Rome et se trouve en communion vivante et dynamique avec lui, le Successeur de Pierre et le Chef du Collège, ainsi qu'avec tous ses autres frères évêques du monde entier.

46. Individuellement mais aussi avec ses autres frères évêques et de concert avec toute l'Église, les évêques trouvent dans la Chaire de Pierre le principe et le fondement visible de l'unité dans la foi et de la communion. La communion hiérarchique avec l'évêque de Rome exige aussi que, dans leur magistère dans le cadre de leur diocèse, les évêques expriment leur engagement fidèle d'adhésion au magistère du Pape, y compris le magistère ordinaire, le diffusent selon les formes les plus appropriées, y contribuent de différentes façons, personnellement ou à travers leur Conférence épiscopale et, le cas échéant, en prennent la défense.

Cette collaboration avec le Souverain Pontife a une forme spécifique dans le Synode des Évêques, dans lequel se réalise un échange fructueux d'informations et de suggestions et où, à la lumière de l'Évangile et de la doctrine de l'Église, sont définies les orientations communes qui, après avoir été approuvées par le Successeur de Pierre, offrent des avantages aux Églises locales elles-mêmes. De cette façon, l'Église tout entière est valablement soutenue pour entretenir la communion dans la pluralité des cultures et des situations. On retrouve une finalité identique dans les visites ad limina.

47. Pour ce qui est de la collaboration des évêques, le Concile Vatican II a vivement exprimé le souhait que la vénérable institution des Conciles provinciaux et pléniers retrouve une nouvelle vigueur,(75) de même qu'il a souligné l'utilité des plus récentes Conférences épiscopales.(76) Celles-ci, en particulier, accueillent le patrimoine commun que l'Église a reçu du Seigneur par l'intermédiaire de la Révélation et, sans ne jamais perdre de vue son universalité garantie par le Siège de Pierre, elles font leur possible pour qu'il soit adapté au visage des populations au sein desquelles elle vit.

Un autre point de référence pour l'activité de chaque Conférence épiscopale est constitué par l'identité et par la responsabilité personnelle de chaque évêque participant, et par la communion qui conduit à se soutenir réciproquement dans l'oeuvre d'évangélisation et à répondre efficacement aux difficultés pastorales communes. La crédibilité de la prédication, l'efficacité du ministère pastorale et la communion de l'évêque appelé à servir parmi ses fidèles dépendent du témoignage commun des évêques de chaque Conférence.

48. Toutefois, les rapports réciproques entre les évêques vont bien au-delà de leurs rencontres institutionnelles. La conscience vive de leur collégialité épiscopale doit les stimuler à réaliser entre eux, particulièrement dans le cadre de la province ou de la région ecclésiastique elle-même, les multiples expressions de la fraternité sacramentelle allant de l'accueil et de l'estime mutuels aux nombreuses attentions de charité. Le directoire Ecclesiae imago mentionne également d'autres formes de collaboration, par exemple l'assistance réciproque avec l'échange de prêtres y consentant, l'unification des Séminaires et d'autres services de l'apostolat lorsque cela s'avère nécessaire.(77)

En outre, la communion entre les évêques doit s'exprimer dans les cas où des nécessités spéciales de l'Église particulière rendent utile la présence d'un évêque coadjuteur ou d'un évêque auxiliaire. Pour ce qui est de ces évêques, nommés en certaines circonstances pour assister l'évêque diocésain dans son service à l'Église particulière, le Concile souligne la nécessité que, en tant que premiers coopérateurs, ils entourent l'évêque diocésain avec obéissance et respect et que ce dernier les estime et les aime comme des frères.(78)

Les évêques doivent, enfin, réserver une attention particulière et une préoccupation spéciale à leurs frères évêques qui sont plus dans le besoin, en particulier ceux qui souffrent à cause de l'isolement, de l'incompréhension et de la solitude, et ceux qui, malades ou âgés, ont demandé au Souverain Pontife de pouvoir renoncer à leur charge, pour le bien de l'Église particulière et conformément à la discipline ecclésiastique en vigueur, et ont abandonné le gouvernement du diocèse. Outre le fait qu'ils appartiennent toujours au Collège épiscopal, ces évêques continuent à apporter beaucoup à l'Église, par leurs prières, leur expérience et leurs conseils.

Ainsi, dans la réalité du Collège épiscopal, soutenu par le Pape et par ses frères dans l'épiscopat, chaque évêque trouve, en plus des soutiens nécessaires pour réaliser sa mission, également une nourriture efficace pour son espérance afin d'affronter avec courage les divers problèmes susceptibles de naître dans la vie de l'Église et de soutenir l'espérance des fidèles confiés à ses soins de pasteur.

Au service de la communion pour l'espérance

49. Au coeur de ces nombreuses relations qui, puisant au mystère de la communion trinitaire, réalisent la communion des fidèles dans l'Église particulière, vus les différents ordres et selon les divers charismes et ministères auxquels ils donnent naissance et qui s'amplifient dans la communion des évêques et des Églises, la personne de l'évêque apparaît dans la richesse de son essence d'homme de communion, autour duquel vient concrètement se tisser l'unité des fidèles. Ce ministère de communion est soutenu par l'espérance, qui doit alimenter quotidiennement l'engagement de chaque évêque à construire chaque jour l'Église qui lui a été confiée, en communauté de foi et d'amour parmi les hommes. L'espérance théologale de l'évêque est basée sur le Christ et est communiquée à la portion du peuple de Dieu dont il a la charge, soutenue par la communion avec le Souverain Pontife et avec tous les autres évêques.

De son côté, la communion ouvre la voie à l'espérance, car la parole qui, à travers le témoignage de la communion, parvient à chaque homme, est un message d'espérance et parce que, comme l'a écrit l'Apôtre, la charité est la vertu qui «espère tout» (1Co 13,7). Contre les ferments désagrégeants qui menacent la vie de l'Église et du monde, l'évêque est serviteur, constructeur, promoteur, garant, défenseur et gardien de l'Église-communion qui, justement en cela, est semence, principe et ferment de communion dans l'humanité.


CHAPITRE III

LE MINISTÈRE PASTORAL DE L'ÉVÊQUE DANS SON DIOCÈSE

50. Lorsqu'il appela ses Apôtres, le Seigneur Jésus les envoya, ainsi que le rappelle le Concile en résumant les données évangéliques, tout d'abord au milieu des enfants d'Israël, puis à toutes les nations afin que «revêtus de son autorité, ils fassent de tous les peuples ses disciples, les sanctifient et les gouvernent».(79) Aux fidèles qu'il appelle pour qu'ils soient les Successeurs des Apôtres dans l'Église, c'est-à-dire les évêques, le Christ confère le triple ministère (triplex munus) d'enseigner, de sanctifier et de gouverner.

Reçues dans l'ordination épiscopale, ces trois fonctions sont exercées par les évêques en personne et au nom du Christ, assumant, de façon éminente et visible, le rôle du Christ-Maître lui-même, Pontife et Pasteur.(80) C'est donc grâce à leur très haut ministère que le Christ même devient présent parmi les croyants et, que par les évêques, il prêche la Parole de Dieu, administre les sacrements de la foi, dirige et gouverne le peuple du Nouveau Testament sur le chemin vers la béatitude éternelle.(81)

51. Ces trois fonctions, qui attribuent une forme à la mission de l'évêque et constituent la trame de sa vie quotidienne, tout comme dans le Christ ne sont autres que trois aspects distincts de son unique mission de Médiateur et trois aspects d'une activité salvifique unique; dans le ministère de l'évêque également, ils doivent donc être considérés de façon unitaire, de sorte que tout en enseignant, l'évêque sanctifie et guide aussi la portion du peuple de Dieu confiée à ses soins pastoraux; et, tout en sanctifiant, il enseigne et guide, et lorsqu'il exerce son gouvernement pastoral, il enseigne et sanctifie. «La base de cette triple fonction consistant à enseigner, sanctifier et gouverner, et de tout cet éminent travail, dans lequel il se donne tout entier et tout ce qu'il a (cf. 2 Co 12,15), c'est l'âme du pasteur, dont la règle suprême est l'exemple et l'enseignement de Jésus le Bon Pasteur», (82) qui est le Chemin vers le Père, parce qu'Il est lui-même la Vérité et la Vie.

Bien qu'ils doivent être considérés de façon unitaire, il est aussi nécessaire de saisir l'intention du Concile qui, lorsque dans son Magistère énonce ces tria munera à propos de l'évêque et des prêtres, préfère placer l'enseignement avant les deux autres. En cela, Vatican II reprend idéalement la succession présente dans les mots que le Ressuscité a adressés à ses disciples: «Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant [...] et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit» (Mt 28,19-20). Dans cette priorité donnée à la tâche épiscopale d'annoncer l'Évangile, et qui caractérise l'ecclésiologie conciliaire, chaque évêque peut retrouver le sens de cette paternité spirituelle qui faisait écrire à saint Paul: «Auriez-vous en effet des milliers de pédagogues dans le Christ, que vous n'avez pas plusieurs pères; car c'est moi qui, par l'Évangile, vous ai engendrés dans le Christ Jésus» (1Co 4,15).

L'évêque envoyé pour enseigner

52. La fonction qui, plus que tout autre, identifie l'évêque et qui, d'une certaine façon, résume tout son ministère, est ainsi que l'enseigne le Concile celle de vicaire et ambassadeur du Christ dans l'Église particulière qui lui est confiée.(83) Or, l'évêque exerce sa fonction sacramentelle en tant qu'expression vivante du Christ, justement en exerçant le ministère de la Parole. En tant que ministre de la Parole de Dieu, qui agit dans la force de l'Esprit et grâce au charisme du service épiscopal, il manifeste le Christ au monde, le rend présent dans la communauté et le communique avec efficacité à tous ceux qui lui accorde une place dans leur vie.

L'annonce de l'Évangile excelle donc parmi les divers devoirs des évêques qui sont «les hérauts de la foi [...] les docteurs authentiques, revêtus de l'autorité du Christ, qui prêchent au peuple commis à leur soin les vérités de foi à croire et à appliquer dans la pratique de la vie».(84) Cela entraîne que toutes les activités de l'évêque doivent avoir pour but de proclamer l'Évangile, «force de Dieu pour tout homme qui croit» (Rm 1,16), d'orienter et d'aider le peuple de Dieu à rendre l'obéissance de la foi (cf. Rm 1,5) à la Parole de Dieu et à embrasser l'enseignement du Christ dans sa totalité.

Mais encore: que l'évêque soit magister fidei et doctor veritatis ne signifie pas qu'il soit le maître de la vérité. Comme on peut le déduire du signe de l'Évangéliaire ouvert au-dessus de sa tête pendant la prière de l'ordination, l'évêque est serviteur de la vérité. C'est pourquoi, loin de la manipuler et de l'annoncer selon son bon plaisir, il la communique avec une fidélité rigoureuse et la propose à tous les hommes, à temps et à contretemps, sans violence, mais avec humilité, courage et persévérance, en espérant toujours dans la Parole du Seigneur (cf. Ps 119,114).

53. L'objet du magistère épiscopal est brillamment exprimé dans le Concile Vatican II qui l'identifie unitairement dans la foi à laquelle croire et à pratiquer dans la vie.(85) Puisque le centre vivant de l'annonce est le Christ, le Christ lui-même, crucifié et ressuscité, c'est Lui que l'évêque doit annoncer: le Christ, unique sauveur de l'homme, le même hier, aujourd'hui et toujours (cf. He 13,8), le centre de l'histoire et de toute la vie des fidèles.

À partir de ce centre, qui est le mystère du Christ Fils éternel du Père, lequel, par l'Esprit, s'est fait homme en la Vierge Marie et est mort et ressuscité pour notre salut, rayonnent toutes les autres vérités de la foi, ainsi que l'espérance pour chaque homme. Le Christ est la lumière qui illumine tous les hommes et tous ceux qui sont régénérés en lui reçoivent les prémices de l'Esprit qui les rendent capables d'accomplir la loi nouvelle de l'amour.(86)

54. La tâche de l'annonce vitale, de la garde fidèle du dépôt de la foi, tâche qui est exercée par l'évêque en communion avec le Pape et avec tous ses autres frères évêques, implique le devoir de défendre, en utilisant les moyens les plus adaptés, la Parole de Dieu de tout ce qui pourrait en compromettre la pureté et l'intégrité, tout en reconnaissant la juste liberté dans l'approfondissement ultérieur de la foi.(87)

Aucun évêque ne peut manquer à un tel devoir, même s'il lui en coûtera sacrifice ou incompréhension. Tout comme l'apôtre saint Paul, l'évêque est conscient d'être envoyé pour proclamer l'Évangile «sans la sagesse du langage pour que ne soit pas réduite à néant la croix du Christ» (1Co 1,17); comme lui, l'évêque aussi annonce «le langage de la Croix» (1Co 1,18), non pas comme un consentement humain, mais comme une révélation divine. L'évêque doit se soucier aussi bien de l'unité dans la charité que de l'unité dans la vérité. En effet, l'Évangile dont il est devenu ministre est un langage de vérité.

Cette tâche consistant à défendre la Parole de Dieu doit être exercée avec un sens réaliste serein, sans exagérer ni minimiser l'existence de l'erreur et de la fausseté que la responsabilité pastorale de l'évêque oblige à identifier, sans s'étonner de trouver dans l'actuelle génération de l'Église, tout comme dans le passé, non seulement le péché mais dans quelque mesure encore l'erreur et la fausseté. Reste toujours valide le fait que tant l'écoute assidue et l'étude de la Parole de Dieu que le ministère de protection du dépôt révélé et de vigilance de l'intégrité et de la pureté de la foi sont des synonymes de la charité pastorale.(88)

55. Maître de la foi, l'évêque est aussi éducateur de la foi, à la lumière de la Parole de Dieu et du Magistère de l'Église. L'engagement d'éduquer à la foi est étroitement lié à celui de nourrir la foi du peuple de Dieu avec une catéchèse authentique. C'est là un moment fondamental de toute l'oeuvre d'évangélisation, qui mérite toute l'attention des évêques en tant que pasteurs et maîtres, en tant que «catéchètes par excellence». C'est parce qu'ils sont tels que les évêques coopérent avec l'Esprit Saint à la formation d'un peuple évangélisateur et catéchisant, doué de l'enthousiasme et du dynamisme provenant de la foi proclamée fidèlement et vécue dans la joie.

L'évêque sert la Parole de Dieu sous des formes très variées et multiples. À ce sujet, le Directoire Ecclesiae imago rappelait cette forme particulière de prédication à la communauté déjà évangélisée, l'homélie, qui excelle sur toutes les autres de par son contenu liturgique et son lien avec la proclamation de la Parole grâce à la lecture des Saintes Écritures. Une autre forme d'annonce est celle que l'évêque exerce dans ses Lettres pastorales.(89) Chaque évêque doit s'interroger sur les actes dans lesquels il traduit son devoir consistant à enseigner.

56. Lorsqu'il annonce, l'évêque doit se sentir et se montrer engagé personnellement sur le long chemin du dialogue oecuménique entrepris par le Concile Vatican II, pour le faire progresser ultérieurement dans le but de recomposer l'unité visible entre les chrétiens.

Il est le premier à prêcher l'Évangile, en étant attentif à montrer le mystère de l'unité de l'Église, conformément aux principes catholiques de l'oecuménisme indiqués dans le décret conciliaire Unitatis redintegratio et confirmés par Jean-Paul II dans l'Encyclique Ut unum sint.

57. Le charisme magistériel des évêques est unique dans sa responsabilité et il ne peut être délégué en aucune façon. Cependant, il ne se trouve pas isolé dans l'Église. Chaque évêque exerce son service pastoral dans une Église particulière où, en liaison étroite avec son ministère et sous son autorité, les prêtres sont ses premiers collaborateurs, auxquels viennent s'ajouter les diacres. Une aide très valable est assurée également par les religieuses et les religieux et par un nombre croissant de fidèles laïcs qui, selon la constitution de l'Église, collaborent en annonçant et en vivant la Parole de Dieu.

Grâce aux évêques, la foi catholique authentique est transmise aux parents pour qu'à leur tour, ils la transmettent à leurs enfants, et toujours grâce aux évêques, les enseignants et les éducateurs à tous les niveaux, peuvent recevoir l'assurance de leur foi. L'ensemble du laïcat témoigne de cette pureté de foi que les évêques s'attachent courageusement à conserver et il est important que chaque évêque ne manque jamais de le soutenir et, par des centres appropriés, de lui fournir les moyens pour obtenir une formation de base adéquate et permanente.

58. Pour réaliser cette annonce, la collaboration avec les théologiens se révèle comme étant particulièrement utile, eux qui s'appliquent suivant leur méthode propre à approfondir la richesse insondable du mystère du Christ. Tout en ayant des fonctions diverses, le magistère des pasteurs et le travail théologique dépendent tous deux de l'unique Parole de Dieu et ont un même but, qui est celui de conserver le peuple de Dieu dans la vérité qui libère. De là aussi naît le rapport entre le magistère et la théologie et, pour les évêques, la tâche d'assurer aux théologiens l'encouragement et le soutien qui les aident à réaliser leurs activités dans la fidélité à la Tradition et en étant attentifs aux urgences de l'histoire.(90)

En dialogue avec tous ses fidèles, l'évêque saura reconnaître leur foi, en accueillir les intuitions, la renforcer, la libérer de toute adjonction superflue et lui donner un contenu doctrinal approprié. Dans ce but, et pour élaborer aussi des catéchismes locaux qui tiennent compte des situations et des cultures différentes, le Catéchisme de l'Église Catholique constituera un point de référence pour que soient soigneusement gardées l'unité de la foi et la fidélité à la doctrine catholique.(91)

59. Appelé à proclamer le salut en Jésus-Christ, l'évêque doit, par son annonce, représenter au sein du peuple de Dieu le signe de la certitude de la foi. Si, tout comme l'Église, il n'a pas de solutions déjà préordonnées pour résoudre les problèmes des hommes, il est cependant le ministre de la splendeur d'une vérité capable d'en illuminer le chemin.(92) Tout en ne possédant pas de connaissances spécifiques dans le domaine de la promotion de l'ordre temporel, l'évêque, en exerçant son ministère et en éduquant à la foi les personnes et les communautés dont il a la charge, prépare toutefois les fidèles laïcs qui, transformés intérieurement, changeront à leur tour le monde avec les solutions qu'il leur revient de proposer conformément à leurs compétences respectives.

Rendre présente dans le monde la puissance de la Parole salvifique, voilà le grand acte de charité pastorale qu'un évêque offre aux hommes. Se souvenant de la figure du Bon Pasteur dont il doit représenter l'image, sa préoccupation est que la Parole de Dieu arrive à tous les fidèles, même à ceux qui, en théorie ou en pratique, ont abandonné la foi chrétienne. C'est là le premier motif pour lequel il a été appelé à l'épiscopat et envoyé à une portion du peuple de Dieu, la puissance de la Parole étant capable de faire éclore en eux la raison la plus grande de l'espérance.

L'évêque envoyé pour sanctifier

60. À l'origine de la réunion du peuple de Dieu in Ekklesia, c'est-à-dire en convocation sainte, se trouve la proclamation de la Parole de Dieu. Mais celle-ci trouve et atteint sa plénitude dans le Sacrement. En effet, la Parole et le Sacrement forment un tout, sont inséparables l'une de l'autre et doivent être considérés comme deux aspects, ou moments, d'une même oeuvre salvifique. Tous deux rendent actuel et agissant le salut réalisé par le Christ et ce, dans toute son efficacité. Le Christ même, Verbe éternel incarné, est la racine du lien intime qui relie la Parole au Sacrement, lequel, en outre, se trouve singulièrement en consonnance avec la complémentarité qui existe dans la vie humaine entre les mots et les actions. Cela est vrai pour tous les sacrements, mais de façon particulière et excellente pour la sainte Eucharistie, qui est la source et le sommet de toute l'évangélisation.(93)

Du fait de cette unité entre la Parole et le Sacrement, de la même façon que les Apôtres ont été envoyés par le Ressuscité pour faire des disciples dans toutes les nations et pour les baptiser (cf. Mt 28,19), chaque évêque aussi, successeur des Apôtres, en vertu de la plénitude du Sacrement de l'Ordre qui lui a été conféré, reçoit, outre la mission de héraut de l'Évangile, celle d'«économe de la grâce du suprême sacerdoce».(94) En effet, le service consistant à annoncer l'Évangile, «est ordonné au service de la grâce des sacrements de l'Église. Comme ministre de la grâce, l'évêque réalise, dans les sacrements, le munus sanctificandi auquel vise le munus docendi qu'il exerce parmi le peuple de Dieu qui lui est confié».(95)

61. Cette fonction de sanctification est inhérente à la mission de l'évêque. C'est justement en rapport aux Sacrements, dont certains sont ordonnés à la perfection de l'individu et d'autres à la perfection de la collectivité, que saint Thomas d'Aquin appelait l'évêque perfector.(96) En effet, dans son Église particulière, celui-ci est le dispensateur principal des mystères de Dieu: de l'Eucharistie avant tout, qui est au centre du service sacramentel de l'évêque qui, en la présidant, apparaît surtout aux yeux de son peuple comme l'homme du culte nouveau et éternel rendu à Dieu, institué par Jésus-Christ par le sacrifice de la Croix. Ensuite, il dispense aussi le Baptême, en vertu duquel les fidèles participent au sacerdoce royal du Christ; il est encore le ministre ordinaire de la Confirmation, le dispensateur des Ordres sacrés et le modérateur de la discipline pénitentielle.(97)

Le Concile Vatican II lui aussi répète que les évêques sont perfectores, mais il ne limite pas cette fonction au ministère sacramentel; il l'élargit à l'ensemble de leur mission du fait que, par leur charité pastorale, ils deviennent personnellement des signes vivants de la sainteté, celle-ci prédisposant à l'accueil de l'Évangile. C'est pourquoi il les exhorte à faire progresser tous les fidèles, selon les vocations particulières de chacun, sur le chemin de la sainteté, en étant les premiers à leur donner l'exemple de la sainteté dans la charité, dans l'humilité et dans la simplicité de la vie, et à sanctifier «les Églises qui leur sont confiées pour qu'en elles soient pleinement manifestés les sentiments de l'Église universelle du Christ».(98)

62. L'évêque est le grand prêtre de l'Église particulière, spécialement lorsqu'il préside la Synaxe Eucharistique.(99) Là, lorsque se réalise le moment le plus élevé de la vie de l'Église, se réalise également le moment le plus élevé du munus sanctificandi, que l'évêque exerce en la personne du Christ, Grand Prêtre éternel. C'est pourquoi, l'Eucharistie se trouvant au centre de son service sacramentel et en se montrant justement en train de présider la célébration de l'Eucharistie en tant que premier ministre du culte nouveau et éternel, l'évêque aime célébrer les mystères divins le plus souvent possible avec ses fidèles et, bien que n'oubliant pas de le faire souvent dans les autres lieux de son Diocèse, il aime toutefois particulièrement célébrer l'Eucharistie dans l'Église cathédrale.

En effet, celle-ci, où se trouve la Chaire à partir de laquelle l'évêque éduque son peuple par l'enseignement authentique de la Parole de Dieu, est l'Église-mère et le centre du Diocèse. Dans l'Église cathédrale, et sous la présidence de l'évêque, les Églises particulières trouvent là un signe de leur unité, de leur vitalité surnaturelle et, plus spécialement dans la célébration de l'Eucharistie, de leur participation à l'unique Église catholique.

63. L'un des principaux devoirs de l'évêque est de faire en sorte que dans les communautés de l'Église particulière les fidèles aient la possibilité d'accéder à la table du Seigneur, surtout le dimanche, jour où l'Église célèbre le mystère pascal et où les fidèles, dans la joie et le repos, rendent grâces à Dieu qui les «a engendrés de nouveau par la Résurrection de Jésus-Christ d'entre les morts, pour une vivante espérance» (1P 1,3).(100)

Dans de nombreuses régions, non seulement chez les Églises nouvelles et plus jeunes, mais aussi dans les territoires d'ancienne tradition chrétienne, du fait du manque de prêtres ou pour d'autres raisons graves, il est toujours plus difficile d'assurer la célébration eucharistique. Ce qui accroît le devoir de l'évêque d'être l'économe de la grâce, toujours attentif à discerner la présence de besoins réels et la gravité des situations, en distribuant avec sagesse les membres de son clergé et en faisant en sorte que, même dans de tels cas d'urgence, les communautés de fidèles ne restent pas privés pendant longtemps de l'Eucharistie. Cela est aussi valable pour les fidèles qui, à cause de la maladie, du grand âge ou pour d'autres motifs raisonnables, peuvent recevoir l'Eucharistie uniquement chez eux ou dans le lieu où ils vivent.

64. La Liturgie est la forme la plus noble de louange à la Sainte Trinité. Dans la liturgie, et plus spécialement avec la célébration des Sacrements, le peuple de Dieu qui se trouve réuni exprime et réalise son essence sacrée et organique de communauté sacerdotale.(101) En exerçant le munus sanctificandi, l'évêque agit pour que toute l'Église particulière devienne une communauté d'orants, une communauté de fidèles persévérants et tous unis dans la prière (cf. Ac 1,14).

Étant lui-même le premier pénétré, avec son presbyterium, de l'esprit et de la force de la Liturgie, l'évêque a le souci de favoriser et de développer dans son Diocèse une éducation intense permettant de découvrir les richesses contenues dans la Liturgie, célébrée selon les textes approuvés et vécue avant tout comme un événement d'ordre spirituel. En tant que responsable du culte divin dans l'Église particulière, et tout en dirigeant et en protégeant la vie liturgique du Diocèse, en oeuvrant de concert avec les évêques de sa Conférence épiscopale et dans la fidélité à la foi commune, il en soutient aussi l'effort pour que, suivant les exigences des temps et des lieux, elle se trouve enracinée dans les cultures, compte tenu de ce qui, en elle, est immuable parce que d'institution divine, et de ce qui, au contraire, est susceptible d'être changé.(102)

65. Dans un semblable contexte, l'évêque tourne son attention aussi vers les diverses formes de piété chrétienne populaire et vers leur rapport avec la vie liturgique. Du fait qu'elle exprime l'attitude religieuse de l'homme, cette piété populaire ne peut être ni ignorée, ni traitée avec indifférence ou mépris car, ainsi que l'écrivait Paul VI, elle est riche en valeurs.(103) Elle a toutefois toujours besoin d'être évangélisée pour que la foi qu'elle exprime devienne un acte toujours plus mûr. Une pastorale liturgique authentique, bibliquement formée, saura s'appuyer sur les richesses de la piété populaire, les purifier et les orienter vers la liturgie comme une offrande des peuples.(104)

66. Sous toutes ses différentes formes, la prière elle-même est le lieu où s'exprime l'espérance de l'Église. Chaque prière de l'Épouse du Christ, qui désire l'union parfaite avec l'Époux, est résumée dans cette évocation que lui suggère l'Esprit: «Viens !» (Ap 22,17).(105) L'Esprit prononce cette prière avec l'Église et dans l'Église. Elle est l'espérance eschatologique, l'espérance de l'accomplissement définitif en Dieu, l'espérance du Royaume éternel, qui se réalise dans la participation à la vie trinitaire. Donné en consolateur aux apôtres, l'Esprit Saint est le gardien et l'animateur de cette espérance dans le coeur de l'Église. «Dans la perspective du troisième Millénaire après le Christ, alors que »l'Esprit et l'Épouse disent au Seigneur Jésus: Viens !». Cette prière est chargée, comme toujours, d'une portée eschatologique, destinée à donner aussi sa plénitude de sens à la célébration du grand Jubilé. C'est une prière tournée vers le salut à venir, auquel l'Esprit Saint ouvre les coeurs par son action au cours de toute l'histoire de l'homme sur la terre».(106)

En ayant conscience de cela, l'évêque s'engage chaque jour, par son témoignage personnel, la parole, la prière et les sacrements, à communiquer aux fidèles la plénitude de la vie dans le Christ.

L'évêque envoyé pour gouverner et guider le peuple de Dieu

67. La fonction ministérielle de l'évêque se complète dans le devoir de guider la portion du peuple de Dieu qui lui a été confiée. La Tradition de l'Église a toujours assimilé cette tâche à deux figures que, dans le témoignage des Évangiles, Jésus s'applique à lui-même: celle du Bon Pasteur, et celle du Serviteur. Le Concile décrit ainsi le devoir propre des évêques de gouverner les fidèles: «les évêques gouvernent les Églises locales qui leur sont confiées en qualité de vicaires et légats du Christ; ils le font par leurs conseils, leurs paroles persuasives, leurs exemples, mais aussi par des décisions faisant autorité et par le pouvoir sacré. Ce pouvoir, ils ne s'en servent cependant que pour élever leur troupeau dans la vérité et dans la sainteté, se rappelant que quiconque est le plus grand doit se faire le plus petit, et qui est chef, comme le serviteur (cf. Lc 22,26-27)».(107)

Jean-Paul II explique qu'«on doit insister sur le concept de service, qui vaut pour tout ministère ecclésiastique, à commencer par celui des évêques. Oui, l'épiscopat est davantage un service qu'un honneur. Et s'il est aussi un honneur, il l'est lorsque l'évêque, successeur des Apôtres, sert dans un esprit d'humilité évangélique, à l'exemple du Fils de l'homme [...] C'est dans cette lumière du service en bons pasteurs qu'il faut comprendre l'autorité, que l'évêque possède en propre, même si elle est toujours soumise à celle du Souverain Pontife».(108) C'est pour cela, qu'en toute raison le Code de Droit Canon indique un tel devoir comme munus pastoris et lui ajoute la caractéristique de sollicitudo.(109)

68. Celle-ci n'est ailleurs rien d'autre que la caritas pastoralis. Il s'agit de cette vertu par laquelle on imite le Christ, «bon» Pasteur par le don de sa vie. Elle se réalise donc non seulement en pratiquant les actions ministérielles, mais davantage par le don de soi, prouvant l'amour du Christ pour ses brebis.

L'une des expressions de la charité pastorale est alors la compassion, à l'imitation du Christ, le Grand Prêtre, capable de compatir la faiblesse humaine parce qu'éprouvé lui-même en toutes choses, comme nous, exception faite du péché (cf. He 4,15). Cette compassion que l'évêque indique et vit comme signe de la compassion du Christ ne peut cependant être séparée du signe de la vérité du Christ. En effet, une autre expression de la charité pastorale est la responsabilité en face de Dieu et en face de l'Église.

Dans le gouvernement de son Diocèse, l'évêque doit aussi être attentif à ce que soit reconnue la valeur de la loi canonique de l'Église, dont l'objectif réside dans le bien des personnes et de la communauté ecclésiale.(110)

69. La charité pastorale rend l'évêque anxieux de servir le bien commun de son Diocèse qui, subordonné à celui de l'Église tout entière, est ce vers quoi converge le bien des communautés particulières du Diocèse. À cet égard, le DirectoireEcclesiae imago indiquait les principes fondamentaux de l'unité, de la collaboration responsable et de la coordination.(111)

Grâce à la charité pastorale, qui est le principe intérieur unifiant de toute l'activité ministérielle, «peut se réaliser l'exigence essentielle et permanente d'unité entre la vie intérieure et de nombreux actes et responsabilités du ministère. Or cette exigence est plus que jamais impérieuse dans un contexte socio-culturel et ecclésial fortement marqué par la complexité, la fragmentation et la dispersion».(112) C'est pourquoi elle doit déterminer les manières de penser et d'agir de l'évêque et ses relations avec les personnes qu'il rencontre.

En conséquence, la charité pastorale exige des styles et des formes de vie qui, à l'imitation du Christ pauvre et humble, permettent d'être proche de tous les membres du troupeau, du plus grand au plus humble, dans la disponibilité à partager avec eux leurs joies et leurs douleurs non seulement en pensée et dans la prière, mais aussi avec eux, afin qu'à travers la présence et le ministère de l'évêque qui les approche tous sans rougir ni faire rougir, ils puissent tous faire l'expérience de l'amour de Dieu pour l'homme.(113)

70. La tradition ecclésiastique indique plusieurs formes spécifiques suivant lesquelles l'évêque réalise son ministère de pasteur dans son Église particulière. Nous en rappellerons plus particulièrement deux: la première qui a, pour ainsi dire, la forme de l'engagement personnel et la seconde, au contraire, une forme synodale.

La visite pastorale n'est pas une simple institution juridique, prescrite à l'évêque par la discipline ecclésiastique, ni non plus une sorte d'instrument d'enquête.(114) Dans la visite pastorale, l'évêque se présente de façon concrète comme le principe visible et le fondement de l'unité dans l'Église particulière; elle reflète «l'unique et absolument admirable visite que le 'Prince des pasteurs' (1 P 5,4), l'évêque de nos âmes (cf. 1 P 2,25) le Christ Jésus, a faite à l'humanité en venant rachetant son peuple (cf. Lc 1,68)».(115) En outre, puisque, avant que d'être un territoire, le Diocèse est une portion du peuple de Dieu confié aux soins pastoraux d'un évêque, le Directoire Ecclesiae imago écrit avec à-propos que, dans la visite pastorale, la première place est occupée par les personnes. Pour mieux se consacrer à elles, il est donc opportun que l'évêque délègue à d'autres personnes le soin d'examiner les questions de caractère plus administratif.

La célébration du Synode Diocésain, dont le Code de Droit Canon définit le profil juridique,(116) occupe sans aucun doute une place importante parmi les devoirs pastoraux de l'évêque. En effet, le Synode est le premier organisme indiqué par la discipline ecclésiastique à travers lequel la vie d'une Église particulière se déroule et se développe. Tout comme celle des organismes dit «de participation», sa structure répond à des exigences ecclésiologiques fondamentales et est l'expression institutionnelle de réalités théologiques telles que, par exemple, la coopération nécessaire du presbyterium au ministère de l'évêque, la participation de tous les baptisés au devoir prophétique du Christ, le devoir des pasteurs de reconnaître et promouvoir la dignité des fidèles laïcs, en ayant volontiers recours à leurs conseils avisés.(117) Dans sa réalité, le Synode Diocésain s'insère dans le contexte de la coresponsabilité de tous les diocésains autour de leur évêque pour le bien du Diocèse et, dans sa composition, telle qu'elle est définie par la discipline canonique en vigueur, il est l'expression privilégiée de la communion dans l'Église particulière. En définitive, il s'agit, dans le Synode, d'écouter ce que dit l'Esprit à l'Église particulière, en gardant une foi solide et en restant fidèles dans la communion, ouverts à la mission, disponibles aux besoins spirituels du monde et remplis d'espérance devant les défis qu'il propose.

71. De par sa charge pastorale, l'évêque est le président et le ministre de la charité dans son Église particulière. En l'édifiant par la Parole et par l'Eucharistie, il lui ouvre aussi les voies privilégiées et auxquelles il est impossible de renoncer, afin de vivre et de témoigner de l'Évangile de la charité. Dans l'Église apostolique déjà, les Douze avaient choisi «sept hommes de bonne réputation, remplis de l'Esprit et de sagesse» auxquels ils confièrent le «service aux tables» (cf. Ac 6,2-3). Saint Paul lui-même avait comme point fixe de son apostolat le fait de penser aux pauvres, en nous laissant l'indication d'un signe fondamental de la communion entre les chrétiens. De même, aujourd'hui encore, l'évêque est appelé à assumer personnellement la charité et à l'organiser dans son propre diocèse, à l'intérieur de structures appropriées.

De cette façon, il témoigne de ce que les tristesses et les angoisses des hommes, en particulier des pauvres et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les tourments des disciples du Christ.(118) Bien sûr, les pauvretés sont différentes et, aux anciennes, sont venues s'en ajouter de nouvelles. Dans de telles situations, l'évêque se trouve en première ligne pour encourager à aller vers de nouvelles formes d'apostolat et de charité, là où l'indigence se présente sous de nouveaux aspects. Servir, encourager, éduquer à ces engagements de solidarité et de proximité en faveur de l'homme, en renouvelant chaque jour l'ancienne histoire du Samaritain, cela constitue déjà en soi un signe d'espérance pour le monde.


CHAPITRE IV

L'ÉVÊQUE, MINISTRE DE L'ÉVANGILE

POUR TOUS LES HOMMES

72. La vie et le ministère pastoral de l'évêque doivent toujours être pénétrés de l'espérance contenue dans l'annonce de la Bonne Nouvelle, dont il est le premier responsable dans l'Église particulière. Son service, toutefois, n'inclut pas uniquement les fidèles de son Église particulière, et toute l'Église n'est pas seulement non plus l'objet de sa sollicitude pastorale. Plutôt, la position même de l'évêque dans l'Église et la mission qu'il est appelé à y accomplir le font être le premier responsable du mandat permanent reçu par l'Église d'avoir à porter l'Évangile à ceux qui ne connaissent pas encore le Christ, rédempteur de l'homme.

Dans ce chapitre, on examinera la mission de l'évêque dans son rapport prophétique avec la réalité dans laquelle la communauté, qu'il préside au nom du Christ Pasteur, avance dans son pèlerinage terrestre vers la Cité céleste. L'attention est donc tournée vers le mandat missionnaire que le Seigneur a donné à son Église et vers quelques autres secteurs de l'évangélisation, tels que: le dialogue avec les religions non chrétiennes, la responsabilité de l'évêque au regard du monde sur des thèmes de la vie politique, sociale, économique et de la paix. Dans ces domaines aussi, en effet, l'évêque est appelé à susciter l'espérance des réalités transcendantes et des réalités eschatologiques.

Le devoir missionnaire de l'évêque

73. Le mandat confié par le Seigneur ressuscité à ses Apôtres concerne toutes les nations. Mieux encore, dans la personne même des Apôtres, «l'Église a reçu une mission universelle, qui ne connaît pas de limites et concerne le salut dans toute sa richesse selon la plénitude de vie que le Christ est venu nous apporter (cf. Jn 10,10)».(119)

Pour les successeurs des Apôtres aussi, le devoir d'annoncer l'Évangile n'est pas restreint au milieu ecclésial. L'Évangile est toujours pour tous les hommes. L'Église elle-même est sacrement de salut pour tous les hommes, et son action ne se limite pas à ceux qui acceptent son message. Elle est plutôt «force dynamique sur le chemin de l'humanité vers le Règne eschatologique, elle est signe et promotrice des valeurs évangéliques parmi les hommes».(120) C'est pourquoi les successeurs des Apôtres sont toujours responsables de le propager sur toute la terre.

Les évêques, donc, signes personnels du Christ dans leurs Églises particulières, sont aussi appelés à être, dans le monde, signes de l'Église présente dans l'histoire de tous les hommes. Consacrés non seulement pour un diocèse, mais pour le salut du monde entier,(121) ils sont, avec l'évêque de Rome, en tant que membres du Collège épiscopal et en tant que pasteurs des Églises particulières, directement responsables de l'évangélisation de ceux qui ne reconnaissent pas encore dans le Christ l'unique sauveur et ne reposent pas encore en lui leur espérance.

Dans ce contexte, on ne peut oublier les évêques missionnaires qui, aujourd'hui comme hier, illustrent la vie de l'Église par leur générosité et leur sainteté. Certains d'entre eux ont été aussi fondateurs d'Instituts missionnaires.

74. Il revient à l'évêque, en tant que pasteur d'une Église particulière, d'en promouvoir l'activité missionnaire, de la diriger et de la coordonner. Il répond à son devoir d'engager à fond l'élan missionnaire de son Église particulière, quand il suscite, promeut et guide l'activité missionnaire dans son diocèse. Par là même, il «rend présents et pour ainsi dire visibles l'esprit et l'ardeur missionnaire du Peuple de Dieu, en sorte que le diocèse tout entier devient missionnaire».(122)

Dans son zèle pour l'activité missionnaire l'évêque se montre, ici aussi, serviteur et témoin de l'espérance. La mission, en effet, est bien sûr motivée par la foi et elle est «précisément la mesure de notre foi en Jésus-Christ et en son amour pour nous».(123) Mais puisque la bonne nouvelle pour l'homme de tous les temps est la nouveauté de la vie à laquelle tout homme est appelé et destiné, la mission est aussi animée par l'espérance et elle est, elle-même, fruit de l'espérance chrétienne.

En annonçant le Christ ressuscité, les chrétiens annoncent Celui qui inaugure une nouvelle ère de l'histoire; ils proclament au monde la Bonne Nouvelle d'un salut intégral et universel, qui contient les arrhes d'un monde nouveau dans lequel la douleur et l'injustice feront place à la joie et à la beauté. Ils prient donc comme Jésus leur a enseigné à le faire: «Que ton Règne vienne» (Mt 6,10). L'activité missionnaire, enfin, dans son but ultime de mettre à disposition de tout homme le salut donné par le Christ une fois pour toutes, tend par elle-même à la plénitude eschatologique. Grâce à elle le Peuple de Dieu s'accroît, le Corps du Christ se dilate et le Temple de l'Esprit s'agrandit jusqu'à la consommation des siècles.(124)

Le dialogue interreligieux

75. En tant que maîtres de la foi, les évêques doivent aussi donner sa juste place au dialogue interreligieux. Il est évident pour tous, en effet, que dans les circonstances historiques actuelles, ce dialogue a assumé une urgence nouvelle et immédiate. Pour de nombreuses communautés chrétiennes, en fait, en Afrique et en Asie par exemple, le dialogue interreligieux fait pour ainsi dire partie intégrante de la vie quotidienne des familles, des communautés locales, des milieux de travail et des services publics. Pour d'autres, au contraire, en Europe occidentale par exemple, et de toute façon dans les pays de plus ancienne chrétienté, il s'agit d'un phénomène nouveau. Mais même là, il arrive de plus en plus fréquemment que des croyants de religions et de fois diverses se rencontrent facilement et souvent vivent ensemble, en raison des migrations des peuples, des voyages, des communications sociales et des choix personnels.

Il est donc nécessaire de réaliser une pastorale qui promeuve l'accueil et le témoignage en rappelant les principes exposés par le Concile dans le décret Nostra aetate: respect à avoir pour les croyances non chrétiennes et, pour autant qu'elles comportent de positif, possibilité de défendre avec leurs fidèles quelques valeurs essentielles de l'existence; engagement enfin à rencontrer ces hommes et ces femmes pour une recherche commune de la vérité.

76. Le dialogue interreligieux, comme l'a rappelé Jean-Paul II, fait partie de la mission évangélisatrice de l'Église et rentre dans les perspectives du Jubilé de l'An 2000.(125) Parmi les raisons principales, le décret Nostra aetate inclut celles qui découlent de la profession de l'espérance chrétienne. Tous les hommes, en effet, ont une origine commune en Dieu, en tant que créatures aimées et voulues par Lui, et ont une destinée commune dans son amour éternel. La fin ultime de chaque être humain est en Dieu.

Dans ce dialogue, les chrétiens doivent toujours témoigner leur espérance dans le Christ, unique Sauveur de l'homme; mais ils ont aussi bien des choses à apprendre. Ceci, toutefois, ne peut et ne doit en rien diminuer le devoir et la détermination des chrétiens de proclamer, sans hésitations, l'unicité et l'absolu du Christ rédempteur. Le chrétien, en effet, ne repose en nul autre son espérance et le Christ est l'accomplissement de toutes les espérances. Il est «l'attente de ceux qui, en chaque peuple, attendent la manifestation de la bonté divine».(126) Mais le dialogue doit aussi être conduit et réalisé par les fidèles catholiques avec la conviction que l'unique vraie religion subsiste «dans l'Église catholique et apostolique à qui le Seigneur Jésus a confié le mandat de la faire connaître à tous les hommes».(127)

77. Tous les fidèles et toutes les communautés chrétiennes sont appelés à pratiquer le dialogue interreligieux, bien que pas toujours avec la même intensité ni au même niveau. Là où, cependant, les situations le demandent ou le permettent, chaque évêque dans son Église particulière a le devoir d'aider, par son enseignement et par son action pastorale, tous les fidèles à respecter et à estimer les valeurs, les traditions, les convictions des autres croyants; et il doit aussi promouvoir une formation solide et adéquate des chrétiens eux-mêmes, pour qu'ils sachent donner un témoignage convaincu du don essentiel de la foi chrétienne.

L'évêque doit aussi veiller à la dimension théologique du dialogue interreligieux, là où il se tient dans son Église particulière, en sorte que ne soient jamais passés sous silence ou non affirmés l'universalité et le caractère unique de la Rédemption opérée par le Christ, unique Sauveur de l'homme et révélateur du mystère de Dieu.(128) Ce n'est que dans la cohérence avec sa propre foi, en effet, que l'on peut partager, confronter, enrichir les expériences spirituelles et les formes de prière, en tant que voies de rencontre avec Dieu.

Le dialogue interreligieux, toutefois, ne concerne pas seulement le domaine doctrinal: il s'étend à une pluralité de rapports quotidiens entre les croyants, qui sont appelés au respect réciproque et à la connaissance commune. Il s'agit de ce que l'on appelle le «dialogue de la vie» là où les croyants des diverses religions témoignent réciproquement leurs propres valeurs humaines et spirituelles afin d'aider à la coexistence pacifique et à la collaboration pour une société plus juste et plus fraternelle. En favorisant et en suivant attentivement un tel dialogue, l'évêque rappellera toujours aux fidèles que cet engagement naît des vertus théologales de la foi, de l'espérance et de la charité, et croît avec elles.

Responsabilité envers le monde

78. Les chrétiens s'acquittent de la mission prophétique reçue du Christ en rendant leur présence dans le monde porteuse d'espérance. C'est pourquoi le Concile rappelle que «l'Église fait route avec toute l'humanité et partage le sort terrestre du monde; elle est comme le ferment et, pour ainsi dire, l'âme de la société humaine appelée à être renouvelée dans le Christ et transformée en famille de Dieu».(129)

La prise en charge de responsabilités au regard du monde entier et de ses problèmes, de ses demandes et de ses attentes, fait partie elle aussi de l'engagement pour l'évangélisation auquel l'Église est appelée par le Seigneur. Un tel engagement implique en première personne chaque évêque, en le rendant attentif à la lecture des «signes des temps» afin de réveiller par là une nouvelle espérance chez les hommes. En cela, il agit en ministre de l'Esprit qui, aujourd'hui aussi, au seuil du troisième millénaire, ne cesse d'opérer de grandes choses pour que soit renouvelée la face de la terre. À l'exemple du Bon Pasteur, il indique à l'homme la voie à suivre et, comme le Samaritain, il se penche sur lui pour guérir ses blessures.

79. L'homme est aussi essentiellement un «être d'espérance». Il est vrai que bien des événements, dans les diverses parties de la terre, conduiraient au scepticisme et au découragement: ainsi en est-il des défis qui, aujourd'hui, se dressent contre l'espérance. L'Église, pourtant, trouve dans le mystère de la croix et de la résurrection de son Seigneur le fondement de la «bienheureuse espérance». C'est là qu'elle puise la force de se mettre, et de rester, au service de l'homme et de chaque homme.

L'Évangile, dont l'Église est servante, est un message de liberté et une force de libération qui, tout en dévoilant et en jugeant les espérances illusoires et trompeuses, porte à leur achèvement les aspirations les plus authentiques de l'homme. De plus, le coeur de cette bonne nouvelle est que, par sa croix et sa résurrection, et par le don de l'Esprit Saint, le Christ a ouvert des voies nouvelles de liberté et de libération pour l'humanité.

Divers sont les domaines dans lesquels l'évêque est appelé à guider sa communauté en soulignant les engagements à prendre et les comportements à avoir pour y faire parvenir la force rénovatrice de l'Évangile et y donner des signes effectifs d'espérance. Parmi eux sont ceux qui regardent la doctrine sociale de l'Église. Celle-ci, en effet, non seulement n'est pas étrangère au message chrétien, mais elle en est partie essentielle, parce qu'elle propose les conséquences directes de l'Évangile dans la vie de la société. Sur elle, d'ailleurs, le Magistère s'est arrêté à plusieurs reprises, en l'illustrant à la lumière du mystère pascal d'où l'Église puise toujours la vérité sur l'histoire et sur l'homme; en rappelant aussi qu'il revient ensuite aux Églises particulières, en communion avec le Siège de Pierre et les unes avec les autres, de la porter à des réalisations concrètes.

80. Un premier domaine concerne le rapport avec la société civile et politique. Il est évident, à cet égard, que la mission de l'Église est une mission religieuse et que l'objectif privilégié de son action est l'annonce de Jésus-Christ à tous les hommes, l'unique Nom «donné aux hommes sous le ciel par lequel nous devions être sauvés» (Ac 4,12). Il en découle, entre autre, la distinction sur laquelle le Concile a insisté, entre la communauté politique et l'Église. Indépendantes et autonomes sur leur propre terrain, elles ont pourtant en commun d'être au service de la vocation personnelle et sociale des mêmes personnes humaines.(130)

C'est pourquoi l'Église, ouverte de par le mandat du Seigneur à tous les hommes de bonne volonté, n'est pas, et ne pourra jamais être, concurrente de la vie politique; mais elle n'est pas non plus étrangère aux problèmes de la vie sociale. Ainsi, restant dans sa compétence propre de promotion intégrale de l'homme, l'Église peut chercher des solutions même pour les problèmes d'ordre temporel, surtout là où la dignité de l'homme est compromise et où ses droits les plus élémentaires sont piétinés.

81. Dans ce cadre entre aussi l'action de l'évêque, qui reconnaît l'autonomie de l'État et pour cette raison évite la confusion entre la foi et la politique, en servant, par contre, la liberté de tous. Étranger à des formes qui conduisent à identifier la foi à une expression politique déterminée, il cherche avant tout le Royaume de Dieu; c'est ainsi que, en assumant un amour plus fort et plus pur pour aider ses frères et pour accomplir, sous l'impulsion de la charité, les oeuvres de justice, il se présente comme gardien du caractère transcendant de la personne humaine et comme signe d'espérance.(131) La contribution spécifique qu'offre un évêque sur ce terrain est celle même de l'Église, c'est-à-dire «sa conception de la dignité de la personne qui apparaît en toute plénitude dans le mystère du Verbe incarné».(132)

L'autonomie de la communauté politique n'implique pas, en effet, son indépendance des principes moraux; au contraire, une politique privée de références morales conduit inévitablement à la dégradation de la vie sociale, à la violation de la dignité et des droits de la personne humaine. C'est pourquoi l'Église a à coeur de voir conservée, ou restituée, à la politique, l'image du service à rendre à l'homme et à la société. Parce que c'est ensuite le devoir propre des fidèles laïcs de s'engager directement dans la politique, l'évêque doit se préoccuper d'aider ses fidèles à débattre de leurs problèmes et à assumer leurs décisions à la lumière de la Parole de Vérité; il doit veiller avec soin à soutenir leur formation de telle sorte qu'ils soient motivés dans leurs choix par une sollicitude sincère pour le bien commun de la société dans laquelle ils vivent - c'est-à-dire le bien de tous les hommes et de tout l'homme -; il doit enfin insister pour qu'il y ait cohérence entre la morale publique et la morale privée.

82. La sollicitude pour les pauvres a une place particulière dans le processus d'évangélisation et est un lieu privilégié où annoncer l'espérance. On aborde par là le domaine relatif à la vie économique et sociale dont, comme l'a rappelé le Concile, l'homme est l'auteur, le centre et le but.(133) D'où le souci qu'a l'Église de faire que le développement ne soit pas compris dans un sens exclusivement économique, mais bien dans un sens intégralement humain.

L'espérance chrétienne est, bien sûr, orientée vers le Royaume des cieux et vers la vie éternelle. Cette destination eschatologique, toutefois, n'atténue pas l'engagement pour le progrès de la cité terrestre. Au contraire, elle lui donne sens et force. Et même «l'élan de l'espérance préserve de l'égoïsme et conduit au bonheur de la charité».(134) La distinction entre le progrès terrestre et la croissance du Royaume, en effet, ne signifie pas leur séparation puisque la vocation de l'homme à la vie éternelle, plus que l'abolir, renforce le devoir de l'homme de mettre en acte les énergies reçues du Créateur pour le développement de sa vie temporelle.

83. L'Église n'a pas pour devoir spécifique d'offrir des solutions aux problèmes économiques et sociaux; mais sa doctrine sociale contient un ensemble de principes indispensables à la construction d'un juste système économique et social. Ici aussi, l'Église a un «évangile» à annoncer, dont chaque évêque, dans son Église particulière, doit se faire porteur, en indiquant que le coeur en est dans les Béatitudes évangéliques.(135)

Enfin, puisque le commandement de l'amour du prochain est très concret, il convient que l'évêque promeuve dans son diocèse des initiatives appropriées et exhorte à surmonter les attitudes éventuelles d'apathie, de passivité et d'égoïsme individuel et de groupe. Il importe également que l'évêque réveille par son enseignement la conscience chrétienne de chaque citoyen, en l'incitant à agir, en solidarité active et avec les moyens à sa disposition, pour défendre son frère contre tout abus qui porte atteinte à sa dignité humaine. Il doit, à cet égard, toujours rappeler aux fidèles que le Christ est présent en chaque pauvre et en tout être dans le besoin (cf. Mt 25,31-46). La figure même du Seigneur présenté comme le juge eschatologique est la promesse d'une justice finalement parfaite pour les vivants et pour les morts, pour les hommes de tous les temps et de tous les lieux.(136)

84. Les thèmes de la justice et de l'amour du prochain appellent spontanément celui de la paix: «un fruit de justice est semé dans la paix pour ceux qui produisent la paix» (Jc 3,18). La paix qu'annonce l'Église est la paix du Christ, le «prince de la paix» qui a proclamé la béatitude des «artisans de paix qui seront appelés enfants de Dieu» (Mt 5,9). Tels sont non seulement ceux qui renoncent à l'usage de la violence comme méthode habituelle, mais aussi tous ceux qui ont le courage d'agir pour supprimer tout obstacle à la paix. Ces artisans de paix savent bien qu'elle commence dans le coeur de l'homme. Ils agissent donc contre l'égoïsme qui empêche de voir les autres en frères et soeurs dans une unique famille humaine; ils sont en cela soutenus par leur espérance en Jésus-Christ, le Rédempteur innocent dont la souffrance est un indéfectible signe d'espérance pour l'humanité. Le Christ est la paix (cf. Ep 2,14) et l'homme ne trouvera pas la paix s'il ne rencontre pas le Christ.

La paix est une responsabilité universelle, qui passe à travers les mille petits actes de la vie quotidienne. Par leur manière habituelle de vivre avec les autres, les hommes font leur choix pour ou contre la paix. La paix attend ses prophètes et ses bâtisseurs.(137) Ces architectes de la paix doivent se trouver tout d'abord dans les communautés ecclésiales, dont l'évêque est le pasteur.

Il convient donc qu'il ne laisse perdre aucune occasion de promouvoir dans les consciences l'aspiration à la concorde et qu'il favorise l'entente entre les personnes dans le don à la cause de la justice et de la paix. Il s'agit là d'un devoir ardu, qui demande du dévouement, des efforts à toujours refaire et une action éducative constante, surtout auprès des nouvelles générations, afin qu'elles s'engagent, dans un renouveau de joie et d'espérance chrétienne, dans la construction d'un monde plus pacifique et fraternel. L'agir pour la paix est lui aussi parmi les tâches prioritaires de l'évangélisation. C'est pourquoi la promotion d'une authentique culture du dialogue et de la paix est elle aussi un engagement fondamental de l'action pastorale d'un évêque.

85. Voix de l'Église qui, en évangélisant, appelle et convoque tous les hommes, l'évêque n'omet pas d'agir concrètement et de faire entendre sa parole sage et équilibrée pour que les responsables de la vie politique, sociale et économique, recherchent les solutions les plus justes possibles pour résoudre les problèmes de la vie collective dans la cité.

Les conditions dans lesquelles les pasteurs sont appelés à accomplir leur mission en ces domaines sont souvent très difficiles, tant pour l'évangélisation que pour la promotion humaine; c'est là surtout que se montre combien et comment la disponibilité à la souffrance doit entrer dans le ministère épiscopal. Sans elle, les évêques ne peuvent se donner vraiment à leur mission. Grande, donc, doit être leur foi dans l'Esprit du Seigneur ressuscité, et leur coeur doit toujours être plein de l'«espérance qui ne déçoit pas» (Rm 5,5).


CHAPITRE V

L'ITINÉRAIRE SPIRITUEL DES ÉVÊQUES

86. Les chapitres précédents ont décrit les traits généraux du contexte dans lequel un évêque, aujourd'hui, est appelé à accomplir, dans l'Église, sa mission de maître authentique de la foi, qui, sans fléchissements ni compromis, annonce, enseigne et défend la vérité; sa mission de sanctificateur et d'administrateur fidèle des dons divins; sa mission enfin de père, proche de ceux que la miséricorde du Père céleste a confiés à ses soins, dans toutes leurs nécessités et surtout dans leur besoin de Dieu. Au milieu de son peuple, l'évêque est l'image vivante de Jésus Bon Pasteur, qui marche avec son troupeau.

On a aussi rappelé que l'évêque vit sa mission de pasteur quand, dans les liens du Collège épiscopal, il est uni à l'évêque de Rome et à ses frères évêques, ayant recours à toutes les instances ecclésiastiques qui peuvent l'aider dans le service qui lui est confié par le Seigneur et par l'Église. On a enfin souligné que la mission de l'évêque est aussi vaste que l'est la mission même de l'Église dans le monde.

Exigences de sainteté dans la vie de l'évêque

87. Il s'agit donc d'un ministère très élevé et exigeant, d'un idéal devant lequel celui qui a été appelé, sentant la faiblesse et l'inadéquation de ses forces, est pris d'une crainte compréhensible. C'est pourquoi l'évêque doit être animé de cette espérance même qui l'a fait serviteur dans l'Église et dans le monde. Il répète comme l'apôtre Paul: «Je peux tout en celui qui me fortifie» (Ph 4,13) et, comme lui, il est certain que «l'espérance ne déçoit pas, parce que l'amour de Dieu a été versé dans nos coeurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné» (Rm 5,5).

Ensuite, pour ne pas être inférieur à un ministère si lourd de responsabilité, il doit discerner dans la charité pastorale le lien de la perfection épiscopale et comme le fruit de la grâce et du caractère du sacrement reçu. C'est pourquoi il doit toujours se conformer d'une manière toute spéciale au Christ Bon Pasteur tant dans sa vie personnelle que dans l'exercice du ministère apostolique, de sorte que les sentiments du Christ (cf. 1Co 2,16) l'envahissent en tout et pour tout dans sa pensée, ses sentiments, ses choix et ses actions.(138)

À vingt ans de la clôture du Concile, l'Assemblée extraordinaire du Synode des Évêques de 1985 constatait que «les saints et les saintes ont toujours été la source et l'origine du renouveau, dans les circonstances les plus difficiles de la vie de l'Église».(139) Il est certain que l'Église a toujours aussi besoin de pasteurs rayonnants, non seulement par leurs qualités humaines, mais aussi par leur sainteté. Ce sont ces pasteurs qui réussissent à réveiller un projet de vie sacerdotale chez les jeunes d'aujourd'hui.

Dans ce chapitre, donc, on voudrait signaler quelques lignes de l'itinéraire spirituel de l'évêque, en tant qu'itinéraire d'évangélisation et de sanctification du peuple de Dieu, en soulignant le lien étroit qui relie la sainteté personnelle de l'évêque à l'exercice de son ministère. Le ministère lui-même, d'autre part, exercé avec fidélité et courage dans la docilité à l'Esprit Saint, est source de sainteté pour l'évêque et de sanctification pour les fidèles confiés à ses soins de pasteur, en valorisant les diverses voies de sainteté selon les divers charismes.

Dimensions de la spiritualité de l'évêque

88. Évidemment, cet itinéraire spirituel de l'évêque s'enracine dans la grâce des sacrements du Baptême et de la Confirmation: c'est par eux que, comme tout fidèle, il a été rendu capable de croire en Dieu, d'espérer en Lui et de L'aimer par les vertus théologales, de vivre et d'agir sous la motion de l'Esprit Saint par ses dons très saints. De ce point de vue, il a à vivre une spiritualité qui ne diffère pas de celle des autres disciples du Seigneur, qui Lui ont été incorporés et sont devenus temples de l'Esprit. L'évêque vit donc aussi une spiritualité de baptisé et de confirmé, nourri de la sainte Eucharistie et dans le besoin du pardon du Père, en raison de la fragilité humaine. Il a à parcourir avec les prêtres de son presbyterium les voies spécifiques de spiritualité de ceux qui sont appelés à la sainteté au titre nouveau qui découle de l'Ordre Sacré. (140)

Toutefois, l'évêque doit vivre une spiritualité «spécifique», en raison du don spécifique de la plénitude de l'Esprit de sainteté qu'il a reçu en tant que père et pasteur dans l'Église.

89. Il s'agit d'une spiritualité «propre», orientée à le faire vivre dans la foi, dans l'espérance et dans la charité, conformément au ministère d'évangélisateur, de Grand Prêtre et de guide de la communauté; d'une spiritualité qui mette l'évêque en relation avec le Père, dont il est image, avec le Fils, à la mission de Pasteur duquel il est configuré, et avec l'Esprit Saint, qui mène l'Église dans la diversité des dons hiérarchiques et charismatiques.

Il s'agit aussi d'une spiritualité ecclésiale, parce que chaque évêque est conformé au Christ Pasteur pour aimer l'Église de l'amour du Christ époux, pour la servir et pour être, dans l'Église, maître, sanctificateur et guide. Il devient ainsi modèle et promoteur, à tous les niveaux, d'une spiritualité de communion dans l'Église.

Il n'est pas possible d'aimer le Christ et de vivre dans son intimité sans aimer l'Église, qu'aime le Christ: en effet, autant on aime l'Esprit de Dieu, autant on aime l'Église «une en tous et toute en chacun; simple dans la pluralité par l'unité de la foi, multiple en chacun par le ciment de la charité et la diversité des charismes».(141) C'est seulement de l'amour pour l'Église, aimée du Christ jusqu'à se donner lui-même pour elle (cf. Ep 5,25) et sacrement universel du salut, que naissent une spiritualité et un zèle missionnaires et qu'est donné le témoignage de la mesure totale de l'amour du Seigneur Jésus pour les hommes: c'est-à-dire jusqu'à la Croix.

Ministre de l'Évangile de l'espérance

90. C'est ainsi que l'évêque se présente à l'Église, répétant les paroles de l'Apôtre: le Christ «vous a réconciliés dans son corps de chair, le livrant à la mort pour vous faire paraître devant Lui saints, sans tache et sans reproche, pour que vous perséveriez dans la foi, affermis sur des bases solides, sans vous laisser détourner de l'espérance promise par l'Évangile [... ] dont je suis devenu ministre» (Col 1,22-23; cf. 1,5).

Le Directoire pastoral Ecclesiae imago avait déjà consacré un chapitre entier et détaillé aux vertus nécessaires à un évêque.(142) Dans ce contexte, outre les renvois aux vertus surnaturelles d'obéissance, de continence parfaite pour l'amour du Royaume, de pauvreté, de prudence pastorale et de force, on trouve aussi un rappel à la vertu théologale d'espérance. C'est en s'appuyant sur elle que l'évêque, avec une ferme certitude, attend de Dieu tout bien et met dans la divine Providence toute sa foi, «se souvenant des bienheureux Apôtres et des premiers évêques qui, face à de grandes difficultés et à des obstacles de tout genre, annonçaient l'Évangile de Dieu 'en toute assurance'».(143)

Cependant, dans la perspective de la Xème Assemblée Générale Ordinaire du Synode des Évêques, il est opportun de s'arrêter davantage sur l'espérance inhérente au ministère épiscopal, stimulante de créativité et porteuse de ce sain optimisme que l'évêque doit vivre personnellement et communiquer joyeusement aux autres.

91. L'espérance chrétienne prend sa source dans le Christ et se nourrit de Lui; elle est participation au mystère de sa Pâque et gage d'un sort analogue à celui du Christ, puisqu'avec Lui, le Père «nous a ressuscités et faits asseoir dans les cieux» (Ep 2,6).

De cette espérance, l'évêque est constitué signe et ministre. Chaque évêque peut recueillir pour lui ces paroles de Jean-Paul II: «Sans espérance, nous ne serions que des hommes malheureux et dignes de pitié, notre activité pastorale tout entière serait stérile et, surtout, nous n'oserions plus rien entreprendre. C'est dans l'inflexibilité de notre espérance que repose le secret de notre mission. L'espérance est plus forte que les déceptions répétées et que les doutes décourageants, car elle tire sa force d'une source que ni notre inattention ni notre négligence ne peuvent épuiser. La source de notre espérance est Dieu lui-même qui, par le Christ, a vaincu pour nous le monde une fois pour toutes et qui, par nous, poursuit sa mission de salut parmi les hommes».(144)

L'espérance dans l'itinéraire spirituel de l'évêque

92. L'évêque est ministre de la Vérité qui sauve non seulement pour éduquer et instruire mais aussi pour conduire les hommes à l'espérance et, par conséquent, à la progression sur la voie de l'espérance. Si donc, un évêque veut réellement apparaître pour son peuple signe, témoin et ministre de l'espérance, il ne peut que s'alimenter à la Parole de Vérité, en adhésion totale et en pleine disponibilité, à l'exemple de la Sainte Mère de Dieu, Marie, qui «a cru à l'accomplissement des paroles du Seigneur» (Lc 1,45).

Ensuite, puisque cette Parole divine est contenue et exprimée dans la Sainte Écriture, c'est à elle qu'un évêque doit constamment faire recours, par une lecture assidue et une étude soigneuse. Et ceci, non seulement pace qu'il prêcherait en vain la Parole de Dieu aux autres s'il ne l'écoutait d'abord lui-même,(145) mais aussi parce qu'il se viderait lui-même et rendrait impossible son ministère d'espérance.

C'est dans l'Écriture que l'évêque nourrit sa spiritualité d'espérance, pour pouvoir accomplir en vérité son ministère d'évangélisateur. C'est seulement ainsi, comme le dit saint Paul, qu'il pourra s'adresser à ses fidèles en disant: «En vertu de la constance et de la consolation que donnent les Écritures, nous gardons vivante notre espérance» (Rm 15,4).

93. La prière est le moment privilégié de l'écoute de la Parole de Dieu. Conscient qu'il ne pourra être maître de prière pour ses fidèles qu'à travers sa prière personnelle, l'évêque se tournera vers Dieu pour lui redire avec le psalmiste: «J'espère sur ta parole» (Ps 119,114). La prière, en effet, estle lieu privilégié d'expression de l'espérance ou, comme le dit saint Thomas, elle est «l'interprète de l'espérance».(146)

Mais si personne ne peut prier seulement pour lui-même, encore moins peut le faire un évêque, lui qui, même dans sa prière, doit porter avec lui l'Église, et spécialement le peuple qui lui a été confié. Imitant Jésus lors du choix de ses apôtres (cf. Lc 6,12-13), lui aussi soumettra au Père toutes ses initiatives apostoliques et lui présentera, par le Christ, dans l'Esprit, ses espérances pour le presbyterium diocésain, son souci pour les vocations au sacerdoce, à la vie consacrée, à l'engagement missionnaire et aux divers ministères, sa sollicitude pour les consacré(e)s et leur action apostolique exercée dans l'Église particulière, ses attentes enfin à l'égard des fidèles laïcs: pour que tous et chacun, correspondant à chaque vocation propre et exerçant leurs ministères et charismes respectifs, convergent, guidés par lui, pour édifier le Corps du Christ. Et le Dieu de l'espérance le remplira de toute joie et paix, pour que l'espérance surabonde en lui par la vertu de l'Esprit Saint (cf. Rm 15,13).

94. Un évêque doit aussi rechercher les occasions de pouvoir vivre son écoute de la Parole de Dieu et sa prière en commun avec le presbyterium, avec les diacres permanents -là où il y en a-, avec les séminaristes et les personnes consacrées présentes dans l'Église particulière et, où et quand cela est possible, également avec les laïcs, en particulier avec ceux qui vivent leur apostolat dans des associations.

Il favorise ainsi par là l'esprit de communion et soutient leur vie spirituelle en se montrant «maître de perfection» dans son Église particulière, engagé à «faire avancer dans la voie de la sainteté ses prêtres, les religieux et les laïcs, selon la vocation particulière de chacun».(147) En même temps, il renforce aussi en lui-même les liens des relations ecclésiales, dans lesquelles il a été placé comme centre visible de l'unité.

Il ne négligera pas non plus les occasions de vivre des moments analogues de rencontre spirituelle avec ses frères évêques, surtout avec les plus proches qui sont de la même province et région ecclésiastique. Dans ces rencontres, on peut expérimenter la joie de vivre ensemble entre frères (cf. Ps 133,1) et l'affection collégiale qui se manifeste et s'accroît.

95. C'est aussi dans la célébration de la sainte Liturgie avec tout le peuple de Dieu que l'évêque trouve à nourrir l'espérance. L'Église, en effet, quand elle célèbre la Liturgie sur terre, goûte par avance, dans l'espérance, la Liturgie de la Jérusalem céleste vers laquelle elle tend dans son pèlerinage et où le Christ est assis à la droite du Père comme «ministre du sanctuaire et de la Tente, la vraie, celle que le Seigneur, non un homme, a dressée» (He 8,2).(148)

Tous les sacrements de l'Église, l'Eucharistie en tout premier, sont mémoriaux des acta et passa du Seigneur, représentations du salut opéré par le Christ une fois pour toutes, et anticipations de la pleine possession qui sera le don du temps final.(149) Jusque là, l'Église les célébre en tant que signes efficaces de son attente, de l'invocation et de l'espérance.

96. Dans certaines actions liturgiques, la présence de l'évêque revêt un sens particulier. Avant tout, dans la Messe chrismale au cours de laquelle l'huile des catéchumènes et celle pour l'onction des malades sont bénies et le saint Chrême est consacré: c'est le moment de la plus haute manifestation de l'Église locale, qui célèbre le Seigneur Jésus, éternel et souverain Prêtre de son propre Sacrifice. Pour un évêque, c'est un moment de grande espérance, parce qu'il trouve le presbyterium diocésain rassemblé autour de lui; ensemble, dans la joie de l'horizon pascal, ils regardent le Grand Prêtre et ravivent la grâce sacramentelle de l'Ordination par le renouvellement des promesses qui, depuis le jour de leur Ordination, fonde le caractère spécial de leur ministère dans l'Église. Dans cette célébration, unique dans l'année liturgique, les liens étroits de la communion ecclésiale sont pour le peuple de Dieu, bien qu'assailli d'innombrables tourments, un cri vibrant d'espérance.

À cela s'ajoute la liturgie solennelle de l'ordination des nouveaux prêtres et des nouveaux diacres. Là, recevant de Dieu les nouveaux coopérateurs de l'ordre épiscopal et les nouveaux collaborateurs de son ministère, l'évêque voit la réponse de l'Esprit, Donum Dei et dator munerum, à sa prière de demande de vocations et son Église devenue encore plus resplendissante par son visage ministériel.

Par analogie, on peut en dire autant du sacrement de la Confirmation, dont l'évêque est le ministre originaire et, dans le rite latin, le ministre ordinaire. Ici, «le fait que ce sacrement soit administré par eux (les évêques) marque bien qu'il (ce sacrement) a pour effet d'unir ceux qui le reçoivent plus étroitement à l'Église, à ses origines apostoliques et à sa mission de témoigner du Christ».(150)

97. L'efficacité du guide pastoral qu'est l'évêque et du témoignage qu'il donne du Christ, espérance du monde, dépend en grande partie de l'authenticité de la manière dont il suit le Christ et «vit dans l'amitié de Jésus-Christ». Seule la sainteté est annonce prophétique du renouveau et un évêque ne peut se soustraire au rôle prophétique de la sainteté par laquelle il anticipe dans sa propre vie l'approche du but auquel il conduit ses fidèles.

Toutefois, dans son cheminement spirituel, il expérimente lui aussi comme tout chrétien le besoin de conversion en raison de la conscience qu'il a de ses propres faiblesses, de ses découragements et de son péché. Mais parce que, comme l'enseignait saint Augustin, on ne peut exclure de l'espérance celui auquel n'a pas été exclu le péché,(151) l'évêque recourt au sacrement de la pénitence et de la réconciliation, dans lequel il crie en toute sincérité: «Seigneur, mon Dieu, en toi j'ai espéré: sauve-moi !» (cf. Ps 7,2; 31,2; 38,16). Que quiconque a l'espérance d'être fils de Dieu et de pouvoir ainsi le voir tel qu'il est, se purifie comme est pur le Père céleste (cf. 1 Jn, 3,3).

98. Sans aucun doute, c'est pour le peuple de Dieu un signe d'espérance de voir son évêque s'approcher de ce sacrement de guérison, par exemple quand, dans des occasions particulières, il préside une célébration communautaire; comme aussi de voir que, lorsqu'il est gravement malade, le sacrement de l'onction des malades lui est administré et que le réconfort du saint viatique lui est solennellement donné, accompagné du clergé et du peuple.(152)

Par cet ultime témoignage de sa vie terrestre, il a l'occasion d'enseigner à ses fidèles qu'il ne faut jamais trahir son espérance et que chaque douleur du moment présent est allégée par l'espérance de la réalité future.(153) Dans l'acte ultime de son exode de ce monde vers le Père, il peut résumer et reproposer le but de son ministère dans l'Église: à savoir, montrer aux fils de l'Église la fin eschatologique, comme Moïse avait montré la terre promise aux fils d'Israël.

Joyeux dans l'espérance, comme la Vierge Marie

99. Ainsi l'évêque se glorifie «dans l'espérance de la gloire de Dieu», comme l'écrit l'Apôtre, qui continue: «Et non seulement cela, nous nous glorifions encore des tribulations, sachant bien que la tribulation produit la constance, la constance une vertu éprouvée, la vertu éprouvée l'espérance» (Rm 5,2-4). De l'espérance dérive aussi la joie. La joie chrétienne, en effet, qui est joie de l'espérance (cf. Rm 12,12), est aussi objet de l'espérance. Le chrétien ne doit pas seulement parler de la joie, mais il doit aussi «espérer la joie».(154)

De cette union spirituelle entre la joie et l'espérance, Marie est le premier témoin et le modèle pour toute l'Église. Son chant du Magnificat exprime la joie de tous les pauvres du Seigneur qui, sur sa Parole, espèrent en Lui. Les souffrances ne lui furent pas épargnées mais, de même qu'elle fut associée de manière éminente au sacrifice de son Fils, devenant au pied de la Croix la «mère des douleurs», de même elle fut ouverte sans aucune limite à la joie de la Résurrection.

Maintenant, aux côtés de son Fils qui trône glorieusement à la droite du Père, montée au ciel dans l'intégrité de sa personne, en corps et en âme, elle récapitule en elle toutes les joies et vit la joie parfaite promise à l'Église. À elle, qui pour ceux qui sont encore en pèlerinage sur la terre, brille «déjà comme un signe d'espérance assurée et de consolation, en attendant la venue du jour du Seigneur»,(155) l'Église adresse sa prière, en l'invoquant mater spei, mater plena sanctae laetitiae et causa nostrae laetitiae.

100. Tout évêque, comme tout chrétien, se confie filialement à Marie, à l'imitation du disciple bien-aimé qui, en accueillant sur le Calvaire la Mère du Seigneur, l'introduisit dans tout l'espace de sa vie intérieure.(156)

L'Église invoque souvent Marie comme Regina Apostolorum. «Que la Très Sainte Vierge intercède pour tous les pasteurs de l'Église, afin que dans leur ministère difficile, ils soient toujours plus conformes à l'image du Bon Pasteur».(157)


QUESTIONNAIRE

À propos du Chapitre I

1. Quelle importance l'évêque attribue-t-il à son engagement pour annoncer l'Évangile? Cet engagement est-il vu comme prioritaire? Est-ce-que d'autres tâches l'en distraient? Quels sont les aspects de la vie diocésaine qui engendrent des difficultés dans la mission évangélisatrice de l'évêque? Et quels autres aspects l'aident dans cette mission?

2. Quelle image de la mission de l'évêque les fidèles ont-ils principalement? L'image que les fidèles ont de la mission de l'évêque correspond-elle à l'image que celui-ci en a?

3. Comment les fidèles réagissent-ils à l'enseignement de l'évêque sur les thèmes de foi et de morale? Font-ils une distinction entre l'enseignement de l'évêque et celui du Pape?

4. Quels sont les rapports entre l'évêque et les théologiens: estime réciproque? Collaboration dans l'annonce de l'Évangile? Méfiance? Contestation? Dans quels domaines?

5. Quels défis socio-culturels le ministère de l'évêque doit-il affronter, en particulier dans l'annonce de l'Évangile? Comment l'évêque affronte-t-il ces défis? Quelles sont les circonstances qui favorisent cette annonce? Quelles sont les circonstances qui s'y opposent?

À propos du Chapitre II

6. Comment l'évêque vit-il ses rapports avec le presbyterium et avec chaque prêtre individuellement, particulièrement dans l'annonce de la foi? Quels devraient être les principaux soucis de l'évêque à ce propos?

7. Comment l'évêque vit-il ses rapports avec les instituts de vie consacrée, spécialement dans la proclamation de la foi: catéchèse, doctrine du Magistère, etc.?

8. L'évêque soutient-il les laïcs qui annoncent l'Évangile dans le cadre temporel? Comment l'évêque comprend-il la contribution que les laïcs, les associations de fidèles et les mouvements ecclésiaux apportent à l'évangélisation?

9. Comment exprime-t-il sa communion avec le Souverain Pontife? Se sent-il soutenu par le Saint-Siège? Comment l'évêque collabore-t-il au ministère du Successeur de Pierre, soutenant la vraie Foi, la discipline de l'Église et la nouvelle évangélisation?

10. Comment l'évêque vit-il ses rapports avec les autres évêques: dans l'Église universelle? Au sein de la Conférence épiscopale? Avec les évêques voisins? Se sent-il soutenu par ses frères dans l'épiscopat?

À propos des Chapitres III et IV

11. Avec quelle attention, quel esprit de foi et quel amour l'évêque annonce-t-il la Parole de Dieu dans le contexte des situations socio-culturelle contemporaines?

12. De quelle manière l'évêque a-t-il recours aux moyens de communication sociale et comment les utilise-t-il pour en faire de véritables instruments de diffusion de la Parole de Dieu?

13. Comment la fonction sacramentelle de l'évêque est-elle considérée comme l'annonce de l'Évangile de l'espérance? Quelles en sont les priorités?

14. Comment la fonction de gouvernement de l'évêque est-elle, elle aussi, considérée comme l'annonce de l'Évangile de l'espérance? Quelles sont les difficultés qui existent concrètement?

15. L'évêque se sent-il responsable de la missio ad gentes à travers le monde entier? Comment? Y engage-t-il son diocèse?

16. De quelle façon, dans le cadre de l'annonce de l'Évangile, l'évêque s'engage-t-il concrètement dans le dialogue oecuménique, interreligieux et avec la société civile?

17. La promotion de l'homme dans sa dignité et dans ses droits est-elle ressentie par l'évêque comme une annonce de l'espérance évangélique? De quelle manière?

18. L'évêque place-t-il l'annonce de la personne du Christ au centre de tout son ministère?

À propos du Chapitre V

19. Quel est le centre unificateur de la spiritualité de l'évêque, ainsi que sa manière concrète d'être en rapport avec Dieu et avec la réalité qui l'entoure?

20. Quelles sont les initiatives qui favorisent concrètement l'union spirituelle de l'évêque avant tout avec les prêtres et les diacres, puis avec les personnes consacrées et les laïcs, spécialement s'ils font partie d'associations et de fondations ecclésiales?

21. Quelles suggestions peuvent être faites pour aider l'évêque à progresser au long de son itinéraire spirituel? Au début de son mandat? Tout au long des années?

22. Quels saints évêques peuvent-ils être pris, ou sont-ils pris, comme modèles par l'évêque pour nourrir sa propre spiritualité?

De façon générale

23. Quels autres points importants relatifs au thème fixé méritent-ils d'être proposés à la réflexion du Synode?


TABLES DES MATIÈRES

Avant-propos

Introduction

Chapitre I : contexte actuel de la mission de l'évêque

Nouvelle mise en valeur de la figure de l'évêque

Nouvelle instances et nouvelles difficultés du ministère épiscopal

Les urgences de la communauté chrétienne

Diminution de la ferveur et de la personnalisation de la foi

La vie matrimoniale et familiale

Les vocations au ministère sacerdotal et à la vie consacrée

Le défi des sectes et des nouveaux mouvements religieux

Le contexte de la société humaine

Une scène mondiale différente

Quelques orientations des espérances humaines

Les évêques, témoins et ministres de l'espérance

Chapitre II : caractères identifiant le ministère de l'évêque

Le ministère de l'évêque dans son rapport avec la Sainte Trinité

Le ministère épiscopal dans son rapport avec le Christ et les Apôtres

Le ministère épiscopal dans son rapport avec l'Église

L'évêque dans son rapport avec les prêtres

Le ministère de l'évêque dans son rapport avec les personnes consacrées

Le ministère de l'évêque dans son rapport avec les fidèles laïcs

L'évêque dans son rapport avec le Collège épiscopal et avec son Chef

Au service de la communion pour l'espérance

Chapitre III : le ministère pastoral de l'évêque dans son diocèse

L'évêque envoyé pour enseigner

L'évêque envoyé pour sanctifier

L'évêque envoyé pour gouverner et guider le peuple de Dieu

Chapitre IV : l'évêque, ministre de l'évangile pour tous les hommes

Le devoir missionnaire de l'évêque

Le dialogue interreligieux

Responsabilité envers le monde

Chapitre V : l'itinéraire spirituel des évêques

Exigences de sainteté dans la vie de l'évêque

Dimensions de la spiritualité de l'évêque

Ministre de l'Évangile de l'espérance

L'espérance dans l'itinéraire spirituel de l'évêque

Joyeux dans l'espérance, comme la Vierge Marie

Questionnaire

Tables des Matières


NOTES

(1) Cf. Ioannes Paulus II, Adhort. Ap. Postsyn. Christifideles laici (30.XII.1988), 55: AAS 81 (1989) 503; Adhort. Ap. Postsyn. Vita consecrata (25.III.1996), 31: AAS 88 (1996) 404-405.

(2) Cf. Ioannes Paulus II, Adhort. Ap. Postsyn. Vita consecrata,(25.III.1996), 4: AAS 88 (1996) 380.

(3) Cf. ibidem, 29: AAS 88 (1996) 492.

(4) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 12.

(5) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Decret. de presbyterorum ministerio et vita Presbyterorum ordinis, 7.

(6) Conc. Oecum. Vat. II, Const. past. de Ecclesia in mundo huius temporis Gaudium et spes, 2.

(7) Cf. ibidem, 45.

(8) S. Augustinus, Serm. 340/A, 9: PLS 2, 644.

(9) Conc. Oecum. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 18.

(10) Cf. ibidem, 27.

(11) Ibidem, 1.

(12) Conc. Oecum. Vat. II, Const. past. de Ecclesia in mundo huius temporis Gaudium et spes, 39.

(13) Conc. Oecum. Vat. II, Decret. de activ. mission. Ecclesiae Ad gentes, 38.

(14) Conc. Oecum. Vat. II, Cons. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 23.

(15) Cf. Sacra Congregatio pro Episcopis, Directorium Ecclesiae imago de pastorali ministerio episcoporum, 22.II.1973 (Typis Polyglottis Vaticanis 1973).

(16) Ioannes Paulus II, Allocutio ad Patres Cardinales, Familiam domni Papae Romanamque Curiam, imminente Nativitate Domini Iesu Christi habita (20.XII.1990), 6: AAS 83 (1991) 744.

(17) Ioannes Paulus II, Allocution à la Conférence épiscopale Colombienne (2.VII.1986), 8: L'Osservatore Romano, édition hebd. en langue française, n· 28, 15.VII.1986, p. 8.

(18) Ioannes Paulus II, Epist. Apost. Tertio millennio adveniente (10.XI.1994), 46: AAS 87 (1995) 34.

(19) Ioannes Paulus II, Discours aux évêques d'Autriche à l'occasion de leur visite ad limina (6.VII.1982), 2: L'Osservatore Romano, édition hebd. en langue française, n· 30, 27.VII.1982, p. 1.

(20) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 4 et Decret. de oecumenismo Unitatis redintegratio, 2.

(21) Cf. Ioannes Paulus II, Epist. Apost. Tertio millennio adveniente (10.XI.1994),, 33: AAS 87 (1995) 25-26.

(22) Cf. S. Cyprianus, Epist. 69,8: PL 4, 419.

(23) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Decret. de past. Episc. mun. in Ecclesia Christus Dominus, 11.

(24) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 23.

(25) Cf. ibidem, 28; Decret. de past. Episc. mun. in Ecclesia Christus Dominus, 7.

(26) Cf. Sacra Congregatio pro Episcopis, Directorium Ecclesiae imago, 95-98.

(27) Cf. Ioannes Paulus II, Adhort. Ap. Postsyn. Christifideles laici (30.XII.1988),, 29: AAS 81 (1989) 443-445.

(28) Cf. Ioannes Paulus II, Adhort. Ap. Postsyn. Pastores dabo vobis (25.III.1992), 7: AAS 84 (1992) 666-668.

(29) Paulus VI, Adhort. Ap. Evangelii nuntiandi (8.XII.1975), 80: AAS 68 (1976) 73.

(30) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Decret. de past. Episc. mun. in Ecclesiae Christus Dominus, 37.

(31) S. Ireneus, Adv. Haer. IV,20,7: SC 100/2, p.648, l. 180-181.

(32) Cf. Syn. Extr. Episc. 1985, Relat. finalis Ecclesia sub verbo Dei mysteria Christi celebrans pro salute mundi (7.XII.1985), II, A. 1.

(33) Cf. Secrétariat pour l' Union des Chrétiens - Secrétariat pour les Non-Chrétiens - Secrétariat pour les Non-Croyants - Conseil Pontifical de la Culture, Rap. prov. Le phénomène des sectes ou nouveaux mouvements religieux (7.V.1986).

(34) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 9.

(35) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Const. past. de Ecclesia in mundo huius temporis Gaudium et spes, 1.

(36) Cf. Ioannes Paulus II, Litt. encycl. Centesimus annus (1.V.1991), 38: AAS 83 (1991) 841.

(37) Cf. Ioannes Paulus II, Discours à la 50ème Assemblée générale de l'Organisation des Nations-Unies, New York, n· 2-10, Typographie Vaticane.

(38) Ioannes Paulus II, Litt. encycl. Centesimus annus (1.V.1991), 57: AAS 83 (1991) 862.

(39) Ibidem, 37: AAS 37 (1995) 29.

(40) Cf. Syn. Extr. Episc. 1985, Relat. finalis Ecclesia sub verbo Dei mysteria Christi celebrans pro salute mundi (7.XII.1985), III.C.1.

(41) Cf. S. Cyprianus, De orat. Dom. 23: PL 4,553; cf. Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 4.

(42) Sacra Congregatio pro Episcopis, Directorium Ecclesiae imago, 1.

(43) Ioannes Paulus II, Allocution à la Conférence Épiscopale de Colombie (2.VII.1986), 2: L'Osservatore Romano, édition hebd. en langue française, n· 28, 15.VII.1986, p. 8.

(44) Tertullianus, Praescr. Haeret. 32: PL 2,53; cf. Const. dogm. de Ecclesiae Lumen gentium, 20.

(45) Ioannes Paulus II, Allocution aux évêques de la Région Nord du Brésil (28.X.1995), 2: L'Osservatore Romano, édition hebd. en langue française, n· 52, 26.XII.1995, p. 4.

(46) Conc. Oecum. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 27.

(47) Cf. ibidem, 10.

(48) Sacra Congregatio pro Episcopis, Directorium Ecclesiae imago, 14.

(49) S. Augustinus, In Io. tr. 123,5: PL 35, 1967.

(50) Cf. Sacra Congregatio pro Episcopis, Directorium Ecclesiae imago, 107-117.

(51) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 28; Decret. de presbyterorum ministerio et vita Presbyterorum ordinis, 8. Cf. Ioannes Paulus II, Adhort. Ap. Postsyn. Pastores dabo vobis (25.III.1992), 17: AAS 84 (1992) 683.

(52) Ioannes Paulus II, Adhort. Ap. Postsyn. Pastores dabo vobis (25.III.1992), 16: AAS 84 (1992) 682.

(53) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 28.

(54) Cf. idem.

(55) Idem

(56) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 29.41.

(57) Cf. Ioannes Paulus II, Adhort. Ap. Postsyn. Pastores dabo vobis (25.III.1992), 65: AAS 84 (1992) 771.

(58) Ioannes Paulus II, Adhort. Ap. Postsyn. Vita consecrata (25.III.1996), 3: AAS 88 (1996) 379.

(59) Cf. ibidem, 29: AAS 88 (1996) 402; Conc. Oecum. Vat. II. Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 44.

(60) Sacra Congregatio pro Religiosis et Institutis Saecularibus et Sacra Congregatio pro Episcopis, Notae directivae Mutuae relationes (14.V.1978), 9c: AAS 70 (1978) 479.

(61) Conc. Oecum. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 23.

(62) Cf. Ioannes Paulus II, Adhort. Ap. Postsyn. Vita consecrata (25.III.1996), 84.88: AAS 88 (1996) 461.464.

(63) Cf. ibidem, 48: AAS 88 (1996) 421-422; Sacra Congregatio pro Episcopis, Directorium Ecclesiae imago, 207.

(64) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, chap. IV; Decret. de apostol. laic. Apostolicam actuositatem; Ioannes Paulus II, Adhort. Ap. Postsyn. Christifideles laici (30.XII.1988); cf. Sacra Congregatio pro Episcopis, Directorium Ecclesiae imago, 153-161.208.

(65) Conc. Oecum. Vat. II, Const. past. de Ecclesia in mundo huius temporis Gaudium et spes, 39.

(66) Cf. Ioannes Paulus II, Adhort. Ap. Postsyn. Christifideles laici (30.XII.1988), 30: AAS 81 (1989) 446-448.

(67) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 23; c.i.c. can. 381 §1.

(68) Cf. ibidem, 22; nota explicativa praevia, 1-2; c.i.c. can. 336.

(69) S. Cyprianus, De cath. eccl. unit. 5: PL 4, 516; cf. Conc. Oecum. Vat. I, Const. dogm. Pastor aeternus, prol. DS 3051; Conc. Oecum. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 18.

(70) Cf. Paulus VI, Allocutio tertia Concilii periodo ineunte (14.IX.1964): AAS 56 (1964) 813.

(71) Cf. Congregatio pro Doctrina Fidei, Litterae Communionis notio (28.V.1992), 9.11-14: L'Osservatore Romano, édition hebd. en langue française, n· 24, 16.VI.1992, p. 2-3.

(72) Conc. Oecum. Vat. II, Decret. de past. Episc. mun. in Ecclesia Christus Dominus, 6; cf. Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 23; Decret. de past. Episc. mun. in Ecclesia Christus Dominus, 3.5.

(73) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Const. de sacra Liturgia Sacrosanctum concilium, 26.

(74) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Decret. de past. Episc. mun. in Ecclesia Christus Dominus, 6.

(75) Cf. ibidem, 36; cf. c.i.c. can. 439-446; Sacra Congregatio pro Episcopis, Directorium Ecclesiae imago, 213.

(76) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Decret. de past. Episc. mun. in Ecclesia Christus Dominus, 38; c.i.c. can. 447; Sacra Congregatio pro Episcopis, Directorium Ecclesiae imago, 210-212.

(77) Cf. Sacra Congregatio pro Episcopis, Directorium Ecclesiae imago, 53.

(78) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Decret. de past. Episc. mun. in Ecclesia Christus Dominus, 5; c.i.c. can. 403-411.

(79) Conc. Oecum. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 19.

(80) Cf. ibidem, 23.

(81) Cf. ibidem, 21.

(82) Sacra Congregatio pro Episcopis, Directorium Ecclesiae imago, concl.

(83) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 27.

(84) Ibidem, 25; cf. Decret. de past. Episc. mun. in Ecclesia Christus Dominus, 12-14; Sacra Congretatio pro Episcopis, Directorium Ecclesiae imago, 55-56.

(85) Cf. c.i.c. can. 386.

(86) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Const. past. de Ecclesia in mundo huius temporis Gaudium et spes, 22.

(87) Cf. c.i.c. can. 386 § 2.

(88) Cf. Ioannes Paulus II, Allocution aux évêques des États-Unis d'Amérique en visite ad limina (22.X.1983), 4-5: AAS 76 (1984)380-81.

(89) Cf. Sacra Congregatio pro Episcopis, Directorium Ecclesiae imago, 59-60.

(90) Cf. Congregatio de Doctrina Fidei, Instructio Donum veritatis de ecclesiali theologi vocatione (24.V.1990), 21: AAS 82 (1990) 1559.

(91) Cf. Ioannes Paulus II, Const. Apost. Fidei depositum (11.X.1992), 4: AAS 86 (1994) 113-118.

(92) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Const. past. de Ecclesia in mundo huius temporis Gaudium et spes, 33.

(93) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Decret. de presbyterorum ministerio et vita Presbyterorum ordinis, 5.

(94) Conc. Oecum. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 26.

(95) Ioannes Paulus II, Catéchèse du mercredi 11.XI.1992, 1: L'Osservatore Romano, édition hebd. en langue française, n· 46, 17.XI.1992, p. 12.

(96) Cf. S. Thoma Aq., Summa Theologica III, q.65, a.2; II-II, q.185, a.1.

(97) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 26.

(98) Conc. Oecum. Vat. II, Decret. de past. Episc. mun. in Ecclesia Christus Dominus, 15; c.i.c. can. 387.

(99) Cf. S. Ignatius Antioch., Ad magn. 7: FUNK F., Opera Patrum Apostolicorum, vol.I, Tubingae 1897, p. 194-196; Conc. Oecum. Vat. II, Const. de sacra Liturgia Sacrosanctum conciliuim, 41; Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 26; Decret. de oecumenismo Unitatis redintegratio, 15.

(100) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Const. de sacra Liturgia Sacrosanctum concilium, 106.

(101) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 11.

(102) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Const. de sacra Liturgia Sacrosanctum concilium, 21.

(103) Cf. Paulus VI, Adhor. Ap. Evangelii nuntiandi, 48: AAS 58 (1976) 37-38.

(104) Cf. Ioannes Paulus II, Allocution aux évêques de la Conférence épiscopale des Abruzes et du Molise en visite ad limina (24.IV.1986), 3-7: AAS 78 (1986) 1140-43.

(105) Cf. Conc. Oecum. Vat.. II, Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 4.

(106) Ioannes Paulus II, Litt. encycl. Dominum et vivificantem (18.V.1986), 66: AAS 78 (1986) 897.

(107) Conc. Oecum. Vat.. II, Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium, 27; cf. Decret. de past. Episc. mun. in Ecclesia Christus Dominus, 16.

(108) Ioannes Paulus II, Catéchèse du mercredi 18.XI.1992, 2.4: L'Osservatore Romano, édition hebd. en langue française, n· 47, 24.XI.1992, p. 12.

(109) Cf. c.i.c. can 383 § 1; 384.

(110) Cf. Ioannes Paulus II, Allocution aux évêques de la Conférence épiscopale du Brésil de la Région Nord en visite ad limina (28.X.1995), 5: L'Osservatore Romano, édition hebd. en langue française, n· 52, 26.XII.1995, p. 4.

(111) Cf. Sacra Congregatio pro Episcopis, Directorium Ecclesiae imago, 93-98.

(112) Ioannes Paulus II, Adhort. Ap. Postsyn. Pastores dabo vobis (25.III.1992), 23: AAS 84 (1992) 694.

(113) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Decret. de presbyterorum ministerio et vita Presbyterorum ordinis, 17.

(114) Cf. c.i.c. can. 396 § 1; cf. can. 398.

(115) Sacra Congregatio pro Episcopis, Directorium Ecclesiae imago, 166; cf. 166-170.

(116) Cf. c.i.c. can. 460-468. Cf. Sacra Congregatio pro Episcopis, Directorium Ecclesiae imago, 163-165.

(117) Cf. c.i.c. can. 212 § 2 et 3.

(118) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Const. pat. de Ecclesia in mundo huius temporis Gaudium et spes, 1.

(119) Ioannes Paulus II, Litt. Encycl. Redemptoris missio (7.XII.1990), 31: AAS 83 (1991) 276.

(120) Ibidem, 20: AAS 83 (1991) 267-68.

(121) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Decret. de activ. mission. Ecclesiae Ad gentes, 38.

(122) Idem. Cf. Ioannes Paulus II, Litt. Encycl. Redemptoris missio (7.XII.1990), 63: AAS 83 (1991) 311.

(123) Ioannes Paulus II, Litt. Encycl. Redemptoris missio (7.XII.1990), 11: AAS 83 (1991) 259.

(124) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Decret de activ. mission. Ecclesiae Ad gentes, 9.

(125) Cf. Ioannes Paulus II, Litt. Encycl. Redemptoris missio (7.XII.1990), 55: AAS 83 (1991) 302; Epist. Apost. Tertio millennio adveniente (10.XI.1994), 53: AAS 87 (1995) 37.

(126) S. Iustinus, Dialogus cum Tryphone 11: PG 6, 499.

(127) Conc. Oecum. Vat. II, Declar. de libert. religiosa Dignitatis humanae, 1.

(128) Cf. Ioannes Paulus II, Litt. Encycl. Redemptoris missio (7.XII.1990), 5: AAS 843 (1991) 254.

(129) Conc. Oecum. Vat. II, Const. past. de Ecclesiae in mundo huius temporis Gaudium et spes, 40.

(130) Ibidem, 76.

(131) Cf. ibidem, 72.

(132) Ioannes Paulus II, Litt. Encycl. Centesimus annus (1.V.1991), 47: AAS 83 (1991) 852.

(133) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Const. past. de Ecclesia in mundo huius temporis Gaudium et spes, 63.

(134) Catéchisme de l'Église Catholique, 1818.

(135) Cf. Congregatio pro Doctrina Fidei, Instructio de libertate christiana et liberatione, 62: AAS 79 (1987) 580-581.

(136) Cf. ibidem, 60: AAS 79 (1987) 579.

(137) Cf. Ioannes Paulus II, Discours à Assise (27.X.1986), 7: AAS 79 (1987) 868-869.

(138) Cf. Sacra Congregatio pro Episcopis, Directorium Ecclesiae imago (22.II.1973), 21.

(139) Syn. Extr. Episc., 1985, Relatio finalis Ecclesia sub verbo Dei mysteria Christi celebrans pro salute mundi, II, A, 4.

(140) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Presbyterorum ordinis, chap.III, et Ioannes Paulus II, Adhort. Apost. Postsyn. Pastores dabo vobis (25.III.1992), chap.III: AAS 84 (1992) 686-712.

(141) S. Petrus Damiani, Op. XI (Liber qui appellatur Dominus vobiscum) 5: PL 145,235; cf. S. Augustinus, In Io .tr. 32,8: PL 35,1645.

(142) Cf. Sacra Congregatio Pro Episcopis, Directorium Ecclesiae imago, pars I, chap. IV (n·21-31).

(143) Ibidem, 25.

(144) Ioannes Paulus II, Allocution aux évêques d'Autriche en visite ad limina (6.VII.1982), 2: AAS 74 (1982) 1123.

(145) Cf. S. Augustinus, Sermones 179,1: PL 38,966.

(146) S.Thoma Aq., Summa Theologica II-II, q.17, a.2.

(147) Conc. Oecum. Vat. II, Decret. de past. Episc. mun. in Ecclesiae Christus Dominus, 15.

(148) Cf. Conc. Oecum. Vat. II, Const. de sacra Liturgica Sacrosanctum concilium, 8.

(149) Cf. S. Thoma Aq., Summa Theologica III, q.60, a.3.

(150) Catéchisme de l'Église Catholique, 1313.

(151) Cf. S. Augustinus, En. in Ps. 50,5: PL 36,588.

(152) Cf. Sacra Congregatio pro Episcopis Directorium Ecclesiae imago, 89.

(153) Cf. S. Basilius, Homélie sur l'action de grâces 7: PG 31,236.

(154) PauluS VI, Adhort. Ap. Gaudete in Domino (9.V.1975), p. I: AAS 67 (1975) 293.

(155) Conc. Oecum. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia Lumen gentium,68.

(156) Cf. Ioannes Paulus II, Litt. Encycl. Redemptoris Mater (25.III.1987), 45: AAS 79 (1987) 423.

(157) Ioannes Paulus II, Angelus du 19.XI.1995, 3. L'Osservatore Romano, édition hebd. en langue française, n· 47, 21.XI.1995.

top