Index   Back Top Print

[ AR  - DE  - EN  - ES  - FR  - HR  - IT  - PL  - PT ]

SOLENNITÉ DE SAINTE MARIE, MÈRE DE DIEU
LIVe JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX

PAPE FRANÇOIS

ANGÉLUS

Bibliothèque du Palais apostolique 
Vendredi 1er janvier 2021

[Multimédia]


 

Chers frères et sœurs, bonjour et bonne année !

Nous commençons la nouvelle année en nous plaçant sous le regard maternel et aimant de la Très Sainte Vierge Marie, que la liturgie célèbre aujourd’hui comme Mère de Dieu. Nous reprenons ainsi notre chemin sur les sentiers du temps, en confiant nos angoisses et nos tourments à Celle qui peut tout. Marie nous regarde avec une tendresse maternelle, comme elle regardait son Fils Jésus. Et si nous regardons la crèche [le Pape François se tourne vers la crèche installée dans la salle], nous voyons que Jésus n’est pas dans le berceau, et l’on me dit que la Vierge a dit: «Vous me faites un peu tenir mon fils dans les bras?». Et c’est ce que fait la Vierge avec nous: elle veut nous tenir dans ses bras, nous protéger comme elle a protégé et aimé son Fils. Le regard rassurant et réconfortant de la Sainte Vierge est un encouragement à faire en sorte que ce temps, qui nous est donné par le Seigneur, soit consacré à notre croissance humaine et spirituelle,  soit un temps pour aplanir les haines et les divisions – il y en a tant – , soit un temps pour nous sentir tous plus frères, un temps pour construire et non pour détruire, en prenant soin les uns des autres et de la création. Un temps pour faire grandir, un temps de paix.

C’est justement au soin de la création qu’est consacré le thème de la Journée mondiale de la paix, que nous célébrons aujourd’hui: La culture du soin comme parcours de paix. Les événements douloureux qui ont marqué le chemin de l’humanité au cours de l’année écoulée, en particulier la pandémie, nous apprennent combien il est nécessaire de s’intéresser aux problèmes des autres et de partager leurs préoccupations. Cette attitude représente le chemin qui conduit à la paix, parce qu’elle favorise la construction d’une société fondée sur des relations de fraternité. Chacun de nous, hommes et femmes de ce temps, est appelé à réaliser la paix: chacun de nous, ne soyons pas indifférents à cela. Nous sommes tous appelés à réaliser la paix et à la réaliser chaque jour et dans tous les milieux de vie, en tendant la main à notre frère qui a besoin d’une parole de réconfort, d’un geste de tendresse, d’une aide solidaire. Et pour nous, c’est une tâche donnée par Dieu. Le Seigneur nous donne la tâche d’être des artisans de paix.

Et la paix ne peut être construite que si nous commençons par être en paix avec nous-mêmes – en paix à l’intérieur, dans le cœur – et avec ceux qui nous sont proches, en ôtant les obstacles qui nous empêchent de prendre soin de ceux qui sont dans le besoin et dans l’indigence. Il s’agit de développer une mentalité et une culture du «prendre soin», afin de vaincre l’indifférence, de vaincre le rejet et la rivalité – indifférence, rejet, rivalité – qui malheureusement prévalent. Supprimer ces attitudes. Et ainsi la paix n’est pas seulement l’absence de guerre. La paix n’est jamais aseptique, non, la paix du quirofano [en espagnol: «salle d’opération»] n’existe pas. La paix est dans la vie: ce n’est pas seulement l’absence de guerre, mais c’est une vie pleine de sens, organisée et vécue dans la réalisation personnelle et dans le partage fraternel avec les autres. Alors, cette paix tant attendue et toujours mise en danger par la violence, l’égoïsme et la méchanceté, cette paix mise en danger devient possible et réalisable si je la considère comme une tâche qui m’est confiée par Dieu.

Que la Vierge Marie, qui a donné naissance au «Prince de la Paix» (Is 9, 6) – et qui le câline ainsi, avec tant de tendresse, dans ses bras,  nous obtienne du Ciel le bien précieux de la paix, que l’on n’arrive pas à obtenir pleinement grâce aux seules forces humaines. Les forces humaines seules ne suffisent pas, parce que la paix est avant tout un don, un don de Dieu; elle doit être implorée par une prière incessante, soutenue par un dialogue patient et respectueux, construite par une collaboration ouverte à la vérité et à la justice et toujours attentive aux aspirations légitimes des personnes et des peuples. Mon vœu c’est que la paix règne dans le cœur des hommes et dans les familles; sur les lieux de travail et de loisir; dans les communautés et dans les pays. Dans les familles, au travail, dans les pays: paix, paix. Il est temps que nous réalisions que la vie d’aujourd’hui est déterminée par les guerres, par les inimitiés, par tant de choses qui détruisent … Nous voulons la paix. Et c’est un don.

Au seuil de ce commencement, j’adresse à tous mes vœux cordiaux pour un 2021 heureux et serein. Que chacun de nous essaie de faire que ce soit une année de solidarité fraternelle et de paix pour tous; une année pleine d’attente confiante et d’espérances, que nous confions à la protection de Marie, mère de Dieu et notre mère.


 

A l’issue de l’Angelus, le Pape a ajouté les paroles suivantes :

Chers frères et sœurs !

Je vous adresse à tous, reliés à travers les médias, mes vœux de paix et de sérénité pour la nouvelle année.

Je remercie le président de la République italienne, M. Sergio Mattarella, pour les vœux qu’il m’a adressés hier soir dans son message de fin d’année. Je lui adresse les miens en retour.

Je suis reconnaissant à ceux qui, dans toutes les parties du monde, dans le respect des restrictions imposées par la pandémie, ont proposé des moments de prière et de réflexion à l’occasion de la Journée mondiale de la paix d’aujourd’hui. Je pense, en particulier, à la marche virtuelle d’hier soir, organisée par l’épiscopat italien, Pax Christi, Caritas et l’Action catholique; ainsi qu’à celle de ce matin, organisée par la communauté de Sant’Egidio en liaison streaming mondiale. Merci à tous pour ces initiatives, ainsi que tant d’autres, en faveur de la réconciliation et de la concorde entre les peuples.

Dans ce contexte, j’exprime ma douleur et ma préoccupation pour l’aggravation ultérieure de la violence au Yémen qui cause de nombreuses victimes innocentes, et je prie afin que l’on œuvre pour trouver des solutions qui permettent le retour de la paix pour ces populations martyrisées. Frères et sœurs, pensons aux enfants du Yémen! Sans éducation, sans médicaments, affamés. Prions ensemble pour le Yémen.

Je vous invite, en outre, à vous unir à la prière de l’archidiocèse d’Owerri au Nigéria pour Mgr Moses Chikwe et pour son chauffeur, enlevés ces jours derniers. Demandons au Seigneur que ces derniers, et tous ceux qui sont victimes d’actes semblables au Nigéria, soient remis sains et saufs en liberté et que ce cher pays retrouve la sécurité, la concorde et la paix.

J’adresse un salut spécial aux Stersinger, les «Chanteurs de l’Etoile», des enfants et des jeunes qui en Allemagne et en Autriche, bien que ne pouvant pas rendre visite aux familles dans les maisons, ont trouvé la manière de leur apporter la joyeuse annonce de Noël et de recueillir des donations pour les enfants de leur âge dans le besoin.

Je souhaite à tous une année de paix et d’espérance, avec la protection de Marie, la Sainte Mère de Dieu. Et s’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Bon déjeuner et au revoir !

 



© Copyright - Libreria Editrice Vaticana