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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Lundi 21 octobre 2013

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 43 du 24 octobre 2013)

L’argent est utile la cupidité tue

L’argent est utile pour réaliser beaucoup d’œuvres de bien, pour faire progresser l’humanité, mais quand il devient la seule raison de vivre, il détruit l’homme et ses liens avec le monde extérieur. Tel est l’enseignement que le Pape François a tiré du passage liturgique de l’évangile de Luc (12, 13-21) au cours de la messe du 21 octobre. Au début de son homélie, le Saint-Père a rappelé la figure de l’homme qui demande à Jésus d’intimer à son frère de partager avec lui l’héritage. Pour le Pape, en effet, le Seigneur nous parle à travers ce personnage « de notre rapport avec les richesses et avec l’argent ». Un thème qui ne date pas seulement d’il y a deux mille ans mais est encore présent aujourd’hui, tous les jours. « Combien de familles détruites avons-nous vues pour des questions d’argent : frère contre frère ; père contre enfants ! ». Parce que la première conséquence de l’attachement à l’argent est la destruction de l’individu et de qui lui est proche. « Quand une personne est attachée à l’argent, elle se détruit elle-même, elle détruit la famille ». Bien sûr, l’argent ne doit pas être diabolisé de manière absolue. « L’argent sert à faire avancer tant de choses de bien, des travaux, pour développer l’humanité ». Ce qu’il faut condamner, en revanche, c’est sa mauvaise utilisation. À ce propos, le Pape a répété les paroles prononcées par Jésus dans la parabole de l’« homme riche » contenue dans l’Évangile : « Qui accumule des trésors pour soi, ne s’enrichit pas envers Dieu ». D’où la mise en garde : « Faites attention et tenez-vous loin de toute cupidité ». C’est elle en effet, « qui fait mal dans le rapport avec l’argent » ; c’est la tension constante à toujours avoir davantage qui « conduit à l’idolâtrie » de l’argent et finit par détruire « la relation avec les autres ». Parce que la cupidité rend l’homme malade, en l’entraînant dans un cercle vicieux dans lequel toute pensée est faite « en fonction de l’argent ». Du reste, la caractéristique la plus dangereuse de la cupidité est celle d’être « un instrument de l’idolâtrie : parce qu’elle emprunte la voie contraire » à celle tracée par Dieu pour les hommes. Et à cet égard, le Saint-Père a cité saint Paul, qui rappelle « que Jésus Christ, qui était riche, s’est fait pauvre pour nous enrichir ». Il y a donc une « voie de Dieu », celle « de l’humilité, de l’abaissement pour servir », et un parcours qui va dans la direction opposée, où conduisent la cupidité et l’idolâtrie : « Toi qui es un pauvre homme, tu te fais dieu par vanité ».

C’est pour cette raison, a ajouté le Pape, que « Jésus dit des choses si dures et si fortes contre l’attachement à l’argent » : par exemple quand il rappelle « qu’on ne peut pas servir deux maîtres : soit Dieu soit l’argent » ; ou quand il exhorte « à ne pas s’inquiéter, car le Seigneur sait ce dont nous avons besoin » ; ou encore quand « il nous conduit à l’abandon confiant envers le Père, qui fait fleurir les lys du champ et donne à manger aux oiseaux du ciel ». D’où le souhait que « reste aujourd’hui dans notre cœur la parole du Seigneur », avec son invitation à nous tenir loin de la cupidité, parce que « même si quelqu’un est dans l’abondance, sa vie ne dépend pas de ce qu’il possède ».



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