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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Vendredi 10 janvier 2014

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 3 du 16 janvier 2014)

Le Credo des perroquets

Le chrétien ne répète pas le Credo par cœur comme un perroquet et ne vit pas comme un éternel « perdant », mais il confesse sa foi tout entière et il a la capacité d’adorer Dieu, en faisant ainsi s’élever le thermomètre de la vie de l’Église. Pour le Pape François, « confesser et nous confier » sont les deux paroles clés qui nourrissent et renforcent l’attitude de celui qui croit, car « notre foi est une victoire qui a vaincu le monde » comme l’écrit l’apôtre Jean dans sa première lettre. Le Pape l’a réaffirmé au cours de la Messe du 10 janvier. François a repris le fil conducteur de la méditation de la veille. Jean écrit : quiconque reste en Dieu, quiconque a été engendré par Dieu, quiconque reste dans l’amour vainc le monde. « Il est fort ! » s’est exclamé le Pape, car « la victoire qui a vaincu le monde est notre foi. Notre foi peut tout: elle est victoire ! ». Il s’agit d’une vérité qu’il « serait beau » de se répéter souvent, « car très souvent, nous sommes des chrétiens vaincus. L’Église — a affirmé le Pape — est pleine de chrétiens vaincus, qui ne croient pas que la foi est victoire, qui ne vivent pas cette foi. Et si l’on ne vit pas cette foi, il y a la défaite. Et le monde vainc, le prince du monde ». La question fondamentale à se poser à soi-même est alors : « Qu’est cette foi ? ». Précisément « cette foi nous demande deux attitudes : confesser et nous confier » a dit le Pape. Tout d’abord, « la foi est confesser Dieu ; mais le Dieu qui s’est révélé à nous depuis l’époque de nos pères jusqu’à présent: le Dieu de l’histoire ». C’est ce que nous affirmons tous les jours dans le Credo. Mais — a précisé le Pape — « c’est une chose que de réciter le Credo avec le cœur, et une autre de le faire comme des perroquets: je crois en Dieu, je crois en Jésus Christ, je crois... ». Le Pape a poursuivi en proposant un examen de conscience : « Est-ce que je crois dans ce que je dis ? Cette confession de foi est véritable ou est-ce que je le dis par cœur, parce qu’on doit le dire ? Ou est-ce que je crois à moitié ? ». Il faut donc « confesser la foi ». Et la confesser « toute, pas une partie. Toute ! ». Mais, a-t-il ajouté, il faut aussi « la conserver entièrement telle qu’elle nous est arrivée par la voie de la tradition. Toute la foi ! ». Le Pape a ensuite indiqué « le signe » pour reconnaître si nous confessons « bien la foi ». En effet, « qui confesse bien la foi, toute la foi, a la capacité d’adorer Dieu ». C’est un « signe » qui peut sembler « un peu étrange — a commenté le Pape — car nous savons comment demander à Dieu, comment rendre grâce à Dieu. Mais adorer Dieu, louer Dieu est davantage. Seul celui qui a cette foi forte est capable de l’adoration ». Précisément sur l’adoration, a fait remarquer le Pape, « j’ose dire que le thermomètre de la vie de l’Église est un peu bas : nous chrétiens nous n’avons pas tellement — à part certains — de capacité d’adorer, car dans la confession de la foi nous ne sommes pas convaincus. Ou bien nous sommes convaincus à moitié ». Nous devrions en revanche retrouver la capacité « de louer et d’adorer » Dieu ; également parce que, a ajouté le Pape, la prière pour « demander et rendre grâce nous la faisons tous ». Quant à la deuxième attitude, le Pape François a rappelé que « l’homme ou la femme qui a la foi se confie à Dieu. Se confie. Paul, dans les moments sombres de sa vie, disait : je sais bien à qui je me suis confié. À Dieu. Au Seigneur Jésus ». Et « se confier — a-t-il affirmé — nous conduit à l’espérance. De même que la confession de la foi nous conduit à l’adoration et à la louange de Dieu, se confier à Dieu nous conduit à une attitude d’espérance ».



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