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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Des pleurs de père et de mère

Jeudi, 27 octobre 2016

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 47  du 24 novembre 2016)

Aujourd’hui, Dieu continue à pleurer — avec des larmes de père et de mère — devant les catastrophes, les guerres déchaînées pour adorer le dieu argent, les nombreux innocents tués par les bombes, une humanité qui semble ne pas vouloir la paix. C’est une puissante invitation à la conversion qui a été lancée, que le Pape a expliquée en rappelant que Dieu s’est fait homme précisément pour pleurer avec ses enfants et pour eux. Dans le passage de l’Évangile de Luc (13, 31-35) proposé par la liturgie, « il semble que Jésus ait perdu la patience et il utilise également des paroles fortes : ce n’est pas une insulte, mais ce n’est pas non plus faire un compliment que de dire “renard” à une personne ». Pour la précision, il dit aux pharisiens qui lui ont parlé d’Hérode : « Allez dire à ce renard ». Mais déjà « en d’autres occasions Jésus a parlé durement » : par exemple, il a dit « génération perverse et adultère » . Et il appelé ses disciples « durs de cœur » et « sots ». Mais « ensuite, Jésus change immédiatement de ton ». « Après cette explosion si forte », en effet, « il change de ton et regarde son peuple, il regarde la ville de Jérusalem : “Jérusalem, toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés!” ». Il regarde « la Jérusalem fermée, qui n’a pas toujours reçu les messagers du Père ». Et « le cœur de Jésus commence à parler avec tendresse : “Jérusalem, combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants à la manière d’une poule qui rassemble sa couvée sous ses ailes!” », Voilà « la tendresse de Dieu, la tendresse de Jésus » . Ce jour-là, il « pleura sur Jérusalem ». Mais « ces pleurs de Jésus ne sont pas les pleurs de l’ami devant la tombe de Lazare ; qui sont les pleurs d’un ami devant la mort de l’autre »; en revanche, « il s’agit des pleurs d’un père qui pleure, c’est Dieu le Père qui pleure ici en la personne de Jésus ». « Quelqu’un a dit que Dieu s’est fait homme pour pouvoir pleurer ce qu’avaient fait ses enfants ». Et ainsi, « les pleurs devant la tombe de Lazare sont les pleurs de l’ami » . Mais ce que raconte Luc « sont les pleurs du Père ». A ce propos, François a voulu proposer l’attitude du « père du fils prodigue, quand son fils le plus jeune lui a demandé l’argent de son héritage et s’en est allé ». Et « ce père, c’est certain, n’est pas allé chez ses voisins pour dire : “Regardez ce qui m’est arrivé, voilà ce que m’a fait ce pauvre malheureux, je maudis ce fils!”. Non, il n’a pas fait cela ». En revanche, « je suis certain » que ce père « s’en est allé pour pleurer tout seul ». C’est vrai, l’Évangile ne révèle pas ce détail, cependant il raconte « que quand le fils revint, il vit son père de loin : cela signifie que le père montait sans cesse sur la terrasse pour regarder la route et voir si son fils revenait » . Et « un père qui fait cela est un père qui vit dans les pleurs, en attendant que son fils revienne ». Voilà précisément ce que sont « les pleurs de Dieu le Père ; et avec ces pleurs, le Père recrée en son Fils toute la création ». « Quand Jésus montait au Calvaire en portant la Croix, les pieuses femmes pleuraient et il leur dit : “Non, ne pleurez pas sur moi, pleurez pour vos enfants” ». Ce sont « des pleurs de père et de mère que Dieu continue aujourd’hui aussi à verser : aujourd’hui aussi, devant les catastrophes, les guerres que l’on fait pour adorer le dieu argent, les nombreux innocents tués par les bombes que jettent les adorateurs de l’idole argent ». Et ainsi, « aujourd’hui aussi le Père pleure, aujourd’hui aussi il dit : “Jérusalem, Jérusalem, mes enfants, que faites-vous?” ». Et « il le dit aux pauvres victimes et aussi aux trafiquants d’armes et à tous ceux qui vendent la vie des personnes ». En conclusion, François a suggéré de « penser que notre Père Dieu s’est fait homme pour pouvoir pleurer. Et cela nous fera du bien de penser que notre Père Dieu pleure aujourd’hui : il pleure pour cette humanité qui n’arrive pas à comprendre la paix qu’il lui offre, la paix de l’amour ».

 



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