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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Pour reconnaître le temps

jeudi, 17 novembre 2016

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 48  du 1er décembre 2016)

La grâce de reconnaître quand Jésus passe, quand « il frappe à notre porte » , la grâce « de reconnaître le temps où nous avons été visités, nous sommes visités et serons visités » . C’est la prière adressée par François pour ne pas tomber dans un « drame »  répété dans l’histoire, des origines à nos jours : celui de « ne pas reconnaître l’amour de Dieu » . La méditation du Pape s’est inspirée du passage évangélique où Luc (19, 41-44) décrit les pleurs de Jésus sur la ville de Jérusalem. Le Pape a essayé d’imaginer la vague de souvenirs qui a envahi Jésus à ce moment-là et il a de nouveau rappelé le prophète Osée : « Quand Israël était enfant je l’ai aimé, mais plus je l’appelais, plus il s’éloignait de moi » . Cela a fait naître le « drame de l’amour de Dieu et l’éloignement, l’infidélité du peuple » . C’était « ce que Jésus avait dans son cœur »  : d’une part, le souvenir d’une « histoire d’amour » , et même d’un « amour “fou” de Dieu pour son peuple, un amour sans mesure » , et de l’autre la réponse « égoïste, méfiante, adultère, idolâtre »  du peuple. Il y a ensuite un autre aspect qui ressort du passage évangélique du jour. En effet, Jésus se lamente sur Jérusalem, « car tu n’as pas reconnu le temps où tu as été visitée par Dieu, par les patriarches, par les prophètes » . Le Pape a suggéré que dans la mémoire de Jésus, il y avait « cette parabole divinatoire, celle qui raconte que le maître envoie l’un de ses employés demander l’argent qui lui est dû : ils le battent et ensuite ils en tuent un autre. A la fin, il envoie son fils et que disent ces personnes? “Mais c’est le fils! Il est l’héritier... Tuons-le! Tuons-le et l’héritage sera à nous! » . C’est l’explication de ce que l’on entend par « l’heure de la visite » , c’est-à-dire : « Jésus est le fils qui vient et qui n’est pas reconnu. Il est refusé! » . Jésus « a vu dans ce moment ce qui l’attendait comme Fils. Et il pleura “parce que ce peuple n’a pas reconnu le temps où il a été visité” » . La méditation du Pape s’est alors tournée vers la vie quotidienne de chaque chrétien, car « ce drame n’a pas seulement eu lieu dans l’histoire et ne s’est pas terminé avec Jésus. C’est le drame de tous les jours » . Chacun de nous peut se demander : « Est-ce que je sais reconnaître le temps où j’ai été visité? Dieu me visite-t-il? » . Pour mieux faire comprendre le concept, François a fait référence à la liturgie de mardi dernier, où on a parlé de « trois moments de la visite de Dieu : pour corriger ; pour entrer en dialogue avec nous ; et pour s’inviter dans notre maison » . Et nous pouvons alors nous demander aujourd’hui : « Comment est mon cœur face à la visite de Jésus?” » . Et aussi « faire un examen de conscience : “Suis-je attentif à ce qui se passe dans mon cœur? Est-ce que j’entends? Est-ce je sais écouter les paroles de Jésus, quand il frappe à ma porte ou quand il me dit : “Réveille-toi! Corrige-toi!” ; ou quand il me dit : “Descends, car je veux dîner avec toi”? » . C’est une question importante car « chacun de nous peut tomber dans le même péché que le peuple d’Israël, dans le même péché que Jérusalem : ne pas reconnaître le temps où nous avons été visités » . Face à nos nombreuses certitudes — « Je suis sûr de ce que je fais. Je vais à la Messe »  —, il faut se rappeler que « chaque jour le Seigneur nous rend visite, chaque jour il frappe à notre porte » . C’est pourquoi « nous devons apprendre à reconnaître cela, pour ne pas finir dans cette situation si douloureuse »  que l’on retrouve dans les paroles du prophète Osée : « Plus je les aimais, plus je les appelais, plus ils s’éloignaient de moi » . L’enseignement est donc que « Jésus pleura non seulement pour Jérusalem, mais pour nous tous » , et qu’il « donne sa vie, pour que nous reconnaissions sa visite » . C’est dans ce sens que le Pape a rappelé « une phrase très forte »  de saint Augustin : « “J’ai peur de Dieu, de Jésus quand il passe!” — “Mais pourquoi as-tu peur? — “J’ai peur de ne pas le reconnaître!” » . C’est pourquoi « si tu n’est pas attentif à ton cœur, tu ne sauras jamais si Jésus te visite ou pas » .

 



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