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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Le jour du jugement

Mardi, 22 novembre 2016

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 48  du 1er décembre 2016)

Le monde « n’aime pas penser »  aux réalités ultimes, mais celles-ci aussi font partie de l’existence humaine. Et si l’on vit « dans la fidélité au Seigneur » , après la mort corporelle, « nous n’aurons pas peur »  de nous présenter face à Jésus pour son jugement. En suivant le chemin de la « dernière semaine de l’année liturgique » , le Pape François a consacré son homélie à une réflexion sur la fin :  « sur la fin du monde, sur la fin de l’histoire ;  sur la fin de chacun de nous, parce que chacun de nous aura sa fin » . Un sujet qui, sans doute « gâchera la journée »  de certains, parce qu’« on n’aime pas penser à ces choses »  ou se rendre compte que « quand l’un de nous sera parti, les années passeront et après tant de temps, presque personne ne se souviendra de nous » . Mais, « c’est la vérité. C’est ce que l’Église nous dit :  nous aurons tous une fin » . Cette réalité commune à tous  « nous oblige à penser à ce que nous laissons, quelle est la trace qu’a laissée notre vie » . Il en est question dans la première lecture du jour, tirée du livre de l’Apocalypse (14, 14-19), dans laquelle on parle de « moisson, de vendange, de récolte » , mais aussi de « preuve de la qualité du blé, du raisin » . C’est-à-dire qu’« après la fin, il y aura le jugement. Nous serons tous jugés, chacun de nous sera jugé » . C’est pourquoi « cela nous fera du bien de penser :  “Mais comment sera le jour où je serai devant Jésus?” » , quand le Seigneur me demandera compte des « talents qu’il m’a donnés »  ou de « comment a été mon cœur quand le grain est tombé » ? En rappelant les « paraboles du royaume de Dieu » , le Pape a suggéré quelques questions à se poser :  « Comment ai-je reçu la Parole? Avec un cœur ouvert? L’ai-je faite germer pour le bien de tous ou en cachette? » . Un examen de conscience utile et juste car « nous serons tous jugés » . Dans l’Évangile, tiré d’un passage de Luc (25, 5-11), se trouvent des conseils à ce propos. C’est Jésus lui-même qui les donne, en exhortant :  « Ne vous laissez pas tromper! » . A quelle tromperie se réfère-t-il? C’est « la tromperie de l’aliénation, de l’éloignement » , la tromperie qui fait que « je suis distrait, je ne pense pas, et je vis comme si je ne devais jamais mourir » ? Mais « quand viendra le Seigneur, qui viendra comme la foudre, comment me trouvera-t-il? En attente ou au milieu de tant d’aliénations de la vie, trompé par les choses qui sont superficielles, qui n’ont pas de transcendance? » . Nous sommes donc face à un véritable « appel du Seigneur à penser sérieusement à la fin :  sur ma fin, sur le jugement, sur mon jugement » . Voilà pourquoi, « aujourd’hui, il nous fera du bien de penser à cela :  comment sera ma fin? Que se passera-t-il quand je me retrouverai face au Seigneur? » . Et pour répondre à ceux qui pourraient avoir peur ou être tristes face à cette réflexion, le Pape a rappelé le passage du chant de l’Évangile repris par l’Apocalypse (2, 10) :  « Sois fidèle jusqu’à la mort — dit le Seigneur — et je te donnerai la couronne de la vie » . Voilà la solution à nos peurs :  « la fidélité au Seigneur :  et cela ne déçoit pas » . Et le jour du jugement, « nous regarderons le Seigneur »  et nous pourrons dire :  « Seigneur, j’ai tant péché, mais je me suis efforcé d’être fidèle » . Et « comme le Seigneur est bon » , « nous n’aurons pas peur » .

 



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