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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Sur la route de la pauvreté

Jeudi 18 octobre 2018

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n°046 du 13 novembre 2018)

C’est par une prière pour le cardinal Ernest Simoni, le jour de son quatre-vingt-dixième anniversaire, que le Pape François a commencé la célébration à Sainte-Marthe. Le cardinal albanais — arrêté pendant la nuit de Noël 1963 et libéré seulement en 1990, après une vie de travaux forcés — était accompagné par le cardinal-archevêque de Florence, Giuseppe Betori. Et c’est précisément au cardinal Simoni que le Pape s’est adressé au cours de son homélie, en rappelant la persécution dont il a été victime, justement parce qu’il est chrétien. Mais les persécutions ont encore lieu aujourd’hui et également pendant le synode des évêques ont été présentés des témoignages héroïques de jeunes fidèles à l’Evangile, jusqu’au martyre. François, au début de l’homélie, a immédiatement fait remarquer que «dans la prière de la collecte nous avons vu que le Seigneur, à travers saint Luc», dont on célèbre aujourd’hui la fête, «a voulu révéler sa prédilection pour les pauvres». «La première pauvreté est: le détachement de l’argent, des richesses». Mais être toujours «détachés». Il faut, en somme, avoir «le cœur pauvre». En effet, «la condition pour entreprendre la route du discipolat est la pauvreté». «Le disciple ne doit pas avoir peur de la pauvreté, il doit même être pauvre: c’est l’une des différentes formes de pauvreté que le Seigneur demande à ses disciples».

Ensuite, «il y a une autre forme de pauvreté». C’est «la pauvreté des persécutions, les disciples du Seigneur sont persécutés pour l’Evangile: aujourd’hui aussi, il y en a tant, calomniés». A cet égard, «hier, dans la salle du synode, un évêque de l’un de ces pays où il y a des persécutions, a raconté l’histoire d’un jeune homme catholique attaqué par un groupe de jeunes qui haïssaient l’Eglise, des fondamentalistes; il a été battu et ensuite jeté dans une citerne, où ils ont jeté de la boue et à la fin, quand la boue lui est arrivée jusqu’au cou», ils lui ont donné l’ordre, «pour la dernière fois, de répondre: renonces-tu à Jésus?». Et lui: «Non!». Alors, «ils ont jeté une pierre et ils l’ont tué». Et «nous l’avons tous entendu, cela n’est pas arrivé au cours des premiers siècles: cela est arrivé il y a deux mois!». Et «c’est un exemple»: «Mais combien de chrétiens souffrent aujourd’hui de persécutions physiques: “Il a blasphémé! Pendons-le!”. C’est ainsi. Des persécutions qui durent depuis très longtemps et notre frère, âgé de quatre-vingt-dix ans, pourra nous raconter beaucoup de choses», a ajouté le Pape en se référant précisément au cardinal Simoni.

«Mais il y a d’autres persécutions». A commencer par la persécution de la calomnie, des médisances et le chrétien se tait, il tolère cette “pauvreté”». Oui, «parfois il est nécessaire de se défendre pour ne pas faire de scandale». Il y a les petites persécutions dans le quartier, dans la paroisse: petites, mais elles sont la preuve d’une pauvreté». Et «c’est la seconde manière d’être pauvres que nous demande le Seigneur: la première est d’abandonner les richesses, ne pas avoir le cœur attaché aux richesses; la deuxième recevoir humblement les persécutions, tolérer les persécutions. Cela est une pauvreté».

François a ensuite expliqué qu’il y a aussi «une troisième manière» et c’est la première lecture de la liturgie d’aujourd’hui qui nous l’a suggérée, il s’agit de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée (4, 10-17). Très souvent, dans les maisons de repos, où se trouvent les prêtres et les religieuses qui ont donné leur vie dans la prédication, ces derniers se sentent seuls ou seules avec le Seigneur: personne ne se souvient d’eux». Et «cette troisième manière d’être pauvres a été promue par Jésus à Pierre lui-même: quand tu étais jeune, tu allais là où tu voulais; quand tu seras vieux, on te conduira là où tu ne veux pas».

«La pauvreté comme chemin du discipolat». Oui, «le disciple doit être pauvre, parce que sa richesse est Jésus. Pauvre, parce qu’il n’est pas attaché aux richesses: premier pas. Pauvre, parce qu’il est patient face aux persécutions petites ou grandes: deuxième pas. Pauvre, parce qu’il entre dans cet état d’âme à la fin de sa vie, qui nous rappelle celui de saint Paul: abandonné». C’est «le même chemin que Jésus qui finit par cette prière au Père: “Père, Père, pourquoi m’as-tu abandonné?”».

«Que cette révélation sur la prédilection du Seigneur pour la pauvreté nous aide à aller de l’avant et à prier pour les disciples, pour tous les disciples, qu’ils soient prêtres, religieuses, évêques, papes, laïcs: tous. Pour qu’ils sachent parcourir la route de la pauvreté, comme le veut le Seigneur».

 

 



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