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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

La maison sur le roc

Jeudi 6 décembre 2018

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n°051-052 du 18-25 décembre 2018)

Fonder sa vie «sur le roc de Dieu» et sur le «concret» de l’agir et de se donner, plutôt que «sur les apparences ou sur la vanité» ou sur la culture corrompue des «recommandations». Telle est l’indication que le Pape François a suggérée pour vivre de façon cohérente le chemin de l’Avent. Des orientations simples et exigeantes en même temps, que le Pape a tirées des lectures du jour, dans lesquelles on rencontre trois groupes significatifs de termes opposés: «dire et faire», «sable et roc», «haut et bas».

En ce qui concerne le premier groupe (Matthieu 7, 21) — «dire et faire» — «dire est une façon de croire, mais parfois superficielle, à mi-chemin»: comme quand «je dis que je suis chrétien, mais je ne fais pas les choses du chrétien». En revanche «la proposition de Jésus est concrète». Ainsi, «quand quelqu’un s’approchait et demandait conseil», il proposait «toujours des choses concrètes». Du reste, «les œuvres de miséricorde sont concrètes».

Voilà l’opposition entre dire et faire. Qu’il faut souligner parce que «souvent, nous glissons, pas seulement sur le plan personnel mais aussi social, dans la culture du dire». A cet égard, François a indiqué une pratique malheureusement courante, celle liée à la «culture des recommandations». «Je ne veux pas penser mal, mais sous la table d’une recommandation, il y a toujours une enveloppe». Il s’agit uniquement d’un exemple de la prédominance du «dire»: «ce ne sont pas les mérites, ce n’est pas le faire qui te fait avancer, non, c’est le dire. Maquiller sa vie». Et c’est précisément «l’une des contradictions que la liturgie d’aujourd’hui nous enseigne: faire, pas dire».

La deuxième confrontation renvoie à une image utilisée par Jésus dans l’Evangile: «Un homme sage construit sa maison sur le roc, pas sur le sable». C’est une opposition étroitement liée à celle du dire et du faire, parce que «souvent, celui qui se fie au Seigneur n’apparaît pas, n’a pas de succès, il est caché... Mais il est ferme. Il ne place pas son espérance dans le dire, dans la vanité, dans l’orgueil, dans les pouvoirs éphémères de la vie», mais il place sa confiance dans le Seigneur, «le roc». «Le caractère concret de la vie chrétienne nous fait aller de l’avant et construire sur ce roc qu’est Dieu, qu’est Jésus; sur le fondement solide de la divinité. Pas sur les apparences ou sur la vanité, l’orgueil, les recommandations... Non. La vérité».

Enfin, le «troisième groupe» où s’opposent les concepts de «haut et bas». C’est encore le passage d’Isaïe qui guide la méditation: le Seigneur élève les humbles, ceux qui sont dans le concret de chaque jour, et rabaisse les orgueilleux, ceux qui ont construit leur vie sur la vanité, l’orgueil... ceux-là ne durent pas». Et l’expression «est très forte, dans le Magnificat aussi, on utilise le terme “il a renversé”, et même plus fort: cette grande et belle cité est piétinée. Par qui? Par les pieds des opprimés et par les pas des pauvres». C’est-à-dire que le Seigneur «exalte les pauvres, exalte les humbles».

En concluant son homélie, François a invité à accompagner le temps de l’Avent par la réflexion sur «ces trois groupes de termes qui sont en opposition les uns avec les autres. Dire ou faire? Sable ou roc? Haut ou bas? Il sera utile de répondre à ces questions et également de reprendre l’Evangile de Luc et de prier «avec le chant de la Vierge, avec le Magnificat, qui est un résumé de ce message d’aujourd’hui».



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