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11 - 09.10.2008
RÉSUMÉ
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DEUXIÈME CONGRÉGATION GÉNÉRALE (LUNDI 6 OCTOBRE 2008 - APRÈS-MIDI)
(CONTINUATION)
DEUXIÈME CONGRÉGATION GÉNÉRALE (LUNDI 6 OCTOBRE 2008 - APRÈS-MIDI)
(CONTINUATION)
RAPPORTS SUR LES CONTINENTS (CONTINUATION)
Nous publions ici de suite le Rapport pour l’Amérique présenté par
S.Em. le Card. Oscar Andrés RODRÍGUEZ MARADIAGA, S.D.B., Archevêque
de Tegucigalpa, Président de la Conférence Épiscopale (HONDURAS) au
cours de la Deuxième Congrégation Générale du lundi 6 octobre 2008.
Introduction historique
Christophe Colomb, qui porta dans ses bagages le premier exemplaire
de la Bible, lisait, durant ses voyages, à haute voix des textes
bibliques afin de “calmer les vagues moutonnantes” et il avait l’habitude
de donner des noms bibliques aux îles qu’il découvrait.
Depuis le début, une option en faveur de ceux que l’on réussit à
servir
L’un des frères de l’entreprise colombienne sur l’île d’Española, le
catalan Ramón Pané, parvenu avec le second voyage de Colomb, est
peut-être le premier missionnaire à exercer son apostolat en tenant
compte de la culture locale. Ce moine, “un pauvre ermite de l’ordre
de saint Jérôme” apprend la langue de la région de Macorí et, grâce
à ce qu’il a pu apprendre sur la vie, la religion et les coutumes de
autochtones, il écrit le premier traité d’anthropologie américaine
et le premier livre européen réalisé en Amérique: «Relación acerca
de las antigüedades de los indios», enseignant l’Évangile dans la
langue locale.
Juan de Zumárraga, premier évêque de Mexico, arriva en 1528 la Bible
en main et surtout explicitement résolu à faire parvenir la Parole
de Dieu à tous. Ce ne fut pas le seul évangélisateur qui arriva avec
cette intention. Les franciscains ouvrirent une nouvelle voie pour
le nouveau monde, en considérant l’Évangile “comme la véritable
règle de leur ordre”. Les trois Concilii Limenses (de 1551 à 1583)
firent une présentation magistrale de l’Évangile au commun des
mortels.
La vie des pionniers de la foi latino-américaine, qui s’abreuvèrent
aux sources bibliques, permit à la semence de ne pas mourir au fil
des siècles et de rester vivante, grâce à la catéchèse, aux
prédications, à la présentation d’oeuvres littéraires et à une
présence consistante de représentations bibliques dans les oeuvres
d’art coloniales.
Quatre siècles d’hibernation biblique
Le christianisme arriva en Amérique aux temps de la Réforme, lorsque
la Bible perdit sa place privilégiée dans l’Église catholique et
lorsqu’une grande partie du peuple de Dieu, surtout les laïcs, fut
privée d’un accès direct à la Sainte Écriture.
Les traductions latino-américaines dans les langues autochtones
devinrent particulièrement difficiles. Le texte biblique fut
remplacé par le catéchisme et par la doctrine, privés de la saveur
biblique.
Les 43 dernières années de la Bible dans l’Église qui est en
Amérique (depuis la fin du Concile Vatican II)
Le Concile Vatican II fit appel à toutes les forces spirituelles
disponibles afin de dépasser l’immanence matérialiste et la violence
qui en découlait à l’égard des faibles et des petits. Son intention
rénovatrice et évangélisatrice est évidente par exemple dans le
premier paragraphe du premier document approuvé, à savoir la
Constitution sur la Liturgie.
Le Concile “exhorte avec force et de façon spéciale tous les
chrétiens, surtout les membres des instituts religieux, à acquérir
par la lecture fréquente des divines Ecritures " une science
éminente de Jésus-Christ " (Phil. 3, 8), car " ignorer les Écritures,
c'est ignorer le Christ” (Dei Verbum 25). Il est nécessaire que “le
plus grand nombre possible de ministres de la Parole de Dieu
puissent fournir avec fruit au peuple de Dieu une nourriture des
Écritures qui éclaire leur esprit, fortifie leur volonté, excite à
l'amour de Dieu les coeurs des hommes” (Ibidem n° 23). Le CELAM,
suivant les enseignements du Concile Vatican II, a invité les
conférences générales de l’Épiscopat latino-américain à soigner l’animation
biblique.
À Medellín, en 1968, il attribua une place importante à la Bible
dans ses délibérations. Dans l’application des dispositions du
Concile, il chercha à comprendre le moment historique de l’homme
latino-américain et à voir le visage de ce peuple avec ces traits de
douleur mais également d’espérance. Ceci porta à affirmer que c’est
la force de la Parole à convoquer et à promouvoir les communautés
(6.9). C’est pourquoi il fut demandé que des experts en Écritures
Saintes soient préparés (9.11), que les prêtres soient en mesure de
l’écouter et de la vivre au travers de la conversion personnelle, de
l’étude et de la prière (13.10); que la pastorale s’affermisse sur
la force de l’Écriture Sainte (6.13, 14.14); que la catéchèse la
transmette fidèlement (8.6); qu’elle pénètre les dévotions
populaires (6.12) et servent de base aux communautés (6.13). La IIe
Conférence lança un processus ecclésial de grande vigueur,
caractérisé par la créativité, par l’imagination, par la recherche,
par l’étude, par le rôle central du laïc dans le processus de d’évangélisation.
À Puebla, en 1979, le CELAM mit en relation la Bible avec l’évangélisation.
À cette époque, l’Église latino-américaine avait déjà familiarisé
avec la référence à la Parole de Dieu par le biais de l’apostolat
biblique. En reprenant l’expression de Léon XIII à propos de l’Écriture
Sainte comme âme de la théologie (PD, n° 58), il déclara qu’elle est
“l’âme de l’évangélisation” (372) et, reprenant le Concile, qu’elle
est “la source de la catéchèse” (981; 1001).
Par conséquent, il recommanda de diffuser la Parole de Dieu au moyen
de l’apostolat biblique (101). En énonçant les options pastorales
que l’Église aurait fait sous l’influence de l’Esprit, il insista
sur l’importance d’écouter, d’approfondir, de célébrer et de
proclamer la Parole de Dieu et d’en rendre témoignage en dénonçant
les situations de péché, afin de réaliser sa propre conversion et de
contribuer à construire une nouvelle société (1305). On fit un
énorme pas en avant en insistant non pas tant sur l’interprétation
de la Bible que sur l’interprétation de la vie à la lumière de la
Bible.
À Saint-Domingue, en 1992, la IVe Conférence Générale de l’Épiscopat
latino-américain répondit au désir explicite de ses participants
dans la formulation du document final: “qu’il soit christocentrique
dans son contenu et biblique dans son expression”.
Le document de travail de Saint-Domingue mettait en évidence des
lumières et des ombres. Les lumières sont: l’expérience de la
rencontre avec les Saintes Écritures, la centralité de la Parole
dans l’Église, l’étude, la réflexion et l’oraison bibliques, l’amour
des pauvres et des simples envers la Bible, la traduction dans les
langues indigènes, les éditions populaires, le matériel et les
méthodes bibliques, la pastorale biblique. Quant aux ombres: le
manque de formation biblique, des homélies peu bibliques, une
tendance au fondamentalisme et au biblisme, l’impossibilité pour les
pauvres d’acquérir des exemplaires en l’absence d’éditions bon
marché.La conviction que la nouvelle évangélisation “aura une force
rénovatrice” seulement “dans la fidélité à la Parole de Dieu” (n°
27) s’exprime dans l’expression “Jésus Christ est le même hier et
aujourd'hui, il le sera à jamais” (He 13, 8) qui marqua le document
et la réunion ecclésiale.
Outre le slogan, Saint-Domingue fait référence à deux textes
bibliques, tous deux de Luc, à caractère pragmatique pour leur place:
l’épisode d’Emmaüs (24, 13-35) qui donne forme et structure au
message des évêques aux peuples d’Amérique latine et Caraïbes, et l’épisode
de la synagogue (4, 16-22) qui est à la base de l’option
préférentielle de l’Épiscopat latino-américain.
Ces trois citations bibliques ont porté à une définition de la
nouvelle évangélisation en Amérique latine qui est caractérisée par
trois éléments: la référence à la Parole de Dieu, le rôle central
des laïcs et l’animation des communautés.
L’expérience pastorale a indiqué d’un côté que les deux derniers
éléments s’alimentent et se renforcent par leur référence au premier
et, de l’autre, que la nouvelle évangélisation sera une réalité et,
en même temps, une annonce explicite de Jésus Christ seulement dans
la mesure où elle se fondera sur la Parole de Dieu, s’ouvrira au
laïcat et garantira l’avenir de l’Église au travers de la formation
de la communauté.
Les références aux Écritures Saintes inspirent tout le texte de
Saint-Domingue et ouvrent le pôle christocentrique à ces trois
éléments vers lesquels Jean Paul II avait orienté Puebla. L’arrière-plan
biblique de Saint-Domingue se mesure également dans l’illumination,
dans les défis et dans les lignes pastorales qui s’inspirent
totalement à ce qui a été révélé même lorsque les citations
bibliques n’apparaissent explicitement. Il faut mentionner les
références aux pauvres, aux femmes, aux jeunes, à l’écologie, à la
famille et aux droits de l’homme.
À Aparecida, en 2007, le thème, explicitement enrichi par Benoît XVI,
“disciples et missionnaires de Jésus Christ pour que nos peuples
aient la vie en Lui”, avait une racine biblique évidente et
garantissait que la Parole de Dieu pénètre l’événement et le
document conclusif du début à la fin. De fait, le document de
participation mentionne l’importance de la Parole, la lecture
orante, la pastorale biblique et sa portée oecuménique. Pour sa part,
le document de synthèse a comme fil rouge la Bible: dans l’introduction,
il reconnaît que l’originalité ecclésiale latino-américaine
dépendait de la méditation de la Parole. Sa conclusion s’inspire à
l’épisode d’Emmaüs. Les trois moments de cette réflexions sont liés
à trois affirmations bibliques progressives et totalisantes: voir
avec le primat de la Parole (77); juger avec la centralité de la
Parole (134-140); agir avec la lecture orante et communautaire: la
Lectio divina (331).
Cette trame biblique soutient quatre idées de fonds qui, tirées de
la Parole révélée, déterminent ensuite la théologie et la projection
pastorale du document: 1) la doctrine évangélique sur le Royaume; 2)
l’enseignement paulinien sur la diversité dans l’unité et dans le
caractère ministériel de l’Église; 3) la formulation des récits de
la passion pour les disciples et pour la mission avec le témoignage
prophétique; 4) l’anthropologie du pauvre exprimée surtout dans l’Évangile
de saint Luc.
Le document conclusif s’inspire au message inaugural du Saint-Père
qui précise l’importance de la Parole, les médiations pour entrer en
elle et ses fruits dans la vie chrétienne. Benoît XVI a rappelé que
“nous devons fonder notre engagement missionnaire et toute notre vie
sur le roc de la Parole de Dieu” (3).
La Ve Conférence a par ailleurs un profond tissu biblique qui se
fonde sur deux affirmations de fonds: l’animation biblique de la
pastorale comme fruit de l’action pastorale de l’Église
latino-américaine et la lecture orante de l’Écriture Sainte comme
premier lieu de formation à la rencontre du Christ.
On a ainsi lancé une phase fondamentale pour la relation entre la
Bible et l’Église en Amérique Latine. Si la réflexion des évêques
s’interprète à la lumière de la figure du disciple dans l’Évangile
de Luc, on se tournera encore plus vers la centralité de la Bible
dans l’Église et vers l’orientation biblique de toute pastorale.
Comment? À partir de la présentation typiquement kérigmatique du
Christ Sauveur. On devra insister, comme le fait saint Luc, sur la
réaction du croyant, c’est-à-dire du disciple, par le biais de trois
éléments fondamentaux - la foi, la conversion et le baptême - et de
cinq attitudes: être disciple de Jésus, le témoignage de la vie, la
spiritualité et la prière, la pauvreté, la vie communautaire.
Certains pas accomplis par la Fédération biblique catholique d’Amérique
latine et des Caraïbes
Lors des rencontres réalisées sur le travail d’animation biblique
pastorale, la Fédération biblique catholique d’Amérique Latine et
des Caraïbes a donné de l’importance aux thèmes suivants: la lecture
dévote de la Sainte Écriture; la spiritualité profondément enracinée
dans la Bible en vue de la construction d’une nouvelle société; le
Peuple prophétique de Dieu; la transformation de la vie que l’on
obtient au moyen de la spiritualité biblique; la Bible et la
nouvelle évangélisation; la Lectio divina et la lecture de l’Écriture
dans la prière.
Tendances et justification de l’animation biblique de toute la
pastorale
Sur la base de ce que nous venons de déclarer, nous pouvons affirmer
que nous cherchons à faire en sorte que la Bible ne soit pas un
objet d’espérance pour la Pastorale de l’Église mais le fond à
partir duquel on doit orienter la pastorale. On énoncera ensuite
quelques tendances.
On observe une faim de la Parole de Dieu qui s’est diffusée dans
toute la géographie américaine, en particulier dans les lieux les
plus marginaux, en engendrant l’espérance et un contact fécond avec
le texte.
Face aux diverses traductions du texte biblique, on observe un
phénomène mondial qui s’est multiplié comme jamais jusqu’ici dans l’histoire
de l’Église, phénomène qui, en Amérique latine, est caractérisé par
trois aspects:
- liturgique: de par l’usage des langues vernaculaires dans les
célébrations (SC 54);
- inter-confessionnel, par la suggestion exprimée par le Concile (DV
22) et les “principes fondamentaux” donnés par le Saint-Siège et
accueillis par le CELAM dans ses rencontres avec les sociétés
bibliques unies;
- missionnaire: par la capacité de la Bible d’entrer dans des
sphères apparemment inexpugnables.
Enfin, nous observons l’interprétation du texte dans le cadre de la
vie, en insistant sur la compréhension herméneutique avant celle
exégétique, et en identifiant la “fidélité au message” avec la
“fidélité à l’homme”, soutenue par l’accentuation des concepts de la
“théologie dans son contexte” et de l’”inculturation” de l’Évangile.
Difficultés rencontrées dans l’animation biblique de la pastorale
- Les conditions de pauvreté et d’analphabétisme;
- Un divorce entre l’exégèse et la communauté inter-ecclésiale,
entre l’exégèse et le dogme, entre l’exégèse et la pastorale;
- Le fondamentalisme biblique des sectes et au sein du catholicisme
qui mène à une lecture qui rend passif.
Synthèse des étapes bibliques au cours de ces dernières années en
Amérique
De 1965 à 1985: contact avec le texte biblique. Ce sont les années
des traductions et des éditions de Bibles, de la divulgation d’exemplaires
de la part de toutes les Églises, de l’organisation de cercles
bibliques, de lecture et d’étude des livres sacrés de la part des
laïcs, des communautés ecclésiales de base.
De 1985 à 1993: contact avec le message biblique. Ce sont les années
de l’interprétation biblique, de l’organisation de centres d’études,
de la structuration de mécanismes de pastorale biblique et de la
formation au ministère biblique.
De 1993 à 2007: contact avec la personne qui se révèle dans la Bible:
Jésus Christ. C’est le moment de respirer avec les deux poumons de
l’exégèse et de l’herméneutique, de la centralité de la Bible dans
l’Église.
À compter de 2007: formation à la lecture biblique à partir de la
vie; une lecture orante et significative. La Lecture se fait à
partir de la condition de disciple, qui s’exprime profondément dans
la Lectio divina et qui conduit à se préoccuper de la mission.
Institutions d’études et de travaux bibliques
À partir du Concile Vatican II, tous les séminaires dans lesquels se
préparent les prêtres en Amérique prévoient des études approfondies
de la Bible, la prédication est ainsi plus proche du texte biblique.
Différentes conférences épiscopales d’Amérique peuvent compter sur
des experts de la Bible qui ont fait des études supérieures et sont
revenus en Amérique afin de continuer à étudier et de préparer d’autres
personnes dans le domaine des sciences bibliques. Dans différentes
universités catholiques de toute l’Amérique, des maîtrises portant
sur la Bible et la Pastorale biblique peuvent être fréquentées avec
profit.
En 2004, le CELAM a ouvert les portes du centre biblique pastoral
pour l’Amérique latine (CEBIPAL), dans lequel se déroulent des cours
et des programmes d’animation biblique de la parole en coordination
avec les conférences épiscopales d’Amérique. Avec d’autres
institutions, il assure la promotion de la Lectio divina. Il propose
également un cours de formation permanente pour les professeurs de
Bible en Amérique.
En matière de préparation des catéchistes, qui dépend de chaque
diocèse, la Bible occupe une place importante. La Fédération
biblique catholique a un rôle prépondérant dans l’animation biblique
de la pastorale sur le continent (en particulier en ce qui concerne
les critères et les différents styles de formation biblique).
En Amérique latine, il existe un certain nombre d’organisations qui
ont développé une pastorale biblique avec une perspective propre.
Actuellement, il existe en outre différentes revues bibliques qui
publient des articles de haute qualité au niveau de l’exégèse.
Il existe également un réseau d’Instituts bibliques au niveau
supérieur, qui rassemble plus de 30 instituts bibliques. Dans
différents diocèses, des instituts bibliques de différents types
répondent aux besoins concrets de leurs inscrits. Dans différents
pays, surtout en Amérique centrale, les “délégués de la Parole” ont
offert une contribution très particulière à l’Église. La majeure
partie d’entre eux est constitué de laïcs qui ont acquis une
formation biblique, en partant du niveau élémentaire pour atteindre
des cours de préparation spécifiques et représentent sans doute une
colonne porteuse dans l’Église.
Sur le plan inter-confessionnel, les sociétés bibliques unies ont
offert une contribution très qualifiée à l’Église catholique tant
pour les traductions réalisées par des biblistes catholiques que
dans les nouvelles présentations de la Bible soutenant les travaux
pastoraux. Nous ne pouvons pas ne pas remercier le CEBIPAL pour sa
collaboration dans la formation des jeunes à la méthode de la Lectio
divina. Le nombre des dits “lectionautes” augmente chaque jour.
Les cours de formation bibliques se multiplient également par le
biais des moyens de communication modernes, par exemple en utilisant
Internet. Nous pouvons dire que la majeure parties des maisons d’édition
publient des livres dans une grande variété de formats, des plus
populaires aux éditions scientifiques, portant sur des thèmes
bibliques. Aujourd’hui, en Amérique, on peut compter sur une vaste
bibliographie biblique, dans toutes les langues majoritaires. Il
existe actuellement différentes éditions de la Lectio divina à
disposition tant des moines, des religieux et religieuses que des
fidèles laïcs.
Chiffres et statistiques
Il nous faut rappeler, comme l’indiquent les statistiques, plus de
50% des catholiques du monde entier vivent sur le continent
américain. Avec quatre langues majoritaires et près de deux cent
langues minoritaires, nous nous trouvons face à une grande variété
de traductions bibliques.
L’espagnol est certainement l’une des langues les plus parlées par
les catholiques du monde entier. Il est donc très important de
disposer de textes adaptés à ces millions de personnes. Actuellement,
en Amérique, circulent 26 versions ou traductions approuvées par l’Église
catholique qui peuvent être achetées auprès de différentes
librairies.
Le portugais est l’une des langues les plus parlées en Amérique et
dispose actuellement de 12 traductions de la Bible.
L’anglais est parlé aux États-Unis, au Canada, dans une grande
partie des Caraïbes et en Amérique centrale. Il existe 5 traductions
du Nouveau Testament, une du livre des Proverbes, 6 du Livre des
Psaumes et deux Bibles intégrales.
Le français se parle officiellement au Canada et dans différents
pays des Caraïbes. Au total, sont en circulation 8 versions de la
Bible en français.
Les sociétés bibliques unies ont 29 Bibles privées des livres
deutérocanoniques, 17 Bibles comprenant les deutérocanoniques et 29
versions du Nouveau Testament.
Différentes institutions ont traduit le Nouveau Testament en 216
langues autochtones d’Amérique, constituant ainsi un important
bagage culturel. Nombre de ces traductions sont utilisées également
par l’Église catholique.
Quantité totale de Bibles distribuées au cours des 43 dernières
années
Il est très difficile de parler en termes de chiffres de
distribution, parce que les maisons d’éditions ne fournissent pas
toujours ces données surtout pour les années passées. Nous pouvons
dire que plus de 60 millions d’exemplaires de la Bible Amérique
latine (connue sous le nom de latinoaméricaine) ont été distribués
depuis 1972. En deux ans ont été distribuées 420 000 copies de la
Bible de Notre Peuple. Desclée de Brower distribue environ 150 000
exemplaires de la Bible de Jérusalem tous les ans et ce, depuis les
années 70 (pour un total de près de 5 millions de Bibles distribuées).
Au total, au Brésil, en 2007, ont été distribués 9 250 301
exemplaires de la Bible.
Il est important de souligner que l’animation biblique de toute la
pastorale est le moment culminant de la vie ecclésiale où la Bible
ne représente pas un compartiment séparé, comme s’il s’agissait de
l’un des différents milieux pastoraux d’une conférence épiscopale.
Au contraire, la Bible est le fil rouge qui anime l’ensemble des
environnements pastoraux, puisqu’il enracine sa référence principale
dans la Parole et fait de celle-ci le Roc de l’Église (cf. Benoît
XVI, discours inaugural d’Aparecida. “Faire en sorte que la Parole
de Dieu soit la source qui anime toute l’activité pastorale de l’Église”.
“l’animation biblique de la pastorale ayant comme arrière-plan la
Lectio divina qui représente l’intégration de la Parole de Dieu et
de la vie; comme référence indispensable la Constitution Dei Verbum
et comme méthode et critère fondamental et la lecture à partir de
notre réalité, a à son horizon présent et futur la défense de la vie
et des droits de l’homme”.
Nous, les Évêques de l’Amérique latine et des Caraïbes, désirons
renforcer la formation biblique et doctrinale.
Outre une forte expérience religieuse et une évidente vie
communautaire, nos fidèles ont besoin d’approfondir la connaissance
de la Parole de Dieu ainsi que les contenus de la foi, dans la
mesure où cela représente la seule manière de faire mûrir son
expérience religieuse. Le long de ce chemin, fondamentalement vécu
et communautaire, la formation doctrinale n’est pas vécue comme une
connaissance théorique et froide mais comme un instrument
fondamental et nécessaire de la croissance spirituelle, personnelle
et communautaire.
Nous ressentons la nécessité urgente de développer au sein de nos
communautés un processus d’initiation chrétienne à partir du kérygme,
guidé par la Parole de Dieu qui conduit à une rencontre personnelle,
toujours plus grande, avec Jésus Christ, Dieu parfait et homme
parfait, vécue comme plénitude de l’humanité et qui mène à la
conversion, à être disciple dans une communauté ecclésiale, et à une
maturation de foi au travers de la pratique des sacrements, du
service et de la mission (Document d’Aparecida, 289).
L'enseignement de la prière
Parmi les multiples modalités possibles de s’approcher de l’Écriture
Sainte, il en existe une privilégiée, auquel tout un chacun est
invité: la Lectio divina ou exercice de lecture orante de l’Écriture
Sainte. Cette lecture orante, si pratiquée correctement, conduit à
la rencontre de Jésus-Maître, à la connaissance de Jésus-Messie, à
la communion avec Jésus-Fils de Dieu et au témoignage de
Jésus-Seigneur de l’univers (document d’Aparecida, 249).
La vie publique. Les chrétiens qui vivent en accord avec la Parole
La mondialisation a ses aspects positifs, surtout quand il s’agit d’informer.
Nous sommes informés de ce qui se passe dans la vie publique de nos
pays, souvent avec de grands scandales de toute sorte. Toutefois,
nous déplorons le fait que de nombreux acteurs de cette scène
sociale et politique soient passés par nos centres de formation (catéchèses,
groupes de jeunes, écoles et universités). Il est bien de se
demander: quel a été le rôle de l’enseignement de la Parole de Dieu
pour eux? Les avons-nous aidés à rencontrer le Dieu de la Parole?
Pourquoi, en s’intégrant dans la vie publique, quel que soit le
scénario dans lequel ils agissent, les valeurs de l’Évangile ne
constituent-elles pas la ligne directrice de leur vie?
Il est nécessaire, dans une formation chrétienne solide, d’avoir une
rencontre avec le Dieu de la Parole qui interpelle, change, modifie
les conduites jusqu’à les transformer en conduites chrétiennes. Il
est donc nécessaire de revoir notre manière d’éduquer à la foi
biblique pour la vie des chrétiens. Cette vie qui doit se manifester
sous tous ses aspects et qui doit embrasser la totalité des actions,
et non seulement la vie dans nos églises.
[00127-03.08] [NNNNN] [Texte original: espagnol]
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