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14 - 13.10.2012
RÉSUMÉ
-
NEUVIÈME CONGRÉGATION GÉNÉRALE (SAMEDI 13 OCTOBRE 2012 - MATIN)
-
COMPOSITION DE LA COMMISSION POUR L’ INFORMATION
- ERRATA CORRIGE
NEUVIÈME CONGRÉGATION GÉNÉRALE (SAMEDI 13 OCTOBRE 2012 - MATIN)
- INTERVENTIONS EN SALLE
(SUITE)
- AUDITION DES
DÉLÉGUÉS FRATERNELS (III)
Aujourd'hui, samedi 13 octobre 2012, à 9h05 en présence du
Saint-Père, avec le chant de l’Heure Tierce, a débuté la
Neuvième Congrégation générale, pour la continuation des
interventions des Pères synodaux en salle sur le thème «La
nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne».
Le Président délégué du jour était S. Ém. le Card. Laurent MONSENGWO
PASINYA, Archevêque de Kinshasa (RÉP. DEM. DU CONGO).
Lors de la Congrégation générale est intervenu un Délégué fraternel.
En conclusion, le Secrétaire général a communiqué la composition de
la Commission pour l’Information que nous publions dans ce Bulletin.
À cette Congrégation générale, qui s’est achevée à 12h30 par la
prière de l’Angelus Domini, lineétaient présents 241 Pères.
INTERVENTIONS EN SALLE
(SUITE)
Sont intervenus les Pères suivants:
-
S. B. Rév. Fouad TWAL, Patriarche de Jérusalem des Latins, Président
de la Conférence des Evêques latins dans les régions arabiques
(C.E.L.R.A.) (JÉRUSALEM)
-
S. Exc. Rév. Mgr Francesco MORAGLIA, Patriarche de Venise (ITALIE)
-
S. Exc. Rév. Mgr Sócrates René SÁNDIGO JIRÓN, Évêque de Juigalpa,
Président de la Conférence Épiscopale (NICARAGUA)
-
S. Ém. Rév. le Card. Odilo Pedro SCHERER, Archevêque de São Paulo
(BRÉSIL)
-
S. Exc. Rév. Mgr Filippo SANTORO, Archevêque de Tarante (ITALIE)
-
S. Exc. Rév. Mgr Julio Hernando GARCÍA PELÁEZ, Évêque d'Istmina -
Tadó (COLOMBIE)
-
S. Exc. Rév. Mgr José Guadalupe MARTÍN RÁBAGO, Archevêque de León
(MEXIQUE)
-
S. Ém. Rév. le Card. Peter Kodwo Appiah TURKSON, Président du
Conseil Pontifical ice et Paix (CITÉ DU VATICAN)
-
S. Exc. Rév. Mgr José Octavio RUIZ ARENAS, Archevêque émérite de
Villavicencio, Secrétaire du Conseil Pontifical pour la Promotion de
la Nouvelle Evangélisation (CITÉ DU VATICAN)
-
S. Exc. Rév. Mgr José NAMBI, Évêque de Kwito-Bié (ANGOLA)
-
Rév. P. Jose PANTHAPLAMTHOTTIYIL, C.M.I., Prieur général des Carmes
de B.V. Marie Immaculée (INDE)
-
S. B. Ém. le Card. George ALENCHERRY, Archevêque Majeur
d'Ernakulam-Angamaly des Syro-malabares, Chef du Synode de l'Église
Syro-Malabare (INDE)
-
S. Exc. Rév. Mgr Jesús Esteban SÁDABA PÉREZ, O.F.M. Cap., Evêque
titulaire d'Assura, Vicaire Apostolique d'Aguarico (ÉQUATEUR)
-
S. Exc. Rév. Mgr François LAPIERRE, P.M.E., Évêque de
Saint-Hyacinthe (CANADA)
-
S. Exc. Rév. Mgr António José DA ROCHA COUTO, S.M.P., Évêque de
Lamego (PORTUGAL)
-
S. Exc. Rév. Mgr Bonifacio Antonio REIMANN PANIC, O.F.M., Évêque
titulaire de Saia majeure, Vicaire Apostolique de Ñuflo de Chávez
(BOLIVIE)
-
Rév. P. Marco TASCA, O.F.M. Conv., Ministre Général de l'Ordre
Franciscain des Frères Mineurs Conventuels
-
S. Exc. Rév. Mgr Nikolaos FOSKOLOS, Archevêque d'Athènes,
Administrateur apostolique "sede vacante et ad Nutum Sanctae Sedis"
de Rhodes (GRÈCE)
-
S. Exc. Rév. Mgr Petru GHERGHEL, Évêque de Iaşi
(ROUMANIE)
-
S. Exc. Rév. Mgr Manuel José MACÁRIO DO NASCIMENTO CLEMENTE, Évêque
de Porto (PORTUGAL)
-
Rév. Julián CARRÓN, Président de la Fraternité de Communion et
Liberation (ITALIE)
-
S. Exc. Rév. Mgr Leo Laba LADJAR, O.F.M., Évêque de Jayapura
(INDONÉSIE)
-
S. B. Rév. Baselios Cleemis THOTTUNKAL, Archevêque Majeur de
Trivandrum des Syro-malankares, Chef du Synode de l'Église
syro-malankare (INDE)
-
S. Exc. Rév. Mgr Berislav GRGIĆ, Évêque
Prélat de Tromsø (NORVÈGE)
Nous publions, ci-dessous, les résumés des interventions:
- S. B. Rév. Fouad TWAL, Patriarche de Jérusalem des Latins,
Président de la Conférence des Evêques latins dans les régions
arabiques (C.E.L.R.A.) (JÉRUSALEM)
Le pèlerinage aux Lieux Saints et aux “pierres vivantes” est un
excellent moyen pou raviver notre foi et celle du pèlerin, en
connaissant mieux le cadre culturel, historique et géographique où
sont nés les mystères auxquels nous croyons, une occasion de
rencontre personnelle et incarnée avec la personne de Jésus.
Les chrétiens de Terre Sainte sont les descendants directs de la
toute première communauté chrétienne et “la mémoire collective
vivante de l’histoire de Jésus”. La visite aux Lieux Saints, dûment
préparée et guidée par la lecture de la Parole de Dieu, et la
rencontre avec la communauté peuvent fortifier les croyants de peu
de foi e faire renaître la foi en ceux où elle était morte.En cette
époque où les Lieux Saints sont parfois offensés et agressés, la
présence des pèlerins est un véritable témoignage de foi et de
communion avec notre Église du Calvaire. Nous avons besoin de vous,
de vos prières et de votre solidarité! Là où les Apôtres ont crié à
Jésus “Augmente en nous la foi” (Lc 17, 5), venez vous aussi, très
chers confrères Évêques, avec vos prêtres, vos séminaristes et vos
communautés, demander au Seigneur la foi et la paix qui nous manque.
J’estime urgent que notre foi soit un style de vie qui nous
rapproche des autres.
Nous devons abandonner une certaine mentalité négative qui voit dans
la foi une appartenance à une faction sociologique qui pousse au
militantisme et à la violence. La véritable foi aide à se sentir
davantage enfants de Dieu et donc davantage frères envers les
autres, même au prix de la croix et du sang.
La nouvelle évangélisation, pour être moderne et efficace, doit
repartir de Jérusalem, repartir de la première communauté chrétienne
ancrée dans la personne du Christ, ayant une cause pour laquelle
elle était disposée à affronter tout sacrifice jusqu’au don même de
la vie.
Nos communautés sont minoritaires au milieu de croyants divers. Les
circonstances les ont poussées à se refermer, préoccupées qu’elles
sont de se défendre, sensibles à leurs droits, attentives à leurs
lieux et à leur rite. Des communautés introverties et peureuses.
Pour beaucoup, la foi est un fait héréditaire et social alors qu’il
devrait être plus personnel et prenant. Il ne s’agit pas de survivre
mais de percer et de communiquer.
[00146-03.04] [IN115] [Texte original: italien]
- S. Exc. Rév. Mgr Francesco MORAGLIA, Patriarche de Venise (ITALIE)
Cette intervention concerne les points 153-157 du Document de
Travail: le point “Foi et connaissance”. Selon la ligne du magistère
constant de l’Église et plus récemment, de Jean Paul II (Fides et
ratio) et de Benoît XVI (Lectio magistralis, Regensburg, le 12
septembre 2006), je souhaite que la nouvelle évangélisation réserve
une plus grande place à la catéchèse, avec une attention toute
particulière à la complémentarité de la foi et de la raison. Nous
sommes reconnaissants de l’engagement de ceux qui, avec compétence
et sensibilité, se chargent de la pastorale de la haute culture,
favorisant ainsi le dialogue avec les intellectuels et les
scientifiques chrétiens et de tous ceux qui cherchent honnêtement.
En ce qui concerne la catéchèse ordinaire aussi, nous devons aller
vers une conscience plus partagée de la dimension culturelle de la
foi, de façon à ce que le croyant ne vive pas psychologiquement en
sujétion et ne se sente pas en retard sur le quadrant de l’histoire.
Il n’est pas rare que le croyant vive un complexe d’infériorité face
à la modernité ou à la post-modernité à cause d’un conflit personnel
irrésolu entre la foi et la raison. Le silence du catholique moyen,
lorsqu’il donne les raisons de son espérance, est assourdissant.
Outre à renforcer la première annonce, la lecture de la Bible, la
lectio divina - sur la ligne de la Dei Verbum et de l’Exhortation
post-synodale Verbum Domini - il me semble nécessaire en ce qui
concerne la nouvelle évangélisation de renforcer le lien structurel
entre raison et foi. Il s’agit de faire pénétrer la culture dans la
pastorale ordinaire; cela correspond aujourd’hui à une diaconie
chrétienne face à l’histoire, face à une culture qui s’élabore de
plus en plus à partir d’une connaissance des sciences et de la
technique, générant ainsi une pensée ineinstrumentale et
fonctionnelle. Dans cette situation, en Italie, la grande partie des
jeunes, après leur initiation chrétienne, égarent le rapport avec
l’Église, avec la foi, avec Dieu. Les causes sont nombreuses: je
crois toutefois que bien souvent la foi n’est pas soutenue par une
catéchèse amie de la raison, qui soit capable d’une véritable
proposition anthropologique en mesure de légitimer la plausibilité
du choix chrétien. Il est nécessaire de relancer le choix du
Catéchisme de l’Église Catholique en donnant plus d’importance aux
contenus afin que la foi ne se réduise pas à une foi “sur mesure”;
la fides quae est souvent carente dans nos catéchèses; la
méthodologie est importante mais pas au détriment des contenus ou de
l’expérience élevée à lieu théologique. Si avec ou sans Dieu tout
change, il est juste de recentrer la catéchèse sur Dieu et sur ce
que la révélation chrétienne dit de Lui, sans oublier que le Dieu de
Jésus Christ - comme le rappelle Benoît XVI - est aussi Agape e
Logos.
[00177-03.04] [IN140] [Texte original: italien]
- S. Exc. Rév. Mgr Sócrates René SÁNDIGO JIRÓN, Évêque de Juigalpa,
Président de la Conférence Épiscopale (NICARAGUA)
En vue de la nouvelle évangélisation, nous devons considérer que,
dans les Évangiles, se trouvent de nombreux exemples concrets de
transmission personnalisée de la foi, comme celui reporté dans la
parabole de la brebis perdue (Lc 15, 1-7, Mt 18, 12-14) ou celui de
Jésus Lui-même avec la Samaritaine (Jn 4, 7-27) et Nicodème (Jn 3,
1-21): cette modalité suscite une réponse positive de la part des
destinataires de la Parole du Seigneur. Nous, Évêques d’Amérique
latine, nous avons mis en évidence, sur la base de notre expérience,
à Aparecida, l’importance d’une transmission personnalisée de la
foi, la personne se sentant valorisée au moment où elle comprend, à
travers la manière dont elle est traitée, selon le style de Jésus,
ce qu’elle signifie pour Dieu et pour l’Église.
En pensant à une nouvelle évangélisation, nous ne devons pas
négliger le fait que la croissance numérique de l’Église a
probablement eu des retombées sur le manque d’attention à la
personne, sur le modèle de Jésus. Ceci a créé une situation dans
laquelle de nombreux baptisés ne sont pas suivis individuellement,
au point que l’on est arrivé à parler de “nombreux baptisés non
évangélisés”. Toutefois, cette approche personnalisée de
transmission de la foi requiert de nombreux membres qui puissent
consacrer du temps à chaque personne et, pour cela, il est
nécessaire d’avoir également le soutien d’une famille qui soit “lieu
spécial de la rencontre avec la personne du Christ”. La famille “a
été et demeure une école de la foi, un laboratoire de valeurs
humaines et civiles” (Discours du Pape Benoît XVI à Aparecida).
Concrètement, si avec la nouvelle évangélisation, on veut
transmettre la foi, actuellement en crise, elle doit s’occuper
également de la famille puisque, comme l’a dit Sa Sainteté le Pape
Benoît XVI au cours de l’homélie inaugurale du Synode, le 7 octobre
dernier, “il y a une correspondance évidente entre la crise de la
foi et la crise du mariage”.
[00113-03.04] [IN085] [Texte original: espagnol]
- S. Ém. Rév. le Card. Odilo Pedro SCHERER, Archevêque de São Paulo
(BRÉSIL)
La nouvelle évangélisation a besoin de “nouveaux évangélisateurs”.
Plus que de nouvelles méthodes et de nouvelles ressources
techniques, ce dont nous avons besoin ce sont des évangélisateurs
qui aient une profonde expérience de foi, nourrie par la communion
avec Dieu.
Les Saints, tout au long de l’histoire de l’Église, ont été des
chrétiens authentiques et les évangélisateurs les plus efficaces.
Depuis l’époque des Apôtres et des premiers martyrs, l’Église a pu
compter sur le témoignage des Saints aux moments les plus difficiles
de sa vie et de sa mission: Saints Martyrs et Confesseurs, Saints
Pasteurs et Docteurs, Saints Missionnaires et Prédicateurs, Saints
Mystiques, Vierges consacrées, Saints de la charité, Saints
Fondateurs. Ceux-ci furent toujours de vrais disciples et
missionnaires de Jésus et ses témoins dans le monde! Dans chaque
pays, les Saints autochtones ou ceux de l’Église universelle, ont
soutenu et soutiennent aujourd’hui encore la foi des fidèles: ils
sont pour eux un exemple de vie, outre à représenter de fraternels
intercesseurs. Les lieux des Saints (Sanctuaires) sont des lieux de
foi et de consolation pour le peuple des croyants.
C’est pourquoi la nouvelle évangélisation peut trouver dans la vie,
dans le témoignage et l’intercession des Saints, une immense
ressource. La dévotion pour les Saints et la “communion” avec les
Saints permettent aux fidèles de faire l’expérience de la proximité
de ce “Mystère de la foi” auquel l’Église croit et qu’elle proclame
dans le monde.
Ce “Mystère de la foi” qui est le Dieu-Trinité même, qui s’est fait
proche de nous par l’intermédiaire de Jésus Christ, a fasciné tant
de Saints, avant nous et peut fasciner aussi les hommes et les
femmes de notre temps.
La vie, le témoignage et l’intercession des Saints est un grand
trésor de l’Église et peut être très utile pour la nouvelle
évangélisation!
[00114-03.05] [IN086] [Texte original: italien]
- S. Exc. Rév. Mgr Filippo SANTORO, Archevêque de Tarante (ITALIE)
La nouvelle évangélisation a soif de rencontrer les chrétiens
désormais lointains et de dialoguer avec la culture actuelle du
monde. Mais très souvent, le monde n’a aucune envie de dialoguer
avec nous et s’il le fait, c’est seulement dans le cadre de
batailles qu’il fixe selon l’esprit du temps. Mais même au début de
l’Évangélisation, personne n’avait intérêt à dialoguer avec les
chrétiens, cette petite troupe d’hommes étranges qui croyaient qu’un
homme crucifié était ressuscité. Mais c’était justement à ce monde
que ces derniers s’adressaient en montrant à ceux qui les ignoraient
ou les persécutaient l’expérience d’une vie changée et la
proposition du salut. Ils ne répondaient pas à ce monde par un
discours mais par le miracle d’une humanité transformée.
Après 27 ans de mission et de service à l’Église du Brésil, je suis
revenu en Italie, dans un Diocèse d’antique évangélisation, dans un
contexte de religiosité populaire répandue et sincère où la fidélité
est fortement provoquée par la sécularisation. À cause de la
pollution de la plus grande usine sidérurgique d’Europe, 12.000
personnes (20.000 avec la sous-traitance) risquent de perdre leur
emploi alors que de nombreuses autres personnes ont déjà été
victimes de tumeurs et d’autres maladies graves à cause de la
contamination environnementale.
L’Église n’est pas restée inactive mais elle a immédiatement pris la
défense de la vie attaquée par la dioxine et par d’autres substances
toxiques, tout en défendant également le travail qui permet le
développement de la vie. N’ayant pas de recette en vue de la
résolution de ce grave problème, nous avons offert une présence
solidaire et un soutien concret à ceux qui sont touchés par les
effets désastreux de cette triste alternative en cette période de
récession économique mondiale. Nous n’offrons pas de solutions mais
la proximité, conscients de la mission de nous faire pèlerins aux
côtés de ceux qui souffrent, en favorisant le dialogue et la
concertation pour le bien commun. C’est pourquoi, j’ai rendu visite
aux ouvriers du haut fourneau n°5 qui étaient en grève à 60 mètres
d’altitude et j’ai rencontré les malades de tumeurs, j’ai rencontré
la Ligue contre la leucémie, celle contre la sclérose en plaques,
l’association nationale des tumeurs et d’autres associations dont
celle des enfants contre la pollution. Mais le conflit demeure
ouvert et nous voyons la profonde crise humaine et sociale de ce
modèle de développement économique. Jésus a embrassé le besoin, il
est rangé aux côtés des pauvres, des pécheurs, des exclus. Il les a
aimés et en cela Il a révélé le visage du Père.
[00116-03.04] [IN087] [Texte original: italien]
- S. Exc. Rév. Mgr Julio Hernando GARCÍA PELÁEZ, Évêque d'Istmina -
Tadó (COLOMBIE)
Même si c’est l’Église qui est entièrement responsable de la
transmission de la foi, les Évêques sont appelés à garantir qu’elle
ait lieu d’une manière nouvelle.
L’Évêque ne peut renoncer à l’exercice du charisme qui en fait un
évangélisateur. Il est assisté par l’Esprit Saint qui est Celui qui
encourage, propose et crée de nouvelles modalités de transmission de
la foi dans le désert spirituel que l’humanité traverse
actuellement.
L’évangélisation représente sa dimension et sa vocation. Il ne
serait pas fidèle ni obéissant au mandat du Seigneur s’il ne faisait
pas de l’évangélisation sa principale tâche. L’Évêque n’évangélise
pas par plaisir ni par stratégie mais parce qu’il a été appelé et
envoyé.
Si l’Évêque assume entièrement sa propre responsabilité apostolique,
on constate un changement radical, une véritable conversion
pastorale au sein de l’Église particulière. L’Évêque, en tant que
principal responsable de la transmission de la foi, sera le
protagoniste de ce changement.
En ravivant le charisme apostolique, il conduit son Église
particulière dans un état de mission permanente, consacrant toutes
ses forces et ses ressources au Kérygme, à la catéchèse, à la vie de
communauté et à la solidarité, afin qu’elles ne viennent jamais à
manquer au troupeau, de manière systématique et intégrale.
L’Évêque sait qu’il n’est pas seul. Il est assisté par l’Esprit du
Ressuscité, par l’intercession des grands évangélisateurs et par un
peuple nombreux. En tant que successeur des Apôtres, il consacre
toutes ses énergies et oriente toutes ses actions afin de garantir
la transmission de la foi à une humanité assoiffée de l’amour de
Dieu.
[00117-03.03] [IN088] [Texte original: espagnol]
- S. Exc. Rév. Mgr José Guadalupe MARTÍN RÁBAGO, Archevêque de León
(MEXIQUE)
Dans le Magistère latino-américain, il est fréquemment fait
référence à la valeur pastorale de la piété populaire.
Nous reconnaissons que l’évangélisation et la purification de la
piété populaire lancent des défis qu’il faut relever avec créativité
pastorale parce que, si elle est laissée à la merci du pur
sentimentalisme et du folklore, elle empêche la création d’une
culture véritablement évangélisatrice qui transforme les structures
de péché, telles que les inégalités sociales, la violence, les
injustices et autres manifestations contraires à la dignité de la
personne et à la coexistence fraternelle.
Je vous présente une action qui, il me semble, pourrait en inspirer
d’autres: le Diocèse de Querétaro, au Mexique, organise un
pèlerinage annuel à la Basilique de Notre-Dame de Guadalupe. Cela se
fait maintenant depuis 122 ans. Les pèlerins sont environ 40.000 et
ils sont répartis en groupes guidés par des prêtres, des
séminaristes et des laïcs. Durant le parcours, qui dure 17 jours,
les prêtres célèbrent quotidiennement l’Eucharistie et administrent
le sacrement de la Réconciliation.
Les fruits sont très précieux.
Le culte eucharistique s’intensifie par le biais de l’Heure Sainte
qui a lieu tous les jours.
Le pèlerinage, préparé et suivi dans les diocèses et les paroisses,
est devenu une tradition qui provoque des changements de vie
positifs et un plus grand engagement en faveur de la planification
pastorale.
[00118-03.03] [IN089] [Texte original: espagnol]
- S. Ém. Rév. le Card. Peter Kodwo Appiah TURKSON, Président du
Conseil Pontifical ice et Paix (CITÉ DU VATICAN)
Fruit du Concile Vatican II, le Conseil Pontifical Justice et Paix
en ce moment si significatif pour toute l’Église et pour sa mission
particulière de fomenter partout la justice et l’amour de Christ
envers les pauvres dans le but de stimuler la communauté catholique
à promouvoir le développement des régions qui ont en besoin, et la
justice sociale entre les nations, participe avec enthousiasme à “ce
processus de relance de la mission fondamentale de l’Église” qu’est
la nouvelle évangélisation.
En effet, comme le souligne le Document de Travail de cette XIII
Assemblée ordinaire au n°130, en reprenant les enseignements des
Souverains Pontifes Paul VI et Benoît XVI, “l’évangélisation ne
serait pas complète si elle ne tenait pas compte des rapports
concrets et permanents qui existent entre l’Évangile et la vie
personnelle et sociale de l’homme [...]Le témoignage de la charité
du Christ à travers des oeuvres de justice, de paix et de
développement fait partie de l’évangélisation car, pour Jésus-
Christ, qui nous aime, l’homme tout entier est important. C’est sur
ces enseignements importants que se fonde l’aspect missionnaire de
la doctrine sociale de l’Église en tant que composante essentielle
de l’évangélisation. La doctrine sociale de l’Église est annonce et
témoignage de foi. C’est un instrument et un lieu indispensable de
l’éducation de la foi”. En outre, c’est de la profonde expérience
pastorale du Bienheureux Jean Paul II quand il était Évêque de
Cracovie, et aussi pendant son ministère pétrinien, qu’a jaillie la
définition la plus efficace de la doctrine sociale de l’Église: un
“instrument d’évangélisation”.
Le mobile premier de l’évangélisation est l’amour de Christ pour le
salut éternel des hommes; et l’annonce de Jésus Christ est le
premier et principal facteur du développement.
Si le renouvellement est l’une des exigences constantes de
l’évangélisation - et à plus forte raison elle l’est s’il s’agit de
l’évangélisation du social car ses stratégies doivent accompagner
les transformations de la société - il n’y a aucun doute que
celle-ci soit encore plus ressentie en ce moment, car nous nous
trouvons à un tournant de l’histoire et à un moment précis dans
lequel la question sociale est devenue radicalement un problème
anthropologique. Un problème anthropologique qui comporte forcément
la question de Dieu. Si l’on ne refuse pas explicitement Dieu, on
risque de considérer comme insignifiante l’ouverture de l’homme au
Transcendental.
Or, en considération de ce moment historique, il est urgent de
mettre en oeuvre une nouvelle évangélisation du social, non
seulement parce qu’elle est un contenu inévitable de la nouvelle
évangélisation mais aussi parce qu’elle en est un instrument
efficace.
De nombreuses personnes sont aujourd’hui de plus en plus sensibles
aux questions des droits de l’homme, de la justice, de l’écologie,
de la lutte contre la pauvreté et aux thèmes qui touchent la vie
concrète des personnes et la vie en commun des nations. Cette
réalité peut représenter une authentique opportunité pour la
nouvelle évangélisation; c’est pour cette raison que la porte
d’accès à l’évangélisation peut être efficacement celle du “social”.
Il s’agit donc d’étudier de nouvelles stratégies. Voici quelques
propositions:
Persévérer sur le plan de la formation avec une attention toute
particulière à l’étude de la doctrine sociale de l’Église pendant
les séminaires, dans les divers lieux de formation et dans les
paroisses.
Ne pas négliger les possibilités offertes par le dialogue
oecuménique et interreligieux.
Sur le plan de l’attitude apologétique à laquelle se réfère le n°138
du Document de Travail, il serait opportun de faire mieux connaître
la grande tradition de “la sainteté sociale”. Par exemple: les
prêtres Arcangelo Tardini et José Maria Arizmendarrieta (pastorale
sociale), le Bienheureux Giuseppe Toniolo (dans le domaine du
travail), Robert Schuman, Alcide De Gasperi et Julius Nyerere (dans
le domaine politique).
Toujours sur ce plan, pour ainsi dire, apologétique, on s’inspire
des affirmations du Bienheureux Jean XXIII présentes dans
l’encyclique Mater et Magistra - c’est-à-dire qu’ “une doctrine
sociale ne doit pas seulement être proclamée, mais aussi traduite en
termes concrets dans la réalité”.
Enfin, pour souligner une fois encore l’importance de la nouvelle
évangélisation du social, pourquoi ne pas supposer que dans la page
web du Vatican, au chapitre “Textes fondamentaux”, en plus du
catéchisme de l’Église catholique apparaisse aussi le Compendium de
la Doctrine sociale de l’Église? Ou bien, pourquoi ne pas penser à
consacrer une Assemblée synodale sur le thème justement de la
(nouvelle) évangélisation du social?
[00119-03.06] [IN090] [Texte original: italien]
- S. Exc. Rév. Mgr José Octavio RUIZ ARENAS, Archevêque émérite de
Villavicencio, Secrétaire du Conseil Pontifical pour la Promotion de
la Nouvelle Evangélisation (CITÉ DU VATICAN)
La conservation et la transmission de nombreuses manifestations
religieuses continuent à être, surtout dans des milieux
déchristianisés, un témoignage permanent de l’indéniable soif de
Dieu présente en tout homme. Lorsque cette religiosité populaire
jaillit de la foi dans le Christ et qu’elle est animée par l’esprit
ecclésial, elle devient en plus une piété authentique du peuple de
Dieu, un moyen précieux et efficace de transmettre l’Évangile et
raviver la foi chez les lointains.
Pour que la piété populaire puisse donc être un véritable instrument
d’annonce dans le contexte actuel, il faut dès lors qu’elle soit
considérée avant tout comme étant l’objet ou le contexte de la
nouvelle évangélisation, de façon à ce que la foi qu’elle entend
exprimer puisse mûrir et devenir authentique. À cet effet, il faut
premièrement éclairer les pratiques de dévotion afin que les
intentions coïncident, en termes de signification et de hiérarchie,
avec les vérités de la foi et l’exigence morale qui s’ensuit.
Deuxièmement, il faut une action ferme des pasteurs qui doivent
guider ces dévotions selon la vérité, en renonçant, s’il le faut,
aux avantages dont ils pourraient jouir en gardant certaines d’entre
elles. Troisièmement, il faut favoriser la compréhension du lien qui
existe au sein du christianisme entre la piété populaire et la
nature de la liturgie. Sur ce dernier point, la connaissance, la
proclamation et la méditation de la Parole de Dieu seront fort
utiles, car c’est par la Parole que Dieu se révèle et communique
Lui-même, et c’est par elle que les baptisés peuvent établir un
dialogue sincère avec Lui.
Une des tâches des pasteurs de l’Église consiste à orienter avec
sollicitude les diverses manifestations de la piété du peuple de
Dieu vers l’intelligence de la foi et vers la pratique des
sacrements, afin que la piété populaire puisse constituer le
contexte de la nouvelle évangélisation.
[00120-03.06] [IN091] [Texte original: espagnol]
- S. Exc. Rév. Mgr José NAMBI, Évêque de Kwito-Bié (ANGOLA)
Après 500 ans d’expérience de l’évangélisation, avec leurs parts de
lumière et leurs parts d’ombre, l’Angola vit aujourd’hui un nouveau
contexte de paix, de profondes transformations sociales orientées
vers une croissance économique, qui attire de nombreux pays
étrangers et favorise la prolifération des sectes.
Grâce à Dieu, les souvenirs les moins agréables du passé ont été
surmontés. Et actuellement, on observe une croissance économique et
sociale qui, bien qu’orientée vers le développement, est loin de
répondre aux vrais défis, qui sont énormes. De ce fait, on observe
un effort très important pour sortir de la misère, lequel, en même
temps, réveille l’intérêt à l’intérieur et à l’extérieur du pays.
Sur le front interne, une telle situation constitue un prétexte pour
faire des bénéfices, s’enrichissant souvent avec facilité à
n’importe quel prix (ce qui accentue le clivage entre les riches et
les pauvres) et finit par conduire à une dichotomie entre la foi et
la vie. Sur le front externe, cela provoque une forte émigration,
souvent malhonnête et opportuniste.
L’Église en Angola est attentive à cette situation et, en
interprétant les signes du temps à la lumière du Magistère
ecclésiastique, en particulier des apports qui proviennent des deux
dernières Assemblées spéciales pour l’Afrique, elle a tenté de
répondre à ces défis avec la mise en pratique d’une Pastorale
familiale, par le biais de périodes de jumelages de trois ans:
Famille et Mariage; Famille et réconciliation; Famille et culture.
Tout cela pour relancer un processus qui nous pousse à reprendre
l’itinéraire de l’initiation chrétienne dans les familles, pour leur
condition d’espace privilégié pour l’évangélisation. D’autre part,
ces situations, comme d’autres, ne peuvent pas ne pas requérir une
profonde catéchèse permanente, qui engage le fidèle chrétien envers
Dieu, l’Église et la société.
[00122-03.04] [IN093] [Texte original: portugais]
- Rév. P. Jose PANTHAPLAMTHOTTIYIL, C.M.I., Prieur général des
Carmes de B.V. Marie Immaculée (INDE)
Dans les enseignements de Jésus et de l’Église, il apparaît évident
que l’évangélisation de tous les peuples constitue la mission
fondamentale de l’Église. Dans cette optique, il est aussi évident
que l’évangélisation n’est pas une activité parmi tant d’autres,
mais la mission la plus importante de l’Église. Si l’évangélisation
est la mission capitale de l’Église, toutes ses activités devront
être perçues dans cette optique. Aucune activité de l’évangélisation
qui ne vise pas à l’annonce et à la transmission de la foi ne devra
être envisagée.
La source la plus importante de notre nouvelle évangélisation devra
être une spiritualité centrée sur le Christ, basée sur la Parole et
s’adressant au monde entier. En ce sens, les initiatives devront se
focaliser essentiellement sur une formation à la foi basée sur la
Parole qui devra être transmise à nos fidèles surtout dans le
contexte de leur soif envers la Parole de Dieu.
Afin que la voix de Dieu puisse être entendue parmi maintes voix du
monde, des efforts très sérieux devront être déployés visant à
utiliser les moyens de communication de masse pour l’évangélisation.
Or, pour un emploi efficace de ceux-ci, des investissements en
personnel et en ressources devront être faits aux niveaux
international, national et local, directement proportionnels au
besoin et à l’importance de ce ministère.
Nous devons adopter des mesures innovatrices visant à utiliser nos
institutions partout dans le monde pour la transmission efficace de
la foi, et à rendre tous les chrétiens plus conscients de la tâche
qui leur incombe, à titre individuel et en tant que communautés, de
devenir des agents actifs de l’évangélisation.
La proclamation de l’Évangile est un droit et un devoir de l’Église
tout entière et de tout chrétien baptisé. L’Église devrait donc
prendre des mesures créatives pour permettre aux Églises orientales
sui juris, comme la vibrante Église syro-malabare, d’annoncer
l’Évangile au-delà des frontières géographiques actuelles. Si
l’Église élargira sa vision et frayera des chemins à l’Église
syro-malabare et aux autres Églises orientales, les fruits de
l’oeuvre évangélisatrice seront certainement abondants.Dans le
contexte de la nouvelle évangélisation, tout en continuant à
promouvoir le dialogue des religions, nous devrions être prêts à
partager le message vivifiant de Jésus, surtout face à la croissance
alarmante du sécularisme et de l’athéisme qui représentent une
grande menace pour toutes les religions.
[00124-03.07] [IN095] [Texte original: anglais]
- S. B. Ém. le Card. George ALENCHERRY, Archevêque Majeur
d'Ernakulam-Angamaly des Syro-malabares, Chef du Synode de l'Église
Syro-Malabare (INDE)
La nouvelle évangélisation fait appel à une auto-évaluation au sein
de l’Église. Le fait est que beaucoup dans l’Église ne savent pas
qui est le Christ, et quel prix ils doivent payer pour être ses
disciples. L’Église est devenue de plus en plus une communion de
personnes qui ont rencontré le Christ et qui sont ainsi volontaires
par le pouvoir de la Grâce de Dieu pour payer le prix de l’apostolat
au Christ. L’appel universel à la sainteté doit devenir une
conscience fondamentale pour tous les Chrétiens fidèles. L’unicité
de la foi Chrétienne et l’engagement toujours renouvelé envers
Christ dans l’Église est devenu la force motrice dans la vie de tout
Chrétien.
Jésus Christ l’unique sauveur est celui qui oeuvre à la fois chez
les évangélisateurs et chez les évangélisés. Il a dit de lui-même:
“Je suis la vérité, je suis la lumière, je suis le chemin, je suis
la porte, je suis le pain, je suis la vie.”
Durant 50 ans après le Vatican II, le renouveau de l’Église a eu de
nombreuses facettes et a été hautement productif. En même temps, les
vies et ministères des prêtres, des hommes et des femmes de vie
consacrée sont devenus plus fonctionnels que spirituels et
ecclésiaux. Il semblerait que de nos jours la formation des prêtres
et du personnel religieux tende à les rendre fonctionnaires pour
différents offices dans l’Église, plutôt que missionnaires enflammés
par l’amour du Christ. Même dans des lieux de missions ad gentes de
l’Église, le fait de fonctionner par le biais d’institutions a fait
perdre aux prêtres et aux religieux la force captivante ainsi que la
force de l’Évangile, auquel ils sont engagés par leur vocation. La
sécularisation a eu un impact sur la vie des individus chrétiens et
également sur la vie des communautés ecclésiales. La nouvelle
évangélisation requiert un renouveau rigoureux des vies des
individus chrétiens et la réévaluation des structures de l’Église,
pour leur donner de la puissance par le dynamisme des valeurs de
vérité, de justice, d’amour, de paix, et d’harmonie de l’Évangile.
La transmission de la foi se fait toujours par le biais des
traditions des Églises particulières et des Églises sui iuris. Ces
traditions incluent la célébration des sacrements, notamment
l’offrande de la Sainte Eucharistie, la catéchèse, la coutume de la
prière familiale quotidienne, les petites communautés chrétiennes,
l’observation de l’abstinence et de la pénitence durant le Carême et
les autres périodes de jeûne, la célébration des fêtes, les
pèlerinages, la pratique de la charité à tous les niveaux, le soin
pastoral orienté à l’amitié et à la famille, ainsi que la
participation des laïcs dans l’administration de l’église.
Toute tradition ayant démontré un succès dans la transmission de la
foi dans les Églises particulières et sui iuris requiert toujours
plus d’encouragement et de soutien de la part de tous les
départements de l’Église universelle.
Le manque d’une vision et d’une compréhension claires de
l’ecclésiologie de communion observé par le Concile Vatican II rend
les potentialités de l’évangélisation et de la cure pastorale de
certaines églises individuelles inefficaces dans certaines
communautés de leurs émigrants, particulièrement celles des Église
orientales. Ces dernières années, il y a eu des signes
d’amélioration dans cette sphère. L’ecclésiologie de communion,
largement valorisée par le Saint-Père Benoît XVI, doit devenir la
vision ecclésiologique de chacun d’entre nous, évêques de l’Église
catholique. La nouvelle évangélisation pour la transmission de la
foi chrétienne doit initier de nouvelles mesures pour la liberté
dans l’évangélisation et le soin pastoral pour toutes les Églises
sui iuris, sous la direction du Siège apostolique.
[00123-03.05] [IN094] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Rév. Mgr Jesús Esteban SÁDABA PÉREZ, O.F.M. Cap., Evêque
titulaire d'Assura, Vicaire Apostolique d'Aguarico (ÉQUATEUR)
Annoncer l’Évangile dans sa propre culture est une chose importante
à l’heure actuelle, dans les cultures traditionnelles et modernes.
L’Incarnation est le fondement de l’inculturation. Tant qu’on ne
parvient pas à évangéliser la ftlineculture, l’Évangile ne pénètre
pas la personne. Saint Paul voulait se faire “juif parmi les juifs,
grec parmi les grecs, pour mener tout le monde au Christ”.
À en juger la situation d’aujourd’hui, dans les cultures
ancestrales, on considère souvent la présence de l’Évangile comme
une colonisation.
Il y a deux attitudes face à cette réalité:
Celle d’une étude de la “politique des religions” qui affirme que
“l’Église ne sera crédible dans le monde entier que si elle est
crédible en Europe”.
Celle d’un missionnaire, suivant le conseil de Monseigneur Alejandro
Labaka, évêque missionnaire et célèbre martyr de l’Amazonie
équatorienne.
Aimer ceux que nous voulons évangéliser, croire sincèrement que
l’Esprit de Dieu est proche de toutes les cultures et accepter le
fait que l’Évangile ne soit pas le patrimoine exclusif d’une
culture, mais qu’il peut et qu’il doit être accueilli par tous,
c’est cela qui remplira tous les peuples de la joie de l’Évangile.
[00125-03.04] [IN096] [Texte original: espagnol]
- S. Exc. Rév. Mgr François LAPIERRE, P.M.E., Évêque de
Saint-Hyacinthe (CANADA)
Le numéro 130 de l’Instrumentum laboris affirme que la doctrine
sociale de l’Église est annonce et témoignage de foi. C’est un
instrument et un lieu indispensable de l’éducation de la foi.
L’Instrumentum laboris est à la fois très riche mais plutôt faible
dans son traitement de la relation entre la Nouvelle Évangélisation
et la doctrine sociale de l’Église. Le lien intime qui existe entre
l’annonce de l’Évangile et le service de la Justice et de la Paix ne
me semble pas suffisamment développé.
Cette situation risque de faire apparaître la Nouvelle
Évangélisation comme une réponse aux problèmes internes de l’Église
et pas assez comme une contribution unique au développement de la
justice et de la paix dans le monde.
La crise économique actuelle nous fait découvrir comment l’avarice
et la cupidité ont brisé des liens de sens en séparant l’économie de
sa dimension sociale dans la vie humaine.
Ces liens ne peuvent être retrouvés que par l’amour, la fraternité
et l’amitié qui doivent s’exprimer non seulement dans les relations
interpersonnelles, mais aussi dans la vie économique et la vie
commerciale comme l’indique si bien la lettre du pape Benoît XVI
Caritas in Veritate.
Dans ce contexte, il est très important que l’Église apparaisse
comme une fraternité, un corps, le Corps du Christ. La communauté
est déjà une annonce de l’Évangile de Dieu. Dans l’initiation
chrétienne, nous séparons souvent l’amour et la justice, le
cheminement de foi et les réalités sociales et politiques. Il est
urgent de développer une culture de la solidarité.
Les grands missionnaires, à travers les siècles, ont su unir
l’annonce audacieuse de l’Évangile du Christ et l’engagement auprès
des plus pauvres. Leurs gestes ont souvent parler plus que leurs
paroles.
[00126-03.04] [IN097] [Texte original: français]
- S. Exc. Rév. Mgr António José DA ROCHA COUTO, S.M.P., Évêque de
Lamego (PORTUGAL)
L’Église d’hier, d’aujourd’hui et de toujours, devra avoir les
traits du visage de Jésus Christ. Elle doit donc être filiale,
fraternelle, affectueuse, proche et accueillante, comme l’a bien
souligné le Bienheureux Pape Jean Paul II dans la Catechesi
tradendae (1979), n°67, et dans la Christifideles Laici (1988),
n°26.
Elle devra avoir la dynamique des premières communautés chrétiennes,
comme l’auteur du livre des Actes des Apôtres les a présentées: en
permanence attentives à la Parole de Dieu, à la communion, à la
division du pain et à la prière (2, 42-47, 4, 32-35, 5, 12-15),
entrée permanente de la fraternité ouverte au monde, de façon à être
et à refléter une Église jeune, agile et belle, tellement jeune,
agile et belle, que les gens lutteront pour y entrer.
Elle devra en outre être une Église annonciatrice, complètement
dévouée à son Seigneur, non séduite par les nouveauté de la dernière
mode, mais bien consolidée dans la fidélité envers son Seigneur, qui
se traduit par le don total de soi, dans un style de vie pauvre,
humble, dépouillé, heureux, passionné, audacieux, proche et
impliqué. Oui, nous avons besoin d’annonciateurs de l’Évangile sans
or, argent, cuivre, sacs, deux tuniques... Oui, c’est de conversion
que je parle, et je me réserve la question: pourquoi les Saints
ont-ils tant lutté, et avec tant de joie, pour être pauvres et
humbles, alors que nous nous efforçons tellement d’être riches et
importants?
[00127-03.04] [IN098] [Texte original: italien]
- S. Exc. Rév. Mgr Bonifacio Antonio REIMANN PANIC, O.F.M., Évêque
titulaire de Saia majeure, Vicaire Apostolique de Ñuflo de Chávez
(BOLIVIE)
Avec notre point de vue de croyant, nous nous arrêtons tout
particulièrement sur le phénomène de la désintégration familiale.
L’absence du père peut s’expliquer pour diverses raisons et facteurs
anthropologiques, culturels et économiques. Nous croyons que
l’annonce de Dieu, Père de notre Seigneur Jésus, doit être l’idée
maîtresse de la nouvelle évangélisation en Bolivie (cf. DA 462).
Ce phénomène d’absence du père et son importance dans la vie sociale
et personnelle se répercute sur la façon de vivre la paternité de
Dieu et sur la perte des valeurs nettement chrétiennes telles que la
gratitude, la fraternité, la responsabilité et le pardon.
La présentation la plus sublime de Dieu le Père dans le Nouveau
Testament est probablement la parabole du Fils prodigue (Lc 15,
11-32). C’est la conscience d’avoir ce père qui rend possible le
retour à la vie, à la rencontre et au foyer de son plus jeune fils.
Alors que ce manque, chez l’aîné, l’empêche de jouir de la gratuité
de son père.
La rencontre de Jésus avec la Samaritaine (Jn 4, 4-43) illustre bien
la situation difficile dans laquelle la femme se trouve actuellement
au sein de la famille. Cette rencontre est révélatrice de l’identité
profonde du Seigneur, en tant qu’homme, prophète, messie, Sauveur du
monde et Fils de Dieu notre père. Et c’est révélateur de l’identité
humaine de la femme, prostituée et sans mari, qui devient disciple
et témoin de la vérité. C’est à ce type de rencontre avec Jésus que
nous renvoie la nouvelle évangélisation. La femme bolivienne, en
tant que mère et épouse, fréquemment abandonnée, dévalorisée et
maltraitée, devrait être attentive à la nouvelle évangélisation en
ce sens que, depuis la rencontre avec le Christ, comme la
samaritaine, elle peut vivre en toute dignité.
[00129-03.04] [IN100] [Texte original: espagnol]
- Rév. P. Marco TASCA, O.F.M. Conv., Ministre Général de l'Ordre
Franciscain des Frères Mineurs Conventuels
Le sixième scénario que ce Synode doit lire et décrypter (après le
scénario culturel, le phénomène migratoire, le scénario économique,
le scénario politique, la recherche scientifique et technologique)
est celle des communications, aux numéros 59-62 du Document de
travail.
Ici, on ne se limite pas à prendre acte de la diffusion massive
et de l’omniprésence des médias, mais aussi du fait que nous vivons
aujourd’hui dans une véritable culture mass-médiatisée.
Aujourd’hui, la plupart des hommes et des femmes organisent leur vie
professionnelle et affective, récréative et relationnelle autour des
médias (pensons à Internet et aux smartphones).
Et pourtant, les moyens de communication de masse représentent sans
aucun doute une grande opportunité: “ Dans les moyens de
communication - écrit le Bienheureux Jean Paul II - l’Église trouve
un soutien précieux pour diffuser l’Évangile... Elle les emploie
volontiers pour fournir les informations sur elle-même et pour
élargir les moyens de l’évangélisation, de la catéchèse et de la
formation et considère leur utilisation comme une réponse au
commandement du Seigneur: “Allez dans le monde entier, proclamez
l’Évangile à toute la création” (Mc 16, 15)”. (Lettre apostolique,
Le progrès rapide, 24 janvier 2005, n. 7)
Il s’agit de découvrir “qu’il existe un style chrétien de
présence également dans le monde numérique” (Message du Pape Benoît
XVI pour la 45ème Journée mondiale des communications sociales,
Vérité, annonce et authenticité de vie à l’ère du numérique, 5
juin 2011), qui aujourd’hui doit de plus en plus se définir comme la
proposition d’un profil identitaire (également numérique) cohérent
et en même temps accueillant.
La nouvelle évangélisation, c’est une question de nouvelles
relations à partir desquelles il est possible de véhiculer l’annonce
explicite de Jésus Christ comme seul sauveur universel. Si le monde
des médias est par définition massifiant, l’optique chrétienne qui
doit oeuvrer en eux est celle qui conduit à saisir la personne dans
sa singularité, dans le fait d’être destinataire de la révélation de
Dieu. Nous devons donc jouir des nombreuses opportunités que les
nouvelles frontières du scénario des communications nous offrent.
[00128-03.04] [IN099] [Texte original: italien]
- S. Exc. Rév. Mgr Nikolaos FOSKOLOS, Archevêque d'Athènes,
Administrateur apostolique "sede vacante et ad Nutum Sanctae Sedis"
de Rhodes (GRÈCE)
Afin d’annoncer l’Évangile aux hommes du vingt-et-unième siècle,
l’Église doit tenir compte de la première évangélisation faite par
les Apôtres. Dans de nombreuses régions du monde, les mêmes
difficultés que saint Paul a affrontées à Athènes et à Corinthe par
exemple, continuent de se répéter.
Afin d’évangéliser le monde, l’Église doit être plus “mince”. Comme
David n’a pas pu affronter Goliath avec les lourdes armes que Saül
lui avait données, ainsi l’Église doit abandonner de nombreuses
traditions du Moyen-Âge européen (structures matérielles et
spirituelles, façon de parler, habitudes “du temps qui fut”, etc...)
et, comme le Corps mystique du Christ ressuscité, elle doit annoncer
au monde moderne l’Évangile du salut, en gardant sa doctrine
immuable et sa véritable Tradition. Elle doit agir non pas comme une
puissance mondiale ni comme une puissance européenne mais elle doit
offrir au monde l’Évangile, l’annonce glorieuse, en prêchant à tous
le Christ mort et ressuscité de façon claire et sans équivoques,
comme l’ont fait les Apôtres et les grands missionnaires tels que
saint François Xavier.
[00132-03.03] [IN101] [Texte original: italien]
- S. Exc. Rév. Mgr Petru GHERGHEL, Évêque de Iaşi
(ROUMANIE)
L’histoire que l’Évangile a écrit dans l’Église catholique en
Roumanie, composée de trois rites (latin, gréco-catholique et
arménien) connaît la joie et le sacrifice de tant d’évangélisateurs.
Le vrai trésor de l’annonce est Jésus lui-même, Fils de Dieu, qui a
transformé l’apparente défaite de la Croix en une remarquable
victoire de la résurrection pour la rédemption de monde. Il n’y a
pas d’Évangile sans Croix. L’hostilité que l’Évangile rencontre ces
temps-ci ne doit pas nous faire oublier la logique de la Croix, où
l’intervention humaine n’est pas parvenue à étouffer la grâce
divine.
Dans les moments difficiles de la récente dictature athée en
Roumanie, la famille chrétienne a joué un rôle fondamental, étant
souvent l’unique possibilité d’annoncer l’Évangile et de transmettre
la foi. Et à présent, de nombreux migrants catholiques roumains ont
aidé les familles auprès desquelles ils travaillent, à redécouvrir
la beauté de la prière et de la foi en Christ. La formation des
parents est à l’heure actuelle une vraie priorité pastorale.
En Roumanie, la fin de la persécution athée avait ouvert les portes
à un printemps oecuménique prometteur. La prière ne nous a jamais
quitté, mais depuis qu’une récente ordonnance du Synode de l’Église
orthodoxe roumaine a interdit tout type de prière entre fidèles
orthodoxes et catholiques, nous nous voyons contraints de supplier
Dieu devant des délégués fraternels: “Fais, ô Seigneur, qu’au moins
le “Notre Père” unisse tes fils!”.
En conclusion, pour une nouvelle évangélisation, l’Église catholique
de Roumanie propose: a) de repartir de Jésus lui-même, évangile et
évangélisateur; b) de promouvoir la famille chrétienne, fondée sur
le mariage et sur la formation des parents; c) de cultiver
l’oecuménisme de la prière, afin que l’unité des chrétiens aide le
monde à croire en Christ (cf. Jn 17,21).
[00166-03.03] [IN129] [Texte original: italien]
- S. Exc. Rév. Mgr Manuel José MACÁRIO DO NASCIMENTO CLEMENTE,
Évêque de Porto (PORTUGAL)
La “nouveauté” de la nouvelle évangélisation ne peut être autre que
la redécouverte et l’approfondissement de la nouveauté constante du
Christ, dans les circonstances actuelles de l’Église dans le monde.
Circonstances qui, dans mon pays, se définissent en outre comme une
population très mobile et souvent opaque d’un point de vue de la
mentalité.
La mobilité de la population ajoute à l’exode rural vers la ville la
facilité de communications quotidiennes entre les divers locaux,
avec des points successifs d’installation ou de passage, pour des
raisons de travail ou de repos (week-end). L’opacité peut dériver de
la plus grande densité des “réalités temporelles” quand elles
absorbent l’attention immédiate et les intentions à moyen terme,
n’ouvrant pas facilement à l’horizon spirituel et religieux. C’est
ainsi que se généralise le sécularisme, personnel et ambiant.
Ces circonstances sont porteuses de problèmes relativement “neufs”
par rapport à l’évangélisation, du moins pour l’intensité avec
laquelle ils présentent. Les communautés qui étaient les plus
stables, comme les familles et les paroisses, où la connaissance du
Christ et de la vie chrétienne se transmettaient naturellement,
n’existent plus de cette façon, et n’intègrent pas facilement ses
membres, surtout les plus jeunes.
La dispersion et la mobilité rendent plus difficile la vie en
commun, au niveau des habitudes familiales et communautaires.
L’individualisation de la vie, accrue par la technologie, pousse au
subjectivisme et à la virtualité qui raréfient la réalité sociale et
ecclésiale. Par conséquent, il n’est pas facile de lier l’individu à
la société, ou le croyant à la communauté. Pas facile, en effet.
Je crois donc que la “nouveauté” à rechercher pour l’évangélisation
d’aujourd’hui passe par une re-découverte du Christ vivant dans la
coexistence de communautés spécifiques. Celles-ci devront, à leur
tour, intégrer les liaisons inter-personnelles qui sont aujourd’hui
indispensables: communautés inter-communautaires, points fixes mais
avec des interconnexions. Dans tous les cas, forcément
communautaires, car nous savons que c’est lorsque nous sommes
ensemble que nous ressentons le mieux la présence du Ressuscité
parmi nous (cf Jn 20,26).
Les premières communautés, nourries d’authentiques conversions et d’
une véritable initiation chrétienne, ont été à l’origine
d’expressions et de pratiques sociales et culturelles d’une grande
portée, et cela d’après le témoignage vital et la réflexion de leurs
pasteurs. Les communautés monastiques et paroissiales qui s’en
suivirent donnèrent une âme et un corps au christianisme médiéval,
avec de formidables résultats dans différents secteurs, d’érudition
ou populaire.
[00135-03.05] [IN104] [Texte original: italien]
- Rév. Julián CARRÓN, Président de la Fraternité de Communion et
Liberation (ITALIE)
Nous ne pouvons pas continuer de “penser la foi comme un présupposé
évident du vivre en commun. En effet, ce présupposé non seulement
n’est plus tel mais souvent il est même nié” (Porta fidei,
2).
En lisant le Document de travail au n° 142, j’ai été frappé
par cette observation: “de nombreuses réponses expriment la
préoccupation pour l'insuffisance de première annonce dans la vie
quotidienne”. Tous les efforts déployés jusqu’à présent peinent à
engendrer une nouveauté de vie susceptible d’éveiller la curiosité
pour ce que les baptisés vivent. Comment surmonter cette fracture
entre la foi et la vie qui rend la foi plus difficile à approcher de
manière raisonnable et, par conséquent, moins attrayante? Si l’on ne
redécouvre pas et l’on n’accueille pas à nouveau ce don précieux
qu’est la foi, la nouvelle évangélisation risque d’être réduite à
une affaire d’experts.
Pour susciter cet intérêt, nous avons un allié dans le coeur de
l’homme, quelle que soit sa culture ou sa condition. Nous savons que
le coeur de l’homme est fait pour l’infini, qu’il est habité par
l’attente d’un accomplissement. Car aucun faux infini ne parvient à
le satisfaire. “Que servira-t-il donc à l’homme de gagner le monde
entier, s’il ruine sa propre vie?”(Mt 16,26).
À cette attente ne saurait répondre une doctrine, un ensemble de
règles, une organisation, mais plutôt un événement. Comme l’a dit
don Giussani lors du Synode de 1987: “Ce qui manque n’est pas tant
la répétition littérale de l’annonce que l’expérience d’une
rencontre. L’homme d’aujourd’hui attend peut-être inconsciemment
l’expérience de la rencontre avec des personnes pour qui le Christ
est une réalité si présente qu’elle change leur vie”. Un lieu où
chacun peut être invité à effectuer la vérification que firent les
deux premiers sur les rives du Jourdain: “Viens et vois” parce que
“une foi qui ne peut être trouvée dans l’expérience présente et
confirmée par elle, capable de répondre à ses besoins, ne sera pas
une foi en mesure de résister dans un monde où tout, tout, dit le
contraire”.
[00136-03.07] [IN105] [Texte original: italien]
- S. Exc. Rév. Mgr Leo Laba LADJAR, O.F.M., Évêque de Jayapura
(INDONÉSIE)
Le Document de travail (IL) débute par le caractère personnel du
christianisme, c’est-à-dire par la rencontre personnelle avec Jésus
Christ et par la relation personnelle avec Lui. Ceci constitue le
centre même de notre foi, centre qui doit illuminer notre perception
de l’évangélisation: 1) l’évangélisation n’est pas seulement une
réaction à la réalité sociale et à sa culture séculière mais elle
est l’essence même de l’Église; 2) Jésus Christ est le centre du
christianisme et ne peut être mis au même niveau que d’autres
fondateurs religieux; 3) le christianisme n’est pas une religion de
manuel et le salut n’est pas une chose qui s’obtient en mettant en
pratique les doctrines écrites dans un livre, mais c’est l’oeuvre de
l’amour de Dieu. Seule la rencontre avec le Seigneur, ce qui est
contenu dans les Écritures, devient Sa “parole”, Sa “voix”.
En Jésus Christ, Dieu Se révèle Lui-même en tant qu’amour. Il
S’offre Lui-même aux hommes sans prétendre être accepté mais en
acceptant le risque d’être refusé. Le merveilleux mystère de l’amour
divin est qu’Il ne s’impose pas aux hommes. L’amour de Dieu, tel que
manifesté en Jésus Christ, est un appel à la liberté de l’homme, qui
est libre de l’accepter ou de le refuser. Cet amour immense et
merveilleux de Dieu doit être présenté dans l’évangélisation
lorsqu’il affronte le “climat culturel” (IL 48) de la société
sécularisée qui tend à idolâtrer la liberté et l’autonomie de
l’homme et à refuser tout élément transcendant au sein de la
religion comme violation de la liberté humaine.
Cette image de Dieu comme appel d’amour aux hommes pourrait être
plus attrayante pour la mentalité séculière par rapport à l’image de
Dieu comme un Roi puissant. Je suggère donc que dans certains
textes, comme dans IL 24, lorsque l’on parle d’ “expérimenter la
conversion”, au lieu de l’expression “Royaume de Dieu,” qui, en soi,
a une connotation féodale, soit utilisé l’expression “pouvoir
d’aimer de Dieu”. De fait, plus que la puissance d’un roi, l’amour
divin est “plus délicieux que le vin” et “fort comme la Mort” (cf.
Cantique des Cantiques, 1, 2; 8, 6). L’amour divin interpelle
l’homme et attend une réponse. L’amour veut être aimé. La conversion
est la réponse d’amour de l’homme à l’appel d’amour du Seigneur.
L’Église est le “locus” de la rencontre avec Jésus Christ. La
“communio”, qui représente l’esprit fondamental de Vatican II, doit
donc se manifester dans les communautés ecclésiales. La “communio”
d’amour, le service et le sacrifice pour les autres, sont de
puissants témoignages de l’évangélisation. L’amour de Dieu se
manifeste en Jésus Christ comme sacrifice; c’est pourquoi, un
témoignage authentique de cet amour divin doit être également un
amour sacrificiel.
[00137-03.03] [IN106] [Texte original: anglais]
- S. B. Rév. Baselios Cleemis THOTTUNKAL, Archevêque Majeur de
Trivandrum des Syro-malankares, Chef du Synode de l'Église
syro-malankare (INDE)
On estime que 60% de la population du monde vit en Asie. L’Asie est
la terre qui a donné naissance à un grand nombre de religions du
monde y compris le Christianisme. Je proviens du continent asiatique
et plus précisément du sous-continent indien, dans lequel les
populations ont assisté à la diffusion forcée des messages
religieux. Bien que le christianisme ait autre chose à partager, la
société actuelle en Inde dans laquelle les croyants en d’autres
religions sont la majorité dominante, semblent ne pas apprécier ou
accepter des expressions comme proclamation, évangélisation, etc.
Ces mots ont inculqué en eux d’autres pensées et en conséquence une
autre attitude. J’aimerais ici souligner les mots de Jésus lui-même
“vous serez alors mes témoins...(Ac 1,8). Notre chère bienheureuse
Mère Teresa de Calcutta a apporté au monde et en particulier à
l’Inde, un moyen d’évangélisation très concret, un modèle de
témoignage. Je dois reconnaître qu’elle est devenue la missionnaire
la plus efficace dans un pays où les Chrétiens représentent
seulement moins de trois pour cent de la population. Mère Teresa
témoignait Jésus où qu’elle soit. Dans l’histoire de l’Inde elle est
restée un modèle et un symbole du christianisme. Le modèle du
témoignage commence avec vous et moi.
Les hommes et les femmes modernes pensent qu’ils/elles peuvent tout
faire et que tout ce qui existe l’est grâce à leur capacité, à eux
ou à elles. Cette disposition d’esprit donne une image défigurée
d’une réalité surnaturelle et même de l’essence de la vie humaine.
Les responsables de l’évangélisation, spécialement ceux qui ont un
sacerdoce ministériel, des gens dotés de “don et de mystère”
(Bienheureux Jean Paul II) doivent parler de manière plus sincère
dans les célébrations liturgiques pour faire en sorte que les
sacrements soient des moyens plus tangibles de “l’expérience
d’Emmanuel”, pendant ces heures de grâce. La socialisation
réciproque a lieu partout, alors que la conversation avec le
Seigneur a été partout mise de côté.
Jésus a dit “Moi, je suis venu pour qu’on ait la vie et qu’on l’ait
surabondante” (Jn 10,10). La plénitude de la vie, la vie en
abondance ne se réalise pleinement que lorsque l’être humain entre
dans la vie Éternelle. Mener à la vie abondante est le travail de
l’Église. Si l’Église qui est la continuation de Jésus dans le
monde, s’éloigne de toute action pour accroître la plénitude de la
vie, de tout moyen pour assurer la dignité humaine, soyez assurés
que l’expérience et le témoignage de l’Emmanuel sera faible dans
cette partie du monde. Toute tentative de l’Église pour promouvoir
la dignité humaine, pour apporter la justice aux moins privilégiés
est une marque authentique d’obéissance à la volonté de Jésus.
Accroître la dignité humaine, donner une voix à ceux qui n’en n’ont
pas, devenir un symbole de justice, promouvoir les valeurs
démocratiques, etc, doivent être considérés comme des signaux très
sérieux d’une promotion de la vie humaine qui conduira à la fin les
êtres humains à la vie en abondance.
[00138-03.04] [IN107] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Rév. Mgr Berislav GRGIĆ, Évêque
Prélat de Tromsø (NORVÈGE)
Dans les pays nordiques - Danemark, Finlande, Islande, Norvège et
Suède - l’Église catholique est une petite minorité et n’a ni les
avantages ni les inconvénients qui se rencontrent souvent dans les
régions où le catholicisme est traditionnel et/ou majoritaire.
Malgré son importance limitée au plan numérique et social, notre
Église est cependant en croissance. De nouvelles églises sont
construites ou acquises, de nouvelles Paroisses instituées, des
rites non latins viennent s’ajouter, le nombre des conversions et
des baptêmes d’adultes est relativement élevé, les vocations au
sacerdoce et à la vie religieuse augmentent, le nombre des baptêmes
dépasse de loin celui des décès et de ceux qui abandonnent l’Église,
et la présence à la Messe dominicale est assez élevée.
Dans certains secteurs de la société, il existe un grand intérêt
pour la foi et pour la spiritualité tant de la part des non
croyants, qui recherchent la vérité, que de la part de chrétiens
engagés d’autres confessions, qui désirent un approfondissement et
un enrichissement de la vie religieuse. Il faut par ailleurs
observer qu’au cours de ces dernières années, les ordres
contemplatifs qui y ont ouvert des maisons sont plutôt nombreux.
Toutefois, la transmission de la foi est souvent rendue plus
difficile par les grandes distances. Nos prêtres doivent voyager
beaucoup (parfois jusqu’à 2.000 km par mois) afin de rendre visite
aux fidèles qui habitent dans des lieux éloignés et célébrer la
Messe avec eux. Au cours des mois d’hiver, cela devient très
fatigant.
[00139-03.03] [IN108] [Texte original: allemand]
AUDITION DES
DÉLÉGUÉS FRATERNELS (III)
Est intervenu le Délégué fraternel suivant:
-
Rév. Geoffrey TUNNICLIFFE, Secrétaire général de l'Eglise
évangélique mondiale (ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE)
Nous publions, ci-dessous, le résumé de son intervention:
- Rév. Geoffrey TUNNICLIFFE, Secrétaire général de l'Eglise
évangélique mondiale (ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE)
L’évangélisme est la proclamation en paroles, en actions et selon un
caractère chrétien de l’oeuvre salvifique de Jésus Christ sur la
croix et par sa résurrection. L’évangélisation est au centre de
l’identité des évangéliques. Nous affirmons qu’il n’est pas possible
d’être véritablement évangéliques sans un engagement radical en
faveur de l’évangélisation du monde. En effet, cet engagement
concerne l’identité chrétienne elle-même. L’Alliance évangélique
mondiale fait appel à tous les évangéliques et à tous les chrétiens
du monde afin qu’ils renouvellent leur engagement à l’évangélisme
holistique.
Comme pour toutes les traditions chrétiennes, des erreurs ont été
commises à certaines époques et les évangéliques ont combattu afin
de lier la proclamation de l’Évangile à des actions de justice et de
paix. Et pourtant, dans notre histoire, nous comptons des voix et
des vies nombreuses et fortes qui ont montré l’exemple de la nature
holistique de l’évangélisme.
Le compte-rendu biblique du chapitre 5 de Marc nous offre une loupe
à travers laquelle nous pouvons dépasser la dichotomie inconfortable
entre la proclamation et l’action, et une manière de nous rappeler à
l’évangélisme et à la Parole de Dieu. Les thèmes qui émergent de ce
chapitre sont au nombre de deux: 1) l’autorité et le pouvoir de
Jésus et 2) la diffusion de l’Évangile. Tout d’abord, nous voyons
que Jésus dispose du pouvoir sur le mal, sur les maladies et les
infirmités et sur la mort elle-même, faisant allusion à sa propre
résurrection future. En second lieu, le texte montre que l’Évangile
embrasse toute la Création.Le problème pour les évangéliques - et
pour ceux qui invoquent le nom du Christ - est le suivant:
qu’entendons-nous faire, personnellement et en communauté, pour
promouvoir la cause d’un évangélisme holistique global? Une église
qui ne serait pas évangélique manquerait dans sa réponse à Jésus.
Nous, évangéliques, apprenons actuellement comment mener
l’évangélisation à la manière de Jésus - comment proclamer le salut
qui vient de notre Dieu et les implications de cette proclamation
pour la transformation de la société.
Nous apprenons également qu’un évangélisme authentiquement biblique
requiert le dépassement des divisions entre les chrétiens. Le
document conjoint de l’Église catholique romaine, de l’Alliance
évangélique mondiale et du Conseil mondial des églises, “Témoignage
chrétien dans un monde multireligieux: recommandations pour un code
de conduite”, représente un merveilleux aide-mémoire de l’importance
du mandat de l’évangélisme.
En tant que croyants, nous avons été chargés par le Père et par le
Fils dans l’Esprit d’accomplir la mission de Dieu de manière telle
qu’une caractéristique fondamentale des évangéliques est - et doit
toujours être - de faire en sorte que toute la terre écoute
l’Évangile entièrement, dans les paroles, les actions et le
caractère.
[00160-03.04] [DF006] [Texte original: anglais]
COMPOSITION DE LA COMMISSION POUR L’ INFORMATION
Président
- S. Exc. Rév. Mgr Claudio Maria CELLI, Archevêque titulaire de
Civitanova, Président du Conseil Pontifical pour les Communications
Sociales (CITÉ DU VATICAN)
Vice président
- S. Exc. Rév. Mgr n
Ján BABJAK, S.I., Archevêque Métropolite de Prešov pour les
catholiques de rite byzantin, Président du Conseil de l'Église
Slovaque (SLOVAQUIE)
Membres
- S. Exc. Rév. Mgr John Olorunfemi ONAIYEKAN, Archevêque d'Abuja
(NIGÉRIA)
- S. Exc. Rév. Mgr Tadeusz KONDRUSIEWICZ, Archevêque de
Minsk-Mohilev (BIÉLORUSSIE)
- S. Exc. Rév. Mgr Manuel José MACÁRIO DO NASCIMENTO CLEMENTE,
Évêque de Porto (PORTUGAL)
- S. Exc. Rév. Mgr José Horacio GÓMEZ, Archevêque de Los Angeles
(ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE)
- S. Exc. Rév. Mgr Francis Xavier Kriengsak KOVITHAVANIJ, Archevêque
de Bangkok (THAÏLANDE)
Membres ex-officio
- S. Exc. Rév. Mgr Pierre-Marie CARRÉ, Archevêque de Montpellier
(FRANCE), Secrétaire Spécial
- S. Exc. Rév. Mgr Nikola ETEROVIĆ,
Archevêque titulaire de Cibale, Secrétaire général du Synode des
Évêques (CITÉ DU VATICAN)
Secretary ex-officio
- Rév. P. Federico LOMBARDI, S.I., Directeur
du Bureau de Presse du
Saint-Siège (CITÉ DU VATICAN)
ERRATA CORRIGE
Les corrections publiées dans l'Errata Corrige sur le Bulletin N°
14 ont été reportées directement sur les Bulletins relatifs
publiés dans ces pages Internet.
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