The Holy See
back up
Search
riga


STUDIA


 

Cardinal Paul Poupard, L’Europe et le fait religieux : sources, patrimoine, valeurs

Bishop Richard Pates, How Will the Church Use the Internet?

Melchor Sánchez de Toca Alameda, La Iglesia y la identidad cristiana en una Europa multicultural

 

Summarium

 


 

 

L’EUROPE ET LE FAIT RELIGIEUX :
SOURCES, PATRIMOINE, VALEURS

 

Saint-Louis des français, Rome, 25 octobre 2002


Paul Card. POUPARD
Président du Conseil Pontifical de la Culture
 

 

Monsieur l’Ambassadeur,

Monsieur le Président,

Chers Amis,

 

Je suis particulièrement heureux d’ouvrir avec notre Ambassadeur près le Saint-Siège les travaux de cet important colloque sur L’Europe et le fait religieux : sources, patrimoine, valeurs. […] Je voudrais en éclairer les premiers instants par ces paroles prononcées à Mexico, le 6 novembre 1947, par l’un de vos plus illustres prédécesseurs, Jacques Maritain, à l’ouverture de la Seconde Conférence Générale de l’Unesco :

« Ce qui est demandé à l’intelligence humaine, c’est de prendre conscience du fait que nous sommes entrés dans un âge crucial de notre histoire... Les hommes ont besoin d’un puissant renouveau des disciplines de sagesse, d’une réintégration dans la culture des vérités éthiques, métaphysiques et religieuses »[1].

 

1. L’Europe, réalité culturelle

« C’est le propre de la personne humaine de n’accéder vraiment et pleinement à l’humanité que par la culture » (Gaudium et Spes, n. 53). Si le Saint-Siège considère qu’il n’est pas de sa compétence de se prononcer en faveur d’un type spécifique de système politique pour l’Europe de demain, il tient toutefois à rappeler que l’instrument politique en cours d’élaboration devra être au service du bien commun, dans le plein respect de la personne humaine et des grandes dimensions qui la caractérisent, selon le mot si juste de Pascal : « L’homme passe infiniment l’homme »[2]. Comme vous, j’en suis convaincu : l’Europe ne saurait se construire sur un simple système de marché. Elle demande une volonté politique fondée sur un ensemble de valeurs communes qui, au cours des siècles, ont enrichi ce patrimoine culturel commun, que nous appelons « Europe » et qui se distingue si clairement de l’Asie avec laquelle elle se trouve pourtant en continuité territoriale.

La finalité de toute société est l’homme au service duquel elle est conçue et ses normes sont au service de la dignité et de l’épanouissement de l’homme en toutes ses dimensions. Aussi, une société est-elle vraiment humaine, dans la mesure où elle honore la dimension culturelle qui prend corps et se développe dans des contextes spécifiques. Du fait de sa condition historique, l’homme est « à la fois fils et père de la culture où il est immergé »[3], et, par conséquent, fils et père de sa propre identité. Il s’édifie dans un rapport fondamental à l’héritage du passé et de son histoire, et son identité, en s’enracinant dans cette mémoire, est en continuel devenir, portée par le dynamisme qui caractérise les cultures ouvertes au dialogue et aux échanges interculturels.

Toute culture – rappelait Jean-Paul II aux Nations Unies en 1995 – est, en effet, « un effort de réflexion sur le mystère du monde et, en particulier, de l’homme : elle est une manière d’exprimer la dimension transcendante de la vie humaine. Le cœur de toute culture est constitué par son approche du plus grand des mystères, le mystère de Dieu »[4].

C’est pourquoi l’Europe considérée sous l’angle de la culture dépasse largement l’aire des marchés économiques ou l’espace géographique de libre circulation des idées, des personnes et des biens. L’Europe est « d’abord et avant tout une communauté véritable de nations qui veulent lier leurs destinées pour vivre en frères dans le respect des cultures et des démarches spirituelles »[5].

 

2. La dimension religieuse de l’Europe et de sa culture

Le 10 janvier 2002, au cours de la traditionnelle Audience au Corps diplo­matique accrédité près le Saint-Siège, le Pape Jean-Paul II a vivement regretté l’absence des communautés de croyants parmi les interlocuteurs nommément appelés à contribuer à la réflexion sur la future Constitution de l’Europe, ajoutant : « La marginalisation des religions qui ont contribué et contribuent encore à la culture et à l’humanisme dont l’Europe est légitimement fière, me paraît être à la fois une injustice et une erreur de perspective. Reconnaître un fait historique incontestable ne signifie absolument pas méconnaître l’exigence moderne d’une juste laïcité des États, et donc, de l’Europe »[6].

C’est en partant de la transcendance que nous pouvons comprendre l’apport original du christianisme en Europe, pour répondre à la question de la destinée ultime de l’homme, question qui a occupé et occupe toujours une place centrale dans la culture européenne. S’adressant au Parlement européen à Strasbourg, le 11 octobre 1988, Jean-Paul II posait la question : « En vérité, comment pourrions-nous concevoir l’Europe privée de cette dimension transcendante ? »[7]

La foi chrétienne a permis l’éclosion et l’épanouissement de principes fondamentaux qui sont maintenant inséparablement liés à l’Europe. La foi en Dieu créateur a démythisé le cosmos pour le rendre disponible à la recherche rationnelle de l’homme[8]. La certitude révélée de la personne créée à l’image et à la ressemblance de Dieu porte en elle cette conviction : tout homme, quel qu’il soit, quelles que soient son origine ou ses conditions de vie, mérite un respect absolu. L’Église l’affirme : « Il est en l’homme une conscience irréductible aux conditionnements qui pèsent sur elle, une conscience capable de connaître sa dignité propre et de s’ouvrir à l’absolu, une conscience qui est source des choix fondamentaux guidés par la recherche du bien pour les autres comme pour soi, une conscience qui est le lieu d’une liberté responsable »[9].

Nous rejoignons ici les racines de cet humanisme qui, sans nul doute, est le fruit le plus savoureux de la culture européenne et la contribution la plus élevée à la culture humaine. De cet humanisme ont germé 1° la démocratie moderne dans laquelle la personne est non seulement respectée pour ce qu’elle est, mais participe à l’œuvre commune en exerçant sa propre responsabilité, 2° le concept de personne et 3° les droits fondamentaux de l’homme[10].

Jean-Paul II déclarait à Salzbourg, en 1998 : « Les architectes de la Maison européenne disposent de l’image de l’homme que le christianisme a inculquée dans l’antique culture du Continent... Le concept de l’homme créé à l’image et à la ressemblance de Dieu n’est donc pas une antique pièce de musée, mais représente la base d’une Europe moderne sur laquelle les multiples pierres de construction des diverses cultures, peuples et religions, peuvent être tenues unies pour l’édification du nouvel édifice »[11].

 

3. Une âme pour l’Europe, communauté de valeurs

Au partage séculaire d’une culture, s’ajoute la prévision d’institutions communautaires appelées à unir structurellement les peuples et à manifester, soutenir et fortifier l’unité culturelle en unité structurelle. Il est donc légitime et même nécessaire pour l’Europe de se tourner vers ses racines en cette phase de croissance, car le passage à cette prochaine étape ne saurait instaurer une rupture avec l’histoire bimillénaire de l’Europe. Nul ne voudrait succomber à l’illusion regrettable et délétère d’un « nouveau début » qui tendrait à renier, voire même à diaboliser tout simple rappel du passé. Voici pourquoi le Saint-Siège insiste tant – vous le constatez dans les interventions répétées du Saint-Père au cours des derniers mois – sur la référence au patrimoine religieux de l’Europe.

La construction d’une Europe digne de l’homme et faite pour l’homme ne peut se faire en dehors de la prise en compte de la richesse culturelle des peuples qui la composent, de la multiplicité des identités culturelles qui ont un droit imprescriptible à exister au sein de cette organisation transnationale, et la reconnaissance des particularités, surtout lorsque celles-ci sont riches d’un fort potentiel d’humanisation de la vie des hommes. C’est le cas de la religion issue de l’Évangile des Béatitudes, comme l’attestent deux millénaires d’histoire européenne.

La religion est une dimension essentielle de la personne humaine et des sociétés. Si le christianisme a besoin de la culture – c’est la « loi » de l’Incarnation, ce mystère de Dieu qui vient se revêtir d’une enveloppe d’humanité, s’insérer dans la culture des hommes –, il est en même temps créateur de culture, comme le soulignait le Pape Jean-Paul II, il m’en souvient, dans son discours prononcé lors de sa visite au siège de l’ Unesco à Paris, le 2 juin 1980[12]. La culture chrétienne se distingue par la centralité de la personne humaine, par son anthropologie fondée sur la valeur sacrée de la personne humaine, créée à l’image et à la ressemblance de son créateur, détentrice de droits inaliénables et par là même des devoirs qui en découlent envers ses semblables et la société, et enfin par les valeurs éthiques de la vertu sublimées par la charité, loi suprême de l’agir chrétien.

L’Europe plonge ses racines dans la culture chrétienne, témoins ces innombrables églises, œuvres d’art, patrimoine culturel matériel et immatériel, qui d’Est en Ouest du continent constituent autant de points de repère de notre commune destinée[13]. Ces racines chrétiennes ne sont certes pas exclusives des autres. Le Concile Vatican II, ouvert voici quarante ans déjà, a donné une impulsion décisive à un dialogue franc et sincère des catholiques avec les croyants des autres religions, comme avec les non-croyants. Le Concile condamne l’intolérance, ce vice qui dénature autant le religieux qui s’y dévoie que l’adepte d’une laïcité indûment transmuée en laïcisme agressif.

Il ne s’agit pas pour l’Église catholique de revendiquer un simple droit à la mémoire, pourtant légitime et nécessaire, mais de partager sa conviction du droit de millions d’hommes et de femmes à ce qu’il soit fait référence à un patrimoine de valeurs vivantes capables de participer éminemment à la construction d’une société européenne moderne, dans le respect de toutes ses composantes, sans renier l’apport des autres religions, ni sans feindre non plus de méconnaître le rôle d’une rationalité athée ou agnostique. J’ai déjà eu, du reste, l’occasion de rappeler, au Capitole, en présence du Président de la République italienne, la Déclaration européenne sur les objectifs culturels que j’ai signée à Berlin, le 25 mai 1984, avec les vingt trois autres Ministres de la Culture – c’était alors Jack Lang pour la France. Ce texte témoigne d’un consensus qu’il nous revient de raviver, sur le fait indiscutable et incontournable « que les cultures européennes sont fondées notamment sur une tradition séculaire d’humanisme laïque et religieux, source de leur attachement inaliénable à la liberté et aux droits de l’homme... [et] que le patrimoine européen est formé de ressources naturelles et de créations humaines, de richesses physiques mais aussi de valeurs spirituelles et religieuses, de croyances et de savoirs, d’angoisses et d’espoir, de raisons d’être et de modes de vie, dont la diversité fait la richesse d’une culture commune, base fondamentale de la construction européenne »[14].

Le refus de faire référence explicite à l’action positive des religions dans la constitution européenne serait une aphasie doublée d’une amnésie réductrice, incapable de reconnaître leur potentiel d’humanité et leur capacité créatrice au sein des peuples pour que rayonne en notre continent les valeurs que nous partageons, et que la France a pris comme symboles gravés sur les frontons de la République : liberté, égalité et fraternité. Henri Bergson commentait ainsi notre devise républicaine : « Telle est la démocratie théorique : elle proclame la liberté, elle réclame l’égalité, et elle réconcilie ces deux sœurs ennemies en leur rappelant qu’elles sont sœurs, en mettant au dessus de tout la fraternité »[15].

 

Conclusion

L’Europe veut se doter d’un instrument législatif qui permette aux citoyens qui la composent de vivre dans la paix et l’harmonie de rapports fondés sur la justice, le respect de l’égalité des droits fondamentaux de toute personne humaine, la liberté de conscience et de religion – tant dans l’adhésion personnelle à une révélation que dans l’expression de cette croyance à travers un culte public –, et la fraternité des peuples aux identités si riches. L’Europe est composée de peuples multiples et divers, et tous sont riches d’un patrimoine d’humanité issu de leur histoire, irrigué par l’apport des valeurs les plus hautes de la civilisation grecque et romaine que le christianisme a sauvegardées, protégées, transmises et magnifiées en plaçant au cœur de la conscience européenne, la notion de personne humaine et des droits inaliénables qui sont les siens.

L’Église catholique ne revendique certes pas la direction des affaires de l’État et elle reconnaît aux autorités de l’État la pleine responsabilité des affaires temporelles dans la juste séparation des pouvoirs. Elle considère la juste laïcité comme la garantie juridique de la liberté de conscience de tous les citoyens et l’affirmation de la volonté de l’autorité temporelle de respecter l’expression privée et publique d’une croyance et des convictions qui en découlent, dans le respect du bien commun.[16] La laïcité garantit le respect de la compétence propre des Églises et des autres autorités spirituelles à réglementer la pratique de leurs fidèles. Elle a pour vocation d’être un garant juridique, mais elle ne suffit pas à fonder le comportement éthique sans lequel périt l’humanité de l’homme, selon la belle et admirable expression de Soljenitsyne. Elle est en effet, par nature, incapable de placer la frontière entre le bien et le mal. La religion a pour mission d’inspirer l’amour du bien et le rejet du mal, elle prête sa voix aux sans voix pour une plus grande justice, et appelle à l’amour du prochain et à l’entente entre les peuples. Ce faisant, elle inspire les cultures, illumine les artistes, encourage les politiques, développe la charité pour le bien de l’homme et de la société et elle « constitue une contribution précieuse à la consolidation en Europe d’une civilisation attentive à la compréhension mutuelle entre les peuples »[17].

 

*  *  *

 

On the 25th of October 2002, at the cultural centre Saint-Louis des Français in Rome a colloquium was held on the initiative of the French Embassy to the Holy See and with the collaboration of the Pontifical Council for Culture. The aim was to reflect on the importance of the religious factor in Europe in view of the elaboration of the Constitution of Europe. Cardinal Paul Poupard opened the colloquium with a talk on the theme Europe and the religious factor: sources, patrimony, values. Presenting Europe as a cultural reality, he underlined the religious dimension of this culture, concluding with the wish of giving a soul to Europe, community of values.

 

Il 25 ottobre 2002, al Centro Culturale Saint-Louis des Français di Roma, si è tenuto un colloquio all’iniziativa dell’Ambasciata di Francia presso la Santa Sede e con la collaborazione del Pontificio Consiglio della Cultura, allo scopo di riflettere sull’importanza e sul ruolo del fatto religioso in Europa in vista dell’elaborazione della sua futura Costituzione. Il Colloquio è stato aperto da un discorso del Cardinale Paul Poupard sul tema L’Europa e il fatto religioso: fonti, patrimonio, valori. Presentando l’Europa come realtà culturale, il card. Poupard ha sottolineato la dimensione religiosa di questa cultura, concludendo con l’auspicio di dare un’anima all’Europa, comunità di valori.

 

En el Centro Cultural San Luis de los Franceses de Roma se celebró el pasado 25 de octubre de 2002 un coloquio, por iniciativa de la Embajada de Francia ante la Santa Sede, y con la Colaboración del Consejo Pontificio de la Cultura, con el fin de reflexionar sobre la importancia y el papel del hecho religioso en Europa, con vistas a la elaboración de la futura Constitución Europea. El coloquio se abrió con el discurso del Cardenal Paul Poupard sobre el tema Europa y el hecho religioso: fuentes, patrimonio, valores. Presentando Europa como realidad cultural, destacó la dimensión religiosa de esta cultura y concluyó expresando el deseo de dar un alma a Europa, comunidad de valores.

 


 


[1] J. Maritain, Discours pour l’ouverture de la Conférence Générale de l’Unesco à Mexico, le 6 novembre 1947, Doc. cath., 45 (1948) 138-150.

[2] Pascal, Pensées, éd. Brunschvig, n. 434.

[3] Cf. Conseil Pontifical de la Culture, Pour une pastorale de la culture, 1999, n. 1 ; Jean-Paul II, Fides et Ratio, n. 71.

[4] Jean-Paul II, Discours à l’Assemblée Générale des Nations Unies, 5 octobre 1995, n. 9; Doc. Cath., XCII (1995) 920.

[5] Jean-Paul II, Message au Cardinal Miloslav Vlk, Archevêque de Prague, Président du Conseil des Conférences Épiscopales d’Europe, 16 octobre 2000, n. 5, dans Doc. Cath., t. XCVII (13 novembre 2000) 960.

[6] Jean-Paul II, Discours au Corps Diplomatique accrédité près le Saint-Siège, dans Doc. Cath., t. XCIX, n. 2263 (3 février 2002) 104.

[7] Jean-Paul II, Discours au Parlement européen à Strasbourg, dans Doc. Cath., t. LXXXV, n. 1971, 1044.

[8] Cf. P. Hodgson, « L’origine chrétienne de la science moderne », dans P. Poupard, Après Galilée. Science et Foi : nouveau dialogue, Paris, DDB, 1994, 123-143.

[9] Jean-Paul II, Discours à l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe, 8 octobre 1988, n. 4, dans Doc. Cath., t. LXXXV, n. 1971, 1044.

[10] Cf. J. Maritain, Christianisme et démocratie, et Les droits de l’homme, Paris, DDB, 1989.

[11] Jean-Paul II, Discours à Salzbourg, 19 juin 1998, dans Doc. Cath., t. XCV, n. 2186, 684.

[12] Cf. Jean-Paul II, Discours à l’Unesco, n. 10, dans Doc. Cath., t. LXXVII (1980) 605.

[13] Cf. P. Poupard, Christianisme et identité nationale. Une certaine idée de l’Europe, Colloque de Klingenthal, Paris, Beauchesne, Coll. Églises et politique, 1994, 143-146.

[14] Déclaration européenne sur les objectifs culturels, dans Doc. Cath., t. LXXXI, n. 1878, 762.

[15] Cf. P. Poupard, « Intervention aux XXVIIIe rencontres internationales de Genève », L’exigence d’égalité, Histoire et Société d’aujourd’hui, Neuchâtel, Éd. de la Bâconnière, 1982, 296.

[16] Cf. P. Poupard, « Laïcité », « Laïcisme », dans Dictionnaire des Religions, Paris, PUF, 19933, 1102-1103.

[17] Jean-Paul II, Discours à S.E. M. Ludvik Toplak, nouvel Ambassadeur de Slovénie près le Saint-Siège, 5 septembre 2002, dans L’Osservatore Romano, édition hebdomadaire en langue française, 17 septembre 2002.

 

 

top

 

 

HOW WILL THE CHURCH USE THE INTERNET?

 

Keynote address to U.S. and Canadian diocesan information systems managers
participating in the Diocesan Information Systems Conference
Bloomington, Minn., May 20-22, 2002
 

Richard PATES
Auxiliary Bishop of St. Paul-Minneapolis
 

 

 

These extracts are from the text published in Origins, CNS Documentary Service Vol. 32: No. 15, September 19, 2002, p. 250-253.

 

[…] The very first and most important utilization of the Internet by the church is in fulfillment of its primary mission – evangelization, the proclamation of the Gospel. This point was highlighted in Pope John Paul’s message for World Communications Day, Sunday, May 12, 2002, the theme of which is “Internet, a New Forum for Proclaiming the Gospel.” The Holy Father strongly exhorted us, “For the church, the new world of cyberspace is a summons to the great adventure of using its potential to proclaim the Gospel message”.

Our religious heritage speaks to the centrality of communication. The communicative dysfunction and separation of the human family are highlighted by the tower of Babel, which stands as an icon of misunderstanding and isolation, carrying with it a sense of hopelessness.

This condition is reversed by the incarnation and revelation of the paschal mystery. On Pentecost, which we just celebrated yesterday, the Spirit broke through the confusion of multiple languages, and its one voice penetrated the hearts of all listeners, creating a common life and a profound unity. The Spirit was opening up the eyes of the human heart to the revelation of Jesus, the Christ, the anointed one who came to reveal to all men and women that they are profoundly loved by God. It is God’s deepest desire to share life with all forever. The initiative of Jesus in coordination with the outpouring of the Spirit is ultimately based on the internal communication of love in the Trinity.

In discharging Christ’s command to proclaim the Gospel to the ends of the world, his disciples of every age have utilized available means of communication. The spoken and written word, and the multiple modes of its expression, has served as an invaluable vehicle in fulfilling the mandate of Christ.

In the last 150 years these foundational methods of communication have been bolstered by electronic machines which are evolving in their capacity and quality – from the telegraph to the telephone, movies, the phonograph, radio and television. And now, as the digital age is being ushered in, the church welcomes computers and the Internet with all their remarkable features: instantaneous, immediate, interactive, global, expansive in content and outreach, ecologically friendly, decentralized, flexible and adaptive, egalitarian. This welcoming stance of the church was clearly stated by Pope Pius XII in the 1957 encyclical Miranda Prorsus, which has been included in the 1971 pastoral instruction Communio et Progressio: “The church sees these media as ‘gifts of God’ which, in accordance with his providential design, unite with God’s plan for our salvation”.

This position was underlined in three Internet-related documents which were published by the Holy See this year. I strongly urge all of you to read them. They extend an enthusiastic endorsement of the Internet, encouraging its creative and wise utilization along with a frank appraisal of the ethical challenges that it poses.

The titles of the documents are “The Church and Internet” and “Ethics in Internet” (both published by the Pontifical Council for Social Communications on February 22, 2002) and the message of the Holy Father for the 30th World Communications Day, May 12, 2002.

A recurring recommendation in these documents is to formulate a pastoral plan that would extensively utilize the Internet in our mission of evangelization and catechesis and also in the administration of our dioceses, parishes and institutions. It is my conviction that we now have sufficient information on and experience of the Internet phenomenon that we can move ahead full throttle in the exploration and development of such a pastoral plan on diocesan, regional and national levels.

Because outreach through the Internet embraces so many constituencies in our church community, I believe it would be advisable to explore its deployment and the development of a pastoral plan from three perspectives, thus incorporating a wide array of experts who would contribute their gifts and talents to the work of the church. […]

 

From the church’s perspective, the primary use of the Internet is to be a means of proclamation of the Gospel. Those involved with evangelization and catechesis in a diocese should concentrate on developing a site that would be attractive to a generation that is hooked on the Internet and wishes to learn more about Jesus Christ. Familiar with the culture, its influences, its positives and negatives, persons dedicated to this outreach could design highly compelling sites that would respond to people’s hunger for the Gospel. This service could be further enhanced by links to sites that are carefully selected by virtue of their information as well as appealing presentation. Such resembles in some respects the creation of a modern-day Areopagus – our following the lead of Paul, who introduced the Athenians to the unknown God.

On the parish level, the Internet can have multiple applications restricted only by one’s imagination. For instance, priests can go online via e-mail and communicate a brief, inspirational thought or reflection for each of the 40 days of Lent. A group of individuals can “converse” about the themes of Scripture to aid the preacher in preparing a homily. Many have been able to participate in a modified form in Ignatian retreat exercises because of the convenience of the Internet.

In addition to fundamental evangelization and apologetics, the site could be a resource for catechetical instruction and enhancement of such programs as the Rite of Christian Initiation of Adults, sacramental preparation, Befriender and pastoral outreach groups, Bible study, etc. Calling on imagination and extensive training, professional theologians and scholars could develop a wide array of educational and formation opportunities.

The demand and interest for this information is strong. According to a recent survey released in December by the Pew Internet and American Life Project, one in four adults who surf the Internet is looking for religious and spiritual material. The survey found that those seeking spirituality on the Web jumped in one year from 20 million to 28 million. Elena Larson, the report’s author and a Pew research fellow, noted: “The Internet fills many niches for religious people”. As examples, she cited its wide array of reference and educational material as well as being an inviting place for religious minorities, new converts and people who might be shy facing others face to face.

A further service through the Internet might be the development of a corps of highly trained and sensitive communicators who would be willing to enter into online dialogues with individuals about religious issues, including personal concerns. People are hungry for personal contact, and the opportunity to be in touch with and give growth to one’s spiritual gifts is facilitated by the Internet. Distance, space and time considerations shrivel as impediments in this forum of interaction.

Finally, information as to times and location of services could be posted highlighting location so that with the prospect of fewer priests, the faithful may be made aware of nearby sacramental celebrations. Accurate data with regard to diocesan policies and events could be available with immediacy on a widespread basis. This information service could also provide announcements and times of talks, conventions and diocesan gatherings as well as the availability and location of social services, e.g., Catholic Charities, counseling, marriage prep sessions, youth activities and gatherings, Catholic education and formation opportunities. You can rest assured the younger generation will be utilizing the Internet to find answers to the probing questions of religion as well as organizing their lives in the practice of the faith. We need to meet them at the cyberspace crossroads. […]

 

Specialists in communication ethics living in respective dioceses could address on the local scene such questions as: […]

–  Making the Internet family friendly: In many cases libertarians run-wild have carried so-called freedom beyond all reasonable bounds, to the point where the Internet is toxic to youth because of pornographic and explicit sex, violence, and consumerism that instills an excessive appetite for material goods as well as the presence of hate sites. We must not only develop technical means and oversight strategies to be exercised in individual homes to enable children to become discriminating users of the Internet, but claim our right to a wholesome environment in cyberspace that represents the very best in human living. We must stress that pollution can be destructive to the moral environment as well as the physical world.

–  Developing ethical standards for the Internet: This is a call to recruit ethicists and professional journalists and other valuable resources from the community who would seek to develop a code of ethics that might be a source of self-regulation for the industry – addressing questions as to appropriate content – who would advocate freedom of expression and the free exchange of ideas but always with respect for what is most authentically human and decent. These professionals would also offer assistance to those who become totally absorbed in the Internet, hopelessly isolated and disconnected from their fellows by having become Internet addicts. In some areas of the world, there are hints of the danger of cyberterrorism. We must work for that which brings people together and does not nurture conflict.

–  Assuring Catholic identity: With the proliferation of Catholic messages and sites, it is incumbent on the church – most likely on the diocesan level – to develop means to identify those sites which are in accord with Catholic teaching and practice. Thus a mechanism should be developed which assures users of the Internet of the authentic Catholic character of particular sites. At the same time the downside of the Internet, which contributes to the spreading of inaccurate rumors and misinformation as well as the unethical spread of technical viruses, should be confronted for the benefit of all.

 

[…] The church, through the Holy See, has identified the importance and value of the Internet in society and the church. It has highlighted how it is at the core of communication with the millennial generation now coming of age as well as their successors, who will experience the Internet as second nature and very much a part of the fabric of daily life.

Thus, the Internet is rapidly becoming an indispensable means of communicating the Gospel message, of announcing the good news. Its development and utilization are of highest priority in the mission of the local church in each diocese and parish. We are well advised to take up the call of Pope John Paul II and the leaders of the church and develop pastoral plans that situate the Internet as integral to the life of the Catholic community.

 

*  *  *

 

Comment l’Église utilisera-t-elle l’Internet? – se demande S.E.R. Mons. Richard Pates, évêque auxiliaire de St. Paul-Minneapolis, dans son discours de bienvenue aux directeurs diocésains des communications sociales des États Unis d’Amérique et du Canada, qui participaient à la conférence organisée par eux à Bloomington, Minn., du 20 au 22 mai 2002. La Revue publie des extraits du discours sur l’usage d’Internet dans l’évangélisation, la catéchèse et l’administration diocésaine, dans le but de renforcer l’identité catholique.

 

Come userà la Chiesa l’Internet? – pone la domanda S.E.R. Mons. Richard Pates, Vescovo ausiliare di St. Paul-Minneapolis, nel suo indirizzo di saluto ai direttori dei mezzi di comunicazione diocesani degli SUA e Canada, partecipanti alla conferenza organizzata appositamente per loro a Bloomington, Minn., dal 20 al 22 maggio 2002. La Rivista pubblica estratti del discorso dedicato all’uso dell’Internet nell’evangelizzazione, nella catechesi e nell’amministrazione diocesana e all’impegno per rafforzare l’identità cattolica.

 

La Iglesia, ¿Cómo usará la Internet? Es la pregunta que se plantea Mons. Richard Pates, obispo auxiliar de St. Paul-Minneapolis, en su saludo a los directores de los medios de comunicación diocesanos de Estados Unidos y Canadá, participantes en el Congreso organizado con este tema en Bloomington, Minn., del 20 al 22 de mayo de 2002. La revista publica extractos del discurso dedicado al uso de Internet en la evangelización, en la catequesis, en la administración diocesana y en el compromiso para reforzar la identidad católica.

 

 

top

 

 

LA IGLESIA Y LA IDENTIDAD CRISTIANA EN UNA EUROPA
MULTICULTURAL. DESAFÍO PARA EL CRISTIANISMO

 

Servicio Europeo para las vocaciones
Sarajevo, Bosnia y Herzegovina, 7 de julio de 2002
 

Melchor SÁNCHEZ DE TOCA ALAMEDA
Consejo Pontificio de la Cultura

 

1. Un mundo globalizado y una Europa multicultural

Durante mi vida sacerdotal he tenido frecuentemente la oportunidad de acompañar a muchachos y muchachas en su proceso de discernimiento vocacional hasta su ingreso en un seminario, en una orden religiosa, en la consagración en medio del mundo, o la vida matrimonial. El tiempo y la experiencia me han ido haciendo más consciente de las dificultades que encuentran para decidirse a dar un paso que implica toda la vida y también, y quizá en mayor grado, para perseverar en esta elección. Estoy convencido de que los jóvenes de hoy no son peores que los de otros tiempos. Cuanto más los conozco y más trato con ellos, más me persuado de ello. Sin embargo, tengo que reconocer que las dificultades que hallan hoy son acaso mayores que en otras épocas, y estas dificultades son, no sólo de fe, sino en buena medida y también, de tipo cultural. El actual contexto cultural, el mundo de la globalización y la Europa multicultural que dan título a nuestro Congreso, es el ambiente donde crece y se desarrolla la vocación al seguimiento de Cristo. Estudiar si y en qué medida, este ambiente ejerce alguna influencia sobre la elección de vida y la perseverancia en ella, constituirá el objeto de mi intervención.

Globalización y multiculturalidad son dos palabras recientes que han adquirido una enorme popularidad. No hay congreso de estudios o conferencia en que no se traten y discutan estos temas, que son también objeto de especial atención por parte del Consejo Pontificio de la Cultura.

Comencemos con algunas definiciones sumarias. La globalización es, ante todo, un fenómeno económico, que consiste en la progresiva supresión de las barreras económicas entre los diversos países y en la tendencia a la creación de un mercado único mundial, desarrollado gracias a las modernas tecnologías de la comunicación que permiten el movimiento de capitales en tiempo real en todo el mundo. Este proceso económico, sin embargo, conlleva un proceso paralelo de globalización cultural, o sea, la difusión, a escala planetaria, de un nuevo tipo de cultura que se sobrepone, y en ocasiones las anula, a las culturas tradicionales preexistentes. Los jóvenes de Dublín, de Varsovia o de Sevilla, son representantes y consumidores de esta nueva cultura: escuchan los mismos grupos musicales, ven las mismas películas y las mismas series de TV, visten ropa de las mismas marcas y tienen un modo común de pensar y actuar.

Es un fenómeno vasto y preocupante, pero no absolutamente nuevo. La humanidad ya ha conocido en el pasado fenómenos globalizadores, si bien a escala reducida. Piénsese, por ejemplo, en la difusión del helenismo que transformó el mosaico de pueblos, lenguas y culturas que era el Oriente Próximo, en un único espacio cultural y económico que ofreció a la Iglesia naciente extraordinarias posibilidades para la difusión y el anuncio del Evangelio.

Lo que preocupa hoy no es tanto la difusión de una cultura planetaria, ni tampoco, aunque con Rubén Darío nos lo preguntemos angustiados, saber si tantos hombres hablaremos inglés. Lo verdaderamente preocupante es, en primer lugar, el hecho de que esta cultura se presenta como explícitamente post-cristiana. Y en segundo lugar, no pueden dejar de suscitar inquietud los intereses económicos y políticos de reducidos grupos de poder que disponen de medios potentísimos para imponer estos modelos y estándares culturales, con los devastadores efectos que podemos apreciar. No hace mucho, los obispos de Bolivia, en su visita ad limina comentaban con preocupación los fenómenos que se están dando en algunas regiones remotas y pobres del altiplano andino, carentes de las infraestructuras más elementales, y que sin embargo disponen de TV satélite, Internet y teléfonos celulares. En opinión de los obispos bolivianos, se está dando una ruptura generacional y cultural sin precedentes, ya que los jóvenes se ven catapultados en un instante desde una sociedad patriarcal rural a la postmodernidad, sin haber realizado ni asimilado los pasos intermedios que en Occidente han acompañado este proceso. Sin embargo, no todo es negativo en este proceso de globalización. No podemos olvidar que para la Iglesia significa una oportunidad de alcanzar la humanidad entera.

Estrechamente unido a este fenómeno de la globalización es el nacimiento, sobre todo en Europa, de nuevas sociedades multiculturales. Paradójicamente, en el momento en que parece difundirse una única cultura mundial, se asiste en Europa contemporáneamente a una neta afirmación y reivindicación de la propia especificidad cultural, como reacción a una globalización que anula toda diferencia. Al mismo tiempo, los flujos migratorios provocados o inducidos por la globalización misma están alterando profundamente el rostro del Continente.

Ante todo una constatación: Europa es un continente multicultural. Este es un dato de hecho evidente a cualquier observador. De Lisboa a Moscú, de Cádiz a Rejkjavik, hay una enorme variedad de lenguas, costumbres, tradiciones, es decir, de culturas, que varían de un país a otro. Esta misma variedad existe también dentro de cada uno de los Estados europeos. No sólo en los Balcanes o en el área centroeuropea, sino en todo el Continente. Probablemente no hay un sólo país donde no haya una minoría étnica lingüística, cultural o religiosa. El sueño de un Estado Nación perfectamente homogéneo, es un espejismo o una utopía, perseguida a veces a toda costa, como lo demuestran los episodios de limpieza étnica que hemos conocido no hace mucho tiempo.

La multiculturalidad no es sólo del presente. Europa es multicultural desde siempre. Mi ciudad, Toledo, es conocida como la Ciudad de las Tres Culturas, un nombre que le fue dado a causa de la convivencia, más o menos pacífica, de cristianos, judíos y musulmanes durante la Edad Media. Se trata, desde luego, de una convivencia más idealizada que real que, como Sarajevo, representa un modelo posible y difícil de convivencia entre culturas que la guerra reciente ha destruido.

Sin embargo, a pesar de esta diversidad o pluralidad de culturas, Europa es el lugar donde, gracias al cristianismo, se ha dado históricamente la síntesis entre particularidad y universalismo que ha sido la fuente de su fecundidad cultural. Ha sido el cristianismo el factor decisivo que, por una parte ha enraizado el Evangelio en las culturas locales, preservando sus mejores elementos y, por otra, ha abierto cada una de las culturas a la dimensión universal, católica. Es importante no olvidarlo precisamente cuando está en marcha el proceso de redacción de la futura Constitución Europea y frente a los intentos de cancelar la memoria histórica de las raíces cristianas de Europa. Una peligrosa afasia, como dice el Cardenal Poupard, que conduce a la amnesia.

Junto a esta multiculturalidad que podemos llamar histórica, típica de la Europa central y oriental, en el Occidente y el Sur del continente se está desarrollando una situación muy diversa que tiene que ver con el fenómeno de la inmigración procedente de áreas culturales extraeuropeas. Se trata de una inmigración masiva que está modificando profunda y rápidamente la fisonomía cultural de muchos países europeos. El caso de España ilustra esta nueva situación. España era uno de los países más homogéneos de Europa desde el punto de vista étnico-cultural y religioso, aunque no lingüístico. Durante siglos, tras la expulsión de los judíos en 1492 y de los moriscos en 1611, no quedaron en la Península otras minorías religiosas, ni siquiera protestantes. Esta situación ha cambiado radicalmente en los últimos años a causa del fuerte fenómeno migratorio que afecta de lleno a España como país de frontera. Paseando por las calles de Barcelona, Madrid o cualquier otra gran ciudad española, es posible toparse con grupos de magrebíes, africanos, latinoamericanos, filipinos, chinos, eslavos. Son rostros, lenguas y culturas que hasta hace algunos años eran sólo presencias exóticas y que hoy, en cambio, ocupan barrios enteros.

Es un fenómeno reciente de vastas proporciones en los países del sur de Europa, algo menos en los grandes países industrializados como Gran Bretaña, Francia, Alemania o el Benelux, donde el gran flujo migratorio tuvo lugar en los años 60 y 70. Naturalmente, un impacto tan fuerte y tan rápido no queda sin consecuencias. A menudo son los estratos más pobres de la población quienes tienen que soportar el peso de los aspectos más negativos de esta inmigración masiva: competencia en el mercado de trabajo, delincuencia, prostitución, tráfico de drogas, etc. La criminalidad ligada a la inmigración ilegal (en España, el 90% de los presos preventivos en el primer semestre 2002 eran emigrantes ilegales), las polémicas sobre el uso del chador o del velo por parte de las estudiantes musulmanas en las escuelas, la construcción de mezquitas en pequeños centros rurales, todo esto suscita en ocasiones una reacción de rechazo frente al extranjero, que sólo superficialmente puede ser tachada de «xenofobia» o «racismo», pues en realidad es una situación mucho más compleja

[1]. Naturalmente, estas nuevas realidades no dejan de influir en la vida de quienes tienen que enfrentarse a ellas diariamente, así como en general sobre la vida del cristiano de hoy en Europa. Pero en mi opinión, estos fenómenos en definitiva no ejercen un papel decisivo en el proceso de discernimiento vocacional ni en el modo de vivir la propia vocación. Esta nueva multiculturalidad, con ser una situación nueva para Europa, no creo que a la larga pese decisivamente en el proceso de discernimiento vocacional.

En cambio, el verdadero problema, el desafío ante el que se trova hoy el cristiano en Europa no es la «multiculturalidad», entendida como una diversidad de hecho, tanto la reciente como la más tradicional; el verdadero desafío es el «multiculturalismo», es decir, la diversidad entendida, de modo más o menos consciente, como un valor que se debe conseguir, como un programa. En este sentido, el multiculturalismo es un proyecto ideológico[2], que no se contenta con tolerar, acoger o armonizar las diferentes culturas presentes en un territorio dado, buscando modos de pacífica coexistencia y un enriquecimiento mutuo, sino que es expresión del relativismo cultural que sitúa toda expresión cultural sobre un plano de absoluta igualdad.

Aplicado al campo político, esta idea de multiculturalismo implica que el Estado tenga que ser neutral ante las diversas culturas presentes en un país, sin favorecer ninguna de ellas. Sólo que esta especie de «ceguera cultural» que el Estado y la comunidad tendrían que tener, demuestra ser precisamente una no-neutralidad, puesto que no tiene en cuenta el valor de las raíces culturales que, en el caso europeo, están impregnadas de cristianismo. Y así sucede que la defensa de la identidad cultural de los inmigrantes llegados a Europa se hace a menudo a costa de la identidad de los países de acogida en una especie de neocolonialismo al revés: así como en otros tiempos los colonizadores europeos actuaban sin consideraciones hacia las culturas de los territorios que conquistaban, hoy los mismos europeos corren el riesgo de aplastar, no ya la cultura de los recién llegados, sino la suya propia.

Lo que sucedió recientemente en la ciudad de Birmingham puede ilustrar esta paradójica situación. El ayuntamiento de la ciudad británica propuso sustituir las fiestas de navidad con un período de vacaciones llamado “Winterval”, un híbrido de “Winter” e “interval”. Los defensores de esta propuesta sostenían que declarar festivos los días de Navidad podía resultar una discriminación frente a los miembros de otras religiones o incluso de los no creyentes. Lo extraño de la situación es que fue precisamente el responsable de una de las comunidades musulmanas de la ciudad quien más enérgicamente se opuso a esta ocurrencia, argumentando que, puesto que Inglaterra es un país cristiano, es lógico que el ayuntamiento celebre los días del nacimiento de Cristo.

En este nuevo multiculturalismo no falta la herencia de un cierto tipo de marxismo que retoma los viejos tópicos de la sociedad sin clases y del desquite de las culturas oprimidas. Hay también un tercermundismo inconsciente en los gobiernos europeos, surgido de las culpas cometidas en sus aventuras coloniales. Pero el multiculturalismo es, sobre todo, producto de la crisis de la modernidad, hijo del pensamiento débil que renuncia a la verdad y niega a la razón humana la capacidad de alcanzarla. El multiculturalismo como ideología no es sino un epifenómeno del relativismo cultural.

 

2. Diálogo entre las culturas

¿Cuál es la respuesta de la Iglesia ante el fenómeno de la diversidad de las culturas?

Para la Iglesia, toda cultura es digna de respeto. Lo cual no significa que todas las culturas tengan el mismo valor. Esta visión de la pluralidad cultural se funda sobre una sana antropología católica que ve en el hombre y en sus obras, a pesar del pecado original, un reflejo de la imagen de Dios. La pluralidad de las culturas nace de las potencialidades de la naturaleza humana y puede por tanto considerarse un bien que manifiesta la perfección de la naturaleza. Con san Agustín se podría decir que toda cultura es un modus del ser hombre y, por tanto, un nuevo bien que se añade a la específica perfección humana. La pluralidad de las culturas es un desplegarse del ser, y en este sentido, algo bueno[3]. Ahondando en esta visión, para Juan Pablo II las diversas culturas son, en definitiva, modos diversos de afrontar la cuestión del significado de la existencia personal. Y precisamente aquí reside la fuente del respeto debido a toda cultura: «toda cultura es un esfuerzo de reflexión sobre el misterio del mundo y en particular trascendente de la vida humana. El corazón de cada cultura está constituido por su acercamiento al más grande de los misterios: el misterio de Dios»[4].

Toda cultura, por tanto, es portadora de un misterio que merece respeto. Y al mismo tiempo, podemos decir que es precisamente en virtud de este dinamismo de trascendencia por lo que las diferentes culturas pueden dialogar entre sí. En efecto, así como en el nivel personal el diálogo puede convertirse en una fuente de enriquecimiento y crecimiento personal, también para las culturas la apertura a lo otro y el contacto con realidades diferentes puede constituir un impulso de progreso, como lo atestigua la historia y en particular la europea. «Las culturas, –escribe Juan Pablo II–, cuando están profundamente arraigadas en lo humano, llevan consigo el testimonio de la apertura típica del hombre a lo universal y a la trascendencia». Y por esto pueden, más aún, deben dialogar, pues «su vitalidad y subsistencia dependen de la capacidad de permanecer abiertas a la acogida de lo nuevo» (Fides et Ratio, 71). Las culturas, como los seres vivos, nacen, crecen, y si no se abren, mueren irremediablemente.

Pero si toda cultura tiene su dignidad, no por ello todo valor cultural es intocable. No podemos olvidar que toda cultura, en cuanto realidad humana, está marcada por el pecado. Si cultura es, según Juan Pablo II, «aquello por lo que el hombre en cuanto hombre se hace más hombre»[5], es evidente que muchos elementos que llamamos culturales son en realidad anti-culturales. Por la misma razón, es un contrasentido hablar de «cultura de la muerte» o «cultura de la violencia», cuando en realidad se debería hablar de «anti-cultura de la muerte». En las culturas hay muchos antivalores, estructuras de pecado y situaciones de injusticia y de alienación que no merecen ser ni protegidas ni conservadas, por mucho que pertenezcan al patrimonio ancestral de un pueblo. La lista es interminable: clitoridectomia, poligamia, sacrificios humanos, discriminación de la mujer, aborto, abandono de los recién nacidos, privación de libertad religiosa, hasta la mayor de las alienaciones que es la privación de Dios. Al igual que acontece en el encuentro entre el hombre y la Palabra de Dios, también las culturas tienen que experimentar una metanoia, una conversión. Tienen que ser purificadas por la Palabra de Dios, que es viva y eficaz y penetra hasta los tuétanos, hasta la juntura entre los huesos. Y así como la gracia no destruye la naturaleza, sino que la eleva y perfecciona, el Evangelio, en su encuentro con una cultura, ya sea una cultura de la selva amazónica, una de las milenarias culturas asiáticas o nuestra cultura secularizada occidental, las purifica sin destruirlas, las sana y las conduce a dar lo mejor de sí mismas.

Dignidad de las culturas, diálogo entre ellas y superación de los elementos contrarios a la dignidad del hombre, son los puntos en torno a los que se debe construir la auténtica multiculturalidad, igualmente distante de la unificación y de la exasperación de la diversidad. Por ello la cuestión del diálogo intercultural no se puede separar de la cuestión de la verdad y de la capacidad del hombre para hallarla. Un diálogo constructivo entre culturas y civilizaciones sólo es posible sobre la base de una búsqueda común de la verdad y de la convicción que ésta puede darse con validez absoluta en nuestras categorías humanas. En caso contrario, permaneceríamos prisioneros del relativismo cultural que niega la posibilidad de superar los propios confines culturales y de acceder a la verdad, que sería entonces únicamente presentida asintóticamente tras las diversas culturas, sin poder ser nunca alcanzada. Sólo que con ello habríamos acabado con toda forma posible de auténtico diálogo entre culturas. El Choque de civilizaciones, está servido.

 

3. Cristianos en la era del relativismo

El relativismo se presenta, así, como el gran desafío de nuestro tiempo. Fuga de las certezas, pensamiento débil, cultura light, son los rasgos intelectuales de nuestro tiempo, que no dejan de ejercer un influjo sobre la vida del cristiano y en particular de los más jóvenes, que son los primeros destinatarios de una llamada. «Vocación» es una palabra escandalosa para una cultura que tiene miedo de las convicciones demasiados fuertes, de compromisos definitivos, de valores absolutos.

Con estos presupuestos, la misma identidad cristiana entra en crisis. La pluralidad de propuestas culturales, religiosas y de modelos de vida, no siempre constituye una ocasión de enriquecimiento. Más aún, puede ser causa de la pérdida de la propia identidad. Ante esta multiplicidad, y bajo la presión de una persistente propaganda, que machaconamente insiste en la validez de todas las culturas, se corre el riesgo de perder la propia identidad. Cuando todo vale lo mismo, nada vale nada. Como explica el sociólogo americano Peter Berger,

«El pluralismo crea una condición de incertidumbre permanente respecto a aquello en lo que se debería creer y respecto al modo en que se debería vivir; pero la mente humana aborrece la incerteza, especialmente cuando ésta se refiere a lo que cuenta en la vida. Cuando el relativismo alcanza una cierta intensidad, el absolutismo vuelve a ejercer una gran fascinación. El relativismo libera, pero la libertad que deriva de él puede ser muy dolorosa; entonces los individuos buscan liberarse del relativismo.»[6]

Esto es lo que explica, en mi opinión, el éxito de los movimientos xenófobos, de las religiones alternativas y de los fundamentalismos. En un tiempo de incertidumbre, los movimientos que prometen certezas e «integridad» ejercen una fascinadora seducción.

Volviendo al análisis de la situación que estamos haciendo, todos constatamos que muchos cristianos, especialmente los jóvenes, no saben bien por qué son cristianos. No están convencidos ni siquiera de que el cristianismo sea la religión verdadera. Más aún, mirarían con sospecha a quien hablase en estos términos. Para ellos la propuesta cristiana es, como mucho, una propuesta más, a la que se adhieren sólo críticamente y salvando las distancias.

En este contexto de crisis de identidad se ha hablado y se habla aún del «regreso de lo sagrado» como uno de los rasgos característicos de nuestra época. Es un fenómeno muy complejo, que exige un estudio interdisciplinario antes de un discernimiento teológico, riguroso y equilibrado, que logre evitar tanto los fáciles entusiasmos como las condenas banales. Uno de los aspectos sobresalientes de esta nueva religiosidad es su carácter de religión «hágalo-usted-mismo», de bricolaje religioso. Un estudioso italiano ha hablado al respecto de «teoplasma», que define como «una especie de plastilina a partir de la cual el hombre moderno forma sus propios dioses y trata de adaptarlos a sus cambiantes necesidades. Análogamente, los sociólogos, hablan de una “biografía del hágalo usted mismo”, en la que se crea una nueva imagen de Dios en las diversas fases de la vida, a partir de diversos materiales de naturaleza religiosa. Es sorprendente cómo los nuevos movimientos religiosos se caracterizan en todo el mundo por estos aspectos. ... Muchas iniciativas en este campo no aparecen como una nueva religión mundial, con un nombre unitario y con un fundador concreto, pero la orientación hacia una divinidad vitalista en relación con la experiencia de sí mismo del hombre moderno, constituye una especie de red que vincula estrechamente grupos muy diversos»[7].

De aquí deriva el crecimiento espectacular de las religiones alternativas, desde la brujería hasta las religiones paganas precristianas, pasando por la santería. Tras esta «plastilina» religiosa se esconde una nostalgia de trascendencia y de espiritualidad que a menudo halla un puesto fuera de los canales religiosos tradicionales. Es un movimiento carismático, fuertemente anti-institucional. Lo cual explica el éxito de las religiones orientales –y en parte del pentecostalismo americano–, que parecen ofrecer un mayor rendimiento espiritual a costa de un menor compromiso con la institución y sin un aparato jerárquico o dogmático.

No todos se encaminan hacia una de estas nuevas religiones. Pero el mismo clima de relativismo se manifiesta en muchos cristianos, divididos entre la búsqueda de experiencias místicas fuertes, por una parte, y el rechazo al elemento histórico-objetivo de la religión. El relativismo opera una fuerte subjetivización del sentido religioso que se concentra así en lo interior del hombre, dejando de lado los contenidos objetivos de la revelación. La Iglesia, en cuanto expresión visible e institucional de la religión, no se acepta. Naturalmente, no es que el anticlericalismo sea nuevo. Sólo que hoy ya no se critica la falta de coherencia o de testimonio de los sacerdotes o los religiosos, sino la existencia misma de la Iglesia como mediación objetiva entre Dios y el hombre, su presunto «monopolio» de lo sagrado.

Esto no deja de tener consecuencias para la vida religiosa. El conflicto típico de nuestro tiempo es la antinomia, –aparente, pero experimentada con gran fuerza– entre autoridad y conciencia. Si la pobreza y la castidad crean las dificultades prácticas que todos conocemos, el consejo evangélico de la obediencia provoca hoy día un rechazo de principio. Lo cual explica las dificultades que experimentan los jóvenes a asumir y aceptar compromisos de por vida, tanto en el matrimonio como en la virginidad consagrada o en el sacerdocio. Todos conocemos casos de abandonos vocacionales clamorosos, incluso después de muy poco tiempo de vida sacerdotal o religiosa. El responsable de la pastoral vocacional de una orden religiosa confesaba, algo desalentado, pero con realismo, esta situación cuando algunos estudiantes, al final del mes ignaciano de Ejercicios, hecho con seriedad y profundidad, manifestaron su deseo de ofrecerse durante un tiempo de su vida, seis meses o un año, como voluntarios en las misiones que tenía esa orden religiosa. El sacerdote comentaba: hace apenas veinte o treinta años, esos mismos jóvenes, al acabar el mes de ejercicios, habrían tomado la decisión de ofrecerse para toda la vida en una vocación a la vida consagrada. Pero, decía, siempre es mejor seis meses que nada.

Sin embargo, tras este fenómeno complejo, y sin pretender ahora hacer apologética barata, me parece que es posible descubrir la obra del Espíritu Santo, un nuevo Pentecostés, una llamada a una mayor autenticidad en la fe, a experiencias profundas de oración y a la interioridad de la conciencia. Hay un despertar carismático espiritual por doquier, también dentro de la Iglesia Católica, que no se puede ignorar. Los nuevos movimientos eclesiales se sitúan precisamente en esta línea, como realidades nacidas de una experiencia fuerte de fe y con una exigencia radical de vida cristiana, que se remonta a los orígenes cristianos. ¿No es ésta la invitación que hace el Santo Padre en su exhortación Novo Millennio Ineunte, cuando coloca la santidad como primer punto de la programación pastoral de la Iglesia para el tercer milenio (cfr. n. 32)? Y se pregunta el mismo Papa: «¿No es acaso un “signo de los tiempos” el que hoy, a pesar de los vastos procesos de secularización, se detecte una difusa exigencia de espiritualidad, que en gran parte se manifiesta precisamente en una renovada necesidad de orar?». Tenemos un tesoro apenas explotado en la tradición mística de la Iglesia, ya sea la de Oriente o la de Occidente, que es necesario redescubrir. Por eso el Papa recuerda que «es necesario un cristianismo que se distinga ante todo en el arte de la oración» (Novo Millennio Ineunte 32). Las comunidades cristianas están llamadas a convertirse en «escuelas de oración», donde poder experimentar que Dios escucha el gemido del pobre, donde se aprenda a dar gracias, a alabar, a contemplar, a escuchar, a dejar que el corazón se inflame en fuego de amor hasta el arrebato del corazón (ibid.). Claro que, como aclara el mismo Pontífice, no se trata simplemente de operar un giro espiritualista, simétrico respecto al giro social de años pasados, sino de una oración «que sin embargo no aparta del compromiso en la historia: abriendo el corazón al amor de Dios, lo abre también al amor de los hermanos, y nos hace capaces de construir la historia según el designio de Dios» (Novo Millennio Ineunte 33). No es con fórmulas gastadas con lo que se conquistan los corazones. Se trata de vivir con autenticidad y profundidad la dimensión mística de la fe, que ha de ir de la mano de un compromiso exigente con las realidades humanas. Hoy, igual que hace dos mil años, la fe sin el testimonio de las obras es una fe muerta, incapaz de convencer.

 

4. Abiertos a la esperanza y al futuro

Esta Europa multicultural, rica, fragmentada, hedonista y secularizada es el mundo al que hemos sido llamados a desempeñar nuestro servicio. Es inútil lamentarse de ello y soñar tiempos pasados que, ya se sabe, resultan siempre más hermosos en la imaginación y el recuerdo de la gente que en la realidad. Ya san Agustín exhortaba a sus contemporáneos a no lamentarse de los tiempos difíciles en que vivían, tiempos de invasiones bárbaras y de calamidades: «No protestéis, pues, queridos hermanos... Es verdad que encuentras hombres que protestan de los tiempos actuales y dicen que fueron mejores los de nuestros antepasados; pero esos mismos, si se les pudiera situar en los tiempos que añoran, también entonces protestarían. En realidad juzgas que esos tiempos pasados son buenos, porque no son los tuyos»[8]. En lugar de llorar los males de nuestro tiempo, tengamos el coraje de «pasar a los bárbaros», como decía el Beato Federico Ozanam. Así hizo la Iglesia tras la caída del imperio romano cuando, tras haber llorado las ruinas del viejo orden, emprendió decididamente la evangelización de los nuevos amos. También nosotros, en lugar de soñar el regreso de una sociedad cristiana culturalmente homogénea, o de los tiempos hermosos de las vocaciones abundantes, pasemos a los bárbaros del tercer milenio, que son nuestros jóvenes, nuestras gentes, los nuevos inmigrantes llegados de todos los confines del planeta.

Por ello es preferible hablar de desafíos y no de problemas o amenazas. No somos tan ingenuos como para ignorar los peligros reales de los fenómenos de nuestro tiempo ni las amenazas reales que se ciernen sobre el futuro del hombre. Pero descubrimos también enormes posibilidades para el anuncio del Evangelio.

Es cierto: en la mayor parte de Europa, sobre todo en los países llamados de antigua tradición cristiana y católica, los cristianos somos hoy una minoría culturalmente marginada que tiene que cargar con el peso de una mayoría, todavía formalmente cristiana, pero tibia y negligente. Este es el lúcido diagnóstico que trazaba el Card. Carlo Maria Martini durante su intervención en la Asamblea Plenaria del Consejo Pontificio de la Cultura el pasado mes de marzo. Pero subrayaba también las ventajas de esta situación: siendo una minoría, es más incisiva; más aún, con frecuencia es la única minoría capaz de dar esperanza a un mundo como el nuestro, de un modo coherente y respetuoso de la dignidad de la persona. Y esta situación de minoría nos acerca a nuestros orígenes, al Nuevo Testamento; hace de nosotros sal y luz, ciudades puestas en lo alto y punto de referencia para otros.

No podemos olvidar tampoco la extraordinaria oportunidad que representa para la evangelización la presencia de creyentes de otras religiones precisamente en nuestros países. Hoy ya nos es necesario viajar a países lejanos para llevar el primer anuncio del Evangelio. Entre nosotros hay personas que no han oído hablar de Cristo, o sólo superficialmente. Y no sólo entre los inmigrantes, sino también entre esos nuevos paganos europeos. Precisamente aquí, lejos de sus ambientes de origen, acaso estén más libres y dispuestos a escuchar serenamente y sin prejuicios el Evangelio de Cristo. ... Siempre que haya alguien dispuesto a hacerlo, convencido de que «evangelizar constituye la dicha y vocación propia de la Iglesia, su identidad más profunda» (Evangelii Nuntiandi 14) y de que no podemos contentarnos con que sigan siendo fieles practicantes de su religión de origen.

Para esta tarea podemos contar con el entusiasmo de los jóvenes. Los jóvenes de hoy no son ni mejores ni peores que los de otros tiempos[9]. Y si bien es cierto que sobre ellos se invoca con frecuencia la «ley de la decadencia universal de las generaciones», en virtud de la cual cada generación piensa que tras ella no quede lugar más que para la ruina y el desierto, sin embargo, no es cierto que los jóvenes de hoy sean más débiles, más consentidos o menos capaces de sus antepasados. Poseen cualidades y defectos, diferentes de los de sus predecesores, pero en una proporción semejante. Son diferentes, y de ellos surgirán por fuerza vocaciones que tendrán acentos y perfiles acaso diferentes en lo exterior, aun cuando la entrega total de la vida siga siendo la misma. Es inútil obstinarse en copiar estilos y modelos caducos. A pesar de todas las dificultades ambientales, que son de tipo cultural, a pesar de una socialización deficiente en familias a menudo divididas o fragmentadas, a pesar de todas las carencias en la transmisión del depósito de la fe, hay algo de eterno en el corazón de cada hombre que lo abre a la acción de Dios. Y como «el Padre trabaja siempre» (Jn 5,17), también el Hijo y el Espíritu Santo continúan su obra santificadora en este inicio del tercer milenio.

La figura trágica de Eneas, el héroe virgiliano de la Eneida, podría servir como icono para describir la situación presente. Eneas, huyendo de Troya, lleva a su anciano padre Anquises a la espalda, en un gesto que lo convirtió para siempre en el modelo de la piedad filial. Pero el pío Eneas lleva de la mano a su hijo Ascanio en busca de una nueva patria y un nuevo hogar. Eneas representa así una figura puente entre un mundo que perece y una nueva sociedad que está en gestación. Es portador de la tradición y guía de una nueva generación. En el difícil campo de la pastoral de la vocación, son necesarios nuevos Eneas que sepan asumir el legado de la tradición, con el coraje de abandonar una Troya que se hunde y marchar de la mano de nuevas generaciones hacia una nueva patria espiritual.

Nos hallamos en una encrucijada histórica, en el alumbramiento de un nuevo mundo y nos afanamos por saber cómo será el futuro. El tiempo de la historia es el tiempo de la longue durée y el siglo es la unidad de medida justa para los fenómenos culturales. Pero de una cosa podemos estar seguros: «Se puede pensar con toda razón que el porvenir de la humanidad está en manos de quienes sepan dar a las generaciones venideras razones para vivir y razones para esperar» (Gaudium et Spes 31).

 

*  *  *

 

Fr. Melchor Sánchez De Toca Alameda of the Pontifical Council for Culture intervened at a Meeting of the “European Vocations Service” at Sarajevo, in Bosnia and Herzegovina, on the 7th of July 2002. His talk, entitled The Church and Christian Identity in a Multicultural Europe: A Challenge for Christianity opens with a presentation of the multicultural and globalised situation of Europe and underlines the importance of dialogue between cultures. It concludes with an invitation to be open to hope and the future, notwithstanding today’s relativism.

 

Abbé Melchor Sánchez De Toca Alameda du Conseil Pontifical de la Culture est intervenu à l’occasion de la Rencontre organisée par le « Service Européen pour les vocations » à Sarajevo, en Bosnie-herzégovine, le 7 juillet 2002. Son discours, sur le thème de L’Église et l’identité chrétienne dans une Europe multiculturelle. Défi pour le Christianisme s’ouvre par une réflexion sur l’Europe multiculturelle et la mondialisation, et souligne l’importance du dialogue entre les cultures. Elle se termine par une invitation à l’espérance dans le futur, malgré le relativisme ambiant.

 

Don Melchor Sánchez De Toca Alameda, del Pontificio Consiglio della Cultura, è intervenuto con una relazione all’Incontro organizzato dal “Servizio Europeo per la vocazioni” e tenutosi a Sarajevo, in Bosnia ed Erzegovina, il 7 luglio 2002. La relazione, dal titolo La Chiesa e l’identità cristiana in una Europa multiculturale. Sfida per il cristianesimo, si apre con la presentazione della realtà multiculturale e globalizzata dell’Europa, ribadendo l’importanza del dialogo tra le culture. Infine, invita ad essere aperti verso la speranza e il futuro, nonostante il relativismo odierno.

 


 

[1] Cfr. Sartori, G., Pluralismo, Multiculturalismo ed estranei, Rizzoli, Milano 2001, p. 47.

[2] Sartori, G., Ibid. Aunque no todas las tesis del autor son aceptables, el análisis que hace en su libro del multiculturalismo contiene muchos elementos útiles.

[3] E. Forment, «El pluralismo cultural y la unidad de la fe», in Pontificio Consejo de la Cultura, Actas del Simposio “La cultura y la esperanza cristiana” Sevilla 12-14 marzo 1998. Córdoba 1999, 85-86.

[4] Juan Pablo II, Discurso ante la Asamblea General de las Naciones Unidas, Nueva York 5-X-1995, nn. 9-10: L’Osservatore Romano. Edición semanal en lengua española, 27 (1995) 564.

[5] Juan Pablo II, Carta autógrafa al Card. Agostino Casaroli con la que se instituye el Consejo Pontificio de la Cultura (20 mayo 1982), AAS (1982) 684.

[6] P. Berger, Una gloria lejana, Barcelona, Herder 1995, 63.

[7] R. Pettazzoni, citado en P. Squeri, «Comunicazione, fede e cultura», Teologia e Comunicazione, San Paolo, Cinisello Balsamo 2001, p. 33.

[8] S. Agustín, Sermo Caillau-Saint-Yves 2, 92. PLS, 2,441-442.

[9] He expuesto con más detalle mi punto de vista al respecto en Tomás Morales, apóstol de la juventud, Encuentro, Madrid 1999.

 

 


top