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CONSEIL PONTIFICAL POUR LA FAMILLE
THÈMES POUR LA RÉFLEXION ET LE DIALOGUE, EN PRÉPARATION À LA QUATRIÈME RENCONTRE MONDIALE DES FAMILLES
LA FAMILLE CHRÉTIENNE: UNE BONNE NOUVELLE POUR LE TROISIÈME MILLÉNAIRE (Manille,
25-26 janvier 2003)
Dans la vision chrétienne du mariage, la relation entre un homme et une femme
— relation réciproque et totale, unique et indissoluble — répond au
dessein originel de Dieu, qui s'est obscurci dans l'histoire par la «dureté du
cœur», mais que le Christ est venu restaurer dans sa splendeur originelle, en
révélant ce que Dieu a voulu depuis «le commencement» (Mt 19, 8).
Dans le mariage, élevé à la dignité de sacrement, est aussi exprimé le «grand
mystère» de l'amour sponsal du Christ pour son Église (cf. Ep 5,
32).
Sur ce point, l'Église ne peut céder aux pressions d'une certaine culture, même
si celle-ci est répandue et parfois militante. Il faut plutôt faire en sorte
que, par une éducation évangélique toujours plus complète, les familles chrétiennes
donnent un exemple convaincant de la possibilité d'un mariage vécu de manière
pleinement conforme au dessein de Dieu et aux vraies exigences de la personne
humaine: de la personne des conjoints et surtout de celle, plus fragile, des
enfants. Les familles elles-mêmes doivent être toujours plus conscientes de
l'attention due à leurs enfants et se faire les sujets actifs d'une présence
ecclésiale et sociale efficace pour la sauvegarde de leurs droits.
Les chrétiens ont en outre le devoir d'annoncer avec joie et conviction la
«bonne nouvelle» sur la famille, laquelle a absolument besoin d'écouter
encore et sans cesse et de comprendre toujours plus profondément les paroles
authentiques qui lui révèlent son identité, ses ressources intérieures.
Présentation
Voici le livret que nous proposons, comme lors des précédentes Rencontres
Mondiales, pour aider à la réflexion et à la méditation, au dialogue et à
la prière, et préparer ainsi la IVème Rencontre Mondiale des Familles,
qui aura lieu à Manille, Philippines, les 25 et 26 janvier 2003.
Cette IVème Rencontre Mondiale fait suite à la première, qui a eu lieu à
Rome au cours de l'Année de la Famille (1994), à la seconde qui a eu lieu à
Rio de Janeiro en 1997, et à la troisième qui a été célébrée à Rome au
mois d'octobre 2000 (Jubilé des Familles).
La devise inspiratrice de cette Rencontre, «La famille chrétienne: une
bonne nouvelle pour le troisième millénaire» a été choisie par le Saint
Père Jean Paul II. Sa Sainteté, dans la Lettre Apostolique Novo Millennio
Ineunte écrit: «La relation entre un homme et une femme — relation réciproque
et totale, unique et indissoluble — répond au dessein originel de Dieu». Par
conséquent, continue le Pape, «sur ce point, l'Église ne peut céder aux
pressions d'une certaine culture, même si celle-ci est répandue et parfois
militante» (n. 47). Ce mystère du «dessein originel» de Dieu, dévoilé aux
époux dans l'amour du Christ pour Son Église, est accueilli dans la parole et
dans le sacrement et les rend témoins de la Bonne nouvelle de la vie de
famille.
Les fiches qui suivent, au nombre de 12, ont pour objet de développer certains
sujets significatifs en rapport avec la famille chrétienne comme bonne
nouvelle. Les fiches, volontairement brèves et simples, présentent certains
des thèmes fondamentaux de l’enseignement de l’Église, à partir des
documents les plus récents de cet enseignement, en particulier ceux du
Concile Vatican II et du Pontificat de Jean Paul II.
Les textes ainsi proposés peuvent être utilisés par les membres de la
pastorale familiale, pour guider un parcours de réflexion et de dialogue.
Celui-ci sera conduit de préférence dans des assemblées familiales, adaptant
les thèmes aux différentes cultures et aux contextes sociaux locaux. Ces
assemblées familiales consistent en des réunions de groupes de familles,
parents et enfants, durant lesquelles, à l’aide d’une grille-guide, les
participants réfléchissent sur les thèmes proposés.
La structure de chaque rencontre est très simple: après un chant initial et la
récitation du Notre Père, on lit un passage de l’Écriture Sainte. Puis on
passe à la lecture du thème et l’accompagnateur du groupe, prêtre ou laïc,
donne alors une brève réflexion pour introduire le dialogue entre les
participants. Celui-ci devrait conduire, en fin de rencontre, à une ou des résolutions
concrètes à forme d’engagement. La rencontre se termine par la récitation
du «Je vous salue Marie» et de la Prière pour la Famille, suivie d’un chant
final.
Les thèmes de réflexion et de dialogue ont été choisis en vue de la préparation
à la Rencontre Mondiale des Familles, soit pour ceux qui se rendront à Manille
les 25 et 26 janvier 2003, soit pour les familles qui célébreront la Rencontre
dans leurs différents diocèses.
*****
INDEX
III. La famille, cœur de l’évangélisation
VIII. La famille, communauté de prière
IX. La famille, centre et source
du bien social
X. La famille et
l’amour pour les plus faibles
XII. La famille, sanctuaire de la vie
I. LA FAMILLE ACCUEILLE ET ANNONCE LA BONNE NOUVELLE
Chant d’entrée
Récitation du Notre Père
Lecture de la Bible
«Or il advint, comme ils étaient là, que les jours furent accomplis où elle
devait enfanter. Elle enfanta son fils premier-né, l'enveloppa de langes et le
coucha dans une crèche, parce qu'ils manquaient de place dans la salle. Il y
avait dans la même région des bergers qui vivaient aux champs et gardaient
leurs troupeaux durant les veilles de la nuit. L'Ange du Seigneur se tint près
d'eux et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa clarté; et ils furent saisis
d'une grande crainte. Mais l'ange leur dit: "Soyez sans crainte, car voici
que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple:
aujourd'hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la ville
de David. Et ceci vous servira de signe: vous trouverez un nouveau-né enveloppé
de langes et couché dans une crèche". Et soudain se joignit à l'ange une
troupe nombreuse de l'armée céleste, qui louait Dieu, en disant: "Gloire
à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix aux hommes objets de sa
complaisance!"» (Lc 2, 6-14).
Réflexion
L'Église Mère engendre, éduque, édifie la famille chrétienne. En annonçant
la Parole de Dieu, l'Église révèle à la famille chrétienne sa véritable
identité, autrement dit ce qu'elle est et ce qu'elle doit être selon le
dessein du Seigneur. En célébrant les sacrements, l'Église enrichit et
fortifie la famille chrétienne avec la grâce du Christ. En renouvelant la
proclamation du commandement nouveau de la charité, l'Église anime et guide la
famille chrétienne au service de l'amour, pour lui permettre d'imiter et de
revivre l'amour même de donation et de sacrifice que le Seigneur Jésus nourrit
pour l'humanité entière.
La famille accueille et annonce la Parole
A son tour, la famille chrétienne est insérée dans le mystère de l'Église
au point de participer, à sa façon, à la mission de salut qui lui est propre:
accueillir et annoncer la Parole de Dieu; elle devient ainsi, chaque jour
davantage, une communauté qui croit et qui évangélise.
L'obéissance de la foi est demandée également aux époux et aux parents chrétiens
(cf. Rm 16, 26): ils sont appelés à accueillir la Parole du Seigneur
qui leur révèle la merveilleuse nouveauté — autrement dit la «bonne
nouvelle» — de leur vie conjugale et familiale rendue par le Christ sainte et
sanctifiante. En effet, c'est seulement dans la foi qu'ils peuvent découvrir et
admirer dans une gratitude joyeuse la dignité à laquelle Dieu a voulu élever
le mariage et la famille en en faisant le signe et le lieu de l'alliance d'amour
entre Dieu et les hommes, entre Jésus-Christ et l'Église son Épouse.
Déjà, la préparation au mariage chrétien est qualifiée d'itinéraire de
foi; elle se situe en effet comme une occasion privilégiée permettant aux
fiancés de redécouvrir et d'approfondir la foi reçue au baptême et nourrie
par l'éducation chrétienne. De cette façon, ils reconnaissent et ils
accueillent librement la vocation à vivre à la suite du Christ et au service
du Royaume de Dieu dans l'état même du mariage.
Dans le vécu de chaque jour
Le moment fondamental de l'expression de la foi des époux en tant que tels est
celui de la célébration du sacrement de mariage qui, par sa nature profonde,
est la proclamation, dans l'Église, de la Bonne Nouvelle sur l'amour conjugal:
il est Parole de Dieu qui «révèle» et «accomplit» le projet plein de
sagesse et d'amour que Dieu a sur les époux, introduits dans la participation
mystérieuse et réelle à l'amour même de Dieu pour l'humanité. Si la célébration
sacramentelle du mariage est en elle même proclamation de la Parole de Dieu,
accomplie au sein de l'Église et avec l'Église, communauté de croyants, elle
demande aussi à être prolongée tout au long de la vie des époux et de la
famille. Dieu, en effet, qui a appelé les époux «au» mariage continue à les
appeler «dans» le mariage. Dans et à travers les faits, les problèmes, les
difficultés, les événements de l'existence de tous les jours, Dieu vient à
eux en leur révélant et en leur proposant les «exigences» concrètes de leur
participation à l'amour du Christ pour l'Église, en rapport avec la situation
particulière — familiale, sociale et ecclésiale — dans laquelle ils se
trouvent.
Dans la mesure où la famille chrétienne accueille l'Évangile et mûrit dans
la foi, elle devient une communauté qui évangélise. La famille, comme l'Église,
se doit d'être un espace où l'Évangile est transmis et d'où l'Évangile
rayonne. Au sein donc d'une famille consciente de cette mission, tous les
membres de la famille évangélisent et sont évangélisés. Les parents non
seulement communiquent aux enfants l'Évangile mais peuvent recevoir d'eux ce même
Évangile profondément vécu. Et une telle famille se fait évangélisatrice de
beaucoup d'autres familles et du milieu dans lequel elle s'insère.
Au sein de l’apostolat évangélisateur des laïcs, il est impossible de ne
pas souligner l’action évangélisatrice de la famille. En effet, l'avenir de
l'évangélisation dépend en grande partie de l'Église domestique. Cette
activité apostolique de la famille est enracinée dans le baptême et reçoit
de la grâce sacramentelle du mariage une nouvelle impulsion pour transmettre la
foi, pour sanctifier et transformer la société actuelle selon le dessein de
Dieu. L'avenir est entre les mains des familles qui auront su donner aux générations
de demain des raisons de vivre et d'espérer.
Réflexions du prêtre ou de l’accompagnateur
Dialogue
Pourquoi dit-on que la famille accueille la Parole de Dieu?
Comment se mettre à l’écoute de la Parole de Dieu, comment l’accueillir,
la vivre et comment la proclamer au monde, par notre parole et le témoignage de
notre vie?
Résolutions
Je vous salue Marie
Regina Familiae: ora pro nobis
Prière pour la Famille
Chant final
II. LA FAMILLE CHRÉTIENNE, TÉMOIN DE L’ALLIANCE PASCALE
Chant d’entrée
Récitation du Notre Père
Lecture de la Bible
«Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l'Église: il s'est livré
pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant par le bain d'eau qu'une parole
accompagne; car il voulait se la présenter à lui-même toute resplendissante,
sans tache ni ride ni rien de tel, mais sainte et immaculée. De la même façon
les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps. Aimer sa femme,
c'est s'aimer soi-même. Car nul n'a jamais haï sa propre chair; on la nourrit
au contraire et on en prend bien soin. C'est justement ce que le Christ fait
pour l'Église: ne sommes-nous pas les membres de son Corps? Voici donc que
l'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, et les deux
ne feront qu'une seule chair: ce mystère est de grande portée; je veux dire
qu'il s'applique au Christ et à l'Église. Bref, en ce qui vous concerne, que
chacun aime sa femme comme soi-même, et que la femme révère son mari» (Ep 5,
25-33).
Réflexion
La famille chrétienne, surtout aujourd'hui, est spécialement appelée à témoigner
de l'alliance pascale du Christ, grâce au rayonnement constant de la joie de
l'amour et de la certitude de l'espérance, dont elle doit rendre compte: la
famille chrétienne proclame hautement à la fois les vertus actuelles du
Royaume de Dieu et l'espoir de la vie bienheureuse.
Signe de l’alliance pascale
L'Église professe que le mariage, comme sacrement de l'alliance entre époux,
est un «grand mystère», puisqu'en lui s'exprime l'amour sponsal du Christ
pour son Église. Saint Paul écrit: «Maris, aimez vos femmes comme le
Christ a aimé l'Église; il s'est livré pour elle, afin de la sanctifier en la
purifiant par le bain d'eau qu'une parole accompagne» (Ep 5, 25-26).
L'Apôtre parle ici du Baptême, dont la Lettre aux Romains traite largement, en
le présentant comme la participation à la mort du Christ pour partager sa vie
(cf. Rm 6, 3-4). Par ce sacrement, le croyant naît comme un homme
nouveau, car le Baptême a le pouvoir de communiquer une vie nouvelle, la vie même
de Dieu. Le mystère théandrique du Dieu-homme se résume, d'une certaine manière,
dans l'événement baptismal. «Le Christ Jésus notre Seigneur, Fils du Dieu Très-Haut
— dira plus tard saint Irénée, et avec lui tant d'autres Pères de l'Église
d'Orient et d'Occident — devient Fils de l'homme pour qu'à son tour l'homme
devienne fils de Dieu» (Adversus haereses, III, 10, 2: PG 7,
873).
Christ, époux de l’Église
C'est là certainement une expression nouvelle de la vérité éternelle sur le
mariage et sur la famille à la lumière de la Nouvelle Alliance. Le Christ l'a
révélée dans l'Évangile, par sa présence à Cana de Galilée, par son
sacrifice sur la Croix et par les sacrements de son Église. Les époux trouvent
ainsi dans le Christ une référence pour leur amour sponsal. Parlant du
Christ Époux de l'Église, saint Paul se réfère de manière analogique à
l'amour sponsal; il renvoie au Livre de la Genèse: «L'homme quitte son père
et sa mère et s'attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair» (Gn
2, 24). Voici le «grand mystère» de l'éternel amour déjà présent dans la
création, révélé dans le Christ et confié à l'Église. «Ce mystère est
de grande portée — répète l'Apôtre —; je veux dire qu'il s'applique au
Christ et à l'Église» (Ep 5, 32). On ne peut donc comprendre l'Église
comme Corps mystique du Christ, comme signe de l'Alliance de l'homme avec Dieu
dans le Christ, comme sacrement universel du salut, sans se référer au «grand
mystère», en rapport avec la création de l'homme, homme et femme, et avec la
vocation des deux à l'amour conjugal, à la paternité et à la maternité. Le
«grand mystère», qui est l'Église et l'humanité dans le Christ, n'existe
pas sans le «grand mystère» qui s'exprime dans le fait d'être «une seule
chair» (cf. Gn 2, 24; Ep 5, 31-32), c'est-à-dire dans la réalité
du mariage et de la famille.
Famille, grand «mystère»
La famille elle-même est le grand mystère de Dieu. Comme «Église domestique»,
elle est l'épouse du Christ. L'Église universelle, et en elle chaque Église
particulière, se révèle plus immédiatement comme épouse du Christ, dans l'«Église
domestique» et dans l'amour vécu en elle: amour conjugal, amour paternel et
maternel, amour fraternel, amour d'une communauté de personnes et de générations.
L'amour humain est-il envisageable sans l'Époux et sans l'amour dont, le
premier, il a aimé jusqu'à la fin? C'est seulement s'ils prennent part à cet
amour et à ce «grand mystère» que les époux peuvent aimer «jusqu'à la fin»:
ou bien ils deviennent participants de cet amour, ou alors ils ne savent pas à
fond ce qu'est l'amour et à quel point ses exigences sont radicales.
Réflexions du prêtre ou de l’accompagnateur
Dialogue
Pourquoi, dans la vie conjugale, les époux sont ils témoins du mystère de
l’alliance pascale entre le Christ et son Église?
Comment la réponse d’amour au Christ se réalise-t-elle dans notre famille?
Résolutions
Je vous salue Marie
Regina Familiae: ora pro nobis
Prière pour la Famille
Chant final
III. LA FAMILLE, CŒUR DE L’ÉVANGÉLISATION
Chant d’entrée
Récitation du Notre Père
Lecture de la Bible
«Jésus retourna en Galilée, avec la puissance de l'Esprit, et une rumeur se répandit
par toute la région à son sujet. Il enseignait dans leurs synagogues, glorifié
par tous. Il vint à Nazara où il avait été élevé, entra, selon sa coutume
le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture. On lui
remit le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage
où il était écrit: L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré
par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé
annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue,
renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur»
(Lc 4, 14-19).
Réflexion
Parmi les tâches fondamentales de la famille chrétienne prend place celle que
l'on peut dire ecclésiale, celle qui met la famille au service de l'édification
du Royaume de Dieu dans l'histoire, moyennant la participation à la vie et à
la mission de l'Église. Elle est appelée à prendre une part active et
responsable à la mission de l'Église d'une façon propre et originale, en se
mettant elle-même au service de l'Église et de la société dans son être et
dans son agir, en tant que communauté intime de vie et d'amour.
Communauté de vie et d’amour
Si la famille chrétienne est une communauté dont les liens sont renouvelés
par le Christ à travers la foi et les sacrements, sa participation à la
mission de l'Église doit se réaliser d'une facon communautaire; c'est
donc ensemble que les époux en tant que couple, les parents et les
enfants en tant que famille, doivent vivre leur service de l'Église et
du monde. Ils doivent être, dans la foi, «un seul cœur et une seule âme» (Ac
4, 32), aussi bien dans l'esprit apostolique commun qui les anime qu'à travers
la collaboration qui les engage au service de la communauté ecclésiale et de
la communauté civile.
La famille chrétienne, par ailleurs, édifie le Royaume de Dieu dans l'histoire
à travers les réalités quotidiennes qui concernent et qui caractérisent sa condition
de vie: c'est dès lors dans l'amour conjugal et familial — vécu
dans sa richesse extraordinaire de valeurs et avec ses exigences de totalité,
d'unicité, de fidélité et de fécondité — que s'exprime et se réalise la
participation de la famille chrétienne à la mission prophétique, sacerdotale
et royale de Jésus-Christ et de son Église. L'amour et la vie constituent donc
le point central de la mission salvifique de la famille chrétienne dans l'Église
et pour l'Église.
Famille, sujet de l’évangélisation
Le Concile Vatican II le rappelle aussi lorsqu'il écrit que les familles se
communiqueront aussi avec générosité leurs richesses spirituelles. Alors, la
famille chrétienne, parce qu'elle est issue d'un mariage, image et
participation de l'alliance d'amour qui unit le Christ et l'Église, manifestera
à tous les hommes la présence vivante du Sauveur dans le monde et la véritable
nature de l'Église, tant par l'amour des époux, leur fécondité généreuse,
l'unité et la fidélité du foyer, que par la coopération amicale de tous ses
membres.
C’est en
prenant ainsi part à la vie et à la mission ecclésiales, que la famille est
appelée à remplir sa tâche éducative dans l'Église. Elle désire éduquer
surtout par la famille, habilitée à cela par le sacrement du mariage,
avec la «grâce d'état» qui en découle et le charisme spécifique qui est le
propre de toute la communauté familiale.
L’éducation religieuse
L'un des domaines dans lesquels la famille est irremplaçable est assurément
celui de l'éducation religieuse, qui lui permet de se développer comme
«Église domestique». L'éducation religieuse et la catéchèse des enfants
situent la famille dans l'Église comme un véritable sujet actif d'évangélisation
et d'apostolat. Il s'agit d'un droit intimement lié au principe de la
liberté religieuse. Les familles, et plus concrètement les parents, ont la
liberté de choisir pour leurs enfants un modèle d'éducation religieuse et
morale déterminé, correspondant à leurs convictions. Mais, même quand ils
confient ces tâches à des institutions ecclésiales ou à des écoles dirigées
par un personnel religieux, il est nécessaire que leur présence éducative
demeure constante et active.
Réflexions du prêtre ou de l’accompagnateur
Dialogue
Pourquoi les parents sont-ils les premiers et les principaux éducateurs de
leurs enfants; pourquoi une telle éducation constitue-t-elle pour eux un droit
et un devoir?
Les parents sont-ils conscients de leur responsabilité d’être les premiers
évangélisateurs de leurs enfants, leur communiquant la foi chrétienne?
Résolutions
Je vous salue Marie
Regina Familiae: ora pro nobis
Prière pour la Famille
Chant final
IV. LA FAMILLE CHRÉTIENNE, ÉGLISE DOMESTIQUE
Chant d’entrée
Récitation du Notre Père
Lecture de la Bible
«Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée,
du nom de Nazareth, à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la
maison de David; et le nom de la vierge était Marie. Il entra et lui dit:
"Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi". A cette
parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette
salutation. Et l'ange lui dit: "Sois sans crainte, Marie; car tu as trouvé
grâce auprès de Dieu. Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un
fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus. Il sera grand, et sera appelé Fils
du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père; il régnera
sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin"»
(Lc 1, 26-33).
Réflexion
Le Christ a voulu naître et grandir au sein de la Sainte Famille de Joseph et
Marie. L’Église n’est autre que la «famille de Dieu». Dès ses origines,
le noyau de l’Église était souvent constitué par ceux qui, «avec toute
leur maison», étaient devenus croyants (cf. Ac 18, 8). Lorsqu’ils se
convertissaient, ils désiraient aussi que «toute leur maison» soit sauvée
(cf. Ac 16, 31 et 11, 14). Ces familles devenues croyantes étaient des
îlots de vie chrétienne dans un monde incroyant.
Des nos jours, dans un monde souvent étranger et même hostile à la foi, les
familles croyantes sont de première importance, comme foyers de foi vivante et
rayonnante. C’est pour cela que le deuxième Concile du Vatican appelle la
famille, avec une vieille expression, Ecclesia domestica – Église
domestique (LG, 11; cf. FC, 21). C’est au sein de la famille
que les parents sont par la parole et par l’exemple pour leurs enfants les
premiers hérauts de la foi, au service de la vocation propre de chacun et tout
spécialement de la vocation sacrée.
Sacerdoce baptismal des fidèles et catéchèse en famille
C’est ici que s’exerce de façon privilégiée le sacerdoce baptismal
du père de famille, de la mère, des enfants, de tous les membres de la
famille, par la réception des sacrements, la prière et l’action de grâce,
le témoignage d’une vie sainte, et par leur renoncement et leur charité
effective. Le foyer est ainsi la première école de vie chrétienne et une école
d’enrichissement humain. C’est ici que l’on apprend l’endurance et la
joie du travail, l’amour fraternel, le pardon généreux, même réitéré, et
surtout le culte divin par la prière et l’offrande de sa vie.
La nécessité absolue de la catéchèse familiale émerge avec une force
singulière dans des situations déterminées, que l'Église enregistre
malheureusement en divers endroits: là où une législation antireligieuse prétend
même empêcher l'éducation de la foi, là où une incroyance diffuse ou bien
un sécularisme envahissant rendent pratiquement impossible une véritable
croissance religieuse, cette sorte d'église qu'est le foyer reste l'unique
milieu où enfants et jeunes peuvent recevoir une authentique catéchèse.
Ouverture à ceux qui sont loin de l’Église
La famille, Église domestique, est appelée à être un signe lumineux de la présence
du Christ et de son amour également pour «ceux qui sont loin», pour les
familles qui ne croient pas encore et même pour les familles chrétiennes qui
ne vivent plus en cohérence avec la foi reçue. L'Église domestique est appelée
par son exemple et par son témoignage à éclairer ceux qui cherchent la vérité.
De la même façon qu’Aquila et Priscille à l'aube du christianisme (cf. Ac
18; Rm 16, 3-4), ainsi aujourd'hui l'Église témoigne d'une continuelle
nouveauté et d'une incessante floraison, grâce à la présence d'époux et de
familles chrétiennes qui, au moins pendant un certain temps, vont dans les
terres de mission pour annoncer l'Évangile en servant l'homme avec l'amour de Jésus-Christ.
Beaucoup de personnes restent sans famille humaine, souvent à cause de
conditions de pauvreté. Il y en a qui vivent leur situation dans l’esprit des
béatitudes, servant Dieu et le prochain de façon exemplaire. A elles toutes il
faut ouvrir les portes des foyers, «Églises domestiques», et de la grande
famille qu’est l’Église. Personne n’est sans famille en ce monde: l’Église
est la maison et la famille de tous, en particulier de ceux qui «peinent et
ploient sous le fardeau» (Mt 11, 28).
Réflexions du prêtre ou de l’accompagnateur
Dialogue
Que signifie, dans le quotidien, être «Église domestique»?
Notre famille vit-elle l’ouverture vis-à-vis de ceux qui sont loin de l’Église
et vis-à-vis des personnes seules? Façons concrètes d’aider les autres.
Résolutions
Je vous salue Marie
Regina Familiae: ora pro nobis
Prière pour la Famille
Chant final
V. LA SAINTETÉ DE LA FAMILLE AU SERVICE DE L’ÉVANGILE
Chant d’entrée
Récitation du Notre Père
Lecture de la Bible
«Enfin il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu'ils étaient à table, et
il leur reprocha leur incrédulité et leur obstination à ne pas ajouter foi à
ceux qui l'avaient vu ressuscité. Et il leur dit: "Allez dans le monde
entier, proclamez l'Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera
baptisé, sera sauvé; celui qui ne croira pas, sera condamné. Et voici les
signes qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom ils chasseront les démons,
ils parleront en langues nouvelles, ils saisiront des serpents, et s'ils boivent
quelque poison mortel, il ne leur fera pas de mal; ils imposeront les mains aux
infirmes et ceux-ci seront guéris"» (Mc 16, 14-18).
Réflexion
Par le sacrement de mariage, dans lequel elle est enracinée et d'où elle tire
sa subsistance, la famille est continuellement vivifiée par le Seigneur Jésus,
appelée et engagée par Lui à dialoguer avec Dieu par les moyens de la vie
sacramentelle, de l'offrande de son existence et de la prière.
Le sacrement de mariage, qui reprend et spécifie la grâce sanctificatrice du
baptême, est bien une source spéciale et un moyen original de sanctification
pour les époux et pour la famille chrétienne. En vertu du mystère de la mort
et de la résurrection du Christ, à l'intérieur duquel le mariage chrétien
fait entrer à nouveau, l'amour conjugal est purifié et sanctifié: cet amour,
par un don spécial de sa grâce et de sa charité, le Seigneur a daigné le guérir,
le parfaire et l'élever.
Jésus demeure avec eux
Le don de Jésus-Christ n'est pas épuisé dans la célébration du sacrement de
mariage, mais il accompagne les époux tout au long de leur existence. Jésus-Christ
continue de demeurer avec les époux, afin que, par leur don mutuel, ils
puissent s'aimer dans une fidélité perpétuelle, comme lui-même a aimé l'Église
et s'est livré pour elle.... C'est pourquoi les époux chrétiens, pour
accomplir dignement les devoirs de leur état, sont fortifiés et comme consacrés
par un sacrement spécial; en accomplissant leur mission conjugale et familiale
avec la force de ce sacrement, pénétrés de l'Esprit du Christ qui imprègne
toute leur vie de foi, d'espérance et de charité, ils parviennent de plus en
plus à leur perfection personnelle et à leur sanctification mutuelle; c'est
ainsi qu'ensemble ils contribuent à la glorification de Dieu.
La vocation universelle à la sainteté s'adresse aussi aux époux et aux
parents chrétiens: pour eux, elle est spécifiée par la célébration du
sacrement et traduite concrètement dans la réalité propre de l'existence
conjugale et familiale. C'est là que prennent naissance la grâce et l'exigence
d'une authentique et profonde spiritualité conjugale et familiale, qui
s'inspire des thèmes de la création, de l'alliance, de la croix, de la résurrection
et du signe sacramentel.
Témoins de l’«Évangile de la famille»
Et de même que le don et l'obligation de vivre chaque jour la sainteté reçue
découlent pour les époux du sacrement de mariage, de même la grâce et
l'obligation morale de transformer toute leur vie en un continuel sacrifice
spirituel découlent de ce même sacrement. C'est également aux époux et aux
parents chrétiens, en particulier dans le domaine des réalités terrestres et
temporelles qui caractérisent leur existence, que s'appliquent les paroles du
Concile: c'est ainsi que les laïcs consacrent à Dieu le monde lui-même,
rendant partout à Dieu dans la sainteté de leur vie un culte d'adoration.
A notre époque, comme dans le passé, il ne manque pas de témoins de «l'évangile
de la famille», même s'ils ne sont pas connus ou s'ils n'ont pas été canonisés
par l'Église. C'est surtout aux témoins que, dans l'Église, se trouve confié
le trésor de la famille, aux pères et aux mères, aux fils et aux filles qui,
par leur famille, ont trouvé le chemin de leur vocation humaine et chrétienne,
la dimension de l'«homme intérieur» (Ep 3, 16) dont parle l'Apôtre,
et qui ont ainsi atteint la sainteté. La Sainte Famille est la première de
tant d'autres familles saintes. Le Concile a rappelé que la sainteté est
la vocation universelle des baptisés.
Réflexions du prêtre ou de l’accompagnateur
Dialogue
Que veux dire pour les époux être appelés à la sainteté?
Comment répondre à un tel appel dans la vie quotidienne?
Résolutions
Je vous salue Marie
Regina Familiae: ora pro nobis
Prière pour la Famille
Chant final
VI. L’EUCHARISTIE, SIGNE ET ALIMENT POUR L’AMOUR CONJUGAL SANS LIMITES
Chant d’entrée
Récitation du Notre Père
Lecture de la Bible
«Alors Jésus leur dit: "En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous
ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez pas la
vie en vous. Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le
ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraiment une nourriture et mon
sang vraiment une boisson. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et
moi en lui. De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé et que je vis par
le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. Voici le pain
descendu du ciel; il n'est pas comme celui qu'ont mangé les pères et ils sont
morts; qui mange ce pain vivra à jamais"» (Jn 6, 53-58).
Réflexion
Par les sacrements de l’initiation chrétienne, le Baptême, la Confirmation
et l’Eucharistie, sont posés les fondements de toute vie chrétienne.
La participation à la nature divine, donnée aux hommes par la grâce du
Christ, comporte une certaine analogie avec l’origine, la croissance et le
soutien de la vie naturelle. Nés à une vie nouvelle par le Baptême, les fidèles
sont en effet fortifiés par le sacrement de Confirmation et reçoivent dans
l’Eucharistie le pain de la vie éternelle. Ainsi, par ces sacrements de
l’initiation chrétienne, ils reçoivent toujours davantage les richesses de
la vie divine et s’avancent vers la perfection de la charité.
Racine et force de l’alliance conjugale
En réunissant chaque semaine les chrétiens comme famille de Dieu autour de la
table de la Parole et du Pain de vie, l'Eucharistie dominicale est aussi
l'antidote le plus naturel à la dispersion. Elle est le lieu privilégié où
la communion est constamment annoncée et entretenue. Précisément par la
participation à l'Eucharistie, le jour du Seigneur devient aussi le jour
de l'Église.
Le devoir de sanctification qui incombe à la famille chrétienne a sa racine
première dans le baptême et sa plus grande expression dans l'Eucharistie à
laquelle le mariage chrétien est intimement lié.
L'Eucharistie est la source même du mariage chrétien. Le sacrifice
eucharistique, en effet, représente l'alliance d'amour entre le Christ et l'Église,
en tant qu'elle a été scellée par le sang de sa croix (cf Jn 19, 34).
C'est dans ce sacrifice de la nouvelle et éternelle Alliance que les époux chrétiens
trouvent la source jaillissante qui modèle intérieurement et vivifie
constamment leur alliance conjugale. En tant que représentation du sacrifice
d'amour du Christ pour l'Église, l'Eucharistie est source de charité. Et dans
le don eucharistique de la charité, la famille chrétienne trouve le fondement
et l'âme de sa «communion» et de sa «mission»: le Pain eucharistique fait
des différents membres de la communauté familiale un seul corps, une
manifestation et une participation à la vaste unité de l'Église; d'autre
part, la participation au Corps «livré» et au Sang «versé» du Christ
devient pour la famille chrétienne une source inépuisable de dynamisme
apostolique.
Puissance éducative de l’Eucharistie
L'Eucharistie est un sacrement vraiment admirable. Dans ce sacrement,
c'est lui-même que le Christ nous a laissé comme nourriture et comme boisson,
comme source de puissance salvifique. C'est lui-même qu'il nous a laissé afin
que nous ayons la vie, que nous l'ayons en surabondance (cf. Jn 10, 10):
la vie qui est en lui et qu'il nous a communiquée par le don de son Esprit, en
ressuscitant le troisième jour après sa mort. Elle est pour nous, en effet, la
vie qui vient de lui. Le Christ est proche de vous. Et, plus encore, il
est l'Emmanuel, Dieu avec nous, lorsque vous vous approchez de la Table
eucharistique. Il peut se faire que, comme à Emmaüs, on ne le reconnaisse que
dans la «fraction du pain» (cf. Lc 24, 35). Il arrive aussi qu'il se
tienne à la porte et qu'il frappe, attendant que la porte lui soit ouverte pour
pouvoir entrer et prendre son repas avec nous (cf. Ap 3, 20). Sa dernière
Cène et les paroles prononcées alors gardent toute la puissance et toute la
sagesse du sacrifice de la Croix. Il n'existe pas d'autre puissance ni d'autre
sagesse par lesquelles nous puissions être sauvés et par lesquelles nous
puissions contribuer à sauver les autres. Il n'y a pas d'autre puissance ni
d'autre sagesse par lesquelles, vous parents, vous puissiez éduquer vos enfants
et aussi vous-mêmes. La puissance éducative de l'Eucharistie s'est
confirmée à travers les générations et les siècles.
Réflexions du prêtre ou de l’accompagnateur
Dialogue
Pourquoi l’Eucharistie est-elle source et sommet de la vie chrétienne?
Quelle est la place de l’Eucharistie dans la vie familiale?
Résolutions
Je vous salue Marie
Regina Familiae: ora pro nobis
Prière pour la Famille
Chant final
VII. RÉCONCILIATION ET PARDON DANS LA FAMILLE
Chant d’entrée
Récitation du Notre Père
Lecture de la Bible
«Or voici qu'à présent, dans le Christ Jésus, vous qui jadis étiez loin,
vous êtes devenus proches, grâce au sang du Christ. Car c'est lui qui est
notre paix, lui qui des deux peuples n'en a fait qu'un, détruisant la barrière
qui les séparait, supprimant en sa chair la haine, cette Loi des préceptes
avec ses ordonnances, pour créer en sa personne les deux en un seul Homme
Nouveau, faire la paix, et les réconcilier avec Dieu, tous deux en un seul
Corps, par la Croix: en sa personne il a tué la Haine. Alors il est venu
proclamer la paix, paix pour vous qui étiez loin et paix pour ceux qui étaient
proches: par lui nous avons en effet, tous deux en un seul Esprit, libre accès
auprès du Père» (Ep 2, 13-18).
Réflexion
L'accueil de l'appel évangélique à la conversion adressé à tous les chrétiens,
parfois infidèles à la «nouveauté» du baptême qui les a constitués «saints»,
est un élément essentiel et permanent du devoir de sanctification incombant à
la famille chrétienne. Refusant souvent de reconnaître Dieu comme son
principe, l'homme a, par le fait même, brisé l'ordre qui l'orientait à sa fin
dernière, et, en même temps, il a rompu toute harmonie, soit par rapport à
lui-même, soit par rapport aux autres hommes et à toute la création. La
famille chrétienne elle-même n'est pas toujours cohérente avec la loi de la
grâce et de la sainteté baptismale, proclamée de nouveau par le sacrement de
mariage.
Conflits et réconciliation dans la famille
Seul un grand esprit de sacrifice permet de sauvegarder et de perfectionner la
communion familiale. Elle exige en effet une ouverture généreuse et prompte de
tous et de chacun à la compréhension, à la tolérance, au pardon, à la réconciliation.
Aucune famille n'ignore combien l'égoïsme, les dissensions, les tensions, les
conflits font violence à la communion familiale et peuvent même parfois l'anéantir:
c'est là que trouvent leur origine les multiples et diverses formes de division
dans la vie familiale. Mais, en même temps, chaque famille est toujours invitée
par le Dieu de paix à faire l'expérience joyeuse et rénovatrice de la «réconciliation»,
c'est-à-dire de la communion restaurée, de l'unité retrouvée. En particulier
la participation au sacrement de la réconciliation et au banquet de l'unique
Corps du Christ donne à la famille chrétienne la grâce nécessaire, et la
responsabilité correspondante, pour surmonter toutes les divisions et marcher
vers la pleine vérité de la communion voulue par Dieu, répondant ainsi au très
vif désir du Seigneur: «Que tous soient un» (Jn 17, 21).
Sacrement de la Pénitence et paix dans la famille
Le repentir et le pardon mutuel au sein de la famille chrétienne, si importants
dans la vie quotidienne, trouvent leur moment sacramentel spécifique dans la pénitence
chrétienne. Au sujet des époux, Paul VI écrivait dans l'encyclique Humanae
vitae: «Si le péché avait encore prise sur eux, qu'ils ne se découragent
pas, mais qu'ils recourent avec une humble persévérance à la miséricorde de
Dieu, qui est accordée en abondance dans le sacrement de pénitence» (N. 25).
Il faut redécouvrir le Christ comme mysterium pietatis, celui en qui
Dieu nous montre son cœur compatissant et nous réconcilie pleinement avec lui.
C'est ce visage du Christ qu'il faut faire redécouvrir aussi à travers le
sacrement de la Pénitence, qui est pour un chrétien la voie ordinaire pour
obtenir le pardon et la rémission des péchés graves commis après le baptême.
La célébration de ce sacrement acquiert une signification particulière au
plan de la vie familiale: déjà, dans la foi, les époux et tous les membres de
la famille découvrent que le péché contredit l'alliance avec Dieu et aussi
l'alliance entre époux et la communion de la famille; ils sont conduits
maintenant à la rencontre de Dieu «riche en miséricorde» (Ep 2, 4),
lequel, en accordant son amour plus puissant que le péché, reconstruit et
perfectionne l'alliance conjugale et la communion familiale.
Cette capacité est tributaire de la grâce divine du pardon et de la réconciliation
qui permet d'avoir l'énergie spirituelle nécessaire pour recommencer sans
cesse. C'est pourquoi les membres de la famille ont besoin de rencontrer le
Christ dans l'Église par l'admirable sacrement de la pénitence et de la réconciliation.
Réflexions du prêtre ou de l’accompagnateur
Dialogue
Avons-nous fait l’expérience des bénéfices du Sacrement de Pénitence dans
la vie de la famille?
Avons nous accueilli la grâce du pardon au milieu des difficultés et des
incompréhensions?
Résolutions
Je vous salue Marie
Regina Familiae: ora pro nobis
Prière pour la Famille
Chant final
VIII. LA FAMILLE, COMMUNAUTÉ DE PRIÈRE
Chant d’entrée
Récitation du Notre Père
Lecture de la Bible
«Demandez et l'on vous donnera; cherchez et vous trouverez; frappez et l'on
vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit; qui cherche trouve; et à qui
frappe on ouvrira. Quel est d'entre vous l'homme auquel son fils demandera du
pain, et qui lui remettra une pierre? ou encore, s'il lui demande un poisson,
lui remettra-t-il un serpent? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner
de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est dans les cieux
en donnera-t-il de bonnes à ceux qui l'en prient!» (Mt 7, 7-11).
Réflexion
La prière fait que le Fils de Dieu demeure au milieu de nous. Aux membres de la
famille chrétienne peuvent s'appliquer de manière spéciale les paroles par
lesquelles Jésus promet sa présence: «Je vous le dis en vérité, si deux
d'entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit,
cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. Que deux ou trois, en
effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux» (Mt 18,
19-20).
La prière ouvre à l’amour vis-à-vis des frères
En réalité, le sacerdoce baptismal des fidèles, vécu dans le
mariage-sacrement, constitue pour les époux et pour la famille le fondement
d'une vocation par laquelle leur existence quotidienne se transforme en un «sacrifice
spirituel agréable à Dieu par l'intermédiaire de Jésus-Christ (cf. 1 P
2, 5). Les communautés chrétiennes doivent devenir d'authentiques «écoles»
de prière, où la rencontre avec le Christ ne s'exprime pas seulement en
demande d'aide, mais aussi en action de grâce, louange, adoration,
contemplation, écoute, affection ardente, jusqu'à une vraie «folie» du cœur.
Il s'agit donc d'une prière intense, qui toutefois ne détourne pas de
l'engagement dans l'histoire: en ouvrant le cœur à l'amour de Dieu, elle
l'ouvre aussi à l'amour des frères et rend capable de construire l'histoire
selon le dessein de Dieu.
L’éducation des enfants à la prière
Les parents chrétiens ont le devoir spécifique d'éduquer leurs enfants à la
prière, de les introduire à la découverte progressive du mystère de Dieu et
à l'entretien personnel avec lui: c'est surtout dans la famille chrétienne,
riche des grâces et des exigences du sacrement de mariage, que dès leur plus
jeune âge les enfants doivent, conformément à la foi reçue au baptême,
apprendre à découvrir Dieu et à l'honorer ainsi qu'à aimer le prochain.
La prière familiale a ses caractéristiques. Elle est une prière faite en
commun: mari et femme ensemble, parents et enfants ensemble. La communion
dans la prière est à la fois un fruit et une exigence de cette communion qui
est donnée par les sacrements de baptême et de mariage. L'exemple concret,
autrement dit le témoignage vivant des parents, est un élément fondamental et
irremplaçable de l'éducation à la prière: c'est seulement en priant avec
leurs enfants que le père et la mère, tandis qu'ils accomplissent leur
sacerdoce royal, pénètrent profondément le cœur de leurs enfants, en y
laissant des traces que les événements de la vie ne réussiront pas à
effacer.
Il est significatif que, précisément dans la prière et par la prière,
l'homme découvre, d'une manière on ne peut plus simple et profonde à la fois,
sa véritable personnalité: dans la prière, le «je» humain saisit plus
facilement la profondeur de sa qualité de personne. Cela vaut également pour
la famille, qui n'est pas seulement la «cellule» fondamentale de la société
mais qui possède aussi une physionomie particulière. Celle-ci trouve une
confirmation première et fondamentale, et se raffermit, lorsque les membres de
la famille se rencontrent dans l'invocation commune: «Notre Père!». La prière
renforce la solidité et la cohésion spirituelle de la famille, contribuant à
faire participer celle-ci à la «force» de Dieu.
La prière en famille et la prière liturgique
Un but important de la prière de l'Église domestique est de constituer, pour
les enfants, une introduction naturelle à la prière liturgique de l'Église
entière. D'où la nécessité d'une participation progressive de tous les
membres de la famille chrétienne à l'Eucharistie, surtout le dimanche et les
jours de fête, et aux autres sacrements, en particulier ceux de l'initiation
chrétienne des enfants.
La liturgie est le sommet auquel tend l’action de l’Église, et en même
temps la source d’où découle toute sa vigueur. Elle est donc le lieu privilégié
de la catéchèse du Peuple de Dieu. La catéchèse est intrinsèquement reliée
à toute l’action liturgique et sacramentelle, car c’est dans les
sacrements, et surtout dans l’Eucharistie, que le Christ Jésus agit en plénitude
pour la transformation des hommes.
Réflexions du prêtre ou de l’accompagnateur
Dialogue
Quels biens proviennent de la prière des parents avec leurs enfants?
Quel rapport existe-t-il entre la prière en famille et la prière liturgique?
Les deux sont nécessaires.
Résolutions
Je vous salue Marie
Regina Familiae: ora pro nobis
Prière pour la Famille
Chant final
IX. LA FAMILLE, CENTRE ET SOURCE DU BIEN SOCIAL
Chant d’entrée
Récitation du Notre Père
Lecture de la Bible
«Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la
communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. La crainte
s'emparait de tous les esprits: nombreux étaient les prodiges et signes
accomplis par les apôtres. Tous les croyants ensemble mettaient tout en commun;
ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et en partageaient le prix entre
tous selon les besoins de chacun. Jour après jour, d'un seul cœur, ils fréquentaient
assidûment le Temple et rompaient le pain dans leurs maisons, prenant leur
nourriture avec allégresse et simplicité de cœur. Ils louaient Dieu et
avaient la faveur de tout le peuple. Et chaque jour, le Seigneur adjoignait à
la communauté ceux qui seraient sauvés» (Ac 2, 42-47).
Réflexion
La famille a des liens organiques et vitaux avec la société parce qu'elle en
constitue le fondement et qu'elle la sustente sans cesse en réalisant son
service de la vie: c'est au sein de la famille en effet que naissent les
citoyens et dans la famille qu'ils font le premier apprentissage des vertus
sociales, qui sont pour la société l'âme de sa vie et de son développement.
Ainsi donc, en raison de sa nature et de sa vocation, la famille, loin de se
replier sur elle-même, s'ouvre aux autres familles et à la société, elle
remplit son rôle social.
La famille, sujet social
La famille est en effet une communauté de personnes, pour lesquelles la vraie
façon d'exister et de vivre ensemble est la communion, communio personarum (communion
de personnes). La famille est donc la première école, l'école fondamentale de
la vie sociale; comme communauté d'amour, elle trouve dans le don de soi la loi
qui la guide et la fait croître. Le don de soi qui anime les époux entre eux
se présente comme le modèle et la norme de celui qui doit se réaliser dans
les rapports entre frères et sœurs, et entre les diverses générations qui
partagent la vie familiale. La communion et la participation vécues chaque jour
au foyer, dans les moments de joie ou de difficulté, représentent la pédagogie
des enfants la plus concrète et la plus efficace dans le cadre plus large de la
société.
Chaque enfant est un don à ses frères, à ses sœurs, à ses parents, à toute
sa famille. Sa vie devient un don pour les auteurs mêmes de la vie, qui
ne pourront pas ne pas sentir la présence de leur enfant, sa participation à
leur existence, son apport à leur bien commun et à celui de la communauté
familiale. C'est là une vérité qui demeure évidente dans sa simplicité et
sa profondeur, malgré la complexité, et aussi l'éventuelle pathologie, de la
structure psychologique de certaines personnes. Le bien commun de la société
entière réside dans l'homme, qui, comme on l'a rappelé, est «la route de
l'Église».
L'expérience même de communion et de participation qui doit caractériser la
vie quotidienne de la famille constitue son apport essentiel et fondamental à
la société. Les relations entre les membres de la communauté familiale se développent
sous l'inspiration et la conduite de la loi de la «gratuité» qui, en
respectant et en cultivant en tous et en chacun le sens de la dignité
personnelle comme source unique de valeur, se transforme en accueil chaleureux,
rencontre et dialogue, disponibilité généreuse, service désintéressé,
profonde solidarité.
Première école de socialisation
Ainsi, la promotion d'une authentique communion de personnes responsables dans
la famille devient un apprentissage fondamental et irremplaçable de vie
sociale, un exemple et un encouragement pour des relations communautaires élargies,
caractérisées par le respect, la justice, le sens du dialogue, l'amour. De
cette façon, la famille constitue le berceau et le moyen le plus efficace pour
humaniser et personnaliser la société: c'est elle qui travaille d'une manière
originale et profonde à la construction du monde, rendant possible une vie
vraiment humaine, particulièrement en conservant et en transmettant les vertus
et les «valeurs».
C'est pourquoi, face à une société qui risque d'être de plus en plus dépersonnalisante
et anonyme, et donc inhumaine et déshumanisante, avec les conséquences négatives
de tant de formes d'«évasion» — telles que l'alcoolisme, la drogue ou même
le terrorisme —, la famille possède et irradie encore aujourd'hui des énergies
extraordinaires capables d'arracher l'homme à l'anonymat, de l'éveiller à la
conscience de sa dignité personnelle, de le revêtir d'une profonde humanité
et de l'introduire activement avec son unicité et sa singularité dans le tissu
de la société.
Droits de la famille et droit à la vie
La solidarité demande à être pratiquée également dans des modes de participation
à la vie sociale et politique. Par conséquent, le service de l'Évangile
de la vie suppose que les familles, spécialement par leur participation à
des associations, s'emploient à obtenir que les lois et les institutions de
l'Etat ne lèsent en aucune façon le droit à la vie, de la conception à la
mort naturelle, mais le défendent et le soutiennent.
La Charte des Droits de la Famille s’adresse évidemment aussi aux
familles elles-mêmes: elle vise à encourager au sein des familles la
conscience du rôle et de la place irremplaçable de la famille; elle voudrait
inciter les familles à s’unir pour la défense et la promotion de leurs
droits; elle encourage les familles à accomplir leur devoir de telle manière
que le rôle de la famille soit plus clairement compris et reconnu dans le monde
actuel.
Réflexions du prêtre ou de l’accompagnateur
Dialogue
En quel sens la famille est-elle école de socialisation?
Quel est le rôle de la famille dans la protection des droits du foyer
domestique et dans la protection de la vie humaine depuis la conception?
Résolutions
Je vous salue Marie
Regina Familiae: ora pro nobis
Prière pour la Famille
Chant final
X. LA FAMILLE ET L’AMOUR POUR LES PLUS FAIBLES
Chant d’entrée
Récitation du Notre Père
Lecture de la Bible
«Étant parti de là, Jésus vint au bord de la mer de Galilée. Il gravit la
montagne, et là il s'assit. Et des foules nombreuses s'approchèrent de lui,
ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien
d'autres encore, qu'ils déposèrent à ses pieds; et il les guérit. Et les
foules de s'émerveiller en voyant ces muets qui parlaient, ces estropiés qui
redevenaient valides, ces boiteux qui marchaient et ces aveugles qui
recouvraient la vue; et ils rendirent gloire au Dieu d'Israël. Jésus,
cependant, appela à lui ses disciples et leur dit: "J'ai pitié de la
foule, car voilà déjà trois jours qu'ils restent auprès de moi et ils n'ont
pas de quoi manger. Les renvoyer à jeun, je ne le veux pas: ils pourraient défaillir
en route". Les disciples lui disent: "Où prendrons-nous, dans un désert,
assez de pains pour rassasier une telle foule?". Jésus leur dit:
"Combien de pains avez-vous?" - "Sept, dirent-ils, et quelques
petits poissons". Alors il ordonna à la foule de s'étendre à terre; puis
il prit les sept pains et les poissons, rendit grâces, les rompit et il les
donnait à ses disciples, qui les donnaient à la foule. Tous mangèrent et
furent rassasiés, et des morceaux qui restaient on ramassa sept pleines
corbeilles! Or ceux qui mangèrent étaient quatre mille hommes, sans compter
les femmes et les enfants. Après avoir renvoyé les foules, Jésus monta dans
la barque et s'en vint dans le territoire de Magadan» (Mt 15, 29-39).
Réflexion
Le rôle social de la famille ne peut certainement pas se limiter à l'œuvre de
la procréation et de l'éducation, même s'il trouve en elles sa forme
d'expression première et irremplaçable. Les familles, isolément ou en
associations, peuvent et doivent donc se consacrer à de nombreuses œuvres de
service social, spécialement en faveur des pauvres et en tout cas des personnes
et des situations que les institutions de prévoyance et d'assistance publiques
ne réussissent pas à atteindre. La contribution sociale de la famille a son
originalité qui gagnerait à être mieux connue et qu'il faudrait promouvoir
plus franchement, surtout au fur et à mesure que les enfants grandissent, en
suscitant le plus possible la participation de tous ses membres.
Ouverture solidaire vis-à-vis de tous les hommes comme frères
Animée et soutenue par le commandement nouveau de l'amour, la famille chrétienne
vit l'accueil, le respect, le service de tout homme, considéré toujours dans
sa dignité de personne et de fils de Dieu. La charité dépasse l'horizon des
frères dans la foi, parce que «tout homme est mon frère»; en chaque homme,
surtout s'il est pauvre, faible, souffrant et injustement traité, la charité
sait découvrir le visage du Christ et un frère à aimer et à servir. La
famille chrétienne se met au service de l'homme et du monde, en réalisant
vraiment la «promotion humaine». Une autre tâche de la famille est celle de
former les hommes à l'amour et de vivre l'amour dans tous les rapports avec les
autres, de manière que la famille ne se ferme pas sur elle-même mais qu'elle
demeure ouverte à la communauté, y étant poussée par le sens de la justice
et par le souci des autres, comme par le devoir de sa propre responsabilité
envers la société tout entière.
Il faut à cet égard souligner l'importance toujours plus grande que revêt
dans notre société l'hospitalité sous toutes ses formes, en tenant simplement
ouverte la porte de sa maison et, mieux encore, de son cœur aux besoins de nos
frères, ou en allant jusqu'à s'engager concrètement pour assurer à chaque
famille le logement dont elle a besoin comme milieu naturel qui la protège et
la fait grandir. Et par-dessus tout la famille chrétienne est appelée à écouter
la recommandation de l'Apôtre: «Soyez avides de donner l'hospitalité» (Rm
12, 13), et donc à pratiquer, à la suite du Christ et avec sa charité,
l'accueil de nos frères démunis: «Quiconque donnera à boire à l'un de ces
petits rien qu'un verre d'eau fraîche, en tant qu'il est un disciple, en vérité,
je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense» (Mt 10, 42).
La distribution injuste du bien-être entre le monde développé et le monde en
voie de développement et entre les riches et les pauvres dans le même pays,
l’utilisation des ressources naturelles au seul bénéfice de quelques uns,
l’analphabétisme de masse, la persistance et la résurgence du racisme, la
floraison des conflits ethniques et des conflits armés en général ont un
effet dévastateur sur la famille.
Le service aux petits, aux faibles, aux pauvres
Le service de l'Évangile de la vies'exprime par la solidarité. Celle-ci se manifeste d'une manière
particulière lorsque les familles sont disponibles pour adopter ou se voir
confier des enfants abandonnés par leurs parents ou se trouvant dans des
situations graves. L'amour paternel et maternel véritable sait aller au-delà
des liens de la chair et du sang et accueillir aussi des enfants d'autres
familles, leur apportant tout ce qui leur est nécessaire pour vivre et s'épanouir
pleinement.
Les Pères de l'Église ont parlé de la famille comme d'une «Église
domestique», une «petite Église». «Être ensemble» en tant que famille,
exister les uns pour les autres, créer un espace communautaire pour que tout
homme s'affirme comme tel, pour que «cet» homme concret s'affirme. Il s'agit
parfois de personnes affectées de handicaps physiques ou psychiques, dont la
société soi-disant «progressiste» préfère se libérer. La famille elle-même
peut devenir semblable à ce type de société. Elle le devient de fait
lorsqu'elle se débarrasse de manière expéditive de ceux qui sont âgés,
affligés de malformations ou frappés par la maladie. On agit de la sorte parce
que manque la foi en ce Dieu pour lequel «tous vivent» (Lc 20,
38) et en qui tous sont appelés à la plénitude de la vie.
Réflexions du prêtre ou de l’accompagnateur
Dialogue
De quelle façon l’ouverture de la famille contribue-t-elle à la maturation
du foyer?
Sous quels modes la solidarité effective, dans la charité, peut-elle se réaliser?
Résolutions
Je vous salue Marie
Regina Familiae: ora pro nobis
Prière pour la Famille
Chant final
XI. LA FAMILLE PRÉPARE ET SUIT LES JEUNES FAMILLES
Chant d’entrée
Récitation du Notre Père
Lecture de la Bible
«Après ces deux jours, il partit de là pour la Galilée. Jésus avait en
effet témoigné lui-même qu'un prophète n'est pas honoré dans sa propre
patrie. Quand donc il vint en Galilée, les Galiléens l'accueillirent, ayant vu
tout ce qu'il avait fait à Jérusalem lors de la fête; car eux aussi étaient
venus à la fête. Il retourna alors à Cana de Galilée, où il avait changé
l'eau en vin. Et il y avait un fonctionnaire royal, dont le fils était malade
à Capharnaüm. Apprenant que Jésus était arrivé de Judée en Galilée, il
s'en vint le trouver et il le priait de descendre guérir son fils, car il
allait mourir. Jésus lui dit: "Si vous ne voyez des signes et des
prodiges, vous ne croirez pas!". Le fonctionnaire royal lui dit:
"Seigneur, descends avant que ne meure mon petit enfant". Jésus lui
dit: "Va, ton fils vit". L'homme crut à la parole que Jésus lui
avait dite et il se mit en route. Déjà il descendait, quand ses serviteurs,
venant à sa rencontre, lui dirent que son enfant était vivant. Il s'informa
auprès d'eux de l'heure à laquelle il s'était trouvé mieux. Ils lui dirent:
"C'est hier, à la septième heure, que la fièvre l'a quitté". Le père
reconnut que c'était l'heure où Jésus lui avait dit: "Ton fils
vit", et il crut, lui avec sa maison tout entière» (Jn 4, 43-53).
Réflexion
De nos jours, la préparation des jeunes au mariage et à la vie familiale est
plus nécessaire que jamais. Dans certains pays, ce sont encore les familles
qui, selon d'antiques usages, se réservent de transmettre aux jeunes les
valeurs concernant la vie matrimoniale et familiale, par un système progressif
d'éducation ou d'initiation. Mais les changements survenus au sein de presque
toutes les sociétés modernes exigent que non seulement la famille, mais aussi
la société et l'Église, soient engagées dans l'effort.
La préparation des enfants au mariage
L'Église a déployé des efforts et des initiatives considérables pour la préparation
au mariage, par exemple sous la forme de sessions organisées pour les fiancés.
Tout cela est valable et nécessaire. Mais il ne faut pas oublier que la préparation
à la future vie de couple est surtout une tâche de la famille. Certes,
seules les familles spirituellement mûres peuvent exercer cette responsabilité
de manière appropriée. Il convient donc de souligner la nécessité d'une
solidarité étroite entre les familles qui peut s'exprimer en divers types
d'organisations, comme les associations familiales pour les familles.
L'institution familiale se trouve renforcée par cette solidarité qui rapproche
non seulement les personnes, mais aussi les communautés, en les engageant à
prier ensemble et à rechercher, avec le concours de tous, les réponses aux
questions essentielles qui surgissent dans la vie. N'est-ce pas là une forme précieuse
d'apostolat des familles par les familles? Il est donc important que les
familles cherchent à nouer entre elles des liens de solidarité. En outre, cela
leur permet un échange de services éducatifs: les parents sont formés par
d'autres parents, les enfants par des enfants. Une tradition éducative
particulière est ainsi créée, à laquelle le caractère d'«église
domestique» propre à la famille donne toute sa vigueur.
Accompagner les jeunes familles
Cela vaut surtout pour les jeunes familles qui, se trouvant dans un contexte de
nouvelles valeurs et de nouvelles responsabilités, sont plus exposées, spécialement
dans les premières années du mariage, à d'éventuelles difficultés, comme
celles qui proviennent de l'adaptation à la vie en commun ou de la naissance
des enfants. Les jeunes époux sauront accueillir cordialement et utiliser
intelligemment l'aide discrète, délicate et généreuse d'autres couples qui
vivent déjà depuis un certain temps l'expérience du mariage et de la famille.
Ainsi, au sein de la communauté ecclésiale — grande famille formée de
familles chrétiennes — se réalisera un échange mutuel, fait de présence et
d'entraide, entre toutes les familles, chacune mettant au service des autres son
expérience humaine, comme aussi les dons de la foi et de la grâce. Animée par
un véritable esprit apostolique, cette entraide de famille à famille
constituera l'un des moyens les plus simples, les plus efficaces et à la porté
de tous pour répandre de proche en proche les valeurs chrétiennes qui sont le
point de départ et le point d'aboutissement de toute charge pastorale. De cette
façon, les jeunes familles ne se borneront pas à recevoir, mais à leur tour,
grâce à cette aide, elles deviendront, par leur témoignage de vie et leur
contribution active, une source d'enrichissement pour les autres familles qui
sont fondées depuis un certain temps.
Dans l'action pastorale vis-à-vis des jeunes familles, l'Église devra aussi
s'appliquer spécialement à les éduquer à vivre l'amour conjugal de façon
responsable, en rapport avec ses exigences de communion et de service de la vie,
et de même leur apprendre à concilier l'intimité de la vie de foyer avec la tâche
généreuse qui incombe à tous d'édifier l'Église et la société humaine.
Lorsque, avec la venue des enfants, le couple devient une famille au sens plénier
et spécifique du terme, l'Église sera encore proche des parents pour leur
permettre d'accueillir leurs enfants et de les aimer comme un don reçu du
Seigneur de la vie, en assumant avec joie la fatigue de les servir dans leur
croissance humaine et chrétienne.
Réflexions du prêtre ou de l’accompagnateur
Dialogue
Quelle est la meilleure façon pour les parents de préparer leurs enfants au
mariage et à la vie de famille?
L’apostolat des familles chrétiennes vis-à-vis de toutes les familles:
comment peut-on-aider les jeunes époux dans le premières années de leur
mariage?
Résolutions
Je vous salue Marie
Regina Familiae: ora pro nobis
Prière pour la Famille
Chant final
XII. LA FAMILLE, SANCTUAIRE DE LA VIE
Chant d’entrée
Récitation du Notre Père
Lecture de la Bible
«Le voleur ne vient que pour voler, égorger et faire périr. Moi, je suis venu
pour qu'on ait la vie et qu'on l'ait surabondante. Je suis le bon pasteur; le
bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. Le mercenaire, qui n'est pas le
pasteur et à qui n'appartiennent pas les brebis, voit-il venir le loup, il
laisse les brebis et s'enfuit, et le loup s'en empare et les disperse. C'est
qu'il est mercenaire et ne se soucie pas des brebis. Je suis le bon pasteur; je
connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît et
que je connais le Père, et je donne ma vie pour mes brebis» (Jn 10, 10-15).
Réflexion
Le but fondamental de la famille est le service de la vie, la réalisation, tout
au long de l'histoire, de la bénédiction de Dieu à l'origine, en transmettant
l'image divine d'homme à homme, dans l'acte de la génération (cf. Gn
5, 1-3).
Famille et vie, binôme indissociable
La responsabilité de la famille est donc déterminante:
c'est une responsabilité qui résulte de sa nature même — qui consiste à être
une communauté de vie et d'amour, fondée sur le mariage — et de sa mission
de garder, de révéler et de communiquer l'amour. Il s'agit précisément de
l'amour même de Dieu, dont les parents sont faits les coopérateurs et comme
les interprètes dans la transmission de la vie et dans l'éducation, suivant le
projet du Père. C'est donc un amour qui se fait gratuité, accueil, don: dans
la famille, chacun est reconnu, respecté et honoré parce qu'il est une
personne, et, si quelqu'un a davantage de besoins, l'attention et les soins qui
lui sont portés se font plus intenses.
La famille a un rôle a jouer tout au long de l'existence de ses membres, de la
naissance à la mort. Elle est véritablement le sanctuaire de la vie...,
le lieu où la vie, don de Dieu, peut être convenablement accueillie et protégée
contre les nombreuses attaques auxquelles elle est exposée, le lieu où elle
peut se développer suivant les exigences d'une croissance humaine authentique.
C'est pourquoi le rôle de la famille est déterminant et irremplaçable pour
bâtir la culture de la vie.
Comme Église domestique, la famille a vocation d'annoncer, de célébrer
et de servir l'Évangile de la vie. C'est une mission qui concerne avant
tout les époux, appelés à transmettre la vie, en se fondant sur une conscience
sans cesse renouvelée du sens de la génération, en tant qu'événement
privilégié dans lequel est manifesté le fait que la vie humaine est un don
reçu pour être à son tour donné. Dans la procréation d'une vie
nouvelle, les parents se rendent compte que l'enfant, s'il est le fruit de leur
don réciproque d'amour devient, à son tour, un don pour tous les deux: un don
qui jaillit du don!
Éduquer les enfants au respect de la vie
C'est surtout par l'éducation des enfants que la famille remplit sa
mission d'annoncer l'Évangile de la vie. Par la parole et par l'exemple,
dans les rapports et les choix quotidiens, et par leurs gestes et leurs signes
concrets, les parents initient leurs enfants à la liberté authentique qui
s'exerce dans le don total de soi et ils cultivent en eux le respect d'autrui,
le sens de la justice, l'accueil bienveillant, le dialogue, le service généreux,
la solidarité et toutes les autres valeurs qui aident à vivre la vie comme un
don.
Bien qu'affrontés aux difficultés, souvent plus grandes aujourd'hui, de leur tâche
d'éducateurs, les parents doivent, avec confiance et courage, former leurs
enfants au sens des valeurs essentielles de la vie humaine. Les enfants doivent
grandir dans une juste liberté devant les biens matériels, en adoptant un
style de vie simple et austère, bien convaincus que l'homme vaut plus par ce
qu'il est que par ce qu'il a.
L'action éducative des parents chrétiens doit servir la foi des enfants et les
aider à répondre à la vocation qu'ils reçoivent de Dieu. Il entre aussi dans
la mission éducative des parents d'enseigner à leurs enfants le vrai sens de
la souffrance et de la mort, et d'en témoigner auprès d'eux: ils le pourront
s'ils savent être attentifs à toutes les souffrances qu'ils rencontrent autour
d'eux et, avant tout, s'ils savent, dans leur milieu familial, se montrer concrètement
proches des malades et des personnes âgées, les assister et partager avec eux.
Réflexions du prêtre ou de l’accompagnateur
Dialogue
Comment transmettre aux enfants le sens de la vie et la conscience de sa valeur?
Quels sont les meilleurs moments pour éduquer les enfants à accueillir la vie
lors de sa conception et à la respecter à son crépuscule?
Résolutions
Je vous salue Marie
Regina Familiae: ora pro nobis
Prière pour la Famille
Chant final
O Dieu, de qui vient toute paternité au ciel et sur la terre, Toi, Père, qui es Amour et Vie, fais que sur cette terre, par ton Fils, Jésus-Christ, «né d’une Femme», et par l’Esprit Saint, source de charité divine, chaque famille humaine devienne un vrai sanctuaire de la vie et de l’amour pour les générations qui se renouvellent sans cesse.
Que ta grâce oriente les pensées et les actions des époux vers le plus grand bien de leurs familles, de toutes les familles du monde.
Que les jeunes générations trouvent dans la famille un soutien inébranlable qui les rende toujours plus humaines et les fasse croître dans la vérité et dans l’amour.
Que l’amour, affermi par la grâce du sacrement de mariage, soit plus fort que toutes les faiblesses et toutes les crises que connaissent parfois nos familles.
Enfin, nous te le demandons par l’intercession de la sainte Famille de Nazareth, qu’en toutes les nations de la terre l’Église puisse accomplir avec fruit sa mission dans la famille et par la famille.
Toi qui es le Chemin, la Vérité et la Vie dans l’unité du Fils et du Saint-Esprit. Amen.
(Jean Paul II)
BIBLIOGRAPHIE
Concile Vatican II, Constitution pastorale «Gaudium et Spes» (7 décembre
1965)
Paul VI, Exhortation apostolique «Evangelii nuntiandi» (8 décembre
1975)
Jean Paul II, Exhortation apostolique «Familiaris Consortio» (22
novembre 1981)
Charte des Droits de la Famille, du Saint Siège (22 octobre 1983)
Catéchisme de l'Église Catholique(21 novembre 1992)
Jean Paul II, Lettre aux Familles «Gratissimam sane» (2 février
1994)
Jean Paul II, Lettre encyclique «Evangelium Vitae» (25 mars 1995)
Jean Paul II, Lettre apostolique «Novo Millennio Ineunte» (6 janvier
2001)
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