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05 - 05.10.2009
RÉSUMÉ
-
PREMIÈRE CONGRÉGATION GÉNÉRALE (LUNDI, 5 OCTOBRE 2009 - MATIN) -
SUITE
-
DEUXIÈME CONGRÉGATION GÉNÉRALE (LUNDI, 5 OCTOBRE 2009 - APRÈS-MIDI)
- AVIS
PREMIÈRE CONGRÉGATION GÉNÉRALE(LUNDI, 5 OCTOBRE 2009
- MATIN) - SUITE
- RÉFLEXION DU SAINT- PÈRE
En ouverture de la Première Congrégation Générale de ce matin, lundi
5 octobre 2009, après la lecture brève de l’heure Tierce, le Saint-
Père Benoît XVI a tenu la réflexion suivante:
Chers frères et soeurs,
Nous avons commencé à présent notre rencontre synodale en invoquant
le Saint-Esprit et en sachant bien que nous ne pouvons pas réaliser,
en ce moment, ce qui est à faire pour l’Église et pour le monde:
c’est seulement dans la force de l’Esprit Saint que nous pouvons
trouver ce qui est droit et le mettre ensuite en pratique. Et tous
les jours nous commencerons notre travail en invoquant le
Saint-Esprit avec la prière de l’Heure Tierce “Nunc sancte nobis
Spiritus”. C’est pourquoi, je voudrais à présent méditer un peu avec
vous cet hymne qui ouvre le travail de chaque jour, aussi bien
maintenant durant le Synode, mais également après, dans notre vie
quotidienne.
“ Nunc sancte nobis Spiritus”. Nous prions pour que la Pentecôte ne
soit pas seulement un événement du passé, le premier début de l’Église,
mais qu’elle soit aujourd’hui, voire maintenant: “nunc sancte nobis
Spiritus”. Prions pour que le Seigneur réalise maintenant l’effusion
de son Esprit et recrée de nouveau son Église et le monde. Nous nous
rappelons que les apôtres après l’Ascension n’ont pas commencé -
comme peut-être cela aurait été normal - à organiser, à créer l’Église
future. Ils ont attendu l’action de Dieu, ils ont attendu l’Esprit
Saint. Ils ont compris que l’Église ne peut pas se faire, qu’elle
n’est pas le produit de notre organisation: l’Église doit naître de
l’Esprit Saint. Tout comme le Seigneur lui-même a été conçu et est
né de l’Esprit Saint, de même l’Église aussi doit être toujours
conçue et naître de l’Esprit Saint. C’est seulement avec cet acte de
création de la part de Dieu que nous pouvons entrer dans l’activité
de Dieu, dans l’action divine et collaborer avec Lui. En ce sens,
tout notre travail au Synode est aussi une collaboration avec
l’Esprit Saint, avec la force de Dieu qui nous aide. Et nous devons
toujours implorer de nouveau l’accomplissement de cette initiative
divine dans laquelle nous pouvons ensuite être des collaborateurs de
Dieu et contribuer à faire en sorte que son Église naisse et croisse
à nouveau.
La seconde strofe de cet hymne - “Os, lingua, mens, sensus, vigor, /
Confessionem personent: / Flammescat igne caritas, / accendat ardor
proximos” - est le coeur de cette prière. Nous implorons de Dieu
trois dons, les dons essentiels de la Pentecôte, de l’Esprit Saint:
confessio, caritas, proximos. Confessio: c’est la langue de feu qui
est “raisonnable”, qui donne la juste parole et fait penser à l’obstacle
surmonté par Babylone lors de la fête de la Pentecôte. La confusion
née de l’égoïsme et de l’orgueil de l’homme, dont l’effet est celui
de ne plus pouvoir se comprendre les uns les autres, doit être
dépassée par la force de l’Esprit qui unit sans uniformiser, qui
donne l’unité dans la pluralité: chacun peut comprendre l’autre,
même dans les diversités des langues. Confessio: la parole, la
langue de feu que le Seigneur nous donne, la parole commune dans
laquelle nous sommes tous unis, la cité de Dieu, la sainte Église,
dans laquelle est présente toute la richesse des différentes
cultures. Flammescat igne caritas. Cette confession n’est pas une
théorie, mais elle est la vie, elle est l’amour. Le coeur de la
sainte Église c’est l’amour, Dieu est amour et se communique en
communiquant l’amour. Et enfin le prochain. L’Église n’est jamais un
groupe fermé en soi qui vit pour soi comme un des nombreux groupes
existant au monde, mais elle se distingue par l’universalité de la
charité, de la responsabilité envers le prochain.
Considérons un par un ces trois dons. Confessio: dans le langage de
la Bible et de l’Église antique, cette parole a deux significations
essentielles qui semblent s’opposer, mais qui constituent en effet
une réalité unique. Confessio, c’est avant tout une confession des
péchés: reconnaître notre faute et admettre que, devant Dieu, nous
sommes insuffisants, nous sommes en faute, nous ne sommes pas dans
la droite relation avec Lui. Ceci est le premier point: se connaître
soi-même dans la lumière de Dieu. C’est seulement dans cette lumière
que nous pouvons nous connaître nous-mêmes, que nous pouvons
comprendre aussi combien il y a de mal en nous et voir ainsi ce qui
doit être rénové, transformé. C’est seulement dans la lumière de
Dieu que nous nous connaissons réciproquement et que nous voyons
réellement toute la réalité.
Il me semble que nous devons considérer tout ceci dans nos analyses
sur la réconciliation, la justice, la paix. Les analyses empiriques
sont importantes, il est important de connaître exactement la
réalité de ce monde. Toutefois, ces analyses horizontales, faites
avec tant d’exactitude et de compétence, sont insuffisantes. Elles
n’indiquent pas les vrais problèmes parce qu’elles ne les situent
pas à la lumière de Dieu. Si nous ne voyons pas que le Mystère de
Dieu en est à la base, les choses du monde vont mal parce que la
relation avec Dieu n’est pas ordonnée. Et, si la première relation,
celle qui est à la base, n’est pas correcte, toutes les autres
relations avec tout ce qu’il peut y avoir de bien, ne fonctionnent
fondamentalement pas. C’est pourquoi, toutes nos analyses du monde
sont insuffisantes si nous n’allons pas jusqu’à ce point, si nous ne
considérons pas le monde dans la lumière de Dieu, si nous ne
découvrons pas que, à la base des injustices, de la corruption, se
trouve un coeur qui n’est pas droit, qu’il y a une fermeture envers
Dieu, et donc une falsification de la relation essentielle qui est
le fondement de toutes les autres.
Confessio: comprendre les réalités du monde dans la lumière de Dieu,
le primat de Dieu et enfin tout l’être humain et les réalités
humaines qui tendent vers notre relation avec Dieu. Et, si cette
dernière n’est pas correcte, si elle n’arrive pas au point voulu par
Dieu, si elle n’entre pas dans sa vérité, tout le reste aussi ne
peut être corrigé, car de nouveau naissent tous les vices qui
détruisent le tissu social, la paix dans le monde.
Confessio: voir la réalité dans la lumière de Dieu, comprendre qu’au
fond nos réalités dépendent de notre relation avec notre Créateur et
Rédempteur, et aller ainsi à la vérité, à la vérité qui sauve. Saint
Augustin, en se référant au chapitre 3 de l’Évangile selon saint
Jean, définit l’acte de la confession chrétienne comme “faire la
vérité, aller à la lumière”. C’est seulement en voyant nos fautes
dans la lumière de Dieu, l’insuffisance de notre relation avec Lui,
que nous marchons à la lumière de la vérité. Et seule la vérité
sauve. Œuvrons finalement dans la vérité: confesser réellement dans
cette profondeur de la lumière de Dieu, c’est faire la vérité.
C’est la première signification de la parole confessio, confession
des péchés, reconnaissance de la culpabilité qui résulte de notre
relation manquée avec Dieu. Mais une seconde signification du mot
confession c’est celle de remercier Dieu, glorifier Dieu, témoigner
Dieu. Nous pouvons reconnaître la vérité de notre être parce qu’il y
a la réponse divine. Dieu ne nous a pas laissés seuls avec nos
péchés; même lorsque notre relation avec Sa majesté est entravée, Il
ne se retire pas, mais Il vient et nous prend par la main. C’est
pourquoi confessio c’est le témoignage de la bonté de Dieu, c’est l’évangélisation.
Nous pourrions dire que la seconde dimension de la parole confessio
est identique à l’évangélisation. Nous le voyons le jour de la
Pentecôte, lorsque saint Pierre, dans son discours, d’une part
accuse les personnes coupables - vous avez tué le saint et le juste
-, mais, en même temps, il dit: ce Saint est ressuscité et vous aime,
Il vous prend dans ses bras, vous appelle à lui appartenir dans la
repentance et dans le baptême, tout comme dans la communion de son
Corps. Dans la lumière de Dieu, confesser devient nécessairement
annoncer Dieu, évangéliser et ainsi rénover le monde.
La parole confessio nous rappelle aussi un autre élément. Dans le
chapitre 10 de l’Épitre aux Romains, saint Paul interprète la
confession du chapitre 30 du Deutéronome. Dans ce dernier texte, il
semble que les Hébreux, en entrant dans la forme définitive de l’alliance,
dans la Terre Sainte, aient peur et ne puissent pas réellement
répondre à Dieu comme ils le devraient. Le Seigneur leur dit: n’ayez
pas peur, Dieu n’est pas loin. Pour arriver à Dieu, il n’est pas
nécessaire de traverser un océan inconnu, il n’y a pas besoin de
voyages spatiaux dans le ciel, de choses compliquées ou impossibles.
Dieu n’est pas loin, il n’est pas de l’autre côté de l’océan, dans
ces espaces immenses de l’univers. Dieu est proche. Il est dans ton
cœur et sur tes lèvres, avec la parole de la Torah qui entre dans
ton coeur et s’annonce sur tes lèvres. Dieu est en toi et avec toi,
Il est proche.
Saint Paul remplace, dans son interprétation, la parole Torah avec
la parole confession et foi. Il dit: réellement Dieu est proche,
aucune expédition compliquée n’est nécessaire pour arriver à Lui, ni
aucune aventure spirituelle ou matérielle. Dieu est proche avec la
foi, Il est dans ton cœur, et avec la confession, Il est sur tes
lèvres. Il est en toi et avec toi. Jésus Christ, réellement nous
donne, avec sa présence, la parole de la vie. Ainsi Il entre, avec
la foi, dans notre cœur. Il habite dans notre cœur et dans la
confession, nous apportons la réalité du Seigneur au monde, à notre
temps. Ceci me semble être un élément important: le Dieu proche. Les
choses de la science, de la technique comportent de grands
investissements: les aventures spirituelles et matérielles sont
coûteuses et difficiles. Mais Dieu se donne gratuitement. Les choses
les plus grandes de la vie - Dieu, amour, vérité - sont gratuites.
Dieu se donne dans notre cœur. Je dirais que nous devrions méditer
souvent cette gratuité de Dieu: il n’y a pas besoin de grands dons
matériels ou même intellectuels pour être proches de Dieu. Dieu se
donne gratuitement dans son amour, Il est en moi dans le cœur et sur
les lèvres. Ceci est le courage, la joie de notre vie. C’est aussi
le courage présent dans ce Synode, parce que Dieu n’est pas loin: Il
est avec nous avec la parole de la foi. Je pense aussi que cette
dualité soit importante: la parole dans le cœur et sur les lèvres.
Cette profondeur de la foi personnelle qui réellement me relie
intimement avec Dieu, doit ensuite être confessée: foi et confession,
intériorité dans la communion avec Dieu et témoignage de la foi qui
s’exprime sur mes lèvres et devient ainsi sensible et présente dans
le monde. Il s’agit de deux choses importantes qui vont toujours
ensemble.
Ensuite l’hymne, dont nous parlons, indique aussi les lieux où se
trouve la confession: “oas, lingua, mens, sensus, vigor”. Toutes nos
capacités de penser, parler, sentir, agir, doivent résonner - le
latin utilise le verbe “personare” - la parole de Dieu. Notre être,
dans toutes ses dimensions, devrait être rempli de cette parole, qui
devient ainsi réellement sensible dans le monde, qui, de par notre
existence, résonne dans le monde: la parole de l’Esprit Saint.
Et, ensuite, brièvement deux autres dons. La charité: il est
important que le christianisme ne soit pas une somme d’idées, une
philosophie, une théologie, mais une manière de vivre, le
christianisme est charité, il est amour. C’est seulement ainsi que
nous devenons chrétiens: si la foi se transforme en charité, si elle
est charité. Nous pouvons dire également que lógos et la charité
vont ensemble. Notre Dieu est, d’une part, lógos, raison éternelle.
Mais cette raison est aussi amour, il ne s’agit pas froidement d’un
fait mathématique qui construit l’univers, ce n’est pas un démiurge;
cette raison éternelle est un feu, elle est charité. Cette unité de
raison et de charité, de foi et charité devrait se réaliser en
nous-mêmes. Et ainsi, transformés dans la charité, devenir, comme
disent les Pères grecs, divinisés. Je dirais que dans le
développement du monde nous avons ce parcours en montée, depuis les
premières réalités créées jusqu’à la créature homme. Mais cette
escalade n’est pas encore finie. L’homme devrait être divinisé et
ainsi se réaliser. L’unité de la créature et du Créateur: ceci est
le vrai développement, arriver avec la grâce de Dieu à cette
ouverture. Notre essence est transformée dans la charité. Si nous
parlons de ce développement, nous pensons aussi toujours à ce
dernier but, où Dieu veut arriver avec nous.
Enfin, le prochain. La charité, ce n’est pas quelque chose d’individuel,
mais d’universel et de concret. Aujourd’hui, au cours de la Messe
nous avons proclamé la page évangélique du bon samaritain, où nous
voyons la double réalité de la charité chrétienne, qui est
universelle et concrète. Ce samaritain rencontre un juif, donc
quelqu’un qui se trouve au-delà des confins de sa tribu et de sa
religion. Mais la charité est universelle, c’est pourquoi cet
étranger, dans tous les sens du mot, est pour lui son prochain. L’universalité
ouvre les limites qui enferment le monde et créent les diversités et
les conflits. En même temps, le fait que l’on doive faire quelque
chose pour l’universalité n’est pas philosophie, mais action
concrète.
Nous devons aspirer à cette unification d’universalité et de concret,
nous devons ouvrir réellement ces confins entre tribus, ethnies,
religions à l’universalité de l’amour de Dieu. Et non pas en théorie,
mais dans nos lieux de vie, avec tout ce qui est concrètement
nécessaire. Nous prions le Seigneur pour qu’Il nous donne tout ceci,
dans la force de l’Esprit Saint. À la fin, l’hymne est une
glorification du Dieu trine et unique et une prière pour connaître
et croire. Ainsi la fin retourne au début. Nous prions afin que nous
puissions connaître, connaître devient croire et croire devient
aimer, action. Nous prions le Seigneur afin qu’Il nous donne
l’Esprit Saint, qu’Il suscite une nouvelle Pentecôte, qu’Il nous
aide à être ses serviteurs en ce moment actuel du monde.
Amen.
[00022-03.06] [RE000] [Texte original: italien]
DEUXIÈME CONGRÉGATION GÉNÉRALE (LUNDI, 5 OCTOBRE 2009
- APRÈS-MIDI)
-
RAPPORTS SUR LES RELATIONS DES DIVERS CONTINENTS AVEC L’AFRIQUE
- RAPPORT SUR ECCLESIA IN
AFRICA
À 16h30 aujourd’hui, en présence du Saint-Père, avec la récitation
de la Prière pour le succès du Synode a débuté la Deuxième
Congrégation Générale, pour la lecture en Salle des Rapports sur les
relations entre les divers continents avec l’Afrique et de le
Rapport sur Ecclesia in Africa.
Le Président Délégué du jour était S. Ém. le Card. Francis ARINZE,
Préfet émérite de la Congrégation pour le Culte Divin et la
Discipline des Sacrements.
En ouverture de la Congrégation Générale, le Secrétaire général a
annoncé que certains Pères synodaux étaient absents pour cause de
maladie. En outre, est absent S. Exc. Mgr Michel Christian
CARTATÉGUY, S.M.A., Archevêque de Niamey (NIGER), impliqué dans une
médiation pour la réconciliation en collaboration avec l’Imam della
Mosquée de Niamey et le Sultan d’Agadez, suite à la grave situation
politique entre le Gouvernement et l’opposition du Pays, comme il
l’a annoncé dans une lettre adressée à la Secrétairerie Générale du
Synode des Évêques. Le Secrétaire Général a déclaré que, pour l’Église,
il s’agissait d’une grande consolation de savoir que l’Évêque d’un
Diocèse comptant 18.000 catholiques ait un si grand prestige moral,
qu’il participe avec l’Imam et les autres chefs religieux, à la
médiation pour la paix dans le pays.
Ensuite, ont été présentés les Rapports sur les Relations des
différents Continents avec l’Afrique. Après la presentation du
Rapport sur Ecclesia in Africa, ont eu lieu des interventions libres
des Pères Synodaux.
À cette Congrégation Générale, qui s’est conclue à 19h00 avec la
prière de l’Angelus Domini, étaient présents 227 Pères.
RAPPORTS SUR LES RELATIONS DES DIVERS CONTINENTS AVEC L’AFRIQUE
-
S. Exc. Mgr Raymundo DAMASCENO ASSIS, Archevêque d'Aparecida,
Président du "Conseil Épiscopal Latino-americain" (C.E.L.AM.)
(BRÉSIL)
-
S. Exc. Mgr Wilton Daniel GREGORY, Archevêque d'Atlanta (ÉTATS-UNIS
D'AMÉRIQUE)
-
S. Exc. Mgr Orlando B. QUEVEDO, O.M.I., Archevêque de Cotabato,
Secrétaire Général de la "Fédération des Conférences Épiscopales
d'Asie" (F.A.B.C.) (PHILIPPINES)
-
S. Exc. Mgr Peter William INGHAM, Évêque de Wollongong, Président de
la "Féderation Conférences Épiscopales Catholiques d'Océanie"
(F.C.B.C.O.) (AUSTRALIE)
-
S. Ém. le Card. Péter ERDŐ, Archevêque d'Esztergom-Budapest,
Président du Conseil Conférences Épiscopales d'Europe (C.C.E.E.)
(HONGRIE)
-
S. Exc. Mgr Laurent MONSENGWO PASINYA, Archevêque de Kinshasa
(RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO)
Nous publions ci-dessous, les Interventions sur les relations des
différents Continents avec l’Afrique:
-
S. Exc. Mgr Raymundo DAMASCENO ASSIS, Archevêque d'Aparecida,
Président du "Conseil Épiscopal Latino-americain" (C.E.L.AM.)
(BRÉSIL)
1. En premier lieu, en qualité de Président du Conseil épiscopal
latino-américain – CELAM, je souhaite remercier, de manière
particulière, le Saint-Père Benoît XVI pour son invitation à
participer à cette Seconde Assemblée spéciale du synode des Évêques
pour l’Afrique. Pour moi, évêque latino-américain, c’est un
privilège de pouvoir partager le chemin de notre Église, une, sainte,
catholique et apostolique, sur le continent africain. Je veux
participer à ce Synode avec beaucoup d’attention, d’ouverture et de
prière.
Je souhaite exprimer, en ce moment, la solidarité de l’épiscopat et
de l’Église latino-américaine aux chers frères Évêques et à toute l’Église
pèlerine sur le continent africain.
Nous sommes ici non seulement pour manifester notre fraternité à l’Église
en Afrique, mais également pour apprendre, dans la mesure où nous
sommes sûrs que les conclusions de cette seconde Assemblée Spéciale
aideront également l’Église en Amérique latine dans sa mission de
réconciliation et dans sa recherche de justice et de paix.
2. L’Afrique et l’Amérique latine sont des continents très
différents entre eux, il est cependant important de savoir qu’en
Amérique latine la population d’origine africaine est plus nombreuse
que la population de nos propres peuples d’origines, les indigènes.
Nous sommes également unis dans la Croix en ce que, sur les deux
continents, il y a un fort taux de population qui vit en situation
de pauvreté et qui a besoin de biens et de services pour sa
subsistance: alimentation, logement, éducation et santé.
Dans le domaine politique et institutionnel, la démocratie dans
nombre de nos pays n’est pas suffisamment enracinée dans la culture
du peuple et, à cause de cela, n’est pas encore solidement ancrée.
Les besoins fondamentaux et urgents d’une grande partie de nos
populations n’étant pas satisfaits, ils provoquent l’apparition de
politiques aventureuses, de promesses populistes, qui entretiennent
les illusions, mais ne résolvent pas les problèmes structurels de la
population.
Toujours dans le domaine politique, la situation s’aggrave à cause
de la corruption dont on prend souvent connaissance au moyen des
différents moyens de communication de masse, phénomène qui pousse la
population, et surtout les jeunes, au conformisme et au
découragement à l’égard de la politique en tant qu’art de promotion
du bien commun.
3. La nouvelle conscience, au niveau mondial, du pluralisme culturel
a réveillé en Amérique latine une nouvelle attention et une nouvelle
manière de voir nos populations indigènes et d’origine africaine.
Cela marque un effort particulier et important d’évangélisation et
d’inculturation. Dans le document de la Ve Conférence générale, qui
s’est tenue à Aparecida en 2007, on peut lire:
«Les indigènes et les afro-américains émergent actuellement dans la
société et dans l’Église. C’est un “kairós” pour approfondir la
rencontre de l’Église avec ces secteurs humains qui réclament la
pleine reconnaissance de leurs droits individuels et collectifs, la
prise en compte de leur “catholicité ”avec leur cosmovision, leurs
valeurs et leurs identités particulières, pour vivre une nouvelle
Pentecôte ecclésiale.» (DA 91).
L’Église en Amérique latine n’a pas vécu de ruptures aussi grandes
et dramatiques que l’Église en Afrique noire. C’est pourquoi, l’expérience
de l’Église en Amérique latine a été plus continue, même si les
souffrances et les erreurs n’ont pas manqué, et c’est justement pour
cela qu’elle possède une expérience riche et multiple. Nous avons
aujourd’hui une expérience pastorale plus stable, dont la richesse
s’est exprimée ces cinquante dernières années au sein de nos cinq
Conférences générales – qui sont d’une nature différente des synodes
– et aujourd’hui, dans la grande mission continentale qui a comme
objectif de mettre l’Église en Amérique latine dans un état de
mission permanente. Les documents de ces cinq Conférences générales
ont toujours accordé une attention particulière aux paysans, aux
indigènes et aux afro-américains, parmi les différentes priorités
pastorales.
4. Je souhaite suggérer dans cette intervention certains points, qui
pourraient être un sujet de dialogue pour un possible échange
fraternel entre les Églises des deux continents. Dans le domaine
épiscopal, nous pouvons partager avec l’Afrique la grande richesse
qu’ont signifié les 54 années de vie de l’organisme épiscopal que je
représente, le Conseil épiscopal latino-américain – CELAM, en tant
qu’instrument de communion épiscopale et de service réciproque au
sein de notre épiscopat. On pourrait, avec l’aide du Saint-Siège,
inviter les évêques de l’Église catholique présents sur les deux
continents, en vue d’un échange d’expériences collégiales,
pastorales et organisationnelles qui puissent enrichir la mission de
l’Église. On pourrait également développer l’expérience existante de
diocèses et de congrégations religieuses qui envoient des
missionnaires à l’Église d’Afrique.
En ce qui concerne les séminaristes et les prêtres, je pense qu’il
serait également possible et réciproquement enrichissant d’offrir
des séminaires pour une première formation sacerdotale dans
certaines des Églises particulières en Amérique latine qui sont plus
riches de ressources. Parmi les avantages, cela représenterait
également une occasion pour apprendre une nouvelle langue qui
servirait à favoriser l’échange et la communion entre les deux
continents sur lesquels la présence catholique est grande.
Même le CELAM, avec l’approbation du Saint-Siège, pourrait
accueillir des prêtres, des personnes consacrées ou des laïcs qui
travaillent dans la pastorale pour des cours de formation dans ses
Institutions pastorales et bibliques à Bogota.
5. Je renouvelle ma gratitude au Saint-Père et à mes chers frères
Évêques d’Afrique pour leur invitation à participer à ce kairos,
temps de grâce et de conversion, qu’est la IIe Assemblée Spéciale
des Évêques pour l’Afrique. Que Notre-Dame de Guadalupe, Reine et
Protectrice d’Amérique, nous accompagne pendant cette Assemblée
Spéciale et aide, par sa protection maternelle, l’Église en Afrique
à trouver, avec la participation de la société, des chemins de
réconciliation, de justice et de paix.
[00019-03.06] [IN000] [Texte original: portugais]
-
S. Exc. Mgr Wilton Daniel GREGORY, Archevêque d'Atlanta (ÉTATS-UNIS
D'AMÉRIQUE)
J’accueille cette opportunité de résumer l’importance que ce Second
Synode pour l’Afrique présente pour l’Église aux Etats-Unis d’Amérique.
En tant qu’Américains, nous sommes de plus en plus concernés par des
questions et des événements relatifs au continent africain. Comme
tous les peuples, nous ressentons de manière toujours plus aigue
l’impact de l’intensification du caractère global de notre monde. D’abord
et avant tout, nous louons le Dieu-Tout-Puissant pour le don de l’Unique
Foi qui relie l’Église des États-Unis à toutes les autres Églises de
par le monde. Notre communauté catholique a bénéficié directement au
cours de la génération précédente d’un nombre croissant de prêtres
et de religieux provenant du grand continent africain qui servent
maintenant les Catholiques dans notre nation toute entière, et ce
avec générosité et zèle. Nous connaissons, grâce à leur présence, la
profondeur de la foi et la générosité de l’Église en Afrique.
L’Église aux États-Unis est aussi profondément reconnaissante pour
l’opportunité qu’elle a d’aider les Églises locales en Afrique grâce
au soutien de la Caritas et des nombreuses coopératives
missionnaires variées qui proviennent du cœur généreux de notre
peuple et relient fréquemment un diocèse à un diocèse et une
paroisse à une paroisse, au travers de la prière mutuelle, de l’assistance
financière et de contacts personnels. Je suis heureux et fier de
signaler que les agences au sein de la Conférence des Évêques
catholiques des États-Unis ont une longue histoire de collaboration
avec les Conférences épiscopales et les associations des Conférences
épiscopales sur le continent africain dans le domaine de la justice
et de la paix. Ce sont ces signes très positifs au travers desquels
l’Église dans mon pays et l’Église dans les pays d’Afrique se sont
réciproquement engagées dans une œuvre d’évangélisation et d’aide
sociale qui ont fait du thème de ce Synode “Au service de la
Réconciliation, de la Justice et de la Paix” un important rappel de
la manière dont l’Église aux États-Unis et l’Église en Afrique sont
liées dans la foi et la charité.
Nous savons désormais que nous pouvons tout simplement dire, en
citant les paroles de l’Évangile selon saint Luc: “Nous avons fait
ce que nous devions faire” (Lc 17, 10b). Nous reconnaissons que la
plus grande ressource dont dispose l’Église en Afrique est son
peuple. L’Église aux États-Unis continue à bénéficier de ces peuples
provenant d’Afrique qui sont récemment arrivés dans nos ports comme
visiteurs et comme nouveaux résidents. Ces nouveaux arrivants
viennent, non pas comme cela était le cas précédemment, en portant
des chaînes et comme esclaves, mais comme travailleurs qualifiés,
hommes d’affaires professionnellement formés et étudiants impatients
de se construire une nouvelle vie dans un pays qu’ils considèrent
comme prometteur. Beaucoup de ces nouveaux arrivés portent avec eux
une foi catholique profonde et dynamique avec son riche héritage
spirituel. Ces personnes merveilleuses nous poussent à redécouvrir
nos propres traditions religieuses que nous avons si souvent mis de
côté du fait de l’influence de nos activités séculaires.
Alors que ma propre nation a fait de remarquables et bienheureux
progrès dans sa propre lutte pour la réconciliation raciale et la
justice, nous n’avons pas encore atteint cette perfection à laquelle
l’Évangile appelle toute l’humanité. Nous avons aussi besoin de
réaliser la réconciliation, la justice et la paix dans notre propre
pays comme l’écrivait depuis une prison de Birmingham (Alabama)
Martin Luther King Jr, en paraphrasant le Prophète Amos, et nous
voyons la réalisation ultime de notre grand potentiel, “que le droit
coule comme de l'eau, et la justice, comme un torrent qui ne tarit
pas” [5, 24].
La grande terre d’Afrique a beaucoup d’autres ressources que le
monde convoite aujourd’hui et poursuit parfois avec une avidité
éblouissante et une violence fréquente. Vos ressources sont une
bénédiction pour cette planète; elles peuvent être utilisées pour
apporter non seulement la prospérité aux peuples d’Afrique, mais
aussi, si elles sont envisagées correctement, un sens d’unicité à la
terre et d’interconnexion entre les peuples où qu’ils soient lorsqu’ils
utilisent avec sagesse les ressources naturelles que Dieu a placé
entre nos mains comme patrimoine commun.
Je suis profondément reconnaissant à notre Saint-Père de m’avoir
invité à m’adresser à mes frères évêques provenant du continent
africain et à apprendre d’eux quelques-uns de leurs espoirs, de
leurs luttes et de leurs rêves et à partager avec eux la profonde
affection et le respect de l’Église aux États-Unis d’Amérique.
[00020-03.04] [IN000] [Texte original: anglais]
-
S. Exc. Mgr Orlando B. QUEVEDO, O.M.I., Archevêque de Cotabato,
Secrétaire Général de la "Fédération des Conférences Épiscopales
d'Asie" (F.A.B.C.) (PHILIPPINES)
“Au service de la réconciliation, de la justice et de la paix” - le
thème de la Seconde Assemblée spéciale pour l’Afrique est
profondément en assonance avec les aspirations de l’Église en Asie.
Malgré d’importantes différences, l’Église en Asie et l’Église en
Afrique présentent des similitudes étonnantes. Si la chrétienté a
trouvé sa voie au cours de l’âge apostolique en Égypte et en Afrique
du Nord grâce à l’œuvre de saint Marc l’Évangéliste, de même de
nombreux chrétiens en Inde doivent leur origine à l’Apôtre saint
Matthieu. Mais en grande partie, l’Église en Afrique est jeune,
comme elle l’est en Asie. Dans de nombreux pays des deux continents,
la chrétienté a été introduite par des missionnaires étrangers au
cours de la période coloniale. Un nouvel élan missionnaire fut fait
au cours des XIXe et XXe siècles.
La richesse de cultures, le trésor inestimable des valeurs
familiales qui sont réellement humaines, les milliers de langues
parlées, la rencontre entre la chrétienté, l’islam et les religions
traditionnelles indigènes, tout cela représente des réalités
significatives étonnamment similaires pour l’Afrique et pour l’Asie.
Les deux continents sont des continents de pauvres et de jeunes.
Les deux Exhortations post-synodales de notre regretté et bien-aimé
Pape Jean-Paul II, Ecclesia in Africa (1995) et Ecclesia in Asia
(1998) reflètent ces étonnantes ressemblances. Par exemple en ce qui
concerne les défis pastoraux du temps présent: les impératifs
constitués par l’inculturation, le dialogue interreligieux, la
promotion grandissante d’une culture matérialiste et relativiste
mondiale diffusée par les moyens de communication sociale, l’aspect
négatif de la mondialisation économique sur les pauvres, le déclin
des valeurs morales dans la vie sociale, économique et politique et
les menaces continuelles contre la véritable nature du mariage et de
la famille, les différents visages de l’injustice et du conflit
violent qui ruinent l’harmonie au sein des sociétés africaines et
asiatiques.
L’Église en Afrique et l’Église en Asie soulèvent des questions
similaires de grande importance: que sommes-nous en tant que
communauté de disciples, en tant qu’Église? Comment pouvons-nous
être des témoins crédibles du Seigneur Jésus et de son Évangile?
Comment devrions-nous répondre aux différents défis pastoraux
complexes que nous affrontons dans notre mission afin de proclamer
que Jésus est Seigneur et Sauveur?
Comme je l’ai compris, l’Église en Afrique explore les implications
théologiques et pastorales de l’Église en tant que Famille de Dieu.
Pour notre part, en Asie, sous la conduite des Saintes Écritures et
du Magistère vivant de l’Église, nous avons été menés par l’Esprit
Saint, nous le croyons, afin d’explorer, dans le contexte asiatique,
la théologie de l’Église comme communion et comme humble Servante de
l’Évangile et des peuples d’Asie. Cette optique théologique a ouvert
l’option pastorale d’un renouveau radical de l’Église en Asie, une
option basée plus sur l’être que sur le faire. Nous avons réalisé
que les actions devaient provenir du cœur d’une Église renouvelée
par le Mystère pascal de Jésus notre Seigneur.
En ses 35 ans d’existence fructueuse, la Fédération des Conférences
des Évêques d’Asie a envisagé un renouveau pour l’Église en Asie,
soit: une intériorité spirituelle plus profonde; un dialogue avec
les cultures asiatiques, avec les anciennes traditions religieuses
et philosophiques d’Asie et avec les populations, en particulier les
pauvres; un véritable discepolat; un renouveau du caractère laïc des
responsables des transformations sociales; un renouveau du sens de
la mission ad gentes; le renouveau de la famille asiatique comme
point central de l’évangélisation et une manière crédible de vivre
l’Eucharistie dans les réalités de la vie quotidienne en Asie.
Ce renouveau est fondamentalement un appel de notre Dieu qui est
Amour (Deus Caritas est), nous offrant l’espérance du salut (Spe
salvi) et nous incitant à l’amour dans la vérité (Caritas in
Veritate).
Pour aimer en vérité, l’Église en Afrique et l’Église en Asie
partagent les mêmes expériences de peine et de joie. Les peines -
telles que les nombreuses forces d’une culture de mort, des forces
que tant Ecclesia in Africa qu’Ecclesia in Asia traitent avec grande
inquiétude comme la croissance de la pauvreté et de la
marginalisation de nos peuples; les attaques continuelles relatives
au mariage et à la famille traditionnelle; les injustices commises
envers les femmes et les enfants; notre propension à favoriser les
armes de destruction de masse par rapport au développement intégral;
notre incapacité à être compétitifs vis-à-vis des puissants au sein
d’un ordre économique mondialisé qui n’est géré par aucune norme
juridique ou morale; l’intolérance religieuse en lieu et place d’un
dialogue entre raison et foi; la règle de l’avidité au-dessus du
règne de la loi dans la vie publique; la division et le conflit au
lieu de la paix et la dégradation de l’écologie humaine et naturelle.
Plus encore, la fréquence des typhons destructeurs, des inondations,
des sécheresses, des séismes et des tsunamis sur le continent
asiatique requiert désormais notre souci pastoral collectif à propos
du réchauffement mondial et du changement climatique.
D’un autre côté, nous faisons l’expérience d’une grande joie et d’un
grand espoir au sein des mouvements de justice et de paix, joie qui
se manifeste par une prise de conscience et une participation
croissante des jeunes et des femmes aux décisions et aux
transformations sociales, par le mouvement de plusieurs groupes de
la société civile vers l’intégrité dans la vie publique et dans le
soin et l’intégrité de la création, par la solidarité des personnes
de bonne volonté provenant de différentes classes sociales et de
différentes traditions religieuses et leur capacité à travailler
pour un ordre social plus juste, plus pacifique et plus fraternel.
La raison de notre joie et de notre espoir réside dans le fait que
nous voyons de nombreux mouvements positifs au sein de l’Église,
dans différentes organisations ecclésiales et mouvements, au sein de
petites communautés chrétiennes, parmi un grand nombre d’hommes et
de femmes engagés dans la vie religieuse et parmi le clergé - tout
cela portant les valeurs du Royaume de Dieu dans le nouvel aréopage
de l’Évangélisation.
Avec ces sentiments de joie et d’espoir dans le Seigneur, j’exprime
la solidarité des membres de la Fédération des Conférences des
Évêques d’Asie à tous les participants de la Seconde Assemblée
spéciale pour l’Afrique. Nous vous remercions profondément d’accueillir
de nombreux missionnaires d’Asie ainsi que des travailleurs immigrés
provenant de notre bien-aimé continent.
Concernant notre récente 9e Assemblée plénière de la FABC de Manille,
permettez-moi d’exprimer notre gratitude à Son Éminence le Cardinal
Francis Arinze, qui était l’Envoyé spécial du Saint-Père, et à Son
Éminence le Cardinal Ivan Dias qui a envoyé Son Excellence Mgr
Robert Sarah en qualité de représentant personnel.
De manière toute particulière, au nom de la FABC, j’exprime notre
très profonde et affectueuse fidélité à notre bien-aimé Saint-Père,
le Pape Benoît XVI. Puissions-nous vous inviter, bien-aimé
Saint-Père, à visiter notre région dans un proche avenir. Merci.
[00018-03.05] [IN000] [Texte original: anglais]
-
S. Exc. Mgr Peter William INGHAM, Évêque de Wollongong, Président de
la "Féderation Conférences Épiscopales Catholiques d'Océanie"
(F.C.B.C.O.) (AUSTRALIE)
Très Saint-Père, chers Présidents délégués, cher Rapporteur général,
cher Secrétaire général, Archevêque Eterović, mes Frères et Soeurs
de ce Synode,
En tant qu’actuel Président de la Fédération des Conférences des
Évêques catholiques d’Océanie (FCBCO), j’apporte les vœux et les
souhaits des Églises locales de nos quatre Conférences épiscopales,
à savoir la Conférence des Évêques catholiques d’Australie, la
Conférence des Évêques catholiques de Nouvelle-Zélande et les
Conférences des Évêques de Papouasie-Nouvelle-Guinée et des Îles
Salomon, ainsi que de la vaste Conférence des Évêques catholiques du
Pacifique qui s’étend de Guam aux îles Marianne, en passant par
Vanuatu, Fidji, Tonga, Samoa, Kiribati, les îles Cook jusqu’à Tahiti
et de nombreux autres groupes d’îles.
J’exprime notre communion avec l’Évêque de Rome et l’Église
universelle en tant que Fédération des Conférences des Évêques et
notre solidarité avec l’Église dans de nombreux pays d’Afrique.
Tous nos pays d’Océanie, comme la plupart de ceux d’Afrique, ont été
colonisés, dans notre cas, en grande partie par les Britanniques,
les Français et les Portugais.
Comme en Afrique, l’Église existe désormais en Océanie grâce à d’héroïques
missionnaires provenant en majorité d’Irlande, de France, d’Allemagne
et d’Italie.
La foi en Océanie dispose aussi de quelques modèles extraordinaires
en la personne de martyrs et de saints en sus de ceux qui ont déjà
été canonisés et béatifiés, mais cela n’est rien par rapport à la
glorieuse tradition des saints et martyrs qui témoigne de la foi en
Afrique.
Les Objectifs du Millénaire pour le développement humain sont bien
loin d’avoir été atteints dans notre région Pacifique appelée
Océanie. De plus, en tant que responsables de l’Église à travers le
monde entier, nous tentons d’être proches de notre peuple, nous
pouvons parvenir à une compréhension très pratique des manières dont
la pauvreté peut totalement déshumaniser les personnes et de combien
la violence peut être destructrice pour la vie et la dignité
humaines. Nous, en tant que responsables d’Église, pouvons être bien
conscients de l’injustice qui place les riches dans une position
privilégiée qui fait une distinction vis-à-vis des défavorisés,
telle que celle si bien représentée dans la parabole de Lazare et du
mauvais riche (Lc 16, 19-31).
Je réalise que ces réalités sont, pour les pays d’Afrique, parfois
même plus menaçantes que celles auxquelles doivent faire face les
communautés d’Océanie. Je rends hommage à la générosité des
catholiques au sein de chacune des Conférences des Évêques d’Océanie
qui, par l’intermédiaire de la Caritas Océanie et de la Caritas,
soutiennent dans chacun de nos pays des programmes humanitaires de
paix et de développement par l’intermédiaire de l’Église en Afrique.
De la même manière, les peuples d’Océanie sont généreux envers la
Mission catholique Propaganda Fidei.
Nous avons beaucoup à admirer et à apprendre de vous, Église d’Afrique,
du témoignage que vous donnez malgré d’écrasantes difficultés. Votre
grand sens de la mission pour évangéliser votre culture signifie que
l’opposition du gouvernement ou d’autres traditions religieuses n’ont
fait qu’intensifier votre foi, votre espérance et votre amour.
En Océanie, le terrible fléau du Sida (IL 142) (spécialement en
Papouasie-Nouvelle-Guinée) et l’exploitation qui peut résulter de l’extraction
minière, souligne la mission de l’Église qui vise à appliquer l’Évangile
de Jésus afin de réduire les stigmates de la disgrâce sociale, de
remplacer la violence par des ponts de réconciliation, de justice et
de paix (IL 90), d’amener les gouvernements civils à s’expliquer, à
parler au nom des persécutés ou de ceux qui sont contraints au
silence, et à assurer l’éducation et les services médicaux.
En tant que leaders dans la foi et Pasteurs de la communauté
chrétienne, nous disposons, en partant de Jésus le Bon Pasteur et en
passant par notre longue et riche tradition de foi catholique et de
culture, d’une vision plus large de la personne humaine, grâce à
Jésus et à notre tradition ecclésiale, nous disposons d’une vision
plus vaste de la justice, de l’amour, de l’importance des bonnes
relations entre les individus, entre les tribus et entre les nations;
nous avons une vision plus large de la réconciliation, de la paix et
de la compassion. Lorsque se présentent des contextes de crise, d’injustice
et de peur, les gens vont en masse dans leurs églises. Ceci nous
montre alternativement, à nous les responsables d’Église, la
nécessité de nous concentrer sur notre rôle de pasteur et d’être des
responsables dynamiques d’espérance. En tant que chrétiens, nous
comptons sur l’espérance!
Alors que les températures globales et les eaux des océans s’élèvent,
ce sont toujours les plus pauvres et les plus vulnérables qui
souffriront de manière disproportionnée comme ils le font déjà du
fait de la sécheresse, des inondations et des maigres moissons, ce
qui pourrait constituer des raisons de conflit et avoir pour
conséquence des migrations massives de réfugiés et de demandeurs d’asile.
Tant en Océanie qu’en Afrique, un grand travail est accompli par l’Église
et par ses agences afin d’aider les personnes à retrouver leur
équilibre au sein de leurs communautés et à gérer les risques
pouvant dériver de catastrophes naturelles. Nous pouvons et devons
apprendre les uns des autres. Je vous demande de prier pour Samoa et
Tonga dans leur grand chagrin suite au récent séisme et au tsunami.
L’Australie a commencé à s’engager à nouveau avec l’Afrique, en
particulier dans le domaine de l’industrie minière (IL 51).
Comme vous le savez bien, l’Afrique est un continent riche en
richesses naturelles. Désormais, nous voudrions que les mineurs
australiens soient responsables face aux communautés dans lesquelles
ils travailleront. L’activité minière ne doit pas contribuer à l’instabilité
et au conflit - elle doit être jugée autant sur la base de son
dividende économique que de son dividende en matière de paix. Un
catholique pratiquant que je connais bien est l’un des responsables
ayant le plus voyagé d’un géant australien de l’industrie minière.
Il m’a affirmé que l’intention de sa société est la soutenabilité
éthique. Il déclare qu’ils ont l’intention de parvenir à une
situation gagnant-gagnant: des bénéfices tangibles pour les
Communautés africaines auprès desquelles ils exploitent les mines,
tout comme pour sa société. Nombre d’entre vous êtes engagés dans ce
dialogue et nous devons être à vos côtés.
Les troubles politiques et les conflits dans le Pacifique (par
exemple aux Fidji, aux îles Salomon, en Papouasie-Nouvelle-Guinée)
ne sont pas à l’échelle des pays d’Afrique, mais en discernant le
rôle de l’Église en tant que Corps du Christ dans la construction de
ponts de paix et de réconciliation, nous avons beaucoup à apprendre
de vos responsables de l’Église africaine. Vos réussites en tant qu’Église
conduisant à la paix et à des efforts de réconciliation en Afrique
sont très utiles pour l’Église qui se trouve ailleurs (IL 108).
Nous accueillons actuellement de nombreux africains en Australie et
en Nouvelle-Zélande qui ont commencé une nouvelle vie après avoir
subi un conflit tribal, la violence et des régimes oppressifs. Ces
réfugiés proviennent du Soudan, de la Corne de l’Afrique et, dans
une moindre mesure, de la région des Grands Lacs. D’autres africains
sont venus dans notre partie du monde pour poursuivre leurs études
et quelques-uns sont venus pour travailler comme prêtres ou
religieux. Mon diocèse et d’autres ont débuté le parcours de
discernement afin d’accepter des candidats au sacerdoce provenant de
différentes régions d’Afrique.
Nous avons, en Australie, une communauté très fortement
multi-culturelle, au sein de laquelle plus de 60% de notre
population est composée de migrants, de réfugiés et de leurs enfants.
Ceci a enrichi et modifié l’Australie à partir de la Seconde Guerre
mondiale. La Journée mondiale du Migrant est célébrée chez nous le
dernier dimanche du mois d’août, afin de souligner la riche
diversité culturelle que les migrants et les réfugiés ont apportée
dans notre pays et pour aider notre peuple à “accueillir l’étranger”
(cf. He 11, 13) de manière à ce que les migrants ou les réfugiés
provenant d’Afrique ou d’ailleurs puissent pleinement s’intégrer à
la communauté australienne.
Je me réjouis de nos conversations durant ce Synode et attends avec
impatience d’apprendre avec vous et de vous.
[00017-03.06] [IN000] [Texte original: anglais]
-
S. Ém. le Card. Péter ERDŐ, Archevêque d'Esztergom-Budapest,
Président du Conseil Conférences Épiscopales d'Europe (C.C.E.E.)
(HONGRIE)
1. “Vous êtes le sel de la terre... Vous êtes la lumière du monde” (Mtr
5, 13.14) - ces paroles du Seigneur se réfèrent à tous les chrétiens
mais, en cette heure de l’histoire de l’humanité, spécialement à
vous, chers Frères et Sœurs en Afrique. Au cours de la préparation
de cette assemblée spéciale s’est cristallisé l’accent particulier
de cette rencontre synodale: “l’Église en Afrique au service de la
réconciliation, de la justice, de la paix”.
2. À vous tous, j’apporte les salutations les plus cordiales et le
message de grande proximité des évêques européens - représentés par
les Présidents de toutes les Conférences épiscopales - qui se sont
rencontrés ces jours-ci à Paris. Nous avons pu rendre compte d’un
travail commun désormais consolidé avec les évêques africains dans
le cadre des programmes communs du Conseil des Conférences
épiscopales d’Europe et du SCEAM. En différentes villes africaines
et européennes, ont eu lieu des travaux communs qui avaient pour
thème la migration, l’esclavage et d’autres problèmes humains et
chrétiens. Comme vous le savez bien, la terre d’Europe est également
une terre baignée par le sang. Lorsque, après la chute du mur de
Berlin, les habitants, et en particulier les catholiques du côté
occidental et ceux du côté oriental de notre continent se sont
rencontrés librement, ils devaient prendre acte de toute la
complexité de notre histoire commune. Les peuples de l’Est européen
se sentaient surtout colonisés et exploités dans leur histoire. Même
au cours des premiers siècles de l’époque moderne, des villages
entiers du sud-est européen habités par des populations chrétiennes,
les ont vu finir leurs habitants sur les marchés aux esclaves d’Orient.
3. L’histoire récente de l’Europe a laissé également de nombreuses
blessures qui sont encore loin d’une guérison complète. Si, après la
Seconde Guerre mondiale, guerre qui a conduit à la perte du plus
grand nombre de vies humaines de toute l’humanité, les peuples d’Occident,
par exemple les Allemands et les Français, avec l’aide substantielle
de grands hommes catholiques comme Schumann, Adenauer et De Gasperi,
ont trouvé la voie non seulement de la coexistence pacifique mais
également d’une réconciliation plus profonde, il appartient aujourd’hui
à la partie centrale et orientale de l’Europe de rechercher la
réconciliation des cœurs, la purification de la mémoire et la
fraternité constructive. Ainsi, ce sont très souvent les évêques
catholiques qui hissent les premiers le signe de la réconciliation,
comme l’ont fait les évêques allemands et polonais (dans) un grand
acte de réconciliation, qui, au début, n’a pas été compris par de
nombreux groupes de leur société. Certains grands ecclésiastiques et
théologiens de ce temps, en particulier Joseph Ratzinger, ont trouvé
des mots passionnés pour défendre cet acte prophétique. Au cours de
ces dernières années, des actes de réconciliation et de fraternité
similaires entre les évêques de Pologne et d’Ukraine, de Slovaquie
et de Hongrie et d’autres ont eu lieu. Les médias n’accordent
souvent pas grande importance à ces événements. Peut-être ne
manque-t-il pas même de groupes qui pensent trouver leur avantage
politique et économique en suscitant des tensions et des hostilités
entre les peuples, les groupes ethniques ou même religieux. “La
lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas saisie”
ainsi que l’écrit saint Jean (1, 5). Le Christ est la lumière du
monde. Il éclaire également les ténèbres de l’histoire humaine et
aucune obscurité, aucune haine, aucun mal ne peut le vaincre. En Lui
est notre espérance. Même si la voix de l’Église et le témoignage de
chaque chrétien semblent faibles, même si elle n’apparaît souvent
pas sur la première page des grands moyens de communication, cette
voix fine est plus forte que tout bruit, que tout mensonge, toute
propagande ou toute manipulation. Nous sommes témoins de la force
des martyrs. Actuellement, commencent à être béatifiés et canonisés
les témoins de l’Agneau tués pour leur foi au XXe siècle. Ce sont
ceux qui “viennent de la grande épreuve : ils ont lavé leurs robes
et les ont blanchies dans le sang de l'Agneau” (Ap 7, 14). Au cours
des longues persécutions, leur mémoire était couverte par le silence.
Et pourtant, elle est restée vivante y compris dans le cœur de la
communauté des croyants et maintenant, nous ouvrons les tombeaux. Il
est émouvant de voir, ce qu’il est resté des corps des martyrs.
Chaque translation des dépouilles de l’un d’entre eux secoue les
âmes de tous les participants à ces cérémonies. La grande tension
entre la faiblesse extrême d’un être humain qui a été tué et la
force sublime de cette même personne illuminée désormais par la
gloire des martyrs, donne une forte impulsion spirituelle à nos
communautés.
Chers confrères! Nous autres, catholiques d’Europe, avons appris de
notre histoire à suivre avec attention également le sort des
chrétiens d’Afrique et nous avons également appris à estimer votre
fidélité, votre témoignage et les martyrs africains qui donnent leur
vie - année après année en nombre préoccupant - pour le Christ et
Son Église et aussi pour nous. L’Église en Afrique a mérité notre
gratitude et notre profonde estime.
4. Le Serviteur de Dieu Jean-Paul II nous adressait avec force et
lucidité son enseignement sur la miséricorde divine. Les cercles du
mal qui semblent parfois même diaboliques et peuvent attrister et
pousser au désespoir des sociétés humaines entières, en construisant
les structures de la haine, de la violence, de la vengeance et de l’injustice
entre groupes ethniques, peuples ou classes sociales, ne pourraient
être dépassés par la seule force humaine en l’absence de la
miséricorde divine qui nous rend aussi capables de suivre le
commandement du Christ: “Montrez-vous compatissants, comme votre
Père est compatissant” (Lc 6, 36). Si notre Seigneur nous a commandé
cela, ce commandement est également la garantie de la possibilité de
le mettre en pratique. C’est Lui qui nous donnera la force d’être
miséricordieux et de rompre toute structure du mal.
5. Nous sommes convaincus que l’échange des dons n’est pas un
programme qui vaut seulement entre la partie occidentale et
orientale de l’Europe. Elle représente un devoir également entre les
fidèles, entre les Églises particulières au niveau continental et
universel. Les possibilités de la solidarité et de la détermination
à ne pas oublier les frères dans le besoin pas même en temps de
crise est ferme parmi les catholiques d’Europe. Dans le même temps,
nous désirons mieux étudier vos expériences liturgiques,
catéchistiques, la dynamique des vocations sacerdotales, la
possibilité de construire ensemble l’Église du Christ en Europe, en
Afrique et partout dans le monde.
6. Nous ne nous leurrons certainement pas: les grandes forces
économiques et politiques du monde, très souvent, n’agissent pas
selon la logique de la charité et de la justice et, parfois, elles
semblent oublier jusqu’à la véritable réalité, la nature des choses
et de l’être humain. En outre, la dignité humaine ne dépend pas de
notre efficacité, elle n’est pas proportionnée au succès de ce
monde. Tout être humain, en tant que tel, a la même dignité
inaliénable. Parce que créé à l’image et à la ressemblance de Dieu.
La dignité humaine n’est pas incompatible avec la souffrance. Une
idéologie qui dirait que, pour sauver notre dignité, il serait
préférable de mourir que de souffrir serait fausse. Tel était l’attitude
de l’antiquité gréco-romaine, pas encore éclairée par la lumière de
l’Évangile. L’exemple du Christ nous enseigne que la plus grande
souffrance peut être le moment de la plus grande dignité et de la
plus grande gloire. Après que le traître ait abandonné le Cénacle,
Jésus dit: “Maintenant le Fils de l’homme a été glorifié et Dieu a
été glorifié en lui. Si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le
glorifiera en lui-même et c’est aussitôt qu’il le glorifiera” (Jn
13, 31-32).
Si actuellement, nombreux sont ceux qui, dans notre monde, n’écoutent
pas la voix du Créateur et ne sont pas ouverts pour accepter la
vérité et pratiquer la charité, la nature de la réalité créée
demeure ce qu’elle est. La justice et la miséricorde divine se font
valoir de toute façon dans le fonctionnement du monde et dans le
déroulement de l’histoire. Ainsi, chers Confrères, nous vous
assurons de nos prières et de notre solidarité afin que vous
puissiez trouver les chemins pour promouvoir la réconciliation, la
justice et la paix et que vous soyez une source de réconfort aussi
pour nous, avec vos expériences, votre foi et votre témoignage.
[00021-03.04] [RC000] [Texte original: italien]
RAPPORT SUR ECCLESIA IN
AFRICA
-
S. Exc. Mgr Laurent MONSENGWO PASINYA, Archevêque de Kinshasa
(RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO)
Nous publions ci-dessous, les Interventions sur Ecclesia in Africa:
- S. Exc. Mgr Laurent MONSENGWO PASINYA, Archevêque de Kinshasa
(RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO)
Introduction
Le 10 avril 1994, au cours d’une liturgie pontificale haute en
couleur, Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II d’heureuse mémoire,
entouré de 35 cardinaux, 1 patriarche, 39 archevêques, 146 évêques
et 90 prêtres, ouvrait solennellement l’Assemblée spéciale pour l’Afrique
du Synode des évêques, “dans le but de favoriser une solidarité
pastorale organique dans tout le territoire africain et les îles
adjacentes”.[1]“L’Afrique, dans la diversité de ses rites, était là,
dansant sa joie, exprimant sa foi dans la vie, au son des tam-tams
et d’autres instruments de musique africains”.[2]
À cette occasion, l’Afrique a perçu qu’elle est, d’une part, partie
intégrante de l’histoire du salut, d’Abraham à Jésus Christ[3] et,
d’autre part, suivant le mot de Paul VI, “nouvelle patrie du Christ”,[4]“terre
aimée du Père Eternel”.[5]
Pendant un mois (10 avril - 8 mai 1994), l’Assemblée synodale
regardera l’Afrique les yeux dans les yeux, pour mieux la comprendre
et mesurer la profondeur de ses tragédies et de ses blessures (génocide,
guerres et conflits armés, mouvements migratoires…) autant que ses
efforts de renaissance, de démocratie et de défense des droits
humains, ainsi que les témoignages lumineux de charité jusqu’au
martyre.
Tout au long de ses assises, l’Assemblée synodale – et l’Église avec
elle – expérimentera et vivra dans sa chair les souffrances des
peuples d’Afrique comme si le Seigneur voulait y associer le Synode:
le Pape Jean-Paul II et quelques Pères synodaux en clinique,
assassinat d’un archevêque et trois évêques à Kabgayi, massacre de
prêtres, religieux(ses) et fidèles laïcs, profanations des églises…
Au terme des débats et délibérations des Pères synodaux, l’Afrique
est (plus que jamais) apparue comme cet homme de la parabole
évangélique, qui descendait de Jérusalem à Jéricho et que les
bandits laissèrent à demi-mort au bord du chemin (cf. Lc 10,30 ss).
En effet, à l’instar de cet homme, l’Afrique attendait le passage du
Bon Samaritain qu’est le Christ Jésus.
Aussi les Pères Synodaux ont-ils voulu que le Synode soit un “Synode
de résurrection”, un “Synode d’espérance et de réconfort pour l’Afrique:
“Christ notre espérance est vivant, nous vivrons !”[6]
En effet, il ne suffisait pas de faire des constats et de prendre la
mesure des drames de l’Afrique; encore fallait-il proposer des
solutions et des remèdes, des orientations et des options pastorales
susceptibles de raviver et de ranimer toute la vie de l’Église et
des peuples d’Afrique. Voilà pourquoi les Pères synodaux ont pris,
au Synode, l’engagement solennel de poursuivre sans désemparer la
mission évangélisatrice de l’Église dans ses cinq dimensions qui
sont: l’évangélisation, l’inculturation, le dialogue, la justice et
la paix, les moyens de communication sociale. Et pour la mise en
œuvre de cette mission, l’Assemblée synodale a choisi l’idée-force
de l’Église-famille de Dieu. “La nouvelle évangélisation visera donc
à édifier l’Église-famille, en excluant tout ethnocentrisme et tout
particularisme excessif, en prônant la réconciliation et une vraie
communion entre les différentes ethnies, en favorisant la solidarité
et le partage en ce qui concerne le personnel et les ressources
entre Églises particulières, sans considérations indues d’ordre
ethnique.[7]
Grâce à la bienveillance et à la fidélité du Saint-Père, les idées
maîtresses, les options, orientations et propositions de l’Assemblée
synodale spéciale pour l’Afrique furent substantiellement “codifiés”
dans l’exhortation post-synodale Ecclesia in Africa (1995). Il
convient d’évaluer, à travers la réception de celle-ci, l’incidence
théologique et pastorale du Synode spécial pour l’Afrique dans l’Église.
1. De la 1e à la 2e Assemblée Spéciale pour l’Afrique
1.1. La Première Assemblée Spéciale pour l’Afrique du Synode des
Évêques a créé sans conteste une dynamique non seulement dans la vie
de l’Église universelle du fait qu’elle était chronologiquement le
premier synode continental, mais aussi dans celle de l’Église
Catholique en Afrique. Dans ce dernier cas d’espèce, cette dynamique
reposait d’abord sur les cinq thèmes-clés et leur pertinence dans la
vie et l’évolution de l’Afrique; ensuite sur l’idée-force de l’Église-famille
de Dieu, sans parler du kairos qu’offrait cette vision de l’Église
pour la résolution des situations de guerres et de conflits que
connaissait l’Afrique.
1.2. Croissance de l’Église Catholique en Afrique
À titre illustratif, nous donnons quelques statistiques susceptibles
de montrer la croissance de l’Église pendant les treize ans qui
suivirent la tenue de la Première Assemblée Spéciale pour l’Afrique
(1994-2007).
| STATISTIQUES AFRIQUE |
1994 |
2007 |
DIFFÉRENCE |
| Superficie |
10.306780 Km² |
10.306.780 Km² |
|
| Population |
705567000 |
943743000 |
+ 238.176.000 |
| Catholiques |
102878000 |
164925000 |
+ 61.047.000 |
| Paroisses |
9616 |
13298 |
+ 3.682 |
| Postes de mission |
avec prêtres |
333 |
248 |
- 85 |
| sans prêtres |
72465 |
70805 |
- 1.660 |
| autres centres |
1720 |
4655 |
+ 2.935 |
| Total |
84134 |
89006 |
+ 4.872 |
| Prêtres |
diocésains |
13596 |
23154 |
+ 9.558 |
| religieux |
10326 |
11504 |
+ 1.178 |
|
Total |
23922 |
34658 |
+ 10.736 |
|
Religieux laïcs |
6448 |
7921 |
+ 1.473 |
|
Religieuses |
46664 |
61886 |
+ 15.222 |
| Agents pastoraux |
Évêques (Arch. +
Év.) |
513 |
657 |
144 |
| Prêtres (cf.
supra) |
|
|
|
| Religieux (ses)
(cf. supra) |
|
|
|
|
Instituts séculiers |
Hommes |
35 |
41 |
+ 6 |
| Femmes |
355 |
537 |
+ 182 |
| Missionnaires laïcs |
1847 |
3590 |
+ 1.743 |
| Catéchistes |
299994 |
399932 |
+ 99.938 |
| Patriarches |
1 |
1 |
- |
| Cardinaux |
12 |
14 |
+ 2 |
| Archevêques |
88 |
99 |
+ 11 |
| Évêques séculiers |
277 |
394 |
+117 |
| Évêques Religieux |
117 |
155 |
+ 38 |
| Archevêques
Religieux |
15 |
25 |
+ 10 |
|
Ordinations sacerdotales |
Prêtres
diocésains |
951 |
1349 |
+ 398 |
| Prêtres défroqués |
29 |
40 |
+ 11 |
| Prêtres
diocésains défunts |
145 |
217 |
+ 72 |
| Total |
1125 |
1606 |
+ 481 |
|
Séminaires (Philosophie, Théologie & Secondaire) |
religieux |
541 |
643 |
+ 102 |
| diocésains |
333 |
434 |
+ 101 |
| Total |
874 |
1077 |
+ 203 |
|
Séminaires (Philosophie, Théologie) |
Séminaires |
394 |
505 |
+ 111 |
| Foyers |
152 |
138 |
- 14 |
| Total |
546 |
643 |
+ 97 |
|
Baptêmes |
> 7 anni |
2004099 |
2302158 |
+ 298.059 |
| < 7 anni |
1057685 |
1102952 |
+ 45.267 |
| Total |
3031784 |
3405110 |
+ 343.326 |
|
Mariages |
entre catholiques |
234953 |
280629 |
|
| entre catho. et
non catho. |
35568 |
37157 |
+ 1.589 |
| Total |
270521 |
317786 |
+ 47.265 |
|
Confirmations & 1e communions |
Confirmations |
1274133 |
1550282 |
+ 276.149 |
| 1e
communions |
1417879 |
1699237 |
+281.358 |
| Total |
2692012 |
3249519 |
+ 557.507 |
Ces statistiques montrent la vitalité et la croissance de l’Église
en Afrique après la tenue du Synode en 1994. Celui-ci doit avoir été
l’une des causes majeures sinon la cause principale de cette
impulsion.
Une autre donnée à prendre en considération pour apprécier la
vigueur de Église en Afrique est assurément la création de nouveaux
diocèses: 80 de 1994 à 2009 (+ 5 préfectures apostoliques) sans
compter les 24 diocèses devenus archidiocèses et les 6 diocèses in
fieri transformés en diocèses à part entière. C’est ainsi que l’épiscopat
africain est passé de 428 en 1994 à 528 en l’an 2009 soit une
croissance de 23,5% . Si la croissance est généralisée certains pays
se distinguent particulièrement, ainsi par ordre alphabétique: le
Bénin (+45%), le Cameroun (+25%), l’Ethiopie/Erythrée (+45%)), le
Ghana (+135%), le Kenya (+42%), le Nigéria (+43%), l’Ouganda (+15%),
la République Centrafricaine (+50%) et le Togo (+75%). C’est ainsi
que naturellement les Conférences épiscopales nationales ou
internationales africaines sont passées de 34 en 1994 à 36 en
1998.[8]
Renouvellement des pasteurs en Afrique après l’Assemblée Spéciale
pour l’Afrique
Pour les 190 membres évêques africains sur les 239 que comprenait
l’assemblée synodale seulement 50 ont vu leur situation inchangée,
alors que sur les 129 membres restant: 10 étaient créés Cardinaux
(8,5%), 36 promus ou transférés (28,5%), 50 devenus émérites (38,5%)
et 57 décédés (44%). Entre-temps, d’autres participants à l’événement
synodal sont également devenus évêques: 2 membres prêtre, 4 experts,
1 auditeur et 3 assistants de la Secrétairerie Générale.
Sur l’ensemble du continent africain ce sont 520 évêques sur un
total de 528 qui ont été nommés ou promus depuis la fin de la
célébration synodale.[9] Ceci nous donne un taux de renouvellement
encore plus élevé que celui des membres de l’Assemblée elle-même
avec environ 98% dans un laps de temps très restreint (1994-2009).
Nouveaux Évêques en Afrique
Le premier chiffre entre parenthèses correspond au nombre des
évêques nommés ou promus depuis la fin de l’Assemblée Spéciale pour
l’Afrique alors que le second indique le nombre total des diocèses
du pays. Les diocèses récemment créés sont indiqués par le chiffre
qui suit ceux entre parenthèses.
- Afrique Méridionale: (22/29) + 1
- Afrique du Nord: (9/10)
- Angola et Sao Tomé: (24/18) + 4
- Bénin: (13/10) + 3
- Burkina Faso et Niger: (14/15) + 4
- Burundi: (9/9)
- Cameroun: (21/26) + 5
- CEDOI: (3/6) + 1
- Congo: (6/6) + 1
- Congo: (Rép. Dém. du) 53/51
- Côte d’Ivoire: (24/16) + 3
- Égypte: (15/15) + 1
- Éthiopie et Érythrée: (12/13) + 4
- Gabon: (6/6) + 2
- Gambie et Sierra Leone: (3/4)
- Ghana: (22/19) + 11
- Guinée: (4/3)
- Guinée Équatoriale: (2/3)
- Kenya: (29/24) + 7
- Lesotho: (2/4)
- Liberia: (2/3)
- Madagascar: (26/20) + 3
- Malawi: (11/7)
- Mali: (4/6)
- Mozambique: (9/12) + 1
- Namibie: (2/3)
- Nigéria: (47/53) + 16
- Ouganda: (20/23) + 3
- République Centrafricaine: (8/9) + 3
- Rwanda: (9/9) + 1
- Sénégal, Cap-Vert, Mauritanie et Guinée Bissau: (10/12) + 3
- Soudan: (4/9)
- Tanzanie: (24/32)
- Tchad: (6/8) + 4
- Togo: (7/7) + 3
- Zambie: (7/10) + 1
- Zimbabwe: (8/8) + 1
|
|
Création de Diocèses |
Élévation en Archidiocèse |
Élévation en Diocèse |
|
1994 |
9 |
12 |
1 |
| 1995 |
17 |
- |
1 |
| 1996 |
4 |
- |
1 |
| 1997 |
5 |
1 |
1 |
| 1998 |
5 |
- |
- |
| 1999 |
5 |
4 |
1 |
| 2000 |
9 |
2 |
- |
| 2001 |
6 |
1 |
- |
| 2002 |
2 |
- |
1 |
| 2003 |
4 |
1 |
- |
| 2004 |
2 |
- |
- |
| 2005 |
1 |
- |
- |
| 2006 |
2 |
1 |
- |
| 2007 |
4 |
2 |
- |
| 2008 |
2 |
- |
- |
| 2009 |
2 |
- |
- |
| Total |
79 |
24 |
6 |
1.3. Éditions
Parmi les initiatives prises pour la mise à exécution des options de
l’Assemblée Spéciale pour l’Afrique, il faut compter l’édition
intégrale ou partielle de l’Exhortation post-synodale Ecclesia in
Africa (EIAF) dans les principales langues utilisées pendant les
travaux du SCEAM (anglais, français, portugais). Ces traductions
permirent une meilleure connaissance des directives et options
synodales, notamment grâce à la tenue des sessions pastorales
incluant les fidèles à différents niveaux.
1.4. Structures pastorales
Autant le SCEAM que des conférences régionales et nationales tout
comme des diocèses ont créé des structures pastorales ou d’étude
pour l’application des directives et recommandations du Synode pour
l’Afrique. Au niveau du SCEAM notamment, les statuts et le Règlement
intérieur ont été amendés à cet effet.
1.5. Plans et programmes pastoraux
Au niveau continental, régional, national, diocésain, plusieurs ont
élaboré des projets, des plans et des programmes pastoraux annuels,
triennaux voire quinquennaux dans l’esprit du Synode spécial pour l’Afrique.
Ces programmes étaient généralement contenus dans des lettres
pastorales, des plaquettes ou opuscules qui en montrent les liens
avec la pensée du Synode.
1.6. Dignes d’une mention spéciale sont les deux lettres pastorales
des Assemblées plénières du SCEAM: “ L’Église en Afrique, une
Église-famille”[10] et “ Christ est notre Paix: l’Église-famille de
Dieu, lieu et sacrement de pardon, de réconciliation et de paix en
Afrique”.[11]Tandis que la première lettre pastorale est un effort
d’inculturation des valeurs familiales authentiques d’Afrique au
regard des réalités ecclésiales, la deuxième, après avoir montré la
différence et l’imbrication de la paix des hommes et celle qu’offrent
le Christ et l’Église, donne un plan pastoral susceptible d’aider l’Église
à assumer un rôle majeur dans la quête humaine de la paix en Afrique.
On retiendra cette maxime devenue célèbre: “Le conflit, même latent,
commence toujours lorsqu’un droit est violé ou bafoué”.[12]
1.7. Synodes
Dès 1994 et durant les années suivantes, beaucoup de diocèses et
certaines conférences épiscopales ont tenu des assises synodales
tantôt autour des thèmes mêmes du Synode spécial sur l’Afrique,
tantôt autour d’un seul ou de deux thèmes. Le thème générique de
“Évangélisation” a été aussi souvent retenu pour couvrir tous les
secteurs. Une conférence épiscopale a organisé tous les 5 ans une
session pastorale nationale sur l’évangélisation.
1.8. Congrès et symposiums
Des universités, des facultés ecclésiastiques et des associations
bibliques et théologiques ont organisé des congrès et des symposiums
soit sur l’évangélisation soit sur le thème-clé de l’Église-famille
de Dieu ou encore sur la mission. Deux semaines théologiques sont
restées célèbres: la première à Kinshasa, organisée par la Faculté
de Théologie Catholique de Kinshasa sur l’Église-famille et l’Église-fraternité,
en 1995, au cours de laquelle les études ont montré que de la Bible,
notamment 1 P 2,17; 1 P 5,9, à la vie monastique jusqu’au 8e siècle,
la vision de l’Église comme famille ou fraternité était usuelle et
courante;[13] la deuxième à l’ICAO (Abidjan) en 1996, partant des
sacramentaires léonien (Ve siècle), gélasien (Ve siècle) et
grégorien (VIIe siècle) jusqu’à la réforme liturgique de Vatican II
sans parler de la littérature théologique, a conclu que la
conception de l’Église comme famille de Dieu n’était en fait qu’un
retour aux sources de la foi chrétienne.[14] L’Association
panafricaine des exégètes catholiques (APECA), d’un point de vue
biblique a enrichi au cours de deux congrès (Ouagadougou, 1997),[15]
et (Abuja, 1999)[16] le débat théologique sur l’Église-famille de
Dieu. Il en est de même du Congrès missionnaire International
“Tertio Millennio” (2005) à Kinshasa, où il a été constaté que le
concept d’Église-famille était une importante contribution africaine
en ecclésiologie.[17]
1.9. Vocabulaire théologique et pastoral
Il est heureux de constater que le vocable d’Église-famille de Dieu
se fraie de plus en plus une place dans le vocabulaire théologique
et pastoral de l’Église en Afrique et dans le monde, y compris dans
le Magistère pontifical.[18]
1.10. Recherches théologiques et catéchétiques
Des recherches doctorales et catéchétiques ont été entreprises sur
l’Église-famille de Dieu et sur la pensée du Synode spécial pour l’Afrique.
1.11. Trois conséquences directes de l’Assemblée synodale de 1994
furent: la mise sur pied à tous les niveaux de l’Église en Afrique (continental,
national, diocésain, paroissial), des commissions Justice et paix ;
la création des facultés de communication sociale au sein des
universités catholiques, le lancement des chaînes de télévision et
de radios rurales diocésaines; des commissions formelles ou
informelles de dialogue œcuménique et interreligieux. Si l’on
regrette, faute de moyens, de n’avoir pu mettre sur pied la Radio
continentale africaine, on se réjouit par contre du rôle majeur joué
par les commissions Justice et paix dans la formation civique et
démocratique des citoyens ainsi que la préparation et le monitoring
des élections dans divers pays africains.
1.12. Il y a lieu de déplorer aussi le peu d’enthousiasme soulevé
dans l’Église locale africaine d’abord et d’autres Églises des pays
développés à propos des moyens matériels nécessaires à l’auto-prise
en charge des diocèses pauvres d’Afrique.[19] Il faut reconnaître
qu’en dépit de la pauvreté des populations d’Afrique, une meilleure
organisation des collectes pour les Œuvres pontificales
missionnaires, le denier de Saint Pierre et l’auto-prise en charge
des diocèses d’Afrique permettrait à l’Afrique de participer plus
généreusement au financement de la mission de Jésus Christ dans le
monde et “de produire des ressources, en vue de l’autofinancement
progressif de nos Églises”.[20] Dans le même ordre d’idées, les
Églises locales devraient s’efforcer d’assurer autant que possible
le financement des structures ecclésiales qu’elles créent. De telles
dispositions sont d’autant plus nécessaires que les organisations
non-gouvernementales (ONG) de toute nature prolifèrent de plus en
plus en Afrique et recourent pour leurs activités aux mêmes
organismes d’entraide catholiques que les diocèses et les
conférences épiscopales.
1.13. Dans le cadre de la promotion de la justice et de la paix, une
conférence épiscopale a créé un Institut de la Paix, dont les
initiatives de médiation pour la paix sont nombreuses et appréciées.
2. Perspectives de la convocation d’une Deuxième Assemblée Spéciale
pour l’Afrique
2.1. Tout au long des années qui suivirent les assises de la
Première Assemblée Spéciale pour l’Afrique, le Conseil post-synodal
de la Secrétairerie Générale du Synode a tenu régulièrement une
réunion annuelle, au cours de laquelle il procédait à un tour d’horizon
socio-pastoral de l’Église en Afrique.
2.2. Lors de sa 11e réunion des 18-19 juin 2003, le Conseil en est
arrivé au constat que “la situation générale du continent, qui était
déjà critique au moment de la phase de préparation de l’Assemblée
spéciale, ne s’était guère améliorée, bien au contraire. La seule
différence vient du fait que, suite à l’Exhortation post-synodale
Ecclesia in Africa, l’Église locale dispose de l’instrument adéquat
pour affronter et traiter ce problème”.[21]
2.3. Aussi le Conseil commença-t-il à envisager la programmation de
la préparation de la 2e Assemblée spéciale pour l’Afrique. “La
plupart des membres se rangèrent à l’avis d’une célébration de la
deuxième Assemblée à 15 ans de la première et donc en 2009, après
une préparation de 5 ans, permettant un travail d’approfondissement
depuis la base et donc débutant dès 2004".
2.4. La première Assemblée synodale pour l’Afrique ayant examiné la
situation sur le continent dans son ensemble, le Conseil
post-synodal estima que la deuxième Assemblée devait se limiter à un
aspect[22] plus restreint et d’une urgence particulière pour le
futur du continent, p.ex. la paix, la justice et le pardon dans le
contexte de l’Église-famille de Dieu, avec une formulation du type:
“Pas de paix sans justice, pas de justice sans pardon (ou
réconciliation)”, ou bien en soulignant le rôle de ferment qu’a l’Église
en Afrique: “Église-famille de Dieu: ferment du monde nouveau”.[23]
2.5. Le 13 novembre 2004, le jour du 1650e anniversaire de la
naissance de Saint Augustin, au cours d’une audience accordée aux
Évêques d’Europe (CCEE) et d’Afrique (SCEAM), Sa Sainteté le Pape
Jean-Paul II saisit cette opportunité pour annoncer son intention de
convoquer une deuxième Assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode
des Évêques.
2.6. Il reviendra à Sa Sainteté le Pape Benoît XVI de finaliser
cette intention en annonçant la convocation, au Vatican, du 4 au 25
octobre 2009, de la 2e Assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode
des Évêques autour du thème: “L’Église en Afrique au service de la
réconciliation, de la justice et de la paix. Vous êtes le sel de la
terre…Vous êtes la lumière du monde (Mt 5,13-14)”.
3. Dans la mouvance de la Première Assemblée Spéciale pour l’Afrique
3.1. La deuxième assemblée synodale spéciale pour l’Afrique est dans
la logique et la mouvance de la première assemblée de 1994. En effet,
dès lors que l’Afrique évoluait dans un climat général de guerres et
de conflits, on pouvait craindre que cette situation n’engendre une
cascade d’actes de vengeance et de violence généralisée.
Providentiellement, la première assemblée synodale avait assigné à
l’évangélisation la mission d’édifier l’Église-Famille de Dieu, pour
que les familles africaines deviennent des Églises domestiques et
les sociétés africaines des sociétés-famille. Or d’une part on ne se
tue pas entre membres d’une même famille. D’autre part, de par sa
nature, l’Église-Famille Dieu se prête comme le lieu et le sacrement
de pardon, de réconciliation et de paix, ainsi que nous l’enseigne
l’évangile (Mt 16,19;18,17 ; Jn 20,22-23). Encore faut-il que l’église
elle-même se présente au monde comme une communauté réconciliée
capable d’influer sur la société et entraîner celle-ci dans une
volonté de pardon, de réconciliation et de paix. Une deuxième
assemblée synodale devrait donc achever l’œuvre commencée dans la
première. Celle-ci appelait la deuxième assemblée synodale comme une
conséquence et un complément.
4. Réconciliés dans l’Église-Famille de Dieu
4.1. Le vocable de réconciliation implique l’idée de “ re- couture”
et de recomposition du tissu de relations humaines rompues pour
l’une ou l’autre raison. Cette remise en harmonie s’exprime, suivant
les langues, par l’idée fondamentale de “changement” actif et passif
(allassô), de “ rassemblement” et de “réunion” (conciliare,
reconciliare. Cfr Concilium), de “purification” et “d’expiation” (Yôm
kippûr). En Afrique, la réconciliation comporte en plus le concept
d’une remise en état de la cohésion clanique et familiale en vue de
l’harmonie et de l’équilibre “total” du lignage et de la
collectivité.
4.2. La “réconciliation chrétienne” va beaucoup plus loin, car elle
appartient à la trilogie “ amour, pardon, réconciliation” qui, pour
sa part, implique la gratuité à l’instar de l’amour de Dieu. De ce
fait, elle participe de la radicalité évangélique (la loi nouvelle).
Aussi l’Evangile peut-il nous inviter à aimer comme Dieu, c’est-à-dire
autant nos amis que nos ennemis, les bons comme les mauvais, “afin
d’être les fils de notre Père qui est aux cieux, car il fait lever
son soleil sur les méchants et sur les bons, et fait tomber sa pluie
sur les justes et les injustes (Mt 5, 44-45). Et Saint Paul d’ajouter:
“En ceci Dieu prouve son amour envers nous: Christ est mort pour
nous, alors que nous étions encore pécheurs (i.e. ennemis de Dieu)
(Rom 5, 8.10).
4.3. Dans cette logique de la gratuité, le disciple du Christ doit
laisser son offrande sur l’autel et aller d’abord se réconcilier
avec son frère, avant de rentrer la présenter à Dieu (Mt 5, 23-24).
Autrement dit, on ne peut attendre le pardon de Dieu et la
réconciliation avec lui sans un cœur ouvert à l’amour et disposé au
pardon et à la réconciliation à l’égard du prochain (cf. Mt 18,
23-35: le débiteur impitoyable)
4.4. En résumé, l’amour, le pardon et la réconciliation se
déclenchent et s’offrent gratuitement, sans attendre au départ une
contrepartie. Mais ils sont par nature si désintéressés qu’ils
provoquent de soi la contrepartie. On ne peut, en effet, saisir les
motivations profondes d’un tel amour sans rendre en retour un amour
proportionnel. C’est toute la spiritualité de nos relations filiales
avec Dieu notre Père.
4.5. C’est pourquoi l’idéal de la réconciliation, du pardon et de
l’amour chrétien transcende les forces humaines. Il a besoin pour
vivre, croitre et se parfaire de la force de l’Esprit Saint, Esprit
d’amour répandu dans nos cœurs (Rm 5, 5; 8, 15), à travers l’économie
sacramentaire de l’Église: “Vous donc, vous serez parfaits comme
votre Père céleste est parfait” (Rm 5, 48). La réconciliation
parfaite se déploie et se vit dans l’Église-Famille de Dieu qui, en
tant que sacrement du salut de Dieu, est le lieu et l’instrument de
la réconciliation et du pardon.
4.6. À la trilogie Amour, pardon et réconciliation est
indissolublement liée cette autre: fraternité, justice et vérité.
“La société toujours plus mondialisée nous rapproche, dit Benoît XVI,
mais elle ne nous rend pas frères. La raison à elle seule est
capable de comprendre l’égalité entre les hommes et d’établir une
communauté de vie civique, mais elle ne parvient pas à créer la
fraternité. Celle-ci naît d’une vocation transcendante de Dieu, qui
nous a aimés en premier, nous enseignant par l’intermédiaire du Fils
ce qu’est la charité fraternelle”.[24]
4.7. On ne peut se réconcilier que dans la vérité: la vérité
matérielle des faits, la vérité formelle des dispositions
intérieures des cœurs, lorsque “la bouche parle de l’abondance du
cœur” (cf. Lc 6, 45) et que la parole donnée des protagonistes est
véridique et n’entremêle pas le “oui” et le “non” (cf. Mt 5, 37). Ce
n’est que dans ces conditions que les commissions “Vérité et
réconciliation” peuvent faire œuvre utile dans la pacification des
pays en conflit “ La vérité est, en effet, logos qui crée un
dia-logos et donc une communication et une communion. En aidant les
hommes à aller au-delà de leurs opinions et de leurs sensations
subjectives, la vérité leur permet de dépasser les déterminismes
culturels et historiques et de se rencontrer dans la reconnaissance
de la substance et de la valeur des choses”.[25]
4.8. Une réconciliation dans le mensonge ne peut être une source de
paix durable, pas plus qu’une réconciliation qui ignore les
impératifs élémentaires de la justice. “Il n’y a pas de paix sans
justice. Il n’y a pas de justice sans réconciliation”, disait
Jean-Paul II dans son message pour la journée mondiale de Paix 2002.
Et Benoît XVI dira: “dans la vérité, la paix!”.
Une réconciliation sans la justice est une opération qui cause la
frustration et laisse un arrière-gout d’inachevé. Une réconciliation
sans la vérité fera toujours transparaître l’inadéquation des
accords souscrits, provoquera des suspicions sur la sincérité des
partenaires et compromettra la fidélité à la parole donnée.
5. Réconciliés “pour le salut de la multitude” (cf. Gn 45, 7-8.
14-15)
À ce propos, l’épisode biblique de Joseph vendu par ses frères peut
éclairer le sens de la réconciliation. En effet, la route de l’esclavage
de Joseph, fils de Jacob, vendu par ses frères (Gn 37, 12-28) se
conclut par la réconciliation avec ses frères. Joseph interpréta ce
départ en Egypte comme étant le fait de Dieu qui l’a envoyé avant
eux (ses frères), pour sauver leurs vies pour une grande délivrance
(Gn 45, 7); pour le “salut de la multitude” (litt: d’un peuple
nombreux) (Gn 50, 20). Cet épisode, contextualisé dans la théologie
biblique du cycle de l’Exode, nous donne, me semble-t-il, une clé
herméneutique d’histoire du salut, susceptible de nous aider à
comprendre, dans la foi, le sens profond des cinq derniers siècles
de l’histoire humaine en général et de la “ Route de l’esclave” en
particulier. Les quatre cent trente années d’esclavage du peuple
hébreu en Egypte (Ex 12, 40) peuvent nous inciter à interpréter la
tournure que prend la géopolitique contemporaine. Celle-ci paraît
être l’aboutissement de la “Route de l’esclave” du XVè-XVIè siècle,
considérée comme un plan de Dieu “pour le salut de la multitude”. Et
si l’élection d’un Noir à la tête des États-Unis d’Amérique était un
“ signal divin” et une alerte de l’Esprit Saint pour une
réconciliation des races et des ethnies, pour des relations humaines
pacifiées et pour que cesse “le partenariat de matières premières”
pour un “ partenariat des matières grises” dans les relations
nord-sud…! Le présent Synode et l’Église universelle gagneraient à
ne pas ignorer cet événement primordial de l’histoire contemporaine,
qui est loin d’être un jeu banal d’alliances politiques.
CONCLUSION
Il y a lieu de reconnaitre que l’esprit et la dynamique de la
Première Assemblée Spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques ont
donné une impulsion nouvelle à la vie et à la mission de l’Église en
Afrique. Non seulement les Églises locales ont accueilli avec
enthousiasme l’Exhortation post-synodale Ecclesia in Africa, qu’elles
ont éditée et présentée, mais en outre elles en ont suivi les
directives, les options et les orientations soit pour convoquer des
synodes diocésains, nationaux ou régionaux, soit pour organiser des
congrès, des symposiums ou des séminaires sur le thème-clé d’Église-famille
de Dieu, ou encore pour élaborer des projets, des plans et des
programmes pastoraux fondés sur ce même thème et contenus dans des
lettres pastorales, des plaquettes ou des opuscule facilement
maniables. Ces programmes pastoraux étaient conçus à tous les
niveaux, du SCEAM aux Diocèses et aux commissions Justice et Paix.
À ce sujet, la lettre pastorale du SCEAM, intitulée “ Christ est
notre Paix” (2001) aborda plus formellement la question des conflits
armés et de la réconciliation en Afrique en considérant l’Église-famille
de Dieu comme le lieu et le sacrement du pardon, de la
réconciliation et de la paix en Afrique. Ce thème de la
réconciliation et celui de l’Église- famille de Dieu ouvraient ainsi
le chemin à la deuxième Assemblée synodale axée sur l’Église en
Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix…
“ Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde” (Mt
5, 13-14).
La Deuxième Assemblée Spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques
est appelée à engager l’Église et la société en Afrique sur le
chemin, du pardon, de la réconciliation et de la paix, grâce à la
justice dans la vérité: “ réconciliés dans l’Église-famille de Dieu,
pour le salut de la multitude”.
“ Enseigne-nous, Seigneur tes voies” (Ps 25/24, 4)”. “ Nous en
appelons à toi, Seigneur, toi qui conduis la créature humaine à
travers les conflits de ce monde. Fais aboutir les volontés de paix
de notre temps, afin que tous les hommes puissent vivre heureux et
te louer pour l’amour que tu donnes”.[26]
[1] EIAF, 5.
[2] EIAF, 6.
[3] Cf. Homélie d’ouverture du Pape Jean-Paul II.
[4] AAS 56, 1964, pp. 907-908.
[5] Jean-Paul II, Homélie de clôture du Synode des évêques, dans
Doc. Cath. 91 (1994) 536.
[6] Message, n.1-2; EIAF, 13.
[7] EIAF, 63.
[8] 1994: 34 + 1 (C.E.D.O.I.); 2004: 36 + 1 (C.E.D.O.I.) - Namibie
(96) - Libéria (98).
[9] Évêques nouvellement nommés ou promus (369); transférés (151)
depuis la Première Assemblée Spéciale pour l’Afrique du Synode des
Évêques.
[10] Document final de l’Assemblée plénière du SCEAM à Midrand
(Johannesburg), du 21 au 27 septembre 1997, Edité à Accra, 1998.
[11] Document final de l’Assemblée plénière du SCEAM à Rocca du
Papa, du 1er au 8 octobre 2000. Edité à Accra, 2001.
[12] “Christ est notre paix”…, n.109.
[13] AA. Église-Famille – Église-fraternité. Perspectives
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[14] AA. Foi, Culture et évangélisation en Afrique à l’aube du 3ème
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[15] AA., L’Église-famille et perspectives bibliques. Actes du 8ème
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[16] AA., L’Église – famille et perspectives bibliques. Actes du
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[17] Tshibangu Th., “L’avenir de l’activité missionnaire” ad Gentes,
Perspectives pour le 21ème siècle, Actes du Congrès international de
missiologie “Tertio Millennio”, Kinshasa, Médiaspaul, 2005, p.
[18] Cf. Jean-Paul II, Pastores gregis, n. 59; Benoît XVI, Discours
à l’audience publique du 7 février 2007 et celle du 15 octobre
2008).
[19] Cf. EIAF, n. 104.
[20] Ibid.
[21] Rapport de la 11e réunion du Conseil post-synodal, p. 4, II.
[22] Ibid.[23] Cf. Rapport, ibid., pp. 4-5.
[24] Benoît XVI, Lettre encyclique Caritas in veritate, n. 19.
[25] Ibid, n.4.
[26] Oraison à None du jeudi de la deuxième Semaine du temps présent
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sur l’Église en Afrique et sur la vie consacrée, in Omnis Terra (Rome)
31 (1997) 231-240; English, in Omnis Terra (Rome) 31 (1997) 231-237.
ZAGO M., Religieux dans l’Église africaine à la lumière des Synodes
sur l’Église en Afrique et sur la vie consacrée, in Revue Africaine
des Sciences de la Mission (Kinshasa) 3 (1996) 81-94.
IX. JUSTICE ET PAIX
A. MONOGRAPHIES
K’ASHA N.N., Rôle de l’Église dans la démocratisation de l’Afrique
subsaharienne: une étude juridique, P.U.L., Rome 1997.
MBYEMEIRE J.P., A Theological Analysis of the Problem of Justice and
Peace: the Contribution of the Special Synod for Africa and the
Church in Uganda, P.U.U., Rome 1997.
B. ÉTUDES, THÈSES DOCTORALES
SSERUNJOGI J., Self-Support of the Local Church based on Canon 222§
1-2 and the Apostolic Exhortation Ecclesia in Africa –With Special
Reference to Uganda, Dissertation ad doctoratum in Facultate luris
Canonici, P.U.U., Rome 1998.
KITENGIE R., Les enjeux de la crise morale en Afrique. Propos social
des Pères du Synode Africain, dissertatio ad Licentiam in Facultate
Theologiae, P.U.S.C., Rome 1998.
C. ARTICLES ET CONFÉRENCES
CHIROMBA F., The Life of the Church, in AA.VV., The African Synod:
Documents, Reflections, Perspectives, Orbis Books. Maryknoll, New
York 1996, pp. 9-13.
HENRIOT P.J., Development in the light of the African Synod: An
Alternative to the Structural Adjustment Program, in Catholic
International 7 (1996) 6/7, pp.285-294.
KABANGU J. M., Les fondements théologiques des droits humains selon
le S.C.E.A.M., in Revue Africaine des Sciences de la Mission (Kinshasa)
3 (1996) 69-79.
KPOGO L., Sur les traces des limites du Synode des Évêques pour l’Afrique.
Le problème de la justice et de la paix, in Revue de l’Institut
Catholique de l’Afrique de l’Ouest (Abidjan) 7 (1994) 45-55.
LWAMINDA P., The African Synod and the Development, in African
Ecclesial Review (Eldoret) 37 (1995) 278-291.
M’BOKOLO E., L’évolution démocratique de l’Afrique des Conférences
nationales et le rôle des Églises, in Revue Africaine des Sciences
de la Mission (Kinshasa) 2 (1995) 51-94.
NKAFU NKEMNIA M., La dottrina sociale della Chiesa al Sinodo per
l’Africa, in La Società 4 (1994) 563-581.
OTIENO A. O., The Role of the Church in Development in the Light of
the African Synod, in African Ecclesial Review (Eldoret) 36/5 (1994)
342-352.
UKPONG J. S., Option for the Poor: A modern Challenge for the Church
in Africa, in African Ecclesial Review (Eldoret) 36/5 (1994)
350-365.
WALIGGO J-M., The Synod of Hope at a Time of Crisis in Africa, in
AA.VV., The African Synod: Documents, Reflections, Perspectives,
Orbis Books. Maryknoll, New York 1996, pp. 199-210.
X. SOLIDARITÉ
A. ÉTUDES, THÈSES DOCTORALES
SSERUNJOBI J., Self-Support of the Local Church based on Canon 222§
1-2 and the Apostolic Exhortation Ecclesia in Africa -With Special
Reference to Uganda, dissertation ad doctoratum in Facultate luris
Canonici, P.U.U., Rome 1998.
KITENGIE R., Les enjeux de la crise morale en Afrique. Propos social
des Pères du Synode Africain, dissertation ad Licentiam in Facultate
Theologiae, P.U.S.C., Rome 1998.
B. ARTICLES ET CONFÉRENCES
GRASSO E., Les défis que posent à l’Europe l’Exhortation apostolique
Ecclesia in Africa, in Cahiers de Réflexions (Mbalmayo) 2 (1996)
70-76.
IKE O., La Dottrina sociale della Chiesa in Africa, in La Società
(Verona) 6 (1996) 697-723.
KARAMAGA A., Selfhood of the Church in Africa, in Current Dialogue (Geneva)
27 (1994) 41-48.
KAWEESA B. M., Will the Economic Factor Shrink or Thrive the African
Church of the Year 2000?, in Catholic News Report 2/4 (1997) 23-25.
KEMBO G., Toute communauté ecclésiale doit tendre à la maturité.
Problèmes d’autosuffisance des Églises africaines, in Telema (Kinshasa)
21/3-4 (1995) 7-11.
KIMARYO R., A Call to Africa to Shake off the Dependent Syndrome in
African Ecclesial Review 39/1 (1997) 29-36.
KIYINDA-MITYANA DIOCESE, SYNOD II 1997, Structures of Administration,
1997.
KIYINDA-MITYANA DIOCESE, Social and Economic Development Department,
General Report, August 1997.
NWATU F., The Church’s Prophetic Role in Africa’s Search for
Selfhood, in African Ecclesial Review (Eldoret) 38 (1996) 172-187.
SCHLICK J., Vers une autonomie financière des Églises catholiques
romaines d’Afrique subsaharienne ? Réalisations pastorales et
institutionnelles après Ecclesia in Africa, in Praxis juridique et
Religion (Nordheim) 12-13 (1995-96) 5-58.
VANDAME C., Financement des Églises d’Afrique à partir de l’Église
qui est au Tchad, in Telema (Kinshasa) 21/3-4 (1995) 16-19.
[00012-03.55] [RE000] [Texte original: français]
AVIS
- CALENDRIER DES TRAVAUX
- CONFÉRENCE DE PRESSE
- “BRIEFING”
- “POOL”
- BULLETIN SYNODUS
EPISCOPORUM
- COUVERTURE TV EN DIRECT
- INFORMATIONS TÉLÉPHONIQUES
-
HORAIRES D’OUVERTURE DU BUREAU DE PRESSE DU SAINT-SIÈGE
CALENDRIER DES
TRAVAUX
Une délégation de Pères synodaux sera reçue au Capitole par le Maire
de Rome, M. Gianni Alemanno. La rencontre est prévue pour demain, 7
octobre 2009, à 9h30, afin de célébrer la journée que la Ville de
Rome dédiera à l’Afrique. Le 19 octobre prochain, en effet, un
Congrès est prévu dans la salle de la Promothèque au Capitole de
9h00 à 13h00 qui aura pour thème “L’Afrique: quel partenariat pour
la réconciliation, la justice et la paix?”. En outre, dans la soirée,
à 21h00, se tiendra, près l’Auditorium de la Conciliazione, un
concert-récital intitulé: “L’Afrique: Croix au milieu de la mer”.
Les participants à la Seconde Assemblée spéciale pour l’Afrique du
Synode des Évêques assisteront au concert “Les jeunes contre la
guerre - 1939-2009” prévu pour jeudi 8 octobre 2009 à 18h30 à
l’Auditorium de la Conciliazione de Rome, en présence du Saint-Père
Benoît XVI. L’événement, organisé à l’occasion du 70e anniversaire
du début de la Seconde Guerre mondiale, est promu par le Conseil
pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens et par la
Commission pour les rapports avec l’Hébraïsme, par l’Ambassade d’Allemagne
près le Saint-Siège et par le KulturForum de Mainau. Le Comité
Hébraïque international pour les Consultations inter religieuses a
patronné l’événement, financé par des organismes italiens et
allemands. L’orchestre, composé de jeunes musiciens provenant de dix
nations, interprétera des pièces de Gustav Mahler et de Félix
Mendelssohn Bartholdy, tous deux compositeurs juifs de naissance,
ensuite baptisés. Mahler et Mendelssohn, respectivement catholique
et protestant firent l'expérience de
l’antisémitisme. Pour l’occasion, la
Congrégation générale de l’après-midi sera suspendue à 17h00.
[00023-03.04] [00000] [Texte original: italien]
CONFÉRENCE DE
PRESSE
La deuxième conférence de presse sur les travaux synodaux (avec
traduction simultanée en italien, anglais, français, espagnol et
portugais) se tiendra dans la Salle Jean-Paul II du Bureau de Presse
du Saint-Siège, mercredi 14 octobre 2009 (après Relatio post
disceptationem), à 12h45 environ.
Les noms des participants seront communiqués dès que possible.
Les opérateurs TV (cameramen et techniciens) et les photo-reporters
sont priés de s’adresser au Conseil pontifical pour les
Communications sociales.
Les conférences de presse successives se tiendront:
- vendredi 23 octobre 2009 (après le Nuntius)
- samedi 24 octobre 2009 (après l’Elenchus finalis propositionum)
“BRIEFING”
Le premier “Briefing” pour les groupes linguistiques on s’attend
(nei luoghi e con gli Addetti Stampa indicati nel Bolletino N. 2)
demain, mardi 6 octobre 2009 à 13h10 environ. Les opérateurs TV (cameramen
et techniciens) et les photo-reporters sont priés de s’adresser au
Conseil pontifical pour les Communications sociales, pour l’autorisation
d’accès. (très limité).
Les prochains “Briefing” auront lieu vers 13h10:
- Mercredi 7 octobre 2009- Jeudi 8 octobre 2009
- Vendredi 9 octobre 2009
- Samedi 10 octobre 2009
- Lundi 12 octobre 2009
- Mardi 13 octobre 2009
- Jeudi 15 octobre 2009
- Samedi 17 octobre 2009
- Mardi 20 octobre 2009
“POOL”
Des “pools” de journalistes accrédités pour accéder à la Salle du
Synode sont prévus, en principe pour la prière d’ouverture des
Congrégations générales du matin, les jours suivants :
- Mardi 6 octobre 2009
- Jeudi 8 octobre 2009
- Vendredi 9 octobre 2009
- Samedi 10 octobre 2009
- Lundi 12 octobre 2009
- Mardi 13 octobre 2009
- Jeudi 15 octobre 2009
- Samedi 17 octobre 2009
- Mardi 20 octobre 2009
- Vendredi 23 octobre 2009
- Samedi 24 octobre 2009
Les listes d’inscription aux “pools” seront mises à la disposition
des rédacteurs au bureau Informations et Accréditations du Bureau de
Presse du Saint-Siège (à l’entrée, à droite).
Per i “pool”, les opérateurs TV (cameramen et techniciens) et les
photo-reporters sont priés de s’adresser au Conseil pontifical pour
les Communications sociales.
Les participants aux “pools” sont priés d’être présents à 8h30 dans
le Secteur Presse, installé à l’extérieur, devant l’entrée de la
Salle Paul VI, d’où ils seront toujours accompagnés par un attaché
du Bureau de Presse du Saint-Siège (pour les rédacteurs) et du
Conseil pontifical pour les Communications sociales (pour les
photo-reporters et les opérateurs TV). Ils sont priés de s’habiller
de façon appropriée à la circonstance.
BULLETIN
SYNODUS EPISCOPORUM
Le cinquème bulletin - avec la réflexion du Délégué Fraternel Sa
Sainteté Abuna PAULUS, Patriarche de l’Église Tewahedo Orthodoxe
Ethiopienne (ETHIOPIE) (dont le texte sera disponible sous embargo à
l’ouverture du Bureau de Presse du Saint-Siège) - sera publié à la
fin de la Troisième Congrégation Générale du matin de mardi 6
octobre 2009, au cours de laquelle est prévue la votation en vue de
l’élection de la Commission pour le Messagge et le début du débat
général.
COUVERTURE TV EN
DIRECT
Les événements suivants seront retransmis en direct sur les écrans
placés dans la Salle des télécommunications, dans la Salle des
journalistes et dans la salle des conférences Jean-Paul II du Bureau
de Presse du Saint-Siège:
- mardi 6 octobre 2009 (9h00): La première partie de la Troisième
Congrégation Générale, pour le chant de l’heure Tierce et pour la
réflexion du Délégué Fraternel Sa Sainteté Abuna PAULUS, Patriarche
de l’Église Tewahedo Orthodoxe Ethiopienne (ETHIOPIE).
- samedi 10 octobre 2009 (17h00): Prière du Chapelet avec les
étudiants des Universités de Rome (Salle Paul VI)
- dimanche 11 octobre 2009 (10h00): Concélébration Eucharistique
solennelle avec Canonisation (Place Saint-Pierre)
- mardi 13 octobre 2009 (9h00): partie de la Congrégation générale
au cours de laquelle sera présentée la Relatio post disceptationem
- dimanche 25 octobre 2009 (9 h 30): Concélébration solennelle de la
Sainte Messe en conclusion du Synode (Basilique de Saint-Pierre)
Les variations éventuelles seront communiquées dès que possible.
INFORMATIONS
TÉLÉPHONIQUES
Durant la période synodale, une ligne d’informations téléphoniques
sera mise en place:
- +39-06-698.19 pour écouter le Bulletin ordinaire du Bureau de
presse du Saint-Siège;
- +39-06-698.84051 pour le Bulletin du Synode des Évêques du matin;
- +39-06-698.84877 pour le Bulletin du Synode des Évêques de l'après-midi.
HORAIRES D’OUVERTURE DU BUREAU DE PRESSE DU
SAINT-SIÈGE
Le Bureau de Presse du Saint-Siège, à l’occasion de la II Assemblée
Spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques, sera ouvert jusqu’au
25 octobre 2009, selon les horaires suivants:
- du lundi 5 octobre au vendredi 9 octobre : 9h00- 16h00
- le samedi 10 octobre: 9h00-19h00
- le dimanche 11 octobre: 9h00-13h00
- le lundi 12 octobre: 9h00-16h00
- le mardi 13 octobre: 9h00-20h00
- du mercredi 14 octobre au samedi 17 octobre: 9h00-16h00
- le dimanche 18 octobre: 11h00-13h00
- du lundi 19 octobre au samedi 24 octobre: 9h00-16h00
- le dimanche 25 octobre: 9h00-13h00
Le personnel du bureau Informations et Accréditations du Bureau de
Presse du Saint-Siège (dans le hall d’entrée, à droite) sera
disponible:
- du lundi au vendredi: 9h00-15h00
- le samedi: 9h00-14h00
Tout changement éventuel sera communiqué dès que possible, à travers
affichage au tableau de la Salle des journalistes du Bureau de
Presse du Saint-Siège, dans le Bulletin d’information de la
Commission pour l’information de la II Assemblée Spéciale pour l’Afrique
du Synode des Évêques et dans le secteur Communications de service
du site Internet du Saint-Siège.
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