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19 - 12.10.2009
RÉSUMÉ
-
SAINT ROSAIRE AVEC LES UNIVERSITAIRES (SAMEDI 10 OCTOBRE 2009)
- CHAPELLE
PAPALE (DIMANCHE 11 OCTOBRE 2009)
-
ONZIÈME CONGRÉGATION GÉNÉRALE (LUNDI 12 OCTOBRE 2009 - MATIN)
- AVIS
SAINT ROSAIRE AVEC LES UNIVERSITAIRES (SAMEDI 10
OCTOBRE 2009)
La nouvelle évangélisation en Afrique compte sur le généreux
engagement des étudiants africains: c’est ce qu’a dit Benoît XVI, au
terme du Saint Rosaire “Avec l’Afrique et pour l’Afrique” qu’il a
présidé samedi après-midi dans la salle Paul VI avec les
universitaires des Universités de Rome. Y ont participé grâce à une
liaison satellite les étudiants des neuf pays d’Afrique suivants:
Égypte, Kenya, Soudan, Madagascar, Afrique du Sud, Nigéria,
République Démocratique du Congo, Mozambique et Burkina Faso. La
Veillée de prière s’est insérée dans le cadre de la Seconde
Assemblée pour l’Afrique du Synode des Évêques, en cours au Vatican
sur les thèmes de la réconciliation, de la justice et de la paix et
a vu la participation des Pères synodaux eux-mêmes.
L’Afrique fait irruption, jeune et joyeuse, dans la salle Paul VI.
Elle déferle au travers des images des liaisons satellite, des
musiques et des danses traditionnelles qui accompagnent les moments
qui précèdent le Saint Rosaire. Le Pape la qualifie de chaîne de
prière qui relie Rome à l’Afrique et compare la communauté
chrétienne “à un orchestre bien ordonné et harmonieux”. “Les jeunes
d’Afrique sont présents dans mon cœur et dans mes prières”, poursuit
Benoît XVI. Puis il salue les jeunes africains reliés par satellite
et les invite tous à se confier à Marie, Notre-Dame d’Afrique et
Protectrice de la paix. Ensuite, le Pape souligne l’importance de la
formation: “Je désire souligner combien la formation de jeunes
intellectuels et la collaboration scientifique entre les Universités
sont importantes pour proposer et animer un développement humain
intégral en Afrique et sur les autres continents”. Et remettant aux
étudiants son Encyclique “Caritas in Veritate”, Benoît XVI rappelle:
“l’urgence d’élaborer une nouvelle synthèse humaniste (cf. n. 21)
qui renoue les liens entre l’anthropologie et la théologie”. D’où
l’appel lancé aux jeunes afin qu’ils soient “dans la société, des
opérateurs de la charité intellectuelle, nécessaire pour affronter
les grands défis de l’histoire contemporaine”: “Soyez dans les
Universités des chercheurs sincères et passionnés de la vérité,
construisant des communautés académiques de haut niveau
intellectuel, où il est possible d’exercer et de jouir de cette
rationalité ouverte et ample qui ouvre la route à la rencontre avec
Dieu. Sachez créer des ponts de collaboration scientifique et
culturelle entre les différentes Universités, surtout avec les
Universités africaines”. En particulier, le Pape déclare, en
s’adressant aux étudiants africains: “À vous, chers étudiants
africains, j’adresse un appel particulier à vivre le temps des
études comme la préparation d’un service d’animation culturelle à
assurer dans vos pays. La nouvelle évangélisation en Afrique compte
aussi sur votre généreux engagement”.
[00196-03.04] [RE000] [Texte original: italien]
CHAPELLE PAPALE (DIMANCHE 11 OCTOBRE 2009)
Journée de fête, hier, pour l’Église universelle qui s’est enrichie
de cinq nouveaux saints, proclamés par le Pape Benoit XVI qui, dans
la Basilique Saint-Pierre bondée de pèlerins provenant du monde
entier, a présidé la solennelle Concélébration eucharistique pour la
canonisation des bienheureux Zygmunt Szsczęsny Feliński, Francisco
Coll y Guitart, Jozef Damiaan de Veuster, Rafael Arnáiz Barón, et
Marie de la Croix (Jeanne) Jugan. Qui accepte “le don de la
sainteté” - a souligné le Pape - choisit d’aller à contre-courant en
vivant selon l’Évangile. “Viens et suis-moi!”, c’est l’invitation de
Jésus. “Voilà la vocation chrétienne - a expliqué Benoit XVI - qui
jaillit d'une proposition d'amour du Seigneur et qui ne peut se
réaliser que grâce à notre réponse d'amour”.“Les saints accueillent
cette invitation exigeante et se mettent, avec une humble docilité,
à la suite du Christ crucifié et ressuscité. Leur perfection, dans
la logique de la foi parfois humainement incompréhensible, consiste
à ne plus se mettre au centre, mais à choisir d'aller à
contre-courant en vivant selon l'Évangile”. Et c’est ce qu’ont fait
les cinq saints proclamés hier. Le souhait de Benoit XVI est que les
exemples lumineux de ces cinq nouveaux saints puissent guider notre
existence, pour qu’elle devienne “un cantique de louange à l'amour
de Dieu”.
Au terme de la Concélébration eucharistique, avant la récitation de
l’Angélus, le Pape s’est adressé aux fidèles réunis sur la Place
Saint-Pierre, en concluant: “La Vierge Marie est l’étoile qui
oriente chaque itinéraire de sainteté. Son ‘fiat’ est le modèle
d’une adhésion parfaite à la volonté divine et son ‘magnificat’
exprime le chant d’allégresse de l’Église, qui jouit déjà sur cette
terre pour les grandes œuvres de Dieu et dans le ciel loue sa gloire
pour l’éternité. Nous nous adressons à la Mère du Christ avec une
confiance filiale , invoquant, par son intercession et celle des
nouveaux Saints, paix et salut”.
[00195-03.04] [RE000] [Texte original: italien]
ONZIÈME CONGRÉGATION GÉNÉRALE (LUNDI 12 OCTOBRE 2009 - MATIN)
- INTERVENTIONS EN
SALLE (CONTINUATION)
Aujourd’hui, lundi 12 octobre 2009, à 09h05, avec le chant de
l’Heure Tierce, a débuté, en présence du Saint-Père, la Onzième
Congrégation générale, pour la continuation des interventions en
salle des Pères synodaux sur le thème L’Église en Afrique au service
de la réconciliation, de la justice et de la paix. “Vous êtes le sel
de la terre ... Vous êtes la lumière du monde” (Mt 5, 13.14).
Le Président délégué du jour était S.Ém. le Card. Théodore-Adrien
SARR, Archevêque de Dakar (SÉNÉGAL).
Au cours de l’intervalle de 10h30, le Saint-Père Benoît XVI a reçu
en audience les Carrefours Gallicus C et Gallicus D.
À cette Congrégation générale qui s’est conclue à 12h30 avec la
prière de l’Angelus Domini, étaient présents 221 Pères.
INTERVENTIONS EN
SALLE (CONTINUATION)
À cette Onzième Congrégation générale sont intervenus les Pères
suivants:
-
S. Exc. Mgr George Cosmas Zumaire LUNGU, Évêque de Chipata,
Président de la Conférence Épiscopale (ZAMBIE)
-
S. Ém. le Card. Wilfrid Fox NAPIER, O.F.M., Archevêque de Durban
(AFRIQUE DU SUD)
-
S. Exc. Mgr Jean-Pierre TAFUNGA, S.D.B., Archevêque Coadjuteur de
Lubumbashi (RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO)
-
S. Exc. Mgr Louis NZALA KIANZA, Évêque de Popokabaka (RÉPUBLIQUE
DÉMOCRATIQUE DU CONGO)
-
S. Exc. Mgr Antonio Maria VEGLIÒ, Archevêque titulaire d'Eclano,
Président du Conseil Pontifical pour la Pastorale des Migrants et
des personnes en déplacement (CITÉ DU VATICAN)
-
S. Exc. Mgr Luigi BRESSAN, Archevêque de Trento, Président de la
Commission Épiscopale pour le Évangélizzation des Peuples et la
coopération entre les Églises de la Conférence Épiscopale Italienne
(ITALIE)
-
S. Ém. le Card. John NJUE, Archevêque de Nairobi, Président de la
Conférence Épiscopale (KENYA)
-
S. Exc. Mgr Gianfranco RAVASI, Archevêque titulaire de Villamagna di
Proconsolare, Président du Conseil Pontifical pour la Culture (CITÉ
DU VATICAN)
-
S. Exc. Mgr Joseph Edra UKPO, Archevêque de Calabar (NIGÉRIA)
-
S. Exc. Mgr Gervais BANSHIMIYUBUSA, Évêque de Ngozi (BURUNDI)
-
S. Exc. Mgr Menghisteab TESFAMARIAM, M.C.C.J., Éparche d'Asmara
(ÉRYTHRÉE)
-
S. Exc. Mgr Martin Igwemezie UZOUKWU, Évêque de Minna (NIGÉRIA)
-
S. Exc. Mgr Timothée MODIBO-NZOCKENA, Évêque de Franceville,
Président de la Conférence Épiscopale, Président de l'Association
des Conférences de la Région de l'Afrique Centrale (A.C.E.R.A.C.)
(GABON)
-
S. Exc. Mgr Augustine Obiora AKUBEZE, Évêque d'Uromi (NIGÉRIA)
-
S. Exc. Mgr Jaime Pedro GONÇALVES, Archevêque de Beira (MOZAMBIQUE)
-
S. Exc. Mgr Théophile KABOY RUBONEKA, Évêque Coadjuteur de Goma
(RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO)
-
S. Exc. Mgr Evariste NGOYAGOYE, Archevêque de Bujumbura, Président
de la Conférence Épiscopale (BURUNDI)
-
S. Exc. Mgr Marcel Honorat Léon AGBOTON, Archevêque de Cotonou,
Vice-Président de la Conférence Épiscopale (BÉNIN)
-
S. Exc. Mgr Jean-Claude MAKAYA LOEMBA, Évêque de Pointe-Noire
(RÉPUBLIQUE DU CONGO)
-
S. Exc. Mgr George BIGUZZI, S.X., Évêque de Makeni, Président de la
Conférence Épiscopale (SIERRA LEONE)
-
S. Exc. Mgr Egidio NKAIJANABWO, Évêque de Kasese (OUGANDA)
Nous publions, ci-dessous, les résumés des interventions:
- S. Exc. Mgr George Cosmas Zumaire LUNGU, Évêque de Chipata,
Président de la Conférence Épiscopale (ZAMBIE)
Nous avons vu des commissions justice et paix être constituées dans
la plupart de nos paroisses et même dans quelques petites
communautés chrétiennes (SCC). Ces commissions ont fait une immense
différence en aidant nos chrétiens à faire des interventions
informées en matière sociale. C’est en partie grâce au travail de
ces commissions justice et paix, que l’Église catholique en Zambie
est considérée par les catholiques et par les non-catholiques comme
une institution crédible et cohérente dans la promotion des droits
de l’homme.
Nous avons également été bénis dans le domaine des communications
sociales où nous disposons maintenant de stations de radio de la
communauté catholique dans neuf de nos dix diocèses. Les stations de
radio jouent un rôle important en matière d’évangélisation, en
particulier dans la promotion de la bonne gouvernance et de
l’éducation civique. Les communautés rurales, au sein desquelles
l’illettrisme est très fort, trouvent maintenant leur voix,
articulant librement leur foi à la radio sur les questions
concernant la justice au sein de leurs communautés. La plupart de
nos stations de radio laissent couramment une place aux
non-catholiques.
Cependant, cela n’est pas suffisant. Nous sommes conscients du fait
que nous devons faire face à de nombreux défis. Par exemple, comme
dans d’autres pays bénis par la présence de ressources minérales,
nous avons des sociétés multinationales dans notre pays qui ont
démontré très peu d’intérêt dans la promotion du bien-être de notre
peuple, spécialement dans le domaine des mines. Ce secteur a un
impact négatif sur l’environnement. Pour cette raison, la Zambie
accueillera une importante réunion internationale sur l’impact des
industries minières dans les pays pauvres, juste après la conclusion
de ce synode.
En outre, nous sommes fortement mis à l’épreuve par l’impact de la
pauvreté sur l’environnement. Par exemple, la pauvreté conduit à la
destruction délibérée de forêts en vue de la production de charbon
de bois et avec des méthodes de culture insoutenables. En tant
qu’Église, nous devons parvenir à mitiger cette situation. Je
voudrais donc suggérer que ce Synode fasse une déclaration forte et
claire relative à nos inquiétudes sur les questions de justice
environnementale qui puisse servir de contribution à la future
Conférence de Copenhague sur l’environnement.
[00174-03.03] [IN128] [Texte original: anglais]
- S. Ém. le Card. Wilfrid Fox NAPIER, O.F.M., Archevêque de Durban
(AFRIQUE DU SUD)
Il est vrai qu’il y a eu peu de coups d’état depuis la dernière
session du Synode africain de 1994 mais le monstre qui usurpe le
pouvoir de manière non démocratique n’a pas disparu. Il a plutôt
changé d’aspect et de modus operandi.
Nous pouvons ne plus voir de leaders qui assument un pouvoir absolu
ou s’autoproclament “Président à vie”. Mais, de plus en plus, nous
voyons les partis politiques assumer cette attitude.
Par exemple, les pays suivants d’Afrique méridionale - Botswana,
Angola, Zimbabwe et Mozambique - ont été gouvernés depuis leur
libération par le même parti.
Bien entendu, il n’y a aucun mal à cela si l’électorat lui donne ce
mandat librement et de manière équitable. Cependant, il existe des
signes qui font penser qu’il n’en est pas ainsi:
- lorsqu’un parti s’attribue tout le mérite de la libération;
- lorsqu’il prétend qu’il est le seul à savoir ce que le peuple veut
ou ce dont il a besoin, même s’il refuse de le lui demander ou de
l’écouter;
- lorsqu’il met en place des législations et impose des politiques
qui sont manifestement en opposition avec les désirs connus du
peuple;
- lorsqu’il prétend que toute personne d’opinion contraire est ipso
facto un contre-révolutionnaire, un raciste s’opposant à la
transformation etc;
alors, quelque chose doit être vraiment mauvais.
En fait, cela fait penser que le parti en question ait d’ores et
déjà effectué un coup d’état en tout même si cela n’en a pas le nom.
Pour ajouter l’insulte à la blessure, le parti se déclare en faveur
des pauvres et s’engage à mettre en place des politiques favorables
aux pauvres même si ses militants s’enrichissent de manière si
vorace que le coefficient Gini du pays (le différence entre les plus
riches et les plus pauvres) le place en tête de liste!
Le coup d’état est sûrement réalisé lorsque le Parti choisit
d’écouter ses alliés idéologiques plutôt que les pauvres et les
nécessiteux qui représentent la majorité qui l’a élu.
Le coup d’état est réalisé quand le parti s’identifie de manière si
complète avec l’état que son président peut se sentir libre
d’affirmer: “(notre parti) gouvernera jusqu’au retour de Jésus
Christ”! Ne laisse-t-il pas entendre que rien, pas même le processus
démocratique, ne le délogera pas du pouvoir?Frères et sœurs, c’est
dans cette direction que, de plus en plus de responsables, amènent
notre continent. Dans le processus, ils ont tourné le dos à leur
héritage religieux et culturel dans lequel Dieu joue un grand rôle.
Ils ont embrassé en revanche une idéologie sans Dieu et sans vie qui
fait des ravages parmi les pauvres là où elle a été imposée.
Il existe sûrement une raison pour prier et travailler afin qu’un
miracle apporte une libération véritable et soutenable, non pas des
colonisateurs, mais cette fois-ci de la dictature du Parti
tout-puissant qui a pris le pouvoir à travers un coup d’état
silencieux!
[00211-03.03] [IN135] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Mgr Jean-Pierre TAFUNGA, S.D.B., Archevêque Coadjuteur de
Lubumbashi (RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO)
Dans la plupart des cultures africaines, le mal est conçu comme une
conséquence d’une transgression de ce qui est prescrit, qu’il
s’agisse des préceptes divins - qui appellent inconditionnellement
obéissance et soumission - ou d’une loi sociale dictée par les
autorités qui gouvernent ou encore des interdits ou prescriptions
rituelles. Tout acte qui diminue ou détruit la vie et tout acte ou
attitude et comportement qui brise l’unité, l’ordre ou l’harmonie
des choses est considéré comme étant un mal.
Suivant le genre de fautes commises, la personne concernée est
appelée à avouer en toute franchise le mal commis. Cet aveu
généralement se fait devant le chef, garant de l’ordre social ou
devant un guérisseur. Dans certains cas, l’aveu se fait devant la
communauté. L’incriminé est appelé à manifester sa ferme résolution
de réparer nécessairement le tort causé.
Est concerné dans la réparation l’individu qui a commis le forfait
ou à défaut, sa famille. La réparation se fait en payant les frais
prescrits, les dommages et intérêts. Suivant les cultures, les frais
équivalent à une somme d’argent prescrite par la tradition selon la
gravité de la faute. Les dommages intérêts consistent à offrir un
animal vivant ou un produit de la chasse.
Les personnes lésées peuvent alors accorder le pardon à ceux qui les
ont offensées. La réparation clôt le processus aussitôt que la
personne est pardonnée et la réparation effectuée.
Le point culminant de la réparation est le rite de réconciliation.
Par peur de châtiment (mort subite, brutale, inopinée, etc) qui
proviendrait directement de Dieu ou d’un féticheur, le transgresseur
devrait accomplir le rite de réconciliation pour parfaire sa
démarche et obtenir le pardon. Ce rite se déroulait en un endroit
sacré, devant la communauté et l’officiant (mystagogue) qui
présidait la cérémonie.
Les formules d’aveu, les attitudes du pénitent, les sévices
corporels, les matières et objets utilisés et leur symbolisme ainsi
que les gestes et formules que prononce l’officiant pour purifier le
pénitent diffèrent suivant les tribus.
L’aveu est toujours suivi des conseils et des admonitions sévères
pour aider à la conversion définitive. Il s’accompagne des rites
parmi lesquels l’on doit signaler notamment : la cérémonie
ritualisée de la bénédiction et du grand pardon ; le repas festif et
communautaire, symbole de joie d’avoir recouvert la bonne situation
d’avant la faute et d’avoir réconcilié les membres d’une communauté
; le paiement des honoraires à l’officiant; le rite d’apaisement des
fétiches vengeurs ou des esprits lorsqu’on est maudit par l’offensé.
[00212-03.03] [IN136] [Texte original: français]
- S. Exc. Mgr Louis NZALA KIANZA, Évêque de Popokabaka (RÉPUBLIQUE
DÉMOCRATIQUE DU CONGO)
Nous pensons qu’il est impérieux que la solidarité ainsi envisagée
ne se limite pas à l’échange d’expériences pastorales, mais prenne
en compte nécessairement la question vitale du partage du personnel
et des biens.
En effet, les graves problèmes de la pauvreté, de la misère, de la
tragédie de la faim, du manque d’accès aux soins médicaux et à
d’autres besoins primordiaux que connaissent la plupart des pays
africains, exigent de nos Églises aujourd’hui un nouvel esprit de
solidarité, de communion et de charité inventive. Les Églises
d’Afrique doivent être plus audacieuses, inventives et pro-actives
pour développer les structures susceptibles d’inscrire dans leur
praxis ecclésiale cette solidarité organique.
Sans négliger la dimension importante de solidarité au niveau de
l’Église universelle, il est temps de développer davantage les
rapports de solidarité au sein d’un même diocèse, entre différents
diocèses, au sein d’une même conférence épiscopale et entre les
différentes conférences épiscopales en Afrique.
Nous pensons qu’à l’heure où nous parlons de justice et de paix, il
est urgent d’actualiser la constitution des fonds de solidarité au
niveau diocésain, national, régional et continental. Un tel fonds de
solidarité pourrait nous aider au niveau africain d’intervenir dans
la mesure de nos moyens sans attendre tout de l’Occident. Les
Caritas diocésaines, nationales, régionales et continentales peuvent
être les instruments appropriés pour la constitution de ce fonds.
Nous estimons que l’enjeu de la mise en oeuvre effective de cette
solidarité pastorale dans les Églises d’Afrique est une exigence à
la fois éthique et théologique. Elle a un fondement christologique
et s’enracine au coeur de la foi. Elle n’est donc pas un simple
parti pris social ou politique.
[00213-03.03] [IN137] [Texte original: français]
- S. Exc. Mgr Antonio Maria VEGLIÒ, Archevêque titulaire d'Eclano,
Président du Conseil Pontifical pour la Pastorale des Migrants et
des personnes en déplacement (CITÉ DU VATICAN)
La réalité de la pastorale de la mobilité humaine est un phénomène
tellement important, tellement étendu et tellement complexe, surtout
en Afrique et de l’Afrique, qu’il a toujours été et demeure, un
continent intéressé par ce problème, surtout par les flux de
migrants, de réfugiés et de personnes déplacées. Au cours de ces
trois dernières décennies, diverses circonstances ont contribué à ce
phénomène. En plus de la croissante urbanisation, des guerres et des
conflits de différente nature ont transformé plusieurs pays en
“exportateurs” de réfugiés et d’émigrants vers les pays proches,
vers les autres régions du continent ou vers l’étranger. Il y a
aussi des facteurs économiques, sociaux, culturels et politiques
s’enchevêtrant entre eux, qui obligent les Africains à abandonner
leur propre pays d’origine.
Les mouvements migratoires en Afrique sont, de toute façon, plus
“horizontaux” que “verticaux”. En effet, la migration
intra-continentale est depuis bien longtemps plus importante que
celle vers le reste du monde, puisqu’on estime que la migration
interne concerne actuellement au moins 40 millions de personnes,
pour la plupart Africains. Et tout laisse à penser que ces flux
internes et interrégionaux continueront à s’accroître au cours des
années et des décennies prochaines.
La crise économique et les conflits qui frappent de nombreux pays du
continent africain ont donné lieu à des sentiments préoccupants de
xénophobie envers les immigrés, transformés en boucs émissaires pour
les problèmes politiques et économiques internes. C’est pourquoi,
souvent les politiques migratoires des États se sont endurcies pour
rendre la permanence et le développement d’activités difficiles pour
les immigrés.
Dans un tel contexte, le respect des droits de l’homme, des
principes démocratiques et de l’état de droit, la bonne gouvernance,
l’approfondissement du dialogue politique et le renforcement de la
coopération internationale, représentent les lignes directives sur
lesquelles se jouent le présent et l’avenir de l’Afrique.
La dimension pastorale, dans ce processus, n’est pas de seconde
importance. Seul un authentique rapport de justice produira, en
effet, la paix et, de là, l’Église en Afrique pourra puiser sa force
au service de la réconciliation et de l’annonce de l’Évangile.
[00215-03.03] [IN139] [Texte original: italien]
- S. Exc. Mgr Luigi BRESSAN, Archevêque de Trento, Président de la
Commission Épiscopale pour le Évangélizzation des Peuples et la
coopération entre les Églises de la Conférence Épiscopale Italienne
(ITALIE)
Sens de l’échange fraternel et remerciement pour les témoignages
rencontrés sur une foi christologique et donc engagée.
Informations concernant les 3 601 missionnaires italiens en Afrique,
disponibles pour des projets pastoraux locaux. Interrogations
concernant la présence de nombreux prêtres africains en Italie.
Soutien aux Œuvres pontificales missionnaires et au Fonds de la
Conférence épiscopale italienne (CEI) pour le développement;
coordination à travers les Conférences des évêques.
Dons que nous attendons: nous renforcer dans la foi.
[00214-03.04] [IN138] [Texte original: italien]
- S. Ém. le Card. John NJUE, Archevêque de Nairobi, Président de la
Conférence Épiscopale (KENYA)
L’Afrique continue d’avoir soif de bonne gouvernance. De nombreux
pays d’Afrique sont en proie à un mauvais gouvernement, où une faim
de pouvoir non contrôlée a conduit à l’impunité, à la corruption, à
la manipulation des personnes et d’autres maux sociaux et politiques
similaires, produits de coeurs humains qui ont besoin de conversion.
L’Église au Kenya et ailleurs en Afrique a continué à lutter pour
réaliser des systèmes intégrés de gouvernement qui affrontent la
justice à travers le service au bien commun. Les lettres pastorales
ont sans arrêt affronté le thème du mauvais gouvernement, qui peut
être défini comme le cancer de l’Afrique. C’est cela qui a appauvri
les personnes de ce continent.
Beaucoup de personnes sont opprimées et ont un besoin urgent de
faire l’expérience de l’assurance du Christ... “L'Esprit du Seigneur
est sur moi [...] pour porter la bonne nouvelle aux pauvres [...]
renvoyer en liberté les opprimés” (Lc 4, 17-21).
Ces personnes opprimées doivent être invitées à participer à la
construction de systèmes de gouvernement qui soient justes à travers
de bonnes constitutions. La constitution du Kenya et celle des
autres pays de l’Afrique doivent être revues si elles doivent
affronter les thèmes de mauvaise gouvernance, des droits de l’homme,
de la réconciliation et du processus de paix qui ne peut être
réalisée qu’au moyen de systèmes justes.
Ce qui est évident au Kenya et en Afrique en général, c’est qu’un
certain nombre de leaders préféreraient maintenir des constitutions
qui leur donnent un pouvoir incontrôlé conduisant à l’anarchie et à
la dictature. Les violences qui ont suivi les élections au Kenya en
2008 sont un bon exemple de l’impunité. L’Accord national, qui a été
obtenu, donnant naissance à un gouvernement de grande coalition, a
été d’un grand soulagement pour les Kényans, dont leurs frères
étaient morts en masse ou devenus des réfugiés dans leur propre
pays. Toutefois, les réformes proposées comme une solution
permanente aux problèmes socio-politiques, doivent encore être mises
en pratique. Le procès contre ceux qui ont perpétré ces violences
post-élections doit encore commencer.
L’Église au Kenya continue à insister sur l’urgence de réaliser ces
réformes au moyen de bons systèmes de justice. L’Église catholique
continue d’intensifier l’éducation civique pour que les citoyens
connaissent leurs droits et leurs devoirs. Cette éducation est une
nécessité pour toute l’Afrique, sur la base des problèmes propres à
chaque pays. Par conséquent, il est urgent: d’avoir un programme de
formation pour les personnes au gouvernement; former des politiques
bons et valables en tant qu’agents d’une bonne gouvernance; de créer
des aumôneries pour les politiques; renforcer les médias catholiques
pour favoriser la formation morale de tous; promouvoir de partout le
rôle prophétique de l’Église; pourvoir d’une manière décisive à la
formation permanente de tous les agents d’évangélisation y compris
les politiques, basée sur un Catéchisme puissant et sur la Doctrine
sociale de l’Église. Ce Synode nous offre une occasion spéciale pour
réfléchir sur le cancer qui est en train de dévorer notre Continent
et sur le moyen d’y remédier. Une bonne gouvernance n’est pas
seulement une priorité, c’est une obligation. Je pourrais aussi
ajouter que la politique en Afrique est tellement importante que
nous ne pouvons la laisser seulement aux politiques compte tenu des
risques que nous avons déjà encourus. Le moment est arrivé d’agir
d’une manière constructive!
[00186-03.04] [IN140] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Mgr Gianfranco RAVASI, Archevêque titulaire de Villamagna
di Proconsolare, Président du Conseil Pontifical pour la Culture
(CITÉ DU VATICAN)
Ma voix est celle d’un européen qui, avec admiration et respect,
s’adresse à ses frères évêques africains pour leur proposer une
intervention, très simple et générale, sur un thème qui s’est
retrouvé dans de nombreuses pages de l’Instrumentum laboris et dans
les interventions déjà entendues en salle. Même si la couleur noire
est le symbole traditionnel du continent, l’Afrique se présente, en
réalité, comme un arc-en-ciel chromatique, multiculturel et
multireligieux. Seulement pour donner un exemple, l’UNESCO au
Cameroun a recensé au moins 250 idiomes différents, tandis que les
langues bantoues sont tellement idéologiquement sophistiquées
qu’elles utilisent jusqu’à 24 classifications grammaticales des
différentes qualités des diverses réalités.
Devant un tel écrin de trésors culturels et spirituels, fait de
traditions populaires et familiales, de symboles et rites religieux,
de savoir, mémoire, folklore, je voudrais faire seulement trois
observations essentielles.
La première contient le souhait que le Synode stimule l’Afrique,
sous de nombreuses formes, à conserver sa propre identité culturelle
et spirituelle, en empêchant qu’elle se dissolve sous le vent de la
sécularisation et de la mondialisation qui souffle avec force
également sur les 53 nations africaines. L’Afrique doit, cependant,
respirer aussi les valeurs positives de la moderne communion
universelle et, par conséquent, doit savoir combattre le
nationalisme, les intégralismes ethniques, les particolarismes
tribaux et les fondamentalismes religieux.
La deuxième considération propose, au contraire, que le Synode
puisse s’adresser également à l’Occident et au Nord du monde, pour
que s’instaure ce dialogue que Mgr Monsegwo Pasinya a, dans sa
relation, appelé d’une manière suggestive le partenariat, non
seulement des matières premières, mais aussi des matières grises,
c’est-à-dire des valeurs, créant des espaces de compréhension et de
communion, et non pas de colonisation ou au contraire de rejet
réciproque. C’est ce qui s’était passé durant les premiers siècles
chrétiens, avec le don inestimable fait à l’Église et à la culture
occidentale par Antoine, Pacôme, Tertullien, Cipryen, Clément
d’Alexandrie, Origène, Athanase et le très grand Augustin.
La troisième réflexion voudrait proposer de nouveau
l’approfondissement méthodologique et thématique de la question
délicate, mais toujours nécessaire, de l’inculturation du message
chrétien. L’inculturation - comme Jean-Paul II le suggérait aux
évêques du Kenya en 1980 - “sera réellement un reflet de
l’Incarnation du Verbe, lorsqu’une culture, transformée et régénérée
par l’Évangile, produit à partir de sa propre tradition des
expressions originales de vie, de célébration, de pensée
chrétienne”. Dans cette ligne, une fonction significative pourrait
être accomplie par le réseau des Centres culturels catholiques qui
s’étend dans toute l’Afrique et qui présente des typologies très
variées, parfois de niveau académique-universitaire, d’autres fois
de nature populaire et paroissiale.
[00216-03.03] [IN141] [Texte original: italien]
- S. Exc. Mgr Joseph Edra UKPO, Archevêque de Calabar (NIGÉRIA)
Une réconciliation soutenable prévient l’usage du passé comme
semences d’un conflit renouvelé. Elle consolide la paix, brise le
cycle de la violence et renforce les institutions démocratiques
nouvellement établies ou réintroduites. En tant qu’opération
regardant vers l’arrière, la réconciliation provoque la guérison
personnelle des survivants, la réparation des injustices passées, la
construction ou la reconstruction de relations non-violentes entre
individus et communautés et l’acceptation par les parties d’une
vision commune du conflit et d’une compréhension conjointe du passé.
En pratique, une telle réconciliation universelle n’est pas aisée à
réaliser. L’expérience d’un passé brutal rend la recherche d’une
coexistence pacifique une opération délicate et complexe.
L’Église en Afrique doit continuer à engager le dialogue avec
d’autres religions, à impliquer les médias, les écoles et la société
civile;
Participer activement aux Commissions Vérité et Réconciliation. Leur
constitution de la part des gouvernements ne font que calmer les
humeurs, mais ne conduisent pas à une réconciliation soutenable.
Nous devrions approfondir le processus “Vérité et Réconciliation” de
manière à guérir les blessures spirituelles et améliorer la vie
communautaire.
Des séminaires sur la Doctrine sociale de l’Église devraient être
organisés lors de réunions dans les mairies, dans les écoles et pour
les hommes politiques quelques soient les partis auxquels ils
appartiennent.
En guérissant les mémoires et en les utilisant pour fournir des
premiers avertissements, en apprenant aux générations futures
comment identifier les premiers signes d’une méfiance renouvelée et
potentiellement dangereuse. En fournissant l’éducation pour la
résolution du conflit et la transformation, ainsi que l’éducation
liée à la paix et à la réconciliation et un programme de formation.
En intensifiant l’apostolat des prisons et la réimplantation des
anciens détenus. En facilitant les possibilités à travers lesquelles
les communautés émergeant des conflits peuvent partager leurs
expériences et apprendre des autres qui ont connu de semblables
situations. En encourageant et en soutenant les ministères de
l’éducation dans leur analyse et dans l’examen de ce dont les
systèmes éducatifs ont besoin pour changer et s’étendre de manière à
promouvoir une paix soutenable.
[00217-03.03] [IN142] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Mgr Gervais BANSHIMIYUBUSA, Évêque de Ngozi (BURUNDI)
Après quinze ans d'une guerre civile qui a déstructuré la société
burundaise (1993-2008), nous voudrions vous remercier pour votre
proximité spirituelle, morale et matérielle, en vous informant que
la guerre au pays s'est terminée sans vainqueurs ni vaincus, mais
par un dialogue et des négociations entre les protagonistes. Le pays
est actuellement engagé dans un processus de paix et de
réconciliation. Mais priez toujours pour cette paix précaire.
Comme cette 2ème Assemblée synoda1e des Évêques pour l'Afrique parle
de justice, de paix et de réconciliation par l'Église, il nous a
semblé utile de vous faire partager un aspect du rôle de notre
Église dans ce processus de paix sociale et politique qui est en
cours dans le pays.
Passant outre (sans en ignorer 1'importance) les nombreuses
initiatives de médiation, d'enseignement et d'actions sociales
faites par l'Église du Burundi pour qu'on fasse arriver le pays à la
phase actuelle du processus de paix, je voudrais focaliser cette
intervention sur la décision prise par l'Église qui est au Burundi
de se mettre en synode pour donner sa contribution spécifique au
processus de paix et de réconciliation du peuple.
Depuis 2004, devant la situation d'une société qui avait perdu
presque tous ses repères culturels et moraux et qui se livrait à des
crimes et des péchés collectifs à grande échelle, nous avons décidé
de nous engager dans des synodes diocésains avec pour thème:
"convertissons-nous pour promouvoir une culture de paix et de
réconciliation".
Je voudrais terminer par un double appel à certe Assemblée synodale
pour l'Afrique :
- que nous inscrivions dans nos résolutions la célébration des
synodes diocésains qui prolongent le thème de la présente Assemblée
à savoir: "nos Églises locales au service de l'édification d'une
culture de paix et de réconciliation"; car l'œuvre d'édification
d'une culture de paix et de réconciliation n'étant pas un travail
possible aux chrétiens pris individuellement, on gagne à engager
l'ensemble de la famille ecclésiale et même au-delà pour que la
lumière soit visible.
- que les Églises des pays nantis, dans le cadre de notre Église qui
est la même Famille de Dieu partout, nous aide par leurs ressources
à avoir en Afrique des Instituts et des Universités avec des
Facultés ayant trait à la prévention et à la résolution des
conflits, ainsi que des Facultés pour la Paix et la réconciliation.
[00218-03.03] [IN143] [Texte original: français]
- S. Exc. Mgr Menghisteab TESFAMARIAM, M.C.C.J., Éparche d'Asmara
(ÉRYTHRÉE)
Les malheurs et les tribulations affligeant la plupart du continent
africain, à savoir les conflits continus, les injustices, la
violation des droits de l’homme, le manque de liberté religieuse,
l’exploitation des ressources humaines et naturelles, les
différentes sortes de maladies, la pauvreté, le chômage, la famine,
le déplacement des personnes, la fuite des cerveaux et le trafic des
personnes, sont bien connus et on en a suffisamment parlé. Ces
derniers, et je parle en fonction de mon expérience, sont causés par
des forces intérieures et extérieures liées à une faim de pouvoir et
d’avidité sans limites de possession.
La famille, en tant que premier et plus petit noyau de toute société
et communauté chrétienne est la première et indispensable école de
Réconciliation, de Justice et de Paix. Aussi, c’est au sein de la
famille que l’on apprend le sens d’appartenance et d’identité, et
les valeurs de solidarité, de partage, de respect pour les autres,
d’hospitalité, d’unité, etc.
Il est vrai que le plus grand nombre de réfugiés et de personnes
déplacées se trouve en Afrique. Il est aussi vrai que beaucoup
d’Africains essaient encore de traverser les déserts et les mers
pour pouvoir gagner une terre où ils pensent qu’ils pourront avoir
une meilleure éducation, plus d’argent, et spécialement une plus
grande liberté. Il existe un grand besoin de soin pastoral pour ces
groupes vulnérables de personnes. Notre Synode doit insister sur la
nécessité d’une collaboration plus étroite entre les Églises
d’origine et les Églises qui les accueillent.
Toutefois, l’émigration des Africains ne date pas d’aujourd’hui. Il
y a maintenant un grand nombre d’Africains qui se sont établis, avec
succès, dans le monde développé. Si nous les motivons, ils sont
prêts à apporter leur contribution pour l’amélioration de la vie
dans leurs pays d’origine. Nous ne devons pas les exclure, les
impliquant dans les potentialités du développement de l’Afrique. En
étroite collaboration avec nos sœurs les Églises en Europe, en
Amérique et en Australie, nous devons les entraîner avec nous dans
les efforts pour que l’Afrique progresse, à la fois humainement et
spirituellement.
Si la famille africaine et les Africains en diaspora vont aider
l’Église à devenir “sel de la terre et lumière du monde”, nous
devons alors faire en sorte qu’une réelle base efficace et une
formation continue soient offertes à tous nos agents pastoraux. Tout
particulièrement en cette Année de la Prêtrise, il est vital que
tous les membres des presbytériums soient parfaitement conscients de
leur appel à devenir des vrais ministres de la réconciliation, des
défenseurs crédibles de la justice et des fidèles porteurs de la
paix du Christ.
[00219-03.03] [IN144] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Mgr Martin Igwemezie UZOUKWU, Évêque de Minna (NIGÉRIA)
Nous vivons et travaillons au milieu des musulmans dans un état régi
par la “sharia” , l’État du Niger, qui se trouve dans la ceinture
centrale du Nigéria.
Dans notre diocèse, nous avons un programme connu comme “Familles,
apôtres de la dévotion de la Divine Miséricorde” qui se concentre
sur la plus petite unité de cette famille de Dieu, l’”Église
domestique”. Ces familles, apôtres de la Divine Miséricorde, hommes
et femmes, sont formés en tant que responsables d’église de village,
comme agents d’évangélisation et de réconciliation, comme promoteurs
de justice et de paix dans leurs communautés villageoises. Tous les
jours, ils partagent dans leurs maisons la Parole de Dieu, le
rosaire biblique et le chapelet de la Divine Miséricorde, et ils
conduisent également des prières communautaires.
Le “Zumunta Mata”, un groupe de femmes catholiques, dont la devise
est: “Nous sommes le sel de la terre et la lumière du monde” est
aussi un agent d’évangélisation et de réconciliation, un promoteur
de justice, de paix et de miséricorde. Les membres et leurs enfants
interagissent avec les femmes musulmanes et leurs enfants à la base,
à travers cet apostolat familial et les encouragent à passer une
heure par jour en prière, heure au cours de laquelle elles lisent le
Coran, découvrent la miséricorde de Dieu et prient avec leurs
perles, un dialogue avec l’Islam et le témoignage de la vie par la
prière. En fait, quelques familles musulmanes ont appris à ajouter
une nouvelle version de la prière de la Divine Miséricorde à leurs
prières quotidiennes.
Les catéchèses et prières susmentionnées aident nos jeunes à
développer aujourd’hui leur intérêt et leur amour envers le rosaire
biblique, l’Adoration et la Bénédiction eucharistiques dans les
chapelles de nos paroisses.
Un appel aux Pères synodaux: merci d’encourager nos prêtres, nos
religieux et le laïcat à promouvoir la dévotion à la Divine
Miséricorde et à aimer l’Adoration eucharistique dans leurs
paroisses et dans les centres de formation.
[00197-03.03] [IN145] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Mgr Timothée MODIBO-NZOCKENA, Évêque de Franceville,
Président de la Conférence Épiscopale, Président de l'Association
des Conférences de la Région de l'Afrique Centrale (A.C.E.R.A.C.)
(GABON)
Notre région de l’Afrique Centrale continue à être le théâtre
d’injustices, de divisions et de violences insoutenables. Ce qui
rend la vie présente difficile et hypothèque l’avenir de nos pays.
La misère étreint la majorité de la population. Les maux sociaux
prennent une ampleur alarmante. Les meurtres, les viols, les vols,
les violences de toute sorte y sont banalisés. Les séquelles de ces
violences imprègnent profondément et les individus et la société,
les cœurs étant plus habités par le péché qu’ils ne sont tournés
vers la conversion, la justice qui produit la paix étant bafouée, la
vérité qui seule libère, étant mise à mal. Pour sortir de cette
situation, il faut bâtir les réflexes et des cultures de justice et
de vérité.
L’expérience biblique nous propose des chemins de réconciliation. La
réconciliation transforme les relations avec Dieu, avec les autres
et avec l’environnement.
La réconciliation véritable part du coeur. Seule une personne
réconciliée avec Dieu et avec elle-même peut être à son tour source
de réconciliation. Cette réconciliation est réalisée en Jésus
Christ, le fils de Dieu, qui par sa mort et sa résurrection, a
réconcilié les hommes avec Dieu et les hommes entre eux.
Réconcilier tous les hommes en une seule famille, la famille de
Dieu, est et demeure la première mission de l’Église. Elle n’est pas
réservée à quelques uns. C’est un devoir pour tous : Évêques,
Prêtres, laïcs et toutes les institutions ecclésiales. Les chrétiens
ne doivent pas avoir peur de témoigner de leur foi. Cet engagement
suppose des actes concrets de réconciliation dans l’Église.
Pour être au service de la réconciliation, l’Église doit être
réellement une famille réconciliée.
Le synode doit susciter au sein du peuple de Dieu tout entier une
dynamique de réconciliation. Pour cela, il convient:
1. d’avoir au sein de chaque Diocèse, une instance de suivi régulier
de la mise en application des résolutions du Synode,
2. d’élaborer une catéchèse et une pastorale biblique qui favorise
l’éducation à la réconciliation,
3. de réapprendre le sens du respect dans nos traditions africaines
et dans la Bible,
4. de promouvoir une culture du bien commun et du service
désintéressé dans l’Église et dans la société.
[00198-03.03] [IN146] [Texte original: français]
- S. Exc. Mgr Augustine Obiora AKUBEZE, Évêque d'Uromi (NIGÉRIA)
Par le passé, nos ancêtres croyaient en l’existence de sorcières et
aux dévastations qu’elles provoquaient sur le genre humain et dans
la société. Presque tous au Nigeria connaissent ou au moins ont
entendu parler de sorcières et la manière dont elles ont affecté la
vie des peuples.
On déclarait que les sorcières possédaient des pouvoirs surhumains
qu’elles utilisaient pour perpétrer le mal. Selon une certaine
croyance, une sorcière pouvait blesser quiconque, y compris les
membres de sa famille. Cela en particulier les rendait
particulièrement détestées. On prétendait qu’elles tuaient leurs
propres enfants, buvaient du sang humain et portaient la ruine et la
maladie à leurs amis et dans leurs familles. C’est-à-dire que,
contrairement aux êtres humains normaux, les sorcières conçoivent et
causent la plus horrible des disgrâces à leurs familles et à leurs
communautés.
Les sorcières présumées sont abandonnées, isolées, discriminées et
ostracisées par la communauté. Parfois, elles sont conduites dans la
forêt et massacrées ou déshonorées en public et assassinées.
Parfois, les personnes suspectées d’être des sorcières sont plongées
dans l’acide ou mortellement empoisonnées. Il y a eu également des
cas dans lesquels elles ont été empoisonnées ou enterrées vivantes.
Certaines Églises n’arrangent pas les choses et il y a eu des cas de
Pentecôtistes qui enchaînèrent et torturèrent de présumées sorcières
de manière à leur arracher une confession.
Malheureusement, dans les familles et dans les écoles, et même dans
les églises et dans les mosquées, dans les médias et dans les films,
les Africains sont présentés comme croyant que les sorcières sont
réelles et que la sorcellerie est efficace. Or, la croyance dans les
sorcières manque de toute justification sur la base de la raison, de
la science et du bon sens. On se demande donc pourquoi la
superstition primitive a encore un sens pour tant d’Africains en ce
XXIe siècle. C’est pourquoi, nous trouvons nécessaire de le
présenter à cette assemblée synodale en vue d’une déclaration
spécifique pour guider notre troupeau.
[00199-03.03] [IN147] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Mgr Jaime Pedro GONÇALVES, Archevêque de Beira
(MOZAMBIQUE)
J’ai présenté le cas de l’engagement de l’Église dans la
réconciliation des peuples de l’Afrique australe, commencé en 1988
lorsque le Pape Jean-Paul II, d’heureuse mémoire, visita la région.
L’effort de l’Église et des autres Églises et religions, ainsi que
celui des responsables politiques qui rendirent possible la
réconciliation porta des fruits abondants. La violence cessa et la
paix revint au sein des peuples de la région.
J’ai également présenté le cas du Mozambique, où l’Église a fait
office de médiateur dans les discussions de réconciliation visant à
mettre fin à une guerre civile de 16 ans. Un heureux accord de paix
fut signé et le pays est désormais en paix.
Concernant cette initiative et d’autres encore de ce même type,
elles devraient être approfondies et promues. Elles représentent une
espérance d’avenir pacifique pour la société africaine. J’ai indiqué
que l’Église devrait former des conciliateurs et des artisans de
paix en vue de la résolution des conflits. Les jeunes doivent
participer aux pratiques de réconciliation.
J’ai insisté sur le fait que ces initiatives doivent être
intensifiées et consolidées parce que le monde politique africain
connaît des régressions, des retours à la violence, aux dictatures
et aux persécutions politiques.
Enfin, j’ai prévu un jubilé de réconciliation pour l’ensemble du
continent africain comme fruit de l’engagement de tous envers la
réconciliation.
[00200-03.04] [IN148] [Texte original: portugais]
- S. Exc. Mgr Théophile KABOY RUBONEKA, Évêque Coadjuteur de Goma
(RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO)
Les conflits et les guerres ont conduit, particulièrement en RD
Congo, à la victimisation et à la “chosification” de la femme. Sur
des milliers de femmes ont été perpétrées, par tous les groupes
armés, des violences sexuelles massives, comme arme de guerre, en
violation flagrante des dispositions juridiques internationales.
Partant de notre expérience en cours en RD Congo, pour soulager tant
soit peu les conséquences et les traumatismes subis par les femmes
et les enfants, nous proposons:
1. Lutter contre les violences sexuelles en remontant à leur
dernière cause, à savoir la crise de la gouvernance qui se manifeste
par les guerres, les pillages et l'exploitation anarchique des
1ressources naturelles, la circulation des armes, l'entretien des
milices, l'absence d'une armée forte et républicaine, etc.
2. La création des maisons de la femme et de la jeune fille comme
centres d'écoute et d'accompagnement des femmes violées et
traumatisées.
3. L'implication directe des femmes dans les Commissions "Justice et
Paix": pour que les femmes promeuvent la paix et luttent contre des
idées avilissantes sur elles, véhiculées par la nouvelle éthique
mondiale et par certaines traditions culturelles.
4. La formation par la Catéchèse et l'alphabétisation
conscientisante des femmes pour permettre à la femme de jouer
adéquatement son rôle. Elle s'articule autour de trois modules, tels
que: Dignité et vocation de la femme, la femme comme artisan de la
paix et la Femme en tant \pard softlinequ'actrice du changement
social.
5. La mise en place de structures de promotion de la femme. Il
pourrait s'agir d'organisations des femmes qui s'occupent de
différentes activités au niveau paroissial et diocésain; des Centres
de formation des femmes pour la paix.
[00201-03.03] [IN149] [Texte original: français]
- S. Exc. Mgr Evariste NGOYAGOYE, Archevêque de Bujumbura, Président
de la Conférence Épiscopale (BURUNDI)
Dans les 3 pays des Grands Lacs, les Conférences Épiscopales ont
travaillé à rapprocher les jeunes en conflit. Les jeunes ont été
utilisés et instrumentalisés pendant les conflits qui ont opposé
leurs pays. Pour cela, l’identité unique et exclusive a été
exacerbée à ceux qui étaient différents. Ceux-ci étaient considérés
comme ennemis puisqu’ils n’ont rien de commun avec “nous”. Ils ne
partagent pas la même humanité, donc ils sont à éliminer. Tout ce
qui fait l’identité plurielle (religieuse, ethnique, citoyenne,
sociale, etc.,) était éclipsé au profit de l’identité unique et
exclusive. Beaucoup d’études, dans les Grands Lacs, aux Balkans et
ailleurs, ont montré comment la manipulation de cette identité peut
être meurtrière. L’idéologie qui est construite sur cette logique
aboutit à un péché social, collectif, structurel. Les jeunes qui
naissent, grandissent et sont éduqués dans cette idéologie sont
déformés dans leur conscience morale et dans leurs perceptions
culturelles. Je souhaite que cette Assemblée se penche sur les
méfaits de ce péché à dimensions sociales.
Les Conférences Épiscopales des Grands Lacs ont lutté contre cette
mentalité en décidant de:
1. rapprocher les jeunes,
2. vulgariser et diffuser la doctrine sociale de l’Église.
Pour rapprocher les jeunes, il a fallu procéder par de petits pas, à
travers les mouvements des laïcs (Action catholique et mouvements
des communautés nouvelles): d’abord entre jeunes de quartiers et de
collines différentes, puis entre paroisses différentes, puis
organiser des forums diocésains.
Lors de ces rencontres, le contenu de la Doctrine sociale de
l’Église a fait l’objet de thème central: la paix, la justice, la
réconciliation ont été développées sous forme de catéchèses et ont
nourri la prière et les échanges. Entre-temps, la Commission
épiscopale régionale Justice et Paix a élaboré des modules de
vulgarisation de cette doctrine.
[00202-03.03] [IN150] [Texte original: français]
- S. Exc. Mgr Marcel Honorat Léon AGBOTON, Archevêque de Cotonou,
Vice-Président de la Conférence Épiscopale (BÉNIN)
L’Église d’Afrique doit donc continuer d’annoncer la joyeuse
nouvelle de la réconciliation et toujours proposer de la réaliser à
travers les sacrements, notamment celui de la pénitence. Cette
réconciliation par le sacrement de la Réconciliation est
indispensable: elle est première et c’est d’elle que pour le
chrétien, découle tout autre geste ou acte de réconciliation.
Je souhaite donc que ce synode redise une parole forte pour remettre
au premier plan, dans la mission de réconciliation de l’Église, le
Sacrement de la Réconciliation. Et cela,
- d’abord à notre niveau, à nous prêtres et évêques, ministres
ordonnés. Il s’agit de redonner à l’exercice du ministère de la
réconciliation par le sacrement, une place plus importante dans le
programme pastoral de tout prêtre comme une sorte d’exigence de base
de son ministère de tous les jours: heures d’écoute et de
confession, tant dans sa forme individuelle que dans sa forme de
célébration communautaire. Qu’une telle insistance soit inscrite
dans la conscience des futurs prêtres durant leur formation autant
qui y est inscrite la centralité de l’Eucharistie dans la vie du
prêtre.
- Ensuite au niveau du peuple chrétien tout entier. En effet, vécus
pleinement, les ministères de la réconciliation font de ceux et
celles qui suivent Jésus-Christ, de “vrais faiseurs” et acteurs de
paix. L’homme juste, justifié en Christ par le ministère de l’Église
est alors un acteur efficace pour un monde juste et réconcilié. Et
si les fidèles laïcs sont davantage acteurs de réconciliation et de
paix, dans le monde qu’ils ont de par leur vocation et mission.
[00203-03.03] [IN151] [Texte original: français]
- S. Exc. Mgr Jean-Claude MAKAYA LOEMBA, Évêque de Pointe-Noire
(RÉPUBLIQUE DU CONGO)
Dans la réalisation de la mission nous nous retrouvons souvent
devants des interlocuteurs agissants eux aussi selon des conceptions
de justice très différentes des nôtres.
En effet, dans les crises sociales que traversent nos sociétés
chaque acteur agit en pensant que la justice est de son côté. Il est
même capable de trouver des arguments, des partisans et des parrains
pour soutenir son action. Cette réalité quand elle concerne les
leaders politiques et/ou économiques devient plus complexe dans nos
pays.
De plus, très souvent derrière chaque leader politique et/ou
économique de nos sociétés africaines, se trouve toute une variété
de décideurs ou intimidateurs (familles, clans, ethnies, gourous,
hommes politiques étrangers, organisations gouvernementales ou non
gouvernementales, pour ne citer que ceux là). Ils ne sont souvent
pas connus au grand jour. Alors, notre parole prophétique de Pasteur
n’atteint pas son but parce qu’elle ne s’adresse qu’à la face
visible de la montagne c’est-à-dire aux leaders politiques et/ou
économiques de nos pays. Comment notre parole et notre agir
prophétiques peuvent-ils atteindre ceux qui tirent les ficelles dans
l’ombre et prétendent ne rien savoir de ce qui se trame?
Devant toutes les situations telles que la multiplication des
milices armées, les enfants soldats, toute la misère qui accule les
jeunes à la débrouillardise, les firmes qui exploitent les
nombreuses richesses du sous-sol africain, les nouvelles
religiosités, la dénonciation ne suffit plus. Il faut aller plus
loin en ouvrant des perspectives nouvelles, des chemins d’espérance.
Les pasteurs que nous sommes n’ont pas à prendre la place des
économistes ou des politiciens, mais à aider tout chrétien quelque
soit son statut à mener une vie profondément et authentiquement
chrétienne qui ouvre dans les cœurs, les familles et la société des
chemins de réconciliation, de justice et de paix.
[00204-03.03] [IN152] [Texte original: français]
- S. Exc. Mgr George BIGUZZI, S.X., Évêque de Makeni, Président de
la Conférence Épiscopale (SIERRA LEONE)
Je souhaite faire appel aux Pères synodaux afin qu’ils lancent un
appel sans équivoque en faveur de l’abolition totale et universelle
de la peine de mort.
De plus, le traitement brutal des prisonniers de guerre, la
persécution des civils durant les conflits et le recrutement
d’enfants soldats sont des crimes contre l’humanité, clairement
énoncés dans la Convention de Genève et dans ses protocoles annexes.
Le chemin vers la paix et la réconciliation passe par la
reconnaissance, le rejet et la réparation de tels crimes. La guerre
ne justifie en rien ces crimes contre l’humanité. La voix
prophétique de l’Église est nécessaire bien qu’elle n’ait pas
beaucoup d’auditeurs.
L’Église en Afrique a fait des pas de géant vers l’indépendance
mais, dans de nombreuses régions, nous avons encore besoin du
soutien d’autres Églises. Je suis sûr de pouvoir parler au nom
d’autres évêques en exprimant notre sincère gratitude pour l’aide
immense que nous recevons de l’Église en Europe, en Amérique du Nord
et dans d’autres régions du monde. L’Église en de nombreuses zones
d’Afrique sub-saharienne doit sa première évangélisation et sa
croissance à l’effort missionnaire de l’Église dans le monde
occidental.
Souvent, l’Église dans le monde occidental canalise son aide au
travers de ses propres structures ecclésiales pour le développement
et la coopération à l’étranger. Les noms de telles structures
diffèrent d’un pays à l’autre, mais il s’agit de bureaux nationaux
catholiques. À notre grande surprise, assez souvent, les directeurs
ou les représentants de ces bureaux soutiennent ou débutent des
projets en parallèle, ou même en dehors de nos plans pastoraux, sans
consulter l’Évêque local ou la Conférence des Évêques nationale. Ils
prennent parfois, sans nous consulter, des décisions portant sur
quels projets financer, où les mettre en œuvre et quelle agence
choisir pour les appliquer. Un tel système humilie l’Église locale,
gaspille des ressources, ne garantit pas la continuité et ignore le
potentiel effet d’évangélisation du travail de l’Église dans la
société.
L’humble appel à nos frères évêques des pays occidentaux est
d’émettre des directives claires au personnel s’occupant des bureaux
chargés du développement afin qu’ils travaillent en consultation
avec nous et suivant nos plans pastoraux et les priorités des
Évêques africains.
[00205-03.04] [IN153] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Mgr Egidio NKAIJANABWO, Évêque de Kasese (OUGANDA)
Il a souvent été dit dans nos discussions que nous, responsables
religieux, devrions nous confronter avec les gouvernements et
protester contre leur mauvaise gouvernance. Nous l’avons déjà fait
bien des fois, apparemment sans succès. Quand nous protestons, ils
nous reprochent souvent d’intervenir dans la politique alors que
nous devrions nous limiter à la seule sphère religieuse. Ils pensent
que nous soutenons l’un ou l’autre des partis politiques
d’opposition. Nous devrions mieux leur expliquer que la sphère
religieuse comprend la défense des droits du peuple.
Notre Mère l’Église, dans sa sagesse, nous a fourni un moyen de
montrer que nous ne parlons pas de politique quand nous critiquons
la mauvaise gouvernance. Dans son Code du droit canonique ,l’Église
interdit aux membres du clergé de s’engager dans des partis
politiques et de prendre des postes de responsabilité politique. Car
cela compromettrait notre indépendance et notre liberté (Canons 285
et 287). Le gouvernement et ses organes verront alors que vous
parlez en homme de Dieu, et que vous défendez les droits du peuple
de Dieu.
Nous sommes envoyés, comme l’a été le prophète Jérémie, pour nous
opposer aux mauvaises pratiques. Dieu dit à Jérémie: “Vers tous ceux
à qui je t’enverrai, tu iras, et tout ce que je t’ordonnerai, tu le
diras. N’aie aucune crainte en leur présence car je suis avec toi
pour te délivrer” (Jr 7, 7-8).
Une autre voie du changement est, comme cela a déjà été dit, de
renforcer nos chrétiens dans leur foi et de leur enseigner la
Doctrine sociale de l’Église, afin qu’ils suivent les enseignements
de l’Évangile.
Quand ils seront devenus d’authentiques chrétiens et qu’ils auront
connaissance de leurs droits, il se mobiliseront alors à tous les
niveaux; nous visons particulièrement les conseillers (les
représentants politiques) au niveau local et les membres du
parlement au niveau national afin qu’ensemble nous essayions
d’éradiquer la corruption de nos pays.
Cela ne devrait pas être impossible, surtout dans les pays à
majorité chrétienne. Après tout, nombre de ces hommes politiques
corrompus comptent parmi nos propres chrétiens.
[00206-03.03] [IN154] [Texte original: anglais]
AVIS
- CONFÉRENCE DE PRESSE
- “BRIEFING”
- “POOL”
- BULLETIN SYNODUS
EPISCOPORUM- COUVERTURE TV EN DIRECT
- INFORMATIONS TÉLÉPHONIQUES
-
HORAIRES D’OUVERTURE DU BUREAU DE PRESSE DU SAINT-SIÈGE
CONFÉRENCE DE PRESSE
La deuxième Conférence de presse sur les travaux synodaux (avec
traduction simultanée en italien, anglais, français, espagnol et
portugais) se tiendra dans la Salle Jean-Paul II du Bureau de Presse
du Saint-Siège, mercredi 14 octobre 2009 (après la Relatio post
disceptationem), à 12h45 environ.
Les noms des participants seront communiqués dès que possible.
Les opérateurs TV (cameramen et techniciens) et les photo-reporters
sont priés de s’adresser au Conseil pontifical pour les
Communications sociales.
Les conférences de presse suivantes se tiendront:
- le vendredi 23 octobre 2009 (après le Nuntius)
- le samedi 24 octobre 2009 (après l’Elenchus finalis propositionum)
“BRIEFING”
Le septième “Briefing” pour les groupes linguistiques se tiendra
mardi 13 octobre 2009 à 13h10 environ (dans les lieux et avec les
attachés de presse indiqués dans le bulletin n.2).
Les opérateurs TV (cameramen et techniciens) et les photo-reporters
sont priés de s’adresser au Conseil pontifical pour les
Communications sociales, pour l’autorisation d’accès (très limitée).
Les prochains “Briefing” auront lieu vers 13h10 environ:
- le jeudi 15 octobre 2009
- le samedi 17 octobre 2009
- le mardi 20 octobre 2009
“POOL”
Des “pools” de journalistes accrédités pour accéder à la Salle du
Synode sont prévus, en principe pour la prière d’ouverture des
Congrégations générales du matin, les jours suivants :
- le mardi 13 octobre 2009
- le jeudi 15 octobre 2009
- le samedi 17 octobre 2009
- le mardi 20 octobre 2009
- le vendredi 23 octobre 2009
- le samedi 24 octobre 2009
Les listes d’inscription aux “pools” seront mises à la disposition
des journalistes au Bureau Informations et Accréditations du Bureau
de Presse du Saint-Siège (à l’entrée, à droite).
Pour les “pool”, les opérateurs TV (cameramen et techniciens) et les
photo-reporters sont priés de s’adresser au Conseil pontifical pour
les Communications sociales.
Les participants aux “pools” sont priés d’être présents à 8h30 dans
le Secteur Presse, installé à l’extérieur, devant l’entrée de la
Salle Paul VI, d’où ils seront toujours accompagnés par un attaché
du Bureau de Presse du Saint-Siège (pour les rédacteurs) et du
Conseil pontifical pour les Communications sociales (pour les
photo-reporters et les opérateurs TV). Ils sont priés de s’habiller
de façon appropriée à la circonstance.
BULLETIN SYNODUS EPISCOPORUM
Le prochain Bulletin comprenant les interventions des Auditeurs
prononcées au cours de la Onzième Congrégation générale de lundi 12
octobre 2009 sera publié dès que possible.
COUVERTURE TV EN DIRECT
Les événements suivants seront retransmis en direct sur les écrans
placés dans la Salle des télécommunications, dans la Salle des
journalistes et dans la Salle des conférences Jean-Paul II du Bureau
de Presse du Saint-Siège:
- le mardi 13 octobre 2009 (16h30): partie de la Congrégation
générale au cours de laquelle sera présentée la Relatio post
disceptationem.
- le dimanche 25 octobre 2009 (9h30): Concélébration solennelle de
la Sainte Messe en conclusion du Synode (Basilique Saint-Pierre).
Les éventuelles variations seront communiquées dès que possible.
INFORMATIONS TÉLÉPHONIQUES
Durant la période synodale, une ligne d’informations téléphoniques
sera mise en place:
- +39-06-698.19 pour écouter le Bulletin ordinaire du Bureau de
presse du Saint-Siège;
- +39-06-698.84051 pour le Bulletin du Synode des Évêques du matin;
- +39-06-698.84877 pour le Bulletin du Synode des Évêques de
l'après-midi.
HORAIRES D’OUVERTURE DU BUREAU DE PRESSE DU SAINT-SIÈGE
Le Bureau de Presse du Saint-Siège, à l’occasion de la II Assemblée
Spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques, sera ouvert jusqu’au
25 octobre 2009, selon les horaires suivants:
- le lundi 12 octobre: 9h00-16h00
- le mardi 13 octobre: 9h00-20h00
- du mercredi 14 octobre au samedi 17 octobre: 9h00-16h00
- le dimanche 18 octobre: 11h00-13h00
- du lundi 19 octobre au samedi 24 octobre: 9h00-16h00
- le dimanche 25 octobre: 9h00-13h00
e Le personnel du Bureau Informations et Accréditations du Bureau de
Presse du Saint-Siège (dans le hall d’entrée, à droite) sera
disponible:
- du lundi au vendredi: 9h00-15h00
- le samedi: 9h00-14h00
Tout changement éventuel sera communiqué dès que possible, par
affichage au tableau de la Salle des journalistes du Bureau de
Presse du Saint-Siège, dans le Bulletin d’information de la
Commission pour l’information de la II Assemblée Spéciale pour
l’Afrique du Synode des Évêques et dans le secteur Communications de
service du site internet du Saint-Siège.
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