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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Mardi 19 janvier 2016

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 4 du 28 janvier 2016)

Saint et pécheur

Malgré ses péchés, chaque homme a été choisi pour être saint. Tel est le message de réconfort et d’espérance offert par le Pape François. Cette réflexion a été inspirée par l’histoire du roi David, le « saint roi David », figure centrale de la liturgie de ces jours derniers, qui présente des passages tirés du livre de Samuel. Après avoir vu que le Seigneur avait « rejeté Saül parce son cœur était fermé » et avait pensé à un autre roi parce que celui-ci ne lui avait pas obéi, dans la première lecture (1 S, 16 1-13) on trouve le récit de la manière dont « fut choisi » le roi David. Dans l’Écriture on peut donc lire l’histoire de Jessé qui « présente ses fils » et de Samuel qui, face au premier, dit : « Assurément, devant le Seigneur se trouve son consacré ». En effet, il voyait devant lui « un homme de valeur ». Mais le Seigneur répliqua à Samuel : « Ne regarde pas son aspect ni sa taille, je l’ai rejeté, car ce n’est pas ce que voit l’homme qui compte ; en effet, l’homme voit l’apparence, mais le Seigneur voit le cœur ». Voilà donc la première leçon : « Nous sommes très souvent esclaves des apparences, esclaves des choses qui apparaissent et nous nous laissons conduire par ces choses : “Mais cela semble...”. Mais le Seigneur connaît la vérité ». Le récit se poursuit, « les sept fils de Jessé se présentent, et le Seigneur n’en choisit aucun », au point que Samuel demande à Jessé s’il lui avait présenté tous ses fils. Et Jessé révèle qu’en réalité, « il y en a un, le petit, qui ne compte pas, qui est en train de faire paître le troupeau ». Une fois que le jeune garçon est arrivé, le Seigneur dit alors à Samuel : « Lève-toi et oins-le ». Pourtant c’était « le plus petit, celui qui aux yeux de son père ne comptait pas », et « non parce que son père ne l’aimait pas », mais parce qu’il pensait : « Comment Dieu choisirait-il ce jeune garçon ? ». Il ne tenait pas compte du fait que « l’homme voit l’apparence, mais que le Seigneur voit le cœur ». Ainsi, « Samuel prit la corne d’huile et il l’oignit au milieu de ses frères. Et l’Esprit du Seigneur descendit sur David, et à partir de ce jour » toute sa vie « a été la vie d’un homme oint par le Seigneur, élu par le Seigneur ». On pourrait se demander : « Alors, le Seigneur l’a fait saint ? ». La réponse de François est nette : « Non, le roi David est le saint roi David, c’est vrai, mais devenu saint après une longue vie ». Il atteint en effet un âge vénérable, « mais sa vie était aussi entachée de divers péchés ». David fut « saint et pécheur ». C’était « un homme qui a su unir le Royaume, qui a su conduire le peuple d’Israël », mais aussi un homme qui « avait ses tentations » et qui commit des péchés. David a même « été aussi un assassin » qui, « pour couvrir sa luxure, le péché d’adultère », a commandé de tuer. Précisément lui. Au point qu’on en viendrait à se demander : « Mais le saint roi David a tué ? ». C’est vrai, mais il est aussi vrai que quand Dieu a envoyé le prophète Nathan » pour faire « voir cette réalité » à David, qui « ne s’était pas rendu compte de la violence qu’il avait ordonné », David lui-même « a reconnu “J’ai péché” et il a demandé pardon ». Ainsi, la vie du roi David « est allée de l’avant » pleine de lumières et d’ombres. Il a souffert « dans sa chair la trahison de son fils, mais il n’a jamais utilisé Dieu pour vaincre une propre cause ». Dans sa vie, David a ensuite connu « la victoire », et la grande « magnanimité » qui le conduisit à ne pas tuer Saül bien que pouvant le faire. Mais à la fin, « le saint roi David était-il comme cela ? Oui, saint, élu par le Seigneur, choisi par le peuple de Dieu », il fut aussi « un grand pécheur, mais un pécheur repenti ». Et il a commenté : « Je suis ému par la vie de cet homme qui me fait penser à la nôtre ». En effet, « nous avons tous été choisis par le Seigneur dans le baptême, pour être son peuple, pour être saints ».

 



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