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PAUL, EVEQUE
Serviteur des serviteurs de Dieu en union avec les Pères du Saint Concile pour que le souvenir s’en maintienne à jamais
DECRET SUR LE MINISTERE
ET LA VIE DES PRETRES
PRESBYTERORUM ORDINIS
7 décembre 1965
PREAMBULE
1 Plusieurs fois déjà, ce saint Concile a rappelé à tous l'importance de l'Ordre
des prêtres dans l'Eglise (1). Cet Ordre joue, dans le renouveau de l'Eglise du
Christ, un rôle essentiel, mais aussi de plus en plus difficile : d'où l'utilité
de ce décret qui parle des prêtres de manière plus détaillée et plus
approfondie. Il concerne tous les prêtres, spécialement ceux qui exercent une
charge pastorale ; en ce qui concerne les prêtres religieux, on fera les
adaptations qui s'imposent. Par l'ordination et la mission reçues des évêques,
les prêtres sont mis au service du Christ Docteur, Prêtre et Roi ; ils
participent à son ministère, qui, de jour en jour, construit ici-bas l'Eglise
pour qu'elle soit peuple de Dieu, Corps du Christ, Temple du Saint-Esprit. Dans
une situation pastorale et humaine qui souvent a subi de profonds changements,
il fallait les aider plus efficacement dans leur ministère et mieux prendre en
charge leur vie. C'est pourquoi ce saint Concile déclare et décide ce qui suit.
CHAPITRE PREMIER
LE PRESBYTERAT DANS LA MISSION DE L'EGLISE
(Nature du presbytérat)
2 Le Seigneur Jésus, "que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde"
(Jn 10,36), fait participer tout son Corps mystique à l'onction de l'Esprit
qu'il a reçue (1): en lui, tous les chrétiens deviennent un sacerdoce saint
et royal offrant des sacrifices spirituels à Dieu par Jésus-Christ, et
proclament les hauts faits de celui qui les a appelés des ténèbres à son
admirable lumière (2). Il n'y a donc aucun membre qui n'ait sa part dans la
mission du Corps tout entier ; chacun d'eux doit sanctifier Jésus dans son
coeur (3) et rendre témoignage à Jésus par l'Esprit de prophétie (4).
Mais le même Seigneur, voulant faire des chrétiens un seul corps, où "tous
les membres n'ont pas la même fonction" (Rom. 12,4), a établi parmi eux des
ministres qui, dans la communauté des chrétiens, seraient investis par l'Ordre
du pouvoir sacré d'offrir le Sacrifice et de remettre les péchés (5), et y
exerceraient publiquement pour les hommes au nom du Christ la fonction
sacerdotale. C'est ainsi que le Christ a envoyé ses apôtres eux-mêmes, il
a fait participer à sa consécration et à sa mission les évêques, leurs
successeurs (7), dont la fonction ministérielle a été transmise aux prêtres à un
degré subordonné (8) : ceux-ci sont donc établis dans l'Ordre du presbytérat
pour être les coopérateurs de l'ordre épiscopal (9) dans l'accomplissement de la
mission apostolique confiée par le Christ.
La fonction des prêtres, en tant qu'elle est unie à l'Ordre épiscopal, participe
à l'autorité par laquelle le Christ construit, sanctifie et gouverne son Corps.
C'est pourquoi le sacerdoce des prêtres, s'il suppose les sacrements de
l'initiation chrétienne, est cependant conféré au moyen du sacrement particulier
qui, par l'onction du Saint-Esprit, les marque d'un caractère spécial, et les
configure ainsi au Christ Prêtre pour les rendre capables d'agir au nom du
Christ Tête en personne (10).
Participant, pour leur part, à la fonction des apôtres, les prêtres reçoivent de
Dieu la grâce qui les fait ministres du Christ Jésus auprès des nations,
assurant le service sacré de l'Evangile, pour que les nations deviennent une
offrande agréable, sanctifiée par l'Esprit-Saint (11). En effet, l'annonce
apostolique de l'Evangile convoque et rassemble le peuple de Dieu, afin que tous
les membres de ce peuple, étant sanctifiés par l'Esprit-Saint, s'offrent
eux-mêmes en "victime vivante, sainte, agréable à Dieu" (Rom.12,1).
Mais c'est par le ministère des prêtres que se consomme le sacrifice spirituel
des chrétiens, en union avec le sacrifice du Christ, unique Médiateur, offert au
nom de toute l'Eglise dans l'Eucharistie par les mains des prêtres, de manière
non sanglante et sacramentelle, jusqu'à ce que vienne le Seigneur
lui-même (12). C'est là qu'aboutit leur ministère, c'est là qu'il trouve son
accomplissement : commençant par l'annonce de l'Evangile, il tire sa force et sa
puissance du Sacrifice du Christ et il aboutit à ce que "la Cité rachetée tout
entière, c'est-à-dire la société et l'assemblée des saints, soit offerte à Dieu
comme un sacrifice universel par le Grand Prêtre qui est allé jusqu'à s'offrir
pour nous dans sa Passion, pour faire de nous le Corps d'une aussi grande Tête
(13).
Ainsi donc, la fin que les prêtres poursuivent dans leur ministère et dans leur
vie, c'est de rendre gloire à Dieu le Père dans le Christ. Et cette gloire,
c'est l'accueil, conscient, libre et reconnaissant, des hommes à l'oeuvre de
Dieu accomplie dans le Christ ; c'est le rayonnement de cette oeuvre à travers
toute leur vie. Ainsi, dans les temps de prière et d'adoration comme dans
l'annonce de la Parole, dans l'offrande du sacrifice eucharistique et
d'administration des autres sacrements comme dans les différents ministères
exercés au service des hommes, les prêtres contribuent à la fois à faire grandir
la gloire de Dieu et à faire avancer les hommes dans la vie divine. Tout cela
découle de la Pâque du Christ, tout cela s'achèvera dans le retour glorieux du
Seigneur, quand il remettra la royauté à Dieu le Père (14).
(Condition des prêtres dans le monde)
3 Pris du milieu des hommes et établis en faveur des hommes, dans leurs
relations avec Dieu, afin d'offrir des dons et des sacrifices pour les péchés
(15), les prêtres vivent avec les autres hommes comme des frères. C'est ce
qu'a fait le Seigneur Jésus : Fils de Dieu, Homme envoyé aux hommes par le Père,
il a demeuré parmi nous et il a voulu devenir en tout semblable à ses
frères, à l'exception cependant du péché (14). Et déjà, il a été
imité par les saints apôtres : saint Paul, docteur des nations, "mis à part
pour l'Evangile de Dieu" (Rom. 1,1), atteste qu'il s'est fait tout à tous
afin de les sauver tous (17). Par leur vocation et leur ordination, les
prêtres de la Nouvelle Alliance sont, d'une certaine manière, mis à part au sein
du peuple de Dieu ; mais ce n'est pas pour être séparés de ce peuple, ni d'aucun
homme quel qu'il soit ; c'est pour être totalement consacrés à l'oeuvre à
laquelle le Seigneur les appelle (18).Ils ne pourraient être
ministres du Christ s'ils n'étaient témoins et dispensateurs d'une vie autre que
la vie terrestre, mais ils ne seraient pas non plus capables de servir les
hommes s'ils restaient étrangers à leur existence et à leurs conditions de vie
(19).Leur ministère même exige, à un titre particulier, qu'ils ne prennent
pas modèle sur le monde présent(20)
et, en même temps, il réclame qu'ils vivent dans ce monde au milieu des hommes,
que, tels de bons pasteurs, ils connaissent leurs brebis et
cherchent à amener celles qui ne sont pas de ce bercail, pour qu'elles
aussi écoutent la voix du Christ, afin qu'il y ait un seul troupeau,
un seul pasteur (21).
Pour y parvenir, certaines qualités jouent un grand rôle, celle qu'on apprécie à
juste titre dans les relations humaines, comme la bonté, la sincérité, la force
morale, la persévérance, la passion pour la justice, la délicatesse, et d'autres
qualités encore, celles que l'apôtre Paul recommande quand il dit : "Tout ce
qu'il y a de vrai, d'honorable, tout ce qui est juste, pur, digne d'être aimé,
tout ce qui est vertueux et digne d'éloges, faites-en l'objet de vos pensées". (Phil. 4,8)(22).
CHAPITRE II
LE MINISTERE DES PRETRES
I. FONCTIONS DES PRETRES
(Les prêtres, ministres de la Parole de Dieu)
4 Le Peuple de Dieu est rassemblé d'abord par la Parole du Dieu vivant (1)
qu'il convient d'attendre tout spécialement de la bouche des prêtres.(2)
En effet, nul ne peut être sauvé sans avoir d'abord cru. (3) ; les
prêtres, comme coopérateurs des évêques, dont donc pour première fonction
d'annoncer l'Evangile à toute la création. (Marc 16, 15) (5), ils font
naître et grandir le peuple de Dieu. C'est la parole de salut qui éveille la foi
dans le coeur des non-chrétiens, et qui la nourrit dans le coeur des chrétiens ;
c'est elle qui donne naissance et croissance à la communauté des chrétiens ;
comme le dit l'Apôtre: "La foi vient de ce qu'on entend, ce qu'on entend
vient par la parole du Christ" (Rom. 10, 17). Ainsi les prêtres se doivent à
tous les hommes : ils ont à leur faire partager la vérité de l'Evangile (6)
dont le Seigneur les fait bénéficier. Soit donc qu'ils aient parmi les païens
une belle conduite pour les amener à glorifier Dieu (7), soit qu'ils
prêchent ouvertement pour annoncer aux incroyants le mystère du Christ, soit
qu'ils transmettent l'enseignement chrétien ou exposent la doctrine de l'Eglise,
soit qu'ils étudient à la lumière du Christ les problèmes de leur temps, dans
tous les cas il s'agit pour eux d'enseigner, non pas leur propre sagesse, mais
la parole de Dieu, et d'inviter tous les hommes avec insistance à la conversion
et à la sainteté (8). Cette prédication sacerdotale, dans l'état actuel du
monde, est souvent très difficile ; si elle veut vraiment atteindre l'esprit des
auditeurs, elle ne doit pas se contenter d'exposer la parole de Dieu de façon
générale et abstraite, mais elle doit appliquer la vérité permanente de
l'Evangile aux circonstances concrètes de la vie.
Il y a donc bien des manières d'exercer le ministère de la parole, selon les
besoins différents des auditeurs et les charismes des prédicateurs. Dans les
pays ou les milieux non chrétiens, c'est par l'annonce de l'Evangile que les
hommes sont conduits à la foi et aux sacrements du salut ; dans la communauté
chrétienne elle-même, surtout pour ceux qui peuvent manquer de foi ou
d'intelligence à l'égard de ce qu'ils pratiquent, la proclamation de la parole
est indispensable au ministère sacramentel lui-même, puisqu'il s'agit des
sacrements de la foi, et que celle-ci a besoin de la Parole pour naître et se
nourrir (10). Cela vaut spécialement pour la liturgie de la Parole dans la
célébration de la messe, où sont inséparablement unies l'annonce de la mort et
de la résurrection du Seigneur, la réponse du peuple qui l'écoute, l'oblation
même du Christ scellant en son Sang la Nouvelle Alliance, et la communion des
chrétiens à cette oblation par la prière et la réception du sacrement (11).
(Les prêtres, ministres des sacrements et de l'Eucharistie)
5 Dieu, le seul Saint, le seul Sanctificateur, a voulu s'associer des hommes
comme collaborateurs et humbles serviteurs de cette oeuvre de sanctification.
Ainsi, par le ministère de l'évêque, Dieu consacre des prêtres qui participent
de manière spéciale au sacerdoce du Christ, et agissent dans les célébrations
sacrées comme ministres de celui qui, par son Esprit, exerce sans cesse pour
nous, dans la liturgie, sa fonction sacerdotale (12). Par le baptême, ils font
entrer les hommes dans le peuple de Dieu ; par le sacrement de pénitence, ils
réconcilient les pécheurs avec Dieu et avec l'Eglise ; par l'onction des
malades, ils soulagent ceux qui souffrent ; et, surtout, par la célébration de
la messe, ils offrent sacramentellement le sacrifice du Christ. Et chaque fois
qu'ils célèbrent un de ces sacrements - comme l'attestait déjà, aux premiers
temps de l'Eglise, saint Ignace d'Antioche (13) - les prêtres sont, de diverses
manières, hiérarchiquement rattachés à l'évêque, assurant ainsi en quelque sorte
sa présence dans chacune des communautés chrétiennes (14).
Or, les sacrements, ainsi que tous les ministères ecclésiaux et les tâches
apostoliques, sont tous liés à l'Eucharistie et ordonnés à elle (15). Car la
sainte Eucharistie contient tout le trésor spirituel de l'Eglise(16), c'est à
dire le Christ lui-même, lui notre Pâque, lui le pain vivant, lui dont la chair,
vivifiée par l'Esprit-Saint et vivifiante, donne la vie aux hommes, les invitant
et les conduisant à offrir, en union avec lui, leur propre vie, leur travail,
toute la création. On voit donc alors comment l'Eucharistie est bien la source
et le sommet de toute l'évangélisation : tandis que les catéchumènes sont
progressivement conduits à y participer, les chrétiens, déjà marqués par le
baptême et la confirmation, trouvent en recevant l'Eucharistie leur insertion
plénière dans le Corps du Christ.
Ainsi, c'est l'assemblée eucharistique qui est le centre de la communauté
chrétienne présidée par le prêtre. Les prêtres apprennent donc aux chrétiens à
offrir la victime divine à Dieu le Père dans le sacrifice de la messe, et à
faire avec elle l'offrande de leur vie ; dans l'esprit du Christ Pasteur, il les
éduquent à soumettre leurs péchés à l'Eglise avec un coeur contrit dans le
sacrement de Pénitence, pour se convertir de plus en plus au Seigneur, se
souvenant de ses paroles: "Repentez-vous, car le Royaume des cieux est
tout proche" (Mat. 4, 17). De même, ils leur apprennent à participer aux
célébrations liturgiques de manières à pouvoir y prier sincèrement ; ils les
guident, suivant les grâces et les besoins de chacun, à approfondir sans cesse
leur esprit de prière pour en imprégner toute leur vie ; ils donnent à tous le
désir d'être fidèles à leurs devoirs d'état, et aux plus avancés celui de
pratiquer les conseils de l'Evangile d'une manière adaptée à chacun. Bref, ils
instruisent les chrétiens à célébrer le Seigneur de tout coeur par des hymnes
et des chants spirituels rendant grâces en tout temps pour toutes choses au nom
de Notre-Seigneur Jésus-Christ à Dieu, le Père (17).
La louange et l'action de grâce qu'ils expriment en célébrant l'Eucharistie, les
prêtres les étendent encore aux différentes heures de la journée quand ils
s'acquittent de l'Office divin, où ils prient au nom de l'Eglise pour tout le
peuple qui leur est confié, bien plus, pour le monde entier.
Quant à la maison de prière où l'Eucharistie est célébrée et conservée, où les
fidèles se rassemblent, où la présence du Fils de Dieu notre Sauveur, offert
pour nous sur l'autel du sacrifice, est honorée pour le soutien et le réconfort
des chrétiens, cette maison doit être belle et adaptée à la prière et aux
célébrations liturgiques(18). Les pasteurs et les chrétiens sont invités à venir
y manifester leur réponse reconnaissante au don de celui qui, sans cesse, par
son Humanité, répand la vie divine dans les membres de son Corps (19). Les
prêtres doivent veiller à cultiver comme il se doit la science et l'art
liturgiques, pour que leur ministère liturgique permette aux communautés
chrétiennes qui leur ont confiées de louer toujours plus parfaitement Dieu le
Père, le Fils et le Saint-Esprit.
(Les prêtres, chefs du peuple de Dieu)
6 Exerçant, pour la part d'autorité qui est la leur, la charge du Christ Chef
et Pasteur, les prêtres, au nom de l'évêque, rassemblent la famille de Dieu,
fraternité qui n'a qu'une âme, et par le Christ dans l'Esprit, ils la conduisent
à Dieu le Père(20). Pour exercer ce ministère, comme pour les autres fonctions
du prêtre, ils reçoivent un pouvoir spirituel, qui leur est donné pour
construire l'Eglise(21). Dans cette oeuvre de construction, la conduite des
prêtres, à l'exemple de celle du Seigneur, doit être extrêmement humaine envers
tous les hommes. Ce n'est pourtant pas selon ce qui plaît aux hommes(22)
mais selon les exigences de la doctrine et de la vie chrétiennes qu'ils doivent
agir à leur égard, les enseignant et les instruisant comme des
enfants, et des enfants bien aimés(22) selon les paroles de l'Apôtre:
"Insiste à temps et à contretemps, réfute, menace, exhorte avec beaucoup de
patience et le souci d'instruire" (2 Tim. 4,2) (24).
Comme éducateurs de la foi, les prêtres ont à veiller, par eux-mêmes ou
par d'autres, à ce que chaque chrétien parvienne, dans le Saint-Esprit, à
l'épanouissement de sa vocation personnelle selon l'Evangile, à une charité
sincère et active et à la liberté par laquelle le Christ nous a libérés
(25). Des cérémonies, même très belles, des groupements, même florissants,
n'auront guère d'utilité s'ils ne servent pas à éduquer les hommes et à leur
faire atteindre leur maturité chrétienne(26). Pour arriver à cette maturité, les
prêtres sauront les aider à devenir capables de lire dans les événements petits
ou grands, ce que réclame une situation, ce que Dieu attend d'eux. On formera
encore les chrétiens à ne pas vivre pour eux seuls, mais à savoir, selon les
exigences de la Loi nouvelle de charité, mettre au service des autres le don
reçu par chacun(27), afin que tous remplissent en chrétiens le rôle qui leur
revient dans la communauté des hommes.
Les prêtres, certes, se doivent à tous ; cependant ils considèrent que les
pauvres et les petits leur sont confiés d'une manière spéciale ; le Seigneur, en
effet, a montré qu'il avait lui-même partie liée avec eux(28), et leur
évangélisation est donnée comme un signe de l'oeuvre messianique(29). Ils auront
encore une attention particulière pour les jeunes, et aussi pour les époux et
les parents ; il est souhaitable que ceux-ci se réunissent en groupes amicaux où
ils s'entraideront pour vivre plus facilement et plus totalement leur
christianisme dans une existence souvent difficile. Les prêtres ne doivent pas
oublier les religieux et les religieuses : partie privilégiée de la maison du
Seigneur, ceux-ci méritent tous qu'on s'attache spécialement à leur progrès
spirituel dans l'intérêt de toute l'Eglise. Enfin, ils auront un très grand
souci des malades et des mourants: ils les visiteront et les réconforteront dans
le Seigneur(30).
La fonction de pasteur ne se limite pas au soutien individuel des chrétiens ;
elle a encore pour tâche propre la formation d'une authentique communauté
chrétienne. Or, l'esprit communautaire ne se développe vraiment que s'il dépasse
l'Eglise locale pour embrasser l'Eglise universelle. La communauté locale ne
doit pas seulement s'occuper de ses propres fidèles ; elle doit avoir l'esprit
missionnaire et frayer la route à tous les hommes vers le Christ. Mais elle est
tout spécialement attentive aux catéchumènes et aux nouveaux baptisés qu'elle
doit éduquer peu à peu dans la découverte et la pratique de la vie chrétienne.
Aucune communauté chrétienne ne peut se construire sans trouver sa racine et son
centre dans la célébration de l'Eucharistie(31) : c'est donc par celle-ci que
doit commencer toute éducation de l'esprit communautaire ; mais une célébration
sincère, pleinement vécue, doit déboucher aussi bien dans les activités diverses
de la charité et de l'entraide que dans l'action missionnaire et les diverses
formes du témoignage.
Par la charité, la prière, l'exemple, les efforts de pénitence, la communauté
ecclésiale exerce encore une véritable maternité pour conduire les âmes au
Christ : elle est un instrument efficace pour montrer ou préparer à ceux qui ne
croient pas encore un chemin vers le Christ et son Eglise, pour réveiller les
fidèles, les nourrir, leur donner des forces pour le combat spirituel.
En bâtissant la communauté des chrétiens, les prêtres ne sont jamais au service
d'une idéologie ou d'une faction humaines : hérauts de l'Evangile et pasteurs de
l'Eglise, c'est à la croissance spirituelle du Corps du Christ qu'ils consacrent
leurs forces.
II. RELATIONS DES PRETRES AVEC LES AUTRES
(Relations entre les évêques et le presbyterium)
7 Tous les prêtres, en union avec les évêques, participent à l'unique sacerdoce
et à l'unique ministère du Christ ; c'est donc l'unité même de consécration et
de mission qui réclame leur communion hiérarchique avec l'Ordre des évêques(32)
; manifestée de manière excellente dans le cas de la concélébration liturgique,
cette union avec les évêques est affirmée explicitement au coeur de la
célébration de l'Eucharistie(33). Que les évêques donc, à cause du don de
l'Esprit-Saint que les prêtres ont reçu à leur ordination, voient en eux des
auxiliaires et des conseillers indispensables dans leur ministère et leur charge
de docteurs, sanctificateurs et pasteurs du peuple de Dieu(34). C'est ce que
soulignent fortement, dès les origines de l'Eglise, les textes liturgiques qui
demandent solennellement à Dieu, pour celui qu'on ordonne prêtre, l'envoi de
"l'esprit de grâce et de conseil, afin qu'il assiste le peuple et le gouverne
avec un coeur pur(35), de même qu'au désert l'esprit de Moïse fut communiqué à
soixante-dix hommes prudents(36) "afin que, secondé par eux, il pût facilement
gouverner les multitudes innombrables du peuple(37). En raison de cette
communion dans le même sacerdoce et le même ministère, les évêques doivent donc
considérer leurs prêtres comme des frères et des amis, et se préoccuper, autant
qu'ils le peuvent, de leur bien, matériel d'abord, mais surtout spirituel. Car
c'est à eux, avant tout, que revient la grave responsabilité de la sainteté de
leurs prêtres(39) ; ils doivent donc se préoccuper activement de la
formation permanente de leur presbyterium(40). Qu'ils sachent les écouter
volontiers, les consulter même, et parler avec eux de ce qui concerne les
exigences du travail pastoral et le bien du diocèse. Pour que cela devienne
effectif, on établira, de la manière la plus adaptée aux conditions et aux
besoins actuels(41) une commission ou sénat de prêtres, représentant le
presbyterium(42) ; le droit aura à déterminer la structure et le fonctionnement
de cet organisme, qui devra être en mesure d'aider efficacement l'évêque de ses
conseils pour le gouvernement du diocèse.
Quant aux prêtres, ils savent que les évêques sont revêtus de la plénitude du
sacrement de l'Ordre ; ils doivent donc respecter en eux l'autorité du Christ
Pasteur suprême. Qu'ils aient pour leur évêque un attachement sincère, dans la
charité et l'obéissance(43). Ce qui fonde cette obéissance imprégnée d'esprit de
coopération, c'est la participation même au ministère épiscopal que les prêtres
reçoivent par le sacrement de l'Ordre et la mission canonique(44).
L'union des prêtres avec les évêques est une exigence particulière de notre
temps: à l'époque où nous sommes, bien des raisons font que les initiatives
apostoliques doivent non seulement prendre des formes multiples, mais encore
dépasser les limites d'une paroisse ou d'un diocèse. Aucun prêtre n'est donc en
mesure d'accomplir toute sa mission isolément et comme individuellement ; il ne
peut se passer d'unir ses forces à celles des autres prêtres sous la conduite
des chefs de l'Eglise.
(Union fraternelle et coopération entre prêtres)
8 Du fait de leur ordination, qui les a fait entrer dans l'ordre du
presbytérat, les prêtres sont tous intimement liés entre eux par la fraternité
sacramentelle ; mais, du fait de leur affectation au service d'un diocèse en
dépendance de l'évêque local, ils forment tout spécialement à ce niveau un
presbyterium unique. Certes, les tâches confiées sont diverses ; il s'agit
pourtant d'un ministère sacerdotal unique exercé pour les hommes. C'est pour
coopérer à la même oeuvre que tous les prêtres sont envoyés, ceux qui assurent
un ministère paroissial ou supra-paroissial comme ceux qui se consacrent à un
travail scientifique de recherche ou d'enseignement, ceux-là mêmes qui
travaillent manuellement et partagent la condition ouvrière - là où, avec
l'approbation de l'autorité compétente, ce ministère est jugé opportun - comme
ceux qui remplissent d'autres tâches apostoliques ou ordonnées à l'apostolat.
Finalement, tous visent le même but: construire le Corps du Christ ; de notre
temps surtout, cette tâche réclame des fonctions multiples et des adaptations
nouvelles. Il est donc essentiel que tous les prêtres, diocésains aussi bien que
religieux, s'aident entre eux et travaillent toujours ensemble à
l'oeuvre de la vérité(45). Chaque membre de ce presbyterium noue avec les
autres des liens particuliers de charité apostolique, de ministère et de
fraternité: c'est ce que la liturgie exprime depuis l'antiquité quand elle les
rassemble, unanimes, dans la concélébration de l'Eucharistie. Chaque prêtre est
donc uni à ses confrères par un lien de charité, de prière et de coopération
sous diverses formes ; ainsi se manifeste l'unité parfaite que le Christ
a voulu établir entre les siens, afin que le monde croie que le Fils a
été envoyé par le Père(46).
Cela doit amener les plus âgés à accueillir les plus jeunes vraiment comme des
frères, à les aider dans les premiers efforts et les premières responsabilités
du ministère, à essayer de comprendre leur mentalité même si elle est
différente, à suivre leurs efforts avec bienveillance. De même, les jeunes
sauront respecter l'âge et l'expérience des anciens, dialoguer avec eux sur les
problèmes pastoraux et partager avec joie leur travail.
Dans cet esprit fraternel, les prêtres ne doivent pas oublier l'hospitalité(47)
; soucieux de la bienfaisance et du partage de leurs biens(47), qu'ils
s'occupent en particulier de ceux qui sont malades, découragés, surmenés, isolés
ou persécutés(49). Qu'ils aiment aussi à se retrouver dans la joie pour
se détendre, se souvenant de l'invitation que le Seigneur lui-même adressait aux
apôtres épuisés: "Venez à l'écart dans un lieu désert et reposez-vous un peu"(Marc
6,31). Mais les prêtres ont encore besoin de s'entraider pour le développement
de leur vie spirituelle et intellectuelle, d'améliorer leur coopération dans le
ministère, d'éviter les dangers que peut entraîner l'isolement: autant de motifs
qui poussent à encourager une certaine vie commune ou un certain partage de vie
entre les prêtres ; les réalisations peuvent prendre bien des formes suivant les
besoins personnels ou pastoraux: cohabitation là où c'est possible, communauté
de table, ou tout au moins réunions fréquentes et régulières. Les associations
sacerdotales sont, elles aussi, dignes d'estime et de vifs encouragements: grâce
à leurs statuts contrôlés par l'autorité ecclésiastique compétente, elles
proposent une règle de vie adaptée et dûment approuvée, et un soutien fraternel
qui aident les prêtres à se sanctifier dans l'exercice du ministère ; de ce
fait, elles se mettent au service de l'Ordre des prêtres tout entier.
Enfin, cette communion dans le sacerdoce doit amener les prêtres à se sentir
spécialement responsables de ceux d'entre eux qui ont des difficultés ; ils
sauront, au bon moment, leur apporter leur soutien et, s'il y a lieu, leur faire
des remarques discrètes. Avec ceux qui ont eu des difficultés, ils feront
toujours preuve d'amour fraternel et de générosité: ils prieront Dieu pour eux
avec insistance et veilleront sans cesse à être vraiment à leur égard des frères
et des amis.
(Vie des prêtres avec les laïcs)
9 Le sacrement de l'Ordre confère aux prêtres de la Nouvelle Alliance
une fonction éminente et indispensable dans et pour le peuple de Dieu, celle de
pères et de docteurs. Cependant, avec tous les chrétiens, ils sont des disciples
du Seigneur, que la grâce de l'appel de Dieu a fait participer à son
royaume(50). Au milieu de tous les baptisés, les prêtres sont des frères parmi
leurs frères(51), membres de l'unique Corps du Christ dont la
construction a été confiée à tous(52).
A la tête de la communauté, les prêtres doivent donc faire en sorte de ne pas
rechercher leurs propres intérêts, mais ceux de Jésus-Christ(52), en
unissant leurs efforts à ceux des laïcs chrétiens, et en se conduisant avec eux
à la manière du Maître: parmi les hommes, celui-ci "n'est pas venu pour être
servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude"(Mat.20,
28). Les prêtres ont à reconnaître sincèrement et à faire progresser la dignité
des laïcs et leur rôle propre dans la mission de l'Eglise. Ils doivent respecter
loyalement la juste liberté à laquelle tous ont droit dans la cité terrestre.
Ils doivent écouter volontiers les laïcs, tenir compte fraternellement de leurs
désirs, reconnaître leurs expériences et leur compétence dans les différents
domaines de l'activité humaine, pour pouvoir avec eux lire les signes des temps.
Eprouvant les esprits pour savoir s'ils sont de Dieu(54) ils découvriront
et discerneront dans la foi les charismes des laïcs sous toutes leurs formes,
des plus modestes aux plus élevées, ils les reconnaîtront avec joie et les
développeront avec ardeur. Parmi ces dons qu'on trouve en abondance chez les
chrétiens, l'attrait d'un bon nombre pour une vie spirituelle plus profonde
mérite une attention spéciale. Il faut également avoir assez de confiance dans
les laïcs pour leur remettre des charges au service de l'Eglise, leur laissant
la liberté et la marge d'action, bien plus, en les invitant, quand l'occasion se
présente, à prendre d'eux-mêmes des initiatives(55).
Bref, les prêtres sont placés au milieu des laïcs pour les conduire tous à
l'unité dans l'amour "s'aimant les uns les autres d'un amour fraternel,
rivalisant d'égards entre eux" (Rom.12, 10).Ils ont donc à rapprocher les
mentalités différentes, de telle manière que personne ne se sente étranger dans
la communauté des chrétiens. Il sont défenseurs du bien commun, dont ils ont la
charge au nom de l'évêque, et en même temps témoins courageux de la vérité, pour
que les chrétiens ne soient pas emportés à tout vent de doctrine(56).Ils
sont spécialement responsables de ceux qui ont abandonné la pratique des
sacrements, voire même la foi, et ils m'omettront pas d'aller vers eux comme de
bons pasteurs.
Attentifs aux prescriptions sur l'oecuménisme(57), ils n'oublieront pas les
frères qui ne partagent pas avec nous la pleine communion de l'Eglise.
Enfin, ils sauront qu'ils sont chargés de tous ceux qui ne reconnaissent pas le
Christ comme leur Sauveur.
Mais, de leur côté, les chrétiens doivent être conscients de leurs devoirs
envers les prêtres, entourer d'un amour filial ceux qui sont leurs pasteurs et
leurs pères, partager leurs soucis, les aider autant que possible par leur
prière et leur action: ainsi les prêtres seront mieux en mesure de surmonter les
difficultés et d'accomplir leur tâche avec fruit(58).
III. REPARTITION DES PRETRES ET VOCATIONS SACERDOTALES
(Répartition des prêtres)
10 Le don spirituel que les prêtres ont reçu à l'ordination les préparer, non
pas à une mission limitée et restreinte, mais à une mission de salut d'ampleur
universelle, "jusqu'aux extrémités de la terre" (Act.0 1,8) ; n'importe
quel ministère sacerdotal participe, en effet, aux dimensions universelles de la
mission confiée par le Christ aux apôtres. Le sacerdoce du Christ, auquel les
prêtres participent réellement, ne peut manquer d'être tourné vers tous les
peuples et tous les temps, sans aucune limitation de race, de nation ou
d'époque, comme le préfigure déjà mystérieusement le personnage de
Melchisédech(59). Les prêtres se souviendront donc qu'ils doivent avoir au coeur
le souci de toutes les Eglises. Ainsi les prêtres des diocèses plus
riches en vocations se tiendront prêts à partir volontiers, avec la permission
de leur Ordinaire ou a son appel, pour exercer leur ministère dans des pays, des
missions ou des activités qui souffrent du manque de prêtres.
Les règles d'incardination et d'excardination devront d'ailleurs être révisées:
tout en maintenant cette institution très ancienne, on l'adaptera aux besoins
pastoraux actuels. Là où les conditions de l'apostolat le réclameront, on
facilitera non seulement une répartition adaptée des prêtres, mais encore des
activités pastorales particulières pour les différents milieux sociaux à
l'échelle d'une région, d'une nation ou d'un continent. Il pourra être utile de
créer à cette fin des séminaires internationaux, diocèses particuliers,
prélatures personnelles et autres institutions auxquelles les prêtres pourront
être affectés ou incardinés pour le bien commun de toute l'Eglise, suivant des
modalités à établir pour chaque cas, et toujours dans le respect des droits des
ordinaires locaux.
L'envoi des prêtres vers un autre pays, surtout s'ils n'en connaissent pas
encore bien la langue et le mode de vie, se fera, autant que possible, non pas
individuellement, mais, à l'exemple des disciples du Christ (60), par groupes
d'au moins deux ou trois, pour qu'ils puissent s'aider mutuellement. Il est
également important de se préoccuper de leur vie spirituelle et aussi de leur
santé physique et psychique. On prévoira, autant que possible, les implantations
et les conditions de travail en fonction des possibilités personnelles de
chacun. Il est aussi très important que ceux qui partent vers une autre nation
apprennent à bien connaître, non seulement la langue du pays, mais encore les
caractères psycho-sociologiques de la population ; s'ils veulent se mettre
humblement à son service, ils doivent être en communion aussi profonde que
possible avec elle, suivant ainsi l'exemple de l'apôtre Paul, qui pouvait dire
de lui-même : "Oui, libre à l'égard de tous, je me suis fait l'esclave de
tous afin d'en gagner le plus grand nombre. Je me suis fait Juif avec les Juifs,
afin de gagner les Juifs ..." (1 Cor. 9, 19-20).
(Le souci des prêtres pour les vocations sacerdotales)
11 Le pasteur et le gardien de nos âmes (61), en fondant son Eglise, a
pensé que le peuple choisi et acquis au prix de son propre Sang (62)
devait toujours avoir ses prêtres jusqu'à la fin du monde, pour que les
chrétiens ne soient jamais comme des brebis qui n'ont pas de berger(63).
Les apôtres ont compris cette volonté du Christ: écoutant ce que leur disait le
Saint-Esprit, ils ont jugé qu'il était de leur devoir de choisir des ministres
"qui seront capables d'en instruire d'autres à leur tour"(2 Tim 2, 2).
Ce devoir découle de la mission sacerdotale elle-même, par laquelle le prêtre
participe au souci qu'a toute l'Eglise d'éviter toujours ici-bas le manque
d'ouvriers dans le peuple de Dieu. Mais, comme "le capitaine du navire et les
passagers ... ont leur cause liée"(64), il faut faire comprendre à l'ensemble du
peuple chrétien son devoir de coopérer de diverses manières - par la prière
instante comme par les autres moyens dont il dispose(65) - à ce que l'Eglise ait
toujours les prêtres dont elle a besoin pour accompagner sa mission
divine. Il s'agit d'abord, pour les prêtres, d'avoir à coeur de faire comprendre
aux chrétiens combien le sacerdoce est important et nécessaire ; ils y
arriveront à la fois par leur prédication et par leur propre vie, qui doit être
_un témoignage rayonnant d'esprit de service et de vraie joie pascale. Et si,
après mûre réflexion, ils jugent, certains jeunes ou déjà adultes, capables de
remplir ce grand ministère, ils les aideront, sans craindre les efforts ni les
difficultés, à se préparer comme il convient jusqu'au jour où, dans le respect
total de leur liberté extérieure et intérieure, ils pourront être appelés par
les évêques. Une direction spirituelle attentive et réfléchie leur sera très
utile pour atteindre ce but. Les parents, les maîtres et les différents
éducateurs doivent faire en sorte que les enfants et les jeunes soient
conscients de la sollicitude du Seigneur pour son troupeau, avertis des besoins
de l'Eglise et prêts, si le Seigneur les appelle, à répondre généreusement avec
le prophète: "Me voici, envoie-moi" (Isaïe 6,8). Mais cette voix du
Seigneur qui appelle, il ne faut pas s'attendre à ce qu'elle arrive aux oreilles
du futur prêtre d'une manière extraordinaire. Il s'agit bien plutôt de la
découvrir, de la discerner à travers les signes qui, chaque jour, font connaître
la volonté de Dieu aux chrétiens qui savent écouter: c'est à ces signes que les
prêtres doivent donner toute leur attention(66).
Il est donc conseillé aux prêtres de participer aux oeuvres diocésaines ou
nationales des vocations(67). Les prédications, la catéchèse, les revues doivent
apporter une information précise sur les besoins de l'Eglise locale et
universelle, mettre en lumière le sens et la grandeur du ministère sacerdotal,
montrer qu'on y trouve, avec bien des charges, également bien des joies, et
surtout dire que c'est le moyen de donner au Christ comme l'enseignent les
Pères, un très grand témoignage d'amour(68).
CHAPITRE III
LA VIE DES PRETRES
I. VOCATION DES PRETRES A LA PERFECTION
(la vocation des prêtres a la sainteté)
12 Les prêtres sont ministres du Christ Tête pour construire et édifier son
Corps tout entier, l'Eglise, comme coopérateurs de l'Ordre épiscopal: c'est à ce
titre que le sacrement de l'Ordre les configure au Christ Prêtre. Certes, par la
consécration baptismale, ils ont déjà reçu, comme tous les chrétiens, le signe
et le don d'une vocation et d'une grâce qui comportent pour eux la possibilité
et l'exigence de tendre, malgré la faiblesse humaine(1) à la perfection dont
parle le Seigneur: "Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste
est parfait" (Mat. 5,48). Mais cette perfection, les prêtres sont tenus de
l'acquérir à un titre particulier: en recevant l'Ordre, ils ont été consacrés à
Dieu d'une manière nouvelle pour être les instruments vivants du Christ Prêtre
éternel, habilités à poursuivre au long du temps l'action admirable par
laquelle, dans sa puissance souveraine, il a restauré la communauté chrétienne
tout entière (2). Dès lors qu'il tient à sa manière la place du Christ en
personne, tout prêtre est, de ce fait, doté d'une grâce particulière ; cette
grâce le rend plus capable de tendre, par le service des hommes qui lui sont
confiés et du peuple de Dieu tout entier, vers la perfection de celui qu'il
représente ; c'est encore au moyen de cette grâce que sa faiblesse d'homme
charnel se trouve guérie par la sainteté de celui qui est devenu pour nous le
Grand Prêtre "saint, innocent, immaculé, séparé des pécheurs" (Héb. 7,
26).
Le Christ que le Père a sanctifié (c'est-à-dire consacré) et envoyé
dans le monde (3) "s'est donné pour nous, afin de racheter et de purifier
de tout péché un peuple qui lui appartienne, un peuple ardent à faire le bien"
(Tite 2,14), et ainsi, en passant par la souffrance, il est entré dans
sa gloire(4).
De même, les prêtres, consacrés par l'onction du Saint-Esprit et envoyés par le
Christ, font mourir en eux les oeuvres du corps et se donnent tout
entiers au service des hommes: telle est la sainteté dont le Christ leur fait
don, et par laquelle ils approchent de l'Homme parfait (5).
Ainsi donc, c'est en exerçant le ministère d'Esprit et de justice (8)
qu'ils s'enracinent dans la vie spirituelle, pourvu qu'ils soient accueillants à
l'Esprit du Christ qui leur donne la vie et les conduit. Ce qui ordonne leur vie
à la perfection , ce sont leurs actes liturgiques de chaque jour, c'est leur
ministère tout entier, exercé en communion avec l'évêque et les prêtres.
Par ailleurs, la sainteté des prêtres est d'un apport essentiel pour rendre
fructueux le ministère qu'ils accomplissent ; la grâce de Dieu, certes, peut
accomplir l'oeuvre du salut même par des ministres indignes, mais à l'ordinaire,
Dieu préfère manifester ses hauts faits par des hommes accueillants à
l'impulsion et à la conduite du Saint-Esprit, par des hommes que leur intime
union avec le Christ et la sainteté de leur vie habilitent à dire avec l'apôtre:
"Si je vis, ce n'est plus moi, mais le Christ qui vit en moi" (Gal. 2,
20).
C'est pourquoi ce saint Concile, pour atteindre son but pastoral de
renouvellement intérieur de l'Eglise, de diffusion de l'Evangile dans le monde
entier et de dialogue avec le monde d'aujourd'hui, rappelle instamment à tous
les prêtres qu'avec l'aide des moyens adaptés que l'Eglise leur
propose(7), ils doivent s'efforcer de vivre de plus en plus une sainteté qui
fera d'eux des instruments toujours plus adaptés au service du peuple de Dieu
tout entier.
(L'exercice de la triple fonction sacerdotale exige et en même temps favorise la
sainteté)
13 C'est l'exercice loyal, inlassable, de leurs fonctions dans l'Esprit du
Christ qui est, pour les prêtres, le moyen authentique d'arriver à la sainteté.
Ministres de la Parole de Dieu, ils la lisent et l'écoutent tous les jours pour
l'enseigner aux autres ; s'ils ont en même temps le souci de l'accueillir en
eux-mêmes, ils deviendront des disciples du Seigneur de plus en plus parfaits,
selon la parole de l'apôtre Paul à Timothée: "Applique-toi, donne-toi tout
entier, pour que tous puissent voir tes progrès. Veille sur toi-même et sur ton
enseignement, que ta persévérance s'y révèle ; car c'est en agissant ainsi que
tu te sauveras toi-même avec ceux qui t'écoutent" (1 Tim. 4, 15-16). En
cherchant le meilleur moyen de transmettre aux autres ce qu'ils ont
contemplé(8), ils goûteront plus profondément "l'incomparable richesse du
Christ" (Eph. 3, 8) et la sagesse de Dieu en sa riche diversité (9).
Convaincus que c'est le Seigneur qui ouvre les coeurs(10) et que leur
supériorité vient de la puissance de Dieu et non pas d'eux(11), ils
arriveront dans le fait même de transmettre la Parole à s'unir plus intimement
avec le Christ Docteur et à se laisser conduire par son Esprit. Communiant ainsi
au Christ, ils participent à la charité de Dieu, dont le Mystère, caché
depuis les siècles(12), a été révélé dans le Christ.
Ministres de la liturgie, surtout dans le sacrifice de la messe, les prêtres y
représentent de manière spéciale le Christ en personne, qui s'est offert comme
victime pour sanctifier les hommes ; ils sont dès lors invités à imiter ce
qu'ils accomplissent: célébrant le mystère de la mort du Seigneur, ils doivent
prendre soin de mortifier leurs membres, se gardant des vices et de tout mauvais
penchant(13). Dans le mystère du sacrifice eucharistique, où les prêtres
exercent leur fonction principale, c'est l'oeuvre de notre Rédemption qui
s'accomplit sans cesse(14). C'est pourquoi il leur est vivement recommandé de
célébrer la messe tous les jours ; même si les chrétiens ne peuvent y être
présents, c'est un acte du Christ et de l'Eglise(15). En s'unissant à l'acte du
Christ Prêtre, chaque jour, les prêtres s'offrent à Dieu tout entiers ; en se
nourrissant du Corps du Christ, ils participent du fond d'eux-mêmes à la charité
de celui qui se donne aux chrétiens en nourriture.De même, dans l'administration
des sacrements, les prêtres s'unissent à l'intention et à la charité du Christ.
Ils le font tout spécialement en se montrant toujours disponibles pour
administrer le sacrement de pénitence chaque fois que les chrétiens le demandent
de manière raisonnable. Par l'office divin, ils prêtent leurs voix à l'Eglise
qui, sans interruption, prie au nom de toute l'humanité, en union avec le Christ
"toujours vivant pour intercéder en notre faveur" (Héb. 7, 25).
Guides et pasteurs du peuple de Dieu, ils sont poussés par la charité du Bon
Pasteur à donner leur vie pour leurs brebis (16), prêts à aller jusqu'au
sacrifice suprême à l'exemple des prêtres qui, même de notre temps, n'ont
pas hésité à donner leur vie. Educateurs des chrétiens dans la foi, ayant
eux-mêmes "l'assurance voulue pour l'accès au sanctuaire par le sang du
Christ" (Héb. 10, 19), ils s'approchent de Dieu "avec un coeur sincère
dans la plénitude de la foi" (Héb. 10, 22) ; ils ont une ferme espérance
pour leurs chrétiens (17), afin que, réconfortés par Dieu, ils puissent
eux-mêmes réconforter ceux qui subissent toutes sortes d'épreuves(18).Chefs de
la communauté, ils pratiquent l'ascèse propre au pasteur d'âmes: renoncer à
leurs avantages personnels, ne pas chercher leur propre intérêt, mais celui du
plus grand nombre, afin qu'ils soient sauvés (19), progresser sans cesse
dans un accomplissement plus parfait de la tâche pastorale, être prêts, s'il le
faut, à s'engager dans des voies pastorales nouvelles sous la conduite de
l'Esprit d'amour qui souffle où il veut (20).
(Unité et harmonie de la vie des prêtres)
14 Dans le monde d'aujourd'hui, on doit faire face à tant de tâches, on est
pressé par tant de problèmes divers - et réclamant souvent une solution urgente
- qu'on risque plus d'une fois d'aboutir à la dispersion. Les prêtres, eux, sont
engagés dans les multiples obligations de leur fonction, ils sont tiraillés, et
ils peuvent se demander, non sans angoisse, comment faire l'unité entre leur vie
intérieure et les exigences de l'action extérieure. Cette unité de vie ne peut
être réalisée ni par une organisation purement extérieure des activités du
ministère, ni par la seule pratique des exercices de piété qui, certes, y
contribue grandement. Ce qui doit permettre aux prêtres de la construire, c'est
de suivre, dans l'exercice du ministère, l'exemple du Christ Seigneur, dont
la nourriture était de faire la volonté de celui qui l'a envoyé et
d'accomplir son oeuvre (21).
Car, en vérité, le Christ, pour continuer toujours à faire dans le monde, par
l'Eglise, la volonté du Père, se sert de ses ministres. C'est donc lui qui
demeure toujours la source et le principe de l'unité de leur vie. Les prêtres
réaliseront cette unité de vie en s'unissant au Christ dans la découverte de la
volonté du Père, et dans le don d'eux-mêmes pour le troupeau qui leur est confié
(22). Menant ainsi la vie même du Bon Pasteur, ils trouveront dans l'exercice de
la charité pastorale le lien de la perfection sacerdotale qui ramènera à
l'unité leur vie et leur action. Or, cette charité pastorale(23) découle avant
tout du sacrifice eucharistique ; celui-ci est donc le centre et la racine de
toute la vie du prêtre, dont l'esprit sacerdotal s'efforce d'intérioriser ce qui
se fait sur l'autel du sacrifice. Cela n'est possible que si les prêtres,
par la prière, pénètrent de plus en plus profondément dans le mystère du Christ.
Mais la vérification concrète de cette unité de vie ne peut se faire que par une
réflexion sur toutes leurs activités, afin de discerner quelle est la volonté
de Dieu(24), c'est-à-dire afin de savoir dans quelle mesure ces activités
sont conformes aux lois de la mission évangélique de l'Eglise. Car la fidélité
au Christ est inséparable de la fidélité à l'Eglise. La charité pastorale exige
donc des prêtres, s'ils ne veulent pas courir pour rien(25), un travail
vécu en communion permanente avec les évêques et leurs autres frères dans le
sacerdoce. Tel sera, pour les prêtres, le moyen de trouver dans l'unité même de
la mission de l'Esprit l'unité de leur propre vie. Ainsi, ils s'uniront à leur
Seigneur, et par lui, au Père, dans l'Esprit-Saint; ainsi ils pourront être
tout remplis de consolation et surabonder de joie(24).
II. EXIGENCES SPIRITUELLES PARTICULIERES
DANS LA VIE DES PRETRES.
(Humilité et obéissance)
15 Parmi les qualités les plus indispensables pour le ministère des prêtres, il
faut mentionner la disponibilité intérieure qui leur fait rechercher non pas
leur propre volonté, mais la volonté de celui qui les a envoyés
(27). Car l'oeuvre divine à laquelle les prêtres sont appelés par
l'Esprit-Saint (28) dépasse toutes les forces, toute la sagesse de l'homme:
"Ce qu'il y a de faible dans le monde, Dieu l'a choisi pour la confusion de
ce qui est fort"(1Co 1,27). Le véritable ministre du Christ est donc un
homme conscient de sa faiblesse, travaillant dans l'humilité, discernant ce
qui plaît au Seigneur(29); enchaîné pour ainsi dire par l'Esprit(30),
il se laisse conduire en tout par la volonté de celui qui veut que tous les
hommes soient sauvés. Cette volonté, il sait la découvrir et s'y attacher au
long de la vie quotidienne, parce qu'il est humblement au service de tous ceux
qui lui sont confiés par Dieu dans le cadre de la fonction reçue et des
multiples événements de l'existence.
Mais, le ministère sacerdotal étant le ministère de l'Eglise, on ne peut s'en
acquitter que dans la communion hiérarchique du Corps tout entier. C'est donc la
charité pastorale qui pousse les prêtres, au nom de cette communion, à consacrer
leur volonté propre par l'obéissance au service de Dieu et de leurs frères, à
accueillir et à exécuter en esprit de foi les ordres et les conseils du Pape, de
leur évêque et de leurs autres supérieurs, à dépenser volontiers et à se
dépenser eux-mêmes dans toutes les fonctions qui leur sont confiées, si
humbles et si pauvres soient-elles. Par ce moyen, ils maintiennent et renforcent
l'indispensable unité avec leurs frères dans le ministère, et surtout avec ceux
que le Seigneur a établis comme chefs visibles de son Eglise ; par ce moyen, ils
travaillent à la construction du Corps du Christ, qui grandit à "toutes
sortes de jointures" (32). Cette obéissance conduit à une manière plus mûre
de vivre la liberté des enfants de Dieu ; quand l'accomplissement de leur tâche
et l'élan de la charité amènent des prêtres à une recherche réfléchie de voies
nouvelles en vue du bien de l'Eglise, c'est l'obéissance qui exige, par sa
nature même, qu'ils exposent leurs projets avec confiance et qu'ils insistent
sur les besoins du troupeau qui leur est confié, tout en restant prêts à se
soumettre toujours au jugement de ceux qui sont, dans l'Eglise de Dieu, les
premiers responsables.
Cette humilité, cette obéissance responsable et volontaire modèlent les prêtres
à l'image du Christ ; ils ont en eux les sentiments qui furent dans le Christ
Jésus: "Il s'est dépouillé lui-même en prenant la condition de serviteur ... en
se faisant obéissant jusqu'à la mort"(Phil.2, 7-9), et par cette obéissance
il a vaincu et racheté la désobéissance d'Adam, comme en témoigne l'Apôtre:
"Comme, par la désobéissance d'un seul, la multitude a été constituée
pécheresse, ainsi, par l'obéissance d'un seul, la multitude sera-t-elle
constituée juste" (Rom. 5, 19).
(Choisir le célibat et le considérer comme un don)
16 La pratique de la continence parfaite et perpétuelle pour le royaume des
cieux a été recommandée par le Christ Seigneur (33) ; tout au long des
siècles, et de nos jours encore, bien des chrétiens l'ont acceptée joyeusement
et pratiquée sans reproche. Pour la vie sacerdotale particulièrement, l'Eglise
l'a tenue en haute estime. Elle est à la fois signe et stimulant de la charité
pastorale, elle est une source particulière de fécondité spirituelle dans le
monde (34). Certes, elle n'est pas exigée par la nature du sacerdoce, comme le
montrent la pratique de l'Eglise primitive (35) et la tradition des Eglises
orientales. Celles-ci ont des prêtres qui choisissent, par don de la grâce, de
garder le célibat - ce que font les évêques -, mais on y trouve aussi des
prêtres mariés dont le mérite est grand ; tout en recommandant le célibat
ecclésiastique, ce saint Concile n'entend aucunement modifier la discipline
différente qui est légitimement en vigueur dans les Eglises orientales ; avec
toute son affection, il exhorte les hommes mariés qui ont été ordonnés prêtres à
persévérer dans leur sainte vocation et dans le don total et généreux de leur
vie au troupeau qui leur est confié (36).
Mais le célibat a de multiples convenances avec le sacerdoce. La mission du
prêtre, c'est de se consacrer tout entier au service de l'humanité nouvelle
que le Christ, vainqueur de la mort, fait naître par son Esprit dans le monde,
et qui tire son origine, non pas "du sang, ni d'un pouvoir charnel, ni d'un
vouloir d'homme, mais de Dieu" (Jean 1,13). En gardant la virginité ou le
célibat pour le royaume des cieux (37), les prêtres se consacrent au
Christ d'une manière nouvelle et privilégiée, il leur est plus facile de
s'attacher à lui sans que leur coeur soit partagé(38), ils sont plus
libres pour se consacrer, en lui et par lui, au service de Dieu et des hommes,
plus disponibles pour servir son royaume et l'oeuvre de la régénération
surnaturelle, plus capables d'accueillir largement la paternité dans le Christ.
Ils témoignent ainsi devant les hommes qu'ils veulent se consacrer sans partage
à la tâche qui leur est confiée: fiancer les chrétiens à l'époux
unique comme une vierge pure à présenter au Christ(39) ; ils évoquent les
noces mystérieuses voulues par Dieu, qui se manifesteront pleinement aux temps à
venir: celles de l'Eglise avec l'unique époux qui est le Christ(40). Enfin, ils
deviennent le signe vivant du monde à venir, déjà présent par la foi et la
charité, où les enfants de la résurrection ne prennent ni femme ni mari
(41).
C'est donc pour des motifs fondés sur le mystère du Christ et sa mission, que le
célibat, d'abords recommandé aux prêtres, a été ensuite imposé par une
loi dans l'Eglise latine à tous ceux qui se présentent aux Ordres sacrés. Cette
législation, ce saint Concile l'approuve et la confirme à nouveau en ce qui
concerne les candidats au presbytérat. Confiant en l'Esprit, il est convaincu
que le Père accorde généreusement le don du célibat, si adapté au sacerdoce du
Nouveau Testament, pourvu qu'il soit humblement et instamment demandé par ceux
que le sacrement de l'Ordre fait participer au sacerdoce du Christ, bien plus,
par l'Eglise tout entière. Le saint Concile s'adresse encore aux prêtres qui ont
fait confiance à la grâce de Dieu, et qui ont librement et volontairement
accueilli le célibat, selon l'exemple du Christ: qu'ils s'y attachent
généreusement et cordialement, qu'ils persévèrent fidèlement dans leur état,
qu'ils reconnaissent la grandeur du don que le Père leur a fait et que le
Seigneur exalte si ouvertement(42), qu'ils contemplent les grands mystères
signifiés et réalisés par leur célibat. Certes, il y a, dans le monde actuel,
bien des hommes qui déclarent impossible la continence parfaite: c'est une
raison de plus pour que les prêtres demandent avec humilité et persévérance, en
union avec l'Eglise, la grâce de la fidélité, qui n'est jamais refusée à ceux
qui la demandent. Qu'ils emploient aussi les moyens naturels et surnaturels qui
sont à la disposition de tous. Les règles éprouvées par l'expérience de
l'Eglise, surtout celles de l'ascèse, ne sont pas moins nécessaires dans le
monde d'aujourd'hui: que les prêtres sachent les observer. Ce saint Concile
invite donc, non seulement les prêtres, mais tous les chrétiens, à tenir
ce don précieux du célibat sacerdotal et à demander à Dieu de l'accorder
toujours avec abondance à son Eglise.
(Attitude à l'égard du monde et des biens terrestres - Pauvreté volontaire)
17 La vie amicale et fraternelle des prêtres entre eux et avec les autres
hommes leur permet d'apprendre à honorer les valeurs humaines et à considérer
les choses créées comme des dons de Dieu. Vivant dans le monde, ils doivent
pourtant savoir que, selon la parole de notre Seigneur et Maître, ils ne sont
pas du monde (43). Usant donc de ce monde comme s'ils n'en usaient pas
vraiment (44), ils arriveront à la liberté qui les délivrera de tous
les soucis désordonnés et les rendra accueillants pour écouter Dieu qui leur
parle à travers la vie quotidienne.Cette liberté et cet accueil font grandir le
discernement spirituel qui, fait trouver l'attitude juste à l'égard du monde et
des réalités terrestres. Attitude essentielle pour les prêtres, car la mission
de l'Eglise s'accomplit au coeur du monde, et les choses créées sont absolument
nécessaires au progrès personnel de l'homme. Les prêtres doivent donc être
reconnaissants envers le Père céleste de tout ce qu'il leur donne pour leur
permettre de bien mener leur existence. Mais il faut aussi que la lumière de la
foi les aide à exercer leur discernement sur ce qui se trouve sur leur chemin ;
ils doivent ainsi en venir à utiliser leurs biens d'une manière juste qui
correspond à la volonté de Dieu, et à rejeter tout ce qui fait obstacle à leur
mission.
Car les prêtres ont le Seigneur pour "part" et pour "héritage"(Nomb. 18,20), si
bien qu'ils ne doivent se servir des choses terrestres que pour les usages
permis par la doctrine du Christ Seigneur et les préceptes de l'Eglise.
Quant aux biens ecclésiastiques proprement dits, les prêtres les administreront
conformément à leur nature et selon les lois ecclésiastiques, autant que
possible avec l'aide de laïcs compétents. Ces biens seront toujours employés
pour les fins qui justifient l'existence de biens temporels d'Eglise,
c'est-à-dire pour organiser le culte divin, assurer au clergé un niveau de vie
suffisant et soutenir les oeuvres d'apostolat et de charité, spécialement en
faveur des indigents(45). Quant aux ressources qu'ils acquièrent à l'occasion de
l'exercice d'une fonction ecclésiastique, sous réserve des législations
particulières(46), les prêtres, aussi bien que les évêques, les emploieront
d'abord pour s'assurer un niveau de vie suffisant et pour accomplir les devoirs
de leur états ; et ce qui restera, ils auront à coeur de l'employer au service
de l'Eglise ou pour des oeuvres de charité. Bref, une fonction d'Eglise ne doit
pas devenir une activité lucrative ; les revenus qui en proviennent ne sauraient
être utilisés pour augmenter le patrimoine personnel du prêtre x(47). C'est
pourquoi les prêtres, loin d'attacher leur coeur à la richesse, éviteront
toute espèce de cupidité et rejetteront soigneusement tout ce qui aurait une
apparence commerciale.
Ils sont même invités à embrasser la pauvreté volontaire qui rendra plus
évidente leur ressemblance avec le Christ et les fera plus disponibles au saint
ministère. Le Christ est devenu pauvre pour nous, lui qui était riche, afin
de nous enrichir par sa pauvreté(49). Les apôtres, à leur tout, ont montré
par leur exemple qu'il faut donner gratuitement ce que Dieu accorde gratuitement
(50), et ils ont su s'habituer à l'abondance comme au dénuement(51). Une
certaine mise en commun matérielle, à l'image de la communauté de biens que
vante l'histoire de la primitive Eglise(52), est une excellente voie d'accès à
la charité pastorale ; c'est une manière de vivre louable qui permet aux prêtres
de remettre en pratique l'esprit de pauvreté conseillé par le Christ.
Que les prêtres et les évêques se laissent donc conduire par l'Esprit qui a
consacré le Sauveur par l'onction et l'a envoyé porter la Bonne Nouvelle
aux pauvres (53); qu'ils évitent tout ce qui pourrait, d'une manière ou
d'une autre, écarter les pauvres ; qu'ils rejettent, plus encore que les autres
disciples du Christ, toute apparence de vanité dans ce qui leur appartient.
Qu'ils installent leur maison de manière qu'elle ne paraisse inaccessible à
personne et que jamais personne, même les plus humbles, n'ait honte d'y venir.
III. MOYENS AU SERVICE DE LA VIE DES PRETRES.
(Moyens pour le développement de la vie spirituelle)
18 Pour mieux vivre leur union au Christ toutes les circonstances de la vie,
les prêtres disposent, outre l'exercice conscient de leur ministère, d'un
certain nombre de moyens, généraux ou particuliers, anciens ou nouveaux: le
Saint-Esprit n'a jamais manqué d'en susciter dans le peuple de Dieu, et
l'Eglise, soucieuse de la sanctification de ses membres, en recommande, et
parfois même en impose l'usage(54). A la première place parmi ces moyens de
développer la vie spirituelle, se situent les actes par lesquels les chrétiens
se nourrissent du Verbe de Dieu aux deux tables de la Bible et de
l'Eucharistie(55); personne n'ignore l'importance de leur fréquentation assidue
pour la sanctification des prêtres.
Les ministres de la grâce sacramentelle s'unissent intimement au Christ Sauveur
et Pasteur lorsqu'ils reçoivent avec fruit les sacrements, spécialement par la
confession sacramentelle fréquente: préparée par l'examen de conscience
quotidien, celle-ci est un soutien très précieux pour l'indispensable conversion
du coeur à l'amour du Père des miséricordes. A la lumière de leur foi nourrie
par la lecture de la Bible, ils peuvent rechercher avec attention les signes de
Dieu et les appels de sa grâce à travers la diversité des événements de
l'existence ; ils deviennent ainsi de plus en plus dociles à la mission qu'ils
ont assumée dans le Saint-Esprit. De cette docilité les prêtres retrouvent sans
cesse le merveilleux modèle dans la Sainte Vierge Marie: conduite par le
Saint-Esprit, elle s'est donnée tout entière au mystère du rachat de l'humanité
(56) ; mère du Grand Prêtre éternel, reine des apôtres, soutien de leur
ministère, elle a droit à la dévotion filiale des prêtres, à leur vénération et
à leur amour.
Pour pouvoir accomplir avec fidélité leur ministère, ils doivent avoir à coeur
de converser chaque jour avec le Christ Seigneur dans la visite et le culte
personnel de la sainte Eucharistie ; ils doivent aimer les temps de retraite et
tenir à la direction spirituelle. Bien des moyens, en particulier les méthodes
approuvées d'oraison et les diverses formes de prière qu'ils choisissent
librement, permettent aux prêtres de rechercher et d'implorer de Dieu le
véritable esprit d'adoration, grâce auquel, avec le peuple qui leur est confié,
ils s'uniront intimement au Christ médiateur de la Nouvelle Alliance ; comme des
fils adoptifs ils pourront alors crier: "Abba! c'est-à-dire Père"
(Rom. 8, 15).
(Etude et science pastorale)
19 Au cours de leur ordination, l'évêque invite les prêtres à "faire preuve de
maturité par leur science", à ce que leur "enseignement soit un remède spirituel
pour le peuple de Dieu(57)". Cette science du ministère sacré doit elle-même
être sacrée ; découlant d'une source sacrée, elle vise un but qui est lui-même
sacré. Puisée avant tout dans la lecture et la méditation de la Bible(58), elle
trouve encore une nourriture fructueuse dans l'étude des Pères, docteurs de
l'Eglise et autres témoins de la tradition. En outre, pour répondre de manière
juste aux questions posées par les hommes d'aujourd'hui, il importe que les
prêtres aient ne connaissance sérieuse des documents du magistère, spécialement
ceux des conciles et des papes, et qu'ils sachent consulter les meilleurs
auteurs théologiques dont la science est reconnue.
Etant donné qu'actuellement la culture humaine et même les sciences sacrées
progressent et se renouvellent, les prêtres sont appelés à perfectionner leurs
connaissances religieuses et humaines de façon adaptée et ininterrompue ; ils se
préparent ainsi à mieux engager le dialogue avec leurs contemporains.
Pour faciliter aux prêtres le travail d'étude et le connaissance des méthodes
d'évangélisation et d'apostolat, on fera tout le nécessaire pour mettre à leur
disposition ce dont ils ont besoin: on organisera, suivant les situations
locales, des sessions ou des congrès, on fondera des centres d'études
pastorales, on créera des bibliothèques, on confiera à des hommes compétents
l'organisation du travail de réflexion. Les évêques devront aussi, chacun pour
son compte ou à plusieurs, trouver le meilleur moyen de donner à tous les
prêtres, à des moments déterminés, en particulier quelques années après leur
ordination(59), la possibilité de suivre une session, grâce à laquelle ils
pourront perfectionner leurs connaissances pastorales et théologiques, affermir
leur vie spirituelle et partager avec leurs frères leurs expériences
apostoliques(60). On utilisera également ces moyens, ou d'autres mieux adaptés,
pour venir en aide particulièrement à ceux qui sont nommés curés, à ceux qui
sont affectés à une activité pastorale nouvelle, à ceux qui partent dans un
autre diocèse ou dans un autre pays.
Enfin, les évêques veilleront à ce que certains prêtres se consacrent à une
étude plus approfondie des sciences sacrées: il s'agit, en effet, de ne pas
manquer de professeurs capables de former les clercs, d'aider les autres
prêtres et les chrétiens à acquérir les connaissances dont ils ont besoin,
d'encourager le sain développement des sciences sacrées qui est absolument
indispensable à l'Eglise.
(La juste rémunération à assurer aux prêtres)
20 Les prêtres consacrent leur vie au service de Dieu en accomplissant la
fonction qui leur est confiée ; ils méritent donc de recevoir une juste
rémunération "car l'ouvrier mérite son salaire" (Luc 10, 7)(61), et
"le Seigneur a prescrit à ceux qui annoncent l'Evangile de vivre de l'Evangile"(
Cor. 9,14). Là où rien d'autre n'existe pour assurer cette juste rémunération,
faire le nécessaire pour assurer aux prêtres un niveau de vie suffisant et digne
est, à proprement parler, une obligation pour les chrétiens, puisque c'est à
leur service que les prêtres consacrent leur activité. Les évêques, eux, ont le
devoir de rappeler aux chrétiens cette obligation ; ils doivent veiller -chacun
pour son diocèse ou, de préférence, à plusieurs ensemble dans un même territoire
- à établir des règles pour assurer comme il se doit une vie convenable à ceux
qui exercent, ou ont exercé, une fonction au service du peuple de Dieu. La
rémunération versée à chacun devra tenir compte de la nature de la fonction
exercée et des circonstances de temps et de lieu, mais elle sera
fondamentalement la même pour tous ceux qui sont dans la même situation ; elle
devra être adaptée aux conditions où ils se trouvent ; en outre, elle leur
laissera les moyens, non seulement d'assurer comme il se doit la rémunération de
ceux qui se dévouent à leur service, mais encore d'apporter eux-mêmes une aide à
ceux qui sont dans le besoin, car ce ministère à l'égard des pauvres a toujours
été en grand honneur dans l'Eglise dès ses origines. Enfin, cette rémunération
devra permettre aux prêtres de prendre chaque année, pendant une durée
suffisante, les vacances dont ils ont besoin ; les évêques doivent veiller à ce
que ce temps de vacances soit assuré aux prêtres.
C'est à la fonction remplie par les ministres sacrés qu'il faut accorder le rôle
principal. De ce fait, il faut abandonner le système dit des "bénéfices" ou, du
moins, le réformer de telle manière que l'aspect bénéficial, c'est-à-dire le
droit aux revenus de la dotation attachée à la fonction, soit traité comme
secondaire. Le droit donnera donc la priorité à la fonction ecclésiastique
elle-même, désignation qui s'appliquera désormais à toute charge conférée de
façon stable pour être exercée en vue d'une fin spirituelle.
(Constitution de caisses communes et organisation de la sécurité sociale pour
les prêtres)
21 Il faut toujours se référer à l'exemple des croyants de la primitive Eglise
à Jérusalem: "Entre eux, tout était commun" (Act. 4,32) et "on
distribuait à chacun suivant ses besoins" (Act. 4,35). C'est en ce sens
qu'il est très souhaitable d'avoir, au moins dans les pays où* le vie matérielle
du clergé dépend, entièrement ou en grande partie, des offrandes des chrétiens,
une institution diocésaine pour rassembler les dons faits à cette fin ; elle
sera administrée par l'évêque assisté de prêtres délégués et, là où cela paraît
utile, de laïcs compétents en matière financière. Il rest également désirable
qu'il y ait, en outre, autant que possible, pour chaque diocèse ou chaque pays,
une caisse commune permettant aux évêques de satisfaire à d'autres obligations
envers les personnes qui sont au service de l'Eglise et de subvenir aux
différents besoins du diocèse ; cette caisse doit aussi permettre aux diocèses
plus riches d'aider les plus pauvres, pour que le superflu des uns subvienne
à l'indigence des autres(62). Elle devra être alimentée avant tout par les
sommes provenant des offrandes des chrétiens, mais également par d'autres
ressources, que le droit devra préciser.
En outre, dans les pays où la sécurité sociale n'est pas encore correctement
organisée en faveur du clergé, les conférences épiscopales, compte tenu toujours
des lois ecclésiastiques et civiles, veilleront à ce qu'il existe, soit des
organismes diocésains - éventuellement fédérés entre eux -, soit des organismes
interdiocésains, soit une association établie pour l'ensemble du territoire, en
vue d'organiser, sous le contrôle de la hiérarchie, d'une part une prévoyance et
uns assistance médicale satisfaisante, d'autre part la prise en charge due aux
prêtres pour les cas d'infirmité, d'invalidité ou de vieillesse. Les prêtres
soutiendront l'organisme ainsi établi dans un esprit de solidarité avec leurs
frères, prenant part ainsi à leur épreuve(63). Ils s'apercevront en même
temps qu'ils se trouvent libérés du souci de l'avenir, et donc en mesure de
pratiquer la pauvreté avec plus d'ardeur évangélique et de se consacrer tout
entiers au salut des âmes. Enfin, les responsables feront en sorte que les
différents organismes nationaux aient des liens entre eux, ce qui leur donnera
une plus grande solidité et une plus large diffusion.
CONCLUSION ET EXHORTATION
22 Conscient des joies de la vie sacerdotale, ce saint Concile ne peut
cependant ignorer les difficultés dont souffrent les prêtres dans les conditions
de la vie actuelle. Il se rend compte de la transformation de la situation
économique et sociale, et même des moeurs ; il se rend compte du bouleversement
de la hiérarchie des valeurs dans le jugement des hommes. Dans ces conditions
les ministres de l'Eglise, et même parfois les chrétiens, se sentent comme
étrangers, à ce monde ; avec anxiété, ils se demandent quels moyens, quels mots
trouver pour entrer en communication avec lui. Obstacles nouveaux à la vie de
foi, stérilité apparente du labeur accompli, dure épreuve de la solitude, tout
cela peut risquer de les conduire au découragement.
Mais ce monde, tel qu'il est aujourd'hui, ce monde confié à l'amour et au
ministère des pasteurs de l'Eglise, Dieu l'a tant aimé qu'il a donné pour
lui son Fils unique.(1) En vérité, avant tout le poids de son péché, mais
aussi avec la richesse de ses possibilités, ce monde offre à l'Eglise les
pierres vivantes(2) qui s'intègrent à la construction pour être une demeure de
Dieu dans l'Esprit(3). Et c'est encore l'Esprit Saint qui pousse l'Eglise à
ouvrir des chemins nouveaux pour aller au-devant du monde d'aujourd'hui ; c'est
lui qui, de ce fait, suggère et encourage les adaptations qui s'imposent pour le
ministère sacerdotal.
Que les prêtres ne l'oublient pas: ils ne sont jamais seuls dans leur action,
ils s'appuient sur la force du Dieu tout-puissant ; que leur foi au Christ, qui
les a appelés à participer à son sacerdoce, les aide à se donner en toute
confiance à leur ministère, car ils savent que Dieu est assez puissant pour
augmenter en eux la charité(4). Qu'ils ne l'oublient pas non plus : ils ont pour
compagnons leurs frères dans le sacerdoce, bien plus, les chrétiens du monde
entier. Car tous les prêtres travaillent ensemble pour accomplir le dessein
divin du salut, le Mystère du Christ caché depuis les siècles en Dieu(5),
qui ne se réalise que peu à peu, par l'effort coordonné de ministères
différents, "en vue de l'édification du Corps du Christ jusqu'à ce qu'il
atteigne toute sa taille. Tout cela, certes est caché avec le Christ
en Dieu (6), et c'est surtout la foi qui peut s'en rendre compte. C'est dans
la foi que doivent marcher les guides du peuple de Dieu, suivant l'exemple
d'Abraham le fidèle, qui, "par la foi, obéit à l'appel de partir
vers un pays qu'il devait recevoir en héritage, et il partit ne sachant où il
allait"(Héb.
11, 8). En vérité, l'intendant des mystères de Dieu ressemble au semeur
dont le Seigneur a dit: "Qu'il dorme ou qu'il se lève, la nuit ou le jour, la
semence germe et pousse, il ne sait comment" (Marc 4, 27). D'ailleurs, si le
Seigneur Jésus a dit: "Gardez courage! j'ai vaincu le monde" (Jean 16,
33), il n'a pas, pour autant, promis à l'Eglise la victoire totale ici-bas. Ce
qui fait la joie de saint Concile, c'est que la terre, ensemencée par la graine
de l'évangile, donne aujourd'hui du fruit en bien des endroits, sous la conduite
de l'Esprit du Seigneur qui remplit l'univers et qui a fait naître
au coeur de tant de prêtres et de tant de chrétiens un esprit vraiment
missionnaire. Pour tout cela, avec toute son affection, le saint Concile
remercie les prêtres du monde entier. Et "à celui qui peut tout faire, et
bien au-delà de nos demandes et de nos pensées, en vertu de la puissance qui
agit en nous, à lui gloire dans l'Eglise et le Christ Jésus" (Eph. 23,
20-21).
Tout l'ensemble et chacun des points qui ont été édictés dans ce décret ont plu
aux Pères du Concile. Et nous, en vertu du pouvoir apostolique que Nous tenons du Christ, en
union avec les vénérables Pères, Nous les approuvons, arrêtons et décrétons dans
le Saint-Esprit, et Nous ordonnons que ce qui a été ainsi établi en Concile
soit promulgué pour la gloire de Dieu.
Rome, à Saint-Pierre, le 7 Décembre 1965.
Moi, PAUL, évêque de l'Eglise catholique
(Suivent les signatures des Pères)
PREAMBULE
(1) Conc. Vat. II, Const. de Sacra Liturgia - Const. dogm. de Ecclesia - Decr.
de pastorali Episcorum munere in Eccelsia - Decr. de instit. sacerdotali.
CHAPITRE PREMIER(1) cf. Mt. 3,16; Lc 4,18; Act.4,27; 10,38.
(2) cf. 1 Petr.2,5 et 9.
(3) cf. 1 Petr. 3,15.
(4) cf. Apoc.19,10. - Conc.Vat.II, Const.dogm.de Ecclesia,n.35.
(5) Conc. Trent. sess.23,cap.1 et can.1 : Denz.957 et 961 (1764 et 1771).
(6) Cf. Io.20,21.- Conc.Vat.II,Const.dogm.Ecclesiae, n.18.
(7) Cf. Conc. Vat.II, Const. dogm. Ecclesia, n. 28.
(8) Cf. ibid.
(9) Cf. Pont. Rom.0 "De Ordinatione Presbyteri" Préface, Haec verba iam
inveniuntur in Sacra, mentario Veronensi (Mohlberg, Rome 1956,p.122); item in
Missel français (Mohlberg Rome 1957,p.ç) ; iem in Libro Sacramentorum Romanae
Ecclesiae (Mohlberg Rome 1960, p.25); item in Pontificali Romano-Germanico
(Vogel-Elze, Cité du Vatican 1963, vol.I,p.34);
(10) Cf. Conc. Vat. II, Const.dogm.de Ecclesia, n.10
(11) Cf. Rom. 15,16 gr.
(12) Cf. 1 Cor. 11,26.
(13) S. Augustin, De civitate Dei, 10,6 - PL 41, 284.
(14) Cf. 1 Cor. 15, 24.
(15) Cf. Hebr. 5,1.
(16) Cf. Hebr. 2,17 ; 4,15.
(17) cf. 1 Cor. 9, 19-23 Vg.
(18) Cf. Act. 13,2.
(19) [Ce zèle de progrès spirituel et moral trouve un stimulant de plus dans les
conditions où se déroule la vie de l'Eglise. Celle-ci ne saurait demeurer
indifférente aux changements du monde qui l'environne et qui, on le sait, n'est
point séparée du monde, elle vit dans le monde.Les membres de l'Eglise subissent
l'influence du monde ; ils en respirent la culture, en acceptent les lois et en
adoptent les moeurs. Ce contact intime avec la société temporelle crée pour
l'Eglise une situation toujours pleine de problèmes ; aujourd'hui, ceux-ci sont
particulièrement aigus (...). Voici comment saint Paul éduquait les chrétiens de
la première génération: "Ne formez pas avec les infidèles d'attelage
disparate. Quel rapport, en effet, entre la justice et l'impiété , Quelle union
entre la lumière et les ténèbres ? ou quelle association entre le fidèle et
l'infidèle ?" (2 Cor.6, 14-15). La pédagogie et le devoir qui en découle de
vivre dans le monde sans être du monde, selon le souhait rappelé ci-dessus, que
Jésus formait pour ses disciples: "Je ne te prie pas de les retirer du monde,
mais de les garder du mal. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du
monde" (Jn 17,15-16). Et l'Eglise fait sien ce même souhait. Mais cette
distinction d'avec le monde n'est pas une séparation. Bien plus, elle n'est pas
indifférence ni mépris. Quand l'Eglise se distingue de l'humanité, elle ne
s'oppose pas à elle, au contraire, elle s'y unit]. (Paul VI, encyc. Ecclesiam
suam, 6 Août 1964: AAS 56 (1964),pp. 5627 et 638.
(20) Cf. Rom. 12,2.
(21) Cf. Io 10, 14-16.
(22) Cf. S Polycarpe, Epis. ad Philip. VI,1 [es presbytres, eux aussi, doivent être compatissants, miséricordieux
envers tous ; qu'ils ramènent les égarés, qu'ils visitent tous les malades, sans
négliger la veuve, l'orphelin, le pauvre ; mais "qu'ils pensent toujours à
faire le bien devant Dieu et devant les hommes" ; qu'ils s'abstiennent de
toute colère, acception de personne, jugement injuste ; qu'ils se tiennent
éloignés de l'argent, qu'ils ne croient pas trop vite du mal de quelqu'un et ne
soient pas raides dans leurs jugements ; sachant que nous sommes tous débiteurs
du péché": trad P.Th. Camelot] (Funk I, 303).
CHAPITRE II(1) Cf. 1 Petr. 1,23 ; Act. 6,7 ; 12,24. [Les apôtres "ont prêché la Parole de
vérité et ils ont engendré les Eglises"] s. Augustin, in Ps.44,23,PL 36,508.
(2) Cf. Mal. 2, 7 ; 1 Tim. ', 11-13 ; 2 Tim. 4,5 ; Tit. 1, 9.
(3) Cf. Mc. 16, 16.
(4) Cf. 2 Cor. 11,7. [Ce qui est dit des évêques vaut aussi des prêtres en tant
qu'ils sont coopérateurs des évêques]. cf. Statuta Ecclesiae Antiqua c.3
(Ch.Munier, Paris 1960, p.79). Decretum Gratiani C 6 D 88 (Friedberg, I 307).
Conc. Trente Decr. de reform. sess. 5 c 2 n 9 (Conc. oec. Decreta éd.Herder,
Rome 1963, p 645), sess.24 c.4. (p. 739). Conc. Vat. II Const. dogm. de l'Eglise
n.25.
(5) Cf. Const. Apost. II, 26,7 [(que les prêtres) soient docteurs de la science
de Dieu, puisque le Seigneur lui-même nous l'a commandé en disant: Allez,
enseignez, etc."]. [Sacramentaire Léonien et autres sacramentaires jusqu'au
Pontifical romain, Préface consécratoire des prêtres: "Cette même providence,
Seigneur, a associé aux apôtres de ton Fils, comme adjoints des docteurs de la
foi ; et par la voix de ces prédicateurs d'une dignité secondaire, ils ont
rempli l'univers": trad. Jounel]. [liber Ordinum de la liturgie mozarabe,
Préface de l'ordination des prêtres :"Docteur du peuple, chef des sujets de
l'Eglise, qu'il maintienne dans l'ordre la foi catholique et qu'il annonce à
tous le véritable salut"]: (M. Férotin, Paris 1904, col.55
(6) Cf. Gal.2, 5.
(7) Cf. 1 Petr. 2, 12.
(8) [cf. le rite d'ordination des prêtres de la liturgie jacobite d'Alexandrie:
"Rassemble ton peuple autour de la parole d'enseignement, comme une mère qui
caresse ses nourrissons"] (H. Denzinger, Rituel Oriental, H. Würzburg 1863,
p.14).
(9) Cf. Mt. 28,19 ; Mc 16,16. Tertullien, Du baptême 14,2. St Athanase, Adv. Aranos, 2,42 (PG 26,237).
St Hieronymus, in mat. 28,19 (PL 26,218 BC): [ils enseignent d'abord toutes les
nations, puis ils plongent dans l'eau ceux qu'ils ont enseignés. Car il n'est
pas possible que le corps reçoive le sacrement de baptême si l'âme n'a pas
d'abord reçu la vérité de la foi"] St Thomas, Exposé premier décret, 1: [quand
il les a envoyés prêcher, notre Sauveur a donné trois commandements à ses
disciples. Premièrement, d'enseigner la foi ; deuxièmement, de donner les
sacrements à ceux qui croiraient"].
(10) Cf. Conc. Vatic II, Const. de Sacra liturgia, n. 35,2.
(11) Cf. Ibid, nn. 33, 35, 48, 52.
(12) Cf. ibid.n.7 - Pie XII, ency.Mystici Corporis,29/06/43 AAS 35(1943)p.230
(13) S. Ignace M.Smyrn 8,1-2 (Funk p282,6-15) - Const. Apost. VIII 12,3 (Funk
p.496) ; VIII, 29,2 (p. 532).
(14) Cf. Conc.. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia, n.28.
(15) [L'Eucharistie est comme la consommation de la vie spirituelle et la fin de
tous les sacrements"] S Thomas, Summa Theol. III q.73 a 3 c ; cf. III q. 65, a.3.
(16) Cf. S. Thomas, Summa Theol. III q.65 a 3 ad 1; q 79 a 1 c et ad 1.
(17) Cf. Eph. 5, 19-20.
(18) Cf. S Hieronymus, epst. 114,2 [Les calices sacrés, les saints voiles et tout le reste qui se rapporte au
culte de la Passion du Seigneur ... associés qu'ils sont au Corps et au Sang du
Seigneur, doivent être vénérés avec la même révérence que son Corps et son
Sang": trad. J.Labourt] (PL 22,934). Vid. Conc. Vat.II Const. de Sacra liturgia,
nn. 122-127.
(19) ["Qu'au cours de la journée, les fidèles ne négligent point de rendre
visite au Saint Sacrement, qui doit être conservé dans l'église en un endroit
très digne, avec le plus d'honneur possible, selon les lois liturgiques. Car la
visite est, envers le Christ notre Seigneur présent en ce lieu, une marque de
gratitude, un gage d'amour et un hommage de l'adoration qui lui est due"] Paul
VI, ency. Mysterium Fidei, 3/09/65: AAS 57 (1965) p. 771).
(20) Cf. Conc. Vat.II Const. dog. de Ecclesia, n. 28.
(21) Cf. 2 Cor. 10,8 ; 13,10.
(22) Cf. Gal. 1, 10.
(23) Cf. I Cor. 4, 14.
(24) Cf. Didascalia, II, 34, 3;II, 47,1 ; Const. Apost. II,47, : Funk, Didascalia et Constitutiones, I,116, 142 et 143.
(25) Cf. Gal. 4,3 ; 5, 1 et 13.
(26) Cf. S Jérôme ["De quoi servirait-il que des murailles rutilent de gemmes,
si le Christ, en la personne d'un pauvre, meurt de faim ?": trad. J.Labourt] (PL 22, 584).
(27) Cf. 1 Petr; 4, 10 ss.
(28) Cf. Mt. 25, 34-45.
(29) Cf. Lc 4, 18.
(30) [On peut nommer encore d'autres catégories, par exemple les émigrants, les
nomades, etc. A ce sujet, cf. décret sur la fonction pastorale des évêques dans
l'Eglise, n. 18].
(31) Cf. Didascalia, II,59,1-3:[Dans ton enseignement, invite et exhorte le
peuple à venir à l'assemblée, à ne pas la déserter, mais à se rassembler
toujours ; s'abstenir, c'est diminuer l'Eglise et enlever un membre au Corps du
Christ ... Vous êtes membres du Christ, ne vous dispersez donc pas loin de
l'Eglise, en refusant de vous réunir ; le Christ est votre Tête, selon sa
promesse toujours présente, qui vous rassemble. Ne vous négligez pas vous-mêmes,
ne rendez pas le Sauveur étranger à ses propres membres, ne divisez pas son
Corps, ne le dispersez pas ...].Funk I,170.alloc. iis qui ex italico clero
interfuerunt Coetui XIII per hebdomadam habito Urbiveti v."di aggiornamento
pastorale" 6/09/63: AAS 55 (1963) pp. 750 ss.
(32) Cf. Conc. Vat. II, Cons. dogm. de Ecclesia, n.28
(33) S Isidore Hispalensis, De Ecclesiasticis Officis, c. VII: [Ils sont à la
tête de l'Eglise du Christ ; pour faire l'Eucharistie, ils sont associés aux
évêques, de même que dans l'enseignement du peuple et la fonction de
prédication"] (PL 83, 787).
(34) Cf. Didascalia,II, 28,4: Funk, 108. Constitutiones Apostolorum, II,28,4 ;
II,34,3: ibid, pp. 109 et 117.
(35) Cons. Apost.VIII,16,4(Funk I,522,13) Cf. Epitome Const.Apost.Vi, ibid.II
p.80,3-4.Testamentum Domini: ["...donne-lui l'Esprit de grâce, de conseil et de
générosité, l'esprit du presbytérat ...pour aider et gouverner ton peuple dans
l'activité, dans la crainte de Dieu, dans la pureté de coeur"](trad.I E.Rahmani,
Moguntiae 1899 p.69). Item in Trad.Apost.(B.Botte, La Tradition apostolique,
Münster i. W. 1963, p.20).
(36) Cf.Num.11, 16-25.
(37) [Pontifical romain, Préface consécratoire des prêtres ; ces parles se
trouvent déjà dans les sacramentaires léonien, gélasien et grégorien. On en
trouve de semblables dans les liturgies orientales: cf. Trad. apost. "Regarde
ton serviteur ici présent et accorde-lui l'esprit de grâce et( de conseil, afin
qu'il aide les prêtres et gouverne ton peuple avec un coeur pur, comme tu avais
regardé le peuple que tu t'étais choisi et avais ordonné à Moïse de choisir les
anciens que tu avais remplis de ton esprit que tu avais donné à ton
serviteur"](ex antiqua versione latina Veronesi, ed. B.Botte La Tradition
apostolique de S.Hippolyte. Essai de reconstruction, Münster i.1963,p.20. const.
Apos.VIII,16,4: Funk I,522,16-17.Epi. Const.Apos.6: FunkI I,20,5-7.
(38) Cf.Conc. Vat. II, Const.dogm. de Ecclesia, n.28.
(39) Cf.Jean XXIII, ency.Sacerdotii Nostri primordia, 1 août.1959: AAS 51 (1959),
p.576. S Pie X, exhort. ad clerum Haerent animo 4 Août. 1908: S.Pie X Acta, vol.IV
(1908),pp.237 ss.
(40) Cf.Conc. Vat. II, Decr. de pastorali Episcoporum munere in Ecclesia, nn. 15
et 16.
(41) [Dans l'état actuel du droit, l'évêque a comme "sénat et conseil" le
chapitre cathédral (can.391) ou, à défaut, le groupe des consulteurs diocésains
(cf.can.423-428). Mais il est souhaitable de réviser ces institutions pour mieux
répondre à la situation et aux besoins actuels. Cette commission de prêtres est
évidemment distincte du Conseil pastoral dont parle le décret sur la fonction
des évêques dans l'Eglise, n.27: celui-ci comporte des membres laïcs et n'est
compétent que pour l'examen des questions d'action pastorale].
(42) ["je vous en conjure, ayez à coeur de faire toutes choses dans une divine
concorde, sous la présidence de l'évêque qui tient la place de Dieu, des
presbytres qui tiennent la place du sénat des apôtres, et des diacres qui me
sont si chers, à qui a été confié le service de Jésus-Christ, qui, avant les
siècles, était près de Dieu et s'est manifesté à la fin". Trad. P.Th.
Camelot]Funk, 234, 10-13). [Pareillement, que tous révèrent les diacres comme
Jésus-Christ, comme aussi l'évêque qui est l'image du Père et les presbytres
comme le sénat de Dieu et comme l'assemblée des apôtres: sans eux, on ne peut
parler d'Eglise": trad. Camelot] (Funk, p. 244, 10-12). S Jérôme Un Isalam II, 3
(PL , 61 A) ["nous aussi, nous avons dans l'Eglise notre sénat, l'assemblée des
prêtres"].
(43) Cf. Paul VI, allocutio ad Urbis curiones et quadragenarii temporis oratores
in Aede Sixtina habita, 1:03:1965: AAS 57 (1965), p.326.
(44) Cf. Const. Apost. VIII,47,39: [les prêtres ... ne doivent rien faire sans
l'avis de l'évêque: c'est à lui qu'est confié le peuple du Seigneur ; c'est à
lui qu'il sera demandé compte de leurs âmes] Funk, 577).
(45) Cf. 3 Io. 8.
(46) Cf. Cf. Io. 17, 23
(47) Cf. Hebr. 13, 1-2.
(48) Cf. Hebr. 13, 16.
(49) Cf. Mt. 5, 10.
(50) Cf. 1 Thess. 2,12 ; Col. 1, 13.
(51) Cf. Mt. 23,8. ["Il faut se faire les frères des hommes, du fait même qu'on veut être leurs
pasteurs, leurs pères et leurs maîtres"] Paul VI, encyc. Ecclesiam suam,
6/10/1964: AAS58 (1964), p. 647.
(52) Cf. Eph. 4,7 et 16. ["Il ne faut pas que l'évêque se dresse contre les
diacres ou les prêtres, ni les prêtres contre le peuple, car la structure de
l'assemblée se compose des uns et des autres"] (Funk I, 467).
(53) Cf. Phil. 2, 21.
(54) Cf. I Io. 4, 1.
(55) Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia, n.37.
(56) Cf. Eph. 4, 14.
(57) Cf. Conc. Vat. II, Decr. de oecumenismo.
(58) Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia, n. 37.
(59) Cf. Hebr. 7, 53.
(60) Cf. Lc 10, 1.
(61) Cf. 1 Petr.2,25.
(62) Cf. Act. 20,28.
(63) Cf. Mt. 9, 36.
(64) Cf. Pont.Rom. "De Ordinatione Presbyteri"
(65) Cf. Conc.Vat. II, Dec. de institutiuone sacerdotalii, n.2.
(66) ["La voix de Dieu qui appelle s'exprime de deux façons différentes,
merveilleuses et convergentes ; l'une est intérieure, c'est celle de la grâce,
celle de l'Esprit-Saint, de l'ineffable attrait intérieur que la voix
silencieuse et puissante du Seigneur exerce dans les insondables profondeurs de
l'âme humaine ; l'autre est extérieure, humaine, sensible, sociale, juridique,
concrète, c'est celle du ministre qualifié de la Parole de Dieu, celle de
l'apôtre, celle de la hiérarchie, instrument indispensable, institué et voulu
par le Christ comme un véhicule permettant de traduire en langage tombant sous
l'expérience le message du Verbe et du précepte divin. C'est ce qu'avec saint
Paul enseigne la doctrine catholique: "Comment entendre sans personne qui prêche
? ... La foi vient de ce qu'on entend"] (Paul VI, alloc. habita du 5/05/65. L'Osservatore Romano, 6-V-65, p.1).
(67) Cf. Conc. Vat. II, Decr. de institutione sacerdotali, n.2.
(68) [C'est ce qu'enseignent les Pères quand ils commentent les paroles du
Christ à Pierre "M'aimes-tu ? ... Conduis mes brebis"]: sic St Jean Chrisosth.
De sacerdotio, II, 1-2: PG 47-48, 633. St Grégoire M. Reg. Past. Liber, P.I. c.50: PL 77, 19 a.
CHAPITRE III (1) Cf. 2 Cor. 12, 9.
(2) Cf. Pie XI, encyc. Ad catholici sacerdotii, 20/12/35: AAS 28 (1936) p.10.
(3) Cf. Jn. 10, 36.
(4) Cf. Luc 24, 26.
(5) Cf. Eph. 4, 13.
(6) Cf. 2 Cor. 3, 8-9.
(7) Cf. inter alia:S.Pie X, exh. aux prêtres Haerent animo, 4/08/1908: S.Pie X
Acta, vol. IV (1908), pp. 237 ss. Pie XI, encyc. Ad catholici sacerdotii,
20/12/35: AAS 28 (1936), pp. 5 ss. Pie XII, adhort. ap. Menti Nostrae 23/09/50:
AAS 42 (1950) pp.657 ss.
(8) Cf. S. Thomas, Somme Théol. II-II, Q. 188 A.7.
(9) Cf. Eph. 3, 9-10. (10) Cf. Act.
16, 14.
(11) Cf.2 Cor. 4, 7.
(12) Cf. Eph. 3, 9.
(13) Cf. Pont. Rom. "De Ordinatione Presbyteri".
(14) Cf. Missel Rom. [Prière sur les offrandes du 9ème dimanche après Pentec.
(15) [La messe, même si elle est célébrée en particulier par un prêtre, n'est
pas pour autant privée, mais elle est action du Christ et de l'Eglise. Celle-ci
a appris à s'offrir elle-même dans le sacrifice qu'elle offre, en sacrifice
universel, appliquant au salut du monde entier la vertu rédemptrice unique et
infini du sacrifice de la Croix. Toute messe est, en effet,offerte non seulement
pour le salut de quelques-uns, mais pour le salut du monde entier (..)C'est
pourquoi, Nous recommandons avec une paternelle insistance aux prêtres qui, à un
titre particulier, sont, dans le Seigneur, Notre joie et Notre couronne .. de
célébrer la messe chaque jour en toute dignité et dévotion"](Paul VI, encyc.
Mysterium Fidei, 3/09/65/ AAS 57(1965), pp. 761-762). Cf. Conc. Vatic.II, Const.
Sacra Liturg. nn. 26 et 27.
(16) Cf. Jn 10, 11.
(17) Cf. 2 Cor.. 1, 7.
(18) Cf. 2 Cor. 1, 4.
(19) Cf. 1 Cor. 10, 33.
(20) Cf. Jn. 3, 8.
(21) Cf. Jn, 34.
(22) Cf. 1 Jn 3, 16.
(23) [On donne une preuve de son amour en paissant le troupeau du Seigneur"](S.
Augustin, trad. in Jn. 123, 5: PL 35, 1967).
(24) Cf. Rom. 12, 2
(25) Cf. Gal. 2, 2.
(26) Cf. 2 Cor. 7, 4.
(27) Cf. Jn. 4,34 ; 5,30 ; 6,38.
(28) Cf. Act. 13, 2.
(29) Cf. Eph. 5, 10.
(30) Cf. Act. 20, 22.
(31) Cf. 2 Cor. 12, 15.
(32) Cf. Eph. 4, 11-16.
(33) Cf. Mt. 19, 12.
(34) Cf. Conc.Vat.II, Const. dogm. de Ecclesia, n.42
(35) Cf. Tim. 3, 2-5 ; Tit. 1,6.
(36) Cf. Pie XI, encyc. Ad catholici sacerdotii, 20.12/35 AAS 28(1936)p.28.
(37) Cf. Mt. 19, 12.
(38) Cf. 1 Cor. 7, 32-34.
(39) Cf. 2 Cor.11, 2.
(40) Cf. Conc. Vat. II, Cons. dogm. de Ecclesia, nn. 42 et 44. Decr. de accommodata renovatione vitae religiosae, n. 12.
(41) Cf. Lc. 20, 35-36. Pie XI, encyc. Ad catholici sacerdotii, 20/: AAS 28
(1936), pp. 24-28. Pie XII, encyc. Sacra Virginitas, 25/03/54: AAS 46 (1954):
pp. 169-172.
(42) Cf. Mt. 19, 11.
(43) Cf. Jn 17, 14-16.
(44) Cf. 1 Cor. 7, 31.
(45) Conc. Antioch. can.25 ; Mansi 2,1328. Decretum Gratiani, c. 23, C 12,q.1:
Friedberg 1, 684-685.
(46) [Il s'agit avant tout des droits et coutumes en vigueur dans les églises
orientales].
(47) Conc. Paris, a. 829, can. 15: MGH, sect.III, Concilia t.2. pars 6, 622.
Conc. Trente, sess. 25, de reform. cap. 1.
(48) Cf. Ps. 62, 11 (Vg. 61).
(49) Cf. Cor. 8, 9.
(50) Cf. Act. 8, 18-25.
(51) Cf. Phil. 4, 12.
(52) Cf. Act 8, 18-25.
(53) Cf. Luc 4,
18.
(54) Cf. CIC, can. 125 ss.
(55) Cf. Conc. Vat. II, Decr. de accomodate renovatione vitae religiosae, n.6 -
Const. dogm. de Divina Revelatione, n. 21.
(56) Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia, n.65.
(57) Pont. Rom. "De Ordinatione Presbyteri"
(58) Cf. Conc. Vat.II Const. dogm. de Divina Revelatione, n.25
(59) [Cet élément de formation est distinct de la formation pastorale
intervenant aussitôt après l'ordination, dont parle le décret sur la formation
des prêtres.
(60) Cf.Conc. Vat II, Decr. de pastorali Episcoporum munere in Ecclesia, n.16.
(61) Cf. Mt. 10, 10 ; Cor. 9, 7; 1 Tim. 5, 18.
(62) Cf. Cor. 8, 14. (63) Cf. Phil. 4, 14.
CONCLUSION ET EXHORTATION
(1) Cf. Jn 3, 16.
(2) Cf. 1 Petr. 2, 5.
(3) Cf. Eph. 2, 22.
(4) Cf Oint. Rom."De Ordinat. Presbyteri".
(5) Cf. Eph. 3, 9.
(6) Cf. Col. 3, 3.
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