Pourquoi le Concile s'occupe-t-il de ces question?
2. Certes, l'Eglise notre Mère sait que instruments, quand ils sont utilisés correctement, rendent de grands services au genre humain: ils contribuent, eu effet, d'une manière efficace au délassement et â la culture de l'esprit, ainsi qu'à l'extension et âl'affermissement du règne de Dieu. Mais elle sait aussi que les hommes peuvent les utiliser à l'encontre des desseins Créateur et les tourner à leur propre perte. Son coeur maternel est angoissé à la vue des dommages que bien souvent ler mauvais usage a déjà causés à l'humanité
C'est purquoi le Concile oecuménique, prenant à son compte le souci vigilant des Souverains Pontifes et des évêques en une matière d'une si haute importance, considère de son devoir de traiter les principaux problèmes relatifs aux moyens de communication sociale. Il a confiance, en outre, que la doctrine et la discipline qu'il proposeici seront utiles, non seulement au salut des chrétiens, mais encore au progrès de toute l'humanité.
Tâches de l'Eglise
3. L'Eglise a été fondée par le Christ Notre-Seigneur pour apporter le salut à tous les hommes; elle se sent onc poussée par l'obligation de prêcher l'Evangile. Aussi bien l'Eglise catholique estime-t-elle qu'il est de son devoir, d'une part, d'employer aussi les instruments de communication sociale pour annoncer le message du salut et, d'autre part, d'enseigner aux hommes le bon usage de ces moyens.
L'Eglise a done le droit inné d'utiliser et de posséder ces moyens sans exception, dans la mesure ou ils sont nécessaires ou utiles à la formation chrétienne e à toute autre action pastorale. Les pasteurs ont le devoir d'instruire et d'orienter les fidèles en sorte que ceux-ci utilisent les moyens de manière à assurer leur propre salut et perfection, comme ceux de l'humanité entière.
Enfin, il revient principalement aux laïcs d'animer de valeurs chrétiennes et humaines ces moyens, afin qu'ils répondent pleinement à la grande attente de l'humanité et au dessein de Dieu.
Le droi à l'information
La première question concerne l'information, c'est-à-dire la collecte et la diffusion de nouvelles. Avec le progrès de la société moderne et le liens d'interdépendance de plus en plus étroits entre ses membres, l'information s'avère hautement utile et même, la plupart du temps, indispensable: c'est une évidence. La diffusion publique et en temps voulu de faits et d'événements permet à chaque homme d'en une connaissance exhaustive et permanente.Pa là même, chacun pour sa part peut concourir efficacement au bien communet tous ensemble peuvent contribuer plus aisément à la prospérité et au progrès de toute la société. Aussi bien trouve-t-on inhérent à la société humaine le droit à l'information sur les sujets qui intéressent les hommes, soit en tant qu'individus, soit en tant que membres d'une société, selon la situation de chacun. Cependant le bon exercice de ce droit requiert quela communication soit, quant à l'objet, toujours véridique et - dans le respect des exigences de la justice et de la charité - complète; qu'elle soit, quant au mode, honnête et convenable, c'est-à-dire que, dans l'acquisition et dans la diffusion des nouvelles, elle observe absolument les lois morales, les droits et la dignité de l'homme. Car toute connaissance n'est pas profitable; "par contre la charité édifie" (1 Cor. 8, 1).
Devoirs des producteurs
11. Une particilière responsabilité dans le bon usage de moyens de communication affecte les journalistes, écrivains acteurs, metteurs en scène réalisateurs, programmateurs, distributeurs, producteurs, vendeurs, critiques, en un mot tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre participent à la réalisation et à la diffusion des communications. Qu'il faille, dans notre monde tel qu'il est faire peser une grave responsabilité sur toutes ces catégories de personnes, cela est particulièrement évident, car elles peuvent, par les informations qu'elles diffusent et les pressions qu'elles exercent, engager l'humanité sur un bon ou un mauvais chemin.
Aussi bien leur revient-il de concilier les facteurs économiques, politiques ou artistiques, de telle sorte que ceux-ci n'aillent jamais à l'encontre du bien commun. Pour atteindre plus aisément ce résultat ils feront bien d'entrer dans des professionelles capables d'imposer à leurs membres le respect de la morale dans les problèmes et activités de leur métier, si besoin est, par l'engagement formel d'observer un code moral.
Ce personnes se souviendront toujours qu'une grande partie de leurs lecteurs et spectateurs est composée de jeunes qui ont besoin d'une presse et de spectacles leur assurant des divertissements honnêtes et élevant leur âme les nobles idéaux. Elles veilleront en outre à confier à des collaborateurs sérieux et compétent les question religieuses, pour que celles-ci soint traitées avec tout le respect qui s'impose.
Devoirs des pouvoirs publics
12. Les pouvoirs publics ont des devoirs particuliers en ce domaine, en considération du bien commun aquel sont ordonnés ces moyens. L'autorité a la charge de défendre et de protéger - particulièrement en ce qui concerne la presse - la vraie et juste liberté de l'information, dont la societé moderne a absolument besoin pour son progrès; de favorises les valeurs religieuses, culturelles et artistiques; de garantir aux usagers le libre jouissance de leurs droits légitimes. Il est, en plus, du devoir de ces autorités, de soutenir les initiatives qui, tout en étant grandement utiles, surtout à la jeunesse, ne pourraient étre réalises sans leur concours.
Enfin les pouvoirs publics qui à bon droit se soucient du bien être des citoyens, ont aussi le devoir de s'assurer avec justice et perspicacité, en promulguant des lois et en veillant à leur efficace application, que le mauvais usage de ces moyens ne crée pas de graves dangers pour la moralité publique et le progrès de la societé. Cette intervention ne porte nullement atteinte à la liberté des individus et des groupements, surtout dans le cas où on ne trouve pas de sérieuses garanties chez ceux qui par profession utilisent ces moyens.
Des mesures spéciales seront prises pour défendre les adolescents contre une presse et des spectacles nuisibles à leur âge.
Action des pasteurs et des fidèles
13. Tous les membres de l'Eglise uniront volontiers leurs efforts concertés, afin de mettre efficacement, sans aucun retard et avec le plus grand zèle les moyens de communication au service des multiples ceuvres d'apostolat, compte tenu des exigences particulière de temps et de lieux. Ils auront à coeur de prévenir les initiatives mauvaises, surtout là où l'évolution morale et religieuse réclame leur intervention de manière plus urgente.
Les pasteurs auront donc à coeur d'accomplir en ce domaine leur devoir qui fait partie de leur charge ordinaire de prêcher l'Evangile. Les laïcs qui, par profession, sont engagés dans ces moyens, chercheront à rendre témoignage à Jésus-Christ: d'abord en accomplissant leur métier avec compétence et esprit apostolique, puis en collaborant directement à l'action pastorale de l'Eglise par une contribution technique, économique, culturelle ou artistique, selon les possibilités de chacun.
Les initiatives des catholiques
14. On commencera par soutenir la presse honnête. Mais si l'on veut imprégner vraiment les lecteurs d'esprit chrétien, il faut de plus susciter et développer une presse authentiquement catholique, C'est-à-dire une presse - peu importe que l'autorité ecclésiastique elle-même ou bien des laïcs en aient l'initiative et la direction - qui soit manifestement publiée dans l'intention de former, d'affermir et de promouvir des opinions publiques conformes au droit naturel ainsi qu'à la doctrine et à la discipline catholiques, de diffuser et d'expliquer loyalement les nouvelles sur la vie de l'Eglise. Les fidèles doivent être avertis de la nécessité de lire et de diffuser la presse catholique pour se former un jugement chrétien sur tous les événements.
La production et la programmation de films qui concourent à une détente noralement saine de l'esprit, à la culture et à l'art, surtout de films destinés à la jeunesse, sont à favoriser at à renforcer par tous moyens efficaces. On apportera cette aide principalement en soutenant et en coordonnant les réalisations et les initiatives des producteurs et des distributeurs honnêtes; en appuyant le lancement de films valables par une critique favorable ou par des prix; en associant entre elles les salles de cinéma tenues par des exploitants catholiques et honnêtes.
On soutiendra aussi efficacement les émissions radiophoniques et télévisées moralement saines, surtout les émissions familiales. Les émissions catholiques seront vivement encouragées, car elles incitent les auditeurs et les spectateurs à participer à la vie de l'Eglise et elles les familiarisent avec les vérités religieuses. On suscitera des stations catholiques là oú cela s'avère apportun; il faut cependant veiller que les émissions s'imposent par la qualité et l'efficacité.
On s'efforcera enfin de faire que l'art antique et noble du théâtre, qui désormais se répand largement grâce aux moyens de communication sociale, contribute à la formation humaine et morale des spectateurs.
La formation des producteurs
15. Afin de faire face aux besoin ci-dessus exposés on formera sans retard des prêtres des religieux, ainsi que de laïcs. Ils devront acquérir une véritable compétence pour employer ces instruments à des fins apostoliques.
Une tâches primordiale s'impose: donner aux laïcs la préparation technique, doctrinale et morale appropriée. A cet effet il faut multiplier les écoles, facultés ou instituts où journalistes, auteurs defilms et d'émissions de radio et de Télévision, et toutes autres personnes concernées, pourront recevoir une formation complète, imprégnée d'esprit chrétien et portant particulièrement sur la doctrine sociale de l'Eglise. Ou formera et soutiendra ausi les acteurs afin que par leur art servent à leur manière la societé. Enfin, on veillera soigneusement à la préparation des critiques de livres, radio télévision, etc. Ils acquerront une varie compétence en leur matière; ils seront préparés et encouragés à accorder dans leurs jugements à l'aspect moral la place qui lui revient.