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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Vendredi 18 octobre 2013

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 43 du 24 octobre 2013)

Le crépuscule de l’apôtre

Un pèlerinage singulier a été indiqué par le Pape François au cours de la messe du 18 octobre. Il s’agit de la visite aux maisons de repos où sont accueillis les prêtres et les sœurs âgés. Ce sont de véritables « sanctuaires d’apostolicité et de sainteté que nous avons dans l’Église », où il vaut donc la peine d’aller comme « en pèlerinage ». Cette indication a été le point d’arrivée d’une réflexion qui s’est inspirée de la confrontation entre les lectures de la liturgie du jour : le passage de l’Évangile de Luc (10, 1-9), dans lequel est raconté « le début de la vie apostolique », quand les disciples ont été appelés et étaient « jeunes, forts et joyeux », et le passage de la deuxième lettre de saint Paul à Timothée (4, 10-17) dans lequel l’apôtre, désormais proche du « crépuscule de son existence » s’arrête sur la « fin de la vie apostolique ». De cette confrontation, on comprend, a expliqué le Pape, que chaque « apôtre a un début joyeux, enthousiaste, avec Dieu en lui; mais le crépuscule ne lui est pas épargné ». Et il a confié : « cela me fait du bien de penser au crépuscule de l’apôtre ». Sa pensée s’est ensuite tournée vers « trois icônes » : Moïse, Jean-Baptiste et Paul. Moïse est « ce chef du peuple de Dieu, courageux, qui luttait contre les ennemis et qui luttait aussi avec Dieu pour sauver son peuple. Il est fort, mais à la fin il se retrouve seul sur le Mont Nebo, à regarder la terre promise », dans laquelle il ne peut cependant pas entrer. Quant à Jean-Baptise, à lui aussi « pendant les derniers temps les angoisses ne sont pas épargnées ». Il se demande s’il a commis une faute, s’il a pris la bonne route, et il demande à ses amis d’aller poser la question à Jésus : « Est-ce toi ou devons-nous attendre encore ? ». Enfin, il y a Paul, qui confie à Timothée toute son amertume. Pour en décrire la souffrance, l’Évêque de Rome a utilisé l’expression « il n’est pas au septième ciel ». Le Pape a poursuivi en rappelant le récit que Paul fait de son procès : « Dans la première plaidoirie personne ne m’a assisté, tous m’ont abandonné, mais le Seigneur a été proche de moi et m’a donné la force, pour que je puisse mener à bien l’annonce de l’Évangile ». Une image qui, selon le Pape, contient en elle le « crépuscule » de chaque apôtre : « seul, abandonné, trahi » ; seulement assisté par le Seigneur qui « n’abandonne pas, ne trahit pas », car « Il est fidèle et ne peut pas se renier lui-même ». La grandeur de l’apôtre est donc de faire dans la vie ce que Jean-Baptiste disait : « Il est nécessaire qu’il croisse et que je diminue » ; en effet, l’apôtre est celui « qui donne sa vie pour que le Seigneur croisse. Et à la fin, il y a le crépuscule ». La méditation sur les phases finales de la vie de ces personnages a ainsi suggéré au Saint-Père « le souvenir de ces sanctuaires d’apostolicité et de sainteté que sont les maisons de repos des prêtres et des sœurs ». Des structures qui accueillent, a-t-il ajouté, « de braves prêtres et de braves sœurs, qui ont vieilli avec le poids de la solitude, qui attendent que le Seigneur viennent frapper à la porte de leurs cœurs. Dans les maisons de repos « ces sœurs et ces prêtres attendent le Seigneur un peu comme Paul : un peu tristes, en effet, mais aussi avec une certaine paix, avec le visage joyeux ». C’est précisément pour cette raison que cela fait du « bien à tous de penser à cette étape de la vie qui est le crépuscule de l’apôtre ». Et en concluant, il a demandé de prier le Seigneur de protéger les prêtres et les religieuses qui se trouvent dans la phase finale de leur existence, afin qu’ils puissent répéter au moins une autre fois « oui, Seigneur, je veux te suivre ».



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