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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Vendredi 4 avril 2014

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 19 du 8 mai 2014)

Là où il est interdit de prier

Aujourd’hui, les chrétiens martyrs et persécutés sont encore plus nombreux que dans les premiers temps de l’Eglise. Au point que dans certains pays, il est même interdit de prier ensemble. C’est sur cette dramatique réalité que le Pape François a concentré sa méditation lors de la Messe du 4 avril. Le passage du livre de la Sagesse (2, 1.12-22), proclamé dans la liturgie, révèle «comment est le cœur des impies, des personnes qui se sont éloignées de Dieu et se sont appropriées dans ce cas de la religion». Dans l’Eglise, en effet, il y a «les persécutés de dehors et les persécutés de dedans». Les saints eux-mêmes «ont été persécutés». En effet, a souligné l’Evêque de Rome, «lorsque nous lisons la vie des saints », nous nous trouvons face à de nombreuses «incompréhensions et persécutions». Car, étant prophètes, ils disaient des choses qui apparaissaient «trop dures». Ainsi, «de nombreux penseurs de l’Eglise également ont été persécutés». A ce propos, le Pape a affirmé: «Je pense à l’un d’entre eux, en ce moment, pas si loin de nous: un homme de bonne volonté, un prophète véritable, qui dans ses livres reprochait à l’Eglise de s’éloigner de la voie du Seigneur. Il a immédiatement été rappelé, ses livres ont été mis à l’index, on lui a retiré sa chaire et cet homme a ainsi fini sa vie, il n’y a pas si longtemps. Le temps est passé et aujourd’hui il est bienheureux». Mais comment — pourrait-on objecter — «hier c’était un hérétique et aujourd’hui il est bienheureux?». Oui, «hier, ceux qui avaient le pouvoir voulaient le condamner au silence parce que ce qu’il disait ne plaisait pas. Aujourd’hui, l’Eglise qui, grâce à Dieu, sait se repentir, dit: non, cet homme est bon! Plus encore: il est sur la voie de la sainteté: c’est un bienheureux». L’histoire témoigne donc que «toutes les personnes que l’Esprit Saint choisit pour dire la vérité au peuple de Dieu subissent des persécutions». Et ici, le Pape a rappelé «la dernière béatitude de Jésus: heureux ceux qui ont été persécutés en mon nom». Voilà que «Jésus est précisément le modèle, l’icône: le Seigneur a tant souffert, il a été persécuté»; et ainsi, «il a assumé toutes les persécutions de son peuple». Mais «aujourd’hui encore, les chrétiens sont persécutés», a averti le Pape. Au point que «j’ose dire qu’il y a sans doute autant ou plus de martyrs à présent qu’au cours des premiers temps». Et ils sont persécutés «parce qu’à cette société mondaine, cette société tranquille qui ne veut pas de problèmes, ils disent la vérité et annoncent Jésus Christ». Véritablement, «aujourd’hui, il y a beaucoup de persécutions». Dans certaines régions, aujourd’hui, «il y a même la peine de mort, il y a la prison si l’on a l’Evangile chez soi, si l’on enseigne le catéchisme», a souligné le Pape, en confiant ensuite: «Un catholique de ces pays me disait qu’ils ne peuvent pas prier ensemble: cela est interdit! On ne peut prier que seul et caché». S’ils veulent célébrer l’Eucharistie, ils organisent «une fête d’anniversaire, ils font semblant de fêter l’anniversaire et ils célèbrent l’Eucharistie avant la fête». Et si, «comme cela est arrivé, ils voient arriver la police, ils cachent tout immédiatement, ils continuent la fête» entre «les manifestation de  joie et les meilleurs vœux»; puis, lorsque les agents «s’en vont, ils finissent l’Eucharistie». Et c’est ainsi qu’«ils doivent faire parce qu’il est interdit de prier ensemble». Pour les chrétiens, «il y aura toujours les persécutions et les incompréhensions». Mais elles doivent être affrontées avec la certitude que «Jésus est le Seigneur et que cela est le défi et la croix de notre foi». Ainsi, a recommandé le Saint-Père, «lorsque cela arrive, dans nos communautés ou dans nos cœurs, nous regardons le Seigneur et nous pensons» au passage du livre de la Sagesse qui parle des pièges tendus par les impies aux justes. Et il a conclu en demandant au Seigneur «la grâce d’aller sur son chemin et, si cela est nécessaire, également à travers la croix de la persécution».

 



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