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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Lundi 9 mai 2016

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 19 du 12 mai 2016)

Un parfait inconnu

Un parfait inconnu, ou même un « prisonnier de luxe » : voilà ce qu’est l’Esprit Saint pour les nombreux chrétiens qui ne savent pas que c’est lui qui « fait bouger l’Église », en nous conduisant à Jésus, et qui nous rend « réels » et « non virtuels ». L’encouragement à réfléchir sur le rôle central qu’a l’Esprit Saint dans la vie des croyants, précisément en la semaine qui précède la Pentecôte, a été au centre de l’homélie du Pape qui a rappelé, au début de la célébration, la mémoire liturgique de Louise de Marillac, indiquant l’image de la sainte située à côté de l’autel. Une journée particulièrement importante, parce que Louise de Marillac est la fondatrice des Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul, « les sœurs qui travaillent et mènent de l’avant » la Maison Sainte-Marthe. Et ainsi, « j’offrirai cette Messe aux sœurs de la Maison ». Pour sa réflexion lors de l’homélie, le Pape est parti du passage tiré des Actes des apôtres (19, 1-8). Paul rencontre à Éphèse des disciples qui croyaient en Jésus et leur pose cette question : « Avez-vous reçu l’Esprit Saint, lorsque vous êtes venus à la foi ? ». Et eux, après s’être regardés un peu étonnés, lui ont répondu : « Nous n’avons même pas entendu dire qu’il y avait un Esprit Saint ! ». Donc, « ils croyaient en Jésus, c’était de bons disciples, mais ils n’avaient même pas entendu dire que l’Esprit Saint existait ». Paul reprend immédiatement le dialogue en demandant quel baptême ils avaient reçu. Et les disciples répondent : « Celui de Jean ». Ainsi, Paul leur explique que « cela était un baptême de pénitence, de réparation ». En écoutant Paul, les disciples d’Éphèse « se firent baptiser au nom du Seigneur Jésus ». Donc, « c’est un chemin : le chemin de conversion, mais il manquait le baptême et aussi l’imposition des mains, afin que descende l’Esprit Saint ». « Aujourd’hui aussi, il se passe la même chose ». « La majorité des chrétiens » sait peu ou rien de l’Esprit Saint, au point de pouvoir faire leur la réponse des disciples d’Éphèse à Paul : « Nous n’avons pas entendu dire qu’il existait un Esprit Saint ». Et si nous demandons à beaucoup de braves personnes : « Qui est l’Esprit Saint pour toi ? » et « que fait et où est l’Esprit Saint ? », la seule réponse sera qu’il est « la troisième personne de la Trinité ». Exactement comme ils l’ont appris au catéchisme. « L’Esprit Saint est celui qui fait avancer l’Église ; c’est celui qui travaille dans l’Église, dans nos cœurs ; c’est celui qui fait de chaque chrétien une personne différente de l’autre, mais de nous tous ensemble, il fait l’unité ». Donc, l’Esprit Saint « est celui qui mène de l’avant, qui ouvre grandes les portes et qui t’envoie témoigner de Jésus ». Au début de la Messe, dans l’antienne d’entrée, il a été dit : « Vous recevrez l’Esprit Saint et vous serez mes témoins dans le monde entier ». L’Esprit Saint « est celui qui est en nous et qui nous enseigne à regarder le Père et à lui dire : “Père” ». Et ainsi, « il nous libère de cette condition d’orphelins dans laquelle l’esprit du monde veut nous conduire ». Le Pape a alors mis en garde contre un danger : « Quand nous ne sommes pas à la hauteur de cette mission de l’Esprit Saint et que nous ne le recevons pas ainsi », on finit par « réduire la foi à une morale, à une éthique ». Et l’on pense que remplir tous les commandements suffit, « mais rien de plus ». Cependant, « la vie chrétienne n’est pas une éthique : c’est une rencontre avec Jésus Christ ». Et « celui qui me conduit à cette rencontre avec Jésus Christ » est précisément l’Esprit Saint. Ainsi, « dans notre vie, nous gardons dans notre cœur l’Esprit Saint comme un “prisonnier de luxe” : nous ne le laissons pas nous pousser, nous bouger ». Pourtant, « il fait tout, il sait tout, il sait nous rappeler ce qu’a dit Jésus, il sait nous expliquer les choses de Jésus ». Il n’y a qu’une chose que « l’Esprit Saint ne sache pas faire : des chrétiens de salon. Cela, il ne sait pas le faire ! Il ne sait pas faire des “chrétiens virtuels”, non vertueux ». Au contraire, « il fait des chrétiens réels : il prend la vie réelle telle qu’elle est, avec la prophétie de lire les signes des temps, et nous fait avancer ainsi ». « Cette semaine, cela nous fera du bien de réfléchir à ce que fait l’Esprit Saint dans notre vie ». Pour aider cet examen de conscience, le Pape a proposé des questions directes : « M’a-t-il enseigné la voie de la liberté ? L’ai-je apprise de lui ? Mais quelle liberté ? L’Esprit Saint, qui est en moi, me pousse à aller dehors : ai-je peur ? Comment est mon courage, celui que me donne l’Esprit Saint, pour sortir de moi-même, pour témoigner de Jésus ? Comment est ma patience dans les épreuves ? Car l’Esprit Saint donne aussi la patience ». Précisément « en cette semaine de préparation à la Pentecôte », le Pape a invité les chrétiens à se demander s’ils croient véritablement à l’Esprit Saint ou si pour eux, ce n’est qu’« un mot ». Et « efforçons-nous de parler avec lui et de dire : “Je sais que tu es dans mon cœur, que tu es dans le cœur de l’Église, que tu fais aller de l’avant l’Église, que tu fais l’unité entre nous tous, dans notre diversité à tous” ».

 



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