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DISCOURS DU PAPE PIE XII
AUX ENSEIGNANTS ET AUX ÉLÈVES
DU LYCÉE FRANCAIS DE ROME « CHATEAUBRIAND»

Samedi 22 juin 1946

 

Sous la conduite de l'éminent Proviseur et des distingués Professeurs de votre Lycée, vous êtes venus, chers enfants, Nous présenter, à la fin de votre année scolaire, votre filial hommage et demander Notre bénédiction. C'est avec une grande joie et une affection toute paternelle que Nous vous accueillons. Chaque groupe qui vient à Nous est assuré, cela va de soi, d'un pareil accueil. Et néanmoins, suivant leur diversité, cette joie et cette affection reflètent une nuance différente. Quels sont donc les sentiments que Nous éprouvons en vous recevant, vous, jeunes élèves du Lycée français Chateaubriand ?

Ceux, d'abord, que Nous éprouvons à l'égard de toute jeunesse chrétienne et chrétiennement élevée : sentiments de tendresse et de confiance. Nous avons sous les yeux le spectacle d'un monde entraîné par le courant vertigineux d'un matérialisme orgueilleux et sensuel, d'un monde pourtant plein de ressources magnifiques et ouvert aux appels les plus sublimes de l'idéal. Il est à la croisée des chemins. C'est donc sur vous que repose l'espoir de l'avenir, d'un avenir plus serein que ne fut le passé et que n'est encore le présent. Vous pouvez, vous devez en être les artisans plus efficacement que bien d'autres, puisque vous recevez une instruction plus soignée, plus poussée que ne peut l'être celle que reçoivent la plupart des adolescents: et voilà que déjà, la nuance de Notre affection se précise. Mais l'éducation et l'instruction chrétienne de la jeunesse est encore, grâce à Dieu, le lot d'un grand nombre et sur eux tous Nous comptons : en quoi donc d'une manière particulière sur vous ?

Vous êtes, il est vrai, élèves d'un Institut français, d'une nations qui Nous est chère à plus d'un titre et qui au cours de son histoire, a apporté une si belle contribution à la culture humaine et chrétienne. Oui, mais vous appartenez à bien des nations différentes ; les parents de beaucoup d'entre vous occupent des postes importants au service de leurs patries respectives, en contact permanent avec les autres patries. Votre rôle n'est-il pas, par le fait, tout dessiné ? rôle chevaleresque et très bienfaisant. Compagnons de vie, dès l'enfance, compagnons d'études, de jeu, d'activité juvénile, vous apprenez à vous comprendre entre vous ; et la compréhension, la sympathie personnelle qui vous unit comme camarades, ne peut manquer d'élargir les horizons de votre esprit et de votre cœur, de faire naître aussi la compréhension, la sympathie, l'amitié de vos patries réciproques. Ne voit-on pas souvent les amitiés de collège entre enfants nouer entre parents des relations amicales et familières ? Que sera-ce donc si cette source naturelle d'union cordiale s'enrichit de la vertu surnaturelle de la foi par laquelle vous vous sentez tous également fils de Dieu et fils de l'Église ?

Vous allez prendre vos vacances, chers enfants, vous allez retrouver, chacun de votre côté, d'autres compagnons : portez avec vous cet esprit et semez autour de vous, avec la joie et la gaîté, apanage des cœurs purs, la douceur de la charité chrétienne universelle. Plusieurs d'entre vous viennent de renouveler solennellement les promesses de leur baptême et d'être armés, par le sacrement de la confirmation, soldats et chevaliers du Christ ; d'autres, le aînés, vont, leurs études secondaires achevées, se préparer par d'autres études aux diverses carrières. Faites honneur partout aux maîtres de votre Institut si renommé, dont l'enseignement savant et délicat vous a formés en vue de la grande et noble vie qui vous attend. Parce que vous avez reçu de Dieu plus, bien plus que beaucoup d'autres, considérez-vous comme investis par lui d'une véritable mission. Cette mission de paix charitablement fraternelle. Nous vous la confions en son nom.

Et pour en assurer la fécondité sous l'action en vous de l'Esprit Saint, sous le patronage de l'Immaculée Vierge Marie votre Mère, Nous vous donnons de grand cœur, à vous, chers enfants, à toutes vos familles, à vos Professeurs, à tous ceux qui vous aiment et qui ont apporté leur part de soins à votre formation, Notre Bénédiction Apostolique.


* Discours et messages-radio di S.S. Pie XII, VIII,
Cinquième année de Pontificat, 2 mars 1946 - 1er mars 1947, pp. 127-128
Typographie Polyglotte Vaticane



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